Feuilleton des réseaux sociaux en Afrique noire

Feuilleton des réseaux sociaux en Afrique noire

Comme partout ailleurs dans le monde, les grandes métropoles africaines se sont mises en mode réseau social. Toutefois avant d’aborder le sujet relatif au web social proprement dit, il faut rappeler que l’internet n’est pas un phénomène aussi répandu en Afrique que dans les cités occidentales. Au Cameroun, si l’on exclut le cas des grandes sociétés, c’est par les cybercafés que les populations y ont facilement accès. Ce sont des espaces dont l’atmosphère est généralement confinée. Les ordinateurs vétustes sont disposés côte à côte, très souvent sans aucune cloison, ce qui prive les utilisateurs de l’intimité escomptée. Moyennant la somme de 300 FCFA, on peut surfer une heure durant. Quelques rares ménages peuvent s’offrir une connexion internet privée. Avec l’arrivée du distributeur d’internet haut-débit Ringo et le succès honoré de son produit my Quat, les étudiants peuvent désormais se connecter 24 heures sur 24, envoyer des SMS gratuits, tout ceci contre le paiement d’un montant fixe de 15 000 FCFA et l’achat régulier d’une carte de recharge entre 1 000 et 25 000 FCFA. Par ailleurs, les entreprises de téléphonie mobile s’activent de plus en plus à prester dans ce sens en mettant à la disposition de leurs abonnés des clefs de connexion. Il y a, par exemple, Orange qui le fait. Mais le problème demeure le même : le débit de connexion offert ne permet pas toujours de naviguer de manière continue et efficace sur le réseau.

Parmi les réseaux sociaux les plus actifs au pays des grandes ambitions, on compte surtout Facebook et Hi5. C’est d’abord grâce au second que fut découverte cette nouvelle ambiance dynamique du réseautage social. A l’époque, jeune et adulte l’utilisaient surtout pour se faire des amis, se faire connaitre du public notamment en partageant leurs photos, des informations sur leur vie, leurs habitudes, etc. Aujourd’hui, presque tous les internautes optent pour le premier. Facebook est au cœur de la vie aussi bien pour les instituts d’enseignement que pour les entreprises ou les ménages. Avec ses multiples options dont la messagerie instantanée, il est venu combler les insuffisances de Hi5. Dorénavant, grâce à ce web social au caractère original, les personnes que l’on rencontre peuvent passer du virtuel au réel. Il suffit juste d’un clic et le tour est joué. Les jeunes filles en savent quelque chose car recevant dans la majeure partie du temps les avances de visiteurs inconnus. Facebook c’est aussi un moyen de célébrer des retrouvailles entre amis perdus de vue.

Pour terminer en beauté, je vous raconte l’expérience ô combien vibrante des étudiants de l’Institut 2iE à Ouaga. Une fois de plus, c’est en terre des hommes intègres qu’a lieu ce fatidique forum de nationalités, à la fois symbole d’unité et de progrès pour le continent. Dans cet univers de futurs cadres tous liés par le même métier, l’intégration se fait de manière systématique. D’un simple geste courtois,  serviteur, les étudiants arrivent à tisser de solides rapports entre eux. Imprégnés de toute cette sympathie, de toute cette chaleur, ils n’hésitent pas à se confier les uns aux autres. C’est ainsi qu’à la pause comme aux heures de cours, on ne résiste pas aux commentaires d’une photo récemment marquée ou à un thème de discussion donné. Il suffit de faire un tour à l’amphithéâtre et de jeter un coup d’œil sur les écrans d’ordinateurs : s’il y a une page web active, je parie mon blog que c’est celle de Facebook. On se lève le matin de Facebook et on se couche la nuit sur Facebook. Et puisqu’on partage les mêmes dortoirs dans le campus, certains ont trouvé à cet outil indispensable une nouvelle application : passer leurs commandes de crédit de communication, de yaourt ou de bissap 1 auprès des étudiants qui en offrent les prestations commerciales. Dès que votre message parvient à ceux-ci,  il ne vous reste plus qu’à patienter 5 minutes et le produit est aussitôt livré.

1 Jus d’oseille

À propos de l'auteur

Francoperen

Ingénieur de formation, j'ai un fort intérêt pour l'écriture. Les mots sont pour moi tout ce que les chiffres ne peuvent être. Les modeler au quotidien pour raconter des histoires est un besoin pour mon âme. Au-delà des histoires qu'ils servent à raconter, les mots sont mes petites armes pour contribuer à rendre le monde meilleur.

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