La belle nuit où j’ai tué un policier

Je me suis, donc, hier, fait arrêter, pour une énième fois, par la police malienne. Je revenais d’un bar togolais où une jeune coiffeuse togolaise avait organisé le cinquième anniversaire de sa rencontre sur Internet avec son mec blanc, histoire de montrer à ses copines qu’elle carbure grave, cinq années à sentir en soi du blanc, rien que du blanc, à ne consommer que du blanc, messieurs et dames, ça se fête. La police me dressa un procès-verbal oral. Défaut de pièce d’identité, défaut de pièces de mon scooter, veuillez descendre de votre moto et suivez-nous à la police, monsieur. La réponse à cette chanson classique, je la connais. Monsieur excusez-moi, je sais que je suis en infraction, mais on peut négocier, écoutez… Une main dans la poche de mon pantalon qui glisse tout doucement dans l’hideuse main rugueuse qui s’est ouverte contre ma cuisse, et l’infraction est lavée dans le sang d’un billet de mille francs froissé.

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