Chronique d’un jeune guinéen qui voit un avenir incertain pour son pays

Chronique d’un jeune guinéen qui voit un avenir incertain pour son pays

Une destination incertaine

La République de Guinée entre dans une nouvelle ère de son histoire d’une manière insolite comme ce fut le cas le 28 septembre 1958. Après l’organisation de sa première élection démocratique, la Guinée a du mal à se débarrasser de ses  vieilles habitudes acquises à la fin du règne du feu général Lansana Conté. Il s’agit tout simplement des manifestations violentes hors-normes dans la rue.

Enfin, la démocratie tant souhaitée est maintenant au seuil du pays qui a croqué 52 ans de dictature et d’autoritarisme. Mais, les deux fils guinéens qui étaient en lice pour la présidentielle refusent de saisir cette opportunité pour l’intérêt supérieur du peuple. Ce n’était pas limpide au départ pour tous que le seul mot d’ordre est de ramener les militaires dans les casernes ! Alors, que Paul gagne ou Pierre. Peu importe, c’est le peuple de guinée qui sort vainqueur de ce rude et long périple.Le peuple n’a-t-il pas fait tous les sacrifices ?

Le 28 septembre 1958, est une date qui atteste l’engagement sans faille ni doute du peuple guinéen à prendre à bras le corps son destin. Mais certains dirigeants ont refusé catégoriquement d’adopter la même idéologie. Pour ne pas s’éterniser dans la sphère de l’histoire, disons que le peuple était tout prêt à se sacrifier pour l’obtention d’une condition de vie meilleure. Par illustration sur le plan économique avec le fameux projet de ‘’Garafiri’’, qui n’a épargné aucune couche de la société. Tous ceux qui avaient l’étiquette de guinéen étaient contraints de mettre la main à la poche, même les mendiants, pour financer ce projet d’électrification du pays. Hélas, ce fut un véritable désenchantement après la concrétisation de ce projet.

Sur le volet politique, c’est le comble. Tous les sacrifices ont été effectués, jusqu’à perdre des âmes (la chose la plus chère pour une nation). Presque toutes les manifestations de contestation ont été réprimées dans le bain de sang. Et là, c’est la jeunesse qui a payé la plus lourde tribu (évènements de janvier et février 2007, 28 septembre 2009, etc.).

Une jeunesse sans repère.

La situation sociopolitique du pays s’empire du jour au lendemain. Actuellement la société guinéenne est minée par deux catégories de jeunesse : une qui se bat au quotidien pour subvenir à 10% de ses besoins et une autre qui commence à perdre espoir et repère s’il y en a. Les Universités guinéennes sont devenues des gros centres de formation annuelle des chômeurs. Elles déversent sur le marché d’emploi des jeunes innocents diplômés qui deviennent plus tard des fervents acteurs du secteur informel (petits commerces, gérants de cabines téléphoniques, etc.). Et de surcroît, des recherches attestent qu’une promotion universitaire n’a jamais été embauchée depuis 1984 à nos jours. A cela, s’ajoute un faible taux de retraités, pour ne pas dire qu’il n’y a presque pas de retraités. Le pays fonctionne avec des vieux des années 50 tandis que les jeunes se cherchent misérablement dans d’autres secteurs tels que le commerce, l’enseignement (reste à désirer), l’armée,…

Le président américain Barack Obama n’a-t-il pas, quand il affirmait le 11 juillet 2009 au Ghana que le tribalisme, le népotisme et la corruption sont les ennemis du progrès. Comment le pays connaîtra le progrès ou le développement si nous sommes minés par les vices dont Obama fait allusion ?

Ce qui est claire comme l’eau de roche, c’est qu’après 52 ans de « souveraineté », la Guinée a à tout reprendre à zéro. Aucun domaine n’est à négliger. Les cinq ans à venir seront de la quinine à avaler pour le premier président démocratiquement élu.

Gata Doré, étudiant guinéen à Dakar

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