Burundi : la vie reprend au nord de Bujumbura

Burundi : la vie reprend au nord de Bujumbura

C’est un coin perdu du monde. Une partie de Bujumbura appelée quartiers Nord. Un milieu habité essentiellement par des gens à faibles revenus. Les maisons sont construites en matériaux semi-durables et la grande majorité d’entre elles n’est raccordée ni à l’eau ni à l’électricité. La grande majorité de la population vit de petits métiers et du commerce. Quartier ravagé par la guerre, cette guerre impitoyable qui ne laisse rien de bon sur son passage.Des vies humaines perdues, des maisons détruites, tous les signes extérieurs d’une guerre civile enflammée par la haine. Cette guerre qui m’a obligé à me refugier en RD Congo pendant onze ans, loin de mon quartier dans un coin perdu au Burundi. Me voici déjà diplômé d’Etat en provenance d’Uvira, à l’Est de la RDC. Diplômé en Mathématiques et Physique. Dans la tête un bagage composé des intégrales bornée, des équations bicarrées, des asymptotes, des paraboles dégénérés ou autres noms encore très mathématiques plus compliqués que du Chinois. Rien de pratique, sauf quelques notions des dissertations que je maîtrise un peu mal. Je n’ai jamais touché un ordinateur, le mot internet ne fait pas partie de mon vocabulaire et je me demande quel genre d’animal peut être bien ce cyber café que j’entends souvent parlé dans la bouche de certains amis. Cependant par-dessus tout, quelque chose reste vraie dans mon quartier : il y a la vie, les mouvements et la chaleur humaine.


L’espoir règne dans ce coin perdu du monde. Les enfants jouent avec joie dans toutes les rues. Les robinets publics sont des lieux où l’eau est puisée. Dans la plupart de parcelles du quartier, des petits jardins potagers sont entretenus. Pas d’usines polluantes ni d’embouteillages de la ville, on peut respirer l’air frais et laisser son enfant jouer librement dans la rue. L’espoir n’est pas perdu. Des nouvelles maisons se construisent, on apprend l’informatique dans certains centres du quartier, les écoles de métiers ne manquent pas aussi. La vie reprend de plus belle! On peut cueillir des légumes dans son jardin et faire une bonne sauce « homemade.» L’amitié aussi a encore sa place. On peut encore manger à bas prix dans un restaurant du quartier. Les gens du quartier semblent être tous des frères, ils se saluent amicalement. Le problème de l’un fait la préoccupation des autres. J’admire ces valeurs et apprécie cette vie. Je reste encore convaincu que le bonheur n’existe pas dans l’abondance des possessions mais dans le contentement de ce qu’on a ; de même la véritable richesse reste la richesse intérieure, celle que nul ne peut voler et que la guerre n’a pas pu ravir à mon beau quartier. La vie a triomphé de la mort et l’espoir du désespoir. Le rêve de paix, de prospérité, d’un Burundi nouveau anime encore la population de mon quartier. Puisse la réalité rattraper le rêve en cette nouvelle année 2011.

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