Ma grossesse plus un Coca

Ma grossesse plus un Coca

Safiatou H et moi. Rien de sérieux. Ah, Safiatou H, un petit bout de chair à mordiller dans un lit douillet pour oublier le sous-développement de l’Afrique et l’enfer pour quelques secondes. A peine deux mois de sorties les week-ends avec en post-scriptum des parties de bagatelle mal cuites mais assez chaudes pour satisfaire le chercheur d’aventures que je suis, et la généreuse avaleuse bling bling qu’elle est. Deux mois. Elle et moi, son prof de marketing. Le temps pour elle de se rendre compte que le jeune garçon coupé-décalé toujours en cols italiens, chaîne au cou, bracelets aux poignets, roulant le français comme une patate chaude dans la bouche d’un nourrisson de village, qui se la joue Casanova devant ses étudiants, n’est pas du tout le fêtard qu’il paraît être, mais un intello avorté idéaliste frustré, plus bloqué dans ses idées que les hanches d’un octogénaire célibataire. Opposés, nos mondes. Elle, fille des boîtes, des bars et des chauds. Moi, rat des bibliothèques, idéaliste héréditaire, aussi chiant que peut l’être un fils de poète qui se respecte. Elle me quitta un soir où j’essayais de la raisonner, la prier de passer plus de temps avec ses cours, d’être plus assidue à l’école, de penser un peu plus sereinement à sa vie, à son avenir. « Je ne peux pas vivre dans cet enfer où tu brûles, juste pour te faire plaisir parce que je couche avec toi. Allez, je pense que j’en ai assez de tes conseils de grand moraliste. Moi ma vie est dans les boîtes et les fêtes. Fais donc plus sonner mon numéro. Reste avec tes livres. Adieu, je ne t’ai jamais aimé, vieux campagnard.»

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