Plus de démocratie

Plus de démocratie

La démocratie  est le remède et non le nationalisme… pour la Côte d’ivoire et l’Afrique toute entière

Les récents évènements en Côte d’Ivoire ont déclenché chez beaucoup des passions qui continuent de donner lieu à des débats virulents.

La majorité des discussions se sont focalisées sur la légitimité de Gbagbo et de Ouattara après des résultats contestés et controversés de l’élection présidentielle ivoirienne du 28 Novembre 2010.

Certains ont débattu sur le plan juridique : le qui, le pourquoi et le comment on en est arrivé à ce spectacle désolant d’une Afrique toujours incapable d’avancer sans besoin d’assistance.

D’autres, qui saluent et encouragent tout simplement la résistance de Laurent Gbagbo -face à ce qu’ils qualifient  de continues ingérences de « la communauté internationale » et particulièrement de la France accusée de tripatouiller la situation en Côte d’Ivoire pour  pouvoir installer le très malléable Ouattara habitué des arrangements , vu son passage à la banque mondiale- sont confrontés  par ceux qui pensent que Gbagbo est un dictateur qui a confisqué illégalement  le pouvoir depuis dix ans et continue tout simplement dans la même logique quand il refuse de reconnaitre sa défaite aux urnes.

Pour ma part, le problème ivoirien m’interpelle non seulement parce que je suis africain et africaniste, mais surtout parce que je crois que cette crise est un ramassis de toutes les crises aux quelles le continent doit faire face.  Toutes nos tares sont ici mises à nues (un manque criard de direction, le tribalisme, la corruption … etc).

Alors que plusieurs pays africains célèbrent le cinquantenaire de leur indépendance, on peut se demander, après avoir écouté la clameur de beaucoup d’africains qui apparentent cette élection en combat indépendantiste : qu’avons-nous fait du demi-siècle passé? 

Cinquante ans après, on continue à tirer sur l’occident ; mais qu’avons-nous fait pour sortir du cycle dans lequel « on » nous a cantonné ?

Nous aurions dû passer toutes ces années à consolider les Etats dont nous avons hérités des colons ; car ils sont bien différents des entités qui les ont précédé, avec des frontières  qui  ont divisé des peuples et nations tout en réunissant des peuples à cultures différentes qui se devaient de définir un avenir et idéal communs.

Consolider un Etat c’est créer des conditions qui permettent à chaque individu de trouver son intérêt à faire partie de la communauté, tout en définissant les restrictions nécessaires pour protéger les plus vulnérables.  

On ne peut réaliser cet objectif que si on prend la peine de rassembler les différences qui sont présentent dans toutes les communautés pour arriver à un contrat qui est accepté par tous : «  un contrat social ». 

Je ne veux en aucun cas affirmer que tout ceci est trivial ; car ce n’est pas le cas !  Les anciennes démocraties doivent chaque jour réajuster le contrat qui uni leurs populations, et cela crée des tensions qui dégénèrent parfois dans la violence lorsqu’un certain bloc est mécontent.   Heureusement, en cas  de désaccord il est toujours clairement stipulé comment sortir de l’impasse,  comme c’est le cas avec tout contrat. 

Pour qu’un contrat tienne, il a besoin d’être discuté, accepté et protégé par un arbitre neutre.

Aurions nous passé les cinquante dernières années à rechercher  et à nous battre pour un contrat équitable accepté par nos populations, et protégé par une autorité neutre et indépendante  que la Côte d’Ivoire ne serait pas entrain de crier : « Oh voleur !!! »

Peut-être à cause de notre histoire faite de chefs de tribus, nous nous sommes battus et continuons à nous battre pour le pouvoir de nos chefs, sans penser à la place de l’individu dans nos Etats.

L’Etat existe, et doit exister pour le bien-être de l’individu –c’est l’individu qui crée l’Etat- même si celui-ci à besoin d’un Etat bien organisé pour faciliter sa course vers le bonheur.

Le contraire c’est que nous vivons aujourd’hui avec la crise ivoirienne et qu’on a vécu lors de la crise au Zimbabwe, où beaucoup pensent qu’il est plus important de résister aux pressions et « ingérences » internationales, que  de lutter pour la démocratie, les libertés individuelles, une justice équitable et la cohésion sociale.

Je pense pour ma part qu’il est grandement temps  pour les africains d’arrêter de se battre pour ou contre des hommes ; mais de concentrer toute leur énergie pour arriver à des compromis sociaux qui sont seuls peuvent nous assurer paix et stabilité.

De grâce, arrêtons d’ignorer nos tares, et de penser que demain viendra le moment de laver notre linge sale en famille ; Non !

Nous ne pouvons avancer dispersés ; les ennemis et les vautours qui nous entourent ne peuvent que sourire et profiter de nos divisions, car il en va de leur intérêt.  Qu’en est-il du notre ?  Est-il vraiment de l’intérêt de la Côte d’Ivoire de passer 15, 20ans de guerre juste pour  empêcher Alassane Ouattara supposé fils de  Burkinabé, de devenir Président de la Republique (car c’est bien là la racine du mal ivoirien).  Beuh au même moment Nicolas Sarkozy, fils d’hongrois, est le Président de la Republique française et prends plaisir à nous faire la leçon sur notre attachement à la répétition et à la préhistoire… 

Le moment est venu pour l’Afrique de faire vraiment le choix de l’autodétermination ; et malgré quelques revers au Kenya et au Zimbabwe et maintenant en Côte d’Ivoire, on continu de progresser.  Avec l’aide de quelques généraux au Ghana au Nigeria, au Niger et en Guinée la démocratie s’est mise en marche.   Le Sénégal et Abdoulaye Wade inquiètent, mais on espère que les sénégalais après près de quinze années ont déjà assimilés les principes démocratiques et qu’ils pourront négocier comme à l’habitude pacifiquement cette turbulence.  L’Afrique centrale (RDC inclus) est vraiment à la traine à cause du control du pouvoir par les héritiers du colonialisme ; la mort d’Omar Bongo n’ayant pas entrainé le changement espérer au Gabon.  On suivra de près les prochaines élections au Cameroun, dans les 2 Congo, au Tchad et Republique Centrafricaine.

Lucien Dissake.

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