Un portable dernier cri, une meuf garantie !

Un portable dernier cri, une meuf garantie !

L’idée de transcrire les présents faits sur support numérique me hante l’esprit hier soir au moment où, en sortant d’Ecobank,  je tente vainement d’aguicher une jolie demoiselle que j’ai remarqué dans la queue un quart d’heure plus tôt.

Dans mon pays, les gens ont une grande admiration pour la technologie cellulaire. De l’enfant de 2 ans à l’adulte de 40 ans, les symptômes de ce phénomène implacable sont visibles. Lors de la Noël, par exemple, pour qu’un parent prétende susciter l’intérêt et la joie chez son jeune fils, il se doit de lui offrir au minimum un portable en jouet. Ce dernier produit un effet magique dans l’esprit de l’enfant qui ne peut qu’être fasciné en manipulant son gadget et en émettant au moyen de celui-ci des sons vraisemblablement agréables à son tympan; aussi il trouve du plaisir à reproduire les gestes téléphoniques de son entourage. Si les enfants ne résistent pas au charme d’un cellulaire en jouet, qu’en est-il des adultes face à la magie d’un téléphone réel ?

Les femmes sont les premières à succomber à l’envie de se munir d’un portable multimédia. La chose à la fois très curieuse et paradoxale est que : quand bien même elles en possèderaient, elles ignoreraient comment le faire fonctionner correctement ou efficacement. Acquérir un téléphone sophistiqué devient alors pour la plupart d’entre elles un moyen de paraitre dans leur univers. Très souvent elles boudent leurs maris à la maison, notamment lors d’occasions telles que leur anniversaire, le 8 Mars (Journée internationale de la femme) ou la fois où elle convoite le téléphone d’un membre de sa tontine. Et si les victimes espèrent rétablir la paix et la gaité dans le foyer, ils devront inéluctablement offrir à ces dames enragées, un Nokia ou un Samsung dernière génération, dont le prix frise généralement la centaine de mille.

Qu’est ce que les hommes trouvent à leur tour à cet appareil qui conditionne désormais la vie de presque tous les ménages camerounais ? Contrairement à la gente féminine, l’homme qui achète un téléphone dernier cri sait avant toute autre chose s’en servir. Il l’utilise en outre comme atout de séduction devant ses proies. En effet, j’ai moi-même testé hier soir l’effet de cet artifice sur la jolie demoiselle de la banque. Mais on dirait que le stratagème en question ne fonctionne pas ou ne réussit pas toujours quand on a affaire aux guerrières de Ouaga. J’ai donc sorti de ma poche mon Nokia 6280 coulissant avec options (appareil photo de 2 mégapixels, caméra, lecteur mp3, Bluetooth, mémoire extensible, etc.) croyant qu’en l’approchant, elle allait tout de suite être attirée, peut-être pas directement par ma personne mais d’abord par mon apparence frappante. En résultat, elle n’a même pas daigné répondre à ma salutation.

Projetée dans un environnement comme Douala, cette situation allait à coup sûr tourner à mon avantage. Les filles de la porte d’entrée et de sortie du Cameroun sont certes des lionnes en matière de confrontation avec le sexe opposé, mais il n’en demeure pas moins qu’elles s’inclinent tout de même devant la puissance foudroyante que le téléphone mobile confère à leurs vis-à-vis. Elles sont convaincues que l’homme doté d’un objet aussi luxueux et de tout l’arsenal qui rime avec, a également les moyens de leur offrir la sécurité à laquelle elles aspirent toutes. Je me souviens avoir emporté avec moi la preuve en 2008 lorsque je m’envolais pour Ouaga. Ma famille et moi venions d’arriver à l’aéroport de Douala et aussitôt, je faisais la connaissance d’une beauté divine. Je manipulais mon même Nokia quand j’ai senti qu’elle me regardait avec insistance. Peut-être le faisait-elle parce que j’étais bien sapé ? Je l’ignore. Je me suis alors rapproché d’elle et l’ai prise en photo avant de lui demander son prénom. Elle était déjà toute « enjaillée » à l’idée de bavarder avec moi. Je finis par croire que ce n’est peut-être pas la cité ouagalaise le problème, mais plutôt mon mobile qui aujourd’hui n’est plus suffisamment en vogue pour produire l’effet escompté. Ne ferais-je donc pas mieux de m’en procurer un récent modèle afin de dompter ces guerrières?

À propos de l'auteur

Francoperen

Ingénieur de formation, j'ai un fort intérêt pour l'écriture. Les mots sont pour moi tout ce que les chiffres ne peuvent être. Les modeler au quotidien pour raconter des histoires est un besoin pour mon âme. Au-delà des histoires qu'ils servent à raconter, les mots sont mes petites armes pour contribuer à rendre le monde meilleur.

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