Ramassage de vieux morceaux de fer, une activité de gain au Mali

Ramassage de vieux morceaux de fer, une activité de gain au Mali

« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », le ramassage des vieux morceaux de fer et leur utilisation dans la fabrication  d’autres matériels est vraie démonstration de cette théorie de Lavoisier même pour ceux qui n’ont pas fréquenté l’école.

Les villageois ont toujours posé la question de savoir l’utilité de l’achat des vieux morceaux de fer rouillés et il leur serait toujours expliqué qu’ils sont transportés dans d’autres pays pour la fabrication des matériels comme des motos et notamment la moto Jakarta. Je n’ai pas vérifié l’information de savoir si réellement ces vieux morceaux de fer sont utilisés pour faire le cadre des Jakarta et ce serait un réel plaisir pour moi d’avoir la confirmation avec quelqu’un qui a plus d’information sur ce sujet depuis la chine.

Il y quelques années au Mali, en ville et dans les villages, les vieux morceaux de fer constituaient un grand danger pour l’homme. Les petits enfants avaient tout le temps les pieds fendus avec les morceaux de fer rouillé, les vélos, les motos et les véhiculés ont toujours été crevés par les morceaux de fer jeté par ci par là. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Tous les morceaux de fer en ville et dans les villages ont été ramassés et vendus à des commerçants qui se déplacent dans les rues en ville et de village en village pour acheter des morceaux de fer.

C’est le cas d’Abdoulaye Coulibaly, commerçant de vieux morceaux de fer à Pélégana, Ségou :

« Je ne fais que cette activité et j’y gagne bien ma vie. Avant, je me rendais dans les villages aux environs de Ségou pour acheter les vieux morceaux de fer. De passage, sur mon vélo, je criais : vieux morceaux de fer, vieux morceaux de fer et finalement, j’ai pris ce surnom. Maintenant, pour me retrouver, il faut dire en bambara, Abdoulaye dit vieux morceau de fer. Maintenant, je me suis  installé ici pour faire un grand tas de morceaux de fer  et j’achète tout, même les vieilles boites de conserve et des anciennes carcasses de moto et de vélos », nous explique Abdoulaye dit vieux morceaux de fer. »

« Tu vois ! Ce sont les anciens cadres, les tuyaux d’échappement, les réservoirs et  les anciennes   roues de motos. Nous achetons tout ici, pourvu que ça soit du fer. On pèse par kilo entre 50 et 75 F CFA. Chaque fois que nous avons l’équivalent du contenu d’une remorque, nous le vendons aux grands commerçants qui le transportent dans d’autres pays. Ces vieux morceaux de fer seraient utilisés pour la fabrication des Jakarta », dit Abdoulaye.

Cette activité ne concerne pas seulement les petits morceaux et les cadres de vélos et de motos, mais les carcasses non récupérables des voitures sont vendues par leurs propriétaires. C’est ce qui fait qu’on ne retrouve plus de vieilles carcasses de véhicules accidentés au bord des routes interurbaines. Tout est ramassé et vendu par leurs propriétaires.

Cette vente de vieux morceaux de fer est devenue une activité principale de beaucoup de personnes au Mali qui passent la journée à les ramasser à travers les villes et les villages. C’est le cas de ce petit garçon à Bamako.  Une fois après les cours et pendant les jours fériés, il se rend auprès des forgerons et les artisans pour ramasser les petits morceaux de fer jetés. Selon lui, il utilise cet argent pour s’habiller et se payer les fournitures. 

 

Voici quelques morceaux de fer ramassé par notre écolier auprès des forgerons au marché de Djicoroni-Para.

Cette activité de ramassage a fait que toutes les villes et tous les villages du Mali sont totalement dépourvus de vieux morceaux de fer. C’est une vraie campagne d’assainissement du pays qui contribue à réduire les maladies comme le paludisme et le tétanos.

À propos de l'auteur

Boukary Konaté

Je suis Boukary Konaté de Bamako au Mali.

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