Le téléphone salvateur

Le téléphone salvateur

Le téléphone portable a fait son apparition au Burkina en 1995. Seuls quelques privilégiés pouvaient se procurer ce nouvel outil de communication. Mais, il s’est par la suite vulgarisé au grand bonheur de certaines couches de la société. Des jeunes Ouagalais se sont trouvé un emploi grâce à la vulgarisation des téléphones portables. A chaque carrefour, le long des goudrons, à côté des marchés ou devant les sièges des téléphonies mobiles etc., les vendeurs de portable et de cartes de recharge, des réparateurs offrent gagnent leur pain grâce cet outil de communication.

Des vendeurs de portables à Ouagadougou

Mardi 23 novembre 2010, nous sommes au siège de l’Office Nationale des Télécommunications (ONATEL) du Burkina Faso en plein centre ville de Ouagadougou. Jean Baptiste Congo était un ancien « débrouillard » au grand marché de Ouagadougou avant l’avènement des téléphones portables selon ses affirmations. A l’époque, il récupérait des articles de toutes sortes à des commerçants qu’il revendait en majorant le prix pour se faire des bénéfices. Il était obligé de faire ainsi chaque jour pour avoir juste de quoi à manger. « Il y’a des jours ou je ne vendais rien. C’était compliqué » se souvient-il. Lorsque que les téléphones portables ont commencé à devenir populaires, Jean Baptiste Congo s’est lancé dans la vente des cellulaires en aidant les commerçants à vendre leurs appareils. Petit à petit se rappelle M. Congo, il a réussi à économiser et à s’acheter plusieurs téléphones portables. Grâce à cette initiative, le jeune commerçant s’est installé à son propre compte  en faisant des économies. Aujourd’hui, c’est d’autres jeunes qui jouent le rôle de revendeur comme il le faisait.

Combien Jean-Baptiste gagne t-il par jour ? « Je ne peux pas dire ce que je gagne par jour mais les bénéfices que je gagne sur chaque portable est de milles à milles cinq cent francs ». Il fait le compte de ce qu’il gagne chaque fin de mois. Le bénéfice s’élève à 40.000 Francs CFA. Pour arrondir les fins de mois, il récupère également les vieux cellulaires pour les vendre après les avoir réparés.

Ablassé Congo, vendeur de cartes de recharge à Ouagadougou

Si Jean-Baptiste gagne son pain dans la vente des portables, Ablassé Congo (les deux Congo ne se connaissent pas) gagne le sien dans la vente des cartes de recharges depuis deux ans et demi. Il s’approvisionne auprès des différentes compagnies de téléphonies mobiles. La vente des cartes de recharges de 5000 francs CFA lui procure des bénéfices 350 Francs CFA. Pour une carte de 1000 Francs CFA il gagne 120 Francs CFA. Après calcul, Ablassé gagne 90.000 Francs CFA par mois puisqu’il travaille rarement les dimanches. Les « honoraires » de celui qui a arrêté très tôt l’école équivaut au salaire de certains fonctionnaires burkinabè. Cette somme permet à Ablassé Congo de venir en aide à ses parents. Pour lui, la vente des cartes n’est qu’un tremplin, car il souhaite se trouver un magasin pour la vente de matériels divers.

A côté de ces vendeurs de portables et de carte de recharges, se trouvent les réparateurs. Bien que n’ayant subi aucune formation, ils arrivent à réparer correctement les cellulaires de leurs clients. En plus, ceux qui ont perdu leur chargeur ou qui n’ont pas d’électricité peuvent faire recharger leur portable auprès de ces réparateurs à 50 Francs CFA.

Une meilleure organisation de ce secteur pourrait permettre à ces jeunes du secteur informel de vivre décemment de leur métier.

À propos de l'auteur

Boukari Ouédraogo

Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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