Marchons, marchons, on, on, tout droit vers mon premier portable

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En 2005 ma première année universitaire s’est passée de tout commentaire. Mais entre les emplois du temps contradictoires, les cours dispensés facultativement en un rythme militaire sous des arbres du fait d’un manque de salles, et le désagréable sentiment de se trouver dans une jungle où l’on est condamné à périr, il y avait néanmoins une chose qui réussissait à donner un sens à nos vies de jeunes bacheliers : avoir son premier téléphone portable ! En ce début de millénaire, pendant que dans les pays dits développés les étudiants se dotent d’un PC portable, nous leurs confrères du Camer rêvions encore de notre premier téléphone portable. Comme ici au pays il n’y a pas plus fauchés que les étudiants, c’était à chacun son astuce pour voir ce rêve se réaliser. C’est alors qu’avec une amie qui était encore plus fauchée que moi, nous avions pensé à ça : la marche à pieds ! Notre idée était de me faire économiser mes frais de transport pour atteindre la somme maximale pour un téléphone « respectable » : 30000 FCFA. Excite donc les secondes mains ou les modèles types parpaing, du siècle dernier. Et nous faisions peu cas des 18 kilomètres environ qu’il nous fallait avaler tous les jours dans cette quête au « saint graal ». Ainsi, dès l’aube, en pleine journée où à la tombée de la nuit, nous usions nos souliers cœurs vaillants. Rien semble t-il n’était en mesure de nous arrêter. Et peu importe la poussière et les épines des buissons des cissogos (raccourcis) que nous empruntions question de nous rendre la tâche moins ardue. Peu importe aussi les pluies folles aux vents dévastateurs ou le soleil si brûlant qu’il tarissait en nous nos glandes sudoripares. Faisant preuve d’une abnégation et d’une détermination à toutes épreuves, nous défilions au rythme des jours, des semaines, des mois. Et au moment où nous apprenions avec soulagement notre très laborieuse accession en deuxième année, Dieu seul sais comment sans « crédits » de matières à valider, nous étions surtout fières d’avoir les 30000FCFA. Car enfin moi aussi j’en avais un, le fameux téléphone portable qui me donnait l’impression de m’inscrire un peu plus dans la modernité de notre siècle.

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