Afro découverte : Mahamat Saleh Haroun, un homme qui enchante

C’est connu de tous, le septième art africain francophone est encore loin, très loin d’être accompli. Contrairement à la musique, à la littérature et au sport où des représentants de l’Afrique noire francophone arrivent peu ou prou à s’imposer sur la scène internationale, notre cinéma végète encore dans les ténèbres et ses rares réalisations peinent à s’imposer dans les salles européennes – même celles françaises !

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce retard dans l’essor de notre cinéma, mais les plus notoires sont le manque d’écoles de formation dans ce domaine, les pesanteurs culturelles propres à l’Afrique noire qui ne voient pas dans le cinéma – comme naguère dans le football, la musique et la danse – une profession qui puisse nourrir son homme, mais aussi – et surtout – le manque de moyens. Nos rares réalisateurs se sont toujours plaints de l’absence de producteurs, et surtout du soutien des Etats. Le résultat est palpable, et il faut le reconnaître, c’est la qualité dégueulasse des films africains – généralement des courts métrages, des sketchs ou des documentaires – qui n’arrivent pas à sortir des studios de nos chaînes nationales qui n’émettent que dans l’espace réduit de nos pays.

Cependant, dans cette désolante nébuleuse, émerge, comme toujours, un symbole, qui porte sur ses épaules, comme Atlas, tout l’espoir du cinéma du monde noir francophone, le Tchadien Mahamat Saleh Haroun.

Les cinéphiles africains n’ont pas encore oublié la date du 23 mai 2010 où le film, Un Homme qui crie – le titre est inspiré d’un vers du poète Aimé Césaire – de ce Tchadien né en 1961 et qui vit en France depuis 1982, a remporté le Prix du Jury au Festival de Cannes 2010. Déjà primé à plusieurs reprises pour ses films précédents comme Letter from New York City, Abouna et Daratt au Festival du cinéma africain de Milan et au Fespaco, le réalisateur tchadien, à travers cette récompense à Cannes, a eu la grande consécration après plus d’une quinzaine d’années de travail acharné et d’espoir – son premier court métrage, Maral Tanié a été réalisé en 1994.

Un homme qui crie a fait de Mahamat Saleh Haroun un homme qui enchante, qui enchante tout un continent qui cherche, qui cherche dans les constellations ses fils, les vrais.

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