Comment l’égoïsme d’un homme animalise tout un peuple : le malheur des albinos !

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Quand on évoque les conditions de vie infernales des albinos en Afrique, nombreux sont ceux qui disent s’indigner de ce qu’elle aille en s’empirant d’années en années. En même temps, force est de constater que l’indifférence aussi bien des politiques que des organisations sociales et mêmes des populations à leur propos est d’une évidence déconcertante. J’ai bien l’intention d’analyser tout cela mais avant de me lancer dans des analyses de quelques ordre, je vais vous raconter une petite histoire, question de vous donner une petite idée sur où je veux en venir.Voici donc ce qui arriva :

Un chef qui était grandement comblé de richesses et avaient les femmes les plus belles de la région car, tous les parents faisaient des pieds et des mains afin que les plus belles de leurs filles deviennent ses épouses. Et notre chef ne se faisait pas prier pour prendre femme, surtout qu’elles ne venaient jamais les mains vides. Son harem était nommé « la mer des étoiles » tellement les belles femmes qui s’y trouvaient ne se comptaient plus. Mais il y en avait une qu’il préférait à toutes et à qui il offrait les plus beaux bijoux. Elle avait su contrairement aux autres faire bon usage de son jour de visite dans les appartements du grand chef, et cela lui avait rapporté la place tant convoité de grandi cime favorite. Et pour lui montrer son attachement spécial, le chef lui avait témoigné un merveilleux hommage : de magnifiques bracelets en or, serti de tous les pierres précieuses connues par l’homme. Et, chaque fois qu’elle allait vers lui, elle mettait ces bracelets autour de ces deux poignets. Cela lui faisait certes se sentir encore plus belle et importante mais sans plus : elle gardait les pieds sur terre. La jeune femme était en effet aussi belle qu’elle était intelligente et savait bien que tout cela pouvait s’arrêter un jour ou un autre. Un jour ou elle revenait des appartements privés du chef, elle entendit un pauvre qui implorait la charité au nom de l’envoyé des ancêtres. Elle fut aussitôt prise de pitié pour lui mais n’avait rien d’autre sous la main que ses précieux bracelets. Sans hésiter, elle les enveloppa dans un mouchoir et les lui fit porter par ses servantes pantoises devant une aussi grande générosité. Or ce pauvre était un ancien marchand qui s’était ruiné en faisant la charité à ses semblables. Quand il reçut les bracelets, il les garda soigneusement après en avoir arraché un gros saphir, qu’il vendit. Il monta, avec le produit de la vente, une petite boutique, dans un quartier populaire, et fit chaque jour de grands gains, si bien qu’il redevint un des plus gros commerçants de la cité, possédant plusieurs boutiques, des maison et animaux, des jardins et des champs. Mais il n’avait pas encore trouvé de femme qui lui corresponde. Cependant, il ne s’en inquiétait pas. Il se contentait de prier le ciel pour qu’il lui ouvre les yeux pour pas qu’il passe à coté de son âme sœur. Il s’employait autant à faire de nombreuses offrandes aux ancêtres afin que ces derniers intercèdent à son propos auprès du créateur. Pour lui, on n’était jamais certain de ce que nous propose le monde avec ses illusions mensongères. Et d’expérience il avait conscience que rien ne valait la foi et la piété. Un jour, le chef fit appeler son épouse préférée pour lui tenir compagnie. Elle arriva, belle et parée, mais il s’aperçut aussitôt qu’elle n’avait pas ses précieux bracelets autour des poignets. Alors, la saisissant brutalement par les deux mains, il lui cria :

– Où donc sont tes bracelets ? Pourquoi ne t’en es-tu pas parée comme les autres fois?
– Oh mon époux bien aimant, je suis dans la désolation de vous dire qu’en fait je ne les ai plus ; je les ai donné à un pauvre qui mendiait la charité au nom du génie messager des ancêtres …
– Comment ça tu ne les as plus ? quel mendiant ? quel génie messager des ancêtres ? tu croix réellement que j’ai une tête à croire de telles stupidités, oui ?
– Croyez moi je vous en conjure car, c’est la vérité ! implora la jeune femme.

Cependant, n’écoutant que sa fureur, le chef lui fit trancher les deux mains, arracha ses vêtements somptueux, lui jeta un tissu d’esclave vert-gris sur la tête et les épaules, et la fit conduire, sans ressources, hors de son palais en lui sommant de ne plus s’y approcher sous aucun prétexte. Il estimait qu’il avait fait preuve de bien trop de complaisance à son encontre en ne lui coupant que les mains ou lieu de la tête de laquelle lui était sortie cette idée « criminelle et totalement scandaleuse » ; il la croyait pourtant plus intelligente que les autres, il s’était visiblement tromper à son sujet et cela le mettait dans une rage meurtrière. Elle devait donc aller le plus loin possible de lui méditer sur son imbécillité. La grandi cime favorite déchue s’en alla la mort dans l’âme. Consciente de la honte et de l’humiliation que cela serrait pour sa famille si elle devait y retourner. Elle décida donc de rester dans la rue et se mit à mendier à son tour. Un jour, elle fut surprise par le riche marchand, à la porte de sa résidence alors qu’elle ramassait sa nourriture dans les ordures. Le marchandant lui dit :

– Entre donc dans ma maison te rassasier, il y en a pour nourrir tout un village !
– Non maître je ne le puis, dit-elle !
– Biensûr que tu le peux, puisque c’est moi qui t’y invite !
– Je ne le puis ! persista-t-elle.
– Et si je te prenais pour épouse cela te déciderait-il d’avantage ?
– Certainement maître que je te suivrai aussitôt !
– Eh bien ! Je te prends pour mon épouse. Viens avec moi !

Il l’emmena chez lui, la confia à ses serviteurs et leur dit : « voici mon épouse ; demain, vous la mènerez au bain et lui appliquerez les huiles parfumées. Vous la parerez des plus beaux bijoux et me l’emmènerez pour qu’elle devienne ma femme selon la coutume ». Or, la pauvre femme tenait ses bras coupés cachés sous ses haillons de peur que les voyant, le riche marchant ne rechigne plus à la prendre pour épouse. Elle était bien consciente de ne pouvoir les lui cacher indéfiniment. Alors pour se donner le temps de réflexion nécessaire sur le comportement à adopter face à cette situation, elle demanda à se coucher tout de suite sans manger. Et, quand elle fut seule, elle se mit à pleurer toutes les larmes de son corps car elle se demandait si le lendemain, en voyant ses mains coupées, l’homme riche la voudrait encore. Enfin, épuisée, elle s’endormit. Pendant son sommeil, un génie vient la visiter, caressa ses mains comme si elle en avait encore et disparut. A son réveil, elle croyait qu’elle avait rêvé quand elle s’aperçut que ses mains avaient repoussé. Alors elle bondit hors du lit, appela les servantes mises à sa disposition et leur dit « faites moi belle pour mon mari je vous prie ! ». Et c’est ainsi qu’elle alla au bain, se para des bijoux que lui avait fait porté le riche marchant en cadeaux de fiançailles puis, se laissa mener à lui. Ils se marièrent et vécurent heureuse. Un jour, un mendiant vint à passer devant chez-eux. Il était très misérable et demandait du pain. Le riche mari se leva, ouvrit son coffre où étaient enfermées ses richesses, en sortit les bracelets et les remettant à sa femme, lui dit :

– Donne-lui ces bracelets qui m’ont été donnés à moi-même quand j’étais malheureux !
– C’était donc toi le pauvre à qui j’avais donné mes bracelets. Car, avant d’être à toi, j’étais la femme du chef ; et pour me punir de te les avoir donné, il m’a fait couper les deux mains et jeter à la rue où, à mon tour, j’ai mendié. Et mes mains ont repoussé par une caresse du génie messager des ancêtres la veille du jour où tu m’as épousée» ! s’écria la femme.
– j’étais ce pauvre. Je n’ai pris des bracelets qu’un saphir, je l’ai vendu et je suis de nouveau devenu riche. Donne donc ces bracelets au pauvre qui mendie à notre porte qui sait si ce n’est pas comme nous une personne victime de son grand cœur !

