Aly Badra Coulibaly

A la rencontre de Jeff Amann, fondateur de l’association Cœur d’enfant d’Afrique

Jeff Amann, blogueur passionné d’éducation ( Ph. Association CEA)

‘‘Notre plaidoyer s’inscrit dans la réflexion comme dans l’action.’’

Cœur d’enfant d’Afrique est une nouvelle association dans l’univers de la société civile ivoirienne. Une organisation de jeunesse pour la cause des enfants, qui adresse plusieurs problématiques liés à leur quotidien. Notamment le travail des enfants, les violences faites aux enfants, l’éducation, le droit, leur bien-être, etc.

Jean François Aman, consultant indépendant en communication des organisations et nouveaux médias, est l’initiateur de ce projet. Lui qui se définit comme un acteur social entend faire de son association un instrument efficace de plaidoyer pour la cause de l’enfant. Il se bat plus particulièrement pour un  accès inclusif à l’éducation et une éducation de qualité.

Le samedi 7 septembre 2019, le bureau exécutif de Cœur d’Enfant d’Afrique a fait sa rentrée associative, à Abidjan. Deux semaines plus tard, le blog Au pays des éléphants, brèves d’ici et là a tendu son micro au président pour en savoir davantage sur les perspectives de l’organisation.

Vous venez de faire votre rentrée associative, à quoi devons-nous nous attendre ?

La rentrée associative nous a permis de remobiliser l’ensemble des membres de l’association, à commencer par le bureau exécutif, et d’accueillir les nouveaux. L’enjeu était de leur présenter notre vision, les missions qui nous incombent, les possibilités qui s’offrent à nous mais aussi les challenges à relever en tant organisation de la société civile pour mieux nous projeter vers l’avenir et atteindre nos objectifs. Autrement dit, il était question de battre le rappel des troupes pour dérouler notre programme d’activités.

Quelles sont les missions que vous vous êtes assignées ?

Cœur d’Enfants d’Afrique entend conduire un plaidoyer pour l’éducation, le droit et le bien-être de l’enfant. Suivant cet objectif, qui est en même temps notre slogan, trois missions se dégagent. La première, notre priorité, c’est l’éducation. Non seulement l’accès à l’éducation, mais surtout une éducation de qualité pour tous. En trois mots, je dirai : accessibilité, inclusion et qualité.

La deuxième mission, c’est la promotion des droits des enfants. Déjà agir pour un accès inclusif à l’éducation, c’est agir en faveur du droit. Rappelez-vous, l’école est obligatoire en Côte d’Ivoire pour tout enfant dont l’âge se situe entre 6 et 16 ans. A côté de cela, il y a les violences basées sur le genre qui nous interpellent et contre lesquelles nous comptons nous battre. Pour la simple et bonne raison qu’un enfant émotionnellement instable et psychologiquement marqué par des violences sera difficilement productif à l’école.

Et en dernier essor, contribuer à la stabilité, au bon développement de l’enfant et à son bien-être de l’enfant par des activités citoyennes, culturelles et sportives.

A lire aussi : Cœur d’Enfant d’Afrique, un nouveau porte-voix de la cause de l’éducation en Côte d’Ivoire

Plus concrètement, que comptez-vous mener comme actions ?

Notre plaidoyer s’inscrit dans la réflexion comme dans l’action. Nous comptons, à terme, mener des enquêtes, produire des articles scientifiques et des rapports de hauts niveaux pour alimenter le débat et nourrir les réflexions sur les questions d’éducation et les autres thématiques qui retiennent notre attention concernant l’enfant. Mais pour l’heure, nos actions seront axées sur la formation, la sensibilisation, la mise à disposition de manuels éducatifs, promouvoir les possibilités d’apprentissage, la promotion des droits des enfants, etc.

D’ailleurs nous débuterons nos activités dans les tous prochains jours par un projet relatif aux droits des enfants. Le Projet Child Right Connect, en prélude à la célébration du 30e anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant ce 20 novembre.

Vous êtes le fondateur de Cœur d’Enfants d’Afrique, d’où vous est venue l’idée et quelles sont vos motivations ?

Cœur d’Enfants d’Afrique est née des vestiges du blog www.enfantsdafrique.net qui traitait des mêmes thématiques. Ce blog m’a permis de se savoir qu’en 2016 en Côte d’Ivoire, 77% d’un large échantillon d’élèves en classe de CE1 n’avaient pas les compétences requises en lecture. Leur niveau en lecture a été qualifié de mauvais ou de très mauvais par rapport au niveau attendu et 80% des élèves n’avaient pas atteint le seuil suffisant de maîtrise en mathématiques.

J’ai aussi appris que plus de 1,6 million d’enfants ne vont pas à l’école, le taux d’achèvement dans le primaire est de 75,1%, le redoublement au primaire s’élève à 11% et enfin, un tiers des enfants ivoiriens vont à l’école pendant 10 ans, voire plus.

A lire aussi : Découverte d’une école atypique, au cœur dans un quartier résidentiel abidjanais

Par ailleurs, j’ai eu l’opportunité dans le cadre d’un programme sur l’éducation des enfants dans les zones cacaoyères, de parcourir plusieurs contrées de la Côte d’Ivoire. Grande fut ma surprise de constater que de nombreux enfants sont laissés pour compte, soit par manque d’infrastructures scolaires et soit à cause d’un déficit budgétaire au niveau des parents, qui préfèrent alors garder leurs enfants avec eux, à leur corps défendant.

Au vu de ces chiffres et de cette situation que je viens de décrire, je me suis senti interpellé. Or, déjà sous la bannière du blog, j’avais individuellement commencé à mener des actions en faveur de l’éducation. La promotion d’initiatives pertinentes d’école informelle, un crowfounding pour l’amélioration d’une infrastructure scolaire, une collecte de kits scolaires pour d’enfants de familles défavorisées… Pour plus d’efficacité et d’impact, j’ai démarché des personnes engagées, susceptibles de croire avec moi en cette vision. Et aujourd’hui, nous sommes une association : une mutualisation des forces et des énergies pour porter haut la cause de l’enfant.

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Qui êtes-vous ? Qui est Jean-François Aman ?

Jean-Francois Aman ou Jeff Amann (c’est selon) est un jeune ivoirien, citoyen du monde engagé pour la communauté et la cause de l’humain. Pour ce qui est du côté social de mon profil. Au niveau professionnel, j’essaie de gagner ma vie en tant que consultant indépendant en communication et nouveaux médias.  J’ai en effet fait des études supérieures, un 3e cycle en communications des organisations, doublé de plusieurs années d’expériences en entreprise, que j’essaie de mettre à profit pour mettre un peu de beurre dans les épinards (Rires). Alors je vous attends pour discuter de production de contenus et de stratégie de développement de votre média.

Votre mot de fin ?

Merci à vous qui nous donnez l’occasion de nous exprimer via votre blog pour parler de cette initiative, à tous ceux qui nous soutiennent d’une façon ou d’une autre et pour terminer, une pensée à chacun des membres de Cœur d’Enfant d’Afrique. C’est ensemble que nous y arriverons !

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La rentrée en images…


Création d’association en Côte d’Ivoire : la DGAT, un véritable obstacle

Exemple de document. Ph.Google

Et si on demandait à la DGAT de libérer les porteurs de projet d’association ? Question ou exclamation à l’ivoirienne ?

Le processus d’enregistrement d’une association et/ou d’une ONG en Côte d’Ivoire – ou de légalisation de son existence – est similaire à un parcours du combattant dans un circuit incertain. Les étapes aussi mal définies les unes que les autres, les délais d’attentes incertains, les lourdeurs administratives, le manque de possibilité de suivre son dossier à certaines étapes, contraignent de nombreux porteurs de projet à l’abandon. Pourtant en France, en Guinée, au Gabon, au Cameroun et dans bien d’autres pays francophones, la création d’une association est une simple affaire que des services de Préfecture gèrent rapidement. Au cœur de cette nébuleuse, le service vie associative de la Direction générale de l’administration et de territoire (DGAT) qui occupe les anciens locaux de l’ONUCI (opération des Nations Unies en Côte d’ivoire) à Cocody, un quartier d’Abidjan. 

En Côte d’Ivoire, la loi N°60-315 du 21 septembre 1960 qui régit les associations semble caduque et devrait être améliorée, au regard d’une proposition des organisations de la société civile réunies dans le cadre du projet LIANE (www.rliane), remise au Ministère d’Etat, Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité (MEMIS) le 13 novembre 2015. Cette loi, qui ne donne aucune précision sur la différence entre association et ONG, invite tout porteur de projet d’association sur le territoire ivoirien à l’inscrire obligatoirement. Une exigence qui annonce le calvaire des requérants.

Si vous avez en projet de créer une association, une ONG en Côte d’Ivoire, soyez simplement prêt financièrement, physiquement patient et moralement endurant. Chacune des étapes est une croix à douleur variable. Le moral, le courage, l’ambition, l’enthousiasme, ne peuvent rien devant l’argent. Nerf de la guerre. Le mot de la paix. L’argent. Qui n’en veut pas ? Qui n’en raffole pas ? Qui en a assez et qui n’en veut pas encore ? Plus ? Ha. Celui qui l’a créé fut à la base de plus d’un vice. Dans une civilisation, des guerriers se mobilisaient pour aller chercher une belle ravie par un bel homme. Paris, fils de Priam vola l’Hélène de Ménélas. Mais chemin faisant l’argent, les butins divisèrent les Argiens. Achille, fâché contre Agamemnon, se mit à côté. Bref. L’argent, c’est la raison de tout. Mais suffit-il dans notre cas? Suivons chacune des étapes de la procédure qui se découvre au fil de la progression d’un dossier.

#La préfecture d’Abidjan ou toute autre…

Le projet de création d’une association en Côte d’Ivoire commence par la Préfecture. Nous prenons notre exemple sur celle d’Abidjan. C’est, dira-t-on l’étape la plus cool. Il faut passer par le hall d’information pour voir le contenu du dossier à fournir. Les informations au hall coûtent environ 2000 FCFA. En contrepartie, vous recevrez une copie du dossier type. Ensuite prévoir entre 3000 et 5000 FCFA le jour du dépôt du dossier. Aucun reçu, n’est remis à ces étapes pour les sommes déboursées par le requérant.

Ceux qui reçoivent les requérants posent souvent des questions aux tons aromatisés de colère et/ou de morale. Ils tiennent les documents et demandent l’objet et le sujet, etc. Leurs questions sont souvent irritantes…

A l’issue du dépôt de la demande, la Préfecture délivre une semaine plus tard, un récépissé de demande d’immatriculation signé par le Préfet. Le document, qui semble être en réalité, un reçu, reçoit automatiquement l’onction de celui qui le transmet, pour pouvoir faire fonctionner votre affaire. « Avec ça vous pouvez déjà commencer à fonctionner », laisse-t-on entendre. Mais ce document qui ne porte que la mention des documents fourni, peut-il servir à ouvrir un compte bancaire ? Non.

Le service des renseignements généraux de la sûreté

Les dossiers de demande sont acheminés à la Direction générale de la police, pour nécessité d’enquête de moralité. Cette enquête porte sur trois membres de l’association : le Président, le Secrétaire général et le Trésorier général. Les officiers des renseignements généraux avertissent : «  Je n’ai pas d’ordinateur, j’utilise ma propre imprimante donc vous aller payer mon encre à 35.000 FCFA, le papier rame aussi, il faut un paquet. Après nous irons voir votre siège, mais il vous reviendra de supporter les frais de notre déplacement, nous n’avons pas de véhicule pour ça… Commencer par aller acheter au secrétariat les imprimés à 450 FCFA… » Une chose est certaine, les personnes rencontrées au cours de cette étape feront leur travail avec une conscience professionnelle impeccable. Elles vous guideront à chaque étape de l’enquête vers les services concernés. Vous aurez l’occasion de découvrir la précarité dans laquelle elles accomplissent leur devoir : juste une table et une chaise. Pour le reste, Allah n’est pas obligé.

A l’issue de l’étape, un rapport sera dressé. Vous retournez à la Préfecture, qui vous orientera vers la Direction générale de l’administration du territoire (DGAT) située à Cocody. Là commence le calvaire du requérant.

#L’étape fatidique de la DGAT

La direction de la vie associative de la DGAT reçoit les dossiers des associations pour traitement avant la signature du récépissé de déclaration. Le petit bureau qui accueille les requérants est bondé de pile de dossiers. Seul Dieu et les occupants sont témoins de la durée de leur présence. Seul Dieu est témoin de la souffrance du nombre de requérants qui attendent la fin de cette étape ou s’en sont lassés.

L’accueil y est correct. Les administrateurs en charge de ce département, indiquent à votre arrivée les pièces manquantes avant de vous dire : « Nous allons vous appeler une fois le dossier traité » tout en vous montrant les lots de papiers qui attendent d’être touché. A ce niveau la durée de la procédure d’instruction du dossier peut varier entre plusieurs mois et plusieurs années. Un, deux, trois, quatre ans souvent. Ce qui est inadmissible pour une simple déclaration d’association. 

Selon des avis de demandeurs recueilli, la DGAT empêcherait de nombreux projets de se réaliser ou fait perdre à des demandeurs des opportunités. «  Aujourd’hui on crée une entreprise grâce au Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) en 3 jours, on peut suivre des dossiers fonciers ou des dossiers d’ACD au Ministère de la construction en cliquant sur un simple lien internet du guichet unique de l’habitat, au niveau du transport, le guichet unique résout les questions de déplacements multiples… Mais pour un simple récépissé, après toutes les tracasseries à la préfecture et à la police, les requérants sont bloqués depuis plus d’un an dans un petit bureau à la DGAT pour diantre seul sait quelle raison », confie M. Abomou.

M. Thiémélé Konan avoue être découragé : « Après avoir franchi toutes les étapes, des administrateurs font blocages. Leurs seuls arguments sont : on va vous rappeler, le Ministre ne signe pas de documents comme ça, sa signature est importante et pleine de responsabilité, nous vous reviendrons… Autant d’arguments sans tête ni queue. Dans certains pays comme la France, ou même le Cameroun, la Guinée, le Gabon, c’est le Préfet qui délivre le document. Point besoin de ces tracasseries. »

Enfin selon M. Bamba, « les administrateurs de la DGAT ont du mal à justifier leur amorphisme. Nous avons une idée et des projets, mais ce blocage qui empêche souvent d’ouvrir un compte ou d’être candidats sur des projets, fait perdre beaucoup à l’Etat. A partir du moment où il y a eu enquête de moralité de quoi encore à besoin la DGAT ? Il y a nécessité de créer un guichet unique ou de reformer ce service ou rien ne bouge et qui ne fait rien bouger non plus. Déjà nous fonctionnons depuis 3 ans, mais rien. »

Sur son site internet ou encore sa page Facebook, la DGAT ne donne aucune information concernant les associations. Seuls les groupements politiques ont un espace un peu fourni d’informations  non actualisées. Que font donc les responsables de la communication de cette maison ?

Parce que la DGAT ralentie ou bloque les processus de création des associations, de nombreux demandeurs « loupent » des opportunités. Car sans ce sésame, impossible de créer un compte bancaire, de poser sa candidature à un appel, de prouver une existence légale.

Dans un Etat qui dispose d’un Conseil national de la Jeunesse et d’une société civile dynamique, un guichet unique de création devrait être dans l’urgence créé afin de faciliter la délivrance de cet acte.


Les garibous, ces enfants mendiants sans droits

Enfant Garibou à Ouagolo, Ph. Aly Coulibaly

Au lendemain de la célébration de la journée africaine des Droits de l’Homme, célébrée le 21 octobre, nous pensons à ces enfants élèves des écoles coraniques appelés « garibous », dans le nord de la Côte d’Ivoire et qui pratiquent la mendicité pour vivre. Impossible, à partir de Bouaké en remontant vers le Nord du pays, de ne pas les apercevoir dans les gares routières, lorsqu’un véhicule marque un arrêt pour une quelconque raison. Des hordes d’enfants mal vêtus, en haillons et sans chaussures, portant des boites au contenu souvent dégueulasse, à cause de la superposition d’aliments aux origines diverses qui s’y trouvent.

Pourtant en Côte d’Ivoire, la loi interdit la mendicité et impose l’école obligatoire pour tous jusqu’à l’âge de 16 ans. La question reste de savoir comment, dans ces zones, ces enfants échappent à la rigueur de la loi ? Pourquoi les autorités de ces espaces laissent le phénomène continuer ? Et comment les gens considèrent-ils ces enfants ?

Ils suscitent la pitié

Comme des mouches, ils sont partout. Souvent, leur vue suscite pitié et révolte. Comment des cultures peuvent-elles être aussi irrespectueuses des droits au point de laisser des enfants à leur sors dans la nature ?

En 2012, j’ai, au cours d’un voyage, été affecté par ce sentiment de pitié. Je me suis laissé émouvoir par un garibou à Ouagolodougou, ville frontalière avec le Burkina-Faso.

Il s’est précipité pour prendre la bouteille de 33 cl que je venais de mettre dans ce qui servait de poubelle à cette poussiéreuse frontière. Il admirait le contenu vide et j’imaginais qu’il rêvait d’en boire. Pendant un long moment, il a épié tous les passagers qui se trouvaient au sale poste de contrôle sanitaire.

