Berlin 2011 au son des pétards

Berlin 2011 au son des pétards

Pour une Française exilée à Berlin, les fêtes de fin d’année à l’allemande recèlent bien des surprises. Entre autres, l’autorisation pour chaque citoyen de faire son propre feu d’artifice, et une étrange tradition de divination avec du fer blanc…

A Berlin, le Nouvel an, c’est la fête dont tout le monde parle un mois à l’avance. Au 15 décembre, vous avez déjà reçu 15 invitations Fessebouc pour LA fête de l’année, si bien qu’entre le rituel de purification gothique, la nouba à la brésilienne, et la soirée orgiaque gastronomique au Berghain (grand club électro de Berlin), vous ne savez plus à quel saint vous vouer.C’est ainsi que la plupart des jeunes Berlinois se refusent à préparer quoi que ce soit, sortent les mains dans les poches en raflant quelques bouteilles de mousseux au « späti » (épicerie qui ne ferme pas la nuit, souvent tenues par les Turcs) et espèrent que le ciel les guidera vers la meilleure soirée de la nuit.

Sur le pont au dessus des lignes ferroviaires, on admire les feux d’artifice populaires en buvant du mousseux dans des flûtes en plastique.

C’est moi aussi ce que j’ai fait, et bien m’en a pris. Car à Berlin, le Nouvel An ne se fête nulle part mieux que dans la rue. En effet, ici, contrairement aux traditions françaises, chaque citoyen a l’autorisation d’acheter de quoi faire un feu d’artifice sur le pavé ou dans la cour de son immeuble. Des familles entières avec marmots et grand-mères encapuchonnées lancent leurs fusées dans le ciel glacial, en poussant des cris de joie. Et bien sûr, les gamins de Neukölln, ce quartier populaire où je vis, se lâchent sur les pétards, au point de faire passer la paisible capitale allemande pour une zone d’entraînement militaire.


Les vieux Berlinois craignent les pétards et la foule…

L’aspect démocratique de cette joie populaire ne pouvait manquer de me séduire. Ex-Parisienne, je n’ai jamais connu que les feux d’artifice géants orchestrés par le bon vouloir des autorités. Du genre explosion de paillettes sous la Tour Eiffel, et à minuit trente tout le monde est couché. Ayant donc acheté mon content de feux d’artifices avec quelques amis, et devant moi aussi me rabattre sur l’infâme Sekt, (ce cousin pauvre du champagne qui fait les joies des Allemands le 31 décembre au soir) j’ai pavé le ciel de quelques diamants de feu éphémères.

… mais admirent volontiers les feux dans le ciel, au pied de l’immeuble.

Lisant ensuite la carte du firmament et le fond de la bouteille de mousseux, je me suis laissée guider par mes amis dans une soirée raplapla – mais à ce qu’on dit, pas de passage à la nouvelle année sans fête du Nouvel An complètement ratée!

C’est là que j’ai découvert une étrange tradition de divination teutonne. Il s’agit de faire fondre des figurines en fer blanc dans une petite cuillère, à l’aide de la flamme d’une bougie. En renversant le contenu de la cuillère dans une casserole d’eau froide, le fer blanc dessine des formes que vous devez interpréter pour connaître ce qui vous attend l’an prochain. Si un singe apparaît, par exemple, vous devrez vous méfier des banquiers. (Perso, je vous conseille de vous en méfier quelle que soit l’année).

Mystère et boule de gomme germanique : la divination au fer blanc

1er janvier 2011 : la beau manteau blanc de Berlin est souillé de restes de pétards, de fusées noircies et crevées, et de cadavres de bouteilles innombrables. On s’est bien amusé.

Frohes neues Jahr! Bonne année à tous!

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