Berlin, eurohorreur 2012

Berlin, eurohorreur 2012

Depuis la dernière Coupe du Monde de foot, je n’avais pas vu Berlin dans un tel état. Adieu, douce cité extravagante, avant-gardiste, libre et anarchiste! « Wilkommen » l’horreur des écrans plats et des enceintes qui crachotent des beuglements de joie à chaque but. Berlin, capitale de la hype? Pas en ce moment. A moins que le ballon noir et blanc ne soit un accessoire tendance 2012?

Voilà une semaine environ que je souffre corps et âme.

En terrasse de ma pizzeria préférée, où servent des punks assagis : un écran blanc et un projo qui balance la coupe d’Europe 2012.

Dans ce bar sympathique de Neukölln, où nous écoutions autrefois (dans un temps qui me semble déjà lointain, comme si j’avais soudain soixante-cinq ans) du jazz en hochant nos têtes pleines de considérations snobs sur la dernière pièce (nulle) jouée à la Volksbühne : un écran géant qui hurle à chaque fois que la balle bondit.

Impossible d’y échapper : la coupe d’Europe a littéralement envahi Berlin avec ses couleurs hideuses, insultantes pour tout esthète qui se respecte (noire-rouge-jaune, la combinaison artistiquement perdante). Au café du coin, la respectable serveuse de soixante ans porte une casquette ornée de deux mini-drapeaux aux couleurs de l’Allemagne. Les voitures pavoisent également, faisant ressembler les parkings à l’arène des jeux Olympiques de 1936.

Le balcon de mon voisin est à un manifeste nationaliste à lui seul.  Même ses nains de jardin sont enveloppés d’un drapeau teuton. Un matin, nous vîmes ce flic retraité et désoeuvré s’adresser à la propriétaire du balcon qui jouxte le sien. Armé d’un mégaphone, en marcel noir et les joues couvertes de maquillage pro-équipe d’Allemagne, il l’apostropha

Lire la suite

 

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *