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L’OMVS au cœur des écoles reculées du Brakna et du Trarza

De Ribaat et de Bareïna, dans les profondeurs dunaires du Trarza, jusqu’à Keur Macène, en passant par Boghé et R’Kiz, sur les bordures du Fleuve Sénégal, les écoliers du fondamental et du secondaire, rassurent. La qualité de l’enseignement public survit dans ces contrées recluses de la Mauritanie, là où elle s’est profondément dégradée dans les grandes villes. L’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), enseignée en cours d’histoire et de géographie dans le programme scolaire national, garde ainsi intacte toute sa place dans les connaissances générales des élèves. C’est ce que le Réseau des Journalistes pour les Activités de l’OMVS (REJAO), en partenariat avec l’OMVS, a constaté lors de sa deuxième caravane de sensibilisation, organisée du 15 au 18 mai 2019 dans certains établissements scolaires du Brakna et du Trarza.

Lycée «Bab El Veth » de Ribaat, chez les Ennahwi

Le ciel est profondément clément ce 15 mai 2019, dixième jour du mois de Ramadan. Vers quatorze heures, là où les températures affichent d’habitude 44°, la fraîcheur qui plane sur Ribaat, localité enclavée située à quelques trente kilomètres de la Route de l’Espoir, est d’une mansuétude quasi miraculeuse pour les jeûneurs.

Les élèves du Lycée «Bab El Veth de Ribaat» attendent depuis le matin l’arrivée de la Caravane du REJAO composée de quatre journalistes, un caméraman et la Chargée de Communication de la cellule OMVS à Nouakchott, Mme Awa Sidibé. En cette fin d’année scolaire, des tables-bancs usées et en vrac sont jetées dans la cour. Un soudeur est entrain de tout retaper, pour resservir pour la prochaine rentrée, sous le regard de la direction de l’école au grand complet et des enseignants. Il a fallu plus de quinze mètres de fils électriques pour relier l’unique prise électrique placée dans le bureau du directeur et la salle de classe où un film sur l’historique de l’OMVS doit être projeté.

La salle de classe est archi comble et les élèves, malgré la longue attente, enthousiasmés.  Après les élèves du lycée, les élèves du fondamental leur ont succédé dans la salle pour se soumettre aux mêmes exercices.

Après avoir religieusement visionnés le film conçu sous forme de dessin animé retraçant l’historique, les réalisations et les retombées socioéconomiques de l’OMVS et de ses trois barrages, Felou et Manantali au Mali, Diama entre le Sénégal et la Mauritanie, les élèves de la 6ème année du Lycée de Ribaat, puis après eux les élèves de l’école fondamentale, se sont prêtés aux questions-réponses de leur professeur, Saidou Ould Hacen, professeur Histoire-Géographie, puis du maitre Mamadou Oumar Sy.

Des réponses données qui ont satisfait l’encadrement des deux établissements et agréablement surpris les caravaniers venus de Nouakchott, étonnés de constater que l’école publique garde encore ses qualités. «Pas étonnant, c’est le fief des Ehel Ennahwi, une famille religieuse très nantie qui a mis le plein pour offrir un enseignement d’un tel niveau aux élèves de la localité» susurre un membre de la délégation.

Quelques noms d’élèves sont particulièrement sortis du lot, Oumoukelthoum Mint Hafedh (6ème D), Mohamed Horma Ould Sidi Mohamed (4ème A) et Abderrahmane Ould Saleck (1ère A).

A la fin de la cérémonie, des cahiers souvenirs comportant au verso un bref historique de l’OMVS ont été distribués aux élèves ainsi que des stylos billes.

Le directeur du lycée a dit toute sa satisfaction pour la visite. «Grâce à votre caravane, les élèves ont amélioré leurs connaissances sur l’OMVS et ses réalisations » a-t-il déclaré.

Ecole fondamental «Attigh» de Bareïna

Perdue dans un décor désertique où les dunes de sable sont les seuls repères, surgit Bareïna, localité totalement enclavée du Trarza, située à quelques encablures de Ribaat. Ici, c’est le fief des Ehel Cheikhany, illustre famille religieuse. Des maisons en dur, de coquettes villas, des rues sinueuses et ensablées, l’électricité dans toute la cité, et des minarets déchirant l’espace de leurs hauteurs majestueuses. L’école primaire «Attigh» de Bareïna, la première construite dans la localité est une vielle bâtisse.

La maîtresse, Khadijetou Mint Mohamed Saïd Tolba, n’a pu retenir, en cette fin d’année scolaire qu’une vingtaine d’élèves. Aux questions sur l’OMVS, ils ont répondu avec brio et qualité, un niveau qui n’a rien à envier à celui de leurs camarades de Ribaat.

Comme récompense, ils ont reçu des tee-shirts à l’effigie de l’OMVS et du REJAO.

Mohamed Ould Mohameden, Secrétaire général de la commune de Bareïna et Directeur de l’école «Varough» trouve que cette caravane du REJAO est d’une importance capitale.

«Cette caravane a permis aux élèves d’en connaître davantage sur l’OMVS et ses réalisations, surtout dans le domaine hydraulique, agricole et électrique» a-t-il souligné.

Ecole 1 de R’Kiz

C’est aux environs de 16 heures, ce 15 mai 2019, que les élèves de l’école fondamentale 1 de R’Kiz ont accueilli les membres de la Caravane du REJAO. L’établissement ne disposant pas d’électricité, il a fallu utiliser le groupe électrogène amené par la délégation pour palier l’absence d’électricité dans la plupart des établissements scolaires du pays.

Ici aussi, les élèves ont suivi le film sur l’OMVS puis ont répondu aux questions posées par le directeur de l’établissement, Ahmedou Ould Sidi Mokhtar, en présence de l’inspecteur de l’Enseignement Fondamental, qui a été d’un grand apport pour la réussite de la Caravane.

«Cette visite a été très bénéfique pour les élèves, surtout le film sur l’OMVS. Elle leur a permis de se remémorer de leurs cours sur cette organisation, cours dispensé en histoire-géographie » a souligné le directeur.

A la fin de la rencontre avec les élèves qui ont montré beaucoup d’entrain pour répondre aux questions, des cahiers et stylos à l’effigie de l’OMVS leur ont été distribués.

Lycée de Sarandougou

Située à 15 kilomètres de Boghé et à 2 kilomètres environ du fleuve Sénégal, le lycée de Sarandougou a fait le plein. Sur la route sinueuse parsemée d’arbres, aux alentours de l’antique établissement, des nuées de lycéens courent derrière la Caravane.

A l’intérieur, le lycée est noir de monde. Ici, pas d’électricité. Le groupe électrogène est salutaire. Pour ne pas frustrer ce nombre impressionnant d’élèves qui fait le pied de grue depuis le début de la matinée et qui se bouscule, un cours magistral est dispensé sur l’OMVS et ses réalisations.

Puis, direction la salle des 6ème et des 4ème année. Projection de film, questions-réponses sur l’organisation.

Une nouvelle occasion pour tester l’excellent  niveau des élèves et la maîtrise, pour certains du français, bien que le programme scolaire en histo-géo sur l’OMVS n’est dispensé qu’en arabe.

Le directeur de l’établissement, El Hadj Moussa Kelly s’est dit heureux de la visite de la délégation. «Je considère que c’est une bonne fin d’année scolaire que ce cours sur l’OMVS qui a permis aux élèves de se rappeler leurs cours d’histoire-géographie» a-t-il souligné.

Habsa Abou Sow, 19 ans, est élève en 6ème année. Pour elle, l’année prochaine, c’est le baccalauréat. Elle voulait s’engager pour l’armée, mais comme les corps sont fermés aux filles, elle veut faire la santé. Chaque jour, Habsa tape 4 kilomètres Aller/Retour pour relier son village, Hamdallaye et le lycée de Sarandougou. «Ce cours sur l’OMVS est très intéressant, car nous avons appris beaucoup sur l’organisation, des aspects qui ne nous ont pas été dispensés en cours» a-t-elle déclaré.

Lycée-Collège de Touldé

Il faut longer la ville de Boghé vers le Sud, pour tomber dans un quartier déshérité et pauvre, Touldé et son lycée perdu dans un océan d’arbres. Un no man’s land entourant un énorme établissement à l’architecture moderne et neuve. Ici deux classes de 4ème année sont retenues.

Des classes archi pleines, où les élèves ont dû se mettre à quatre par table pour être contenus. Ici, pas de projection mais des questions-test sur l’OMVS auxquelles les élèves ont répondu avec justesse.

Le tout, sous le regard attendri de la directrice, Mariata Abdalaye Dia, et ses professeurs. Cahiers et stylo billes étant épuisés, les élèves ont eu droit à des tee-shirts et des casquettes à l’effigie de l’OMVS et du REJAO.

«Nous sommes contents de la visite de la Caravane, mais notre lycée, malgré qu’il soit un beau site manque d’eau et d’électricité, ce qui nous bloque pour la réalisation de nos activités» a déclaré la directrice.

A la fin de la rencontre, les élèves se sont éparpillés par groupes, marchand le long des arbres, pour rejoindre leur domicile. Ici, par de Prado luxueux ni de V 8 rutilantes pour les déposer aux portes de l’établissement. L’effort physique pour rejoindre l’établissement marque cependant leur ardent désir d’apprendre, et explique peut-être la qualité de l’enseignement dans ce coin perdu de la Mauritanie.

Ecole fondamentale 1 de Keur Macène

De Boghé à Keur Macène, c’est environ 300 kilomètres de route, en partie cabossée et la foisonnante ville de Rosso à traverser. Les 35 kilomètres qui séparent Bombri et Keur Macène, construits il y a à peine sept ans, ne sont plus que ruines. De véritables pièges où la dextérité des conducteurs est mise à rude épreuve. Le soleil est presque à l’horizon, lorsque la Caravane s’arrête devant un établissement vieillot, tombant presque en lambeaux noircis par le temps.

Dire qu’il a été construit depuis une trentaine d’années à peine. La cour où s’entassent quelques écoliers mal habillés et fluets se confond avec l’état de délabrement ambiant.

Pourtant, la soif de savoir et d’apprendre se lit sur ces dizaines de visages tannés. Sur l’OMVS, les petits élèves de Keur Macène en connaissent un bon bout, grâce aux cours déjà reçus sur l’organisation dont l’un des barrages, Diama, se situe à quelques encablures de la ville.

Tee-shirts et casquettes les chaussant de pied en cape, les élèves ont gratifié la délégation de l’un des plus beaux souvenirs de la tournée, le sourire lumineux de l’innocence épanouie. L’espoir est dorénavant permis. L’école publique vit encore ses heures de gloire dans ces contrées perdues et oubliées de la Mauritanie.

«Nous sommes contents de la visite et les élèves l’ont particulièrement appréciée» a témoigné Brahim Ould Rabani, le directeur de l’établissement. Il a trouvé néanmoins l’occasion de décliner certaines doléances, comme la reconstruction entière de l’école, la fourniture en tables-bancs et en ouvrages scolaires.

Cheikh Aïdara

 

 

 

 

 

 


Promopêche lâche de nouveaux experts nationaux pour accompagner les regroupements de la pêche artisanale

Sur financement du Fonds fiduciaire d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, le projet Promopêche, piloté par le Bureau International du Travail (BIT), a lancé, entre mars et mai 2019, plusieurs modules de formation de formateurs visant un personnel issu de différentes structures actives dans des domaines très variés de la pêche artisanale. Il s’agit de l’encadrement des Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC), des institutions de microfinance en Making Microfinance Work, en éducation financière et sur l’accompagnement de coopératives, de micro- et petites entreprises en se basant sur les outils du BIT.

Elèves pêcheurs artisans en formation (Crédit Promopêche)

Ces formations viennent pour renforcer les structures organisationnelles de la pêche artisanale, dans le but de les rendre plus dynamiques et plus structurées, œuvrer à travers ces actions à combler le déficit en travailleurs qualifiés dans les filières de valorisation des chaînes de valeur de ce sous-secteur des pêches. Il vise surtout la promotion d’emplois décents pour les jeunes hommes et femmes, confrontés à une grande difficulté à entrer sur le marché du travail. En effet, le secteur des pêches crée environ 35.000 emplois, soit 3% de la population active et environ 30% des emplois formels au niveau national. La pêche artisanale contribue à 80% de l’emploi du secteur.

Mieux structurer les coopératives de la pêche artisanale

Un consortium formé de plusieurs groupements de pêcheurs, de détaillantes et transformatrices, de mareyeurs, collecteurs et distributeurs, vont être encadrés par des structures locales oeuvrant dans le secteur de la pêche artisanale. Ces dernières ont été initiées durant deux semaines aux outils du BIT en matière de développement coopératif, tels que Think Coop, Start Coop et Mycoop.

A l’issue de cette formation, les participants disposent désormais de connaissances et d’outils nécessaires pour diagnostiquer des coopératives, leur concevoir un plan d’accompagnement sur dix séances d’une demi-journée et mettre en œuvre ce plan d’accompagnement. Ils disposent également d’une excellence compréhension du concept de coopérativisme, ses avantages et inconvénients, ses implications et les raisons d’utiliser ce type de collaboration.  Ils peuvent dorénavant distinguer entre une coopérative, une GIE et une association et se sont familiarisés avec le cadre juridique national sur ce sujet ainsi que sur les outils du BIT sur le coopérativisme. Ils ont été aussi formés sur l’accompagnement des micro et petites entreprises de la pêche artisanale.

Quelques réactions post-formation

Giles Coles, point focal du BIT : «à la fin de cette formation, nous allons recruter un consortium avec plusieurs partenaires locaux qui va mettre en place une dizaine d’activités, dont l’accompagnement d’acteurs économiques telles que les coopératives. Cette formation fait suite à plusieurs que nous avons mené durant ces deux mois. Pour ce qui est de la formation sur le coopérativisme, elle s’est étalée sur dix jours pour une vingtaine de participants. Le BIT compte à travers ce personnel local formé, accompagner les groupements économiques travaillant dans la pêche artisanale sur le concept du coopérativisme, qu’est-ce qu’une coopérative, quels sont les principes fondamentaux d’une coopérative, quel est le processus de création et de développement d’une coopérative. Cette formation est un mélange de théorie et de pratique. D’ailleurs la deuxième semaine a été consacrée à des exercices de simulation sur le terrain. Les participants ont mis en exercice ce qu’ils ont appris en accompagnant des coopératives de la pêche artisanale, à travers les outils du BIT qu’ils ont appris, à commencer par l’identification des besoins, les études de faisabilité techniques et financières».

Ramata Ly, Sahara Consulting : «cette formation m’a beaucoup servi pour pouvoir accompagner sur le terrain les regroupements de pêcheurs à se réunir en coopératives. Pour moi, Start Coop constitue l’outil le mieux adapté et le plus facile à utiliser. Il est le plus détaillé et celui que je maîtrise le plus».

Aïssata Bal, Sahara Consulting : «cette formation du BIT en accompagnement des coopératives m’a été très utile car en temps normal, je travaille dans le développement et l’autonomisation des femmes.  Maintenant notre idée est beaucoup plus fixée sur quand est-ce qu’une coopérative doit se constituer et comment elle se constitue. Ce qui nous permettra une fois sur le terrain de comprendre pourquoi beaucoup de coopératives ont échoué».

Youssouf Dieng, ONG Action : «cette formation tombe au bon moment car mon organisation s’apprêtait à accompagner des groupements de pêcheurs à mieux se constituer. Les outils du BIT qui nous ont été présentés, notamment Start Coop, constituent ainsi une aubaine pour moi, car c’est l’approche la plus adaptée pour cette action».

Abdallahi Niang, Sahara Consulting : «cette formation m’a permis personnellement de me familiariser sur des réalités que je ne connaissais pas, comme les coopératives. Elle m’a permis à présent d’être bien outillé pour accompagner les groupements de la pêche artisanale à se former en de véritables coopératives, pas celles qu’elles prétendent être».

Mohamed Ibrahim Sarr, Sahara Consulting ; «cette formation nous a permis de nous améliorer en termes d’outils pour accompagner les coopératives du secteur de la pêche artisanale ou les regroupements qui veulent s’organiser en coopératives. Pour cela, je trouve que Star Coop, l’un des outils du BIT, est le mieux adapté et le plus facile à être utilisé».

Comment créer de l’emploi pour les jeunes et les migrants dans la pêche artisanale

Débarquement de produits de pêche (Crédit Aidara)

Pendant cinq jours au cours du mois de mars, une douzaine de personnes pour la plupart des partenaires locaux recrutés par le BIT dans le cadre du projet Promopêche, ont été formées pour la création et l’accompagnement de caisses d’épargne et de crédit dans le secteur de la pêche artisanale. Cette formation a également visé des membres d’institutions de microfinance déjà actifs dans l’encadrement des groupes d’épargne et de crédit dans le cadre de leurs activités. La formation a tourné autour de la méthodologie Associations Villageoises d’Epargne et de Crédit (AVEC) et ses outils, que les participants devront mettre en pratique de manière autonome.

L’objectif est de former des agents de terrain et des superviseurs capables d’accompagner et de créer dans les zones du projet Promopêche et sur un cycle de 12 moi au maximum, au profit de populations à faibles revenus ou dont les revenus sont irréguliers, des Associations villageoises d’épargne et de crédit.

La sensibilisation à l’entreprenariat au profit des acteurs de la pêche artisanale

Cette formation qui a eu lieu en avril 2019, va permettre de mettre en place des séances d’éducation financière dans le secteur de la pêche artisanale sur les zones d’intervention de Promopêche, à savoir, les quatre points de débarquement ciblés, MHeïjrat, Tiwlit, PK 93 et PK 144.

Elèves pêcheurs artisans en formation (Crédit Promopêche)

Sous la férule d’une consultante internationale, Yousra Hamed, spécialiste en finance inclusive, microfinance et éducation financière du BIT, une dizaine de personnes ont été formées pour prendre le relais et former à leur tour les acteurs de la pêche artisanale, à raison de  40 heures étalées sur une trentaine de séances animées.

Le Making Microfinance Work au profit de personnels d’institutions de microfinance

L’accès aux services financiers pour les pêcheurs artisanaux, les détaillants et les transformatrices est l’un des axes du projet Promopêche. D’où la nécessité d’avoir sur le marché, des institutions de microfinance saines et gérées selon la logique de pérennisations des services financiers disponibles. Ce qui suppose la formation des acteurs selon les outils de gestion les plus performants pour garantir la mise à disposition au profit des usagers d’une gamme d’outils à même d’améliorer le fonctionnement de leur institution.

Photo illustrative d’une formation des services d’appui aux entreprises de la pêche artisanale (Crédit Aidara)

C’est dans ce cadre que le BIT a fait appel au Centre International de Formation de Turin (ITCILO) pour la formation de formateurs mauritaniens en Making Microfinance Work (Volume 1). Les participants à cette formation de formateurs, une quinzaine, sont du milieu des microfinances locales. Ils sont partenaires actuels ou potentiels partenaires pour la mise en œuvre des activités de Promopêche et du BIT. Pendant dix jours, ils ont été formés à travers des exposés, des études de cas et des échanges qui leur permettront d’améliorer la performance de leur institution de microfinance.

Les participants y ont appris le management,  c’est-à-dire la définition de la vision stratégique et le rôle du manager dans l’atteinte des objectifs de l’institution, le marketing ou la fidélisation de la clientèle à travers le développement de produits et services adaptés, la gestion des risques, ou la cartographie des risques qui porte sur les meilleurs moyens de minimiser ceux auxquels l’IMF est le plus vulnérable, l’architecture organisationnelle, qui permet la mise en place d’institutions solides et durables, et enfin, l’efficacité et la productivité, soit l’utilisation efficiente des ressources humaines et financières pour maximiser les résultats.

L’objectif de cette formation est de renforcer les capacités en gestion des professionnels de la microfinance en élargissant la compréhension des différentes fonctions qui contribuent à la bonne performance des IMF, en fournissant une gamme d’outils susceptibles d’aider les gestionnaires à améliorer la performance de leurs services, agences ou institution. Cette formation vise aussi à stimuler le partage d’expériences et de stratégies de réponses aux défis actuels mais aussi d’exposer les gestionnaires aux expériences de la microfinance dans d’autres régions du monde et inspirer une réflexion plus innovante sur ce qui pourrait être faisable dans l’environnement local.

Cheikh Aïdara


L’assèchement de la mare de Kankossa menace la vie des populations

L’assèchement de la mare de Kankossa menace les moyens d’existence des populations de cette ville, chef-lieu de la Moughataa relevant de la région de l’Assaba. L’alerte est donnée par l’Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG) qui travaille sur la région du Guidimagha et de l’Assaba.

Le tarissement des ressources en eau de cette mare interpelle en effet les pouvoirs publics et les partenaires au développement  sur le sort préoccupant des populations locales dont la mare constitue l’unique source en eau et en ressources économiques. Hormis l’usage domestique, la mare regorge de poissons, développant ainsi une activité de pêche qui fait travailler des dizaines de personnes et alimente le marché en produits riches en protéine.

La mare abreuve également les animaux, mais aussi participe au développement du maraîchage et de l’agriculture locale. Plusieurs milliers de personnes vivent des ressources qu’elle fournit et de l’écosystème engendré par sa présence pluriséculaire. Les habitants de Kankossa souffrent énormément de son assèchement et de la détérioration des capacités de production agricole. Toutes les activités socio-économiques s’en trouvent affectées et la surexploitation des ressources en eau et en terre entraînera sans nul doute conflits et migrations.

Le PNUD par le biais du SGP avait anticipé et  travaillé sur le long du bassin Msilé qui alimente la mare  afin d’organiser les  communautés du bassin dans une action coordonnée au niveau local (5 communes) pour protéger et préserver l’écosystème du bassin, qui représente un patrimoine commun, en tant que ressources environnementales pour le bien de générations présentes et futures. La situation s’est cependant détériorée au fil des ans, du fait des changements climatiques et de la pression démographique au cours des dernières décennies

Le contexte climatique défavorable, la forte pression démographique et la pauvreté accentuée, mais aussi l’inadéquation des politiques publiques ainsi que la faiblesse des institutions sont les principales causes de l’insécurité alimentaire dans cette zone.

La Moughataa de Kankossa enregistre le taux de malnutrition le plus élevé du pays, 6,2% de malnutrition aigüe sévère (MAS) et 20,5% de malnutrition aigüe grave (MAG). La détérioration graduelle et accélérée de la situation de la mare aura des effets néfastes sur les populations et en particuliers les femmes et les enfants qui sont déjà fragilisés par une situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle dépassant de loin le seuil d’alerte.

L’association des pécheurs de Kankossa vient de lancer un appel que vous pouvez visualiser sur le lien suivant :

https://kiffainfo.net/article24797.html

Les populations lancent ainsi un appel de détresse pour attirer l’attention des pouvoir publics et des partenaires sur la situation catastrophique de la mare. Une mobilisation rapide est requise, sur la base d’une analyse urgente de la situation afin d’assurer la survie de la population de Kankossa, avant que son état ne s’aggrave face à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle grave

Le SG de l’Association des Pêcheurs lance un appel de détresse

Dans la vidéo dont le lien est au dessus, le Secrétaire général de l’Association des pêcheurs de Kankossa, Mohamed Lemine Ould Abdallahi Ould Kaber, a déclaré que son association a alerté depuis des années les autorités administratives sur la situation de la mare qui s’asséchait année après année, sans qu’aucune oreille attentive n’ait voulu les écouter.

Mohamed Lemine Ould Kaber qui avait accordé une interview au site «Kankossa Yowm», affirme que son organisation a alerté les autorités administratives et les responsables de la commune. Ils ont même alerté tous les responsables gouvernementaux qui ont eu à effectuer des passages dans la ville, le Wali de l’Assaba et même le président de la République. L’association des pêcheurs de Kankossa accuse ainsi les autorités de faire la sourde oreille face à la menace dangereuse qui s’annonçait. Aujourd’hui, la mare de Kankossa, dit-il, s’est asséchée, créant la panique au sein de la population dont la survie est intimement liée à elle, en particulier les populations pauvres, les pêcheurs qui ont perdu leur unique source de revenus, sans compter les élèves et les commerçants.

Désignant une bande de poissons en décomposition, Mohamed Lemine Kaber n’a pas pu cacher sa douleur et a réclamé une intervention rapide des autorités.

Cheikh Aïdara 


Le Forum National de la Jeunesse réunit 150 jeunes autour du Dividende Démographique

Cent-cinquante jeunes venus des différentes Wilayas du pays ont pris part du 2 au 3 mai 2019 à Nouakchott au Forum National de la Jeunesse ouvert sous le thème «Tous engagés pour le dividende démographique et le développement durable». Cette manifestation qui fête ses dix années est organisée chaque année par le Ministère de la Jeunesse et des Sports avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

«Je suis venu assister à ce Forum pour interpeller les autorités, l’UNFPA et les jeunes, sur le drame des femmes rurales en couche qui meurent en cours de route au moment de leur transport vers des structures de santé éloignées de plusieurs kilomètres de leur localité. Je suis venu plaider pour que les services de santé soient rapprochés des populations ».  C’est le témoignage recueilli auprès du jeune MBareck Vall, du Hodh Charghi. Un témoignage similaire a été formulé à différents niveaux par une centaine de jeunes dont la plupart vient des régions de l’intérieur du pays. Certains ont décrié les problèmes de l’éducation scolaire, d’autres le problème du chômage, pendant que les jeunes filles, dont la plupart originaires de la Vallée, ont fustigé la poursuite des mutilations génitales féminines (MGF), la violence conjugale, ou encore la précarité qui pousse beaucoup de familles à retirer leurs filles de l’école pour les travaux domestiques ou pour les marier à bas âge.

Les jeunes comme fer de lance du dividende démographique

Tous ces drames soulevés par les jeunes constituent les principaux thématiques du dividende démographique et pour lesquels le Ministère de la Jeunesse et des Sports, avec l’appui de l’UNFPA, s’est mobilisé pour un débat participatif et des solutions provenant des jeunes leaders dont le choix a été fait selon leur engagement dans les différents problématiques soulevés.

C’est ainsi que les jeunes ont suivi pendant la première journée différentes communications sur la Stratégie nationale de la jeunesse, sur Jeunesse et Citoyenneté, sur la santé de la reproduction, sur la Conférence internationale du Caire (CIPD), sur le concept du dividende démographique et la Feuille de route de l’Union Africaine. Le deuxième jour, ils se sont scindés en quatre groupes, Santé maternelle, Planification familiale, Genre et Violences basées sur le genre (VBG), Jeunesse, civisme et développement durable. A l’issue de ces ateliers, les jeunes ont formulé des recommandations qui devront enrichir les différentes stratégies gouvernementales pour que les préoccupations de la jeunesse mauritanienne soient prises en compte. Un Comité de suivi du Plan d’action des jeunes a été mis en place à l’issue des travaux qui ont été ouverts par la Ministre de la Jeunesse et des Sports, Mme Djindah Mohamed El Moustapha Bal, en présence de son homologue des Affaires Sociales et du Représentant résident de l’UNFPA en Mauritanie,  SEM.Saidou Kaboré.

Gouvernement et UNFPA pour le même combat

Dans l’allocution qu’elle a prononcée à l’occasion,  Mme Djindah Bal a mis en exergue l’attention accordée par les pouvoirs publics au développement, à l’épanouissement  et à la contribution des jeunes dans la croissance économique. Elle a précisé que les experts sont unanimes que des investissements importants et cohérents doivent être faits dans les secteurs stratégiques, comme l’éducation, la santé et l’emploi.

A son tour, le Représentant résident de l’UNFPA a insisté sur l’importance à accorder aux jeunes, eu égard à leur poids démographique, soulignant que «de nos jours, 1,9 milliards de la population mondiale sont des jeunes, dont la majorité vivent dans les pays en développement et la plupart, 64%, en Afrique». Il  a salué au passage les efforts fournis par la Mauritanie pour relever le défi posé par sa jeunesse, à travers «la ratification de la Charte africaine de la Jeunesse, l’octroi de 1% des recettes douanières au secteur de la jeunesse et des sports, la création du Haut Conseil de la Jeunesse, l’adoption d’une loi sur la santé de la reproduction, la promulgation d’une fatwa contre la pratique des mutilations génitales féminines».

Le projet SWEED a également participé à l’organisation et à l’animation des débats. Le maire de la commune de Tevragh-Zeine, M.Taleb Ould Mahjoub a prononcé un discours de bienvenue à l’ouverture du forum.

Témoignages

En marge de la manifestation, beaucoup de jeunes se sont exprimés pour saluer l’organisation du forum qui permet aux jeunes mauritaniens de divers horizons de se rencontrer, d’échanger et d’interpeller les décideurs.

Pour Marième, association de jeunes de Riadh (Nouakchott): «la femme en tant que pilier de la société doit participer activement dans la sensibilisation et s’engager activement pour les changements des mentalités, surtout que son rôle a toujours été dévalué, parce qu’elle est souvent considérée comme un fardeau pour la société».

