Moi, ministre des TIC en RDC, je punirais pour « @gmail.com »

Logo Mondoblog

La RDC a beau se connecter à la fibre optique et à internet à « grande vitesse ». Les institutions publiques n’ont pas de messagerie interne. C’est du moins le constat possible quand un ministère affiche une adresse email au suffixe « @gmail.com ». Faut-il croire aux promesses de changements tous azimuts ? Peut-être demain. Moi, je suis disciple de Saint Thomas.

Internet vendu aux privés devrait améliorer le travail des entreprises privées. La numérisation va s’améliorant. Mais certains semblent s’en méfier, accusant un échec de finissage des travaux à la station d’atterrage à Moanda. La poste, agonisant, a vu pointer à l’horizon sa renaissance, mais hélas, la guerre !

Internet met en valeur des Etats

J’espère que plusieurs l’ont déjà remarqué. Des ministères utilisent des adresses électroniques du genre : nomdelinstitution@gmail.com. «@gmail.com », voilà qui reste inouï. Comment est-ce possible pour un gouvernement qui a internet, des ingénieurs en informatiques, des savants même mais qui n’a pas tiré des leçons des révélations d’Edward  Snowden sur la surveillance des correspondances diplomatiques ? Le conseiller du chef de l’Etat vient de lancer pour dénoncer les cas de corruptions ou fraudes, l’adresse électronique : jedenonce2015@gmail.com. Trois mois avant, j’étais choqué quand pour la première fois, je découvrais dans un rapport conjoint Unicef-RDC, pour contacter le ministère du plan de RDC, le document affiche « miniplan@gmail.com ». Le même document affiche pour une organisation partenaire : « info@DHSprogram.com ». Ah oui, que cela ne soit pas des adresses « .fr » ou « .us », « .be » simplement « .com » constitue une excuse ? Il s’agit dans la dernière adresse d’un service interne au service démographique de santé, DHS.

Si donc « nomduservice@rfi.fr » indique qu’il s’agit d’un service interne à RFI, en France, qui écrit, comment découvrira-t-on que l’on est sur un contact gouvernemental dans miniplan@gmail.com? Faire la publicité des moteurs de recherche en lieu et place de son Etat, voilà qui ennuie. Moi, ministre des PT-NTIC, je mettrais punirais déjà !

Déshonneur

Tiens ! Qui donc devrait valoriser le premier le domaine cd, internet congolais ? Internet congolais existe-t-il ou pas ? Y croit-on ou non ? Sait-on au moins qu’il s’agit d’un monde de souveraineté et de légitimation ? Si le piratage d’un compte Twitter de l’armée américaine a été pris avec beaucoupde sérieux comme si un édifice (physique) venait d’être détruit les aux USA ou les incursions « de l’armée électronique » de l’Etat islamique sur le site du journal Le Monde a préoccupé la France, si donc couper le signal d’internet avec la promesse d’en réguler l’accès a été acte de souveraineté à Kinshasa en janvier 2015, … Internet est bel et bien un territoire à protéger, à promouvoir comme on le fait avec les sports. Comment alors ne pas comprendre que recourir à la messagerie de Google, de Yahoo ou autre grands moteurs de recherches un déshonneur ?

Connexion à grande vitesse, mutation des médias sur internet ou du moins leur ouverture au numérique, amélioration de l’administration, … deux ans après, nous n’avons vu venir rien de grand dans le secteur. Il faut peut-être patienter. Mais face à la honte que cela m’inspire, je ne peux me taire. Le système traditionnel poursuit son bon nombre de chemin, l’administration reste parfois plus lente qu’avant. On est incapable de savoir qui a été jugé et condamné où. Au guichet d’un service public où quelqu’un doit percevoir de l’argent pour quelques 1000 candidats en lignes, un homme utilise son papier Carbonne, mais un ordinateur est derrière lui, couvert d’une nappe du sommet à la base. Un jour, en 2014, une femme a même surpris un bourgmestre en train de marier son époux à une jeune fille, sûr que l’homme ne s’était jamais marié. Surprise lorsque l’épouse montrait sur place derrière elle des enfants qui appelaient leur papa. Deux certificats de mariage à l’état civil allaient entrer en concurrence. A quand l’informatisation de la RDC ?

À propos de l'auteur

Didier Makal

Journaliste qui blogue. Chercheur en communication, intéressé par les TIC, auteur. Aime la lecture et les films. Vit à Lubumbashi, dans le Katanga, en RDC.

Archives par auteur

Ajouter un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *