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Sénégal-Algérie, la finale de la CAN se passe à Nouakchott

La finale de la CAN 2019 prévue le 19 juillet au Caire opposera le Sénégal à l’Algérie. Un remake de la rencontre de poules, remportée par les Fennecs sur les Lions de la Téranga sur le score étriqué de 1 but à 0. La finale, qui chauffe déjà les rues du Caire, de Dakar et d’Alger, risque de prendre un goût tout particulier à Nouakchott.

La capitale mauritanienne a vibré dimanche 14 juillet lors de la qualification du Sénégal et de l’Algérie, aux dépens respectivement de la Tunisie et du Nigéria. Des défilés motorisés monstres ont déchiré les avenues de Tevragh-Zeina, quartier chic résidentiel de Nouakchott. Les habitants sont sortis en masse, brandissant les drapeaux de l’Algérie à bord de leurs luxueuses voitures. C’est la partie arabe de la population qui fêtait déjà la victoire des Fennecs.

Au même moment, des défilés à pied, à moto, vélo et charrette à traction animale déchiraient les rues de Sebkha, d’El Mina et d’autres quartiers à dominance négro-mauritanienne. Les habitants saluaient avec fracas la qualification du Sénégal à la phase finale de la CAN, 27 ans après la mémorable finale de 2002, perdue aux tirs aux buts face au Cameroun.

Lire aussi : La Mauritanie sort au premier tour sans valeur ajoutée

Le 19 juillet, Nouakchott sera silencieusement divisée tout au long des 90 minutes qui opposeront Sénégalais et Algériens. La victoire de l’une ou l’autre équipe transformera la capitale mauritanienne en un brasier de réjouissances. L’ampleur des défilés des supporteurs victorieux dépassera de loin la nuit où les Mourabitounes avaient arraché leur première qualification à la CAN aux dépens du Botswana.

Le temps d’un match, les Mauritaniens comprendront combien ils sont divisés, en politique comme en football.


Finale Sénégal-Algérie, ça se passe ici à Nouakchott

La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2019 prévue le 19 juillet au Caire opposera le Sénégal à l’Algérie. Un remake de la rencontre des poules qui a été sanctionnée par la victoire au 1er tour des Fennecs sur les Lions de la Téranga sur le score étriqué de 1 but à 0. La finale qui chauffe déjà les rues du Caire, de Dakar et d’Alger, risque cependant de prendre un goût tout particulier à Nouakchott.

La capitale mauritanienne avait en effet vibré dimanche lors de la qualification du Sénégal et de l’Algérie aux dépens respectivement de la Tunisie et du Nigéria. Des défilés monstres motorisés ont déchiré les avenues de Tevragh-Zeina, quartier chic résidentiel de Nouakchott, où les habitants sont sortis en masse brandissant les drapeaux de l’Algérie à bord de leurs luxueuses voitures. C’est la partie arabe de la population qui festoyait déjà la victoire des Fennecs avec un accent de succès prévisionnel sur le Sénégal.

Au même moment, des défilés à pied, à motos, vélos et charrettes à traction animale déchiraient les rues de Sebkha, El Mina, et autres quartiers à dominance négro-mauritanienne pour saluer avec fracas la qualification du Sénégal à la phase finale de la CAN, 27 ans après la mémorable finale de 2002.

Le 19 juillet prochain, Nouakchott sera ainsi silencieusement divisé tout au long des 90 minutes qui opposeront Sénégalais et Algériens. La victoire de l’une ou l’autre équipe transformera Nouakchott en un brasier de réjouissances, car l’ampleur des défilés des victorieux, dépassera de loin, la nuit où les Mourabitounes avaient arraché leur première qualification à la CAN aux dépens du Botswana.

L’espace d’un match, et les Mauritaniens comprendront combien ils sont divisés, en politique comme en football.

Cheikh Aïdara

 


Le projet AFIA de Save The Children lance deux activités pour les enfants en mobilité en Mauritanie

Le Projet AFIA pour la protection des enfants en mobilité en Mauritanie annonce, à travers deux communiqués de presse, le lancement de deux activités dans le cadre du «Renforcement de capacités pour une meilleure gestion de la migration afin de protéger l’enfant en mobilité contre la traite et l’exploitation »

La première activité consiste en un atelier technique pour le lancement du processus de réécriture de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfance (SNPE) en collaboration avec le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille.

La deuxième activité porte sur l’inauguration des Centres de Protection et d’Insertion Sociale (CPISE) réhabilités pour une meilleure prise en charge des enfants en mobilité.

Ci-après les deux communiqués de presse

Communiqué n°1 : Atelier technique de lancement de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfance avec les acteurs publics et les partenaires

Dans le cadre de la réécriture de la Stratégie Nationale de la Protection de l’Enfance (SNPE), Save The Children en collaboration avec le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF), et les partenaires techniques et financiers organisent un atelier participatif pour la réécriture de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfant.

L’objectif de cet atelier est de lancer le processus de réécriture du contenu de la SNPE pour renforcer le fonctionnement du système national de protection de l’enfant ainsi que le rôle de chaque acteur dans le système. Il vise également à doter l’actuelle SNPE d’un plan d’action d’une budgétisation spécifique afin de l’opérationnaliser de manière effective.

Cérémonie organisée par le projet AFIA à Aleg (Photo archive de Save The Children)

Communiqué n°2 : Inauguration des Centres de Protection et d’Insertion Sociale (CPISE) réhabilités pour une meilleure prise en charge des enfants en mobilité

Dans le cadre du projet AFIA financé par l’Union européenne Save The Children en collaboration avec le Ministère des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille (MASEF) et la Direction Générale des Centres de Protection et d’Insertion des Enfants (CPISE) organisent l’inauguration du centre CPISE de Dar-Naïm, réhabilité dans le cadre du projet AFIA pour une meilleure prise en charge des enfants en mobilité.

Cette cérémonie permettra également de clore le travail de réhabilitation de l’ensemble des CPISE. En plus des réhabilitations, les centres ont été équipés en matériel, nourriture et kits scolaires en faveur des enfants en mobilité.

En effet, Save The Children dans la mise en œuvre du projet AFIA a réhabilité 15 centres dont 6 centres du MASEF, 6 de AFCF (Association Femmes Chefs de Famille), un centre de l’OMN (Organisation des Migrants de Nouadhibou) et de l’AFDM (Association Enfance et Développement en Mauritanie) à Nouadhibou ainsi qu’un centre de l’AMSME (Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant à Nouakchott.


Le personnel de santé face à la gestion clinique des viols

Le viol, extrême  violence basée sur le genre (VBG) et pire forme de violation des droits de l’homme, est un défi pour le corps médical et la société civile mauritanienne, surtout sur le plan judiciaire et la prise en charge psycho-médicale des victimes. Une vingtaine de praticiens de la santé et de la société civile vient de suivre dans ce cadre, une formation, du 9 au 11 juillet 2019 à Nouakchott, sur la gestion clinique des viols, sous la houlette d’un consultant international, Dr.Jonathan Ndzi. Cette session a été organisée par le Ministère de la Santé avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Les participants en pleine séance de formation (Crédit Aidara)

« En juillet 2016, Rouhiya, alors âgée de 15 ans, a fui son père qui abusait d’elle sexuellement pour chercher refuge chez un homme de 23 ans qui lui avait promis de l’épouser. Peu après, a-t-elle rapporté, cet homme l’a enfermée, droguée et violée collectivement, avec trois autres hommes. Rouhiya est restée en captivité pendant deux semaines jusqu’à ce que la police la trouve et la ramène au domicile dont elle avait tenté de s’échapper. Dans sa déclaration à la police, Rouhiya a révélé qu’elle connaissait un des agresseurs. Les policiers l’ont alors arrêtée et envoyée à la prison des femmes en l’accusant d’avoir eu des relations sexuelles hors mariage (zina). «Je leur ai demandé : Mais pourquoi ?’Qu’est-ce que j’ai fait de mal ?», a rapporté Rouhiya. « Ils m’ont dit de garder le silence et de ne pas poser de questions». C’est l’extrait d’un Rapport de Human Rights Watch publié en septembre 2018 sur le viol en Mauritanie, sous le titre «Ils m’ont demandé de garder le silence » Un moratoire immédiat sur les poursuites et la détention des personnes pour zina, avait même été lancé par l’organisation.

Prise en charge clinique des cas de viol

Pour renforcer la capacité des agents de la santé et celle des membres de la société mauritanienne dans la gestion clinique des viols, le Ministère de la Santé, avec l’appui de l’UNFPA, a organisé du 9 au 11 juillet 2019 à Nouakchott, une session de formation sur le sujet, avec l’appui d’un expert, le Dr.Jonathan Ndzi, consultant international. La formation a abordé dans les détails, les différents aspects de la violence basée sur le genre (VBG), le viol criminel et le viol conjugal, le harcèlement sexuel, les mutilations génitales féminines, les mariages forcés. L’accent est surtout mis aujourd’hui sur la prévention de la violence sexuelle par la compréhension plus rationnelle des facteurs de risque et les conséquences de la violence sexuelle. D’où la nécessité, selon Jonathan Ndzi, de cerner les facteurs contributifs à la VBG, notamment la pauvreté, l’absence d’éducation et les conflits armés, mais aussi l’abus de pouvoir, l’irrespect des droits de l’homme et les inégalités sexuelles.

L’approche centrée sur les survivants constitue ainsi l’une des méthodes suivies dans la prise en charge des cas de violence sexuelle,  avec quatre principes directeurs, la sécurité de la victime (certains viols étant suivis de meurtre), la confidentialité de la déposition, le respect de la survivante et la non-discrimination dans le traitement des cas.