Un système corrompu

En Côte d’Ivoire, les agents sont exigeants envers les voyageurs. Ils prétendent s’inquiéter pour leur santé, les obligent à faire des vaccins sous le prétexte qu’une épidémie de je-ne-sais-quoi est annoncée, seul justificatif pour imposer l’achat des carnets jaunes. À défaut de pouvoir le faire, le passager peut glisser quelques billets à ces douaniers, dont  les viscères sont rongées par la corruption, ou encore à ces agent de la santé, qui sont plus rustres que ceux de la grande muette possédant une arme.

Aux frontières ivoiriennes, en allant au Mali ou au Burkina-Faso, nos agents des forces de l’ordre sont le contraire de ceux d’ailleurs. Ils louent au quotidien le bon commandant qui a inspiré leur affectation en ce lieu où l’argent circule. Et quand vous les dépassez, somnolant dans leur hamac, la bedaine devant entre midi et deux, laissant les véhicules personnelles aller et venir et faisant chier les passagers des véhicules des transports commun, vous vous souvenez automatiquement des images de flics dans KIMBO et KINTA… La bulle du sommeil, indiquant les calculs qu’ils se font, songeant déjà au terrain qu’ils achèteraient, ou qu’ils ont acheté, l’immeuble R+X qu’ils déposeront sur un terrain qui sort d’un litige traditionnel et qu’ils ont dû arracher à coup de millions… Bref, à coté de tout ce décor institutionnel souvent irritant, se trouve la racaille humaine, la honte de l’Afrique, les ouvriers de la corruption sur le terrain.

Ces petits mendiants qui sont partout dans le Nord du pays, dans les villes des hautes autorités du pays, le long des voies, courant après tous les véhicules, s’approchant de tous voyageurs, sont le produit d’un État qui manque d’honnêteté vis-à-vis de ses propres décisions.

un Garibou à Ouangolo – Ph.Aly COULIBALY

 

Les coupables : la religion ou la culture

Ces enfants à l’origine sont des élèves. Ils sont en majorité peuls. Ils viennent de toutes les contrées du Nord : Mali, Burkina-Faso, mais aussi de l’intérieur du pays. Ils sont confiés par leurs parents à des maîtres coraniques. Ces derniers ne s’engagent qu’à leur faire boire le Saint Coran sans s’engager aucunement à nourrir leur panse. Ces derniers reçoivent de l’argent des parents pour leur prestation. Ainsi livrés, à eux-mêmes, ils se trouvent dans l’obligation d’aller mendier pendant les moments de repas. Des rumeurs laissent entendre qu’ils ont devoir de rapporter un butin aux maîtres.

Victimes souvent de brimades venant de leurs aînés, de violences verbales de la part des populations, qui les trouvent souvent dérangeant et sans éducation, ces enfants mangent et souvent dorment partout où la nuit les trouve. Pourtant, manger, avoir un toit, des vêtements décents sont des éléments fondamentaux des droits des enfants. Dieu dans sa mansuétude, les garde, les protège et ça roule pour eux, tandis que leurs parents sont loin, à suivre le bétail.

Que faire?

L’idéal : faire appliquer à la règle les textes de lois et punir tous les parents qui encouragent ce type de pratiques. Cette mesure viserait à assainir les rues du Nord du pays et à faire jouir de leurs droits fondamentaux ces enfants. Mais l’État le peut-il, ou le veut-il seulement ? Je me pose la question.

L’école étant obligatoire et gratuite, il faut intégrer les maîtres coraniques dans des processus de formation aux normes nationales. Une cartographie de ces derniers s’impose afin de les inviter chaque année à des sessions de formations, dont l’une des finalités seraient d’améliorer les conditions de vie et d’éducation de ces enfants.

L’État à travers ses structures décentralisées et spécialisées peut aussi permettre à ses enfants d’intégrer le système scolaire classique en ouvrant des cours du soir avec des enseignants qualifiés. Ces enfants donc, après les journées à l’écoles coraniques, pourraient se rendre les soirs, pour bénéficier de cours et suivre un cursus scolaire normal.

Et enfin, appuyer les organisations de la société civiles qui s’occupent de la question.

Ce sont des propositions possibles…


Jacqueville, sous les cocotiers, au bord des plages…

Eglise catholique de Jacqueville (PH/ABC)

56 km des bruits d’Abidjan, presque. Des milliers d’hectares de cocoteraies. L’odeur des algues, le bruit de la fureur des houles de l’océan. La fumée du coprah. Les villas qui se dissimulent à peine entre les branches d’une verdure luxuriante. Pirogues aux couleurs chatoyantes. Les magnifiques couchés de soleil. Cette air douce et paisible qui traverse ce littoral sans distraire la multitude des nationalités qui peuplent les en-dessous des cocotiers. L’odeur du poisson fumé. Jacqueville est un paradis. Et au centre, la petite maison des scouts…

Il y a peu d’années, la ville de Yacé Philippe, Premier président de l’Assemblée nationale, était une ville tranquille. Ennuyeuse diront les habitués, à mourir. Ses plages enviaient peu de nageurs.

Puis vint le  »Pont. » attendu depuis plus de quatre décennies. Le pont a ouvert la route au promoteurs immobiliers, aiguisé l’appétit des vendeurs de terre.

Le pont attira les nageurs et toutes mes opportunités d’affaires liées à ses vastes et propres plages. La violence, le crime, la drogue, les femmes…

Mais rien ne ternis la beauté du lieu…

#Civ225 #MonBeauPays #ABC


Journée mondiale de lutte contre la désertification, le Nord ivoirien se fabrique son propre désert.

Nouvelle plantation, à Diawala

Beaucoup de bruits, peu d’action. Chaque 17 juin, est consacrée à la lutte mondiale contre la désertification. Une journée qui invite chaque homme à soigner sa relation avec la nature pour un meilleur avenir. Le thème de l’année : La terre a de la valeur, investissez-y! Une phrase programmatique qui s’inscrit dans la démarche des ODD, les objectifs de développement durable de l’ONU.

La Côte d’Ivoire a célébré cette journée dans la ville de Dimbokro, capitale de la région du N’zi située à environ 200Km d’Abidjan. Selon le reportage du 20h de la RTI1, la journée s’est résumée en deux actions : des communications et la plantation d’arbres. Classique et en grande pompe. Tous les agents de la protection de l’environnement ont été envoyés en mission à Dimbokro pour sucer l’argent du contribuable comme des vampires. Et pour quel résultat ?

Au même moment, dans le Nord ivoirien, les populations s’adonnent à des pratiques de découpes massives des quelques arbustes qui existentdans les savanes. Les besoins d’argent ont augmenté le rythme de l’abattage, soit pour construire, soit pour vendre. Soit pour cultiver soit pour transformer en charbon ou bois de chauffe pour des ménages.

De la ville de Tafiré à celle de Pogo à la frontière ivoiro-malienne, de Kanahoro à Korhogo, le voyageur rencontre le long de la voie des files de sacs de charbons et de gros tas de bois entassés. Ils sont destinés au commerce, ils attendent les acheteurs. En sillonnant le Nord de la Côte d’Ivoire ces derniers mois, j’ai fait l’amer constat de ces destructions sauvages du couvert végétal et terrestre. Cela au nom d’un commerce désastreux

Dans certaines zones, les arbres de karité ou de Néré sont épargnés, par respect pour leurs fruits. Tout le reste subit la furie des machettes, des hachettes, pour le plaisir des poches de quelques citoyens. Ont-ils le choix d’ailleurs, ont-ils conscience des conséquences de leurs actions ?

Partout, la forêt recule au profit de gigantesques vergers de manguiers, des plantations d’anacarde, de coton, de mais, d’ananas, d’hévéa…Chacun se bat, selon ses forces et relation pour s’arracher un morceau de terre et l’exploiter. C’est présenté comme de l’investissement. Qui passe nécessairement par la destruction de la faune et de la flore.

Pourtant, cette partie que demeure l’ultime zone tampon contre le sahel, (en dessous du 8e parallèle). Et dans chacune de ces localités du Nord ivoirien, les agents et bases des Eaux et Foret, de l’Office ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) et de la SODEFOR existent. La question est de savoir : Que font-ils au juste ?

Dans l’attente d’une réponse, les populations du Nord, appellent le désert, qui, à grand pas, arrive.

En images, la triste réalité :

Tas de Bois entre Ouagolo et Diawala

Photos: Aly Badra L.COULIBALY


Sohouo, un village moderne dans le Poro

Plaque indicative du village (Ph.ABC)

Ce titre est un abus de langage. Sohouo, est en effet un village qui présente toutes les commodités requises pour rendre heureux le fonctionnaire. Le bâtisseur a donné à son village l’allure de sa vision.

Sohouo est un point sur une droite rouge, faite des routes droites comme l’autoroute. A 18 km de Korhogo, capitale du Poro, on s’y rend principalement en moto.

La seule route qui mène aussi à la sous-préfecture de M’bengué et à la mine d’or de Tongon compte deux barrages de gendarmes et policiers. Ces derniers créent des misères aux paysans à moto. Un racket sans scrupule camouflé par de gauches contrôles de pièces  »afférentes aux véhicules. » Honte à ces corps-habillés qui ne font que remplir leurs poches sur la souffrance de labeurs paysannes. Maudits soient ceux ou celles qui  »bouffent » cet argent: maîtresses, femmes, enfants, amis…

Mais la longue route rouge qui conduit à Sohouo connaît le plaisir de roues de BADJANS et de véhicules de mines portés par des portes-chars.

A l’entrée du village, un lycée, entre anarcadiers et arbres de Karité. Il est suivi par une cité d’enseignants, une mosquée, une église, un centre de santé, un camp des Eaux et Forêts, une vaste école primaire, la maison du commandant, une cité pour l’administration du lycée et une forêt d’eucalyptus.

Tout est bien pensé. La ligne rouge qui sert de boulevard à travers le village est jalonnée de pieds de lampadaires, comme à Yamoussoukro, la capitale politique… Elle est savamment tracée. Elle donne une fière allure à cette sous-préfecture.

Je suis émerveillé par l’ambiance à la cité des profs et la beauté des villas mise à disposition pour que chaque fonctionnaire soit heureux de faire son travail.

Comparé au village moderne de Kong, je dirais : « YA PAS MATCH ». C’est comme le jour et la nuit.  La cité des enseignants est composées de balles villas de 5 pièces avec une double cours, un garage, un terrasse, une clôture… Le bâtisseur ne demande à chaque occupant que la modique et symbolique sonne de 20.000 FCFA comme loyer. Onze jeunes vacataires ont été recrutés par le COGES et logés dans une villa pour palier le manque d’enseignants. Voilà que nous dirions  »l’argent est bon, mais l’homme, d’abord est mieux. » Combien de cadres de ce pays songent à investir dans son village comme le fait le député de cette circonscription? Combien d’hommes dans le gouvernement songent au confort des fonctionnaires qui sont affectés dans leurs régions?

A une époque, tous les ivoiriens parlais des efforts du Maire de Djékanou, M.Aboulaye Diallo, de l’exemple de Soubré avec la famille Zadi Kessi, des exploits du père fondateur, Felix Houphouet Boigny à Yamoussoukro… Mais à Kong? Qui se préoccupe de la vie des fonctionnaires? S’y rendre est une épreuve déjà. La route est très mauvaise. Les véhicules de transport, éprouvés par les routes mal reprofilées, sont poussifs. Le logement, déjà rare, est construit sans styles, sans plans ni vision… Vivre à Kong est une épreuve qui ne dit son nom.

A Sohouo, en revanche, j’ai vu de jeunes filles parlant sénoufo en chœur se rendre à l’école sur des bicyclettes, à coups de pédales synchronisés. Les élèves dans leurs kakis sont polis et moins arrogants que ceux d’où je viens.

Et on dit que le boss, un menuisier à la base, député à l’Assemblée, fait de son mieux pour permettre à chaque visiteur de repartir avec une bonne impression.

Tout le monde parle de Sohouo en bien. Il n’y a certes pas de marché, seul couac, mais y vivre est paisible.

A Sohouo, des plantes du Sud poussent et s’épanouissent : bananier, manioc, papayer…

En images

Sohouo, sous l’angle d’une moto…

Depuis Napié, je continue ma descente…


Côte d’Ivoire : les murailles oubliées de Sordy

Restes des murailles de Sordy  (crédit : Badra Aly COULIBALY)

Comme la Chine, le grand nord ivoirien a aussi sa muraille.
Le petit village de SORDY, qui se trouve à 4 Km de Diawala, sur l’axe Ouangolo-Pogo, est un site touristique caché.
Les sénoufo de SORDY avaient érigé trois murs d’une hauteur de 3 mètres autour de leur village pour pouvoir observer les ennemis et pour empêcher les invasions des soldats de Samory Touré.

Ces murs ont été joints avec du sang humain, du beurre de Karité, du lait… les restes de ces murailles historiques dévoilent la maturité du génie militaire et architectural du peuple Gour.

Le chef du village de Sordy affirme que de nombreux visiteurs viennent voir ces murs. Certains sont même des visiteurs prestigieux, par exemple Maurice Bandaman, le Ministre de la Culture et de la Francophonie. J’ai moi-même visité SORDY, j’ai appris que le village a été fondé au cours de la fuite des habitants de Kong, qui est vraissemblabement la terre des Sénoufos.

Malheureusement, les écoliers ivoiriens ignorent l’existence de ce village unique qui répond pourtant à tous les critères pour figurer dans nos livres d’Histoire.
Il semble qu’aucun livre ne parle du village et de ses murailles. Le fils du chef dit qu’il aurait aperçu une photo des murailles dans un livre, mais lequel ? Impossible de s’en souvenir.

En attendant, nos livres scolaires et nos programmes scolaires sont bourrés d’Histoire des autres continents…
Il faudrait se pencher à nouveau sur l’histoire du village et de ses habitants. On parle de résistance… Mais, mis à part les Abey dont l’exploit n’a consisté qu’a manger le fameux Rubino, pour ensuite se faire mater et laisser les têtes de leurs chefs sur des pieux de colons heureux, quels autres modèles figurent dans ces livres d’Histoire ?

Soit on lit, soit on voyage. Lire c’est voyager sans se déplacer…comme dans Matrix quoi !

Il est important que l’Etat ivoirien s’organise pour faire connaître ce beau  village et lui donner ses lettres stratégiques militaires. Peut-être faudrait-il aussi que les villageois de Sordy construisent un pan de mur chaque année, pour redonner à leur village l’originalité souhaitée par ses fondateurs.

Bonne visite à travers mes images…
(Photos : Badra Aly COULIBALY)


Photos: Badra Aly COULIBALY

La suite sur les Blogs: www.iciela.mondoblog.org et www.alyx.sympho.frMon Koyaga préféré…


Standing ovation pour la plus grande école du blog : L’ #ANSUTBlogcamp

Cérémonie de lancement de la Caravane à Yopougon (Ph.ABC)

Comme le célèbre Cirque du Soleil, l’Union Nationale des Blogueurs de Côte d’Ivoire a organisé du 4 au 22 janvier 2018, sous l’égide du Ministère de la communication et de l’économie numérique et de l’ANSUT, une caravane de formation au numérique, dénommée ANSUT Blog Camp. Elle a sillonné le pays en ouvrant de géantes classes ouvertes dans cinq (5) villes. Sa mission : rendre plus de 1500 membres des communautés vivantes à l’intérieur du pays, autonomes, par l’intégration du numérique dans leurs activités.

Ferkessedougou, Béoumi, Daoukro, Daloa, San Pedro. Des villes ivoiriennes culturellement et géographiquement dispersées et aux particularités remarquables. En points sur la carte du pays, les relier est facile. Mais en vrai, la qualité des routes et les longs détours quelle impose, donnent à ses tracées, l’allure d’un parcours du combattant. Ces réalités n’ont point démotivés les formateurs qui durant 18 jours, de nuit, comme de jour, ont fait d’un Bus de 40 places leur habitat et d’une centaine d’ordinateurs des compagnons de voyages.

Jamais en Côte d’Ivoire une telle opération de formation de masse, reposant sur des méthodes didactiques alliant pratiques et retour d’expériences n’a été réalisés. Et les parties prenantes, au regard du succès de cette première édition, ne compte pas s’arrêter si tôt.

Etape de Ferkessedougou, capitale du Tchôlôgô, à environ 700 Km d’Abidjan, ville du PAN Soro Guillaume. Malgré l’harmatan et les routes impraticables, éprouvantes pour tous amortisseurs et calvaires pour les fesses de voyageurs, les salles ont refusé le monde.

Ferkéssedougou, Sallle comble de l’Hotel le Chateau (Ph.Caravanes)

A Beoumi, dans le Gbeké, fief du Ministre de la promotion de la jeunesse, de l’emploi jeune et de l’instruction civique – SIDI TOURE – les caravaniers, ont fait des émules au point de se faire dire : «  on n’a jamais vu ça ici. » Une phrase jetée au hasard qui devrait interpeller notre Ministre-Député très 2.0. Beoumi est une ville où beaucoup reste à faire.

Béoumi, une vue de la salle et des auditeurs (Ph.Caravanes)

Daoukro, capitale du Iffou, ville du Président Henri Konan Bédié, les fonctionnaires dirigés par les autorités préfectorales, n’ont point voulu manquer cette messe itinérante du numérique dont les nouvelles colportées par les ondes des médias, invitaient à vivre l’expérience.

Daoukro, le corps préfectoral n’a pas voulu manquer l’occasion (Ph.Caravanes)

Daloa, « Cité des antilopes » et des « Zolis garçons », la messe a été si bien dite, qu’une section de l’UNBCI est née. Signe de la croissance des effectifs de l’organisation, l’installation d’une telle structure décentralisée, marque la volonté de l’UNBCI d’être proche de chacun de ses membres quel que soit sa position géographique.

Daloa, cité des antilopes, les particpants saluent les formateurs (Ph.Caravanes)

Enfin l’étape de San Pedro a marqué le clou de la caravane. Ville portuaire, qui se fait aussi remarquée par son grand nombre de prostituées est déjà habituée aux visages de caravaniers, qui y avaient déjà fait escale, dans le cadre d’une autre activité de formation. Nombreux étant encore les auditeurs de « l’école du blog, pour l’autonomisation des communautés. »

San Pedro, tous mobilisés, tous présents pour la messe finale. (Ph.Caravanes)

Démarrée à Yopougon, à Abidjan le 4 janvier dernier, la caravane ANSUT Blog camp a pris fin le 22 janvier, à San Pédro. L’histoire retiendra, que l’UNBCI, a fait des enthousiastes et investi en toutes terres et en toutes saisons. En bravant les difficultés des mauvaises routes de ce pays ; en roulant dans l’insouciance qu’ils pourraient tomber sur des coupeurs de routes, les jeunes formateurs ont donné le meilleur d’eux même. C’est la Côte d’Ivoire qui gagne. Bravo les artistes, merci aux écoliers et à bientôt, pour le niveau suivant.


Ivoire Académie Marionnette confirme sa médaille d’or de Nice à Abidjan

Abidjan, Canal Aux Bois, place des arts de la scène. Le « Après la Pluie, l’embellie » pour la Côte d’Ivoire qui vient d’ajouter au médailles d’Or déjà glanées, une autre, grâce à son équipe de marionnette géante. Le temps pluvieux de ce mercredi 27 juillet 2017 a laissé perplexe. On aurait parié que les dieux sanctionnaient le Comité des 8e jeux de la francophonie pour n’avoir pas encore tenue de discours francs aux bénévoles qui s’échinent depuis 8 jours à la tâche. Mais les prières des géants, plus proches du ciel, ont été entendues. Le soleil à vite fait de reprendre sa place pour laisser les humains voir le spectacle des géants.

Les Géants en compétition

Huit (8) troupes de huit pays francophones étaient sur scène pour l’une des trois places en jeu. Parmi elle le Mali, le Burkina-Faso, La Côte d’Ivoire, Le Canada, Le Cameroun, Madagascar…

Huit géants dont la grandeur n’handicape en rien l’agilité. Ils dansent au rythme de toutes musiques. Ils sautent. Ils coupent. Ils décalent. Ils libèrent aussi bien en Zouglou, Soukouss, Makossa, qu’en Hip-Hop et R&B… avec aisance. Mais qui et comment ?

Dans les entrailles des ces géants, la force motrice qui les fait mouvoir est humaine. Des hommes, des nains dont l’art des doigts, la force des biceps et triceps,  l’agilité des gestes donnent de l’allure aux grands faits de fer, d’étoffes, de bois, de fils, de cordes…Dans leurs monde inconnu, ils offrent le spectacle, ils égaient le spectateur, l’ébouillit…

[alert type= »info » dismiss= »no »]Voir aussi: Ma première fois avec les Marionnettes de Yao Raissa[/alert]

Ivoire Marionnette Académie : Les bleues remportent l’or

Une histoire de transmission du savoir. Après les 7e Jeux tenus à Nice en 2013 l’équipe ivoirienne lauréate de la médaille d’or a mis en place un mécanisme de transmission de son savoir-faire aux jeunes. 4 ans plus tard, à l’occasion des VIIIe Jeux d’Abidjan, l’occasion de tester le fruit des temps d’école, de formation, se présente… Les nains entrent dans le géant à l’allure de tente La Bulle Bleue. On pense tout de suite à voyant la mascotte à l’oiseau bleu de twitter dont Stromae dépeint les effets cannibalistiques dans Carmen. La Marionnette est bleue, conique, elle bouge et présente une pièce dite « Excellence » qui invite les hommes à « vivre ensemble », comme la bouche, les oreilles, le nez, les yeux, les cheveux cohabitent. La bouche parle, en elle la dent et la langue qui se chamaillent sempiternellement…mais cohabitent pour l’équilibre de l’homme. Les hommes selon leur diversités devraient apprendre à rompre avec la méfiance, faire la paix pour l’équilibre du monde. La puissance de ce message a séduit le Jury. La Côte d’Ivoire à l’OR.

Dans l’arrière cours: Une séance d’entrainement…

 

 


Lost in #Abidjan2017 : les bénévoles face à la désorganisation

«La plus belle femme cache toujours un petit défaut ». La qualité de la cérémonie d’ouverture n’a pas effacé tous les impairs de l’organisation des VIIIe jeux de la francophonie qui se tiennent à Abidjan depuis le 21 juillet 2017.

Pour la réussite de cet événement cher à la Côte d’Ivoire, les organisateurs, notamment le Ministre en charge de la jeunesse SIDI TOURE et le Gouverneur-Ministre en charge des 8e jeux BEUGRE Mambé ont sollicité le soutien et l’implication de la jeunesse locale. 3000 bénévoles ont été recrutés pour l’occasion.

Repartis en plusieurs commissions sur les 11 sites des jeux, les jeunes ivoiriens impliqués dans l’organisation se plaignent. Après quatre (4) jours de Jeux, la direction peine à leur rendre la vie facile.

Ils rencontrent de nombreuses difficultés. Ce qui donne à certains le sentiment d’être utilisés comment des instruments.

  • Une communication floue sur leurs émoluments

« C’est avec du cœur, que nous nous sommes engagés. Nous prenons sur nous d’effectuer chaque matin le déplacement vers les sites d’affectation, mais à la fin, en dehors des attestations promises recevrons-nous une indemnité ? » S’interroge M.Z.Laurent, un jeune homme venu Kouibly. L’interrogation de ce bénévole met en lumière le déficit d’information sur leur statut. Une fiche d’engagement a été proposée à la signature de quelques volontaires. Elle stipule que l’action du bénévole est gratuite et qu’il ne devrait en aucun cas s’attendre à une quelconque rémunération. Certes, mais une rumeur circulait disant qu’ils recevraient à la fin la somme de 10.000 FCFA multipliée par le nombre de jours des Jeux. Puis, à la dernière réunion des bénévoles, les organisateurs ont laissé entendre que l’indemnité des bénévoles serait calculée sur la base de 7500FCFA et en fonction du nombre de jour de services.

  • Un accès pénible aux sites par manque d’accréditations

Selon M. Konan, responsable de la commission danse, au Palais de la culture, « Les bénévoles n’ont pas reçu de badge ou d’accréditations, parce que certaines personnes n’ont pas fait leur travail. Pourtant les fond ont été mis à disposition. Il en est de même pour les T-shirt ». Cette situation est préjudiciable aux braves jeunes à qui on ne cesse de scander que « c’est le pays qui vous appelle au devoir ». Sur certains sites, les trois premiers jours des Jeux, les bénévoles ont été refoulés par les forces de l’ordre ne disposant d’aucun moyens pour les identifier. La veille du vendredi 21, Jour de vernissage, l’un des responsables des commissions en présence sur le site demandait à ses bénévoles d’arriver avant l’arrivée de la Première Dame Mme Dominique OUATTARA, sinon ils ne pourraient en aucun cas avoir accès à l’espace. Le samedi de l’ouverture, les organisateurs ont préféré habiller tous ceux qu’ils avaient déplacés pour remplir le stade, que d’accorder une attention aux bénévoles qui attendaient déboussolés sur les différents sites. Ce 24 juillet, nous avons constaté la distribution de quelques badges à Treichville. Mais sur les deux sites du Plateau, tout comme au Canal du Bois, et à l’Hôtel Ivoire, il n’en était rien.

Des Bénévoles en bigarré sur le site de l’IFCI (Ph.ABC)
  • Transports, nourritures, des services qui laissent à désirer

Les responsables de la commission en charge du transport ont bien fait leur travail. Malheureusement, ils n’ont pas tenu compte des réalités d’Abidjan ainsi que de la disparité des sites des jeux. Les bénévoles doivent être aux points de départ d’Abobo et de Yopougon avant 6h du matin. Abobo reste Abobo. Yopougon aussi. Les questions de sécurité de ces jeunes aux statuts précaires semblent avoir été oubliées. Un autre aspect que nous soulèvent des volontaires du site de la Bibliothèque Nationale et quelques uns du Palais de la Culture interpelle : «il nous faut aller aux villages des Jeux à Marcory pour emprunter les Bus qui doivent nous ramener dans nos communes de résidence.» «Ici au palais, les Bus arrêtent de circuler à 22h pourtant nous avons des compétitions qui finissent à 23h00, comment les jeunes peuvent-ils retourner chez eux ?» questionne un autre responsable de commission au village des partenaires à Treichville.

Quantité d’un repas servit à 16h à des Bnévoles (Ph.ABC)

Pour la nourriture, nous avons assisté à des spectacles choquants sur le site de l’Institut Français. « La nourriture arrive toujours en retard. Entre 14h et 17h. Le samedi 22, nous avons partagé 2 repas pour 5 personnes, le dimanche on nous a remis 1 repas pour deux, ce lundi, chacun à reçu un repas, mais pour quelle quantité ? » Nous confie Mlle DIE, une bénévole présente sur au Palais. Sur le site du Canal au Bois, à coté du carrefour Solibra, personne ne reçoit de nourriture. « C’est magie-magie » selon les mots de M.Ouattara, un enseignant venu d’Assuéfry, travailler bénévolement au succès des jeux. Un autre volontaire nous confie « qu’un seul repas est servi au lieu de trois comme promis. »

  • L’appel aux organisateurs

Trop de sous ont été investis dans la publicité au détriment du confort de ceux qui, au quotidien, répondent à l’appel du Président de la République et contribuent aux succès de l’évènement. M. N’DA Simon, un professeur qui a effectué le déplacement depuis Bouaké et qui s’est démobilisé face au manque d’information de la part des responsable des commissions au début des jeux nous confie : « Je voulais participer à ces jeux. J’étais enthousiaste en venant à Abidjan. Mais je laisse ma place aux jeunes. La jeunesse ne doit pas être un simple outil. Nous avons répondu à leur appel. Pour le pays. Mais si nous ne mangeons pas, si nous n’avons pas le minimum de commodité, il n’est pas évident que nous gardions de bons souvenirs de notre engagement pour la réussite de ces jeux


Du coté de la Bibliothèque nationale, l’art en mouvement

Artistes, sculpteurs, photographes, nouvellistes. Ils exposent leurs créations dans les salles du Site de la Bibliothèque nationale. Dans ces grandes salles silencieuses, les photos, sculptures, gravures, peintures s’expriment, expliquent, dénoncent, suggèrent. Nous y a avons rencontré Hamidou Tchiombiano Adamou du Niger. Sa toile l’ « IMMIGRATION» sensibilise. Selon l’artiste, son « pays est malheureusement une porte de sortie, pour ses jeunes qui espèrent trouver l’El dorado outre mer. » Fuite de mains habiles, fuite clandestine qui exigent d’affronter les diables du désert, de la mer et de l’enfer, pour souvent échouer soit dans les fonds marins, soit dans des camps d’immigrés. Son message est le suivant: « les jeunes doivent savoirs que le paradis est partout.» Trêves de mots, place à l’oeuvre et au message de son auteur.

Toile IMIGRATION de H.A.Tchiombiano, Niger, Taille 143 cm/103 cm (Ph.ABC)

A coté, de l’oeuvre du peintre ouest Africain, se dresse celles du Centraficain, Léonce Slim NZABBA GOY-NA la première est surréaliste. Elle décrit toutes les scènes du DEMENAGEMENT tandis que la deuxième invite à la modération par DÉCOLONISATION DE PASSION. Des toiles faites de Peinture sur Huile. laissons les images parler:

Tableau 1: DEMENAGEMENT. Le bric et le broc sortent d’une porte vers une autre. Entre les deux toitures, les roues tournent sous un ciel clément.

Toile DEMENAGEMENT, peinture à huile sur toile, ZNABBA GOY-NA, RCA, 150cm/100cm

Tableau 2: DECOLONISATION DE PASSION. Le ciel peut être un exutoire. L’homme doit se libérer des passions inutiles. Celles qui l’empêchent de voir la verdure du monde.

Toile DECOLONISATION E PASSION, peinture à huile sur toile, ZNABBA GOY-NA, RCA, 120cm/100cm

Les artistes continuent de faire leur show à la Bibliothèque nationale. Atelier dédier de peinture, de sculpture métallique et d’écriture, conférences. Des visiteurs avisés en ont fait leur lieux de loisirs. Au plaisirs des sens, les œuvres vous attendent.


Lost in #Abidjan2017 : les bénévoles face à la désorganisation

 

Visuel des VIIIe Jeux de la @Francophonie (Ph.ABC)

«La plus belle femme cache toujours un petit défaut ». La qualité de la cérémonie d’ouverture n’a pas effacé tous les impairs de l’organisation des VIIIe jeux de la francophonie qui se tiennent à Abidjan depuis le 21 juillet 2017.

Pour la réussite de cet événement cher à la Côte d’Ivoire, les organisateurs, notamment le Ministre en charge de la jeunesse SIDI TOURE et le Gouverneur-Ministre en charge des 8e jeux BEUGRE Mambé ont sollicité le soutien et l’implication de la jeunesse locale. 3000 bénévoles ont été recrutés pour l’occasion.

Repartis en plusieurs commissions sur les 11 sites des jeux, les jeunes ivoiriens impliqués dans l’organisation se plaignent. Après quatre (4) jours de Jeux, la direction peine à leur rendre la vie facile.

Ils rencontrent de nombreuses difficultés. Ce qui donne à certains le sentiment d’être utilisés comment des instruments.

  • Une communication floue sur leurs émoluments

« C’est avec du cœur, que nous nous sommes engagés. Nous prenons sur nous d’effectuer chaque matin le déplacement vers les sites d’affectation, mais à la fin, en dehors des attestations promises recevrons-nous une indemnité ? » S’interroge M.Z.Laurent, un jeune homme venu Kouibly. L’interrogation de ce bénévole met en lumière le déficit d’information sur leur statut. Une fiche d’engagement a été proposée à la signature de quelques volontaires. Elle stipule que l’action du bénévole est gratuite et qu’il ne devrait en aucun cas s’attendre à une quelconque rémunération. Certes, mais une rumeur circulait disant qu’ils recevraient à la fin la somme de 10.000 FCFA multipliée par le nombre de jours des Jeux. Puis, à la dernière réunion des bénévoles, les organisateurs ont laissé entendre que l’indemnité des bénévoles serait calculée sur la base de 7500FCFA et en fonction du nombre de jour de services.

  • Un accès pénible aux sites par manque d’accréditations

Selon M. Konan, responsable de la commission danse, au Palais de la culture, « Les bénévoles n’ont pas reçu de badge ou d’accréditations, parce que certaines personnes n’ont pas fait leur travail. Pourtant les fond ont été mis à disposition. Il en est de même pour les T-shirt ». Cette situation est préjudiciable aux braves jeunes à qui on ne cesse de scander que « c’est le pays qui vous appelle au devoir ». Sur certains sites, les trois premiers jours des Jeux, les bénévoles ont été refoulés par les forces de l’ordre ne disposant d’aucun moyens pour les identifier. La veille du vendredi 21, Jour de vernissage, l’un des responsables des commissions en présence sur le site demandait à ses bénévoles d’arriver avant l’arrivée de la Première Dame Mme Dominique OUATTARA, sinon ils ne pourraient en aucun cas avoir accès à l’espace. Le samedi de l’ouverture, les organisateurs ont préféré habiller tous ceux qu’ils avaient déplacés pour remplir le stade, que d’accorder une attention aux bénévoles qui attendaient déboussolés sur les différents sites. Ce 24 juillet, nous avons constaté la distribution de quelques badges à Treichville. Mais sur les deux sites du Plateau, tout comme au Canal du Bois, et à l’Hôtel Ivoire, il n’en était rien.

Des Bénévoles en bigarré sur le site de l’IFCI (Ph.ABC)
  • Transports, nourritures, des services qui laissent à désirer

Les responsables de la commission en charge du transport ont bien fait leur travail. Malheureusement, ils n’ont pas tenu compte des réalités d’Abidjan ainsi que de la disparité des sites des jeux. Les bénévoles doivent être aux points de départ d’Abobo et de Yopougon avant 6h du matin. Abobo reste Abobo. Yopougon aussi. Les questions de sécurité de ces jeunes aux statuts précaires semblent avoir été oubliées. Un autre aspect que nous soulèvent des volontaires du site de la Bibliothèque Nationale et quelques uns du Palais de la Culture interpelle : «il nous faut aller aux villages des Jeux à Marcory pour emprunter les Bus qui doivent nous ramener dans nos communes de résidence.» «Ici au palais, les Bus arrêtent de circuler à 22h pourtant nous avons des compétitions qui finissent à 23h00, comment les jeunes peuvent-ils retourner chez eux ?» questionne un autre responsable de commission au village des partenaires à Treichville.

