francophonie

Si l’art oratoire était une discipline aux Jeux, les gbaeurs seraient sur les trois marches du podium

En ralliant, aux premières lueurs du jour, à partir de Yopougon, le palais de la culture de Treichville par le bateau-bus de la sotra*, l’on peut avoir la chance d’effectuer la traversée de la lagune en compagnie de certains personnages à part entière, mais tout de même entièrement à part. Ce sont les gbaeurs, comme on les appelle en Côte d’Ivoire, ou si l’on veut, les bonimenteurs. Mais plus que le boniment, c’est d’une remarquable maîtrise de la parole dont font preuves ces véritables orateurs qui vous proposent des produits allant du dentifrice génial au déparasitant non moins fantastiques en passant par la pommade tout aussi miraculeuse, sans oublier la brosse à dent hors pair. Cela, dans un temps bien calibré : moins d’une dizaine de  minutes ; et par des techniques éprouvées :
Morceaux choisis :

Le pavillon du Niger entre sexe, art et coquetteries !

Les grands rendez-vous de la Francophonie, qu’ils se situent dans le cadre des jeux ou des sommets, offrent toujours aux francophones et francophiles, l’opportunité de voyager à travers la culture de l’autre et montrer par la même occasion son savoir faire. Tester des saveurs nouvelles, dénicher l’objet rare, découvrir de nouvelles façons de parler la langue française, ou encore parler business.

L’ivoironie ou la francophonie made in Côte d’Ivoire

Depuis prés de deux décennies, la Cote d’Ivoire est en proie à des anicroches sociopolitiques qui, désespérément, ne finissent plus que par fragiliser le tissu social, à tout le moins, le sentiment d’appartenance commune. Bien opportunément, l’Ivoironie se propose de préserver, vertueusement peut être, ce sentiment d’appartenance commune au nom des valeurs naturelles, infrastructurelles, humaines, culturelles dont les Ivoiriens disposent et sur lesquelles, aussi triste que cela puisse paraître, les consciences, à l’usure des événements vécus, semblent s’éteindre. D’où le slogan de l’Ivoironie : « Au milieu de nos différences, soyons d’accord sur ce qui ne nous différencie pas».