Elle enveloppa alors les bracelets dans un mouchoir et l’envoya au pauvre en demandant à ses serviteurs de lui faire comprendre que c’est tout ce qu’elle avait de précieux. Celui-ci ne comprit rien des bonnes intentions de la princesse et donc refusa son présent, disant qu’un pain et de la viande feraient bien mieux son affaire. La femme dit alors à son mari : « fais-le entrer et qu’il soit l’hôte de Dieu. Qu’il mange et boive autant qu’il en ressentira le besoin !». On introduisit aussitôt ce pauvre et on le fit manger. Pendant qu’il était à table, la femme, qui regardait par une fente de la porte, reconnut en lui le chef, son ancien mari. Elle fit appeler son mari et le lui dit. Alors, quand on servit le thé, le mari fit venir sa femme et lui offrit de prendre une tasse de thé avec eux. Le chef déchu s’écria : « quelle étrange ressemblance. Mais cette femme à des mains, tandis que j’ai enterré, j’ai enterré, moi-même, les mains de ma femme, après les avoir coupées. J’étais alors le jouet de soro’opirie la sorcière, qu’ai-je donc fait ?». Le chef déchu raconta sa version de l’histoire et dit à sa femme : « je suis le chef si tu veux je t’emmène avec moi ». Mais elle refusa et déclare qu’elle est à présent la femme du riche marchand et non du chef ruiné. Alors ils donnèrent au chef déchu les bracelets de pierres précieuses. Le riche marchant s’en étant bien au paravent assuré de ce que le gros saphir qu’il avait arraché retrouve sa place. Ils l’engagèrent à suivre la route du Bien et ils vécurent dans la joie et la fidélité son épouse et lui. Mais de son côté, le chef ne s’était pas résolu à laisser à cette t’homme ce qui selon lui, lui appartenait de droit divin. C’était un vulgaire voleur. Et il jura de causer sa perte dans les plus brefs délais. Et cette petite ambitieuse va regretter toute sa vie d’avoir voulu se jouer de lui de la sorte :

« il n’est pas né l’énergumène qui va se payer ainsi ma tête et espérer se la couler douce alors que moi je tire le diable par la queue ! ».

