C’est décidé, je m’immole demain

C’est décidé, je m’immole demain

Le phénomène d’immolation semble avoir le vent en poupe sur le continent. Souvenez vous que c’est l’immolation d’un jeune homme qui a provoqué le soulèvement populaire en Tunisie qui a engendré le départ du président Ben Ali. Hosni Moubarak par la suite a du partir lui aussi du pouvoir en Égypte. Maintenant à qui le tour ? On a un choix cornélien entre Kadhafi le leader de jamariya libyenne, le roi de Bahreïn ou alors Paul Biya le président camerounais.En tout cas c’est ce que veut l’opposition camerounaise. La semaine dernière lors d’une conférence, le député SDF Jean Michel Nitcheu a fait savoir qu’il fallait faire partir Paul Biya par la rue. En prélude à cet éventuel départ une semaine de martyr est organisée à compter d’aujourd’hui en mémoire des jeunes gens tués lors des émeutes de la faim dans note pays. Toutefois le problème que l’opposition ne semble pas intéressé le camerounais lambda. Cet appel ne trouve pas grand écho tout simplement parce que la population camerounaise porte encore les stigmates de la répression des émeutes de la faim ayant eu lieu en février 2008. On n’a l’impression que l’opposition camerounaise à la mémoire courte. De plus, la stratégie telle que veut faire passer l’opposition pèche par un certain nombre de facteurs. D’abord pour mener à bien une révolution, il faut un leader. Leader on a dit, c’est un bien étrange mot pour les partis de l’opposition qui vont toujours en guerre en rang dispersés. Autre chose, la population camerounaise n’est pas prête à se jeter dans la rue avec des gens qui ne leur inspire pas confiance. A ceci il faut ajouter le fait que le camerounais lambda ne pense jamais à faire grève ou à se révolter que quand il a de quoi manger. Ce qu’on peut lire dans cet appel est une sorte d’aveu d’échec et même d’impuissance. Le SDF par cette action confesse qu’il renonce à la conquête du pouvoir par la voie des urnes. Il faut dire par ailleurs que les contextes ne sont pas les mêmes qu’au maghreb. De toute façon la légitimation du pouvoir par la rue au Cameroun aura bien des jambes courtes je le crains.

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