Les pépites de Mondoblog : manières de voir le changement

Changement climatique manifestation Bengladesh

Manifestation contre le changement climatique à Dhaka, au Bengladesh. Les participants ont défilé portant des masques de dirigeants du G8. (Flickr CC/Caroline Gluck/Oxfam)

Bonjour à tous,

Bienvenue dans cette deuxième mouture des Pépites de Mondoblog. Pendant les deux dernières semaines, le thème le plus récurrent sur la plateforme a été le changement. Un changement pour lequel certains ont milité et pour lequel certains autres blogueurs ont émis des réserves plus ou moins importantes. Un changement intervenant à tous les niveaux, dans tous les domaines, même les plus insolites. Petit tour d’horizon.

Visiblement réfractaire au changement et aux évolutions technologiques, Benjamin Yobouet a produit un article anxiogène dans lequel il explique la peur que les progrès de la technologie suscitent en lui. Il prend l’exemple des robots qui font presque tout (tri des CV, réponse aux courriels) et qui finiront, selon lui, par voler l’emploi des personnes de chair et de sang. Fotso Fonkam, lui, emboîte le pas en taclant les émojis qui, à son avis, mettent en danger l’alphabet, déjà ébranlé à suffisance par le langage SMS. L’autre changement, bien plus préoccupant, est climatique. Il touche tous les pays du monde et ceux du Sud sont en première ligne. L’île malgache est rudement touchée. Alain Bashizi détaille les phénomènes que l’instabilité du climat fait observer sur l’île.

La crise ivoirienne, qui s’est étalée sur toute la première décennie des années 2000, a entraîné des changements profonds et laissé de graves  séquelles dans la société de ce pays. La conséquence la plus vivace étant le phénomène des « microbes », ces adolescents qui sèment la terreur à Abidjan, organisent des razzias, des expéditions punitives, des agressions à l’arme blanche, et qui ont de larges pans de la ville sous leur contrôle. MC Agnini explique comment les microbes réussissent à faire planer une menace sur le pays des éléphants.

Mais à Abidjan, il y a des choses qui ne changent pas. Comme cette perpétuelle ambiance de fête qui démarre une fois la nuit tombée. La Camerounaise Salma Amadore y a effectué une virée avec deux autres Mondoblogeurs, Gaius Kowene et Moussa Bamba. Elle y a d’ailleurs fait la connaissance d’un piment particulièrement violent. Toujours dans le domaine de l’immuable et toujours en Côte d’Ivoire, Koné Seydou observe ces étranges transhumances politiques, à l’approche des élections présidentielles. Période pendant laquelle les politiciens excellent dans les changements de camp, les ententes de circonstance et les retournements de discours. Les discours qui, selon Barack, ne changent pas au Gabon. Il se lance alors dans le décryptage d’une saga de promesses enfumeuses dont le dernier élément en date est la promesse du président de céder au peuple gabonais l’héritage acquis de son père. Promesse qui, très probablement, comme toutes les autres, n’engagera que les crédules qui y croiront.

Comme cette promesse de se limiter à deux mandants, que beaucoup de présidents africains font, tout en étant conscients que ce n’est que de la poudre aux yeux. Le blogueur Saka du Congo a brillamment revisité le Notre Père pour le transformer en supplique anti-troisième mandat. Valéry Moïse s’est quant à lui lancé dans une saillie contre les responsables au pouvoir à Haïti, avec trois phrases assassines. Il dit tout de go que  « le prochain président d’Haïti succédera au néant. Pas parce que rien n’a été fait, mais parce que tout a été englouti. Du prestige des hautes fonctions jusqu’à l’espoir des plus humbles ».

La perception que chacun a du monde évolue et change avec le temps et les expériences. Certaines vérités toutes faites auparavant finissent par être remises en cause. Comme ces superstitions qu’Atman Bouba, du Bénin, prenait pour vraies. L’infidélité change aussi. Le rival n’est plus seulement le voisin ou le collègue de bureau de ton conjoint. L’infidélité peut dorénavant être internationale. Comme ce cocufiage élégamment raconté par Alimou Sow, qui a impliqué trois pays et dont l’élément central était le réseau social Facebook.

Ahlem B. nous entraîne dans cet après-midi pleine d’émotions qu’elle a passé avec quatre vieillards à Casablanca. Ces anciens poilus lui ont relaté leur jeunesse intrépide, jalonnée de planques et d’arrestations, regrettant malgré tout l’état dans lequel ils laissaient leur pays. Manon  Heugel ressuscite les fantômes de Tempelhof, en nous faisant voyager dans le temps, pour faire découvrir les changements que ce vieil aéroport a connus à travers le temps.

Parmi les blogueurs qui ne changent pas, je citerai Jean Robert Chauvin qui nous gratifie encore d’une excellente revue du monde. Revue dans laquelle il retourne la notion d’économie réelle dans tous les sens et dans laquelle il est question de l’origine du clitoris. L’autre blogueur qui ne bouge pas d’un iota, c’est Eteh Komlan Adzimahe, dit Le Salaud Lumineux, qui, lorsqu’il commence à parler de musique et de flashmob, nous donne, comme d’habitude, un texte échevelé. Il faut vraiment s’accrocher pour le suivre.

 

Focus sur…

Blog Kalakarrika

Kalakarrika (qui est une contraction des termes basques « Kalaka » [discuter] et « Karrika » [Rue]). Un blog dont l’auteur, Yanik, se sert pour partager avec le monde ses découvertes culturelles. Sur ce « triptyque noté AAA – Aquitaine, Art, Afrique », il est question de cinéma, de street art, de bande dessinée, de littérature, d’art contemporain, d’art classique, de danse, de photographie, de musique. Cet espace est un authentique bouillon de cultures et aucune tendance, de quelque provenance qu’elle soit, n’échappe à l’œil du blogueur. Depuis le mois de février 2015, Yanik a lancé une série qui vaut largement le détour. Une série qu’il a nommée « Vidi, Legi, Amavi » (j’ai vu, j’ai lu, j’ai aimé) et grâce à laquelle il expose une fois par semaine ses coups de cœur. Kalakarrika est un appel au voyage, à la découverte de trésors artistiques simples, la plupart du temps très peu connus, mais d’une inestimable beauté.

A bientôt !

 

3 Commentaires

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *