RSF et Transparency International ont-elles raison d’épingler le Cameroun ?

RSF et Transparency International ont-elles raison d’épingler le Cameroun ?

La fin d’année donne généralement l’occasion à la remise de diverses récompenses. C’est également le moment privilégié pendant lequel les organisations internationales intergouvernementales et privées (ONG) publient leurs rapports annuels. Cette année, les rapports de Transparency International (TI) et Reporters Sans Frontières (RSF) ont particulièrement défrayé la chronique au Cameroun.

Transparency International produit un classement annuel depuis près d’une quinzaine d’années sur l’état de la corruption dans le monde[1]. RSF fait de même dans le domaine de la liberté de presse[2]. Mais, cette année encore, une fois de trop peut-être, le Cameroun n’a pas obtenu de bonnes notes. Ces classements ont alors été très mal accueillis et ces publications sont interprétées comme des procès en diabolisation des Etats africains. Les ONG manqueraient-elles réellement d’impartialité et d’objectivité ? Pour nos Etats, la réponse affirmative est vite trouvée.

Pour notre part, la position se veut moins catégorique et plus nuancée. En effet, le classement de RSF nous semble très problématique. C’est objectivement très difficile de soutenir que le Cameroun, un pays en paix, dans lequel existent, coexistent et exercent librement des centaines d’organes de presse et de chaînes de télévision privés et publics, se trouve au bas de l’échelle à côté d’autres comme l’Irak et le Cambodge. A l’inverse, il suffit de vivre au Cameroun pour établir la réalité croissante du phénomène de corruption, et à partir de là, on peut, sans grande réticence, approuver le classement de TI. Difficile donc de trancher la poire en deux !

Au demeurant, nous recommandons que nos Etats africains puissent être, eux-mêmes, sans complaisance et avec objectivité à l’origine d’une sorte d’auto-critique de leurs situations. Ainsi, nos Etats pourront rendre effectivement compte de leurs états de progression et de régression dans les questions d’éducation, de santé, de démocratie, de droits de l’homme notamment.

L’enjeu d’une telle initiative est de favoriser l’amélioration consistante des conditions de vie des populations dans l’optique de la réalisation des objectifs onusiens du millénaire pour le développement qui en rappel sont :

  1. Réduire l’extrême pauvreté et la faim dans le monde ;
  2. Assurer l’éducation primaire pour tous ;
  3. Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ;
  4. Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans ;
  5. Améliorer la santé maternelle ;
  6. Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies ;
  7. Assurer le développement durable ;
  8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

(Source image : http://roinaka.skyrock.com/9.html)


[1] Le Cameroun est classé 146ème, c’est-à-dire le 15ème pays le plus corrompu du monde avec une note de 2,2 sur 10.

[2] Le classement apparaît à la 126ème place sur 178 pays. Cf : http://fr.rsf.org/press-freedom-index-2010,1034.html

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