Nouvelle

un vieil homme dans le bus

Le vieil homme et la fille corail

La musique résonne dans ses oreilles. Il est resté debout, même s’il est fatigué de sa nuit, fatigué de sa nuit passée à rendre la monnaie à des gens qui n’auraient pas dû être au volant de toutes ces voitures qui ont besoin d’essence. Il déteste les dimanches matin. Il sait que sur tous ces gens à qui il rend la monnaie, tous ces gens qui achètent cafés, thés, bonbons pour se réveiller, un, au moins, n’atteindra jamais sa destination. Certains s’y prennent parfois à trois fois pour lui tendre assez d’argent, encore dans les brumes de la soirée de la veille. Qui n’en finit plus. Qui n’en finira pas. Il est midi, l’heure de rentrer faire la sieste. Il a mis son casque sur les oreilles, celui que lui a offert sa nièce à Noël. Un casque de marque Bose. Le meilleur paraît-il. Il n’en sait rien, mais ce qu’il sait, c’est que le son est diablement bon. Une fois qu’il pose ce casque sur ses oreilles, il sent la nuit s’en aller, il ne pense plus à tous ces gens bourrés au volant de leur voiture pleine d’essence à brûler, il ne pense pas non plus à la douceur du canapé qui l’attend, il vit la musique. Sa musique.

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (16e partie)

Kader Konaté, étonné, sursauta. Lui, en boîte de nuit ? Benyamin Netanyahu, dans un long boubou, la tête voilée, priant dans une mosquée wahhabite en Arabie saoudite, aurait été dix fois moins incongru que lui, Kader Konaté, se déhanchant dans une boîte, entouré d’une foule d’adolescents surexcités par leur libido naissante.

Lies Thru a Len Flickr CC

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (Quinzième partie)

Kader Konaté avait déjà imaginé les folles nuits que la jeune Alimata lui procurerait. Ces deux plantureuses fesses juvéniles et rebelles que tentait vainement de maitriser un slip surchargé, des fesses qui semblaient lui crier, à lui Kader Konaté leur nouveau et sûrement leur premier propriétaire : « Kader fais vite, nous n’en pouvons plus, fais vite, paie la dot et épouse-nous

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (13e partie)

Pendant une demi-heure, K2 réfléchit à la proposition de la famille Sylla. Il était sûr d’une chose, et l’adage qui stipule que même un noyé on le lave avant de l’enterrer l’exprime si bien, ce n’est pas parce qu’on a été trompé par une femme qu’on ne doit plus en prendre une autre. Au contraire.

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (11e partie)

Allah protège le pèlerin et les trésors de son entrecuisse. El Hadj Boubacar Sylla et son djeli Kouyaté n’eurent pas besoin de se poser des questions sur ce qui était en train de leur arriver, ou plutôt ce qui était en train d’arriver à leur gendre Konaté avant de décoller de leur siège et détaler, chacun de son côté,

Ce n’est pas par l’odeur du pet qu’on reconnaît un vieux (dixième partie)

K2 fut enfermé au commissariat, et passa une nuit blanche parmi une bande hétéroclite de détenus : un voleur de moto jakarta, un Ibo accusé d’avoir assassiné un bossu pour lui ôter du mercure de sa bosse, un Ivoirien trentenaire et un Congolais du même âge arrêtés, la veille, dans une boîte de nuit alors qu’ils se battaient à mort, pour une pute togolaise, par bouteilles de Coca cassées interposées, un Maure soupçonné d’être un espion de la rébellion touarègue à Bamako,