Dans ce cadre, le rôle du secteur de la santé réside, selon Dr.Ndzi, dans la fourniture des soins  cliniques et les premiers secours psychologiques, avec la préparation de la victime et la disponibilité du service de soutien. L’autre étape est la collecte des preuves médico-légales, avec des cas de réfèrement de la survivante et sa protection contre toute forme de stigmatisation, ainsi que les soins à apporter en cas de lésion, l’offre de médicaments pour la prophylaxie ou le traitement contre les infections sexuellement transmissibles (IST) conformément au protocole national en vigueur, mais aussi un traitement de prophylaxie post-exposition (PPE) au VIH, l’administration de la contraception d’urgence, l’atténuation de la douleur, le soin des plaies, etc.

Il a été noté que le risque de grossesse chez les femmes violées est plus élevé que le risque d’infection au VIH en Mauritanie, vu le faible taux de prévalence au niveau national  (0,4%).

Les participants se sont également familiarisés au cours de la formation aux procédures administratives dans les cas de violence sexuelle, fiches médicales avec pictogramme, formulaire de consentement, brochures d’informations sur l’assistance post-viol, avec l’aménagement d’un espace d’archivages fermé à clé et sûr pour conserver les documents confidentiels.

Ils ont aussi été informés sur les mesures à prendre lors de l’écoute du récit de la victime, avec au préalable la prise en compte de sa culture, la préparation à l’entretien, l’écoute attentive sans interruption ni état d’âme, un environnement apaisant et confiant, entre autres.

L’examen clinique des victimes de violence sexuelle doit se faire dans les 72 heures suivant l’acte. Selon Dr.Nzi, le praticien de la santé dans son dépôt devant les juridictions doit éviter d’évoquer la virginité de la victime ou parler d’hymen. Cela risque d’entraîner, d’après lui, le débat sur ce terrain, faisant l’affaire de l’avocat de l’auteur présumé, et l’audience oubliera l’affaire du viol.

Parmi les éléments de preuve que le certificat médical pourra fournir, le consultant a cité les éventuelles blessures, le sperme (avant 72 heures), l’état des habits, les corps étranger (trace de terre, feuilles, herbes, cheveux, etc.) le sang ou l’urine pour le dépistage toxicologique, l’ADN.

Pour prévenir la transmission du VIH suite au viol, il est recommandé d’administrer à la survivante, 72 heures au plus après l’incident, les antirétroviraux pour prévenir toute contamination.

Le viol, un mal qui ronge la société

Atelier de l’ONG AFCF sur les VBG (Crédit AFCF)

Le viol constitue l’un des faits sociaux les plus récurrents en Mauritanie. Des organisations de la société civile travaillent depuis plusieurs années sur la question, à l’image de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF), l’Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l’Enfant (AMSME) ou encore l’Association de Lutte contre la Dépendance (ALCD). Ces associations prennent en charge les victimes et les accompagnent dans le suivi psycho-médical et dans les démarches judiciaires. Seulement, ces organisations, de plus en plus tolérées par les instances judiciaires, butent souvent sur les obstacles institutionnels, juridiques et sociaux que rencontrent les survivantes lorsqu’elles veulent rapporter à la police des incidents d’agressions sexuelles, amener les coupables devant la justice et obtenir un soutien médical et psychosocial. Les filles victimes de viol sont le plus souvent accusées de «zina » et jetées en prison, si les juges ne valident pas leur argumentaire.

Ces ONG recensent ainsi chaque année des centaines de cas. L’AMSME à elle seule, a rapporté en 2018, 703 cas assistés dont 26 cas de violence conjugale à Nouadhibou et 209 cas de violence sexuelle à Nouakchott. Parmi ces derniers, 185 filles et 12 garçons, âgés de moins de 5 ans à 23 ans (Voir Rapport AMSME 2018).

Un projet de loi sur les VBG en Mauritanie a été rejeté deux fois par le Parlement (Voir lien :
https://aidara.mondoblog.org/2017/01/04/projet-loi-violences-genre/).

Autres liens :

Témoignages de femmes victimes de viols : https://www.youtube.com/watch?v=Ic5IX4oS048

https://lemonde-arabe.fr/06/09/2018/mauritanie-femmes-viol-justice/

Cheikh Aidara

Interview avec Dr. Jonathan Ndzi

«La Mauritanie est l’un des rares pays ouest africains à disposer d’un protocole sur le viol»

Quel intérêt y a-t-il à organiser une formation sur la gestion clinique des VBG ?

Dr.NJonathan Ndzi : La VBG est une violation des droits de l’homme qui ne se passe pas seulement en situation humanitaire, mais qui peut aussi avoir lieu en temps normal. Malheureusement, la VBG et la violence sexuelle n’ont jamais été intégrés dans le curricula et les programmes de formation dans  les écoles de médecine ou de santé publique, Néanmoins, le peu d’information que les médecins, infirmiers ou sages-femmes peuvent disposer restent toujours insuffisantes pour prendre en charge de tels cas. Aussi, faudrait-il s’assurer qu’un traitement adéquat a été délivré à la victime ou la survivante, pour ne pas courir le risque d’une grossesse non désirée, et dans un temps déterminé, pour qu’elle ne soit pas infecté au VIH. Une prise en charge correcte peut aussi sauver la victime de troubles psychiques consécutifs à l’acte. Car, très souvent nous assurons cette prise en charge psychique qui peut s’assurer très utile.

Comment prouver un cas de viol ?

Dr.NJonathan Ndzi : Nous ne travaillons pas spécifiquement sur les cas de viol, bien qu’il constitue l’extrême degré de la VBG et la situation la plus fréquente en situation humanitaire. Le viol est l’une des plus grandes causes de mortalité chez la femme, la jeune fille ou le garçon en situation de crise, car très souvent, il est suivi de meurtre. On est violé puis tué. Aussi, avons-nous pensé à la prévention, sinon à la prise en charge correcte des victimes.

Comment le certificat médico-légal peut aider le juge en cas de viol ?

Dr.NJonathan Ndzi : Un juge ne peut pas compter sur une seule preuve pour condamner quelqu’un. Le certificat médico-légal à lui seul ne suffit pas. Il faut beaucoup plus de preuves, le procès-verbal de la police, les témoignages, en plus du certificat médico-légal qui est une pièce obligatoire à fournir dans le traitement judiciaire des violations sexuelles, peuvent aider le juge à prendre sa décision. Cette obligation légale peut constituer une preuve supplémentaire qui atteste de la survenue d’une agression sexuelle. La tentative de viol et le viol requièrent la même peine.

Dans le cas de la Mauritanie, que pensez-vous de son protocole en matière de VBG ?

Dr.NJonathan Ndzi : La Mauritanie dispose d’un protocole en révision, tout comme il se fait même au niveau de l’OMS (Organisation mondiale de la santé). La mise à jour se fait partout. J’ai apporté ma contribution pour que le document puisse aider la victime. J’exhorte mes collègues médecins, infirmiers et sages-femmes, à adopter une procédure commune de prise en charge de cas aussi délicats, que ceux relatifs à la violence sexuelle, pour aider l’humanité en prenant en charge correctement les victimes.

Un dernier mot ?

Dr.NJonathan Ndzi : Je suis heureux de constater les progrès réalisés en Mauritanie dans le domaine de la santé. Parce que le protocole que vous avez, beaucoup de pays d’Afrique de l’Ouest n’en disposent même pas. Il y en a qui ont un protocole à ses débuts, ou un protocole caduc ou un protocole qui ne répond pas aux normes de l’OMS. C’est déjà un pas important.


Journée mondiale de la population, accélérer la promesse 25 ans après le Caire

A l’instar de la communauté internationale, la Mauritanie a célébré jeudi 11 juillet 2019, la Journée Mondiale de la Population sous le thème «25 ans de la CIPD : Accélérer la promesse», en référence à la Conférence Internationale sur la Population et le Développement organisée en 1994 au Caire (Egypte). La journée a été organisée par le Ministère de l’Economie et des Finances, en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Table Officielle (Crédit aidara)

Cela fait 25 ans que la communauté internationale a pris l’engagement de faire des questions de population la pierre angulaire de tout développement économique et social dans le monde, notamment sur le plan de la santé de la reproduction, de l’autonomisation des femmes et des filles, de l’espacement des naissances, de la croissance démographique, de la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes et pour l’éducation, entre autres questions de priorité. C’était au Caire (Egypte), lors de la Conférence Internationale pour la Population et le Développement (CIPD) en 1994. Aujourd’hui, dans les Pays les Moins Avancées (PMA), notamment en Afrique Subsaharienne et en Mauritanie tout particulièrement, le bilan semble mitigé, avec un goût d’inachevé. D’où un coup d’accélérateur à donner aux promesses faite aux populations, le thème marquant de la célébration, ce 11 juillet 2019, de la Journée Mondiale de la Population (JMP).

Questions de population et politiques nationales

Ouvrant les travaux, le Secrétaire général du Ministère de l’Economie et des Finances, M. Mohamed Ould Sid’Ahmed Ould Aida, a déclaré que la Mauritanie a pris part à la CIPID au Caire et a adopté en juin 1995 la première politique nationale de population, réactualisée en 2005 puis en 2012, pour tenir compte de toutes les questions nationales et internationales en rapport avec la population, notamment le dividende démographique. Il a souligné qu’en 2018, un rapport national portant sur les 25 ans d’exécution du plan d’action de la CIPD a été élaboré, précisant que la déclaration d’Addis-Abeba sur la population et le développement a été aussi prise en compte dans la Stratégie Nationale de Croissance Accélérée et de Prospérité Partagée (SCAPP) 2016-2030. Il a par ailleurs affirmé la priorité accordée par la Mauritanie aux questions de population et de développement, notamment à travers les programmes du gouvernement, se basant sur la conviction que tout progrès dans les domaines en rapport avec la population se répercute positivement sur le processus de développement.

Une partie de l’assistance (Crédit Aidara)

Auparavant, le Représentant Résidant du Fonds des Nations Unies pour la Population en Mauritanie (UNFPA), SEM. Saidou Kaboré, avait tenu à souligner que l’objectif visé à travers la célébration de la JMP, est d’attirer l’attention des décideurs sur l’importance des questions de population dans les politiques et plans de développement des Etats. Il a rappelé que le monde célèbre également cette année, les 50 ans de l’UNFPA et les 25 ans de la CIPD. L’occasion de s’arrêter, selon lui, pour évaluer le chemin parcouru et les gaps à combler, d’ici 2030. Il a salué au passage les progrès réalisés en Mauritanie depuis l’adoption du Plan d’Action du Caire, notamment la baisse de la mortalité maternelle qui est passée de 930 à 582 décès pour 100.000 naissances vivantes entre 1990 et 2013, l’accroissement du taux de prévalence contraceptive, 4% en 1990 et 17% selon les dernières données, la baisse des mutilations génitales féminines (MGF) qui sont passés de 71% en 2000 à 66,6% en 2015 et l’accroissement des accouchements médicalement assistés, 40 à 69%. SEM. Saidou Kaboré a par la suite lu la déclaration faite par la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem à l’occasion de la JMP 2019 (Voir lien : https://www.unfpa.org/fr/press/vous-voulez-am%C3%A9liorer-la-vie-des-femmes-et-les-perspectives-des-pays-en-mati%C3%A8re-de-prosp%C3%A9rit%C3%A9).

CIPD + 25, bilan au niveau mondial et national

Les participants ont suivi par la suite plusieurs exposés, dont l’un intitulé, «Du Caire en 1994 à Nairobi en 2019, 25 ans de mise en œuvre du Plan d’Action de la CIPD», présenté par Brahim Vall Mohamed Lemine, Chargé de Programme Population et Développement au bureau de l’UNFPA en Mauritanie. Citant Mme Natalia Kanem qui a déclaré que «l’année 2019 est une année cruciale pour la réalisation des promesses du Caire», il a passé en revue les trois plus grandes conférences internationales sur la population et le développement, Bucarest en 1974, Caire en 1994, en passant par Mexico en 1984. Les résultats atteints sont selon lui spectaculaires, un taux de prévalence contraceptive à 37%, une mortalité maternelle qui a baissé de moitié et un taux synthétique de fécondité qui est passé de 6 enfants par femme, à moins de 4 enfants. L’UNFPA s’engage selon lui à réaliser, d’ici 2030, trois facteurs transformateurs par les «Trois Zéros» : 2éro besoin non satisfait en matière de planification familiale, 2ero mortalité maternelle évitable et 2éro violence basée sur le genre.

 

Un deuxième exposé a porté sur un «Sommaire «Bilan National de la CIPD + 25», présenté par la Direction des Stratégies Politiques du Ministère de l’Economie et des Finances, et qui a porté sur un comparatif entre les questions de population avant et après la CIPD du Caire, entre une vision disparate, sans coordination et pleins de tabous, marquée par de faibles indicateurs en matière de données statistiques et démographiques, dans une société pro nataliste, réfractaire à l’espacement des naissances et où les mariages précoces étaient dominants, entre autres, et une vision cohérente des questions de population en tant que facteur central de tout développement économique et social.

Plusieurs cadres de départements sectoriels sont intervenus dans le débat pour évoquer les progrès réalisés au niveau de leur institution par rapport au Plan d’Action du Caire, dans le domaine des affaires sociales, de l’enfance et de la famille, dans le domaine de la jeunesse, de la santé, de l’éducation, avec l’introduction de curricula sur les questions de population au fondamental et au secondaire en particulier, mais aussi au niveau de l’enseignement originel, à travers le concours du ministère des Affaires Islamiques.

Cheikh Aïdara

 


Festival Chant des Linguère 2019, à Dakar

D’intenses moments de communion et d’échanges sur « Le dividende démographique et l’autonomisation de la femme et de la jeune fille ». Des spectacles de haute facture, notamment la soirée de gala du vendredi 28 juin à l’hôtel King Fahd Palace et le concert populaire du samedi 29 juin, au terrain de la Cité Fadia, au quartier Golf Sud, dans la banlieue dakaroise. Des espaces de réflexion : le forum du jeudi 27 juin, au Lycée John F. Kennedy, précédé la veille d’une rencontre avec la presse, au Musée des Civilisations noires de Dakar. Autant de temps forts de la deuxième édition de Festival Chant des Linguère, organisée, du 26 au 29 juin, à Dakar, par l’association Lumière pour l’Enfance-Coumba Gawlo.

AmeFallPhotography

Des artistes chanteuses africaines ont été associées à cet événement par son initiatrice, Coumba Gawlo, en sa qualité de Présidente de l’association Lumière pour l’Enfance : Assetou Niamé du Mali, Josey de la Côte d’Ivoire, Binta Torodo du Niger, Ouleya Mint Amartichitt de la Mauritanie, Pamika la Star du Burkina Faso et Titi du Sénégal.

Coumba Gawlo et ses invitées ont assuré des prestations de qualité, au grand bonheur du public. D’abord à l’occasion de la soirée de gala marquée par le sacre de femmes de référence, à qui le trophée « Linguère du développement » a été remis, pour leur rendre hommage et les offrir en exemples aux générations actuelles et futures.

Des « Linguère du développement » qui ont donc été honorés: Mme Ndeye Sali Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection de l’Enfant, Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Honorable Woré Sarr, Député, Maire de Médina Gounass, Honorable Aïssata Tall Sall, Député, Maire de Podor, Mme Seynabou Gaye Touré, Présidente du Conseil départemental de Tivaouane, Mme Sokhna Nata Samb Mbacké, Administrateur du FAISE, Dr Safiétou Thiam, Directrice Exécutive du CNLS, Mme Fatoumata Sabaly, Productrice de riz dans le Bassin de l’Anambé.

Coumba Gawlo sur scène avec les artistes chanteuses invitées au Festival Chant des Linguère

Le Festival Chant des Linguère, c’est aussi une série d’activités axées sur des problématiques aussi vitales que le mariage précoce, les droits de l’enfant, la scolarisation des jeunes filles et leur maintien à l’école, les violences basées sur le genre, l’entreprenariat et le leadership féminins….

Des sujets sur lesquels ces porteuses de voie et leaders d’opinion que sont les artistes chanteuses, se sont prononcées, dans le cadre d’échanges ponctués par un partage d’expériences et d’appels à maintenir le cap pour relever les défis.

Il en fut ainsi au cours de la conférence de presse de lancement du festival qui s’est tenue, le mercredi 26 juin, au Musée des civilisations noires de Dakar. Une occasion pour Coumba Gawlo de rappeler l’objectif visé à travers ce Festival Chant des Linguère : confirmer que la culture est un levier et un facteur de développement ; ce qui requiert des hommes de culture que sont les artistes chanteuses de jouer pleinement leur partition dans le concert des initiatives visant à assurer notre développement. Dans cette perspective, rappelle-t-elle, l’autonomisation de la femme et la capture du dividende démographique, constituent des exigences. Une conviction partagée par les autres artistes chanteuses qui ont dans cette lancée salué la démarche inclusive et participative adoptée par Coumba Gawlo, qu’elles ont tenu à remercier et à encourager.

Cette convergence de vues a été par ailleurs notée au Forum sur « Le dividende démographique et l’autonomisation de la femme et de la jeune fille » le jeudi 27 juin, au Lycée John F. Kennedy. Une rencontre dont la modération a été assurée par Maître Dior Fall Sow, Magistrat, première femme Procureur au Sénégal et le thème introduit par Mme Cissé Fatou Dramé, Experte en genre, Consultante.

Ouleya Mint Amartichitt de la Mauritanie

Diverses interventions ont été faites sur ce thème, par Mme Fadoum Zakiya Sy, au nom de Mme Ndeye Saly Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille, du Genre et de la Protection de l’Enfant, Mme Marième Talla, représentant de Mme Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Mme Ndeye Khady Diop, ancienne Ministre, Maître Aïssata Tall Sall, Avocate, le Professeur Amsatou Sow Sidibé, Présidente du mouvement Caar Leneen, Dr Safiétou Thiam, Directrice Exécutive du CNLS. Saturnin Kinson Kodjo, représentant de UNFPA, Mademba Ndiaye, représentant la Banque mondiale, Mme Fatoumata Sow Sarr, Proviseur du Lycée Kennedy, Awa Diallo, Présidente du Gouvernement scolaire dudit lycée.

Ont donc pris part à ce forum des universitaires, des experts en genre, des représentants d’organisations de femmes et de jeunes, des enseignants et élèves, notamment des membres du Gouvernement scolaire dudit lycée, mais aussi des partenaires de l’association Lumière pour l’Enfance-Coumba Gawlo, en l’occurrence le Fonds des Nations-Unies pour la Population (UNFPA), la Banque Mondiale, le Comité National de Lutte contre le Sida (CNLS)-qui a organisé à cette occasion une séance de dépistage volontaire- le Fonds d’appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur (FAISE) etc.

Cette deuxième édition du Festival Chant des Linguère a été clôturée par le concert populaire, en banlieue dakaroise, au Terrain de la Cité Fadia, à Golf Sud. Artistes et spectateurs ont communié, dans une ambiance féérique, empreinte de son, de rythmes et de couleurs, avec en toile de fond, la délivrance de messages forts liés au thème du Festival, à savoir « Le dividende démographique et l’autonomisation de la femme. »

Pour ainsi terminer en beauté et prendre date pour la prochaine édition !