Il s’assit quelques jours sans manger et sans boire et rumina sa colère en devisant sur la manière la plus explosive de prendre sa vengeance. Ainsi cherchant le talon d’Achille du riche marchant, son esprit primitif le convainquit de s’arrêter sur la différence de peau de ce dernier. En effet, le riche marchant contrairement aux autres habitants de la région avait la peau blanche comme du lait : c’était un albinos ! On le considérait comme un esprit et cela lui était plutôt favorable. Mais l’haineux chef jura qu’il n’en sera plus ainsi une fois qu’il aurait fait pleuvoir sur lui et sa nigaude d’épouse le venin de sa vengeance. Il se rendit alors sans tarder au marché cher le plus grand bijoutier de la région et vendit toutes les pierres précieuses des bracelets. Il lui fallait suffisamment d’argent pour aligner les gens derrière sa cause. Il pensa qu’il serait judicieux et efficace de donner une fête où le manger et le boire déborderaient si bien que chaque invité présent en rapporterait une bonne quantité chez lui. Puisqu’il avait l’habitude de ce genre d’évènement fastueux, cela ne lui demanda pas de grands efforts. Les femmes restées avec lui faute de mieux furent non seulement en charge de la préparation des plats, mais également celle des consciences. Au marché, elles se livraient du matin au soir à de la propagande et au congossa (commérages) à la chez- nous. Leur but, faire croire aux villageois que le riche marchant était la principale cause de sa ruine. Le tout soigneusement tartiné de prétendus pouvoirs de sorcellerie dont jouirait ce dernier du fait qu’il était albinos. Pouvoirs dont il se serait servi pour lui prendre son épouse préférée et avec tous ses biens. Lui qui s’était pourtant montré généreux avec lui. Le croyant invalide. Il disait vouloir seulement que justice lui soi rendu devant le peuple et les ancêtres de qui tout pouvoir lui aurait été donné. C’est en signe de sa bonne foi et son bon cœur qu’il invitait donc tous les villageois à venir manger un bout de plantain avec lui. Le message passa comme une éclaire. Le jour de la fameuse fête presque tout le village avait répondu présent. Seul manquaient à l’appel, le riche marchant et sa femme que l’on s’était arrangé à ne tenir au courant sous aucun prétexte. Il ne fallait pas qu’il ait le temps d’invoquer ses pouvoirs maléfiques pour disparaître dans un lieu inconnu du commun des mortels. Une fois tout ce beau monde bien goinfré, le chef les harangua pour qu’ils l’aident à récupérer ses biens. Il ne fallait pas laisser un étranger et de surcroit un sorcier de son état venir dans leur village les déposséder impunément de leurs richesses. Il avait un culot tel qu’il osait s’empreindre à leur chef. Si on ne l’arrêtait pas quand il était encore temps, c’était le village tout entier qu’il allait prendre et brader à des étrangers ou à ses frères albinos. Tout le monde convint que le chef avait bien parlé et qu’il fallait agir pour le bien de tous. A la guerre comme à la guerre ! Il avait cherché, il allait trouver ! Et voilà que ce beau monde les ventres pesants s’avance lourdement vers la demeure du riche marchant et sa femme. On est déjà bien avancé dans la nuit et ils se doutent bien qu’à cette heure-là tout le monde doit être dans un profond sommeil. Du moins c’est ce qu’ils pensent. Ils sont tous armés d’armes blanches soigneusement aiguisées. Personne n’a eu besoin de rentrer chez lui en chercher, le chef en disposait en quantité industrielle. Certain emportent avec eu deux voir trois armes au cas où. Comme on va en guerre contre un grand sorcier, on a pensé à se protéger par des grigris de tout genre, eux aussi entreposés chez le chef. Le riche marchant dans son lit ne trouvait pas le sommeil et cela était inhabituel pour lui qui eu toujours le sommeil bien léger. Il se tournait et se retournait tellement que cela sortit à son tour son épouse de son sommeil. Cette dernière réveillée, lui fit part de ses inquiétudes renforcées par le fait que depuis trois jours un chat blanc venait pleurer derrière la maison. Ce ne pouvait-être qu’un mauvais présage. « Tu as certainement raison car mon œil gauche n’a de cesse de battre depuis près de trois jours également ! » ajouta le riche marchant. La jeune épouse se mit à s’inquiéter pour ses enfants qui bien qu’étant dans la chambre d’à côté, ne furent pas assez en sécurité selon elle. Son époux n’eut pas besoin d’être plus alarmé pour s’en aller les chercher dans leur berceau. Ils étaient tout roses et si mignons dans leurs vêtements de soie pure avec des broderies d’or que l’on aurait dit des anges. C’était leur trésor à tous les deux et ils s’étaient jurés depuis le jour de leur venue au monde qu’ils ne permettraient à personne ne serait-ce que de laisser une emprunte sur leur peau de lotus. Dans leur sommeil magique, ils souriaient à leurs parents. C’était comme un rêve de les tenir ainsi tellement ils étaient beau, leur maman ne résista pas et fondit en larmes de bonheur et surtout d’inquiétude du sort que le monde leur réservait. Son époux lui caressant ses longues tresses la serra contre lui pour l’assurer de ce qu’il ne laisserait personne leur faire le moindre mal. C’est alors qu’ils furent brutalement tirés de ce moment idyllique par des hurlements au dehors. Quelques serviteurs fidèles vinrent les prévenir de ce qui se passait et entreprirent de les sortir de ce guet-apens par la forêt. Ils traversèrent toute la forêt et arrivèrent devant la mer dont les eaux étaient si tumultueuses qu’ils leur étaient humainement impossible de traverser sans s’y noyer. Alors, les jeunes époux crièrent vers les esprits et deux génies sortirent des eaux. Après un entretien, les Mami-Watta exigèrent le sacrifice d’un nouveau-né pour autoriser la traversée de leur empire, la mer en furie. Le riche marchent proposa aux esprits de le prendre lui et de laisser son épouse s’en aller avec leur jumeaux. Mais les génies restèrent inflexibles et firent comprendre au jeune homme que c’était-là l’unique solution pour calmer les eaux, il n’y en avait pas d’autre. L’homme et son épouse en eurent le cœur déchiré, mais acceptèrent de livrer un enfant qui sera jeté dans les flots en tumulte, et le miracle se produira aussitôt : les vagues se turent (…). Les servantes étalèrent les cocotiers sur la mer puis, en file, tous traversèrent la bande d’eau qui séparait la terre ferme de l’île carcérale. Et ainsi échappèrent-ils à la méchanceté gratuite du chef. Toutefois, ce dernier se frotta les mains car, il prit possession de toutes les richesses du généreux marchant. Et depuis ce jour-là, dans cette contrée, l’albinos est considéré comme un esprit maléfique. Et dans ces eaux où fut à contrecœur sacrifié le fils du jeune couple, des centaines de bébés albinos sont noyés sous prétexte d’éloigner la malédiction de la région. Si bien que lorsqu’un ressortissant de cette contrée arrivent en ville, ayant en tête le mythe de albinos maléfique, il ne peut que se montrer cruel avec les albinos.

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