Le basin : le secret de la sape

Le basin : le secret de la sape

Des dames habillées en basin

Qui n’a pas entendu parler du basin? Ce tissu à base du coton si aimé au Sénégal et en Guinée, si recherché en Côte d’ivoire et au Burkina Faso mais surtout si admiré au point de devenir une identité culturelle au Mali. Au Sénégal, le basin est très convoité, trop convoité j’allais dire. Au pays de la Teranga, on avance le nom Gagny Lah comme synonyme du basin. Le Mali est le principal fournisseur en basin si bien qu’on pense que le tissu est fait au Mali. Qu’est ce qu’un Gagny Lah ? D’où vient le basin pourquoi le basin venu du Mali est si prisé ? Votre bloggeur s’est penché sur ces préoccupations  qui peuvent être les vôtres.

Des origines à l’apogée.

Je n’ai nulle intention de remonter à la date de fabrication du premier pagne de basin. D’ailleurs, je ne le sais pas. Par origine, j’entends  le lieu où on le fait. Il s’agit de l’Allemagne. Le basin est fait au pays de Konrad Adenauer, mais le Mali en reste le plus grand importateur, en Afrique de l’ouest bien sûr. Pourquoi l’acharnement de ce pays continental sur un tel produit ? On verra cela plus tard.

Si le basin est prisé dans notre sous région, tout le monde n’a pas les moyen de s’en procurer un ensemble. Toutefois, il n’est pas rare, à Dakar comme à Bamako et lors de fêtes religieuses, cultures et  traditionnelles, de voir tout le monde ou presque habillé en basin. Surtout en période de Tabaski et de Ramadan (fêtes musulmanes) pendant lesquelles les chefs de famille cassent la tirelire pour pourvoir à tous ses protégés un ensemble de basin. Ces fêtes sont donc l’apogée annuelle du basin.

Du basin aux basins

A chacun son basin selon ses moyens. C’est dire qu’il y a des qualités du basin. La troisième qualité, la deuxième qualité la première qualité qu’on appelle le Gagny Lah. Oui le Gagny Lah, c’est la qualité qui circule sur toutes les lèvres, qui alimente les débats entre maîtres couturiers, galants hommes et belles dames. Le plus grand importateur de cette qualité de basin lui à donné son nom, M. Gagny Lah donc, très vieux aujourd’hui. Actuellement ses fils assument la relève pendant que M. Lah fait une retraite paisible à Bamako. N’a pas un Gagny Lah qui le veut : le mètre se vent à 7000 F ou environ. Pour un ensemble boubou on en prendra 5 ou 6 mètres (à vos calculatrices), pendant que le mètre d’une qualité inférieure se vend à 100 ou 200 F, des prix de Bamako.

Le secret basin du Mali

Si le Mali est l’épicentre du basin, c’est du à l’absence de la mer selon les spécialistes. A quelque chose Malheur est bon. L’eau n’est pas salée au Mali. L’eau de fleuve et de puits donne un éclat irrésistible au tissu. Sa durée et sa résistance aussi sont assurées. Comment parler du basin sans parler des batteurs et de teinturières. Ces dernières diversifient le choix du client en lui proposant de très jolies couleurs. Les teinturières sont bien organisées au Mali, c’est un gagne-pain bien exploré. Les batteurs sont les artisans de tout l’éclat que le basin peut avoir. Ils fondent des bougies  là-dessus et le battent à coups de gourdins spécialement faits pour l’occasion.

 

Jusqu’ où peut aller le basin ?

Il a de très de beaux jour devant lui. Au forum social mondial qui vient de clôturer à Dakar, j’ai vu les participants venus de quatre points du globe payer ou porter le basin. Mais, il ne faut pas oublier la concurrence. Les chinois sont déjà passés par là. Depuis des mois, le basin chinois à envahi nos marchés. Alors comment sauver le basin surtout la qualité ? Et Gagny Lah. Je ne sais pas trop. Ces chinois, ont-ils épargné un domaine ? Ne peuvent-ils pas s’approprier le domaine sous peu ? Wait and see !

Le batteurs de basin
un tas de basins teints

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