Le téléphone : outil de développement de l’auto emploi.

Le téléphone : outil de développement de l’auto emploi.

Le quotidien de Caro partagé entre les cartes, le transfert de crédit et les appels

Avec l’arrivée de la téléphonie mobile, un nouveau  métier a vu le jour : le callbox. Il permet à des milliers de camerounais de joindre les deux bouts, c’est le cas de caroline dont nous avons suivi le quotidien pour toucher les réalité de cette activité qui fait flores au Cameroun.

Elle est d’attaque dès 5 heures du matin. C’est le même rituel tous les jours. La  journée débute par la prière ensuite c’est le rush. Ménage, vaisselle, préparation du petit déjeuner pour son fils de 4 ans.  A 33 ans Caroline a un enfant. Elle est particulièrement pressée, elle doit se rendre au travail. Alvine comme de milliers de jeunes camerounais est call boxeuse. Terme consacré aux  camerounaises et camerounais, tenanciers de box, ils sont abrités sous un parapluie. Souvent jeunes, parfois diplômés de l’université ils ont trouvé là un filon. Les entreprises traditionnelles n’ont pu les accueillir. Alors ils vendent des cartes de crédit de communication, transfèrent des unités ou encore offrent à ceux qui ne peuvent bénéficier des deux premiers services, de passer un coup de fil, moyennant une somme qui varie entre 25 et 100FCFA. Sur son parcours elle nous fait des révélations suivantes

Pourquoi te lèves-tu si tôt ?

Caroline : Dans le métier que nous faisons, tout franc est bon à prendre. Il est question pour moi de servir dès 6h30 du matin les premiers clients, ceux qui se rendent tôt au travail.

Aimes-tu ce que tu fais ?

Caroline : Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens. Si j’aime mon métier ? Il me permet de payer mon loyer, de payer la scolarité de mon enfant de le nourrir, de le vêtir, de le soigner. Alors la réponse est trois fois oui !

Tu ne parles que ton fils et toi alors ?

Caroline : C’est pour lui que je me bats. Je voudrais créer des conditions pour qu’il ait un avenir meilleur que le mien.

A t’entendre parler de ton métier le call box  rapporte gros on s’y fait des fortunes?

Caroline : Cela a été le cas à une certaine époque Les premiers tenanciers de call box  se  sont fait beaucoup d’argent. Mais le succès a attiré beaucoup de monde notamment des jeunes  en quête d’emploi. Le marché s’est atomisé et les bénéfices de l’entrepreneur évidement a diminué, sous l’effet de la concurrence.

Elle est très technique ta démonstration, quel est ton background ?

Caroline: Je suis diplômée du supérieur en science économique et de gestion.

Quel est ton chiffre d’affaire journalier ?

Caroline : je ne peux donner avec exactitude le chiffre d’affaire car j’ai beaucoup de caisses que je gère. Pour les cartes par exemple les gains vont de 75 F à 500F/carte, pour les transferts cela dépend des maisons il y a une société qui nous donne 25f de bénéfice /appel ou par transfert et une autre qui cumule les appels et nous envoie les bonus toujours par crédit après un mois. Voilà ce que je peux dire sur le fonctionnement c’est à la fin vu toutes les dépenses et les clients que j’ai eu que je peux me retrouver avec 40 à 60.000F

Réussis-tu as constituer une épargne ?

Caroline : Oui, j’épargne, je m’occupe aussi de certains membres de ma famille.

Comptes-tu exercer ce métier toute ta vie ?

Caroline : Non parce que le marché est devenu difficile il n’y a aucune réglementation chacun fixe les prix comme il veut et cela fait perdre les bénéfices que l’on pouvait se faire. Malgré que cela m’ait permis d’ouvrir une deuxième callbox, j’aimerais ouvrir une alimentation pour que mon fils soit ingénieur en télécommunication. J’ambitionne aussi d’immigrer au Canada

As-tu une plainte particulière ?

Caroline: Oui, les sociétés qui gèrent la téléphonie devraient tout faire pour réglementer notre activité et harmoniser les prix pour nous (acteurs et artisans de petits métiers) permettre de tirer les bénéfices de notre activité et au gouvernement de penser à nous allouer une sécurité sociale  Nous n’avons ni assurance maladie, ni assurés d’avoir une retraite.

Il est 20h30min, elle range son parapluie, sa tablette et son banc car le moment est venu pour elle de retrouver son fils et ses frères pour les révisions.

À propos de l'auteur

Salma

Salma est Camerounaise et journaliste, formée à l'ESSTIC. Elle a été reporter pendant 10 ans pour le mensuel sur la santé des adolescents «100% jeune». Elle a également travaillé pour le magazine sur l'environnement «Together». Sur la toile, elle a travaillé pour des sites comme Goducamer.com, cameroon-info.net, Mboablog, Kamerhiphop, reglo.org. Elle est une passionnée par l'écriture en ligne. Actuellement à Bamenda, elle est journaliste à la Radio Evangelium. Elle continue à évoluer dans la presse écrite en tant que correspondante pour des parutions telles que «Horizons 2035» et «Musiki».

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