Concours de la fonction publique, le casse tête

Concours de la fonction publique, le casse tête
Les concours de la fonction publique au Burkina Faso se déroulent généralement dans le mois de juin. Mais comme le dit l’adage  «  qui veut aller loin ménage sa monture ». D’ailleurs les probables candidats l’ont bien compris. Depuis plusieurs mois ils se sont lancés dans la préparation de ces concours: un parcours de combattant.
 
 
 

Une annonce pour les candidats

 Les dates des concours de la fonction publique au Burkina Faso, session 2011 ne sont pas encore connues. Celles concernant les dépôts des dossiers de candidature ne le sont pas également. Les futurs candidats s’activent tout de même pour être prêts le moment venu. Pour espérer être parmi les admis, certains d’entre eux participent à des sessions de formations spéciales pour éviter les pièges des tests psychotechniques et renforcer leur culture générale.

Pour participer aux différentes sessions, chaque candidat débourse entre cinq mille à quinze mille francs CFA par mois. A cela s’ajoutent les documents qu’il faut s’acheter. Sur l’efficacité de cette stratégie, d’anciens candidats pensent avoir réussi aux concours grâce à ces sessions de formation. D’autres sont tout de même surpris de se retrouver entrain de composer les sujets des concours avec leurs formateurs. Il arrive même qu’ils échouent alors que ceux qui ont été leurs stagiares reussissent !«  Mon frère, concours là c’est question de chance wo ! » disent certains.

On boss dur pour dans l'espoir d'obtenir un emploi

Les candidats pauvres, ne pouvant pas se payer le luxe de débourser cinq mille ou dix mille francs, s’organisent entre eux. Ils se retrouvent en groupe chaque soir pour réviser. Comme l’explique un étudiant à la cité universitaire de la Patte d’oie, un quartier de Ouagadougou, chaque candidat traite les sujets. Ensuite, rendez vous est pris pour les samedis afin de s’auto évaluer

Tout le monde veut être douanier

 

Un mois avant la date de dépôts des dossiers de candidatures, les commissariats et les mairies sont pris d’assaut pour la légalisation des copies d’actes de naissance, de cartes d’identité et bien d’autres documents (cassier judicaire, certificat de nationalité par exemple). La composition d’un seul dossier s’élève souvent à 1500 francs CFA environ. Pour se donner plus de chance, le mieux est de postuler à plusieurs concours. Un seul candidat peut par exemple deposer ses dossiers pour dix concours. « Il n’y pas de choix. Tu fais ce que tu gagnes ». Les candidats postulent souvent à des concours qui n’ont véritablement aucun lien avec leur formation de base.

 Le chemin de croix

Les jours de dépôts des dossiers, les candidats se retrouvent aux guichets vers 04 heures du matin et bien avant. Certains y dorment. Les centres de dépôts se trouvaient au départ dans les principales villes du pays que sont Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Koudougou, Kaya, Ouahigouya, Banfora et Kaya. Point positif, le gouvernement a décidé de décentraliser les centres d’examens. Ainsi, les dépôts se font dans les quarante cinq provinces du pays. Les compositions se déroulent dans les chefs lieux de région au nombre de treize. Ce qui a eu pour effet de dispense les candidats des nombreux voyages occassionnant dee grosses dépenses. 

En plus de tout ça, le candidat doit subir la pression des parents. Ces derniers, après que leurs enfants aient obtenu le Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC) après dix ans d’études, s’attendent à ce que leurs enfants connmencent à travailler. Particulièrement l’ainé de la famille pour aider les petits frères à aller le plus loin possible à l’école. La pauvreté    empêche beaucoup de penser aux longues études.

Par ailleurs de nombreux jeunes ont des projets qui sommeillent dans les tiroirs par manque de financement. Conséquence, tous les candidats se rabattent sur les concours de la fonction publique. Chaque année le nombre de postulants augmentent. Pourtant, l’Etat premier employeur ne pourra pas à un certain moment embaucher tous ces nouveaux diplômés. L’Etat a mis en place un fonds de soutien à l’initiative privée. On attend dans une dizaine d’années environ les retombées de ce projet.

À propos de l'auteur

Boukari Ouédraogo

Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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