 

Infos : La Cellule de Communication de Gawlo Office Media (Go Media)


Le personnel de santé se forme en santé reproductive en période d’urgence

Médecins et sages-femmes de Nouakchott, mais aussi de l’intérieur du pays, Assaba et les deux Hodhs, ont suivi entre le 4 et le 8 juillet 2019, une formation de formateurs en Dispositif Minimum d’Urgence (DMU) en services de santé de la reproduction (SSR) en situation de crise, notamment cas des violences basées sur le genre (VBG), prévention contre les infections sexuellement transmissibles et le VIH/Sida, grossesses non désirées et espacements de naissance.

Joanthan Ndzie en pleine séance d’explication (Crédit Aidara)

Comment mettre en place les mécanismes de coordination pour la préparation et la réponse en services de santé reproductive en situation de crise ? Comment développer une capacité d’adaptation et renforcer la capacité de prévention de la violence sexuelle et assister les survivants en situation de crise ? Comment développer la résilience et renforcer la capacité à réduire la transmission du VIH et répondre aux besoins d’Infection sexuellement transmissible (IST) en temps de crise ? Comment renforcer la capacité d’adaptation et renforcer les capacités en matière de prévention de la surmorbidité et de la surmortalité maternelle et néonatale ? Comment renforcer la capacité d’adaptation et renforcer les capacités en matière de prévention de la grossesse non désirée ?

Tels sont les cinq objectifs recherchés par le Dispositif Minimum d’Urgence (DMU), un dispositif que le ministère de la Santé, à travers le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) et l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), veut généraliser en Mauritanie, en procédant du 4 au 8 juillet 2019, à la formation d’une vingtaine de professionnels de la santé, médecins, gynécologues, urologues et sages-femmes, qui seront chargés à leur tour de former leurs collègues en services de santé reproductive en situation de crise.

Les bons gestes médicaux en situation d’urgence

Cette formation de cinq jours, dispensée par un consultant international, Dr.Jonathan Ndzi, a surtout été centré sur les mécanismes de coordination pour la mise en œuvre du DMU avec des Plans d’action sur les violences basées sur le genre (VBG), la réduction de la transmission VIH et IST en situation de crise, la surmorbidité et la surmortalité maternelle et néonatale.

Ouvrant les travaux de cette session de formation, le Coordinateur du PNSR, Dr. Sidi Mohamed Ould Abdel Aziz, a mis en exergue l’importance de cet atelier pour la Mauritanie, notamment avec les défis posés par l’afflux de réfugiés sur ses frontières avec le Mali et la gestion du camp de Mberra, sans compter les inondations, comme celles qui avaient frappé la ville de Tintane en 2012 ainsi que celles de 2018. D’où, selon lui, l’urgence de disposer d’un personnel de santé formé sur les situations de crise et capables d’apporter des réponses urgentes, surtout en matière de santé de la reproduction.

Auparavant, le Représentant Résident de l’UNFPA en Mauritanie, S.EM. Saidou Kaboré, avait souligné l’intérêt d’une telle rencontre, notamment en termes de partages d’expériences, de compétences et de renforcement des capacités, au profit des populations qui en auront besoin en situation d’urgence.

M.Seynath Aïdara, Représentant Assistant de l’UNFPA Mauritanie avait en début de séance brossé un aperçu général sur la situation humanitaire en Mauritanie, évoquant les chiffres de la situation nutritionnelle et alimentaire, notamment parmi les réfugiés du camp de Mberra, sans compter les 575.000 personnes en situation de crise alimentaire en 2019, dont 128.000 enfants, ainsi que les inondations de 2018.

Les participants ont par la suite suivi un aperçu sur la santé sexuelle et les réponses prévisibles en situation de crise (Initiative SPRINT).

Introduisant le sujet, Dr.Jonathan Ndzi devait définir la notion de catastrophe selon le Bureau des Nations Unies pour la Réduction des Risques de Catastrophes (UNISDR). Il a indiqué qu’il y a situation d’urgence humanitaire, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), lorsqu’il y a 1 Mort pour 10.000 habitants PAR JOUR.

Plan d’action et coordination ont été formulés par les participants pour chacun des modules présentés, violence sexuelle (généralités et concepts de base), VBG et réduction de la transmission du VIH et IST en situation de crise. Travaux de groupes, films et diapos ont servi de supports pour la consolidation des connaissances.

A la fin de la formation, les participants ont été informés du contenu des kits Inter Organisation et les kits de dignité, renfermant toute la logistique nécessaire pour des interventions SSR d’urgence, qui seront mis à la disposition des formations sanitaires qui en auront le plus besoin.

Témoignages des participants

Dr.Khattri Ould Isselmou, médecin-chef du Centre de santé de Kiffa
«
cette formation est importante car elle répond à une situation objective en matière de santé de la reproduction, notamment les six axes essentiels dont l’application des normes en matière de santé de la reproduction, la réduction de la mortalité maternelle et infantile, les violences sexuelles er les violences basées sur le genre, l’espacement des naissances, la prévention contre le VIH et les IST. Elle se justifie car elle touche des questions récurrentes auxquelles nous sommes tout le temps confrontés. Il s’agira maintenant pour nous à la fin de cette formation, de former à notre tour le personnel qui est à notre disposition dans tous les départements relevant de la région de l’Assaba pour qu’ils puissent savoir comment faire face à ces situations d’urgence».

Seydi Camara, Sage-femme, point focal SR Hôpital de Kiffa
«Cette formation est très importante pour nous qui sommes en Assaba, une région frontalière du Mali. Elle nous a permis surtout de savoir comment gérer les questions liées à la santé de la reproduction, pour faire face à des situations similaires à celles qu’a connues la Wilaya du Hodh Charghi avec l’affluence des réfugiés maliens et la constitution du Camp de Mberra».

Mimi Mint Moulaye Chrif, Sage-femme en service au PNSR
«En tant qu’agent du PNSR qui assure la coordination en matière de santé de la reproduction pour l’ensemble de la Mauritanie, il est important que nous soyons formés sur le DMU pour pouvoir superviser les formations que les formateurs seront appelés à dispenser au niveau de leur région. Nous serons appelés nous-mêmes à former les prestataires sur le DMU sur les techniques en situation d’urgence en matière de santé reproductive».

Fatimata NDim, Sage-femme au Camp Mberra
«En tant que sage-femme recrutée par l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la Famille (AMPF) pour sa maternité au Camp de Mberra des réfugiés maliens, je trouve que cette formation tombe à point nommé, car elle porte sur les Dispositifs minimum d’urgence (DMU) à prendre en matière de santé reproductive en situation d’urgence, notamment les priorités à prendre dans de tels cas qui sont totalement différents de ceux que nous avons l’habitude de prendre en période normale. Par exemple, on nous dit que dans une situation d’urgence, nous devons nous focaliser uniquement sur les accouchements, alors que dans les normes, nous devons procéder aux consultations prénatales, avant les accouchements, et les consultations postnatales».

Cheikh AÏdara


Dans le sillage d’un dialogue postélectoral, le ministre Seydina Ali rencontre Birame Dah Abeid

Le candidat, deuxième de l’élection présidentielle du 22 juin 2019, Birame Dah Abeid, a reçu mardi 9 juillet 2019 à son siège à Nouakchott, la visite du Ministre Porte-parole du gouvernement, Seydina Ali Ould Mohamed Khouna, accompagné du Dr.Abdallahi Ould Mine. Pour le contenu de l’entretien, nous avons recueilli les propos de Bakary Tandia, Directeur national de la campagne du candidat Birame Dah Abeid.

Après l’élection présidentielle du 22 juin 2019, une crise s’est installée qui a crée un climat de tension et de confrontation, d’arrestations et de détentions abusives. Face à cette situation, il n’y a que deux options possibles, une confrontation ouverte et directe, ou le dialogue et la négociation. Après avoir évalué la situation, la tendance générale semble être favorable à la négociation. C’est dans ce cadre que s’inscrit la rencontre ce mardi 9 juillet, entre le Ministre Porte-parole du gouvernement, Seydina Ali Ould Mohamed Khouna, accompagné du Dr.Abdallahi Ould Mine, et le président Birame Dah Abeid. Il s’agit d’une rencontre préliminaire. Dans notre position, il y a des questions fondamentales qui doivent être réglées dans le cadre de cette crise politique. Comme il s’agit d’une crise politique, la solution ne peut être que politique, parce que nous avons épuisé les voies légales de recours par rapport aux irrégularités que nous avons identifiés au cours de l’élection. Maintenant, nous sommes dans la situation postélectorale dans laquelle il y a une crise politique aiguë, dont la seule solution réside dans un règlement politique.

Droits de l’homme

Par rapport à ce constat, cela fait des décennies que nous nous battons pour la défense des droits de l’homme, la justice sociale en Mauritanie et pour une gouvernance politique effective. Le dialogue ou la négociation ne signifie pas le simple plaisir d’y aller. Nous avons des conditions qui correspondent aux aspirations des populations qui ont voté pour nous. Des conditions par rapport au processus électoral vicié. Si le pouvoir accepte les conditions que nous avons posées, nos populations seront satisfaites dans l’ensemble, et en plus, nous aurons un processus électoral qui, sans être totalement parfait, offrira cependant un certain nombre de garanties pour que les prochaines élections soient plus justes, plus claires et plus transparentes. La rencontre s’inscrit dans ce cadre.