Ali Kébé, Association des Jeunes au service de Rosso : «je pense que le dividende démographique est un  concept que la plupart des jeunes présents à ce Forum ignoraient jusque-là, d’où l’importance du thème retenu au cours de cette rencontre et qui a permis  à ces jeunes d’appréhender encore plus le rôle qui leur est dévolu pour améliorer la santé reproductive, l’éducation des filles, lutter contre les VBG, mais surtout contre les pratiques néfastes comme les MGF et le mariage précoce des filles».

Bâ Bocar, président Afriyan Mauritanie : «Afriyan Mauritanie, qui fait parti d’un réseau régional de jeunes africains engagés sur la thématique du dividende démographique, s’est repositionné. Il va identifier au cours de ce forum les jeunes leaders issus des différentes régions du pays pour en faire des points focaux du dividende démographique dans leur région».

Questionnements
Au milieu de l’euphorie des nouveaux participants qui inaugurent leur premier Forum National de la Jeunesse, des vétérans qui sont là depuis 2009, date de la première édition, restent sceptiques par rapport aux résultats attendus. Ces questions qu’ils posent s’adressent aussi bien au Ministère de la jeunesse et des Sports qu’aux partenaires, tels que l’UNFPA :

– Quel bilan le Ministère de la jeunesse peut aujourd’hui nous présenter après dix années de rencontres du genre, surtout que nous touchons vers la fin de la Stratégie nationale de la Jeunesse 2015-2020 alors que les résultats en termes de promotion, de l’entreprenariat, de la formation et de l’insertion professionnelle des jeunes, autant de recommandations issues des différents forums nationaux de la jeunesse, n’ont pas été satisfaits ?

– Quelle approche va-t-on développer face à la création des nouveaux Conseils régionaux et la décentralisation qu’ils incarnent, sachant que le développement local, à partir des spécificités et des richesses au niveau local, peut constituer un bon levier pour les jeunes ?

– Que vaut aujourd’hui le Haut Conseil de la Jeunesse, que valent toutes ces nominations de jeunes à des postes nominatifs dans le gouvernement ou dans les hautes sphères de l’Etat s’il n’y a pas de retombées directes sur la condition des jeunes ?

– Ne faut-il pas fusionner le Haut Conseil de la Jeunesse et le Réseau National des Jeunes et organiser des élections à la base, au lieu de cette cooptation qui ne diffère en définitive en rien aux nominations gouvernementales ?

Cheikh Aïdara

REPORTAGES PHOTOS

Toutes les photos sont Crédit Aidara


Par delà la lutte contre le travail des enfants en Mauritanie, le souci de les protéger des travaux dangereux

Un atelier de deux jours sur le travail dangereux des enfants a eu lieu du 2 au 3 mai 2019 à Nouakchott, sous l’égide du Ministère de la Fonction Publique, en collaboration avec le projet «MAP 16» piloté par le BIT. Une rencontre qui a permis de revenir sur le bilan de plusieurs décennies de stratégies nationales pour l’enfance, à quelques encablures de 2025, date à laquelle la Mauritanie s’est engagée, à l’instar de beaucoup de pays, à mettre définitivement fin au travail des enfants.

Le débat sur le travail des enfants (Crédit Aidara)

Cette rencontre de deux jours a été solennellement ouverte par le Secrétaire Général du Ministère de la Fonction Publique, du Travail, de l’Emploi et de la Modernisation de l’Administration, Ahmed Ould Mohamed Mahmoud Ould Deh. Selon lui, «cet atelier s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Plan d’action du département pour l’année 2019, d’une part, et d’autre part, la volonté de notre pays d’honorer ses engagements suite à la ratification en 2001 de la Convention internationale 182 de lutte contre toutes les formes de travail présentant des risques pour les enfants».

Marc Ninerola, Coordinateur du Programme «MAP 16», destiné à lutter contre le travail des enfants et le travail forcé, Coordinateur du Projet «Bridge» en Mauritanie, a de son côté exprimé «l’importance que présente l’organisation de cette rencontre qui va contribuer sans doute à la sensibilisation et à la prise de conscience des dangers auxquels les enfants font face».

Crédit Aidara

Les participants, cadres de départements ministériels, membres d’organisations de la société civile, partenaires au développement, ont pendant ces deux jours débattu de la problématique de l’enfance, de son rapport au travail et surtout au travail dangereux. Le débat a été modéré par Hamoud Ould T’Feïl, Conseiller du Ministre de la Fonction Publique et Point focal de l’Alliance 8.7, Pacte mondial pour l’atteinte de l’objectif 8 cible 7 des Objectifs de Développement durable (ODD), pour  l’éradication définitive du travail des enfants, du travail forcé, de la traite des êtres humains et de l’esclavage moderne.

Les intervenants considèrent que la protection des enfants en Mauritanie est une problématique qui se pose avec acuité. Ils estiment que les résultats de décennies de politiques pour l’enfance et de budgets engloutis ont abouti au contraire des objectifs visés. Au lieu de baisser, le nombre d’enfants qui travaille en Mauritanie a quasi doublé, passant de 17% en 2000 à 36% en 2017 pour les moins de 14 ans. Pire, 37% des enfants mauritaniens âgés de 13 à 18 ans ont affirmé avoir travaillé et 80% avoir subi des violences (Enquête Mics 2015 de l’ONS).

Crédit Aidara

Ces chiffres, selon eux, sont d’autant plus alarmants que la Mauritanie n’a plus que quelques petites années pour honorer ses engagements d’éradiquer définitivement le travail des enfants d’ici 2025. Quelqu’un a même ironisé, «cela risque d’être comme la Santé pour Tous en 2000, dont le creux slogan fait sourire aujourd’hui».

D’autres gardent cependant de l’espoir avec l’engagement de la société civile,  la création des Tables régionales de protection de l’enfance dans dix Wilaya du Pays et dans 37 communes, mais aussi la création en 2017-2018, des Comités régionaux de lutte contre le travail des enfants dans cinq régions du pays, bien que ces comités, soulignent-ils, ne disposent pas encore de cadre légal pour leurs actions ni de moyens pour mettre en œuvre leurs plans d’action.

D’autres intervenants ont soulevé l’absence de données et d’indicateurs sur le travail des enfants en Mauritanie, mais aussi l’absence d’un lifting des travaux jugés dangereux pour cette frange. Ils soulignent que la précarité des familles, la pauvreté des ménages, la tradition et les coutumes ne doivent pas servir d’alibi pour soustraire l’enfant de son milieu naturel, l’école, pour le mettre au travail.

Pour Marc Ninerola, «nous sommes dans une logique intégrale. Sans une reconsidération des salaires des travailleurs, il est difficile d’avancer sur les normes contre le travail des enfants». Il a donné l’exemple de la chaîne de valeur du Cacao en Côte d’ivoire, qui prouve que quand le revenu du père de famille augmente, il est plus enclin à se libérer de son enfant pour qu’il aille à l’école, le travail de l’enfant étant considéré comme une contribution essentielle à la survie de la famille. En Mauritanie, cette expérience peut être menée dans la chaine de valeur du lait, a-t-il proposé.

Crédit Aidara

A rappeler que les travaux dangereux dont il est question dans la Convention 182 ratifiée par la Mauritanie en 2001 sont cités dans l’article 3 et sont désignés comme les pires formes de travail des enfants. Ce sont  toutes les formes d’esclavage ou pratiques analogues, telles que la vente et la traite des enfants, la servitude pour dettes et le servage ainsi que le travail forcé ou obligatoire, y compris le recrutement forcé ou obligatoire des enfants en vue de leur utilisation dans des conflits armés.

C’est l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant à des fins de prostitution, de production de matériel pornographique ou de spectacles pornographiques. L’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites, notamment pour la production et le trafic de stupéfiants, tels que les définissent les conventions internationales pertinentes. Ce sont enfin, les travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant.

Cheikh Aïdara

 

 

 


Fatma Samoura lance le projet mondial «Football For School» en Mauritanie, choisi comme pays pilote par la FIFA

La Mauritanie est de nouveau sur la sellette de l’actualité du football africain. Après les Mourabitounes, couronnés comme meilleure équipe africaine en mars 2019, voilà que l’institution faitière du football mondial, la FIFA, vient de choisir la Mauritanie comme pays pilote en Afrique pour son nouveau et ambitieux programme «Football For School» qui consacre le football en milieu scolaire avec une cagnotte de 100 millions de dollars U.S que la Mauritanie devra partager avec deux autres pays africains, le Rwanda et le Botswana.

Ahmed Yahya et son invitée de marque, Fatma Samoura (Crédit Aidara)

Au cours de la conférence de presse qu’elle a animée jeudi 2 mai 2019 au siège de la Fédération Mauritanienne de Football (FFRIM) en présence de son président, Ahmed Ould Yahya, Fatma Samoura, Secrétaire générale de la FIFA, a déclaré que le choix de la Mauritanie s’explique par les progrès accomplis par son football, ce qui lui vaut cette qualification historique à la CAN 2019 en Egypte. «C’est surtout l’exemple représenté par sa fédération à travers la bonne gestion des fonds de la FIFA, notamment le programme «Forward», cité partout par Gianni Infantino, président de la FIFA, qui lui a valu ce choix de pays pilote pour le nouveau programme «Football For School » 2019-2022» a déclaré Fatma Samoura. Ce programme consacre, selon elle, «le retour du sport et de ses valeurs à l’école». Il s’articule autour du développement du football à travers des applications simples que des experts envoyés par la FIFA sont chargés de vulgariser à travers les établissements scolaires en Mauritanie, a-t-elle expliqué en substance. Elle a rappelé au passage la mission de la FIFA qui est de rendre le football accessible à tous, avec un accent sur la durabilité des actions menées. «Le programme «Football For School» touchera 700 millions d’enfants à travers le monde et 11 millions de ballons seront distribués dans les écoles » a-t-elle poursuivi. Le choix de l’Afrique comme premier continent ciblé par le programme s’explique selon elle, par le fait que l’Afrique sera le continent le plus peuplé au monde, avec une population dont la moitié sera âgée de moins de 30 ans. «L’Afrique respire le football, mange le football, d’où le choix porté sur ce continent pour servir de pionnier dans ce nouveau programme» a-t-elle ajouté.

Auparavant, Fatma Samoura avait signé une convention de partenariat avec le Ministère de la Jeunesse et des Sports, le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Professionnel, ainsi que la FFRIM, celle-ci étant chargée de la coordination pour le suivi du programme pour le compte de la FIFA.

Cheikh Aïdara

La délégation de la FIFA entre des membres de la FFRIM (Crédit Aidara)

 


Présidentielle 2019, cent-vingt deux conseillers municipaux dont six maires cautionnent la candidature de Birame Dah Abeid

C’est le lundi 29 avril 2019 que Birame Dah Abeid, soutenu par le parti SAWAB, a déposé son dossier de candidature à l’élection présidentielle de juin 2019. Une cérémonie toute «IRAEENNE », de son mouvement IRA connu pour ses innovations en termes de mobilisation, faisant de l’entrée du Conseil Constitutionnel ce jour-là, un lieu de rassemblement haut en couleur. Ce dépôt de candidature a fait l’objet d’une couverture médiatique exceptionnelle, au regard du nombre de journalistes de la presse nationale et internationale qui se bousculaient autour de l’évènement. Ni le candidat du pouvoir, Mohamed Cheikh Ould Ghazwani dont le dépôt de candidature s’est déroulé sans la présence d’aucun journaliste, à part les organes publics, ni Sidi Mohamed Ould Boubacar qui avait déposé une heure avant Birame, n’ont eu droit à un tel spectacle médiatique.  Le phénomène Birame Dah Abeid, qui s’est amplifié durant une tournée dans le Sud du pays avec un engouement populaire sans précédent, prend ainsi son envol.

Décompte du dossier de candidature en présence du président du Conseil constitutionnel et son staff ainsi que le candidat et ses collaborateurs sous le flash des caméras de la presse (Crédit Aidara)

Troisième candidat à avoir déposé son dossier auprès du Conseil Constitutionnel, Birame Dah Abeid, a pu ainsi réunir cent-vingt deux cautions de la part de conseillers municipaux à travers plusieurs régions du pays, parmi lesquels six maires. Comme tous les autres candidats, Birame a été accueilli par le Président du Conseil, Diallo Amadou Bathia et ses collaborateurs. Le dépôt du dossier a été entièrement couvert par les journalistes. Seul restait à compléter, la couleur et le logo choisi par le candidat. Des éléments qui auraient été fournis, selon des sources proches du candidat.

Les partisans de Birame s’étaient massés dès les premières heures de la matinée devant le portail du Conseil Constitutionnel. A son arrivée comme à son départ, il a été salué par des « You-you » et des « Premiers tours! » tonitruants, sous l’oeil vigilant d’une escadrille de la police, qui n’est cependant pas intervenu pour disperser le rassemblement monstre.

A présent, les commissions chargées de mener la précampagne et la campagne électorale du candidat sur le terrain, peuvent se déployer avec la confiance de ceux qui n’ont pu devant eux que le combat de la présidentielle proprement dite.

Restent deux autres candidats dont les dépôts de dossier sont très attendus, en l’occurrence Mohamed Ould Maouloud qui draine l’opposition radicale et Kane Hamidou Baba, le candidat des Négro-mauritaniens investis par plusieurs partis de cette mouvance.

A noter que la date limite pour le dépôt des candidatures est fixée au 8 mai 2019 à minuit.

Cheikh Aïdara

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FC Tevragh-Zeina, la confiance renouvelée du conseil municipal et l’émerveillement des jeunes écoliers de l’école Maariv

«FC Tevragh-Zeina est une école qui a contribué à fournir aux différentes catégories de l’équipe nationale et aux autres clubs de football mauritaniens ainsi qu’au niveau régional, des joueurs bien formés». C’est en ces termes que Moussa Ould Khaïry a présenté, dimanche 28 avril 2019, son club au nouveau conseil municipal de Tevragh-Zeina, qui sous la conduite du maire Taleb Ould Mahjoub, est venu renouveler sa confiance et son appui à l’équipe phare de la Capitale. En effet, dans l’allocution qu’il a prononcée à l’occasion, après une visite guidée qui a conduit les conseillers municipaux dans les différentes ailes de «Megafoot», siège du FC Tevragh-Zeina et sa bâtisse gothique surplombant deux pelouses synthétiques et renfermant les dortoirs des joueurs et de leur staff, des bureaux, un restaurant et un hall bien équipé,  ainsi que des salles annexes, Taleb Ould Mahjoub a indiqué toute la fierté de la Mairie de Tevragh-Zeina à soutenir un club d’envergure dont l’objectif est la formation, dans toutes les catégories, de jeunes mauritaniens capables d’alimenter le football national et pourquoi pas, de se distinguer à l’international.

