Pourquoi les camerounaises n’aiment pas leur peau noire

Pourquoi les camerounaises n’aiment pas leur peau noire
Immédiat clair. Plus qu’une marque, un slogan

Autant j’ai « flagellé » mes sœurs camerounaises dans le billet que j’ai consacré à leur addiction  aux cheveux artificiels, autant, je vais les caresser dans le sens du cheveu en ce qui concerne la thématique qui suit.

Pourquoi les camerounaises n’aiment pas leur peau noire ? En bon camerounais que je suis, j’ai questionné, papoté, interrogé autour de moi, et je suis certain d’avoir trouvé sinon une justification à cette tendance, du moins des circonstances atténuantes aux tenants de cette pratique.

Laissons de côté les thèses afro-féministes qui tendent à expliquer tous les écarts de la gent féminine par des discours savants. Laissons de côté les grands mots : aliénation, acculturation et autres…

Le blanchiment est et reste avant tout un effet de mode et d’esthétique. Etre claire de peau pour une camerounaise  c’est être à la mode, être dans le vent, être branchée, c’est plaire, c’est fashion.

Tandis que le reste du monde s’évertue à trouver des canons de beauté compliqués à la Femme, les sujets du Roi Lion ont coupé court. La femme belle est claire de peau, plantureuse aux endroits qu’il faut, avec les jambes poilues en option.

Ceci étant, être une fille noire (j’entends sombre de peau) devient une condition pas très enviable. Un vrai parcours de combattant commencé très tôt:

L’enfance c’est la période des petits noms comme savent en donner les enfants : blacky, noirata, noiraude.

L’adolescence est encore plus dure. C’est la période lycée, on s’exerce aux métaphores, La Nuit, Black Satan, et les expressions méchantes « noire comme les fesses d’un fou » , « ma soeur tu n’es plus noire, tu es bleue ».

Avec l’âge adulte, les choses ne s’arrangent pas. On tombe dans l’hypocrisie, regards écarquillés, estampillage automatique (j’habite à côté de la fille noire là).

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À propos de l'auteur

Florian Ngimbis

Florian Ngimbis s’est fait remarquer en remportant le Prix du Jeune Ecrivain de langue Française 2008. Ses nouvelles ont été publiées dans plusieurs recueils et revues littéraires. Documentaliste diplômé de l’ESSTIC de Yaoundé, community manager et écrivain, il blogue à ses heures trop souvent perdues. Il vit à Yaoundé au Cameroun. Le blog Kamer Kongossa a été primé en 2012 lors des prestigieux Deutsche Welle Blogs Awards (The Bob’s) dans la catégorie « Meilleur Blog Francophone »

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