Quantité d’un repas servit à 16h à des Bnévoles (Ph.ABC)

Pour la nourriture, nous avons assisté à des spectacles choquants sur le site de l’Institut Français. « La nourriture arrive toujours en retard. Entre 14h et 17h.  Le samedi 22, nous avons partagé 2 repas pour 5 personnes, le dimanche on nous a remis 1 repas pour deux, ce lundi, chacun à reçu un repas, mais pour quelle quantité ? » Nous confie Mlle DIE, une bénévole présente sur au Palais. Sur le site du Canal au Bois, à coté du carrefour Solibra, personne ne reçoit de nourriture. « C’est magie-magie » selon les mots de M.Ouattara, un enseignant venu d’Assuéfry, travailler bénévolement au succès des jeux. Un autre volontaire nous confie « qu’un seul repas est servi au lieu de trois comme promis. »

  • L’appel aux organisateurs

Trop de sous ont été investis dans la publicité au détriment du confort de ceux qui, au quotidien, répondent à l’appel du Président de la République et contribuent aux succès de l’évènement. M. N’DA Simon, un professeur qui a effectué le déplacement depuis Bouaké et qui s’est démobilisé face au manque d’information de la part des responsable des commissions au début des jeux nous confie : «  Je voulais participer à ces jeux. J’étais enthousiaste en venant à Abidjan. Mais je laisse ma place aux jeunes. La jeunesse ne doit pas être un simple outil. Nous avons répondu à leur appel. Pour le pays. Mais si nous ne mangeons pas, si nous n’avons pas le minimum de commodité, il n’est pas évident que nous gardions de bons souvenirs de notre engagement pour la réussite de ces jeux


Faiseurs de sourire : A Théo, portraitiste aux #VIIIesJeux

Entre un trait, une réponse et un regard rapide sur la personne en face, A. Théo, comme il signe, sculpte sur des feuilles rame, format A4, des portraits.

Portraitiste, caricaturiste, installé dans le pavillon des partenaires à Treichville, ce monsieur assis sur un tabouret d’animateur télé, donne l’impression d’être dans une zone industrielle d’Abidjan au moment de la paye. Devant lui une file d’hommes, de femmes, de jeunes, de visiteurs… Chacun d’eux garder un souvenir de son savoir-faire. Il dessine, trace, hachure, noircit, assombrit.

Son stylo ne part jamais dans un sens quelconque. Tout semble naturellement programmé. A la fin, des visages naissent. Comme une photo. Apprécions l »artiste et ses œuvres…

Une bénévole face à l’artiste, (Ph.ABC)
Des visiteurs présentant leur portrait et posant avec l’artiste (Ph.ABC)

Durant la période des eux, l’artiste promet de faire de son mieux pour satisfaire tous ceux qui le solliciterait.

Pour le joindre: A.THEO : arthe2017@gmail.com / 87501978 – 03331816

 

 

 

 


Abidjan sous l’angle de la couleur de ses taxis communaux

Dans 3 jours, Abidjan sera la capitale de la Francophonie. 4000 athlètes, 700 journalistes etc sont attendus pour les 8e Jeux de la Francophonie qui s’y dérouleront.

 Au delà des remous sociopolitiques de ces derniers temps comme le décrit le blogueur Georges Kouamé, les organisateurs et l’Etat de Côte d’Ivoire veulent offrir aux ivoiriens et aux invités, les plus beaux jeux de l’histoire. La ville est déjà pavoisée de drapeaux aux couleurs chatoyantes des pays participants. Aux points chauds des ballons annoncent les futures fêtes : Rond point Akawaba à Port-Bouet, Carrefour St Jean à Cocody, enceinte de l’Hôtel du District au Plateau.

Abidjan, Commune de Cocody, une rue aux couleurs des Jeux (Ph.ABC)

Mouvementée, la ville le sera durant ces 10 jours de partages de l’esprit francophone, d’enrichissement de la diversité des autres. Le flux des participants s’observent déjà aux différentes. De tous les Horions, les athlètes de plus de 84 Etats et gouvernements membres de l’OIF, sont déjà en marche vers Abidjan ou à ses portes.

Dans ces mouvements de masse d’hommes, de femmes, de jeunes, il est essentiel de connaitre les bons endroits en quelques points. Sonia Lagozi a sorti la boussole pour indiquer où. Il faut certes connaitre ses lieux, mais aussi savoir comment s’y rendre.

Pour ceux qui ont déjà visité la capitale économique ivoirienne, qui compte 10 communes savent que la diversité des moyens de transport et du tarifs des itinéraires varient selon les communes, le type de véhicules, la distance à parcourir, la capacité de négocier, la moralité du chauffeur.

A Abidjan, on se déplace facilement, et à tous les prix. Il y a les Bus de la SOTRA, les Gbakas, les Taxi-clandestins, les taxis VIP, les Taxi compteurs, mais aussi et surtout les Woro-Woro ou Waren.

Les clients, comme les prestataires s’en sortent toujours satisfaits. Tout le monde peut parler français, et les automobilistes connaissent presque tous les endroits. Dans cette diversité des moyens de transport qui s’offrent aux usagers visiteurs, les Wôrô-Wôrô. Wôrô-Wôrô signifie littéralement en Dioula (deuxième langue après le Français), Six-Six ou 30Francs-30Francs. Les interprétations de cette dénomination sont nombreuses.

Les Wôrô-Wôrô sont les taxis communaux. Ils assurent le déplacement de proximité. Ils ne sortent pas du périmètre de leur commune sauf à quelques exceptions. Leurs tarifs varient entre 100 Fcfa et 500 selon la distance et la commune. Leurs conducteurs manipulent le volant, comme tout bon conducteur de Formule 1. Ils peuvent démarrer à 100 à l’heure, écouter la musique, souvent la cigarette en main, klaxonner, injurier, faire la monnaie, et s’arrêter brusquement quelques soit la vitesse pour récupérer un client. C’est un combat contre le temps et une course pour avoir la recette.

A Abidjan chaque commune à sa couleurs de Wôrô-Wôrô. Les couleurs Jaune, verte, Bleue sont dominantes, mais les couleurs distingues les Wôrô-Wôrô des autres vehicules de transport.

Trois couleurs dominent. Justes des bandes Bleues, Marons, Blanches les distinguent. Ainsi nous avons : Les jaunes (Port-Bouet, Cocody et Abobo), Les verts (Adjamé, Attiecoubé, Treichville, Koumassi), Les Bleus : Marcory, Yopougon et une partie d’Attiecoubé).

Dans les détails, nous avons  selon les communes, les couleurs suivantes :

  • Port-Bouet : Le Jaune est la couleur. Une bande bleue ceint le véhicule. La proximité du Quartier Abattoir d’avec la commune de Koumassi autorise d’autres Waren de la commune voisin à faire un itinéraire qui part du Grand-March de Koumassi aux environs du Centre Pilote de Port-Bouet.
Taxi communal de Port Bouet (Ph.ABC)
  • Dans la commune du Maire NDOLI Raymond, les Waren sont peints en Vert. Mais on y trouve souvent et à cause de la proximité des Waren, Bleus foncés de Marcory et Jaunes de Port-Bouet.
  • Marcory et Treichville; difficile de les manquer. Ils ont la couleur Bleu foncée avec un ou deux traits Marron. Ces mêmes taxis desservent la commune voisine, Treichville en passant par le marche de Belle-ville. Ils suivent une ligne droite jusqu’a environ de la Gare de Bassam.
Taxi de Marcory ceux de la commune de Yopougon sont identiques. Seule la bande blanche les distingue. (Ph.ABC)

De l’autre coté des ponts, nous avons les communes du Plateau, d’Adjamé, d’Attiecoubé, de Yopougon, de Binger-ville et d’Abobo.

— Le Plateau, commune centrale, n’a pas de Woro-Woro en tant que tel. Mais on y trouve de nombreuses gares de Taxis-clando, qui mènent une concurrence illégales v dure aux Taxis-compteurs.

— A Abobo, tout comme à Cocody les tendances sont au Jaunes. Nous avons respectivement le Beige avec deux bandes marron et le Jaune pour l’une et l’autre commune.

–Les communes voisines d’Adjamé et d’Attiecoubé partage la couleur verte.

 — Yopougon, le Bleu ciel marque de ces vehicules de transport en Commun. Il parcoure la commune d’un bout à l’autre. Ceux qui sont du coté des Toits rouge ont une permission d’arriver à Locodoro, ce village qui fait parti de la Commune d’Attiécoubé.