Déportés et Passif Humanitaire

Parmi les conditions, Birame Dah  Abeid a exigé la libération de tous les détenus, arrêtés suites aux évènements postélectoraux, y compris le journaliste Ould Wedia, ainsi que la suspension de toutes les poursuites judiciaires à l’encontre des opposants en exil. il y a aussi des conditions que nous considérons comme des lignes rouges, notamment la question des déportés au Mali et au Sénégal. Cette question doit être absolument réglée. Il s’agit de citoyens mauritaniens qui ont subi des violations graves et qui vivent dans des conditions inhumaines depuis plus de trois décennies. Aucune question ne pourra avancer en Mauritanie tant que leur sort ne sera totalement apuré. Nous avons également, les tueries extrajudiciaires. Jusqu’à présent, les familles éplorées ne savent même pas où sont enterrés leurs proches, alors que ceux qui sont responsables de ces tueries sont encore vivants et connaissent là où ces corps sont inhumés. Les demandes des organisations de défense des droits de l’homme et celles des familles des victimes se sont toujours heurtées au silence du gouvernement. Si l’Etat mauritanien veut poser un acte significatif et exprimer sa bonne foi et sa volonté de régler ces questions pendantes, nous sommes prêts à lui apporter notre collaboration, parce que ces questions ont toujours figuré dans notre agenda.

Enrôlement biométrique et évènements 89-91

Il y a également le problème du recensement biométrique qui a mis en rade plusieurs milliers de citoyens mauritaniens qui ont le droit de disposer de leurs pièces d’état-civil et de circuler librement dans leur pays. C’est un droit fondamental, car il est inacceptable qu’un Mauritanien ne puisse disposer de ses papiers. Il s’agit d’une situation créée par le gouvernement et il n’est pas permis de demander aux citoyens d’assumer les conséquences d’actes administratifs mal ficelés pris par le gouvernement. C’est au gouvernement de prouver que quelqu’un n’est pas Mauritanien au lieu que ce dernier soit amené à prouver qu’il est Mauritanien, d’où une double victimisation. Il y a d’autre part la loi d’amnistie de 1993 qu’il faut absolument abroger car il constitue une barrière illégale pour empêcher qu’une enquête soit menée sur les tueries des années 90. Il s’agit de restaurer la mémoire des victimes et permettre de régler cette question une fois pour tout. Car le Passif humanitaire, le recensement biométrique et la question des déportés constituent la pierre angulaire de toutes les questions fondamentales des droits de l’homme en Mauritanie. Ces questions ne peuvent pas fondre comme glace au soleil et elles continueront à être posées tant qu’une solution définitive ne n’y mettra pas fin. Il faudra au gouvernement avoir le courage politique et moral ainsi que la sagesse totale pour attaquer ces questions qui sont celles de tous les Mauritaniens. S’il y a une volonté politique de les régler, les Mauritaniens vont se joindre les coudes pour aider le gouvernement à les résoudre, parce qu’il s’agit de problèmes de justice sociale et de dignité humaine. Toute personne éprise de justice et de liberté, n’hésitera pas à se joindre à tout effort tendant à rétablir toutes ces injustices ici évoquées.

Elections générales anticipées

Il y a plusieurs autres problèmes avancés, tels que le volet politique, qui veut qu’on ait demandé l’organisation d’élections générales anticipées pour prendre en compte la volonté politique des masses qui s’est largement exprimée lors de l’élection présidentielle écoulée. Il faut que cette nouvelle volonté populaire se reflète au sein du Parlement, des communes et des conseils régionaux.

Répartition équitable des richesses

Sur le plan économique, il faut que les ressources naturelles soient exploitées d’une manière responsable et la manne qui en sera tirée soit également répartie d’une manière rationnelle pour que tous les Mauritaniens puissent profiter des revenus générés par ces ressources naturelles. Il est inacceptable qu’une poignée de personne jouissent à eux seuls de toute cette manne et que l’écrasante majorité de la population croupisse dans la pauvreté et la misère.

Promotion des cultures nationales
Sur le plan culturel, la Mauritanie est une société multiethnique et multiraciale. Il faut que cette diversité se reflète au niveau de toutes les institutions. Il n’y a pas de raison qu’une seule communauté domine et monopolise les institutions de l’Etat. La question des langues nationales est également fondamentale et doit être traitée.

Grosso modo, les conditions posées par Birame Dah Abeid à ses interlocuteurs touchent à toutes les questions sociale, politique, économique et culturel. Parmi ces conditions, il y a celles qui sont des lignes rouges et sans l’acceptation desquelles, il n’y aura pas de négociation. Ce sont les questions des droits de l’homme, les déportés, l’état-civil, le Passif humanitaire.

Réponse des émissaires

Les émissaires du pouvoir, le Ministre Ould Mohamed Khouna et son accompagnant, se sont montré ouverts à toute négociation. Ils ont embrassé l’idée de l’ouverture au dialogue. D’une manière générale, ils ont déclaré que par rapport aux points soulevés par le président Birame Dah Abeid, ils les acceptent et sont prêts à travailler sur les questions qu’il a avancées. Ils ne sont pas entrés dans les détails à ce stade préliminaire. Il va falloir mettre sur pied des commissions techniques pour développer un agenda pour la négociation.

Ambitions politiques
Nous avons évoqué d’une manière générale les ONG et les partis politiques dont les demandes de reconnaissance sont bloquées afin que toutes puissent jouir de leur droit. Par rapport à la situation actuelle, Birame Dah  Abeid, est un opposant indépendant qui ne dispose pas encore d’un cadre juridique pour se mouvoir et nous sommes en train dans ce cadre d’explorer d’autres options, qu’il serait prématuré de commenter pour le moment.

Propos recueillis par Cheikh Aïdara

 


CAN 2019 Egypte, les Mourabitounes sortent au 1er tour sans aucune valeur ajoutée

Les Mourabitounes sont sortis au premier tour des matchs de groupe pour une première participation à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019 qui se poursuit en Egypte. Une défaite, deux nuls et un classement de dernier en termes de valeur marchande des joueurs. Une performance face à l’Angola et à la Tunisie unanimement saluée, après la claque face au Mali avec 1 but à 4, mais beaucoup de regrets face aux choix critiquables du sélectionneur français et certainement beaucoup de reproches à la Fédération mauritanienne de football.

Si la lourde défaite face au Mali, pour son premier match peut s’expliquer par plusieurs facteurs, dont l’émotion du bleu faisant ses premiers pas dans une compétition continentale, les deux matchs nuls face à l’Angola et à la Tunisie ont mis à nu la faiblesse et l’inefficacité d’une attaque érodée, que l’entraîneur n’a pas eu l’intelligence de renouveler, surtout pour le dernier match de qualification devant les Aigles de Carthage, alors que des valeurs sûres étaient sur le banc,  à l’image du jeune Homoye Tandji, et pourquoi pas le rappel de Soudani ou l’entrée de Palaye.

C’est surtout, l’occasion ratée de s’illustrer, qui restera le plus grand regret de cette participation mauritanienne à la CAN, d’autant que c’est l’évènement rêvé par les joueurs pour s’illustrer et se vendre auprès des grands clubs européens, ceux du Golfe ou d’autres pays du monde, d’autant plus que la CAN est l’un des marchés les plus suivis par les recruteurs. Au lieu de cela, les Mourabitounes ont quitté la compétition certes sans être ridicules, mais sans également briller par le talent de ses joueurs.

En effet, selon le classement établie des valeurs marchandes des 24 équipes de la CAN 2019 en millions d’Euros, la Mauritanie vient en queue de peloton avec seulement 3, 25 millions contre 343 millions pour les Sénégalais, ou encore 10, 4 pour les Malgaches, 13, 7 pour les Bissau Guinéens ou encore 17 pour les Béninois. Que du gâchis pour une participation à laquelle on s’attendait au moins à une plus-value.

La Mauritanie peut cependant s’enorgueillir de sa petite performance, sans être l’équipe qui allait créer la surprise, comme le supposaient plusieurs commentateurs avant la CAN. C’est Madagascar, pour une première participation comme elle, qui a finalement ravi la vedette.

Si l’on enlève à cette participation, le satisfecit exagéré de la Fédération mauritanienne de football qui a profité de l’évènement pour offrir des vacances dorées aux frais de la princesse à une flopée de copains imperceptiblement glissés parmi les supporters et les journalistes, il ne reste qu’une équipe de Mauritanie qui a fait de la figuration à la CAN sans emballer le moins sérieux des observateurs sportifs.

Cheikh Aïdara


La Mauritanie sort au premier tour sans valeur ajoutée

Une défaite, deux nuls et un classement de dernier en termes de valeur marchande des joueurs. Pour leur première participation à la Coupe d’Afrique des Nations, les Mourabitounes sont sortis au premier tour des matchs de groupe. 

Ce billet a été publié originellement sur aidara.mondoblog.org.

Des performances face à l’Angola et à la Tunisie unanimement saluées, après la claque face au Mali 4 à 1, mais beaucoup de regrets face aux choix critiquables du sélectionneur français et certainement beaucoup de reproches adressés à la Fédération mauritanienne de football.

La lourde défaite face au Mali lors du premier match de la compétition peut s’expliquer par plusieurs facteurs, dont l’émotion du bleu faisant ses premiers pas dans une compétition continentale. Mais les deux matchs nuls face à l’Angola et à la Tunisie ont mis à nu la faiblesse et l’inefficacité d’une attaque érodée. L’entraîneur n’a pas eu l’intelligence de la renouveler, surtout pour le dernier match de qualification devant les Aigles de Carthage, alors que des valeurs sûres étaient sur le banc, à l’image du jeune Homoye Tandji, et pourquoi pas le rappel de Soudani ou l’entrée de Palaye.

C’est surtout l’occasion ratée de s’illustrer qui restera le plus grand regret de cette participation mauritanienne à la CAN, d’autant que c’est l’événement rêvé par les joueurs pour s’illustrer et se vendre auprès des grands clubs européens, du Golfe ou d’autres pays du monde. La CAN est l’un des marchés les plus suivis par les recruteurs. Au lieu de cela, les Mourabitounes ont quitté la compétition certes sans être ridicules, mais sans briller.

