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La Plateforme des OSC contre l’extrémisme violent forme 20 jeunes animateurs et observateurs électoraux

La Plateforme des OSC contre l’extrémisme violent, sous la houlette de Seyde Mint Yenge, présidente de l’ONG ASPOM, a organisé mardi 18 juin 2019 à son siège à Nouakchott, un atelier de formation sur les techniques d’observation et d’animation du vote électoral. Cette formation dispensée par Mme Haoussa Mamadou Ndiaye et Bekaye Sy, ainsi que l’ancienne député Vatimetou Mint Saleck, a ciblé 20 jeunes hommes et filles.

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Pendant une journée, les futurs observateurs et animateurs qui seront appelés le 22 juin prochain à superviser l’élection présidentielle, ont été largement édifiés sur le rôle qui sera le sien le jour J.

Pour Seyde Mint Yenge, initiatrice de cette formation, «c’est là notre contribution citoyenne à l’élection présidentielle du 22 juin 2019 et notre rôle de témoins oculaires du scrutin nous permettra de participer, on l’espère, à la garantie de son déroulé dans la plus grande transparence et équité».

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D’autres intervenants, tels que Mme War de l’USAID, ou encore notre confrère Kissima Diagana, sont intervenus pour souligner que «la situation actuelle est très sensible ; déjà les discours électoraux commencent à prendre des relents inquiétants, d’où le rôle que nous avons tous à jouer, surtout vous les jeunes, pour ramener un esprit de tolérance et d’apaisement».

La fin de l’atelier a été marquée par la traditionnelle photo de famille et la distribution des attestations aux participants.

Une demande a été adressée auparavant par la Plateforme à la Commission électorale nationale indépendante (CENI), pour accorder aux jeunes qui viennent d’être formés, des badges leur permettant d’accéder aux bureaux de vote afin de remplir pleinement leur devoir.

Cheikh Aïdara

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Birame Dah Abeid, extraordinaire percée dans les régions de l’Est et du Nord

Pendant une semaine, du 7 au 13 juin 2019, le candidat à la présidentielle sous les couleurs du changement, Birame Dah Abeid, a conquis les habitants des villes, localités et hameaux des villes de l’Est et du Nord de la Mauritanie. C’est par milliers que les populations assoiffées de liberté, de justice sociale et de prospérité, sont en effet sorties pour l’accueillir, lui et la forte délégation qui l’accompagnent.

Ce dimanche 16 juin à Kaédi (Crédit S.Diagana)

Du Hodh Charghi au Tiris-Zemmour, en passant par le Hodh Gharbi, l’Assaba, le Tagant, l’Adrar et l’Inchiri, ce fut la même ferveur et le même accueil triomphant. Des marées humaines qui ont drainé, vieillards impotents, jeunes filles et garçons, femmes et hommes. Des visages rayonnants où se lit l’espoir pour des lendemains meilleurs, tels que véhiculés par le programme ambitieux du candidat. Les «Vives Birame !», les Youyous stridents de milliers de femmes. Accueilli comme un libérateur, Birame a multiplié partout les promesses d’une Mauritanie nouvelle où tous les citoyens seront réellement égaux en droits et en devoirs, en opportunités de chances et de richesses.

Ces partisans, pris dans la ferveur de cette déferlante humaine dans toutes les cités traversées durant ce périple fait à pas de charge, à la Hussarde, prédisent déjà une victoire au premier tour. La lutte contre l’esclavage, les discriminations, les inégalités, le racisme et l’exclusion, toutes réalités vécues par les Mauritaniens depuis le règne des militaires, de 1978 à nos jours, servira selon Birame Dah Abeid, comme cheval de bataille de son magistère, si les Mauritaniens lui accordent leur confiance le 22 juin 2019, jour du scrutin. Cette percée dans les régions orientales et septentrionales de la Mauritanie des profondeurs, lieux d’extrêmes pauvretés et de dénuement en dix ans de sac perpétrés par le régime finissant de Mohamed Abdel Aziz, leur a même fait dire que Birame a gagné des points inestimables et a pris une longueur d’avance sur les autres candidats.

Les populations semblent en effet avoir adhéré à son programme politique, économique et social qu’il leur propose et qui cadre en tous points à leurs aspirations et attentes. La confiance semble d’autant plus établie entre le candidat et les habitants des zones visitées, que sa tournée est précédée par son parcours de combattant de la liberté et son statut de militant qui a le plus payé de sa liberté, le triomphe de ses idéaux émancipateurs.

Après une brève escale à Nouakchott où il a animé le vendredi 14 juin, un meeting populaire à Tevragh-Zeina, Birame Dah Abeid a repris son bâton de pèlerin, à la conquête des voix de la Vallée et du Centre mauritanien. A Rosso, Boghé, et Kaédi  dont les images ont déjà défilé,  l’apothéose d’une tournée encore plus spectaculaire s’annonce déjà. Les populations de la Vallée semblent en effet avoir déjà dit OUI à Birame.

Cheikh Aïdara


Journée Mondiale des Océans, l’ONG BiodiverCité innove en festivités

La Journée Mondiale des Océans a été célébrée du 8 au 10 juin 2019 par l’ONG BiodiverCité que préside Maïmouna Mint Saleck sous le thème «Une mer sans objets plastics». C’était en collaboration avec le BACoMaB (Fonds Fiduciaire du Banc d’Arguin et de la Biodiversité Côtière et Marine), un mécanisme de financement durable mis en place en 2009 pour la sauvegarde de la biodiversité côtière et marine en Mauritanie. Nettoyage de la plage de Nouakchott, expositions photos sous la khaïma, sketchs, soirée cinéma et remise de prix aux lauréats du concours Journalistes Reporters de la Mer étaient au menu.

Maïmouna Mint Saleck au micro (Crédit BiodiverCité)

C’est dans ce cadre que le Village de la Biodiversité, sis au Musée de Nouakchott, a abrité le samedi 8 juin 2019 une soirée ludique où les tous petits, nationaux comme expatriés, se sont divertis au même titre que les nombreux adultes qui avaient fait le déplacement.  Soirée durant laquelle, BIG BABA, le fameux comédien mauritanien, rendu célèbre par sa publicité pour l’opérateur téléphonique Mattel, «Ma Ndor Couscous» a ravi la vedette comme attraction numéro UN.

Onze productions journalistiques ont été primées durant l’évènement, en présence de plusieurs partenaires, comme le  PRCM (Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine) qui regroupe sept pays africains dont la Mauritanie, la Jeune Chambre de Commerce, l’Alliance Franco-Mauritanienne, l’ONG Citoyen Debout et la Fondation Sahel, entre autres.

Le premier prix du concours a été décerné à trois journalistes, dont deux ayant travaillé en duo. Il s’agit de Khdeïja Mouchtaba et Marième Abass pour leur production vidéo, «Hoffman», en hommage à Luc Hoffman Hans, ornithologue, conservateur, philanthrope suisse décédé en juillet 2016, fondateur de la Fondation MAVA et du Banc d’Arguin.. Elles partagent ce prix avec Houleye Kane.

Ce prix remis aux trois journalistes lauréats est constitué d’une enveloppe de 20.000 MRU, d’une immersion de six mois au Centre mauritanien d’innovation plus quatre mois de formation gratuite en français à l’Alliance Franco-Mauritanienne.

Tous les journalistes ont été primés. Mohamed Lemine Ould El Mamy pour l’interview auprès des différents candidats à la présidentielle par rapport aux enjeux posés par l’environnement marin, les deux bloggueuses,  Najia Mahfoudh et Emira Moulaye Hassane, Hidi pour son reportage à Nouadhibou, qui a reçu des livres offerts par Céros plus deux mois de langue à l’Alliance, Ahmed Mohamed Salem Kekoub, Awa Bâ, Tabara MBodj, El Aliya Abass, Baliou Mamayari Coulibaly.

A noter que les journalistes lauréats de ce concours sur la mer avaient suivi auparavant, une session de formation et de renforcement de capacités de plus d’une semaine sur le journalisme reporter de mer. Le public surtout jeune a suivi par la suite les prestations de BIG BABA, puis la projection des vidéo primés.

Cheikh Aïdara

 


Journée internationale pour l’élimination de la fistule, la Mauritanie s’engage à y mettre fin maintenant !

La Mauritanie a célébré le mardi 11 juin 2019, la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale sous le thème «la fistule est une violation des droits humains, mettons-y fin maintenant». Cette journée, organisée par le Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), a été marquée par un échange de discours et la remise de soutiens financiers à des victimes ainsi que la distribution de dix kits d’accouchements pour 30.000 bénéficiaires au profit de dix centres de santé, don de l’UNFPA.

Table officielle (Crédit UNFPA)

Célébrée le 23 mai 2019 par la communauté internationale, la Journée pour l’élimination de la fistule obstétricale l’a été en Mauritanie le 11 juin 2019, en présence du Secrétaire général par intérim du Ministère de la Santé, M.Ahmedou Jiddou Ould Zeine. Dans son mot d’ouverture, il a indiqué les efforts déployés par son département pour mettre fin à cette tragédie. «Le Ministère de la Santé a mis en place depuis 2005, la Stratégie Nationale pour l’Elimination de la Fistule. Des campagnes de dépistage régulières des victimes ont été lancées depuis ainsi que leur prise en charge, avec l’appui de l’UNFPA et l’ONG française «Equilibre et Population» a-t-il indiqué. Selon lui, «plusieurs cadres de la santé ont été formés pour la prise en charge des cas, preuve des efforts déployés par l’Etat dans ce cadre, à travers le renforcement du système sanitaire». Il considère par ailleurs que la commémoration de cette journée est la preuve de l’importance que le gouvernement accorde à la fistule comme priorité sanitaire.

Auparavant, le Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie, SEM.Saidou Kaboré, avait souligné que la commémoration de cette journée sous le thème choisi cette année, «intervient dans un environnement marqué par la volonté grandissante des nations à prendre en compte les femmes dans tous les secteurs de développement afin d’assurer l’atteinte des ODD à l’horizon 2030». Rappelant que «l’apparition de la fistule obstétricale est principalement liée à un travail difficile lors d’un accouchement prolongé ou l’absence de soins obstétricaux de qualité», SEM.Saidou Kaboré a indiqué que «l’OMS estime à plus de 2 millions le nombre de femmes vivant avec une fistule obstétricale non traitée en Asie et en Afrique Subsaharienne». La fistule touche en général selon lui, les femmes jeunes et pauvres, vivant dans des contextes où le statut d’une femme dépend du mariage et de la capacité à avoir des enfants.

Une partie de l’assistance (Crédit UNFPA)

En Mauritanie, 150 à 300 femmes sont touchées, situation qui aurait pu être évitée selon le Représentant résident de l’UNFPA, s’il était mis fin au mariage des enfants, si l’âge de la première grossesse avait été repoussée, si les besoins des femmes en planification familiale étaient satisfaits, si les mutilations génitales féminines étaient éradiquées et si les femmes avaient accès à temps à des soins obstétricaux de qualité. Il a précisé que «le thème de la journée s’inscrit parfaitement dans la vision du gouvernement, et plus particulièrement dans sa volonté de réduire la mortalité maternelle (582/100.000 naissances vivantes) » par des accouchements assistés par un personnel qualifié et l’utilisation des méthodes contraceptives.

Le Secrétaire Général du Ministère de la Santé et le Représentant de l’UNFPA (à sa gauche) se serrent la main après la remise de 10 kits d’accouchement, don de l’UNFPA (Crédit UNFPA)

Enfin, il a rappelé le mot de la Directrice Exécutive de l’UNFPA, Mme Natalia Kanem à l’occasion de la célébration de la journée. «Il est temps que le monde entier tienne compte de l’appel lancé par les Etats membres de l’ONU dans la résolution 2018 des Nations Unies sur l’élimination de la fistule dans laquelle ils s’engageaient à éradiquer la situation en une décennie» avait-elle déclaré, soulignant, «aucune «femme ou fille ne devrait être privée de sa dignité, de ses espoirs et de ses rêves. La fistule est une violation des droits humains, mettez-y fin maintenant !»

La journée a été marquée par plusieurs communications présentées par des experts de la santé, en présence d’acteurs clés du secteur, telles l’Association des Sages-femmes de Mauritanie, l’Association mauritanienne des gynéco-obstétriciens, et plusieurs membres de la société civile actifs dans le domaine.

Témoignages de quelques acteurs de la santé et d’anciennes victimes qui ont reçu une aide financière offerte par le PNSR.

Mimi Mint Moulaye Driss, Sage-femme, Point focal de la fistule au PNSR.

«La fistule obstétricale est une malveillance de l’accouchement compliqué. Elle touche en particulier les femmes pauvres et analphabètes. La stratégie mise en place depuis 2005 par le Ministère de la Santé pour y mettre fin, a permis de mener des missions de dépistages et la prise en charge des victimes. Avec l’appui de l’UNFPA et de certains partenaires comme l’ONG WAHA, le PNSR a pris en charge les victimes et leur accompagnant (transport, hébergement, nourriture, frais d’opérations chirurgicales, soins pré et postopératoires, médicaments). La fistule est une réalité en Mauritanie et les victimes se cachent encore. D’où l’intérêt de décupler les efforts pour les dénicher. Le PNSR leur offre aussi des appuis financiers pour leur insertion. Les régions les plus touchées sont le Gorgol, le Hodh Charghi, le Trarza et le Guidimagha».

Aïssata Diop, Sage femme d’Etat, Point Focal Fistule et Surveillante générale à l’Hôpital Mère et Enfant

«Mon numéro de téléphone est disponible auprès de toutes les sages-femmes du pays qui m’alertent dès qu’un cas se présente. Quand les femmes sont acheminées à l’hôpital, je les examine d’abord, puis je les conduis en consultation gynécologique, puis auprès du Dr.Diagana, l’urologue qui détermine s’il s’agit d’une fistuleuse qui doit être opérée ou pas. Avec la prise en charge de l’UNFPA pour ces cas, je m’occupe des restes des formalités postopératoires (bilan, programmation, etc.) jusqu’à la sortie de la malade. Cela fait plus de dix ans que je travaille dans le domaine de la fistule. Parfois, on dénombre jusqu’à quinze à vingt cas par année, lors des missions de dépistage menées en général en décembre».

Aïcha Mint Mohamed Mahmoud, 30 ans, originaire de Mbout (Gorgol)

«J’ai eu la fistule suite à mon premier accouchement très difficile aux termes duquel j’ai été acheminée à Kaédi. J’avais 15 ans et J’ai traîné la maladie pendant dix ans, avant que je ne sois détectée lors d’une mission du PNSR et conduite à l’Hôpital national de Nouakchott. J’ai subi huit opérations de réparation chirurgicale d’abord à l’hôpital national puis à l’hôpital Cheikh Zayed. Aujourd’hui je suis totalement guérie. Je me suis remariée, car mon premier mari m’avait divorcée dès que je suis tombée en état de grossesse, avant même ma maladie. J’ai été entourée de tout l’amour de ma famille, qui ne m’a jamais abandonnée ni isolée. Mais par honte, je préférais toujours rester dans ma chambre pendant toutes ces longues années de souffrance. Je ne pouvais assister à aucun rassemblement populaire (mariage, baptême), ni rendre visite à qui que ce soit. Maintenant, je suis heureuse et mère d’un enfant avec mon deuxième mari».

Houlèye Niane, 35 ans, originaire de Bagodine (Brakna)

«Je me suis mariée à l’âge de 24 ans. J’ai eu la fistule suite à un accouchement très compliqué. On m’avait déjà conduit à Kaédi, mais comme je n’arrivais pas à me délivrer, on m’a acheminée à Nouakchott où j’ai subi un accouchement au forceps. Ce sera le début d’un calvaire qui a duré une année au cours de laquelle je me déplaçais avec des béquilles. Je restais toute la journée debout. Je ne pouvais pas m’asseoir sans déclencher selles et urines. Pendant tout ce temps, mon mari ne m’a jamais abandonnée. C’est lui-même qui lavait mes habits et me faisais des couches, avant d’aller au travail. Ma famille aussi est restée très solidaire et ne m’a jamais abandonnée. J’ai été guérie après avoir subie quatre opérations. J’avais, selon les médecins, une fistule compliquée (fistule vésico-vaginale : Ndlr sage-femme). Aujourd’hui, grâce à l’aide du PNSR et de l’UNFPA, ma vie a changé».

Koueidi Sidi Niang, 34 ans, originaire de Kaédi (Gorgol)

«Je me suis mariée à l’âge de 26 ans et j’ai quatre enfants. J’ai eu la fistule lors de l’accouchement pour mon troisième enfant à l’hôpital de Kaédi. Pourtant, on m’avait averti dès mon deuxième enfant. On m’avait demandé de revenir après le baptême mais par négligence, je  ne suis pas revenue. Et après l’accouchement pour mon troisième enfant, j’ai constaté la perte d’urines et de selles. Je ne savais pas ce qui m’arrivait. Je suis restée dans cet état pendant cinq ans. C’est ainsi que le PNSR m’a repérée et je fus conduite à Nouakchott, au Centre de santé de Sebkha où je fus prise en charge. Je n’ai jamais rencontré de problème. Suivie médicalement et nourrie avec une tante, j’ai été opérée par des blancs (les chirurgiens de l’ONG Equilibre et Population : ndlr). J’ai subi trois opérations avant d’être complètement guérie. Pendant tout ce temps, mon mari est resté avec moi, jusqu’à l’instant où je vous parle. Lui et ma famille ne m’ont jamais abandonnée».

Marième Mint Mohamed, 26 ans, originaire de Oualata (Hodh Charghi)

«Je me suis mariée à l’âge de 17 ans. Au début, après accouchement pour mon premier enfant à l’hôpital de Néma, je perdais involontairement mes urines et mes selles. Je changeais mes habits tous les instants et je passais le temps à pleurer. Je suis restée comme ça pendant cinq longues années de souffrance et de honte. Je ne savais pas que c’était une maladie. C’est après que ma mère a pris contact avec le PNSR qui m’a amenée à Nouakchott, à l’Hôpital Mère et Enfant. Une seule opération a suffi et j’ai été guérie. La plus grande joie de ma vie. Je remercie le PNSR, l’UNFPA, Mimi, Aïssata Diop, les chirurgiens qui m’ont soignée».

Cheikh Aïdara


Tarissement de la mare de Kankossa, un rapport alarmant sur la situation des populations

La ville de Kankossa est en danger. Ses populations sont atterrées par le tarissement de la mare autour de laquelle s’organisait leur vie économique, sociale et culturelle. C’était l’appel de détresse lancé par les populations. C’est ce qu’un rapport d’évaluation rapide menée par le Réseau des Organisations pour la Sécurité Alimentaire (ROSA) et l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG), aux termes d’une mission effectué du 22 au 27 mai 2019 sur financement de World Vision, vient de confirmer. Ce document disséminé au sein de la société civile mauritanienne, dont copie a été remise aux autorités nationales et au Coordinateur du Système des Nations Unies en Mauritanie, SEM.Anthony Kwaku Ohemeng, tire la sonnette d’alarme sur la précarité d’une population exposées aujourd’hui à l’insécurité alimentaire, à la malnutrition et à l’exode massif.

Image de désolation de la mare de Kankossa après son assèchement (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

Répondant aux appels pressants des populations de Kankossa, face au tarissement de la mare dont elles tirent toute leurs subsistances, ROSA et ADIG, sur financement de World Vision, ont effectué, du 22 au 27 mai 2019,  une mission d’enquête basée sur le manuel édicté par le Bureau de la Coordination des Nations Unies pour les affaires humanitaires (OCHA) et l’institut chargé de l’évaluation rapide initiale multi-grappe par secteur (MIRA) qui développe un outil commun d’évaluation des besoins.

Le rapport publié le 3 juin 2019 indique que la situation des populations est devenue très vulnérable, en particulier les femmes et les enfants de moins de cinq ans dont la situation nutritionnelle avant l’assèchement de la mare de Kankossa était des plus préoccupantes du pays, avec un taux de malnutrition aiguë sévère de 6% et un taux de malnutrition aiguë grave de plus de 20%, dépassant ainsi les seuils d’urgence. Cette situation, selon le rapport, pourrait s’aggraver avec le début de la période de soudure qui s’annonce. Plusieurs centaines de ménages sont ainsi menacés et ont besoin d’assistance rapide.

La mare du temps de l’abondance (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

En effet, selon le rapport, les populations de la Moughataa de Kankossa, zone essentiellement agro-sylvopastorale, vivaient depuis toujours des opportunités offerte par la mare du même nom qui régule leur vie économique, sociale et culturelle. Aujourd’hui, cette mare est à sec, compte tenu d’un cumul de sécheresse, mais aussi de la construction mal adaptée de plusieurs ouvrages qui ont ralenti par endroit ou détourné à d’autres endroits les eaux de ruissellement provenant de plusieurs cours d’eau qui alimentaient la mare, en plus de l’ensablement et du mauvais entretien des ouvrages.

Du temps de la navigation sur la mare (Crédit Rapport ROSA/ADIG)

Conséquences, les populations qui vivaient d’agriculture, de maraîchage, de pêche et de transport, grâce à la mare de Kankossa, ont perdu leurs activités, ce qui risque d’impacter sur leurs conditions de vie. La situation a débouché, selon le rapport, sur la disparition des eaux de surface, l’abaissement du niveau de la nappe phréatique et la remontée des eaux usées provenant des fosses sceptiques, exposant gravement la santé humaine.

Ce sont ainsi 9.750 personnes, soit 74% de la population qui sont directement touchées par l’assèchement de la mare de Kankossa, avec 3.453 personnes, soit 41,68% de la population qui sont aujourd’hui dans le besoin humanitaire. D’où un besoin de réponse multisectorielle coordonnée et urgente, pour éviter la perte du cheptel, l’insécurité alimentaire et l’exode massif des populations.

Selon le rapport, «aucune réponse humanitaire n’est en cours et rien n’a été fait pour les populations de Kankossa». Dans l’immédiat, les populations ont besoin d’une assistance alimentaire, de l’apport des boutiques EMEL, de la mise en place d’un programme nutritionnel et de l’accroissement à l’accès à l’eau potable. Dans le moyen terme, la création d’activités génératrices de revenus (AGR) pour les femmes, le cash transfert pour les ménages en situation précaire et la sécurisation des moyens d’existence, pourraient donner de l’espoir. Dans le long terme, le rapport suggère d’organiser les populations, de mettre en place un système d’alerte précoce, d’aménager les bassins versants, de procéder au curage de la mare, de rectifier les ouvrages en amont de la mare, lesquels ouvrages ont contribué à la déviation des cours d’eau et à l’affaiblissement des apports hydriques qui alimentaient la mare.

Cheikh Aïdara
Groupe des Journalistes Mauritaniens pour le Développement (GJMD)

 


«C’est Demain la Paix et la Prospérité (CDPP)», l’initiative de Khattri Ould Dié en soutien à Ghazouani

L’ancien directeur de publication du journal «Maghreb Hebdo», non moins homme d’affaires, politicien chevronné et président de l’Association mauritanienne du tir à la cible, Khattri Ould Diét, a annoncé que son initiative, CDPP (C’est Demain la Paix et la Prospérité), ouvrira sa campagne parallèlement à celle de son candidat, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed Ghazouani. «Je le fais sans soutien d’aucun homme d’affaires, mais à partir de mes moyens personnels, par conviction pour le candidat à qui me lie des liens d’amitié et de fraternité ». C’est en ces mots que Khattri Ould Dié a ouvert le point de presse auquel quelques journalistes triés sur le volet ont été conviés. C’était en marge d’un somptueux F’Tour organisé dimanche 2 juin 2019 au siège de l’Association du tir à la cible à Nouakchott.

Crédit Aidara

Khattri Ould Dié a profité de l’occasion pour appeler à une campagne propre sans méchanceté entre les candidats, interpellant les intellectuels qui s’en prennent d’une manière peu cavalière à son candidat. Il s’en est pris particulièrement à Ould Breidelil dont il accuse les virulentes attaques, donnant de l’homme à penser du Baathisme en Mauritanie, l’image d’un opportuniste qui de Ould Saleck à Ould Taya en passant par Ould Abdel Aziz s’est toujours tu quand on lui offrait un poste ou quelques privilèges. «Je respecte tous les candidats. Ce sont tous des citoyens mauritaniens qui aspirent légitimement à la Magistrature suprême, mais je n’accepterais jamais les coups bas. C’est à eux de dompter leurs services de communications pour qu’ils cessent cette campagne de dénigrement non fondé contre Ould Ghazouani. Car, nous pourrons faire de même et nous sommes prêts dans cette aventure à aller jusqu’au bout» a-t-il déclaré.

Pour cette aventure, Khattri Ould Dié a mis les moyens. La bagatelle de 200 millions MRO, plus un matériel de campagne sophistiqué importé d’Istanbul avec deux techniciens turcs à la clé. Il compte investir en solo les neufs départements de Nouakchott au cours de la campagne électorale, tout en développant durant les quinze jours qui s’ouvriront avant la fatidique journée du 22 juin 2019, jour de vote, des soirées de débat, des tournées de sensibilisation pour expliquer le programme du candidat et récolter des voix dans les quatre coins de Nouakchott.

A rappeler que l’initiative CDPP a été lancée le 14 avril 2019 dans l’enceinte du Palais des Congrès en présence de plus d’un millier de personnes, dont d’éminentes personnalités de la majorité. Une vidéo de ce lancement a été présentée au cours de la soirée. Avec toujours la même conviction. «Après la décennie Aziz, c’est Ghazouani qui prendra le relais pour parfaire cette somptueuse marche vers plus de paix, de progrès et de prospérité» a-t-il tenu à marteler.

Cheikh Aïdara


Commémoration de la journée mondiale du lait, la société civile et Oxfam maintiennent le flambeau

En l’absence de l’Etat qui a cessé de fêter la journée mondiale du lait depuis plus de trois ans, c’est la société civile mauritanienne, à travers la Coalition Mauritanienne du lait local, soutenue par Oxfam, qui vient de célébrer ce 1er juin 2019 à Nouakchott, la Journée mondiale du lait sous le thème «Promotion, Valorisation et Sécurisation du lait local».

De g. à dr. le Directeur Pays d’Oxfam, la présidente du REFPAM, le Directeur des Filières animales et le Coordinateur de ROSA (Crédit Aidara)

A l’instar de la communauté internationale, Nouakchott a abrité le 1er juin 2019, la commémoration de la journée mondiale du lait. Cette journée a été organisée, avec l’appui de l’ONG internationale OXFAM, par la Coalition Mauritanienne du Lait Local, qui regroupe l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en Savane (APESS), le Réseau des organisations pour la sécurité alimentaire (ROSA), l’Alliance Citoyenne (AC), le Réseau des femmes parlementaires mauritaniennes (REFPAM), le Groupement national agro-pastoral (GNAP), la société Tiviski, le Club des Jeunes Journalistes (CJJ) et ECODEV.

Le 28 novembre 2018 déjà, la Coalition mauritanienne du lait local avait participé à la foire de Néma sur les produits animaliers, avec comme slogan «Mon lait est local». Le stand organisé en partenariat avec l’ONG AMAD, avait été primé par le Ministère de l’Elevage, comme meilleur stand. En marge de cet évènement, la Coalition avait lancé une pétition signée par 600 personnes, dont le président de la République, Mohamed Abdel Aziz.

Promesses et défis du secteur laitier

Le deuxième anniversaire de la journée du lait célébré cette année par la Coalition a été marqué par un échange de discours, dont celui prononcé au nom du Ministre du Développement Rural, par Isselmou Ould Abdatt, Directeur des Filiales Animales. Auparavant, Sarr Mamadou, Coordinateur de ROSA avait mis en exergue les difficultés rencontrées par la filière lait en Mauritanie, citant la faible organisation des acteurs, la concurrence du lait importé, le déficit en aliments de bétail, l’absence de politiques commerciales et fiscales incitatives pour le secteur, la faible volonté politique.

Vue globale de la salle (Crédit Aidara)

Pour le Directeur Pays d’Oxfam, Dedeou Yahiya, la FAO célèbre chaque année, depuis 2001, la promotion du lait local, rappelant que la Coalition mauritanienne du lait local a été mise en place le 1er juin 2018. «Cette Coalition inscrit ses actions dans une campagne régionale portée par des organisations de producteurs, de la société civile et d’industriels du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Tchad et de la Belgique» a-t-il souligné. Ce sont 48 millions de familles de pasteurs et d’agropasteurs de l’Afrique qui sont ciblées par la Coalition, dira-t-il en substance, précisant que la «campagne a su fédérer une large coalition de 15 organisations régionales d’agriculteurs et d’éleveurs, 55 organisations nationales, une organisation faîtière de producteurs laitiers européens (European Milk Board) et 6 ONG internationales dans le seul but de provoquer la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables au lait local, afin d’assurer aux familles de pasteurs et d’agropasteurs, ainsi qu’à tous les autres intervenants de la filière des revenus conséquents leur permettant de vivre dignement».

Pour l’Honorable député Marième Baba Sy, présidente du réseau des parlementaires femmes, «nous sommes les plus gros consommateurs de lait de la région, mais l’essentiel de notre consommation vient de l’étranger», soulignant que la filière lait offre cependant de fortes opportunités économiques et sociales, notamment dans la lutte contre la pauvreté et le chômage des jeunes et des femmes.

Une ossature institutionnelle favorable à la filière agropastorale

Les participants ont par la suite suivi une courte vidéo dans laquelle la Directrice d’Oxfam Internationale, Winnie Byanyima, adressait un mot à l’occasion de la célébration de la journée mondiale du lait. L’occasion pour Amadou Djigo d’Oxfam Mauritanie de dresser le bilan réalisé par la Coalition mauritanienne en 2018-2019 et les activités prévues pour l’année en cours.

Vue partielle des participants (Crédit Aidara)

Successivement, Mohamed Lemine Deida pour le compte du Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (PARIIS), la Délégation de l’Union Européenne à travers la plateforme de dialogue sectoriel du Projet RIMRAP, Mohamed Ould Brahim Ould Cheikh Sidiya au nom du Projet de développement des filières inclusives (PRODOFI), ont chacun présenté son projet, ses objectifs, ses défis et ses projections.

La journée s’est achevée par un large débat avec les questions, les commentaires et les contributions des participants, dont une brillante intervention du directeur de la société Tiviski qui a brossé 30 ans d’expériences de la première unité industrielle laitière en Mauritanie.

Une foire des produits laitiers locaux suivis d’un F’Tour a été organisé durant la soirée à l’intention des acteurs et des invités.

Cheikh Aïdara

Bilan de la Coalition Mauritanienne pour le lait local 2018-2019

Amadou Djigo (Crédit Aidara)

La Coalition Mauritanienne pour le lait local s’intègre dans une campagne régionale qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Belgique Ses objectifs tournent autour de l’accès à l’alimentation de bétail, l’amélioration du taux de collecte auprès des familles productrices, la mise en place de politiques commerciales et fiscales favorables à la promotion du lait local, la protection des produits locaux face à la concurrence du lait importé afin de booster les industries locales pour en faire le moteur du développement économique et social. A souligner que la consommation régionale, c’est 5 millions de tonnes de lait par an dont 85% importés.

D’autre part, la Coalition avait visé deux grands objectifs, à savoir l’élargissement de sa base de membres affiliés ou alliés. Un objectif atteint avec ECODEV, GNAP et APESS, qui ont rejoint la coalition. Deuxième objectif, renforcer l’ancrage de la Coalition avec tous les acteurs cibles. La Coalition a dans ce cadre entamé des discussions avancées avec le PRAPS, PARIIS, PRODOFI et RIMRAP. Des actions de communication basées sur des dates fortes, comme le 28 novembre, fête nationale de l’indépendance, ou encore le 8 mars, fête internationale de la femme, sont envisagées, ainsi que la pétition lancée en 2018 et qui reste ouverte pour la signature.

Les difficultés relevées concernent le manque d’intérêt de certains industriels, l’agenda des ministres des secteurs concernés (ministère du Développement Rural, Ministère du Commerce), la faible mobilisation des financements.

Pour la deuxième année, la Coalition vise à toucher les industriels et les fédérations nationales de la filière, mais aussi à travailler au renforcement de la plateforme de dialogue sectoriel (Task Force) pour une meilleure synergie entre les acteurs. Il s’agira aussi de travailler pour une approche favorable à la protection et à la promotion du lait local et à la recherche des financements.

Projet D’Appui Régional à l’Initiative pour l’Irrigation au Sahel (PARIIS)

Mohamed Lemine Deida (Crédit Aidara)

Il s’agit d’un projet créé le 31 octobre 2013 à Dakar par les Chefs d’Etat du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Tchad, avec un fonds Banque Mondiale de 25 millions de dollars U.S et une coordination assurée par le CILSS. Ce projet touche plus de 7.000 ménages dont 53% de femmes. Il intervient dans le domaine agropastoral et le soutien aux producteurs.

Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP)

Représentant de la Délégation de l’Union européenne (Crédit Aidara)

Le Projet Renforcement Institutionnel en Mauritanie vers la Résilience Agricole et Pastorale (RIMRAP) financé par l’Union Européenne, entretient une Plateforme de dialogue sectoriel qui se veut pérenne et inclusive. Il intègre des acteurs étatiques et non étatiques pour s’impliquer dans des débats autour des défis du secteur rural et dans le renforcement des capacités institutionnelles. Son objectif est de renforcer la concertation avec les acteurs, de développer un plaidoyer envers les décideurs et d’aller vers des propositions concrètes face aux défis qui se posent au niveau de la résilience agropastorale.

Le projet se fixe d’autres objectifs, comme faciliter la coordination et la capacité des acteurs à proposer des solutions consensuelles. Il se déploie au Guidimagha, en Assaba et dans les deux Hodhs autour d’un groupe de travail dédié au monde rural, avec un chantier de développement du lait local par l’appui à la concertation entre les acteurs.

Projet de Développement des Filières Inclusives (PRODOFI)

Mohamed Brahim Cheikh Sidya (Crédit Aidara)

Le PRODOFI est financé sur fonds FIDA-ASAP à hauteur de 45,3 millions de dollars U.S pour une durée de 8 ans (2017-2024) dans l’objectif de soutenir l’important potentiel du secteur agropastoral encore mal valorisé. Ses activités sont orientées vers la lutte contre la pauvreté et la malnutrition, ainsi que l’insuffisance alimentaire. Parmi ses autres objectifs, la contribution à l’amélioration des revenus et de la situation des populations rurales.

Le PRODOFI s’active autour de trois axes : le développement des filières (45% des financements), le développement et la création de modules de productions (41% des financements), enfin, la coordination, le suivi-évaluation et la gestion du savoir (14% des financements). Le fonds ASAP (Programme d’adaptation de l’agriculture paysanne) prend en charge le volet intégration les effets liés aux changements climatiques, ainsi que la mise en place d’approches techniques d’adaptation. Le PRODOFI privilégie le Faire-faire qui est un appui indirect par structures locales interposées.

Le projet intervient dans le maraîchage, le lait de chèvre, l’aviculture, les produits forestiers non ligneux et la pêche continentale au niveau de Foum Gleïta. Il couvre le Gorgol, le Brakna, le Guidimagha, l’Assaba et les deux Hodhs.  Dans la filière lait de chèvre, le projet offre des chèvres suitées, l’alimentation et la santé animale.

Parmi ses réalisations, le recrutement d’un opérateur technique, un atelier de lancement à Boghé, la signature de contrats producteurs et usines laitiers, avec 280 chèvres suitées distribuées. En 2019, il est prévu de disséminer 620 chèvres suitées et 80 boucs et de former des éleveurs, entre autres.

 


Chbih Cheikh Mélaïnine et le Front Populaire rejoignent Kane Hamidou Baba et la CVE

L’ancien président du Front Populaire, Chbih Cheikh Mélaïnine, devenu membre symbole de cette formation politique qu’il a fondé et qui a marqué la vie politique dans les années 90, a rejoint, avec toute la direction du parti, le candidat de la Coalition du Vivre Ensemble (CVE), Dr.Kane Hamidou Baba. C’était au cours d’un meeting populaire organisé par la section de Tevragh-Zeina, mardi 28 mai 2019 à «La Case» à Nouakchott.

Chbih entre le candidat Kane Hamidou Baba et son directeur de campagne (Crédit Aîdara)

«Vous avez devant vous le petit-fils de Cheikh Mélaïnine et de Souleymane Bal, un homme de principe qui a toujours honoré son double héritage et dont l’aura dépasse le Front Populaire et les frontières de la Mauritanie» a déclaré Dr.Kane Hamidou Baba, soulevant un tollé d’applaudissement qui doublera d’intensité lorsqu’il annonça, «ce soir, le Front Populaire a décidé de rejoindre la CVE. Il s’agit d’un choix réfléchi et personnel pris par Chbih Ould Cheikh Mélaïnine et le Front Populaire, sans aucune démarche de la part de la Coalition», a-t-il ajouté, dans une ferveur qui emporta celle des nombreux militants et sympathisants du candidat qui avaient empli l’enceinte de «La Case».  Prenant la parole pour s’adresser à l’assistance, Chbih dans une déclaration interrompue par la forte émotion qui l’avait envahi, devait regretter le fait que «nous avons tous été absents de la Mauritanie » avant de lancer,  «ce soir, je vois la Mauritanie».

Auparavant, c’est Samba Thiam, président des FPC, qui avait fait un hommage appuyé à Chbih Cheikh Mélaïne qu’il avait rencontré en France dans les années 90. «Vous avez  en la personne de Chbih Cheikh Mélaïnie, un homme de principe, qui m’avait dit lors de cette rencontre, comme vous avez eu le culot d’aller en prison pour avoir plaidé pour l’unité des Mauritaniens, j’aurais moi aussi le culot d’aller en prison» a-t-il cité. Et de poursuivre, «de retour en Mauritanie, Chbih a réuni la classe politique autour de la plateforme des FLAM, ce qui lui vaudra la foudre de Ould Taya, comme Sidi Ould Cheikh Abdallahi dont la démarche dans cette même cause d’unité des Mauritaniens, lui vaudra d’être destitué».

La direction  de campagne du candidat Kane Hamidou Baba au grand complet était présente lors de cette soirée, en l’occurrence son directeur de campagne national, Thierno Barro, le Coordinateur de la section de Tevragh-Zeina, Sadio Tandia, le directeur de la campagne pour la zone Nouakchott-Est, Mamadou Tall, la responsable des femmes, Sawadatou Wane, ancienne député. Les responsables des partis de la coalition étaient également présents, à l’image de Samba Thiam, Diop Amadou Tijane du FRUD, Bâ Mamadou Bocar, vice-président de AJD/MR, Bâ Hamady Soma dit Balas Arc-en-ciel, ainsi que d’autres acteurs de la société civile.

Les discours se sont voulu tous rassembleurs pour une Mauritanie égalitaire en droit et en dignité.

Cheikh Aïdara


Birame Dah Abeid appelle à une campagne électorale solidaire entre les opposants

«Mes amis, Samba Thiam, Ibrahima Moctar Sarr, Kane Hamidou Baba, ma victoire est votre victoire, mon énergie et mon apport sont pour moi et pour vous», a déclaré Birame Dah Abeid, député et candidat à la présidentielle de 2019. Dans cet appel où il a associé également les autres candidats, Sidi Mohamed Ould Boubacar et Mohamed Ould Maouloud, mais aussi les partis Tawassoul, Hatem, Mostaqbal, Ould Abeidi a tenu un discours rassembleur où il a invité les forces de l’opposition à éviter toute dislocation qui ne pourrait profiter qu’au candidat du pouvoir. C’était en marge de la cérémonie de présentation du livre «Message de Birame Dah Abeid à son peuple : ma vie, ta liberté», organisée lundi 20 mai 2019 à Nouakchott.

Dans le discours qu’il a prononcé après la présentation de l’ouvrage par un panel composé de Abdessalam Ould Horma, président du parti Sawab qui soutient sa candidature, Oumar Ould Yali, ancien ministre, Cheikh Tijane Dia, journaliste directeur de publication «Le Rénovateur» et Saadani Ould Khtour, député à l’Assemblée Nationale, Birame Dah Abeid a rendu un hommage appuyé aux militants et sympathisants de l’Initiative de Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) qu’il préside.

«J’ai résisté parce qu’il y avait derrière moi des hommes et des femmes qui ont résisté avec moi, contre les emprisonnements abusifs, contre les tortures, la diabolisation et les exactions qui ont parsemé notre long combat» a-t-il déclaré en guise d’hommage à ces compagnons. Il a tenu à inviter tous ceux qui avaient quitté le mouvement IRA pour une raison ou une autre, à revenir pour relever les nombreux défis qui se posent encore. «Ma victoire contre le système et contre mes ennemis est aujourd’hui évidente. En acceptant de recevoir ma candidature à la Magistrature Suprême, le Conseil Constitutionnel, qui est la plus haute juridiction du pays, m’en donne la plus grande preuve » a-t-il souligné

Il a aussi rendu hommage à Me Fatimetou MBaye, à Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, à Amnesty International, au FIDH, à Freedom House, l’UNPO, le Haut-commissariat des Nations Unis pour les droits de l’Homme, à certains gouvernements du monde, qui l’ont toujours soutenu dan son combat.

Il a invité par la suite les Mauritaniens à prendre conscience du contexte de l’élection présidentielle de 2019 pour assurer la rupture définitive avec le passé en prenant conscience de la nécessité du changement.

Cheikh Aïdara


L’OMVS au cœur des écoles reculées du Brakna et du Trarza

De Ribaat et de Bareïna, dans les profondeurs dunaires du Trarza, jusqu’à Keur Macène, en passant par Boghé et R’Kiz, sur les bordures du Fleuve Sénégal, les écoliers du fondamental et du secondaire, rassurent. La qualité de l’enseignement public survit dans ces contrées recluses de la Mauritanie, là où elle s’est profondément dégradée dans les grandes villes. L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), enseignée en cours d’histoire et de géographie dans le programme scolaire national, garde ainsi intacte toute sa place dans les connaissances générales des élèves. C’est ce que le Réseau des Journalistes pour les Activités de l’OMVS (REJAO), en partenariat avec l’OMVS, a constaté lors de sa deuxième caravane de sensibilisation, organisée du 15 au 18 mai 2019 dans certains établissements scolaires du Brakna et du Trarza.

Lycée «Bab El Veth » de Ribaat, chez les Ennahwi

Le ciel est profondément clément ce 15 mai 2019, dixième jour du mois de Ramadan. Vers quatorze heures, là où les températures affichent d’habitude 44°, la fraîcheur qui plane sur Ribaat, localité enclavée située à quelques trente kilomètres de la Route de l’Espoir, est d’une mansuétude quasi miraculeuse pour les jeûneurs.

Les élèves du Lycée «Bab El Veth de Ribaat» attendent depuis le matin l’arrivée de la Caravane du REJAO composée de quatre journalistes, un caméraman et la Chargée de Communication de la cellule OMVS à Nouakchott, Mme Awa Sidibé. En cette fin d’année scolaire, des tables-bancs usées et en vrac sont jetées dans la cour. Un soudeur est entrain de tout retaper, pour resservir pour la prochaine rentrée, sous le regard de la direction de l’école au grand complet et des enseignants. Il a fallu plus de quinze mètres de fils électriques pour relier l’unique prise électrique placée dans le bureau du directeur et la salle de classe où un film sur l’historique de l’OMVS doit être projeté.

La salle de classe est archi comble et les élèves, malgré la longue attente, enthousiasmés.  Après les élèves du lycée, les élèves du fondamental leur ont succédé dans la salle pour se soumettre aux mêmes exercices.

Après avoir religieusement visionnés le film conçu sous forme de dessin animé retraçant l’historique, les réalisations et les retombées socioéconomiques de l’OMVS et de ses trois barrages, Felou et Manantali au Mali, Diama entre le Sénégal et la Mauritanie, les élèves de la 6ème année du Lycée de Ribaat, puis après eux les élèves de l’école fondamentale, se sont prêtés aux questions-réponses de leur professeur, Saidou Ould Hacen, professeur Histoire-Géographie, puis du maitre Mamadou Oumar Sy.

Des réponses données qui ont satisfait l’encadrement des deux établissements et agréablement surpris les caravaniers venus de Nouakchott, étonnés de constater que l’école publique garde encore ses qualités. «Pas étonnant, c’est le fief des Ehel Ennahwi, une famille religieuse très nantie qui a mis le plein pour offrir un enseignement d’un tel niveau aux élèves de la localité» susurre un membre de la délégation.

Quelques noms d’élèves sont particulièrement sortis du lot, Oumoukelthoum Mint Hafedh (6ème D), Mohamed Horma Ould Sidi Mohamed (4ème A) et Abderrahmane Ould Saleck (1ère A).

A la fin de la cérémonie, des cahiers souvenirs comportant au verso un bref historique de l’OMVS ont été distribués aux élèves ainsi que des stylos billes.

Le directeur du lycée a dit toute sa satisfaction pour la visite. «Grâce à votre caravane, les élèves ont amélioré leurs connaissances sur l’OMVS et ses réalisations » a-t-il déclaré.

Ecole fondamental «Attigh» de Bareïna

Perdue dans un décor désertique où les dunes de sable sont les seuls repères, surgit Bareïna, localité totalement enclavée du Trarza, située à quelques encablures de Ribaat. Ici, c’est le fief des Ehel Cheikhany, illustre famille religieuse. Des maisons en dur, de coquettes villas, des rues sinueuses et ensablées, l’électricité dans toute la cité, et des minarets déchirant l’espace de leurs hauteurs majestueuses. L’école primaire «Attigh» de Bareïna, la première construite dans la localité est une vielle bâtisse.

La maîtresse, Khadijetou Mint Mohamed Saïd Tolba, n’a pu retenir, en cette fin d’année scolaire qu’une vingtaine d’élèves. Aux questions sur l’OMVS, ils ont répondu avec brio et qualité, un niveau qui n’a rien à envier à celui de leurs camarades de Ribaat.

Comme récompense, ils ont reçu des tee-shirts à l’effigie de l’OMVS et du REJAO.

Mohamed Ould Mohameden, Secrétaire général de la commune de Bareïna et Directeur de l’école «Varough» trouve que cette caravane du REJAO est d’une importance capitale.

«Cette caravane a permis aux élèves d’en connaître davantage sur l’OMVS et ses réalisations, surtout dans le domaine hydraulique, agricole et électrique» a-t-il souligné.

Ecole 1 de R’Kiz

C’est aux environs de 16 heures, ce 15 mai 2019, que les élèves de l’école fondamentale 1 de R’Kiz ont accueilli les membres de la Caravane du REJAO. L’établissement ne disposant pas d’électricité, il a fallu utiliser le groupe électrogène amené par la délégation pour palier l’absence d’électricité dans la plupart des établissements scolaires du pays.

Ici aussi, les élèves ont suivi le film sur l’OMVS puis ont répondu aux questions posées par le directeur de l’établissement, Ahmedou Ould Sidi Mokhtar, en présence de l’inspecteur de l’Enseignement Fondamental, qui a été d’un grand apport pour la réussite de la Caravane.

«Cette visite a été très bénéfique pour les élèves, surtout le film sur l’OMVS. Elle leur a permis de se remémorer de leurs cours sur cette organisation, cours dispensé en histoire-géographie » a souligné le directeur.

A la fin de la rencontre avec les élèves qui ont montré beaucoup d’entrain pour répondre aux questions, des cahiers et stylos à l’effigie de l’OMVS leur ont été distribués.

Lycée de Sarandougou

Située à 15 kilomètres de Boghé et à 2 kilomètres environ du fleuve Sénégal, le lycée de Sarandougou a fait le plein. Sur la route sinueuse parsemée d’arbres, aux alentours de l’antique établissement, des nuées de lycéens courent derrière la Caravane.

A l’intérieur, le lycée est noir de monde. Ici, pas d’électricité. Le groupe électrogène est salutaire. Pour ne pas frustrer ce nombre impressionnant d’élèves qui fait le pied de grue depuis le début de la matinée et qui se bouscule, un cours magistral est dispensé sur l’OMVS et ses réalisations.

Puis, direction la salle des 6ème et des 4ème année. Projection de film, questions-réponses sur l’organisation.

Une nouvelle occasion pour tester l’excellent  niveau des élèves et la maîtrise, pour certains du français, bien que le programme scolaire en histo-géo sur l’OMVS n’est dispensé qu’en arabe.

Le directeur de l’établissement, El Hadj Moussa Kelly s’est dit heureux de la visite de la délégation. «Je considère que c’est une bonne fin d’année scolaire que ce cours sur l’OMVS qui a permis aux élèves de se rappeler leurs cours d’histoire-géographie» a-t-il souligné.

Habsa Abou Sow, 19 ans, est élève en 6ème année. Pour elle, l’année prochaine, c’est le baccalauréat. Elle voulait s’engager pour l’armée, mais comme les corps sont fermés aux filles, elle veut faire la santé. Chaque jour, Habsa tape 4 kilomètres Aller/Retour pour relier son village, Hamdallaye et le lycée de Sarandougou. «Ce cours sur l’OMVS est très intéressant, car nous avons appris beaucoup sur l’organisation, des aspects qui ne nous ont pas été dispensés en cours» a-t-elle déclaré.

Lycée-Collège de Touldé

Il faut longer la ville de Boghé vers le Sud, pour tomber dans un quartier déshérité et pauvre, Touldé et son lycée perdu dans un océan d’arbres. Un no man’s land entourant un énorme établissement à l’architecture moderne et neuve. Ici deux classes de 4ème année sont retenues.

Des classes archi pleines, où les élèves ont dû se mettre à quatre par table pour être contenus. Ici, pas de projection mais des questions-test sur l’OMVS auxquelles les élèves ont répondu avec justesse.

Le tout, sous le regard attendri de la directrice, Mariata Abdalaye Dia, et ses professeurs. Cahiers et stylo billes étant épuisés, les élèves ont eu droit à des tee-shirts et des casquettes à l’effigie de l’OMVS et du REJAO.

«Nous sommes contents de la visite de la Caravane, mais notre lycée, malgré qu’il soit un beau site manque d’eau et d’électricité, ce qui nous bloque pour la réalisation de nos activités» a déclaré la directrice.

A la fin de la rencontre, les élèves se sont éparpillés par groupes, marchand le long des arbres, pour rejoindre leur domicile. Ici, par de Prado luxueux ni de V 8 rutilantes pour les déposer aux portes de l’établissement. L’effort physique pour rejoindre l’établissement marque cependant leur ardent désir d’apprendre, et explique peut-être la qualité de l’enseignement dans ce coin perdu de la Mauritanie.

Ecole fondamentale 1 de Keur Macène

De Boghé à Keur Macène, c’est environ 300 kilomètres de route, en partie cabossée et la foisonnante ville de Rosso à traverser. Les 35 kilomètres qui séparent Bombri et Keur Macène, construits il y a à peine sept ans, ne sont plus que ruines. De véritables pièges où la dextérité des conducteurs est mise à rude épreuve. Le soleil est presque à l’horizon, lorsque la Caravane s’arrête devant un établissement vieillot, tombant presque en lambeaux noircis par le temps.

Dire qu’il a été construit depuis une trentaine d’années à peine. La cour où s’entassent quelques écoliers mal habillés et fluets se confond avec l’état de délabrement ambiant.

Pourtant, la soif de savoir et d’apprendre se lit sur ces dizaines de visages tannés. Sur l’OMVS, les petits élèves de Keur Macène en connaissent un bon bout, grâce aux cours déjà reçus sur l’organisation dont l’un des barrages, Diama, se situe à quelques encablures de la ville.

Tee-shirts et casquettes les chaussant de pied en cape, les élèves ont gratifié la délégation de l’un des plus beaux souvenirs de la tournée, le sourire lumineux de l’innocence épanouie. L’espoir est dorénavant permis. L’école publique vit encore ses heures de gloire dans ces contrées perdues et oubliées de la Mauritanie.

«Nous sommes contents de la visite et les élèves l’ont particulièrement appréciée» a témoigné Brahim Ould Rabani, le directeur de l’établissement. Il a trouvé néanmoins l’occasion de décliner certaines doléances, comme la reconstruction entière de l’école, la fourniture en tables-bancs et en ouvrages scolaires.

Cheikh Aïdara

 

 

 

 

 

 


Promopêche lâche de nouveaux experts nationaux pour accompagner les regroupements de la pêche artisanale

Sur financement du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, le projet Promopêche, piloté par le Bureau International du Travail (BIT), a lancé, entre mars et mai 2019, plusieurs modules de formation de formateurs visant un personnel issu de différentes structures actives dans des domaines très variés de la pêche artisanale. Il s’agit de l’encadrement des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), des institutions de microfinance en Making Microfinance Work, en éducation financière et sur l’accompagnement de coopératives, de micro- et petites entreprises en se basant sur les outils du BIT.

Elèves pêcheurs artisans en formation (Crédit Promopêche)

Ces formations viennent pour renforcer les structures organisationnelles de la pêche artisanale, dans le but de les rendre plus dynamiques et plus structurées, œuvrer à travers ces actions à combler le déficit en travailleurs qualifiés dans les filières de valorisation des chaînes de valeur de ce sous-secteur des pêches. Il vise surtout la promotion d’emplois décents pour les jeunes hommes et femmes, confrontés à une grande difficulté à entrer sur le marché du travail. En effet, le secteur des pêches crée environ 35.000 emplois, soit 3% de la population active et environ 30% des emplois formels au niveau national. La pêche artisanale contribue à 80% de l’emploi du secteur.

Mieux structurer les coopératives de la pêche artisanale

Un consortium formé de plusieurs groupements de pêcheurs, de détaillantes et transformatrices, de mareyeurs, collecteurs et distributeurs, vont être encadrés par des structures locales oeuvrant dans le secteur de la pêche artisanale. Ces dernières ont été initiées durant deux semaines aux outils du BIT en matière de développement coopératif, tels que Think Coop, Start Coop et Mycoop.

A l’issue de cette formation, les participants disposent désormais de connaissances et d’outils nécessaires pour diagnostiquer des coopératives, leur concevoir un plan d’accompagnement sur dix séances d’une demi-journée et mettre en œuvre ce plan d’accompagnement. Ils disposent également d’une excellence compréhension du concept de coopérativisme, ses avantages et inconvénients, ses implications et les raisons d’utiliser ce type de collaboration.  Ils peuvent dorénavant distinguer entre une coopérative, une GIE et une association et se sont familiarisés avec le cadre juridique national sur ce sujet ainsi que sur les outils du BIT sur le coopérativisme. Ils ont été aussi formés sur l’accompagnement des micro et petites entreprises de la pêche artisanale.

Quelques réactions post-formation

Giles Coles, point focal du BIT : «à la fin de cette formation, nous allons recruter un consortium avec plusieurs partenaires locaux qui va mettre en place une dizaine d’activités, dont l’accompagnement d’acteurs économiques telles que les coopératives. Cette formation fait suite à plusieurs que nous avons mené durant ces deux mois. Pour ce qui est de la formation sur le coopérativisme, elle s’est étalée sur dix jours pour une vingtaine de participants. Le BIT compte à travers ce personnel local formé, accompagner les groupements économiques travaillant dans la pêche artisanale sur le concept du coopérativisme, qu’est-ce qu’une coopérative, quels sont les principes fondamentaux d’une coopérative, quel est le processus de création et de développement d’une coopérative. Cette formation est un mélange de théorie et de pratique. D’ailleurs la deuxième semaine a été consacrée à des exercices de simulation sur le terrain. Les participants ont mis en exercice ce qu’ils ont appris en accompagnant des coopératives de la pêche artisanale, à travers les outils du BIT qu’ils ont appris, à commencer par l’identification des besoins, les études de faisabilité techniques et financières».

Ramata Ly, Sahara Consulting : «cette formation m’a beaucoup servi pour pouvoir accompagner sur le terrain les regroupements de pêcheurs à se réunir en coopératives. Pour moi, Start Coop constitue l’outil le mieux adapté et le plus facile à utiliser. Il est le plus détaillé et celui que je maîtrise le plus».

Aïssata Bal, Sahara Consulting : «cette formation du BIT en accompagnement des coopératives m’a été très utile car en temps normal, je travaille dans le développement et l’autonomisation des femmes.  Maintenant notre idée est beaucoup plus fixée sur quand est-ce qu’une coopérative doit se constituer et comment elle se constitue. Ce qui nous permettra une fois sur le terrain de comprendre pourquoi beaucoup de coopératives ont échoué».

Youssouf Dieng, ONG Action : «cette formation tombe au bon moment car mon organisation s’apprêtait à accompagner des groupements de pêcheurs à mieux se constituer. Les outils du BIT qui nous ont été présentés, notamment Start Coop, constituent ainsi une aubaine pour moi, car c’est l’approche la plus adaptée pour cette action».

Abdallahi Niang, Sahara Consulting : «cette formation m’a permis personnellement de me familiariser sur des réalités que je ne connaissais pas, comme les coopératives. Elle m’a permis à présent d’être bien outillé pour accompagner les groupements de la pêche artisanale à se former en de véritables coopératives, pas celles qu’elles prétendent être».

Mohamed Ibrahim Sarr, Sahara Consulting ; «cette formation nous a permis de nous améliorer en termes d’outils pour accompagner les coopératives du secteur de la pêche artisanale ou les regroupements qui veulent s’organiser en coopératives. Pour cela, je trouve que Star Coop, l’un des outils du BIT, est le mieux adapté et le plus facile à être utilisé».

Comment créer de l’emploi pour les jeunes et les migrants dans la pêche artisanale

Débarquement de produits de pêche (Crédit Aidara)

Pendant cinq jours au cours du mois de mars, une douzaine de personnes pour la plupart des partenaires locaux recrutés par le BIT dans le cadre du projet Promopêche, ont été formées pour la création et l’accompagnement de caisses d’épargne et de crédit dans le secteur de la pêche artisanale. Cette formation a également visé des membres d’institutions de microfinance déjà actifs dans l’encadrement des groupes d’épargne et de crédit dans le cadre de leurs activités. La formation a tourné autour de la méthodologie Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC) et ses outils, que les participants devront mettre en pratique de manière autonome.

L’objectif est de former des agents de terrain et des superviseurs capables d’accompagner et de créer dans les zones du projet Promopêche et sur un cycle de 12 moi au maximum, au profit de populations à faibles revenus ou dont les revenus sont irréguliers, des Associations villageoises d’épargne et de crédit.

La sensibilisation à l’entreprenariat au profit des acteurs de la pêche artisanale

Cette formation qui a eu lieu en avril 2019, va permettre de mettre en place des séances d’éducation financière dans le secteur de la pêche artisanale sur les zones d’intervention de Promopêche, à savoir, les quatre points de débarquement ciblés, MHeïjrat, Tiwlit, PK 93 et PK 144.

Elèves pêcheurs artisans en formation (Crédit Promopêche)

Sous la férule d’une consultante internationale, Yousra Hamed, spécialiste en finance inclusive, microfinance et éducation financière du BIT, une dizaine de personnes ont été formées pour prendre le relais et former à leur tour les acteurs de la pêche artisanale, à raison de  40 heures étalées sur une trentaine de séances animées.

Le Making Microfinance Work au profit de personnels d’institutions de microfinance

L’accès aux services financiers pour les pêcheurs artisanaux, les détaillants et les transformatrices est l’un des axes du projet Promopêche. D’où la nécessité d’avoir sur le marché, des institutions de microfinance saines et gérées selon la logique de pérennisations des services financiers disponibles. Ce qui suppose la formation des acteurs selon les outils de gestion les plus performants pour garantir la mise à disposition au profit des usagers d’une gamme d’outils à même d’améliorer le fonctionnement de leur institution.

Photo illustrative d’une formation des services d’appui aux entreprises de la pêche artisanale (Crédit Aidara)

C’est dans ce cadre que le BIT a fait appel au Centre International de Formation de Turin (ITCILO) pour la formation de formateurs mauritaniens en Making Microfinance Work (Volume 1). Les participants à cette formation de formateurs, une quinzaine, sont du milieu des microfinances locales. Ils sont partenaires actuels ou potentiels partenaires pour la mise en œuvre des activités de Promopêche et du BIT. Pendant dix jours, ils ont été formés à travers des exposés, des études de cas et des échanges qui leur permettront d’améliorer la performance de leur institution de microfinance.

Les participants y ont appris le management,  c’est-à-dire la définition de la vision stratégique et le rôle du manager dans l’atteinte des objectifs de l’institution, le marketing ou la fidélisation de la clientèle à travers le développement de produits et services adaptés, la gestion des risques, ou la cartographie des risques qui porte sur les meilleurs moyens de minimiser ceux auxquels l’IMF est le plus vulnérable, l’architecture organisationnelle, qui permet la mise en place d’institutions solides et durables, et enfin, l’efficacité et la productivité, soit l’utilisation efficiente des ressources humaines et financières pour maximiser les résultats.

L’objectif de cette formation est de renforcer les capacités en gestion des professionnels de la microfinance en élargissant la compréhension des différentes fonctions qui contribuent à la bonne performance des IMF, en fournissant une gamme d’outils susceptibles d’aider les gestionnaires à améliorer la performance de leurs services, agences ou institution. Cette formation vise aussi à stimuler le partage d’expériences et de stratégies de réponses aux défis actuels mais aussi d’exposer les gestionnaires aux expériences de la microfinance dans d’autres régions du monde et inspirer une réflexion plus innovante sur ce qui pourrait être faisable dans l’environnement local.

Cheikh Aïdara


L’assèchement de la mare de Kankossa menace la vie des populations

L’assèchement de la mare de Kankossa menace les moyens d’existence des populations de cette ville, chef-lieu de la Moughataa relevant de la région de l’Assaba. L’alerte est donnée par l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG) qui travaille sur la région du Guidimagha et de l’Assaba.

Le tarissement des ressources en eau de cette mare interpelle en effet les pouvoirs publics et les partenaires au développement  sur le sort préoccupant des populations locales dont la mare constitue l’unique source en eau et en ressources économiques. Hormis l’usage domestique, la mare regorge de poissons, développant ainsi une activité de pêche qui fait travailler des dizaines de personnes et alimente le marché en produits riches en protéine.

La mare abreuve également les animaux, mais aussi participe au développement du maraîchage et de l’agriculture locale. Plusieurs milliers de personnes vivent des ressources qu’elle fournit et de l’écosystème engendré par sa présence pluriséculaire. Les habitants de Kankossa souffrent énormément de son assèchement et de la détérioration des capacités de production agricole. Toutes les activités socio-économiques s’en trouvent affectées et la surexploitation des ressources en eau et en terre entraînera sans nul doute conflits et migrations.

Le PNUD par le biais du SGP avait anticipé et  travaillé sur le long du bassin Msilé qui alimente la mare  afin d’organiser les  communautés du bassin dans une action coordonnée au niveau local (5 communes) pour protéger et préserver l’écosystème du bassin, qui représente un patrimoine commun, en tant que ressources environnementales pour le bien de générations présentes et futures. La situation s’est cependant détériorée au fil des ans, du fait des changements climatiques et de la pression démographique au cours des dernières décennies

Le contexte climatique défavorable, la forte pression démographique et la pauvreté accentuée, mais aussi l’inadéquation des politiques publiques ainsi que la faiblesse des institutions sont les principales causes de l’insécurité alimentaire dans cette zone.

La Moughataa de Kankossa enregistre le taux de malnutrition le plus élevé du pays, 6,2% de malnutrition aigüe sévère (MAS) et 20,5% de malnutrition aigüe grave (MAG). La détérioration graduelle et accélérée de la situation de la mare aura des effets néfastes sur les populations et en particuliers les femmes et les enfants qui sont déjà fragilisés par une situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle dépassant de loin le seuil d’alerte.

L’association des pécheurs de Kankossa vient de lancer un appel que vous pouvez visualiser sur le lien suivant :

https://kiffainfo.net/article24797.html

Les populations lancent ainsi un appel de détresse pour attirer l’attention des pouvoir publics et des partenaires sur la situation catastrophique de la mare. Une mobilisation rapide est requise, sur la base d’une analyse urgente de la situation afin d’assurer la survie de la population de Kankossa, avant que son état ne s’aggrave face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle grave

Le SG de l’Association des Pêcheurs lance un appel de détresse

Dans la vidéo dont le lien est au dessus, le Secrétaire général de l’Association des pêcheurs de Kankossa, Mohamed Lemine Ould Abdallahi Ould Kaber, a déclaré que son association a alerté depuis des années les autorités administratives sur la situation de la mare qui s’asséchait année après année, sans qu’aucune oreille attentive n’ait voulu les écouter.

Mohamed Lemine Ould Kaber qui avait accordé une interview au site «Kankossa Yowm», affirme que son organisation a alerté les autorités administratives et les responsables de la commune. Ils ont même alerté tous les responsables gouvernementaux qui ont eu à effectuer des passages dans la ville, le Wali de l’Assaba et même le président de la République. L’association des pêcheurs de Kankossa accuse ainsi les autorités de faire la sourde oreille face à la menace dangereuse qui s’annonçait. Aujourd’hui, la mare de Kankossa, dit-il, s’est asséchée, créant la panique au sein de la population dont la survie est intimement liée à elle, en particulier les populations pauvres, les pêcheurs qui ont perdu leur unique source de revenus, sans compter les élèves et les commerçants.

Désignant une bande de poissons en décomposition, Mohamed Lemine Kaber n’a pas pu cacher sa douleur et a réclamé une intervention rapide des autorités.

Cheikh Aïdara 


Le Forum National de la Jeunesse réunit 150 jeunes autour du Dividende Démographique

Cent-cinquante jeunes venus des différentes Wilayas du pays ont pris part du 2 au 3 mai 2019 à Nouakchott au Forum National de la Jeunesse ouvert sous le thème «Tous engagés pour le dividende démographique et le développement durable». Cette manifestation qui fête ses dix années est organisée chaque année par le Ministère de la Jeunesse et des Sports avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

«Je suis venu assister à ce Forum pour interpeller les autorités, l’UNFPA et les jeunes, sur le drame des femmes rurales en couche qui meurent en cours de route au moment de leur transport vers des structures de santé éloignées de plusieurs kilomètres de leur localité. Je suis venu plaider pour que les services de santé soient rapprochés des populations ».  C’est le témoignage recueilli auprès du jeune MBareck Vall, du Hodh Charghi. Un témoignage similaire a été formulé à différents niveaux par une centaine de jeunes dont la plupart vient des régions de l’intérieur du pays. Certains ont décrié les problèmes de l’éducation scolaire, d’autres le problème du chômage, pendant que les jeunes filles, dont la plupart originaires de la Vallée, ont fustigé la poursuite des mutilations génitales féminines (MGF), la violence conjugale, ou encore la précarité qui pousse beaucoup de familles à retirer leurs filles de l’école pour les travaux domestiques ou pour les marier à bas âge.

Les jeunes comme fer de lance du dividende démographique

Tous ces drames soulevés par les jeunes constituent les principaux thématiques du dividende démographique et pour lesquels le Ministère de la Jeunesse et des Sports, avec l’appui de l’UNFPA, s’est mobilisé pour un débat participatif et des solutions provenant des jeunes leaders dont le choix a été fait selon leur engagement dans les différents problématiques soulevés.

C’est ainsi que les jeunes ont suivi pendant la première journée différentes communications sur la Stratégie nationale de la jeunesse, sur Jeunesse et Citoyenneté, sur la santé de la reproduction, sur la Conférence internationale du Caire (CIPD), sur le concept du dividende démographique et la Feuille de route de l’Union Africaine. Le deuxième jour, ils se sont scindés en quatre groupes, Santé maternelle, Planification familiale, Genre et Violences basées sur le genre (VBG), Jeunesse, civisme et développement durable. A l’issue de ces ateliers, les jeunes ont formulé des recommandations qui devront enrichir les différentes stratégies gouvernementales pour que les préoccupations de la jeunesse mauritanienne soient prises en compte. Un Comité de suivi du Plan d’action des jeunes a été mis en place à l’issue des travaux qui ont été ouverts par la Ministre de la Jeunesse et des Sports, Mme Djindah Mohamed El Moustapha Bal, en présence de son homologue des Affaires Sociales et du Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie,  SEM.Saidou Kaboré.

Gouvernement et UNFPA pour le même combat

Dans l’allocution qu’elle a prononcée à l’occasion,  Mme Djindah Bal a mis en exergue l’attention accordée par les pouvoirs publics au développement, à l’épanouissement  et à la contribution des jeunes dans la croissance économique. Elle a précisé que les experts sont unanimes que des investissements importants et cohérents doivent être faits dans les secteurs stratégiques, comme l’éducation, la santé et l’emploi.

A son tour, le Représentant résident de l’UNFPA a insisté sur l’importance à accorder aux jeunes, eu égard à leur poids démographique, soulignant que «de nos jours, 1,9 milliards de la population mondiale sont des jeunes, dont la majorité vivent dans les pays en développement et la plupart, 64%, en Afrique». Il  a salué au passage les efforts fournis par la Mauritanie pour relever le défi posé par sa jeunesse, à travers «la ratification de la Charte africaine de la Jeunesse, l’octroi de 1% des recettes douanières au secteur de la jeunesse et des sports, la création du Haut Conseil de la Jeunesse, l’adoption d’une loi sur la santé de la reproduction, la promulgation d’une fatwa contre la pratique des mutilations génitales féminines».

Le projet SWEED a également participé à l’organisation et à l’animation des débats. Le maire de la commune de Tevragh-Zeine, M.Taleb Ould Mahjoub a prononcé un discours de bienvenue à l’ouverture du forum.

Témoignages

En marge de la manifestation, beaucoup de jeunes se sont exprimés pour saluer l’organisation du forum qui permet aux jeunes mauritaniens de divers horizons de se rencontrer, d’échanger et d’interpeller les décideurs.

Pour Marième, association de jeunes de Riadh (Nouakchott): «la femme en tant que pilier de la société doit participer activement dans la sensibilisation et s’engager activement pour les changements des mentalités, surtout que son rôle a toujours été dévalué, parce qu’elle est souvent considérée comme un fardeau pour la société».

Ali Kébé, Association des Jeunes au service de Rosso : «je pense que le dividende démographique est un  concept que la plupart des jeunes présents à ce Forum ignoraient jusque-là, d’où l’importance du thème retenu au cours de cette rencontre et qui a permis  à ces jeunes d’appréhender encore plus le rôle qui leur est dévolu pour améliorer la santé reproductive, l’éducation des filles, lutter contre les VBG, mais surtout contre les pratiques néfastes comme les MGF et le mariage précoce des filles».

Bâ Bocar, président Afriyan Mauritanie : «Afriyan Mauritanie, qui fait parti d’un réseau régional de jeunes africains engagés sur la thématique du dividende démographique, s’est repositionné. Il va identifier au cours de ce forum les jeunes leaders issus des différentes régions du pays pour en faire des points focaux du dividende démographique dans leur région».

Questionnements
Au milieu de l’euphorie des nouveaux participants qui inaugurent leur premier Forum National de la Jeunesse, des vétérans qui sont là depuis 2009, date de la première édition, restent sceptiques par rapport aux résultats attendus. Ces questions qu’ils posent s’adressent aussi bien au Ministère de la jeunesse et des Sports qu’aux partenaires, tels que l’UNFPA :

– Quel bilan le Ministère de la jeunesse peut aujourd’hui nous présenter après dix années de rencontres du genre, surtout que nous touchons vers la fin de la Stratégie nationale de la Jeunesse 2015-2020 alors que les résultats en termes de promotion, de l’entreprenariat, de la formation et de l’insertion professionnelle des jeunes, autant de recommandations issues des différents forums nationaux de la jeunesse, n’ont pas été satisfaits ?

– Quelle approche va-t-on développer face à la création des nouveaux Conseils régionaux et la décentralisation qu’ils incarnent, sachant que le développement local, à partir des spécificités et des richesses au niveau local, peut constituer un bon levier pour les jeunes ?

– Que vaut aujourd’hui le Haut Conseil de la Jeunesse, que valent toutes ces nominations de jeunes à des postes nominatifs dans le gouvernement ou dans les hautes sphères de l’Etat s’il n’y a pas de retombées directes sur la condition des jeunes ?

– Ne faut-il pas fusionner le Haut Conseil de la Jeunesse et le Réseau National des Jeunes et organiser des élections à la base, au lieu de cette cooptation qui ne diffère en définitive en rien aux nominations gouvernementales ?

Cheikh Aïdara

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Toutes les photos sont Crédit Aidara


Par delà la lutte contre le travail des enfants en Mauritanie, le souci de les protéger des travaux dangereux

Un atelier de deux jours sur le travail dangereux des enfants a eu lieu du 2 au 3 mai 2019 à Nouakchott, sous l’égide du Ministère de la Fonction Publique, en collaboration avec le projet «MAP 16» piloté par le BIT. Une rencontre qui a permis de revenir sur le bilan de plusieurs décennies de stratégies nationales pour l’enfance, à quelques encablures de 2025, date à laquelle la Mauritanie s’est engagée, à l’instar de beaucoup de pays, à mettre définitivement fin au travail des enfants.

Le débat sur le travail des enfants (Crédit Aidara)

Cette rencontre de deux jours a été solennellement ouverte par le Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, Ahmed Ould Mohamed Mahmoud Ould Deh. Selon lui, «cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action du département pour l’année 2019, d’une part, et d’autre part, la volonté de notre pays d’honorer ses engagements suite à la ratification en 2001 de la Convention internationale 182 de lutte contre toutes les formes de travail présentant des risques pour les enfants».

Marc Ninerola, Coordinateur du Programme «MAP 16», destiné à lutter contre le travail des enfants et le travail forcé, Coordinateur du Projet «Bridge» en Mauritanie, a de son côté exprimé «l’importance que présente l’organisation de cette rencontre qui va contribuer sans doute à la sensibilisation et à la prise de conscience des dangers auxquels les enfants font face».

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Les participants, cadres de départements ministériels, membres d’organisations de la société civile, partenaires au développement, ont pendant ces deux jours débattu de la problématique de l’enfance, de son rapport au travail et surtout au travail dangereux. Le débat a été modéré par Hamoud Ould T’Feïl, Conseiller du Ministre de la Fonction Publique et Point focal de l’Alliance 8.7, Pacte mondial pour l’atteinte de l’objectif 8 cible 7 des Objectifs de Développement durable (ODD), pour  l’éradication définitive du travail des enfants, du travail forcé, de la traite des êtres humains et de l’esclavage moderne.

Les intervenants considèrent que la protection des enfants en Mauritanie est une problématique qui se pose avec acuité. Ils estiment que les résultats de décennies de politiques pour l’enfance et de budgets engloutis ont abouti au contraire des objectifs visés. Au lieu de baisser, le nombre d’enfants qui travaille en Mauritanie a quasi doublé, passant de 17% en 2000 à 36% en 2017 pour les moins de 14 ans. Pire, 37% des enfants mauritaniens âgés de 13 à 18 ans ont affirmé avoir travaillé et 80% avoir subi des violences (Enquête Mics 2015 de l’ONS).

Crédit Aidara

Ces chiffres, selon eux, sont d’autant plus alarmants que la Mauritanie n’a plus que quelques petites années pour honorer ses engagements d’éradiquer définitivement le travail des enfants d’ici 2025. Quelqu’un a même ironisé, «cela risque d’être comme la Santé pour Tous en 2000, dont le creux slogan fait sourire aujourd’hui».

D’autres gardent cependant de l’espoir avec l’engagement de la société civile,  la création des Tables régionales de protection de l’enfance dans dix Wilaya du Pays et dans 37 communes, mais aussi la création en 2017-2018, des Comités régionaux de lutte contre le travail des enfants dans cinq régions du pays, bien que ces comités, soulignent-ils, ne disposent pas encore de cadre légal pour leurs actions ni de moyens pour mettre en œuvre leurs plans d’action.

D’autres intervenants ont soulevé l’absence de données et d’indicateurs sur le travail des enfants en Mauritanie, mais aussi l’absence d’un lifting des travaux jugés dangereux pour cette frange. Ils soulignent que la précarité des familles, la pauvreté des ménages, la tradition et les coutumes ne doivent pas servir d’alibi pour soustraire l’enfant de son milieu naturel, l’école, pour le mettre au travail.

Pour Marc Ninerola, «nous sommes dans une logique intégrale. Sans une reconsidération des salaires des travailleurs, il est difficile d’avancer sur les normes contre le travail des enfants». Il a donné l’exemple de la chaîne de valeur du Cacao en Côte d’ivoire, qui prouve que quand le revenu du père de famille augmente, il est plus enclin à se libérer de son enfant pour qu’il aille à l’école, le travail de l’enfant étant considéré comme une contribution essentielle à la survie de la famille. En Mauritanie, cette expérience peut être menée dans la chaine de valeur du lait, a-t-il proposé.

Crédit Aidara

A rappeler que les travaux dangereux dont il est question dans la Convention 182 ratifiée par la Mauritanie en 2001 sont cités dans l’article 3 et sont désignés comme les pires formes de travail des enfants. Ce sont  toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et la traite des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obligatoire, y compris le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés.

C’est l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique ou de spectacles pornographiques. L’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, tels que les définissent les conventions internationales pertinentes. Ce sont enfin, les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant.

Cheikh Aïdara

 

 

 


Fatma Samoura lance le projet mondial «Football For School» en Mauritanie, choisi comme pays pilote par la FIFA

La Mauritanie est de nouveau sur la sellette de l’actualité du football africain. Après les Mourabitounes, couronnés comme meilleure équipe africaine en mars 2019, voilà que l’institution faitière du football mondial, la FIFA, vient de choisir la Mauritanie comme pays pilote en Afrique pour son nouveau et ambitieux programme «Football For School» qui consacre le football en milieu scolaire avec une cagnotte de 100 millions de dollars U.S que la Mauritanie devra partager avec deux autres pays africains, le Rwanda et le Botswana.

Ahmed Yahya et son invitée de marque, Fatma Samoura (Crédit Aidara)

Au cours de la conférence de presse qu’elle a animée jeudi 2 mai 2019 au siège de la Fédération Mauritanienne de Football (FFRIM) en présence de son président, Ahmed Ould Yahya, Fatma Samoura, Secrétaire générale de la FIFA, a déclaré que le choix de la Mauritanie s’explique par les progrès accomplis par son football, ce qui lui vaut cette qualification historique à la CAN 2019 en Egypte. «C’est surtout l’exemple représenté par sa fédération à travers la bonne gestion des fonds de la FIFA, notamment le programme «Forward», cité partout par Gianni Infantino, président de la FIFA, qui lui a valu ce choix de pays pilote pour le nouveau programme «Football For School » 2019-2022» a déclaré Fatma Samoura. Ce programme consacre, selon elle, «le retour du sport et de ses valeurs à l’école». Il s’articule autour du développement du football à travers des applications simples que des experts envoyés par la FIFA sont chargés de vulgariser à travers les établissements scolaires en Mauritanie, a-t-elle expliqué en substance. Elle a rappelé au passage la mission de la FIFA qui est de rendre le football accessible à tous, avec un accent sur la durabilité des actions menées. «Le programme «Football For School» touchera 700 millions d’enfants à travers le monde et 11 millions de ballons seront distribués dans les écoles » a-t-elle poursuivi. Le choix de l’Afrique comme premier continent ciblé par le programme s’explique selon elle, par le fait que l’Afrique sera le continent le plus peuplé au monde, avec une population dont la moitié sera âgée de moins de 30 ans. «L’Afrique respire le football, mange le football, d’où le choix porté sur ce continent pour servir de pionnier dans ce nouveau programme» a-t-elle ajouté.

Auparavant, Fatma Samoura avait signé une convention de partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Professionnel, ainsi que la FFRIM, celle-ci étant chargée de la coordination pour le suivi du programme pour le compte de la FIFA.

Cheikh Aïdara

La délégation de la FIFA entre des membres de la FFRIM (Crédit Aidara)

 


Présidentielle 2019, cent-vingt deux conseillers municipaux dont six maires cautionnent la candidature de Birame Dah Abeid

C’est le lundi 29 avril 2019 que Birame Dah Abeid, soutenu par le parti SAWAB, a déposé son dossier de candidature à l’élection présidentielle de juin 2019. Une cérémonie toute «IRAEENNE », de son mouvement IRA connu pour ses innovations en termes de mobilisation, faisant de l’entrée du Conseil Constitutionnel ce jour-là, un lieu de rassemblement haut en couleur. Ce dépôt de candidature a fait l’objet d’une couverture médiatique exceptionnelle, au regard du nombre de journalistes de la presse nationale et internationale qui se bousculaient autour de l’évènement. Ni le candidat du pouvoir, Mohamed Cheikh Ould Ghazwani dont le dépôt de candidature s’est déroulé sans la présence d’aucun journaliste, à part les organes publics, ni Sidi Mohamed Ould Boubacar qui avait déposé une heure avant Birame, n’ont eu droit à un tel spectacle médiatique.  Le phénomène Birame Dah Abeid, qui s’est amplifié durant une tournée dans le Sud du pays avec un engouement populaire sans précédent, prend ainsi son envol.

Décompte du dossier de candidature en présence du président du Conseil constitutionnel et son staff ainsi que le candidat et ses collaborateurs sous le flash des caméras de la presse (Crédit Aidara)

Troisième candidat à avoir déposé son dossier auprès du Conseil Constitutionnel, Birame Dah Abeid, a pu ainsi réunir cent-vingt deux cautions de la part de conseillers municipaux à travers plusieurs régions du pays, parmi lesquels six maires. Comme tous les autres candidats, Birame a été accueilli par le Président du Conseil, Diallo Amadou Bathia et ses collaborateurs. Le dépôt du dossier a été entièrement couvert par les journalistes. Seul restait à compléter, la couleur et le logo choisi par le candidat. Des éléments qui auraient été fournis, selon des sources proches du candidat.

Les partisans de Birame s’étaient massés dès les premières heures de la matinée devant le portail du Conseil Constitutionnel. A son arrivée comme à son départ, il a été salué par des « You-you » et des « Premiers tours! » tonitruants, sous l’oeil vigilant d’une escadrille de la police, qui n’est cependant pas intervenu pour disperser le rassemblement monstre.

A présent, les commissions chargées de mener la précampagne et la campagne électorale du candidat sur le terrain, peuvent se déployer avec la confiance de ceux qui n’ont pu devant eux que le combat de la présidentielle proprement dite.

Restent deux autres candidats dont les dépôts de dossier sont très attendus, en l’occurrence Mohamed Ould Maouloud qui draine l’opposition radicale et Kane Hamidou Baba, le candidat des Négro-mauritaniens investis par plusieurs partis de cette mouvance.

A noter que la date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 8 mai 2019 à minuit.

Cheikh Aïdara

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FC Tevragh-Zeina, la confiance renouvelée du conseil municipal et l’émerveillement des jeunes écoliers de l’école Maariv

«FC Tevragh-Zeina est une école qui a contribué à fournir aux différentes catégories de l’équipe nationale et aux autres clubs de football mauritaniens ainsi qu’au niveau régional, des joueurs bien formés». C’est en ces termes que Moussa Ould Khaïry a présenté, dimanche 28 avril 2019, son club au nouveau conseil municipal de Tevragh-Zeina, qui sous la conduite du maire Taleb Ould Mahjoub, est venu renouveler sa confiance et son appui à l’équipe phare de la Capitale. En effet, dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion, après une visite guidée qui a conduit les conseillers municipaux dans les différentes ailes de «Megafoot», siège du FC Tevragh-Zeina et sa bâtisse gothique surplombant deux pelouses synthétiques et renfermant les dortoirs des joueurs et de leur staff, des bureaux, un restaurant et un hall bien équipé,  ainsi que des salles annexes, Taleb Ould Mahjoub a indiqué toute la fierté de la Mairie de Tevragh-Zeina à soutenir un club d’envergure dont l’objectif est la formation, dans toutes les catégories, de jeunes mauritaniens capables d’alimenter le football national et pourquoi pas, de se distinguer à l’international.

Le maire de Tevragh-Zeine (à gauche) et Moussa Ould Khairy (à droite)
En effet, l’arrivée du maire et des membres de son conseil avait coïncidé avec la présence à «Megafoot» des différentes catégories du club, les U-13, les U-15, les U-17 et les Séniors. Une véritable pépinière de jeunes dont l’ambition des dirigeants est d’en faire les valeurs sûres du football mauritanien de demain.
Les petites catégories de FC Tevragh-Zeine
Ce fut aussi le moment choisi par une nuée de bambins de l’école turque El Maariv, sous la conduite de leur encadrement, pour visiter le siège de FC Tevragh-Zeina. Des enfants tout émerveillés, qui ont parcouru les escaliers de la bâtisse avec la bruyance de l’innocence. Les gosses se sont engouffrés ensuite dans les dortoirs où ils ont discuté à bâtons rompus avec les joueurs du FC Tevragh-Zeina en regroupement. Dans le hall, ils ont suivi un cours sur l’historique du club, l’œil rivé sur les différents trophées nationaux, championnats, coupes du Président de la République, Super Coupe, que le club a raflé depuis sa montée en D 1 en 2005 et qui étaient alignés là, sous leur regard émerveillé. A la fin de la tournée, les enfants sont allés taper le ballon dans l’une des pelouses de «Megafoot», qui renferme en même temps une académie de football.
Eleves de l’école turque El Maariv ici avec Taghyoullah Denna, joueur et le président du club
Un invité de marque était aussi présent lors de cette journée. Il s’agit d’Alejandro Ferrero Gonzalez, point focal de la plateforme espagnole «Lead and Play»  que dirige Xavier Gonzalès, et qui a en charge de placer les joueurs et entraîneurs dans le monde entier.
Alexandro Gonzalès devant les journalistes
Le recruteur espagnol a déjà ciblé des joueurs de différents clubs mauritaniens, dont sept de FC Tevragh-Zeina. Alexandro s’est dit impressionné par le cadre qu’offre «Megafoot». «Je suis sûr que nous allons réaliser de belles choses ensembles» a-t-il lancé en  direction de Moussa Ould Khaïry qui en réponse, a déclaré que ces propos «vont encourager le club à aller de l’avant dans sa mission essentielles, former et tirer vers le haut le football mauritanien».Cheikh AïdaraREPORTAGES PHOTOS


L’Association des Gestionnaires pour le Développement (AGD) brise la glace entre les jeunes et les élus

Briser la glace entre les jeunes et les élus. Telle est l’ambition de l’Association des Gestionnaires pour le Développement (AGD) qui organise lundi 29 avril 2019  à partir de 16 heures au Stade de Sebkha, une rencontre-débat «Sous la Khaïma» entre les jeunes et les élus. Ce sera l’occasion pour les jeunes d’interpeller les  élus sur leurs  sujets de préoccupations. Un certain nombre d‘élus, à l’image d’Aboubacar Soumaré, Maire de Sebkha, Idrissa Camara, député, Kane Seydou, Conseiller régional, Yaghouba Diakité, président  du CCJS et Bakary Guèye Journaliste, ont accepté de se prêter à la joute. Le débat sera modéré par Bios Diallo, écrivain-journaliste, président du Festival littéraire Traversées Mauritanides. Cette rencontre est appuyée par l’USAID et l’Organisation Internationale de la Migration (OIM).

Il est en effet constaté que la place laissée aux jeunes dans les organes associatifs est minime par rapport au monopole des décisions que des générations plus âgées continuent d’accaparer, exposant les jeunes à une stigmatisation socioculturelle récurrente.  Près de la moitié des 18-24 ans sont en effet exposés à un chômage endémique, pour une population nationale où les moins de 25 ans représente près de 65%. Cette jeunesse est quasiment absente des assemblées élues. Une étude de l’ONG GAPAFS estime que 45% des jeunes appréhendent peu le concept de citoyenneté.

Pourtant, il est prouvé que le tissu associatif porté par les jeunes peut constituer une porte d’entrée pertinente pour le concept d’Economie Sociale et Solidaire, comme le prouvent des actions menées par certaines organisations de la société civile pour accompagner la mise en place de conseils communaux de jeunesse dans certaines capitales régionales.

Outre leur éloignement des centres de décision, que cela soit au niveau des politiques publiques ou des plans d’actions communaux, les jeunes reprochent surtout aux élus de ne pas les associer ou de prendre en considération leurs attentes dans les questions qui les concernent, malgré le dynamisme des associations qu’ils pilotent et les initiatives novatrices qu’ils avancent.

L’occasion sera ainsi offerte à la jeunesse mauritanienne, le lundi 29 avril prochain, d’établir avec les élus, un échange franc et certainement fructueux sur toutes les questions qui les préoccupent et de trouver réponses à leurs inquiétudes. Au sortir de ce débat «Sous la Khaïma» qu’animera l’ONG AGD avec le soutien financier du Projet EMELI de l’USAID piloté par l’OIM, il est attendu des conclusions et des recommandations pertinentes qui contribueront aux objectifs du projet, en l’occurrence l’autonomisation de la jeunesse mauritanienne par l’éducation, le leadership et le progrès personnel.

Cheikh Aïdara