Je suis la fourmilière de Dagnouin

Je suis une fourmilière. Vous me trouverez à Dagnouin, au bord d’une ruelle, non loin du cimetière où repose le Président Thomas Sankara. Les fourmis m’ont construite par excavation afin que je puisse les abriter. Je suis sensée garantir leur sécurité et les protéger des intempéries. Mais hélas, tout comme la plus part de mes  sœurs fourmilières au Faso, les Hommes par leur coutume et culte  m’ont attribuée d’autres fonctions : je sers d’intermédiaire entre le monde réel et le monde immatériel.

On laisse tomber des œufs sur moi. Certains déversent des racines de plantes médicinales avec lesquelles, ils se sont soignés. Mieux encore, je ne suis pas une marmite alors que je reçois du sel, du mil, du sorgho, du sésame… Aussi, je ne suis pas une bourse, mais je garde des pièces de monnaie, des coris. Je ne suis pas un autel mais certains égorgent des animaux sur moi.

Tout cela me rappelle l’harmonie que les hommes forment avec les éléments de la nature.

Ce que je me suis toujours demandée  pourquoi moi ? Je me suis donc rappelée le  bouc émissaire dans la culture juive. Je  permets aux hommes de se décharger de leurs fardeaux, de leur maladie, de leur inconfort, de recevoir une bénédiction retardée par les mauvais génies… car je reçois des sacrifices expiatoires et propitiatoires.

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