Le maire de Tevragh-Zeine (à gauche) et Moussa Ould Khairy (à droite)
En effet, l’arrivée du maire et des membres de son conseil avait coïncidé avec la présence à «Megafoot» des différentes catégories du club, les U-13, les U-15, les U-17 et les Séniors. Une véritable pépinière de jeunes dont l’ambition des dirigeants est d’en faire les valeurs sûres du football mauritanien de demain.
Les petites catégories de FC Tevragh-Zeine
Ce fut aussi le moment choisi par une nuée de bambins de l’école turque El Maariv, sous la conduite de leur encadrement, pour visiter le siège de FC Tevragh-Zeina. Des enfants tout émerveillés, qui ont parcouru les escaliers de la bâtisse avec la bruyance de l’innocence. Les gosses se sont engouffrés ensuite dans les dortoirs où ils ont discuté à bâtons rompus avec les joueurs du FC Tevragh-Zeina en regroupement. Dans le hall, ils ont suivi un cours sur l’historique du club, l’œil rivé sur les différents trophées nationaux, championnats, coupes du Président de la République, Super Coupe, que le club a raflé depuis sa montée en D 1 en 2005 et qui étaient alignés là, sous leur regard émerveillé. A la fin de la tournée, les enfants sont allés taper le ballon dans l’une des pelouses de «Megafoot», qui renferme en même temps une académie de football.
Eleves de l’école turque El Maariv ici avec Taghyoullah Denna, joueur et le président du club
Un invité de marque était aussi présent lors de cette journée. Il s’agit d’Alejandro Ferrero Gonzalez, point focal de la plateforme espagnole «Lead and Play»  que dirige Xavier Gonzalès, et qui a en charge de placer les joueurs et entraîneurs dans le monde entier.
Alexandro Gonzalès devant les journalistes
Le recruteur espagnol a déjà ciblé des joueurs de différents clubs mauritaniens, dont sept de FC Tevragh-Zeina. Alexandro s’est dit impressionné par le cadre qu’offre «Megafoot». «Je suis sûr que nous allons réaliser de belles choses ensembles» a-t-il lancé en  direction de Moussa Ould Khaïry qui en réponse, a déclaré que ces propos «vont encourager le club à aller de l’avant dans sa mission essentielles, former et tirer vers le haut le football mauritanien».Cheikh AïdaraREPORTAGES PHOTOS


L’Association des Gestionnaires pour le Développement (AGD) brise la glace entre les jeunes et les élus

Briser la glace entre les jeunes et les élus. Telle est l’ambition de l’Association des Gestionnaires pour le Développement (AGD) qui organise lundi 29 avril 2019  à partir de 16 heures au Stade de Sebkha, une rencontre-débat «Sous la Khaïma» entre les jeunes et les élus. Ce sera l’occasion pour les jeunes d’interpeller les  élus sur leurs  sujets de préoccupations. Un certain nombre d‘élus, à l’image d’Aboubacar Soumaré, Maire de Sebkha, Idrissa Camara, député, Kane Seydou, Conseiller régional, Yaghouba Diakité, président  du CCJS et Bakary Guèye Journaliste, ont accepté de se prêter à la joute. Le débat sera modéré par Bios Diallo, écrivain-journaliste, président du Festival littéraire Traversées Mauritanides. Cette rencontre est appuyée par l’USAID et l’Organisation Internationale de la Migration (OIM).

Il est en effet constaté que la place laissée aux jeunes dans les organes associatifs est minime par rapport au monopole des décisions que des générations plus âgées continuent d’accaparer, exposant les jeunes à une stigmatisation socioculturelle récurrente.  Près de la moitié des 18-24 ans sont en effet exposés à un chômage endémique, pour une population nationale où les moins de 25 ans représente près de 65%. Cette jeunesse est quasiment absente des assemblées élues. Une étude de l’ONG GAPAFS estime que 45% des jeunes appréhendent peu le concept de citoyenneté.

Pourtant, il est prouvé que le tissu associatif porté par les jeunes peut constituer une porte d’entrée pertinente pour le concept d’Economie Sociale et Solidaire, comme le prouvent des actions menées par certaines organisations de la société civile pour accompagner la mise en place de conseils communaux de jeunesse dans certaines capitales régionales.

Outre leur éloignement des centres de décision, que cela soit au niveau des politiques publiques ou des plans d’actions communaux, les jeunes reprochent surtout aux élus de ne pas les associer ou de prendre en considération leurs attentes dans les questions qui les concernent, malgré le dynamisme des associations qu’ils pilotent et les initiatives novatrices qu’ils avancent.

L’occasion sera ainsi offerte à la jeunesse mauritanienne, le lundi 29 avril prochain, d’établir avec les élus, un échange franc et certainement fructueux sur toutes les questions qui les préoccupent et de trouver réponses à leurs inquiétudes. Au sortir de ce débat «Sous la Khaïma» qu’animera l’ONG AGD avec le soutien financier du Projet EMELI de l’USAID piloté par l’OIM, il est attendu des conclusions et des recommandations pertinentes qui contribueront aux objectifs du projet, en l’occurrence l’autonomisation de la jeunesse mauritanienne par l’éducation, le leadership et le progrès personnel.

Cheikh Aïdara

 


Main basse sur le domaine foncier de la TVM

On se demandait bien pourquoi Abdallahi Ould Ahmed Damou avait été nommé à la Télévision nationale AlMouritanye en Décembre dernier. D’aucuns avaient pensé qu’il était là juste pour expurger cette institution d’opposants irréductibles comme Mouna Mint Dey ou de bloggeurs impertinents comme Sid’Ahmed Ould Tebakh. Mais apparemment, c’était juste de la diversion face à la mission véritable et fort « exaltante » qu’est la mise en vente de lotissements situés fort opportunément face au très « stratégique » stade olympique de Nouakchott.


Mais nos gouvernants ne sont jamais bien inspirés pour nous délester et ce faisant commettent des erreurs qui sont dues, surtout, à l’assurance de celui qui ne craint rien et est assurée d’une impunité perpétuelle.

La télé n’est pas une agence immobilière. C’est dire que la vente à laquelle va procéder al Mouritanya est illégale à bien des égards.

Mais avant de voir sa légalité, voyons sa pertinence. La télévision Nationale n’est pas une agence immobilière et en principe ce rôle est dévolu à Iskan. Pourquoi donc introduit-elle une demande de concession provisoire et concession définitive si elle a l’intention de mettre en vente pour réaliser une plus-value ? On est là, très loin des médias et de leur domaine classique!

Sur le plan légal, la TVM (Al Mouritanya) est toujours de fait un établissement public à caractère administratif. Son budget est toujours presque intégralement supporté par le budget de l’Etat et son premier responsable est toujours nommé par le gouvernement. Donc s’il ya lieu de vendre son patrimoine, cela est du ressort du Ministère des Finances comme cela fut le cas de la réforme, il y a quelques mois, de ses voitures qui étaient justement parquées sur ce terrain.

Violation des procédures

Qui plus est, la procédure légale d’attribution et notamment le décret N° 2000-089 du 17 Juillet 2000 abrogeant et remplaçant le décret N° 90.020 du 31 Janvier 1990 portant application de l’Ordonnance 83.127 du 5 Juin 1983 portant réorganisation foncière et domaniale, n’a pas été respectée.

Ainsi le Conseil des Ministres dans sa réunion du Jeudi 07 Mars 2019, a examiné et adopté le projet de décret portant concession provisoire d’un terrain à Nouakchott Ouest au profit de la Télévision El Mouritaniya. Trois semaines plus tard, le Conseil des Ministres du Jeudi 28 Mars 2019, a examiné et adopté le projet de décret portant concession définitive d’un terrain à Nouakchott, au profit de la Télévision EL MOURITANIYA (TVM). Alors que la loi prévoit un délai minimal d’un an. Bien entendu, aucune mise en valeur n’a été opérée entre ces deux dates.

Première entorse, aucun plan de lotissement n’a été adopté en conseil des ministres. Alors que la loi prévoit « Article. 137 – En concertation avec le Ministre des Finances et les autorités Territoriales et municipales compétentes, les services de l’Habitat et de l’Urbanisme établissent les plans de lotissement d’après l’état des lieux levés par les services de la Topographie et de la Cartographie, en tenant compte des constructions en dur édifiées sur des terrains appartenant à des personnes privées et des concessions déjà accordées, mises en valeur et non encore titrées.

Article 138 – Le dossier du projet de lotissement comprend, outre les avis des services visés à l’article précédent, le cahier des charges définissant la destination des diverses zones, le minimum de mise en valeur exigée, les servitudes de reculement, le pourcentage et le volume des constructions et, de façon générale, les règles d’urbanisme imposées. Le projet de lotissement est approuvé en Conseil des Ministres, sur l’initiative du Ministre chargé de l’Urbanisme. »

Deuxième entorse, l’Article 144 du même décret le N° 2000-089 dispose : « Dans les centres urbains qui ont fait l’objet de plan directeur, les demandes de concession en zone résidentielle sont examinées par une commission consultative composée comme suit :

– le Wali ou l’autorité qui en tient lieu, Président,

– le Directeur des Domaines qui assure le secrétariat de la commission,

– le Hakem territorialement compétent,

– le Directeur de l’Urbanisme ou son représentant régional,

– le Maire de la Ville concernée.

Cette commission adresse au Ministre des Finances la liste des personnes proposées. Le bénéficiaire s’engage, sous peine de déchéance, à clôturer le terrain dans un délai de deux ans à compter de la date de l’acte de concession, et à y réaliser, dans un délai de cinq ans à compter de la même date, une mise en valeur conforme aux prescriptions du cahier des charges. »

Au moins deux des membres de cette commission que nous avons pu interroger ont affirmé qu’ils n’ont pas été consultés pour cette attribution. Pour quoi attribuer à la télé un terrain dont elle n’a nul besoin ?

A partir de là il est tout a fait légitime de se poser la question de savoir pourquoi attribuer à la TVM un terrain dont elle n’a pas besoin ? Pourquoi l’Etat ne vend-il pas lui-même le terrain et ensuite donner à la TVM la subvention qu’elle demande ?

Terrains de la télé, école marché, école de police…mêmes bénéficiaires

Il est quasiment certain que les bénéficiaires de cette vente attribution ne seront autres que ceux là même qui ont bénéficié par le passé des ventes de l’école marché, de l’école de Police, de l’école Justice de l’Escadron de Gendarmerie, de la Cité Police et des écoles de TevraghZeina. Il s’agit de Zein Abidine Ould Ahmed Mahmoud et son épouse Meyté Mint Abdallahi, Sidi Ould Ely Kory, Ahmed Ould Yehdhih, Mohamed LimamOuld Benné, Ould Amara et Mohamed LemineOuld Bobatt.

C’est dire que la mission de Ould Ahmed Damou à la TVM n’est autre que de profiter de la précampagne pour permettre à quelqu’un de précis de mettre la main sur cet important patrimoine foncier quitte à tordre le cou à la loi en chemin. Entre l’annonce de la vente et la fin du délai pour prendre connaissance du cahier de charge, moins de 15 jours ont été accordés et bien sûr la vente effective qui devrait avoir lieu le 02 Mai prochain c’est la procédure du pas de charge qui a été adoptée.

Source : B.C- Mauriweb

 


Au Trarza comme au Brakna et au Gorgol, des foules en délire accueillent Birame Dah Abeid

Parti de Nouakchott le mercredi 17 avril 2019 pour une tournée régionale d’une semaine, le candidat à la présidentielle de juin 2019, Birame Dah Abeid et la délégation qui l’accompagne ont été accueillis durant leur périple au Trarza, puis au Brakna et au Gorgol, par des foules en délire.

Arivée dimanche de Birame à Kaédi (Crédit SD)

Après Tiguint, Mederdra, Keur Macène, NDiago, R’Kiz et Rosso, ainsi que dans plusieurs localités du Trarza, comme Tékane, Gani ou encore Tiabène pour ne citer que ces localités, la délégation est arrivée samedi à Boghé, au Brakna,  puis dimanche 21 avril à Bababé, MBagne, où des foules de plus en plus denses l’ont accueilli ainsi qu’au Gorgol, notamment dans la capitale régionale Kaédi.

Durant tout son périple, Birame Dah Abeid a harangué les populations, après des difficultés monstres à se frayer un chemin entre les forêts de corps qui scandaient son nom à tue-tête. Le candidat indépendant qui en est à sa deuxième tentative pour briguer la Magistrature Suprême après 2013 a déroulé son programme électoral qui s’articule essentiellement autour de la réunification des Mauritanien sous l’autel de l’égalité, de l’équité et de la justice sociale.

Birame à R’Kiz

Soutenu par le parti SAWAB et plusieurs mouvements de jeunes, dont l’Initiative de résurgence du mouvement abolionniste (IRA) qu’il préside et qui a déjà prouvé son extraordinaire pouvoir de mobilisation, Birame Dah Abeid s’annonce comme un concurrent sérieux à la présidence de la République et pourrait constituer selon ses partisans, la surprise de cette joute électorale malgré la modestie des moyens dont il dispose.

Le candidat qui a fait tabac lors de son arrivée à Kaédi, achèvera son premier périple le mardi 22 avril. Une pause avant d’entamer une deuxième tournée qui pourrait le conduire dans les régions de l’Est et du Nord.

Cheikh Aïdara

Programme de visite de la pré campagne du candidat Biram Dah Abeid

DateVille/ LieuHeure de départHeure d’Arrivée
Mercredi 17/04/2019Tiguent10h 00
Mederdra15 h11h
Keur Macène18 h
Ndiago19 h passer la nuit
 Jeudi 18/04/2019Rosso8 h10 h
Rkiz19 h Passer la nuit
Vendredi 19/04/2019Douze douze/ Hsey Amar /Taichtayatt/Nasra/Sekamat/Dar Rghaiwat/Jidrel Mohguen18 hPasser la nuit
Samedi 20/04/2019Tékane/ Oumoul Ghoura/Gani/Medina/ Thiambène/BoghéPasser la nuit18 h Passer la nuit
Dimanche 21/04/2019Bababé10h
Mbagne11hMidi
Kaédi17 h Passer la nuit
Lundi 22/04/2019Djéol8h
Toufoundé Sivémidi
Maghama18h
Mounguel / LexeibaPasser la nuit
Mardi 23/04/2019Mbout8h

 

Nouakchott le 16/04/2019                        La commission de communication


Bios Diallo, trait d’union entre les peuples

Il est écrivain, poète, journaliste. Bios Diallo est surtout porteur de valeur de tolérance, de partage et de fraternité. À l’occasion de son passage en France pour participer à des rencontres littéraires, il a répondu à nos questions sur son parcours, ses projets culturels et son pays, la Mauritanie. Sans oublier de nous faire part de son regard sur la France d’aujourd’hui.

