Les rires et les pleurs de Noël chez nous

Les rires et les pleurs de Noël chez nous

Tout est prêt pour  le bon déroulement de cette fête de Noël qui fait chanter et danser tous les enfants que je rencontre dans les rues de Bujumbura. Depuis quelques jours avant ce samedi, le marché central de Bujumbura regorge, en cette occasion, de tout ce qui attire les regards. Des habits aux denrées les plus préférées rien ne manque. Partout on chante baisse des prix pour attirer encore plus. Ici et là « solde » est le mot magique. Même les CDs et DVD vierges sont soldés, cette dernière nouvelle m’intéresse personnellement. J’aime graver des chansons et des films sur des CDs, surtout s’ils se vendent à bas prix. Les foules endimanchées font des va-et-vient dans toutes les directions. Toutes les petites buvettes de mon quartier sont remplies, croyez-moi la boisson fait partie de la culture de fêtes au Burundi. Tellement que la circulation est intense, la police routière limite les courses des motards. Ils ne vont pas au centre ville. La sécurité est prioritaire chez nous. Me voici en route vers le centre ville de Bujumbura. Partout je croise une foule des gens tirées à quatre épingles. La fête chez nous c’est la fête. Des nouveaux habits, des visites chez les amis, des nourritures bien aromatisées et surtout la boisson. Bière ou boisson traditionnelle, bien fermentée, voilà la fête à la burundaise. Je salive déjà en pensant aux mets délicats qui m’attendent là où je suis invité à l’occasion de cette fête de famille.

Bientôt je débarque au centre ville. Tout est beau. Les gens que je croise, les magasins qui ouvrent leurs portes embellies de jeux de lumière…, tout est cérémonial. Je fais mes quelques pas pour prendre un second bus qui me conduira à la destination finale. Dans ce couloir entre deux parkings je croise un enfant. Une fillette de huit ou neuf ans. Elle est mal habillée et mal peignée. Elle me tient la main, je comprends que c’est un enfant de la rue. Elle me dit d’une voix suppliante « papa donne-moi dix francs pour Noël.» je suis ému et pense au sort de cette fillette qui fête Noël dans la rue. Loin d’une maison dans la chaleur des parents et frères et sœurs qui s’intéressent à elle. Seule au-milieu d’une foule habillée en habit de fête. Peu importe la cause de sa présence dans la rue ; pauvreté de sa famille, exploitation par des adultes malintentionnés ou une mauvaise mentalité de mendicité…, elle ne mérite vraiment pas de fêter dans la rue. En lui glissant un petit billet je la regarde pour la dernière fois avant de m’éloigner à pas de géants.

Non, ce visage ne me quitte pas, je le porte encore en rédigeant mon article de Noël. J’ai honte de nous, chrétiens ou humaniste que nous sommes, nos portes restent à moitié ouvertes. Seuls les amis, les proches, les gens bien habillées peuvent y entrer. Cela n’est pas étonnant que Jésus sois né dans une étable. Peut-être s’il naissait aujourd’hui chez nous, il ne trouverait même plus une étable disponible. Noël des pleurs et des rires. Rires pour tous les enfants choyés et gâtés par le Père Noël, rires des tous les hommes heureux que j’ai rencontrés dans les rues de Bujumbura. Noël des pleurs pour cet enfant et ses semblables passant leur fête dans la rue. Encore pire  pour ces quatre hommes tués par la foudre dans une église à Kananga(RDC) célébrant Noël. Ainsi Noël suffit aussi sa peine et sa joie chez nous, au Centre du continent Africain.

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