La Mauritanie, plus faible valeur marchande de la CAN

En effet, selon le classement des valeurs marchandes des 24 équipes de la CAN 2019, la Mauritanie vient en queue de peloton avec seulement 3,25 millions d’euros, contre 343 millions pour les Sénégalais ou encore 10,4 pour les Malgaches, 13,7 pour les Bissaoguinéen ou encore 17 pour les Béninois.

La Mauritanie peut cependant s’enorgueillir de sa petite performance, sans être l’équipe qui a créé la surprise, comme le supposaient plusieurs commentateurs avant la CAN. C’est Madagascar, pour sa première participation également, qui a finalement ravi la vedette.

Si on enlève à cette participation le satisfecit exagéré de la Fédération mauritanienne de football, qui a profité de l’événement pour offrir des vacances dorées aux frais de la princesse à une flopée de copains imperceptiblement glissés parmi les supporters et les journalistes, il ne reste qu’une équipe de Mauritanie qui a fait de la figuration à la CAN sans emballer le moins sérieux des observateurs sportifs.


Lait et Poisson, deux chaines de valeur pour lutter contre le travail des enfants en Mauritanie

«Raïb Masgoula» ! «Hout Masgoula» ! Deux labels que la Mauritanie pourrait avancer comme expérience-pilote dans deux filières clé, celle du Lait et du Poisson, où le travail des enfants devrait être banni. Cette réflexion était au centre d’un atelier de concertation entre les acteurs du travail autour du thème «Partenariat pour lutter contre le travail des enfants et les relations de travail pouvant entraîner un risque de travail forcé dans le secteur du lait et de la pêche artisanale ».

@Crédit Aïdara

Cet atelier organisé sous l’égide du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, avec l’appui du Projet BRIDGE du Bureau International du Travail (BIT) et sur financement du Département d’Etat américain  au Travail, s’est déroulé le 28 juin 2019 à Nouakchott. Il a été présidé par le Conseiller du Ministre du Travail et point focal de l’Alliance 8.7 en Mauritanie, Hamoud Ould T’Feïl, en présence du Coordinateur du Projet BRIDGE en Mauritanie, Marc Ninerola, et la participation de représentants du Forum national des droits de l’homme (FONADH), l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG), la Fédération Nationale de la Pêche Artisanale (FNPA), l’Union des Travailleurs de Mauritanie (UTM), PROMOPECHE  (projet du BIT), la Fédération des Mareyeurs, le Comité de Cogestion des pêches en Mauritanie, World Vision, Oxfam et Save The Children.

L’exemple ivoirien et l’approche chaîne de valeur

En choisissant deux filières clés de l’économie mauritanienne, la production laitière et la pêche artisanale, la Mauritanie qui fait de l’élimination du travail des enfants une priorité, s’inspire de l’exemple ivoirien qui fait école, à travers l’Initiative Cacao International (ICI) portée par la Première Dame et fédérant le Ghana et le Burkina Faso, pour bannir le travail des enfants dans la filière du chocolat. Doté d’un budget de 7 milliards de francs Cfa, l’initiative finance, avec l’apport des multinationales du chocolat, la scolarisation des enfants, la construction d’écoles et le soutien aux exploitants.

@Crédit Aïdara

Aussi, Marc Ninerola, suggère l’approche par les chaînes de valeur pour lutter contre le travail des enfants et les relations de travail pouvant entraîner un risque de travail forcé, ainsi que la mise en place de mécanismes de coordination solides.  Il s’agit, selon le lui, de faire en sorte que dans toute la chaîne de valeur du lait et du poisson, qu’il y ait zéro travail d’enfants. «Cela ne pourra se faire qu’avec la collaboration des producteurs et des consommateurs » a-t-il souligné.

La tradition comme défi

Certains intervenants ont évoqué la nature traditionnelle du métier d’éleveur et de pêcheur qui se transmet de père en fils par l’apprentissage, sans compter la pauvreté des parents obligés d’utiliser leurs enfants. La plupart des familles s’appuient sur la transmission du savoir-faire de père en fils comme garantie de l’avenir de leurs enfants face à une école qui n’offre plus de perspectives, à leurs yeux.

Autant d’arguments que le Conseiller du Ministre du Travail a balayés de la main, soutenant que le Plan d’Action National pour l’Elimination du Travail des Enfants en Mauritanie (PANETE-RIM) adopté le 14 mai 2015 et dont l’élaboration a été appuyée par le BIT et le gouvernement français, est une stratégie nationale intégrée qui touche tous les secteurs. Ce plan d’action, selon lui, prend en charge tous les problèmes posés par le travail des enfants, y compris l’aide aux familles pour leur permettre d’envoyer leurs enfants à l’école. L’Etat mauritanien a ainsi dégagé un budget de 5 milliards UM pour la mise en œuvre du PANETE-RIM avec l’appui du Projet MAP 16 du BIT qui prend en charge certains volets du programme.

Le travail des enfants n’étant plus mobilisateur de fonds, selon Hamoud Ould T’Feïl, il s’agira de conjuguer les efforts pour lancer les premiers pas dans deux secteurs pilotes, la production laitière et la pêche artisanale.

A la fin de l’atelier, un comité technique de suivi des recommandations de l’atelier a été mis en place.

Il faut noter que le Conseiller Technique du Ministre du Travail, Hamoud Ould T’Feïl, avait ouvert l’atelier sur un rappel du lancement de l’Alliance 8.7 en Mauritanie en mars 2019. Il s’agit selon lui d’un Partenariat mondial qui regroupe 15 pays pionniers dont la Mauritanie, dont l’objectif est de «mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite des personnes, d’interdire et d’éliminer les pires formes de travail des enfants, et mettre fin d’ici 2025, au travail des enfants sous toutes ses formes».

L’avis des participants

Djigo Abdoulaye (OXFAM) : «Nous travaillons sur la chaîne d’approvisionnement du lait au sein d’une coalition pour la protection du lait local qui regroupe les producteurs de lait du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad, en plus de la Belgique, accompagnés d’une large coalition composée d’organisations paysannes, de consommateurs, de chercheurs, d’ONG, de mini-laiteries, d’industriels locaux. Nous avons lancé plusieurs campagnes régionales pour la promotion du lait local, mais le travail des enfants, n’a pas jusque-là été un objectif. Cet atelier est pour moi une opportunité pour parler de cet aspect au sein d’Oxfam, et voir comment intégrer cette dimension travail des enfants dans nos prochaines campagnes».

 

Mathurin Dieng (Comité de Cogestion des pêches en Mauritanie) : «Il est difficile de demander à un pêcheur d’arrêter de faire travailler ses enfants. La pauvreté et le souci du quotidien font qu’il a besoin de bras pour l’aider à multiplier les revenus de la famille. Il a assez de soucis pour penser envoyer ses enfants à l’école».

Hamada Bneïjaa (ADIG) : «Pour éradiquer le travail des enfants, il faut des préalables vu le contexte de la Mauritanie, pays pauvre, rempli de contradictions, rongé par la malnutrition et exportant l’essentiel de sa consommation, malgré son potentiel agricole et pastoral. Le problème, c’est l’inadéquation des politiques de développement aux besoins des populations. L’Etat mauritanien doit améliorer la condition de vie des populations pour permettre aux enfants d’aller à l’école».

Mamadou Bâ (FNPA) : «la pêche traditionnelle en Mauritanie, c’est une corvée familiale et un apprentissage de père-enfant. Il faudrait déployer des efforts de sensibilisation et de renforcement des capacités pour changer la donne. La pêche est une activité traditionnelle et un métier où tout est prioritaire pour les ménages. Ce qu’il faut, c’est une professionnalisation du secteur pour briser le cercle vicieux de la tradition».

Cheikh Aïdara

 


De Nouadhibou, à la fin de sa campagne, Ould Maouloud promet de recoller les morceaux brisés de la Mauritanie

Pour la clôture de sa campagne électorale à Nouadhibou, ce jeudi 20 juin 2019, Mohamed Ould Maouloud qui représente l’opposition radicale traditionnelle, l’UFP et le RFD ainsi que l’UNAD, a déclaré que son programme politique va sauver la nation et le peuple mauritanien, soulignant que «le pays a été soumis à une destruction méthodique, son peuple soumis à un régime d’appauvrissement pendant la décennie écoulée».

Il a promis de sauver les agriculteurs, les éleveurs, les employés, notamment les travailleurs de la SNIM dont l’entreprise a été soumise au cours des dix dernières années à un sac continue qui l’a conduit aujourd’hui au bord de la faillite. «Mon programme politique comporte une stratégie spéciale de sauvetage de la SNIM pour assurer sa pérennité à travers une gestion rationnelle qui permettra au pays de continuer à profiter de ses potentialités » a-t-il déclaré. Une autre stratégie spécifique est prévue selon lui dans le programme politique qu’il propose aux Mauritaniens, visant à sauver également le secteur des pêches qui serait selon lui dans un état critique, à travers des crédits qui seront accordés aux pêcheurs et à travers la protection de leurs droits ainsi que ceux des sociétés nationales face à la concurrence déloyale des multinationales.

Mohamed Ould Maouloud a enfin promis de dégager un budget de 100 milliard d’ouguiyas pour lutter contre le chômage des jeunes et prendre en charge la question de la femme pour assurer sa présence renforcée dans les instances de décision.  Sur ce plan, il promet une discrimination positive  à leur égard dans le recrutement. Ould Maouloud promet aussi en cas de victoire à la présidentielle de juin 2019 de relever le SMIG, ainsi que le salaire des fonctionnaires, notamment les enseignants du primaire et du secondaire, celui des professeurs d’université, des médecins et des agents de l’Etat.

Mohamed Ould Maouloud qui a mis en garde contre la fraude électorale, appelant ses partisans à la vigilance, a effectué une tournée électorale réussie à travers le pays. Partout, ses meetings ont attiré les foules, notamment à Nouakchott, dans la Vallée, les régions de l’Est et du Nord, notamment à Atar, Zouerate et Nouadhibou.

Cet universitaire qui totalise près de quarante ans de combat politique, déjà au sein du mouvement «Kaddihine » des années 60 sous le parti unique, puis sous les couleurs du MND, mouvement maoïste des années 70, a l’opposition dans les veines. A la tête de l’Union des Forces du Progrès (UFP) depuis des années, il a combattu tous les pouvoirs qui se sont succédé en Mauritanie. Il est soutenu dans cette présidentielle par le doyen des opposants mauritaniens, Ahmed Daddah, président du parti Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), premier parti d’opposition, le seul à avoir mis en ballotage un candidat des militaires. C’était lors de la présidentielle de 2006. En 1992, il avait remporté, dit-on, une victoire confisquée contre le colonel Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya. Atteint par la limite d’âge constitutionnelle (75 ans), il est l’un des plus fervents du candidat Ould Maouloud.

Cheikh Aïdara


La CVE remplit le stade de Basra lors de son meeting de clôture

Situé dans l’une des poches de pauvreté de Nouakchott, le Stade de Basra a affiché plein lors du meeting de clôture organisé jeudi 20 juin 2019 par la Coalition Vivre Ensemble (CVE). Un conglomérat de plusieurs partis politiques, qui soutient la candidature du Dr. Kane Hamidou Baba.

Cette soirée de clôture qui a rassemblé toute cette jeunesse, toutes ces femmes et ses hommes qui croient au programme de la coalition, est venue clore en apothéose la tournée riche en rassemblement populaire, notamment dans le Fouta, le Trarza, le Guidimagha et l’Assaba, mais aussi à Zouerate et à Nouadhibou où Kane Hamidou Baba a fait carton plein.

Dans le discours qu’il a prononcé devant des milliers de partisans, le candidat de la CVE a qualifié le candidat du pouvoir, Mohamed Ould Ghazouani, de «candidat de la sécurité extérieure», alors que le peuple mauritanien, selon lui, a plutôt besoin de sécurité intérieure, de sécurité alimentaire, d’unité, de progrès et de prospérité.

Pour Kane Hamidou Baba, la Mauritanie a besoin aujourd’hui d’un grand et urgent changement, demandant aux citoyens mauritaniens de profiter de l’opportunité offerte par cette élection présidentielle pour concrétiser ce choix. «Notre pays a besoin d’une armée républicaine, d’une armée qui nous protège. Pour cela, l’armée doit retourner dans les casernes et y rester, loin de la politique. Une armée soumise aux ordres de la République sous un régime civil, voilà ce qu’elle doit être» a-t-il déclaré.

Il faut dire que l’image du meeting de la CVE au Stade de Basra était impressionnante. Des milliers de têtes hétéroclites, et pas un doigt à pouvoir mettre sur terre, tellement la densité était au millimètre près. «Même dans leur plus folle épopée politique, aucune des formations formant la CVE n’avait pu à lui seul atteindre le quart d’une telle performance», confie un jeune activiste.

La ferveur des foules drainées par la CVE durant sa tournée de campagne et ce meeting final a fini par galvaniser les foules. «Notre candidat passera au premier tour Inchallah » lâche un membre du directoire de campagne, avec une telle conviction que pour lui, «le scrutin du 22 juin ne sera qu’une simple confirmation».

Beaucoup de folklore du Fouta, danses, musiques, cris d’hystérie, avaient chauffé la scène avant l’arrivée de Kane Hamidou Baba à la tribune. La fin fut encore plus attractive.

Cheikh Aïdara


Ould Ghazouani choisit la fin de sa campagne électorale pour s’attaquer à ses adversaires

Mohamed Ould Ghazouani, le candidat du pouvoir, de la continuité et de la pérennité du système Aziz – du moins tel que le présentent ses partisans – a choisi l’ancien aéroport de Nouakchott pour son dernier meeting électoral. La majorité y a concentré ses forces, à coups de bus déversant des paquets humains, des centaines de véhicules tout terrain avec leurs flots de passagers, sous le son de la musique de campagne.

C’est dans cette atmosphère pleine de déjà vu, avec tous les ténors du régime Aziz, ses ministres, ses directeurs centraux, ses hauts fonctionnaires, ses hommes d’affaires, ses chefs de tribu et de clans ainsi que ses lobbies, que Mohamed Ould Ghazouani, qui s’est abstenu pendant les quinze jours de campagne électorale de toute attaque contre ses adversaires, a choisi de livrer sa dernière cartouche contre ses opposants. «Ces candidats pendant toute leur campagne électorale n’ont avancé que des discours pleins de contradiction et de mots creux » dira-t-il, soulignant que «les Etats ne se construisent pas à coup de paroles vides et de manipulations, mais par des plans de développement et l’intelligence». Certains candidats profitent selon lui de l’occasion pour des règlements personnels.

Il a envoyé une pique à Sidi Mohamed Ould Boubacar lorsqu’il déclare que «parmi les candidats, il y a ceux qui ont servi l’Etat, mais n’ont pas pu exploiter leur expérience au service du peuple». Plus tard, il dira que «d’autres n’ont pas d’expérience mais cherchent à semer la haine et la division entre le peuple».

Dans sa critique acerbe contre ses adversaires, Ould Ghazouani a déclaré «nous ne voulons pas de radicaux et ne tolérons pas l’injustice, mais nous visons l’intérêt national, et nous repoussons les agendas extérieurs, nous n’accepterons pas une Mauritanie raciste, mais une Mauritanie unie et fraternelle».

Et de rappeler que pendant toute sa tournée électorale, il n’a jamais attaqué aucun des candidats en lice, par respect au pacte signé dans ce sens par un certain nombre d’entre eux et pour relever le niveau des débats, loin des langages de caniveaux. «Tous les candidats, à part Birame, ont signé ce pacte de non agression et personne ne l’a respecté sauf moi» a-t-il rappelé.

Candidat du système pluriséculaire qui sévit depuis l’arrivée des militaires au pouvoir en 1978, Mohamed Ould Ghazouani est un pur produit de l’institution militaire, ayant gravi les échelons jusqu’au grade de général de division. Chef d’Etat-major des forces armées pendant toute la décennie, il prendra sa retraite comme ministre de la Défense, poste à partir duquel il annoncera sa candidature à la Magistrature Suprême tout en siégeant en conseil des ministres pendant quelques jours. Il est celui que Mohamed Abdel Aziz a imposé à sa majorité pour lui succéder, malgré quelques grognes, avant que tout le monde ne rentre dans les rangs. Il a derrière lui la puissance de l’Etat, celle du chef de l’Etat qui ne cache pas son soutien puisqu’il a assisté aussi bien à son meeting de lancement de campagne qu’au meeting de clôture, tout en participant activement à sa campagne dans quelques régions sous couvert de visites officielles. C’est lui naturellement qui capte les grands électeurs, l’administration publique et militaire et la classe économique. Il part comme favori du scrutin présidentiel de juin 2019. Le président sortant a maintes reprises affirmé, et encore lors de sa conférence de presse du 20 juin, à deux jours du scrutin, qu’il n’y aura pas de second tour, et que Ould Ghazouani passera au premier tour.

Cheikh Aïdara


Sidi Mohamed Boubacar appelle à mettre fin au «système boutiquier » et sa suite

Au cours du meeting de clôture de sa campagne électorale, jeudi 20 juin 2019 au Stade Cheikha Boidiya du Ksar, le candidat Sidi Mohamed Ould Boubacar, auteur d’une tournée électorale élogieuse, a déclaré qu’après la «décennie du boutiquier, on veut nous obliger à une décennie du gérant». Il soutient que la décennie que nous venons de vivre fut une décennie où tout a été vendu, tout a été commercialisable et commercialisé. 

Selon lui, l’armée mauritanienne n’est la propriété de personne, que c’est l’armée du peuple mauritanien, qui doit se tenir à équidistance entre tous les acteurs sans ingérences dans les affaires politiques. Et de reprendre en leitmotiv, «après la décennie du boutiquier, non à la décennie du gérant » en allusion au président Mohamed Abdel Aziz et son dauphin, compagnon d’armes, qu’il veut refiler au peuple, Mohamed Ould Ghazouani.

Dans son mot de clôture, après une tournée populaire qui l’a mené dans les quatre coins du pays, parvenant  à fédérer des masses populaires si impressionnantes que d’aucuns lui prédisent déjà l’une des deux premières places dans cette course à la présidentielle, il a promis de revoir les prix des denrées de première nécessité, les coûts de l’électricité, de l’eau et du carburant, soulignant que les prix ont atteint ces dernières années des sommets inégalés.

Il a aussi promis d’augmenter le salaire des fonctionnaires, des soldats et des officiers de l’armée, ainsi que celui des retraités militaires et civils. Il s’est dit solidaire des familles mauritaniennes confrontées au chômage, de ces centaines d’employés licenciés suite à des faillites provoquées de plusieurs sociétés d’Etat durant ces dernières années, notamment les travailleurs de la SNIM. Des travailleurs qui sont sortis selon lui, par masse, à Nouadhibou et à Zouerate, pour dénoncer la mauvaise gestion au sein de la plus grande société nationale. Il a promis d’augmenter d’une manière spécifique leur salaire, rappelant que depuis la transition 2005-2007, ils n’ont jamais connu la moindre augmentation.

Il faut dire que le meeting de Sidi Mohamed Ould  Boubacar au Stade Cheikha Boidiya était si impressionnant que quelques observateurs ont déclaré que Nouakchott a été divisé entre son meeting et celui de son adversaire, Ould Ghazouani.

Cheikh Aïdara


Fin de la campagne présidentielle, Birame pour une dernière démonstration de force

Après une campagne électorale qui a fait trembler bien de certitudes parmi les ténors les plus indéboulonnables de la majorité présidentielle,  effarouchés dans leurs propres fiefs, Birame Dah Abeid, a tenu un dernier meeting populaire à la Foire de Nouakchott, ce jeudi 20 juin 2019, dernière journée de la joute électorale.

Birame Dah Abeid

C’est en effet par milliers que les partisans du candidat se sont massés dès les premières heures de l’après-midi, galvanisés par leur innombrable nombre et la ferveur des slogans brandis. Il a fallu plusieurs heures pour que Birame Dah Abeid, parvienne à se frayer un chemin au milieu de ce dense paquet de chaires humaines et atteindre la tribune où trônaient déjà les membres de sa direction de campagne. Son arrivé avait soulevé une ferveur dont les échos se sont répandus comme une houle à des centaines de mètres à la ronde.

Face à la foule massée à ses pieds, les mains levées, entourés de ses partisans, Birame Dah Abeid est resté plusieurs minutes à savourer le spectacle qui s’offrait à pertes de vues. Des milliers de visages rayonnants, tannés par l’harmattan qui souffle sur Nouakchott depuis quelques jours, portables en l’air pour des selfies ou  des images immortalisant le moment solennel.

Dans son discours de fin de campagne, le militant antiesclavagiste, lauréat de plusieurs prix internationaux et candidat récidiviste à la présidentielle après une expérience en 2014 dont il fut la grande surprise, avait repris ses thèmes fétiches, la lutte contre l’esclavage et les inégalités sociales, contre le racisme d’Etat et les discriminations, prêt à un nouveau pacte fondateur de la République bâti sur l’égalité, la citoyenneté, le partage équitable des richesses et la bonne gouvernance. Il a fustigé le «système boutiquier » qui a prévalu jusque-là, avec ses lots de corruption, de malversations financières, d’immoralité, et qui cherche à se perpétuer par un passage à témoin pour pérenniser le sac de la Mauritanie.

Fort des masses que ses meetings ont drainé dans tous les coins et recoins de cette vaste République qu’il a sillonné à pas de charge au cours des quinze derniers jours, Birame Dah Abeid a déclaré que le duo Aziz-Ghazouani, a perdu la bataille de la présidentielle et que c’est lui que le peuple mauritanien a choisi pour le diriger pendant les cinq prochaines années. «Ces milliers de Mauritaniens qui se sont rassemblés partout sur l’ensemble territoire pour me plébisciter adhèrent à mon programme politique, car c’est le seul capable d’opérer le changement dont ils ont besoin » devait-il conclure, demandant au peuple mauritanien de voter pour lui massivement le 22 juin prochain.

Cheikh Aïdara

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Forum sur le dividende démographie, l’autonomisation des femmes et des filles, l’artiste Coumba Gawlo donne le ton

Du 26 au 29 juin 2019, la Diva de la musique sénégalaise, Coumba Gawlo, organise, avec l’appui de certains partenaires dont le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), un Forum sur le dividende démographique, l’autonomisation des femmes et des filles. Ce sera en marge du «Festival Chant des Linguères».

Festival Chant des Linguères (édition 2018), la Diva y anime une séance de sensibilisation (Crédit Gomedia)

 

Si le dividende démographique a son Champion, en la personne de Mabingue Ngom, Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, il a sa Star, Coumba Gawlo Seck, l’artiste sénégalaise qui cartonne sur les sujets de développement. Elle s’apprête en effet à organiser du 26 au 29 juin 2019 à Dakar, un Forum sur le Dividende démographique, l’autonomisation des femmes et des filles. Ce sera en marge du «Festival Chant des Linguères» pour lequel elle a convié des artistes en provenance de la Mauritanie, du Niger, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et du Tchad.

«Le programme sera riche en évènements, avec des conférences de presse, des forums de débats, des concerts populaires, et une soirée gala» nous confie Pape Boubacar Samb, chargé de communication de Coumba Gawlo.

Ce festival est devenu presque un rituel que l’artiste organise depuis quelques années, avec certains partenaires tels que l’UNFPA. En mars 2018, l’artiste avait déjà soutenu le combat autour de la sensibilisation et le plaidoyer pour l’autonomisation des femmes et la capture du dividende démographique. Plusieurs artistes africains de renom y avaient pris part, tels que Babani Koné du Mali, Fati Mariko du Niger, Rocky Gold de la Côte d’Ivoire, Mourat du Burkina Faso, Mouna Mint Dendeni de la Mauritanie et Mounira Mitchala du Tchad, sans compter quelques célébrités de la musique sénégalaise, à l’image de Fatou Guewel et Kiné Lam, qui ont joint leurs voix à celle de la diva de la chanson mondiale, Coumba Gawlo.

«Le Festival Chant des Linguères se veut une plateforme d’expression mettant la musique au service du développement, une des stratégies mises en œuvre par l’UNFPA pour renforcer l’information, la sensibilisation et le plaidoyer autour de la santé de la mère, des adolescents jeunes, les pratiques néfastes»  soutient Coumba Gawlo.

Déjà, le 16 juin 2019 au Théâtre National, elle avait organisé, à travers son «Association Lumière pour l’Enfance-Coumba Gawlo», une journée de commémoration à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain. «Intense moment de communion entre la Diva à la voix d’or et plus d’un millier de jeunes, venus des établissements scolaires de Dakar » titrait la presse sénégalaise.

Lors de la Journée de l’Enfant Africain 2019 (Crédit Gomedia)

 

Autre combat, plaidoyer pour le respect des droits des enfants et récompenses aux élèves méritants ont été les faits marquants de cette journée.

Artiste engagée et convaincue que le sort de l’Afrique repose dans sa capacité à profiter de sa jeunesse, surtout les femmes et les filles qui constituent l’écrasante majorité de la population africaine, Coumba Gawlo a élargi son combat au-delà des frontières sénégalaises. A Niamey, Abidjan ou encore à Nouakchott, elle a planté sa graine, en y ouvrant des représentations pour créer le consensus et l’esprit de cohésion autour des idéaux qu’elle défend. L’idée est de fédérer les énergies africaines pour que le dividende démographique, l’autonomisation des femmes et la scolarisation des filles soient de véritables portes d’entrée pour l’émancipation des peuples et l’émergence d’Etats forts.

Cheikh Aïdara


Le Représentant de l’’UNFPA en Mauritanie remet les clés d’un véhicule à l’AMPF

Le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie, à travers son Représentant résident, SEM. Saïdou Kaboré a remis les clés d’un véhicule à la présidente de l’Association Mauritanienne pour la Promotion de la Famille (AMPF) et ancienne ministre de la Femme, Mme Marième Mint Ahmed Aïcha. La cérémonie a eu lieu mercredi 19 juin 2019 dans l’enceinte de la représentation des Nations Unies à Nouakchott.

Le Représentant de l’UNFPA et la présidente de l’AMPF paraphent les documents validant de don du véhicule (Crédit Aidara)

Auparavant, SEM. Saïdou Kaboré et Mme Marième Mint Ahmed Aicha avaient procédé à la signature des documents validant le transfert du véhicule, lequel selon la présidente de l’AMPF est d’une grande importance pour son association. «L’AMPF, première ONG mauritanienne, est présente dans plusieurs régions du pays, d’où notre impérieux besoin en moyens de locomotions pour nos nombreuses activités en faveur des populations pauvres et déshéritées du pays» a-t-elle déclaré. Elle a remercié l’UNFPA, notamment SEM. Saïdou Kaboré, pour le palier qu’il a fait franchir à la coopération entre son institution et l’Etat mauritanien, mais aussi pour l’intérêt qu’il accorde lui et son staff à la société civile. Selon elle, les besoins restent encore énormes en termes de services de santé de la reproduction et de planning familial, soulignant que les  femmes continuent de mourir, les grossesses non désirées et les avortements à risques guettent encore les adolescentes, sans compter les fistules obstétricales, les femmes et les enfants abandonnés.

Le staff de l’UNFPA et celui de l’AMPF pour une photo de famille devant le véhicule, don de l’UNFPA (Crédit Aidara)

SEM.Saïdou Kaboré, à l’entame de la cérémonie de signature avait évoqué la bonne côte dont jouit l’AMPF auprès des autorités mauritaniennes, mettant en exergue la diligence avec laquelle le Ministère de l’Economie et des Finances, ainsi que le ministère de la Santé, à travers le Coordinateur du Projet National de la Santé de la Reproduction (PNSR), ont donné avis favorable au don que son institution vient de lui faire. Il a salué le courage, l’engagement et le sens du bénévolat de la présidente de l’AMPF, qui consacre son temps et son énergie, «sans aucun salaire, a-t-il précisé, en sauvant la vie de plusieurs femmes et enfants». Il a noté l’excellent travail qu’abat l’AMPF à Nouakchott et dans les régions reculées du pays, notamment au Trarza, à Dakhlet-Nouadhibou, au Gorgol, en Assaba, au Brakna, au Hodh Charghi, notamment dans le camp de Mberra à Bassiknou.

A noter que la cérémonie s’est déroulée en présence de l’ensemble du staff de l’UNFPA, ainsi que de M.Oscar Koalga, consultant et ancien de l’IPPF, en mission en Mauritanie. La présidente de l’AMPF était accompagnée par son Directeur Exécutif, son Directeur de Programmes et son Directeur administratif et financier.

Cheikh Aïdara

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Le véhicule, don de l’UNFPA à l’AMPF (crédit Aidara)