Les Pépites de Mondoblog : la Mondoblogosphère à Dakar

Du 30 novembre au 6 décembre 2015, une soixantaine de blogueurs se sont retrouvés à Dakar, la capitale sénégalaise, pour la formation annuelle. Des jeunes et des moins jeunes, originaires de 23 pays ont ainsi vécu en  communion. Au-delà de la formation proprement dite, les rencontres des Mondoblogueurs sont toujours des moments privilégiés d’échanges et de découverte des autres, dans leurs différences et leurs similarités. Et ils n’ont évidemment pas manqué de raconter ce séjour dakarois, chacun de son point de vue et selon sa sensibilité. Ce qui a donné un éventail de textes d’une riche diversité.

Pour avoir une idée du déroulement de la rencontre de Dakar, on pourrait très bien se limiter au texte assez complet d’Aly Coulibaly qui fait une lecture transversale de la formation, depuis le départ d’Abidjan avec les nouveaux blogueurs jusqu’à la Gazelle (une bière très prisée au Sénégal) en passant par l’équipe qui dirigeait la formation ; ou alors on pourrait se contenter de cet autre billet de l’inénarrable Ecclésiaste Deudjui qui, tout en jeux de mots, dévoile les petits et les grands secrets de la dizaine de jours passés à Dakar. Le blogueur retient en fin de compte que pendant la formation, ils ont « gagné quelque chose que l’on ne pourra jamais [leur] retirer ». Ammelfou de Blida en Algérie, le doyen des mondoblogueurs présents à Dakar, a raconté dans un billet plein d’amitié, son séjour dans la capitale sénégalaise. Il pense d’ailleurs que ces formations sont « un moment à revivre, à renouveler, afin que la flamme ne s’éteigne point ». Guy Muyembe s’est attardé sur les moments qui ont fait le buzz pendant la dizaine : la panne de l’autocar qui a obligé les blogueurs à terminer à pied le reste du trajet qui les menait à l’hôtel, le périple aérien de certains qui ont littéralement fait le tour du Continent avant d’arriver à Dakar et les soirées chez La Congolaise, un bar qui était devenu le point de chute nocturne des blogueurs.  Lucrèce Gandigbe revient sur cette curieuse formation sur les usages du web qui s’est déroulée presque sans internet. Laquelle absence aura pourtant été une aubaine puisqu’elle lui a permis de se focaliser sur l’aspect humain de la rencontre.

Ces billets dessinent les contours de la formation à Dakar, mais il serait inadéquat de ne pas regarder du côté des autres, au risque de passer à côté de beaucoup de détails intéressants.

Comme l’intervention poignante de Clément Abaifouta, l’une des victimes du régime de l’ancien dirigeant tchadien Hissène Habré (dont le procès se déroule en ce moment à Dakar), qui est venu parler de l’horreur de cette dictature. La Mauricienne Carole raconte dans les détails cette rencontre qui l’a visiblement beaucoup marquée. Didier Makal s’est de son côté focalisé sur un autre Mondoblogueur, en la personne de l’illustrateur Gabonais Jeff Ikapi, qui grâce à la caricature, a conquis les autres blogueurs.

Pendant le séjour dans la capitale sénégalaise, les blogueurs ne se sont pas cantonnés à la formation. Ils ont profité de leur temps libre pour découvrir la ville. Ils en sont revenus avec des sentiments divers. Didier Ndengue a par exemple été sidéré par les jeunes talibés qui pullulent dans cette ville et s’est interrogé sur la situation de ces enfants qui au lieu d’aller à l’école, arpentent les rues pour mendier. Tchakounté Kémayou s’est essayé à comparer Dakar et Douala, la ville où il vit au Cameroun. Entre autres remarques, il constate tristement que les deux villes font très peu de choses pour faciliter la vie des handicapés. Il en profite aussi pour brosser les conditions du séjour dans l’un des hôtels où étaient logés les blogueurs. Atman Bouba a sillonné la ville de long en large et devant chaque curiosité qu’il rencontrait, une réponse immuable lui était servie : ici, c’est Dakar ! La Tchadienne Rose Roassim est revenue de façon triviale sur la soirée d’au-revoir qui s’est déroulée dans le quartier au curieux nom de Mamelles.

Les blogueurs sont aussi partis sur l’île de Gorée et en ont été bouleversés. Les haïtiens notamment n’ont pas manqué de manifester leur émotion. Widlore Mérancourt en a tiré une grande leçon et dit à ceux qui ne font de l’Afrique qu’une terre de malheurs et qui la considèrent comme une seule et unique entité, qu’ils se trompent lourdement. De son côté, son compatriote Eliphen Jean ne s’est pas privé de faire une grande déclaration d’amour à la terre de laquelle ses ancêtres ont été arrachés il y a des siècles. Pendant qu’il était à Gorée, le Béninois Jean-Paul Lawson n’a pas pu s’empêcher d’avoir les larmes aux yeux. Benjamin Yobouet a par contre salué la dextérité et la ténacité des commerçantes de l’île, prêtes qu’elles étaient à utiliser tous les subterfuges possibles pour vendre leurs articles.

Avant d’arriver à Dakar, il fallait prendre l’avion. Pour Seydou Koné, c’était une première. Autant il était excité par cette idée, autant il appréhendait ce baptême de l’air. Un voyage qui s’est finalement bien passé. Il en a été autrement pour Moussa Magassa qui a eu la peur de sa vie lors de son retour à Bamako, l’avion dans lequel il avait pris place ayant été obligé par deux fois de retourner à Dakar pour des raisons techniques.

On terminera ce tour d’horizon par les blogueurs qui ont parlé de leur Dakar en vers et en strophes. D’abord Amalka nous envoie des rêves à humer pour prolonger le bonheur de ces dix jours sénégalais.  Dans un poème court, Guillaume Djondo évoque les bons moments à Dakar. Enfin, pour Renaud Dossavi, à Dakar, « quelque part à mi-chemin entre [les] rires et [les] pleurs, nous nous sommes trouvés».

 A bientôt !

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