Bios Diallo, lors du festival littéraire « Les voix d’Orléans » en avril 2019. Photo (c) Bios Diallo

Vous venez d’assister aux « Voix d’Orléans » où vous avez participé à une table ronde sur la liberté de la presse. Quelle est votre vision de cette liberté actuellement?
Aujourd’hui, il est difficile de parler de la liberté de la presse à cause de l’infiltration des réseaux sociaux et de l’importance donnée à « l’instantané ». On fait la course au scoop et au sensationnel… Il devient difficile de discerner la vérité de la fake news. Informer est une chose, diffuser la « bonne » info, c’est autre chose. L’information n’est plus utilisée pour alerter mais pour faire du sensationnel. Certains organes de presse gardent encore un esprit professionnel mais il faut rester prudent et ne pas tomber dans le piège de l’instrumentalisation. Certains États et lobbies utilisent encore la presse pour garder leur suprématie ou détourner l’information.Comment aider les populations à acquérir un esprit avisé et critique?
En développant la culture. La culture domine toutes mes activités. Celles que je réalise avec l’association des Traversées Mauritanides, que j’ai créée en 2006. Celles que je développe aujourd’hui en tant que directeur de la Formation au ministère de la Culture et de l’Artisanat.

Quels sont les projets que vous avez concrétisés?
Depuis 2010, j’organise les Rencontres littéraires des Traversées Mauritanides qui rassemblent des écrivains et des personnalités de la culture de Mauritanie mais aussi des pays limitrophes tels que le Sénégal, le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et le Mali. Depuis, nous avons aussi invité des auteurs du monde entier. L’invité d’honneur de la dernière édition était le franco-marocain Tahar Ben Jelloun, ancien prix Goncourt. L’an passé, c’était l’écrivaine ivoirienne Marguerite Abouet. Ces noms attestent de l’importance et de la notoriété de ce festival. Le matin, les écrivains rendent visite aux jeunes dans les écoles et l’après-midi, ils participent à des conférences. L’objectif est de donner aux enfants l’envie d’ouvrir des livres et pourquoi pas, de susciter des vocations.

 

« J’ai écrit parce que j’avais besoin d’exprimer des situations qui m’étaient insupportables »

Affiche des rencontres littéraires de Nouakchott, organisées par l'Association Traversées Mauritanides, en janvier 2019. Photo (c) Association Traversées Mauritanides

Affiche des rencontres littéraires de Nouakchott, organisées par l’Association Traversées Mauritanides, en janvier 2019. Photo (c) Association Traversées Mauritanides
Vous êtes vous-même écrivain et poète. Quels sont les thèmes qui vous inspirent?
J’ai écrit parce que j’avais besoin d’exprimer des situations qui m’étaient insupportables. En 1989, un conflit entre la Mauritanie et le Sénégal a fait de nombreux morts. Il y a eu des déplacements de communautés vers le Sénégal et le Mali. J’étais jeune et mes ouvrages étaient des cris de révolte. J’ai rédigé un recueil de poèmes, « Les pleurs de l’arc-en-ciel », en mémoire des Noirs et des Blancs tués. Pour moi, un homme mort est un mort de trop, quelle que soit sa couleur de peau. Toutes les communautés ont pleuré. La Mauritanie ne méritait pas ça. Plus tard, d’autres évènements ont entraîné l’emprisonnement et la mort de nombreux Mauritaniens. Un drame qui a inspiré mon deuxième livre, « Les os de la terre ». Puis j’ai écrit un troisième livre, « Une vie de sébile », sous la forme d’un roman, un style que je considère plus accessible que la poésie. Tout ça pour dire que nous pouvons tous vivre ensemble et en paix. C’était aussi une manière de dire: on nomme les choses pour qu’elles ne se reproduisent plus. Par la suite, j’ai publié un ouvrage sur Aimé Césaire, que j’ai eu la chance de rencontrer en Martinique, en 2002. J’avais réalisé une interview où il était question de la négritude et que j’avais appelée: »Quand petit nègre rencontre grand nègre ». J’ai ensuite participé à des livres traitant des questions migratoires et des conflits au Mali.L’écriture fait partie de votre vie. Elle vous a permis de découvrir le monde, et notamment la France…
J’avais écrit un article sur le poète congolais Sony Labou Tansi que j’avais ensuite envoyé à l’une de ses amies, directrice des Francophonies en Limousin. Le texte lui a plu. Elle m’a alors invité à participer à leur festival. J’ai découvert la France… et j’y suis resté 10 ans. J’y ai poursuivi mes études à la Sorbonne, puis j’ai collaboré en tant que journaliste à Jeune Afrique, Afrique Magazine, L’Autre Afrique. J’ai aussi participé à des évènements littéraires et je me suis impliqué dans le secteur social.

En 2006, vous revenez en Mauritanie. Pour quelle raison?
Au départ, j’étais revenu pour des vacances… Sur place, je me suis aperçu du faible intérêt des jeunes pour les livres. Il y avait aussi une méconnaissance de la littérature mauritanienne, pourtant en plein essor, de la part des élèves. Je me suis dit que je serais plus utile dans mon pays qu’en France. Pendant quatre ans, j’ai animé une émission littéraire sur la télévision locale tout en dirigeant l’association Traversées Mauritanides. En 2010, j’ai organisé la première édition du festival des rencontres littéraires. En octobre 2018, j’ai ouvert une maison de quartier à Nouakchott (capitale de la Mauritanie NDLR) dédiée à la culture et aux actions sociales. Une bibliothèque, des espaces de rencontres et de découverte des nouvelles technologies sont mises à disposition de la population.

La Mauritanie est finalement peu connue en France. Pourriez-vous nous la présenter?
C’est un pays charnière entre le sud de l’Afrique et l’Afrique du nord. Entre l’entité arabe et l’entité africaine. Aussi, les cultures sont très différentes d’une région à l’autre, avec de nombreux peuples: Wolofs, Soninkés, Maures, Peuls, Bambaras… tous se retrouvent dans cet espace géographique multiculturel. C’est un pays de brassage.

 

« Si elle veut conserver sa place sur l’échiquier international, la France doit rester LA patrie des droits de l’homme »

Vue de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Photo (c) Laminesall96 Wikimedia

Vue de Nouakchott, capitale de la Mauritanie. Photo (c) Laminesall96 Wikimedia
Les Arabes l’appellent le « pays au million de poètes ». Pourquoi ce penchant pour la poésie?
Il est vrai que la poésie fait partie de nos rythmes quotidiens. La poésie se déclame lors d’événements festifs, mariages, baptêmes, rencontres de jeunes dans des lieux de réjouissances… C’est aussi un moyen de contourner certains interdits: les élèves d’écoles coraniques les utilisaient à l’intention de l’être aimé. Certains intellectuels s’en servaient aussi pour transcender des interdits, en utilisant des tournures poétiques pour ne pas dire ouvertement les choses et risquer des sanctions.Quel regard portez-vous sur la France d’aujourd’hui?
La France essaie de s’adapter comme elle peut à une crise mondiale et identitaire. Le danger serait que des leaders politiques tombent dans le piège du populisme. Il faut rester prudent sur les questions liées à la religion et à l’immigration et éviter toute instrumentalisation. Parler de l’immigration comme la cause des problèmes des Français est un faux-fuyant. La présence d’immigrés n’ajoute rien au mal-être des Français. Il ne faut pas les leurrer en leur disant que leur malheur vient des gens qui arrivent dans leur pays. Tenir ce discours, c’est dresser les peuples les uns contre les autres. La vraie question à se poser est: comment offrir du travail aux populations. La France a toujours été une grande nation par sa diversité culturelle, son ouverture au monde, ses idéologies et son respect des droits de l’homme. C’est sa carte d’identité. Si elle veut conserver sa place sur l’échiquier international, elle doit rester LA patrie des droits de l’homme.

Pour conclure, quels sont vos projets à venir?
Nous commençons déjà à préparer les prochaines Rencontres littéraires des Traversées Mauritanides qui se tiendront en décembre 2019. Ce sera sans doute l’occasion de continuer à évoquer les questions migratoires qui sont toujours d’actualité. En tant que directeur de la Formation au ministère de la Culture et de l’Artisanat, je vais développer des ateliers d’écriture, de théâtre et de communication au sein de la nouvelle Maison des quartiers à Nouakchott. Nous allons créer des synergies et des partenariats avec des journalistes et acteurs culturels français d’Orléans, de Nantes, de Paris… où j’ai rencontré divers acteurs et structures intéressés à des collaborations. Nous mettons aussi en place des formations pour les journalistes et les écrivains, en lien avec des écoles françaises d’Orléans, de Nantes et de Paris. Je vais aussi bientôt publier un recueil de poésies consacrées aux conflits en Afrique, aux questions religieuses et identitaires. Je ne lésine pas sur les moyens qui peuvent rapprocher les peuples africains, maghrébins et européens car le monde est un village: tout le monde est concerné !

Par Rédigé le 20/04/2019


L’UE et l’UNICEF aux chevets des enfants de MBerra

«Sans assistance en éducation et protection, les enfants du camp seraient livrés à eux-mêmes et exposés à de grands risques créant ainsi des conditions propices à la délinquance, aux mariages précoces, et à toute forme de violence à l’égard des enfants . Ces propos de SEM. Hervé Périès, Représentant de l’UNICEF en Mauritanie, sont cités dans un communiqué de presse conjoint publié le 18 avril 2019 (Voir communiqué ci-dessous) par son organisation et l’Union européenne qui vient d’octroyer à travers le service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes une enveloppe de 52,6 millions d’ouguiyas (1, 3 million d’euros environ) aux populations réfugiées et à la communauté hôte de Bassiknou qui abrite le camp des réfugiés maliens depuis 2012.

Lors du déclenchement de la crise dans le Nord Mali, la Commission européenne avait pourtant mis en garde dès le 11 avril 2012 contre le risque d’une « catastrophe humanitaire majeure qui pourrait se répercuter sur les pays voisins», annonçant dans la foulée le déblocage immédiat de 9 millions d’euros supplémentaires.

Aujourd’hui, les deux organisations réitèrent leur volonté à placer en priorité l’éducation et la protection des enfants de MBerra, comme l’a souligné Pierre Yves Scotto, chef du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’Aide Humanitaire de l’UE qui affirme que «l’éducation en contexte d’urgence est l’une des priorités de l’aide humanitaire de l’UE », précisant que «la part du budget humanitaire européen consacrée à ce secteur extrêmement sous financé est passé de 1% en 2015 à 10% en 2019».

Depuis 2012, l’aide humanitaire d’urgence n’a cessé en effet d’augmenter, l’UE restant de loin le principal pourvoyeur de l’aide internationale et l’UNICEF la première agence des Nations Unies actives sur le terrain.

Ainsi, le soutien financier de l’aide humanitaire européenne, selon le communiqué, a permis la scolarisation de 5 100 élèves au primaire, dont 2 540 filles pour l’année scolaire 2018-2019. «Outre les distributions trimestrielles de kits scolaires individuels, ce projet a également permis la réinsertion de plus de 319 élèves à l’école (dont 148 filles) et la formation de 130 enseignants » est-il précisé, soulignant qu’un «nouveau lycée comptant dix salles de classes a été construit et une bibliothèque est en cours de construction» et que «dans le cadre de l’éducation non-formelle, plus de 2 000 jeunes ont été alphabétisés et 75 formés en métiers».

Cheikh Aïdara

COMMUNIQUÉ DE PRESSE CONJOINT

L’UNICEF et l’Union Européenne assistent près de 22 500 enfants en situation d’urgence au camp de réfugiés de M’berra

Nouakchott, le 18 Avril 2019, L’UNICEF et l’Union Européenne se sont engagés à renforcer la résilience et réduire les risques de protection auxquels sont confrontés les enfants et adolescents au camp de réfugiés de M’Berra. L’engament de l’Union Européenne, à travers leur service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes, se matérialise en 2019 avec l’octroi d’une enveloppe de 52.6 millions d’ouguiyas (près de 1.3 million d’euros) accordée à l’UNICEF pour les populations réfugiées et la communauté hôte.

« Sans assistance en éducation et protection, les enfants du camp seraient livrés à eux-mêmes et exposés à de grands risques créant ainsi des conditions propices à la délinquance, aux mariages précoces, et à toute forme de violence à l’égard des enfants », explique M. Hervé Périès, Représentant de l’UNICEF en Mauritanie.

« Les enfants sont parmi les plus touchés par les crises. Leur éducation est systématiquement interrompue lors d’un déplacement de population. Au niveau mondiale, 50 pourcent des enfants réfugiés en âge d’aller à l’école primaire ne sont pas scolarisés. Notre mandat est de les protéger », a affirmé Pierre Yves Scotto, chef du bureau régional pour Afrique de l’Ouest de l’Aide Humanitaire de l’UE. « L’éducation en contexte d’urgence est l’une des priorités de l’aide humanitaire de l’UE. La part du budget humanitaire européen consacrée à ce secteur extrêmement sous financé est passée de 1 pourcent en 2015, à 10 pourcent en 2019 », a-t-il poursuivi.

En effet, depuis janvier 2012, la Mauritanie continue à subir les conséquences du conflit armé dans le nord du Mali et reçoit sur son sol, les réfugiés maliens qui ont fui leur pays. Aujourd’hui encore, le camp de M’Berra en Mauritanie accueille plus de 57 000 réfugiés dont un sur deux sont des enfants. En dépit des avancées politiques et la signature des accords de paix en 2015, la volonté de retourner dans leur pays d’origine reste très faible parmi les réfugiés en raison de la situation d’instabilité et d’insécurité qui perdure au Mali. Par ailleurs, le camp de M’Berra, se trouve dans une région au sud-est de la Mauritanie particulièrement défavorisée et qui connaît un faible développement tant en termes économiques qu’en termes d’offre de services sociaux de base.

