Ecole

Le français : un atout

La langue française a toujours été pour moi un atout, un « plus » dont je pouvais me vanter et qui me permettait de vivre ma singularité.

Quand d’autres se sentaient fières de leurs cheveux alors que les miens étaient toujours coupés courts, façon ‘‘garçon’’, moi je roucoulais une suite de phrases dans ‘‘la langue de l’école’’ qui me valaient des regards admiratifs et maints encouragements. Quand d’autres montraient leurs jolies poupées aux robes bariolées, j’empilais mes livres, mes bandes dessinées que j’avais lus et relus jusqu’à les user. Quand, après de longues vacances, d’autres affichaient les photos de leurs voyages, de leurs sorties, moi je montrais les textes que j’avais écrits : poèmes courts ou longs récits… Bref, mon français faisait ma fierté, et celle de mes parents, il faut le dire. Ce n’est que plus tard, beaucoup plus tard que je me suis rendu compte de tout ce dont ils s’étaient privés afin que je sois scolarisée dans cette école où on apprenait, à merveille, le français.
Le français a toujours eu pour moi un statut très particulier.

Le français n’a jamais été une langue étrangère, ni tout simplement une langue de scolarisation. C’est une langue que j’ai aussi largement utilisée à la maison.

J’ai 36 ans, la guerre en a 40

Je n’étais qu’une enfant qui ne comprenait pas trop ce qui se passait dans mon pays, le Liban . Je me souviens d’avoir vu mes parents arriver en pleine journée à l’école. C’était la récré. D’autres parents arrivaient aussi. Il y avait de l’agitation dans les couloirs. Ce n’est qu’une fois arrivée dans la voiture que je me suis rendu compte que je ne suis pas remontée en classe pour reprendre mon cartable.

Paix, qui es-tu ?

Dans le coin d’une cour de récré, à l’ombre d’un platane, au milieu des huées, deux enfants se lèvent, époussettent leurs vêtements, se font face, s’observent. Des cheveux ébouriffés, un bleu à l’œil gauche, un autre au menton, un pantalon déchiré, un pan de chemise arraché… ces détails ne semblent nullement les perturber. Un océan de billes n’a pas fini de rouler à leurs pieds.

Madame est bien désolée d’être une femme

Ce jour-là, je suis la reine. On loue ma féminité. On m’offre des fleurs, on m’écrit des poèmes. On crie sur tous les toits que le monde a besoin de moi. On salue la mère, la soeur, l’épouse, l’amie qui vivent en moi. On m’applaudit pour avoir fait des études. On me félicite, car j’ai réussi à me choisir un métier, à mener une carrière… Je souris, je remercie. Je feins d’être reconnaissante.

Un non-lieu. Un livre. Un album. Un recueil. Un roman...

« chez moi »… un lieu?

« Chez moi, c’est… »  Tel a été le thème du concours Mondoblog 2014.J’ai tout de suite pensé à un lieu. J’ai essayé de peindre mon pays, ma ville, ma maison ou même ma chambre. J’ai été tentée de décrire ma famille, mes amis. J’ai voulu montrer mon passé, mon présent et plus encore… […]

rima ceremonie

écrire en français…

Qui suis-je? Pourquoi, pour qui j’écris? Je m’appelle Rima Moubayed, née Abdel-Fattah. Je suis libanaise. Je vis et travaille dans une ville située au Nord du Liban: Tripoli. Depuis le temps de mes études scolaires, je griffonnais notes et commentaires, dans la langue de Molière, sur les cahiers de mes […]