Les pépites de Mondoblog : « Fluctuat nec mergitur »

Bonjour à toutes et à tous,

Le monde vient de vivre deux semaines particulièrement dramatiques, jalonnées d’attentats terroristes, dont le point d’orgue a été les attaques qui ont ensanglanté la ville de Paris le vendredi 13 novembre dernier. D’autres pays, d’autres villes ont été aussi frappées. Comme Beyrouth au Liban, Diffa au Niger, Yola et Kano au Nigéria, Bamako au Mali. La planète est en état d’alerte et cette actualité a été celle qui a été principalement traitée par les Mondoblogueurs.

Pourtant la quinzaine était partie sur des bases habituelles. Nous avions par exempleCunisie qui, au vu de l’attitude des hommes qui oublient très facilement femme et enfants quand ils veulent faire la cour, se demandait si elle n’était pas devenue en quelque sorte un lampadaire qui attirait ce type d’hommes en particulier. Serge Katembera de son côté attribuait les bons et les mauvais points du dernier forum de la gouvernance d’internet qui a eu lieu à Joao Pessoa au Brésil et qui malgré les rencontres intéressantes qu’il a pu permettre, a été catastrophique du point de vue organisationnel. Willy Fonkam s’est interrogé sur l’impact réel des chiffres dits de la croissance dans la vie quotidienne des citoyens. Il observe que bon nombre de pays africains ont un taux de croissance supérieur à 5%, mais que les citoyens lambda ne ressentent pas les effets de cette croissance. A Alexandrie, en Egypte, cinq Mondoblogueurs se rencontraient de façon fortuite. Une rencontre fort bien racontée par le blogueur Jean-Paul Lawson.

La terreur a ensuite pris le pas sur le tout le reste. Dans un billet court et touchant,Rima Moubayed pleure les innocents tombés à Beyrouth, puis à Paris, le même jour. Elle en profite pour demander à ces terroristes de cesser d’utiliser sa religion pour masquer leurs projets destructeurs. Isabel Beguin Correa raconte son abasourdissement quand elle a réalisé l’ampleur des événements qui se déroulaient à Paris et se dit avec un peu d’ironie que peut-être elle est désormais plus en sécurité à Bogota chez les barons de la drogue qu’à Paris. A l’aune de ces attentats, la Camerounaise Anna a un regard nouveau sur Paris, qui symbolise beaucoup de choses qui se bousculent dans son esprit. Elle se questionne sur la valeur de la vie, sur le sentiment anti-français qui se propage un peu partout en Afrique, sur la sécurité dans le monde, sur l’espoir mis entre parenthèses par ces attentats.

Une blogueuse parisienne s’est rendue au Carillon, l’un des restaurants qui a essuyé les attaques, pour y déposer une bougie. Elle y a rencontré le propriétaire qui tentait tant bien que mal de relativiser. La blogueuse est restée quelque peu hébétée face aux impacts sur les murs de l’établissement, mais aussi face aux discours va-t-en guerre qui ont suivi les attaques. Sur la même lancée, Jean Robert Chauvin fait uneanalyse introspective de la société actuelle, car il se pose la question de savoir ce qui est proposé comme alternative au fanatisme. La réponse désabusée qu’il donne lui-même étant « la consommation, la compétition, l’argent, l’individualisme protecteur de l’avoir. Et pour ceux qui sont exclus de l’élite possédante ? Le choix de survivre ».Yanik partage quelque peu cet avis en fustigeant le cynisme des restaurateurs qui, dans un appel déplacé à la consommation après seulement trois jours de deuil, ont incité les gens à aller au bistrot. Un peu comme pour dire aux citoyens : « face à l’horreur, pleurez, réagissez, consommez ».

L’Ivoirien MC Agnigni s’indigne de la sélectivité étrangement mal ordonnée de certains Africains qui restent insensibles quand les terroristes frappent dans leurs pays, mais qui s’offusquent du fait que beaucoup montrent de la compassion quand le même terrorisme atteint les pays Occidentaux. Ivo Dicarlo revient sur l’attentat qui a visé un hôtel de Bamako il y a quelques jours. Pour aller au bout de la tristesse ambiante, la blogueuse Dieretou, qui a perdu récemment son père, a rédigé un hommage d’une profonde dignité.

On terminera néanmoins avec cette note d’espoir, provenant du Camerounais Dania, qui malgré les récents événements, affirme qu’il continue à parier sur Paris. « Une manière aussi de dire aux auteurs des actes du Vendredi 13 Novembre dernier à Paris et Saint Denis justement, que la Lumière continuera de briller ».

 

Focus sur Djifa, du fond du coeur

Djifa-Nami

Ce blog est rédigé par la blogueuse Djifa Nami, originaire du Togo mais vivant depuis une quinzaine d’années aux États-Unis. Djifa (qui signifie « cœur de paix » en mina, une langue parlée au Togo), tient un espace assez ouvert dans lequel elle traite de sujets extrêmement variés, qui peuvent quelques fois être aux antipodes les uns des autres. Ainsi, elle parle des bonheurs et des difficultés de l’expatriation, du retour au Togo, du chocolat, des réseaux sociaux (de Facebook en particulier), de ses enfants, de politique américaine et africaine, de la situation des migrants, de la condition des femmes, des questions raciales aux USA, etc. Elle nous offre une analyse extrêmement ciselée des diverses mutations qui agitent notre monde. Elle n’en oublie pas pour autant de partager un avis très intimiste sur les petits tracas et les bonheurs du quotidien. À travers son blog, Djifa déclare son amour pour son pays d’origine, sans toutefois manquer de reconnaissance à tous les autres endroits du monde où elle a passé des bouts de vie. Djifa Nami adopte un style d’écriture sérieux, mais quelques fois drôle et enjoué, qui fera nécessairement le bonheur de ceux qui liront son blog.

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