Dans ce contexte, la vie des enfants, et particulièrement celle des filles, est exposée à toute sorte de risques incluant la faible offre d’éducation, l’exploitation, l’abus, le mariage des enfants et le viol. La proximité du camp avec le nord du Mali où une situation d’insécurité persiste, favorise également l’apparition de nouvelles problématiques de protection, notamment l’utilisation des enfants par les groupes armés, mais également les risques liés à la présence d’engins et munitions non explosées dans les zones de retour.

« Compte-tenu d’un contexte de crise qui perdure, le renforcement de l’offre des services sociaux de base pour une prise en charge de qualité des enfants et des adolescents, aussi bien dans le domaine de la santé, de l’équilibre psychosocial que de l’éducation s’impose », a également souligné M. Périès.

Le soutien financier de l’aide humanitaire européenne a permis la scolarisation de 5 100 élèves au primaire, dont 2 540 filles pour l’année scolaire 2018-2019. Outre les distributions trimestrielles de kits scolaires individuels, ce projet a également permis la réinsertion de plus de 319 élèves à l’école (dont 148 filles) et la formation de 130 enseignants. Un nouveau lycée comptant dix salles de classes a été construit et une bibliothèque est en cours de construction. Dans le cadre de l’éducation non-formelle, plus de 2 000 jeunes ont été alphabétisés et 75 formés en métiers.

Par ailleurs, 1 813 enfants ont bénéficié d’un paquet intégré de services de protection comprenant l’accès à l’état-civil, l’appui psychosocial et l’appui en activités génératrices de revenus. Les capacités des enseignants, des membres du conseil pédagogique et des acteurs de la protection de l’enfant ont été renforcées en termes de consolidation de la paix et gestion des cas de protection. L’implication des enfants des communautés hôtes a contribué à réduire les tensions et consolider la paix entre les deux communautés du Département de Bassikounou, l’un des plus vulnérables du pays. 2

A propos de l’UNICEF

UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant. Avec ses partenaires, UNICEF travaille dans 190 pays et territoires pour traduire cet engagement en action concrète, en déployant des efforts particuliers pour les enfants les plus vulnérables et les plus marginalisés, pour le bien de tous les enfants partout dans le monde.

A propos de l’aide humanitaire de l’UE

L’Union européenne, avec ses États membres, est le premier bailleur au monde de fonds humanitaires. L’aide d’urgence constitue une expression de la solidarité européenne avec les populations dans le besoin à travers le monde. Elle a pour objectif de sauver des vies, d’éviter et de soulager la souffrance humaine, et de préserver l’intégrité et la dignité humaine des personnes affectées par les catastrophes naturelles ou dues à l’activité humaine. L’Union européenne, par le biais de son service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes (DG ECHO) aide des millions de victimes de conflits et de catastrophes chaque année.

Pour davantage d’informations, veuillez contacter :

Zahra Cheikh Malainine, Manager de la section communication & plaidoyer à l’UNICEF, zcmalainine@unicef.org

Mohamadou Ly, chargée de presse, Délégation de l’Union européenne en République Islamique de Mauritanie, +222 45 25 27 24 / mohamadou.ly@eeas.europa.eu


Après Nouakchott, la Caravane du Partenariat de Ouagadougou au Niger et au Mali

Après Nouakchott en avril 2018, la Caravane des bailleurs du Partenariat de Ouagadougou (PO), dans sa 5ème édition, se rendra au Niger et au Mali du 24 au 30 avril 2019.

La caravane des bailleurs est arrivée en Mauritanie pour y séjourner du 17 au 20 avril 2018 (Crédit PO)

L’objectif de la 5ème Caravane des bailleurs du PO au Niger et au Mali, tel que présenté par le communiqué de presse ci-dessous cité, est d’élargir les échanges entre les parties prenantes et offrir l’opportunité de soutenir les pays dans leurs efforts de mise en œuvre des Plans d’Action Nationaux Budgétisés (PANB), d’analyser les facteurs inhibiteurs des progrès en matière de planification familiale et de réfléchir sur les solutions. L’occasion aussi de faire le plaidoyer auprès des parties prenantes, notamment les autorités des deux pays, pour le respect des engagements pris auprès du PO et de PF 2020.

Comme la plupart des pays visités lors des précédentes caravanes, le Niger et le Mali souffrent de retards dans le nombre de femmes additionnelles pour atteindre l’objectif du PF 2020. Le Niger doit en effet combler un retard de 41.000 femmes (141.000 recrutées sur 182.000 femmes ciblées), et le Mali, 48.000 femmes (113.000 sur 161.000). Le communiqué de presse rappelle que «lors de la 7ème réunion annuelle du PO à Dakar en décembre 2018, l’ensemble de la communauté du PO a noté la performance de 1.330.000 femmes additionnelles mises sous contraceptifs modernes en 3 ans », soulignant qu’à mi-parcours de la Phase d’Accélération, «les 9 pays du PO ont collectivement atteint 63 % de l’objectif de 2,2 millions de femmes additionnelles visées en 2020 ».

Parmi les  problèmes auquel le Niger est confronté pour la mise en œuvre de son PANB, le renforcement de la chaîne d’approvisionnement, l’insuffisance du suivi et de coordination, l’absence de données actualisées, entre autres. Pour le Mali, les difficultés se situent notamment au niveau de la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement des produits contraceptifs, la mauvaise répartition du personnel, l’insuffisance du suivi et de la coordination des acteurs.

Près de 50 personnes participeront à la caravane, dont des bailleurs de fonds, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et des représentants des gouvernements. Les principaux partenaires et bailleurs sont le Canada, le Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères de la France, l’Agence Française de Développement, la Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation William et Flora Hewlett, le Royaume des Pays-Bas, l’OOAS, l’UNFPA et l’USAID.

Selon le communiqué, le groupe sera élargi à des Jeunes Ambassadeurs pour la PF et des représentants des autres pays du PO. Plusieurs personnes seront dans l’agenda des rencontres, plusieurs ministres (Santé, Femme/Affaires Sociales, Jeunesse, Education, Finances/Budget), les acteurs locaux de la SR/PF (bailleurs, équipes techniques nationales et internationales, OSC, jeunes, parlementaires).

Le groupe de la Caravane procèdera aussi à des visites de terrain pour apprécier l’adéquation entre les politiques et les activités mises en œuvre

Il est attendu aux termes de cette tournée au Niger et au Mali, que les progrès réalisés dans la mise en œuvre des PANB/PF soient mieux connus, que les contraintes soient identifiées, que le rôle et la contribution de chaque acteur soient mieux appréhendés, qu’un soutien soit mieux apporté au plaidoyer des jeunes et de la société civile dans le financement des produits contraceptifs, que les autres défis (coordination, alignement sur les priorités, mobilisation des ressources) soient discutés et les mesures de correction identifiées.

Cheikh Aïdara

 

 COMMUNIQUE DE PRESSE

Dakar, le 01 Avril 2019

Le Niger et le Mali accueilleront la 5ème caravane des bailleurs du PO du 24 au 30 Avril prochain.

La caravane des bailleurs du PO de cette année, tout comme les précédentes, répond à l’ambition d’élargir les moments d’échange entre les parties prenantes du PO. Elle offre un moment exceptionnel pour soutenir les pays dans leurs efforts de mise en œuvre des PANB de célébrer les succès, d’analyser les facteurs qui entravent l’accélération des interventions et de convenir des solutions à y porter. C’est aussi l’occasion de faire un plaidoyer auprès les diverses parties prenantes du PO dont les hautes autorités du pays pour le respect des engagements pris auprès du PO et de FP2020.

Cette édition sera la 5ème du genre.La caravane visitera 2 pays: le Niger du 24 au 26 Avril et le Mali du 29 au 30 Avril.

La contribution du Niger durant ces 3 années est de 141 000 femmes additionnelles sur 182 000 attendues en 2018. Ainsi, le défi pour le Niger est de résorber ce retard de 41 000 femmes additionnelles et d’intensifier les interventions pour atteindre son objectif de 2020.

En effet, la mise en œuvre du PANB du Niger fait face à plusieurs difficultés parmi lesquelles : le renforcement de la chaine d’approvisionnement, l’insuffisance du suivi et de coordination des acteurs et des interventions, l’absence de données actualisées pour la prise de décision, et l’insuffisance de mobilisation des ressources.

En ce qui concerne le Mali, il a pu avoir 113 000 femmes additionnelles sur 161 000 attendues en 2018. Le pays doit donc rattraper un retard de 48 000 femmes additionnelles pour atteindre les objectifs collectifs d’ici 2020.

Parmi les difficultés que rencontre le Mali dans la mise en oeuvre de son PANB, on peut noter: la sécurisation de la chaine d’approvisionnement produits contraceptifs, la mauvaise répartition du personnel résultant de la crise sécuritaire, l’insuffisance du suivi et de coordination des acteurs et des interventions, la faible implication des jeunes, les occasions de PF manquées dont la faible utilisation de la PF postpartum, et l’insuffisance de mobilisation des ressources.

Les priorités des acteurs de la SR/PF au Niger et au Mali sont similaires. Elles comprennent l’importance de la prise en compte des jeunes avec des besoins non satisfaits ; le renforcement de la collaboration avec le ministère de la jeunesse afin que les CECOJE, les infirmeries d’écoles et d’universités intègrent les services adaptés aux besoins des jeunes ; le renforcement de la chaine d’approvisionnement ; le passage à l’échelle de la délégation des tâches y compris l’expansion de DMPA-SC ;

Plus spécifiquement pour le Mali, l’intégration effective de la PF/SMNI/Nutrition y compris dans la vaccination et pour le Niger, le renforcement des structures sanitaires avec des agents de santé qualifiés en l’offre de services de qualité (SONU, Soins infantiles/vaccination…) y compris la  PF postpartum.

Près de 50 personnes participeront à cette caravane parmi lesquelles des représentants des bailleurs de fonds, des partenaires techniques, des organisations de la société civile et des représentants des gouvernements. Ils séjourneront pendant 3 jours au Niger et 2 jours au Mali dans pour y avoir de larges concertations sur les progrès, les défis et perspectives dans la mise en œuvre des diverses composantes des Plans d’Action Nationaux Budgétisés de PF.

A propos du Partenariat De Ouagadougou

Le Partenariat de Ouagadougou a été lancé lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso en février 2011 par les 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers pour accélérer les progrès dans l’utilisation des services de planification familiale au Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Togo.

Le Partenariat de Ouagadougou est basé sur deux principes. Il mise sur une meilleure coordination entre les bailleurs de fonds pour optimiser leurs soutiens aux pays et également sur une collaboration et coopération aux niveaux national et régional pour remédier au taux élevé des besoins non satisfaits en matière de planification familiale.

Contact Presse

Marie Ba, Directrice intérimaire de l’UCPO

Tel : (221) 33 869 70 29

Email: mba@intrahealth.org


« L’appui aveugle et sans réserve » ou cette « hypocritologie » de l’élite intellectuelle mauritanienne

La longue dictature militaire qui gouverne la Mauritanie depuis plus de quarante ans est en fait entretenue par une élite intellectuelle qui a créé une nouvelle science politique, « l’hypocritologie », qui fait des émules génération après génération. C’est même devenu un métier, avec ses directeurs de conscience, ses experts, ses stagiaires, un métier qui rapporte autant d’argent frais que celui de parent du «Président de la République » ou celui « d’obligé d’un généralissime de l’armée ». Des oisifs privilégiés qui vivent à l’œil sur le dos de la communauté, dont la volonté a longtemps été confisquée.

L’indécence générale de cette philosophie érigée depuis quelques années en raccourcis pour « non doués » empuantit l’air et fait de l’intellectuel arriviste un modèle qui a fini par vider de sa substance le mérite et la bonne conscience professionnelle. Résultat, l’idée de toute réflexion a déserté les esprits de la plupart de nos cadres, formatés à ne plus cogiter mais à se faire téléguider et robotiser par celui qui manipule les commandes à partir de la présidence de la République. Le mot de ralliement de ce nouveau type d’intellectuel scotché aux mirages de « l’Etat vache à traire » est « l’engagement sans faille, inconditionnel et sans réserve » qu’il profère au début de tout discours courtisan. Une fois bénie par son Totem à qui il offre son destin sur le plateau de ces ambitions, offrant par la même occasion le destin de sa fratrie et celui de sa famille, il peut alors tout se permettre, dut-il vouloir détruire la nation, comme si le reste du peuple, par cette prostitution de l’élite, devenait du coup un corps sans idée, sans avis et sans vision pour son avenir et celui de son pays. Le Manitou, devant qui la République intelligente et pensante a fait allégeance, le fait très bien à sa place.

Aussi, l’intellectuel imbu « d’hypocritologie » ne se pose pas de question sur la personne à qui il se donne comme une offrande, et cela apparait de manière plus claire en période électorale, comme cette présidentielle décisive dont les Mauritaniens vivent déjà les prémisses, et qui va déterminer leur avenir dans les cinq ou dix ans à venir. Ce Manitou pour qui on s’est dépouillé et à qui on a offert notre âme au Diable, quel type d’homme est-ce, quel est son programme, quel est son background, qui sont les hommes qui l’entourent ?

Ces questions, capitales dans les démocraties conscientes et nimbés de patriotisme, nos intellectuels « intestins digestifs » ne se la posent pas. Ils sont comme la grenouille de Pavlov. Ils ne répondent qu’à une seule stimulation, la voix de leur maître.

Cheikh Aïdara


Rôle de la Société civile dans l’emploi et l’entreprenariat des jeunes en Mauritanie

L’ONG ECODEV a organisé, à l’occasion de ses vingt-ans et en marge de son Assemblée générale annuelle des 10 et 11 avril 2019 à l’hôtel Mauricentre de Nouakchott, un débat très animé sur «le rôle de la société civile dans l’emploi et l’entreprenariat des jeunes en Mauritanie ». Ce débat a été animé par un panel composé de Diop Zeynabou Coulibaly, Directrice de Programmes à OXFAM, Mohamed Bakar Teïss, Ingénieur, directeur général de Helma Forage et président du Club des entrepreneurs de Mauritanie, Mohamed Lemine Atigh qui a dirigé des centres de formation professionnelle (CFPP) dans plusieurs régions du pays et Sidi Khalifou, entrepreneur et Président d’ECODEV.

Les panélistes (Crédit Aidara)

D’entrée de jeu, Haroun Ould Sidatt, expert en entreprenariat et modérateur du débat, a campé le contexte mauritanien et son paradoxe, avant de baliser le terrain pour les panélistes. Auparavant, Mohamed Lemine Ould Abde, membre du Conseil d’Administration d’ECODEV avait adressé, au nom de l’ONG, ses remerciements aux invités et aux participants.

