Ezaka, vendeur ambulant de téléphones à Tana

Je viens de faire la connaissance de Ezaka Nomenjanahary. C’est le nom d’un jeune homme vendeur ambulant de téléphones portables. Pour information, « Ezaka » veut dire effort et « Nomenjanahary », donné par Dieu. Bref, je ne suis pas là pour parler de son nom. Si j’ai voulu l’interviewer, c’était pour le travail qu’il fait.

J’avoue que j’ai eu du mal à le convaincre d’être pris en photo. Je crois deviner pourquoi mais je n’en suis pas sûre. Mais quand je lui ai montré la photo que j’ai prise, il a dit que ce serait nul de gâcher la photo avec une bande noire sur les yeux; alors il m’a donné son accord pour que je publie la photo telle que vous la voyez.

Ezaka a exercé ce métier pendant maintenant trois ans. Ils achètent des téléphones présentant des défauts chez les Chinois, les  réparent et les revendent à un prix moins élevé que celui des magasins. Il achète par exemple un téléphone ZTE à 7 000 Ariary pour le revendre à 9 000 Ariary si dans un magasin, il devrait se vendre à 20 000 Ariary. Souvent des passants lui proposent aussi des téléphones usés. Quelque fois, il reprend les téléphones de ces autres amis vendeurs ambulants comme lui.

D’après Ezaka, vendre dans la rue ne nécessite pas beaucoup d’investissements et permet de se rapprocher plus des clients. Il y a certaines catégories de clients qui ont peur des magasins. Il peut vendre 3 à 5 téléphones par jour; ce qui lui permet de gagner à peu près 10 000 Ariary par jour. Pour l’instant, cet argent lui suffit pour ces petits besoins personnels puisqu’il vit encore chez ses parents. Cependant, il souhaiterai trouver un autre emploi pour plus tard quand il aura son propre foyer. Vu qu’il n’a pas vraiment le choix, il gardera encore ce travail pour un bout de temps.

La plus grosse crainte de ce jeune homme est l’arrivée à l’improviste des « Fivondronana » – policiers communaux qui ramassent toutes marchandises étalées sur les trottoirs ou la chaussée. Ces marchandises sont récupérables mais à un prix plus élevé que leurs prix de revient alors il préfère les abandonner et redémarrer avec de nouveaux produits. Il a été victime de ce ramassage 6 fois déjà.

Il dit qu’il a le coeur qui bât très fort à cause de mon interview alors je l’ai remercié et suis partie pour le laisser respirer :D

À propos de l'auteur

Jeune femme, maman, malgache, blogueuse, citoyen journaliste, photographe amatrice passionnée

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