Le paradoxe de l’emploi en Mauritanie

La population mauritanienne est majoritairement jeune, a souligné Haroun Sidatt, soit 60% âgée entre 16 et 35 ans. Une population qui serait selon lui un potentiel extraordinaire de développement si elle est bien utilisée mais aussi une bombe sociale si elle est délaissée, surtout dans un Etat en construction comme la Mauritanie dont les structures sont encore faibles. Il dira que le problème de préparation de cette jeunesse à prendre le relais dans la conduite du pays se heurte aujourd’hui à des défis majeurs sur le plan de l’éducation, de la formation et de l’insertion professionnelle, autant de facteurs qui ne suivent pas selon lui la forte cadence de l’évolution démographique du pays, avec une masse de 50.à 65.000 jeunes, dans la plus optimiste projection, qui rejoigne chaque année un marché du travail qui ne peut en absorber que 12.000.

Cette jeunesse, selon le modérateur, souffre du dysfonctionnement d’un système éducatif, formatif et socioprofessionnel biaisé, marqué par l’absence d’homogénéité dans le parcours des jeunes, avec des jeunes diplômés, des jeunes instruits sans diplôme, des sans éducation, des recalés de l’enseignement. Et toute cette masse de jeunes n’a que trois solutions, rejoindre le secteur public qui recrute au compte-goutte, juste pour remplacer les fonctionnaires partis à la retraite, le secteur privé en construction, sans diversité et sans capacité compétitive, ou créer sa propre entreprise. Le tout est  cependant servi par un cadre d’investissement national peu attractif, avec des déficits criants en infrastructures dans toutes les régions de l’Intérieur, faisant de Nouakchott, le point de ralliement de tous ceux qui veulent ouvrir une entreprise viable.

Le paradoxe de la situation mauritanienne en matière d’emploi et d’entreprenariat a été ressorti, selon Haroun Sidatt, par une étude qui a comparé le nombre exorbitant de jeunes sans travail en Mauritanie et les possibilités offertes par le secteur agropastoral qui serait capable d’absorber 100.000 jeunes chaque année et le secteur halieutique qui pourrait faire travailler annuellement  300.000 jeunes. Ceci sans compter le secteur des Nouvelles technologies, le modérateur citant en exemple le nombre d’emplois créés à Nokhta Sakhina, mais aussi les Start Up de plus en plus nombreux, et le tourisme, un secteur qui reprend de la vigueur. «En réalité, nous n’avons pas de problème d’emplois» dira le modérateur, faisant ressortir encore davantage le paradoxe de la Mauritanie.

Il a cité les initiatives prises par l’Etat pour créer de l’emploi à travers la création d’entreprises  Jeunes, comme la Caisse de Dépôt et de Développement (CDD), mais aussi des initiatives prises par le secteur privé, comme les incubateurs. «Mais pendant qu’on avance à petits pas pour mettre en place des stratégies et des plans de mise en œuvre pour l’employabilité des jeunes, la bulle sociale continue d’augmenter sous la poussée démographique» dira Haroun Sidatt.

La société civile a un rôle important à jouer, dira-t-il, par son expertise, sa proximité des populations et sa capacité de mobilisation de fonds, dans la capture du potentiel national et dans l’optimisation de l’impact emploi chez les jeunes.

Zeynabou Coulibaly, «le problème de l’emploi est dû en grande partie à un manque de volonté politique»

Mme Diop Zeynabou Coulibaly a de prime abord soulevé le caractère contraignant de la géographie de la Mauritanie, située dans la zone sahélo-saharienne avec un territoire à majorité désertique et soumis aux aléas d’un climat cyclique rude, avec des successions de sécheresse, la poussée de la désertification, la dégradation des sols et les érosions côtières, entre autres. S’ajoute à ces facteurs naturels, l’absence de valorisation de l’existant, comme les terres arables, 1% de la surface du pays, où seuls environ 50.000 hectares sont valorisés par année, sur un total de 502.000 hectares disponibles et prêts à l’emploi.

C’est le même constat qu’elle fera dans le domaine de l’élevage, avec un potentiel extraordinaire, mais mal valorisé, car basé sur un élevage extensif et souvent de prestige, avec une absence totale de visée économique et de rationalisation. Elle citera à titre d’exemple, les quantités innombrables de lait que les éleveurs déversent par terre, parce que représentant une surconsommation qu’ils ne peuvent ni utiliser, ni commercialiser faute de route et d’outils de conservation. Et cela, ajoute-t-elle, malgré l’existence aujourd’hui d’usines de transformation des produits laitiers, déjà confrontés à la rude concurrence du lait importé.

Mme Zeynabou Coulibaly ramène ainsi l’absence de valorisation des richesses agropastorales, à un manque de volonté politique pour protéger et booster la production nationale. Elle a évoqué ainsi, la faible part du budget de l’Etat, moins de 5%, accordée au secteur primaire, malgré les deux engagements faits à Maputo puis à Malabo, de consacrer 10% du budget dans le secteur agropastoral. Le constat du désengagement de l’Etat dans ce secteur se lit, selon elle, par la situation dégradée dans laquelle se trouvent aujourd’hui les Délégations régionales de l’Agriculture et de l’Elevage, par rapport à leur situation il y a plusieurs années.

Elle a ramené ses défis par le fait de politiques et de stratégies sectorielles concoctées sans aucune participation des populations, les véritables acteurs de développement ; ce qui débouche, dira-t-elle en substance, sur des problèmes de mise en œuvre. Elle a également évoqué la non adaptation des systèmes de production agropastorale au contexte actuel, notamment dans les domaines de l’agrobusiness et de l’innovation technologique. A cela s’ajoute, souligne-t-elle, l’absence de conscience citoyenne, d’éveil et de sens de l’initiative, déplorant l’attitude attentiste des communautés rurales, en particulier les jeunes.

Mohamed Bakcar Ould Teïss, «absence de données et de système d’information fiable, facteurs de blocage dans l’accès des jeunes au secteur privé»

Mohamed Bacar Ould Teïss a centré son intervention sur la forte demande des jeunes chercheurs d’emploi auprès d’un secteur privé embryonnaire et offrant peu d’opportunités de travail. Selon lui, l’Etat reste le principal employeur, mais aussi l’acteur principal de l’emploi à travers ses stratégies et ses politiques qu’il doit, selon lui, bâtir avec la participation du secteur privé et de la société civile, mais pas seulement les experts, pour empêcher la bulle sociale d’exploser.

L’intervenant estime que le problème d’embauche reste problématique en Mauritanie, les directeurs d’entreprise faisant peu confiance «aux inconnus ». Ce qui fait du secteur privé, selon une participante, un ensemble d’entreprises familiales, bâties sur la parenté et les connaissances. «La plupart de ceux qui se trouvent sur le marché du travail sont en général peu qualifiés, ou présentent un profil qui ne correspond pas à celui recherché. Nous sommes en tant qu’entrepreneurs confrontés à un problème d’information sur les ressources humaines disponibles » a-t-il déploré. Et d’ajouter «je reçois surtout des CV d’étrangers, et peu de CV de Mauritaniens ». Selon lui, c’est à l’Etat de créer un système efficace et crédible d’informations dans ce domaine, malgré l’existence de l’Agence nationale d’emploi des jeunes (ANAPEJ, sensée s’occuper de ce volet emploi-jeunes, et que certains participants ont critiqué pour la qualité de ses données.

En résumé, Mohamed Bakar Ould Teïss trouve que l’information sur la ressource humaine disponible sur le marché du travail est le meilleur outil que l’Etat peut mettre à la disposition du secteur privé pour lui permettre de créer plus d’emplois.

Mohamed Mahmoud Ould Atigh, «la société civile peut jouer un rôle important dans la fixation des jeunes dans leur terroir»

Pour Mohamed Mahmoud Ould Atigh, la situation de l’emploi est explosive en Mauritanie, citant la Stratégie sur l’Emploi de 2003 qui n’avait pas pu voir jour, puis la Stratégie 2018-2030 qui consacre une bonne partie à la politique d’emploi des jeunes. Comme son prédécesseur, il a ramené le problème de l’emploi dans le pays à un problème de communication

Il a été complété dans son intervention par le modérateur qui est revenu sur certains créneaux innovants mis en route depuis quelques années, comme le Marathon de l’Entrepreneur dans lequel la plupart des soumissionnaires sont des jeunes qui ont présenté des projets technologiques innovants dans le domaine de l’agriculture de la pêche à l’intérieur du pays, comme celui qui a présenté un projet sur la pisciculture au Gorgol.

Sidi Khalifou, «la société civile est une bonne école de passage pour les candidats à l’entreprenariat»

Selon Sidi Ould Khalifou, «la société civile est une bonne école de formation pour les politiciens électoralistes, et ceux qui veulent se lancer dans l’entreprenariat », donnant son propre parcours comme expérience.

Il a mis en exergue le nouveau rôle que la société civile veut aujourd’hui endosser, loin des sentiers battus du bénévolat social et de l’urgence humanitaire, pour prospecter des domaines comme la formation de richesses au profit des actions sociales, ou encore l’aspect d’agent économique qui cherche à s’installer dans la durabilité et la pérennité.

Aujourd’hui, dit-il à titre d’illustration, ECODEV cherche après des tentatives infructueuses dans les petits financements au profit des jeunes et des populations, à s’orienter vers l’entreprenariat et l’employabilité des jeunes à travers la création d’incubateurs sur l’étendue du pays.

Ce riche débat a été suivi d’interventions pertinentes de la part de l’assistance, parmi lesquels beaucoup d’experts.

Cheikh Aïdara


7 ans après la création du «Camp Mberra», l’aide humanitaire d’urgence dans sa forme classique reste-t-elle d’actualité ?

Pour la 7ème année consécutive, le «Camp de Mberra » qui reçoit quelques 50.000 réfugiés maliens continue de vivre sous perfusion de la communauté internationale. Une gestion par l’aide humanitaire d’urgence de plus en plus décriée par plusieurs spécialistes des Etats fragiles et des crises multidimensionnelle à longue durée. L’équipe Pays de la Mauritanie doit-elle poursuivre dans cette même démarche d’assistanat en se substituant à l’Etat et aux acteurs nationaux, ou doit-elle chercher une autre méthode plus inclusive et participative, en se fondant sur le nouveau paradigme basé sur la «fragilité de la résilience » qui consiste à renforcer les capacités nationales pour gérer les crises à durée indéterminée ?

Crédit OIM

Pour la septième année consécutive, le camp de Mberra situé au Hodh Oriental, revient au devant des préoccupations des agences des Nations Unies et des ONG internationales qui les accompagnent (voir communiqué de presse ci-dessous).

En bon gestionnaire de ce pré-carré en terre mauritanienne sous perfusion internationale, l’Equipe humanitaire pays continue comme un letimotive à se poser une question récurrente depuis le déclenchement de la crise malienne et l’arrivée des réfugiés en 2012 : «comment améliorer les conditions de vie des réfugiés et des communautés hôtes ? »

Cette question a fait l’objet d’une réunion tenue le 11 avril 2019 en présence des représentants du gouvernement mauritanien et de l’ambassadeur des Etats-Unis, SEM. Michael Dodman, dont le pays finance le projet de l’OIM en charge de ce dossier, par le biais du Bureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’Etat.

Ce projet exécute le même toolkit qu’il y a sept ans : AGR, accès à l’eau, aide à l’élevage familial, dialogue intercommunautaire.

Un modèle de gestion de l’aide humanitaire de plus en plus décriée par les analystes des Etats fragiles et des crises qui lui préfèrent une nouvelle approche.

Crédit OIM

Vers la gestion humanitaire par «Fragilité à la résilience »

Dans un article publié par «The New Humanitarian», un organe spécialisé dans le journalisme au cœur des crises, Jonathan Papoulidis, Conseiller exécutif sur les États fragiles pour World Vision US, livre une analyse sur le caractère obsolète d’une industrie de l’aide qui s’est trop appuyée à son goût sur l’aide humanitaire d’urgence, pour s’attaquer aux crises de longue durée, aux institutions en ruine et aux besoins essentiels dans les Etats fragiles. (Voir lien : https://www.thenewhumanitarian.org/opinion/2019/04/10/fixing-fragility-why-it-s-time-rewrite-rulebook?utm_source=The+New+Humanitarian&utm_campaign=28c3596331-RSS_EMAIL_CAMPAIGN_ENGLISH_AID_AND_POLICY&utm_medium=email&utm_term=0_d842d98289-28c3596331-75503301)

Des enfants réfugiés au camp de Mberra (Photo PAM/Justin Smith)

«Bien que la réponse par défaut d’un modèle humanitaire d’assistance humanitaire à court terme par les donateurs ait sauvé d’innombrables vies, elle s’est également dégradée face aux crises prolongées et récurrentes de conflits, de catastrophes et de misère» a-t-il constaté. Il citera à titre d’exemple, la RDC et son «camp d’urgence » pour les déplacés qui entrent dans leur deuxième décennie, expliquant comment ce modèle a érodé les capacités de réaction et a accru les griefs des personnes déplacées et les communautés d’accueil. Idem pour la Somalie où ce même modèle d’intervention s’est transformé en un mode improvisé de prestation de services à long terme pour la santé, l’éducation, l’eau, l’assainissement et l’assistance alimentaire. Une sorte de dépendance entretenue qui verrouille les opérations humanitaires.

A la place de cette forme classique de l’aide humanitaire, l’auteur préconise une nouvelle approche basée sur le retour sur les principes primaire de l’aide au développement, à savoir la promotion de la croissance économique des Etats pour les aider à résorber la pauvreté, plutôt qu’à les aider à gérer des risques complexes et des crises indéfinies aux causes profondes, parfois structurelles et institutionnelles.  Le nouveau paradigme de l’aide doit se baser, selon Jonathan Papiloudis, sur la notion de «fragilité à la résilience». Cette stratégie vise à identifier les risques complexes et interactifs de conflits, de catastrophes et de dénuement dans les Etats fragiles et à aider à soutenir et à renforcer diverses capacités nationales à y faire face.

Elle se base sur la croissance des économies «inclusives » pour répondre aux besoins humains, alors que l’aide d’urgence classique se concentre sur la satisfaction des besoins et la gestion des risques, des causes et des crises multidimensionnelles. Ce nouveau paradigmes suscite de plus en plus, selon lui, l’intérêt de la communauté internationale, citant en exemple le rapport «Parthways for Peace » publié par l’ONU et la Banque Mondiale en 2018, ou encore l’OCDE qui, en 2018,  a redéfini le concept de fragilité conformément à l’accent mis sur la résilience, notant que «la fragilité s’est définie comme la combinaison d’une exposition au risque et d’une capacité d’adaptation insuffisante de la part de l’Etat, du système et/ou des communautés pour gérer, absorber ou atténuer ces risques».

Cette notion de résilience est également revenue dans l’étude menée par un groupe de réflexion basée à Maastricht, le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM) qui montre comment le mécanisme de coordination de pays a joué un rôle important dans la résolution des problèmes d’action collective entre le gouvernement, les donateurs et les parties prenantes afin de faire progresser le plan de développement national, comme en atteste l’expérience menée en Somalie. En conclusion, Jonathan Papoulidis pense qu’il n’est pas sûr « si la communauté de l’aide aura suffisamment d’appétit politique et de risque pour soutenir les États fragiles dans la longue marche d’un véritable changement ». Mais ce qui est certain, «c’est que le statu quo ne peut pas être maintenu si nous espérons respecter l’engagement mondial pris de ne laisser personne derrière dans les situations les plus difficiles ».

Cheikh Aïdara 

Amélioration des conditions de vie des communautés d’accueil des réfugiés en Mauritanie

Nouakchott – La région du Hodh Ech Chargui, en Mauritanie fait face à des défis liés à l’accès à l’eau et à la santé animale, vu que l’élevage est le seul moyen de subsistance. Plus de 50 000 réfugiés qui vivent dans le camp, et les communautés d’accueil sont éleveurs de bovins.

Pour aborder certains de ces défis, des représentants du gouvernement mauritanien, des agences des Nations Unies et des ONG se sont réunis le 11 avril 2019 pour répondre à la question « Comment les gouvernements et la communauté humanitaire internationale peuvent-ils améliorer les conditions de vie des réfugiés et des communautés d’accueil ? ». Le gestionnaire du projet de l’OIM, Momme Ducros, a présenté, au cours de la réunion, les sultats de ce projet à trois phases, « Augmentation des opportunités de subsistance pour les réfugiés maliens et des communautés hôtes sélectionnées au Hodh Ech Chargui« , financé par le ureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’État méricain, et mis en œuvre en Mauritanie.

Exécuté depuis 2015, le projet a permis d’améliorer sensiblement les conditions de vie des réfugiés et des populations hôtes en établissant des mécanismes pour prévenir et gérer les conflits liés aux maigres ressources de subsistance.

Au total, près de 20 000 réfugiés et 35 000 personnes parmi les populations d’accueil ont bénéficié d’un appui aux activités génératrices de revenus, ont eu accès à l’eau, à un appui à l’élevage familial et à un dialogue intercommunautaire, dans le cadre des activités du projet.

En Mauritanie, l’OIM s’est installée dans la Wilaya du Hodh Ech Chargui pour répondre à l’afflux de réfugiés maliens après le déclenchement de la crise en 2012. Les activités de l’OIM dans la région comprennent la stabilisation des communautés et la promotion du dialogue intercommunautaire.

En ouvrant la séance, l’Ambassadeur des États-Unis d’Amérique en Mauritanie, Son Excellence M. Michael Dodman, a souligné que :« notre compréhension des approches mises en œuvre nous permettrait d’avoir un impact dans notre façon de servir et d’aider les populations dans le besoin à Mbéra, dans le Hodh El Chargui, et au-delà ».

Pour les représentants du gouvernement mauritanien et de la communauté humanitaire internationale travaillant en Mauritanie, la réunion a été une occasion pour partager les meilleures pratiques sur la stabilisation, la résilience et le rétablissement des moyens de subsistance de ces populations dans un pays au centre de l’action humanitaire, de la paix et de développement.

« L’appui constant fourni par les États-Unis d’Amérique, à travers le Bureau PRM, démontre leur prise de conscience des besoins essentiels des réfugiés et des populations hôtes dans le Hodh Chargui, qui ont, aujourd’hui plus que jamais, besoin d’améliorer leurs moyens de subsistance et de prévenir les conflits sur les ressources naturelles.

 ‘‘Je saisis cette occasion pour lancer un appel aux contributions des donateurs pour combler les manques importants dans le secteur de subsistance, à l’intérieur comme à l’extérieur du camp de réfugiés de M’bera.« , A déclaré Laura Lungarotti, Chef de Mission de l’OIM en Mauritanie.

Le projet, financé par le Bureau de la Population, des Réfugiés et de la Migration (PRM) au Département d’État Américain, est essentiel pour fournir un appui à la fois aux réfugiés et aux Communautés Hôtes et réduire les tensions liées aux ressources rares comme l’eau et la santé du bétail.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : Momme Ducros, Chef de projet de l’OIM, Tél :  +222 42 88 89 44, Email : mducros@iom.intou visiter www.rodakar.iom.int


Education Primaire en Mauritanie, quel rôle pour les Associations des Parents d’élèves (APE) ?

En marge de son 20ème anniversaire et de son Assemblée générale annuelle tenue dans la foulée, l’ONG de développement ECODEV a réuni jeudi 11 avril 2019, un panel d’experts pour débattre des problèmes de l’enseignement en Mauritanie et dégager des pistes de solution.

Panel sur l’éducation (Crédit Aidara)

Le panel était composé de l’ancien ministre, ancien Président de l’Université de Nouakchott, Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck, NGaïdé Alassane, Conseiller du Ministre de l’Education Nationale, Cheikh Ould Maata, ancien maire de Riadh et Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Pédagogiques (CERP), El Hadj Ould Rabani, expert planificateur COGES (Conseil de Gestion des Ecoles), Mohamed Ould Tolba de la Banque Mondiale et Dr.Abdallahi Ould Ewah, professeur d’université et gérant du Projet TOME (Transparence dans le budget de l’Education). La rencontre a été modérée par Dr.Mohamed Lemine Hamady, Expert au CERF et professeur d’université.

Survol général

Introduisant le débat, le modérateur a fait un survol de la situation globale de l’enseignement en Mauritanie, avec chiffres et données à l’appui, comme l’amélioration des infrastructures  permettant une capacité d’absorption de tous les enfants en âge scolaire, avec 600.000 enfants qui vont à l’école (statistique de 2018), pour 15.000 enseignants. La Mauritanie compte, selon lui, 4.000 écoles dont 600 pour le privé, avec un ratio de 33 élèves par enseignant et un taux de plus de 100% de scolarisation. Seulement, relève-t-il, le taux d’inscription est de 80%, le taux de déperdition scolaire de 24% , avec un déficit de 145.000 tables-bancs, et 80% des écoles ne disposant ni d’aire de jeu ni de terrain de sport.

Pour Mohamed Lemine Hamady, la société civile, notamment les parents d’élèves, sont un partenaire incontournable dans l’amélioration de la qualité de l’enseignement, soulignant la nécessité pour chaque école de disposer d’une association de parents d’élèves. «Tout le monde est aujourd’hui conscient de la crise de l’école en Mauritanie » a-t-il déclaré, ajoutant que la solution est une solution globale qui interpelle tous les acteurs.

Rappelant l’évaluation qui a été réalisée sur la performance du système éducatif, le modérateur a souligné que l’Etat a dépensé des milliards dans l’enseignement sans résultat qualitatif, soulignant que le taux d’admission dans tous les examens nationaux n’a pas dépassé 35%, que 40% des enseignants ne sont pas passés par l’Ecole Nationale des Instituteurs, que sur l’ensemble des enseignants en arabe, seuls 14% maîtrisent la langue, comme seuls  4% des enseignants en français maîtrisent le français. Cela s’est répercuté, a-t-il souligné sur les résultats, avec 26% d’admission à l’entrée en sixième, 29 % au brevet et 15% au baccalauréat. S’il y a dépenses exhaustives sur les infrastructures, cela s’est traduit de l’autre côté par la baisse de la qualité, a-t-il affirmé, pointant du doigt le système dirigiste et non inclusif qui a jusque-là prévalu, en l’absence de toute implication des acteurs de l’enseignement que sont les parents d’élèves, les centres d’études et les experts indépendants dans la confection des programmes, dans les modèles de gestion de l’enseignement et les programmes pédagogiques. Selon Mohamed Lemine Hamady, toutes les études ont montré que la non implication des APE dans les politiques éducatives sont l’une des causes essentielles de l’échec du système éducatif.

Pour remédier à cette situation, il a suggéré la nécessité d’adopter une stratégie de gouvernance sociale avec les APE comme partenaires centraux, soulignant qu’une étude menée en 2018 a démontré que l’implication des APE encourage la scolarité et le suivi pédagogique.

Cheikh Ould Maata, l’apport des centres d’études et le rôle des APE

Partant de l’expérience du Centre d’études, le CERP, qu’il dirige, l’ancien maire de Riadh à Nouakchott, Cheikh Ould Maata a mis l’accent sur la recherche, la formation et la sensibilisation pour améliorer la qualité de l’enseignement, mais surtout sur l’implication des APE. Ce débat devrait permettre selon lui, de tirer des recommandations qui pourront faire l’objet d’une stratégie capable de recentrer l’apport des parents d’élèves dans le système pédagogique national, ce qui n’est pas encore le cas, a-t-il déploré en substance :

Le Président de la Fédération nationale des associations de parents d’élèves et étudiants, Ahmed Ould Sghaïr, s’est pour sa part félicité du rôle joué par ECODEV dans le domaine de l’éducation, citant les actions à résultats déjà palpables sur le terrain,  comme au niveau de Riadh à Nouakchott et de Tidjikja au Tagant, où l’ONG a formé en 2018 quelques 40 bureaux de parents  d’élèves dans le suivi pédagogique.

Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck et les Zones d’Education Prioritaires (ZEP)

Concept nouveau développé en France dans les années 80 pour harmoniser l’enseignement et offrir une éducation de qualité égale à tous les enfants notamment ceux issus de familles défavorisées, les ZEP servent à renforcer le système éducatif à tous les niveaux et sur l’ensemble du territoire, car comme l’a souligné Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck, le système éducatif est un tout, tant et si bien que toute faiblesse dans une des chaînes peut compromettre le fonctionnement de l’ensemble. La ZEP sert ainsi, selon lui, à corriger les incohérences et  les disparités dues à des problèmes économiques ou sociaux des parents.

Pour Dr.Bekaye Ould Abdel Maleck, la ZEP est créée selon plusieurs principes et critères, la discrimination positive, la prise en charge totale des enfants des familles défavorisées (bourse, trousse), la faible capacité d’accès, la fragilité socioéconomique, la forte déperdition scolaire. La ZEP est administrée à travers des conseils comprenant l’administration, les communes, les APE, avec des commissions spécialisées, comme celles chargées de lutter contre la violence et la délinquance en milieu scolaire, contre les stupéfiants, etc. La ZEP a besoin ainsi, selon l’intervenant, d’enseignants payés plus que leurs autres collègues et plus motivés, avec des primes de suggestion spéciale. Des bourses doivent être octroyées aux élèves ainsi qu’une prise en charge totale sur le plan de l’alimentation dans les cantines scolaires et en fournitures, pour compenser des parents dont ils constituent le plus souvent les seules forces de travail. Dr.Bekaye a suggéré d’ouvrir dans une première phase des ZEP modèles dans les localités les plus pauvres, puis généraliser l’approche dans une seconde étape.

Pr.El Hadj Ould Rabani et l’expérience de COGES

Le Conseil de participation communautaire et de gestion des écoles (COGES) est bâti selon Pr.El Hadj Ould Rabani sur un décret qui donne une place centrale aux APE. Il est composé, conformément à l’article 3 du décret, d’un président élu, d’un Secrétaire général et d’un gestionnaire, plus un représentant de la commune, un représentant des APE, un représentant du personnel enseignant et un représentant des élèves. Il se réunit une fois par mois et discute de tous les problèmes scolaires.

Dr.Abdallahi Ould Ewah et le Projet TOME

Le Projet TOME (Transparency Of Mauritanian Education Budget) liant l’ONG ECODEV et le GPSA (Global Partenership For Social Acountability) de la Banque Mondiale a été lancé le 18 janvier 2017 pour une durée de quatre ans. Son objectif est d’améliorer la transparence du Budget et la qualité de l’éducation primaire à travers les outils de la redevabilité sociale dans les Wilayas cibles, Nouakchott Sud et le Tagant.

Sur la base du diagnostic de la stratégie nationale de l’éducation et du Plan national 2001-2011 puis 2012-2020, il est apparu selon Dr.Abdallahi Ould Ewah que le budget alloué à l’éducation représente 4% du PIB, dont 44 % pour l’enseignement fondamental. «Il y a certes une forte augmentation dans l’accès à l’éducation, beaucoup d’écoles ont été construites, beaucoup d’enseignants recrutés, beaucoup plus d’élèves scolarisés, mais la qualité de l’enseignement a continué à baisser, avec des élèves souffrant de faiblesse générale dans toutes les matières. Un résultat catastrophique » a-t-il arrêté.  Et de poursuivre «100 % des enfants mauritaniens entrent à l’école, mais 90% ressortent dans la rue durant leur parcours scolaire et une fois aux portes du baccalauréat ». Et  de se demander «ces enfants vont où ?».La plupart vont alimenter les gangs, versent dans la délinquance, la drogue, à la merci des premiers recruteurs djihadistes. Avec des enseignants mal formés (non intéressés par leur métier), mal payés, évoluant dans des classes souvent délabrées, sans aucun matériel didactique, le résultat ne peut être que celui offert par le système actuel, dira-t-il en substance.

La solution réside selon lui dans la redevabilité sociale, telle que préconisée par le Projet TOME, à travers un comité de suivi participatif au niveau de chaque école. Ce principe repose sur le fait que l’éducation est l’affaire de tout le monde et que la solution doit venir aussi bien de l’Etat, du secteur privé, des mécènes, des parents d’élèves, de la société civile, des partenaires, dans un même élan coordonné et planifié.

NGaïdé Alassane, encore sur le rôle des APE

Conseiller du Ministre de l’Education Nationale en charge de la Promotion du Partenariat avec les syndicats et les APE, NGaïdé Alassane, est revenu sur le rôle des APE, comme partenaire essentiel du système éducatif. Il a évoqué l’institutionnalisation de ce partenariat entre le Ministère et les APE à travers la révision en cours du Décret 137-1999, soulignant que les parents d’élèves disposent pour leurs actions de prérogatives tirées du circulaire du ministre, de la mise en place de comités de veille, entre autres mécanismes d’intervention.

Des discussions, questions et interventions pertinentes de la part des participants ont par la suite émaillé les débats.

Cheikh Aïdara