— Enfin Bingerville, deuxième capitale patres Grand-Bassam. Les Taxis sont rouges. On les confond souvent avec les Taxi-compteur ou (Les Tomates) mais les usagers savent distinguer un Woro-Woro d’un Taxi compteur à l’allure et à l’aspect.

 Maintenant que vous connaissez notre ville à travers les couleurs de ses taxis, il vous reste à les expérimenter. Cela reste une autre aventure.


Air Côte d’Ivoire, votre plus beau voyage, doit rester le voyageur

Une escale A Abidjan. Aearoport FHB (Ph.ABC)

Ce billet est un récit d’une partie de mon voyage du Poro au Dahomey.

 Mon tribuniste a toujours fait de moi un défenseur de l’image de notre Compagnie Nationale aux dépends des remarques et critiques de mes amis et collègues d’aventure du programme Connexion Citoyennes porté par le Groupe CFI Medias et Coopérations. Je m’enorgueillis de dire que notre flotte rafistolée compte 10 avions dont 4 Bombardier Q400 de dernières générations et que bientôt, le 11 flambant neuf sortira des fabriques de AirBUS de Toulouse. A ma connaissance aucun pays francophone d’Afrique subsaharienne n’a autant d’avions. Mes amis Boursier Tchibinda, un jeune activiste gabonais, Sally Billy Sow, mondoblogueurs guinéen, Awanabi Idrissou du Benin, Edeh Dona du Togo n’ont jamais compris mon amour pour cette compagnie qui leur avait foutu la frousse au moins une fois, leur avais fait perdre une affaire importante une autre fois pour des raisons de retard.

Ils mettent sous le compte de la raillerie l’amour propre, le patriotisme aveugle que tout ivoirien manifeste. Mais bon, chacun son expérience. La mienne je l’ai vécu plus d’une fois, sans me plaindre. Il n’y avait pas de raisons. Mais voila mon moment de calvaire à fini par arriver. J’ai compris qu’Air Côte d’Ivoire peut vous faire tout perdre sans jamais envisager la simple excuse. J’ai compris qu’Air Côte d’Ivoire, une fois le billet émis, l’argent encaissé, adopte l’attitude de l’Apprenti Gbaka. Pas toujours, mais quand cela arrive, cela se constate, tant dans le discours que dans le geste. Dans la matrice de Air Côte d’Ivoire, prévenir, s’excuser, ou réparer n’existent pas.

 De Korhogo à Cotonou : entre félicitations et ire

 Le sort, me conduit, depuis quelques temps à prendre mon départ dans la charmant Aéroport de la capitale du Poro. L’oiseau volant y arrive à l’heure avec majesté. Vendredi top départ pour Korhogo. Ce vendredi 7 juillet, un moment d’inattention me ferait rater le vol. La clémence des Agents de Korhogo a prévalu. 45 minutes après, A Abidjan, je narguais mon ami Suy Kahofi pour ses mésaventures ses critiques virulentes à l’endroit de la Compagnie au couleur de la nation. Il m’a conseillé la prudence. Chaque individu ayant son aura. Mais voila, qu’il m’avait passé ses mots.

Vol pour Cotonou en retard et à la clé un malheureux sandwich servi. Mon ventre n’ayant pu supporter cet affront, de gens qui le maintiennent entre 19h et 22 h, c’est-à-dire l’heure du diner, pour venir lui servir un repas de soldat en posture de sniper dans un désert.

Et Suy Kahofi de rétorquer « jeune frère,… Attalakou matin, gatelakou le soir ». Une amie, se sentent peut-être touché a pris sur elle de m’expliquer comment les choses se passait en matière de nourriture bord. Et qu’il a eu un retard qu’il faut comprendre. J’étais dans la posture de l’abréaction. J’ai accepté le retard, mais ma navette avait presque foutu le camp. Heureusement que j’avais Boursier Tchibinda, qui m’attendait pour assumer une autre dépense.

Les mots biens choisis pouvant panser les douleurs mêmes atroces, j’avais pris sur moi de montrer dans le ciel depuis les plages de Cotonou, tous nos avions qui fièrement montaient régulièrement et de demander aux autres railleurs de montrer ceux qui portaient leurs couleurs. On s’est mêmes amuser à photographier…Ca c’était le départ.

Un retour dans l’amertume : entre discours décousus et arrogance des agents

Le matin du dimanche 16 avril, vol programmé pour 10h.  Bagages, cheicking-out, au revoir…le tout dans la précipitation. De mon contingent, seul le gabonais et moi étions encore à Cotonou.

Le chauffeur ayant célébré son anniversaire la veille, s’était oublié dans les bras de Morphée. Hop Zem à l’aéroport. 15 minutes de trajets sur des voies tortueuses et le bitume  et nous y voilà.

Premier contact et contrôle, l’agent me signale que je suis le seul a être sur la liste de départ contrairement à tout ceux qui faisaient la moue devant le comptoir d’enregistrement qui se plaignaient d’une chose que je n’imaginais, m’arriverait. Mais voilà, on n’eut même pas le temps de m’écouter, ni de me regarder j’ai entendu: le vol est plein, on va vous mettre sur celui de 17heures.

Ceux qui avaient des correspondances comme moi commençaient à s’inquiéter. Les esprits de ceux en Business s’échauffaient. Tout sauf eux. Hélas, Air Cote d’Ivoire  ne sait pas faire de tris. Chacun veux se renseigner, mais pourquoi écouter un jeune avec sac à dos. Diantre, s’avait été un journaliste blanc, toutes les attentions lui seraient accordées.

 Une élégante dame débordée par les questions se débarrasse vite des clients en demandant de nous adresser aux agents de la compagnie. Elle indiqua un certain M. KEKE, chef d’escale. Un homme au visage grave. Habitué, selon son air à donner des leçons, à trouver des échappatoires. Lui aussi semblait préoccupé ou jouait le jeu hypocritement. Il saisit les deux bagages d’un autre client qui avait levé le ton, pour cet énième préjudice que lui subir la compagnie ivoirienne.

Tout fut dégagé pour faire place à l’enregistrement d’Air France. Je m’inquiétais pour ma correspondance. Quand le chef d’escale, se résolu à m’écouter, je n’imaginais pas que sa réponse serait celle d’un héro en pleine jouissance de sa victoire. Je lui explique que j’avais une correspondance, qu’on m’avait dit que j’étais sur la liste de départ, que j’ai besoin juste d’être rassurer si Abidjan prenait des dispositions, que j’avais une affaire d’une extrême importance…

 

Le mec, profitant surement de la candeur de mon visage se permis de me dire que mon prochain vol est un vol domestique dont pas « important ». Ekiez ! Monsieur, « domestique n’est pas gratuit. » J’ai vite fait de lui glisser un mon sur son impair langagier. Sans pour autant s’excuser il a cru me faire une faveur en ajoutant : « Je vais vous envoyer à Abidjan et vous aller vous débrouiller là bas avec les autres collègues » Sa réponse ne semblait pas me plaire. Il fallait lui rappeler la politesse et le slogan de la compagnie.

Mais voila, avec assurance, il me rétorqua en proverbe ignorant que son interlocuteur aimais bien la controverse.

  • « Si tout le monde prépare pour me donner, est ce que moi seul je peux tout manger ? Il y a eu des perturbations ici, c’est sur que à Abidjan aussi il y a eu des perturbations. » Comme pour me dire qu’il ne pouvait pas écouter et satisfaire tout le monde.
  • Moi : « C’est une fausse question. Monsieur, cela est possible, tout dépend de la quantité que chacun préparerait pour lui…. » KEKE a préféré nous abandonner. Il disparu un moment. Je ne le revu plus, jusqu’a l’embarquement.

L’élégante, mais imbus Dame me revient, sous un air angélique. Elle voulu savoir où j’en étais. Elle finit de m’écouter, elle me répond qu’elle ne peut rien faire pour moi. 30 minutes après, dans mes balades, une jeune dame, mallette d’ordinateur en main, de la compagnie, dans la salle d’arrivée me demande mon Passeport pour un enregistrement. Elle l’emporte et revient des minutes après.

  • « Monsieur, votre dossier a un problème. » Démagogie. En voici une information loufoque et ridicule, mais qui inquiète. Justement, parce qu’Air Côte d’Ivoire a compris que la méthode de l’effroi est efficace quand ses agents n’ont pas de solution. Leur vocabulaire devient instable.

Problème veut dire problème. Que e ne suis pas en règle et que je devrais la fermer. Elle me revient à nouveau avec un autre discours :

  • Elle : « Monsieur voulez vous prendre le vol du demain ? » Haaa, mais cette fille ne sait-elle pas que j’avais autre chose de plus urgent à faire.
  • Moi : « Allez vous me loger ? » Elle m’informa qu’elle ne sait pas qu’il faut d’abord que je réponde par Oui ou par Non, et qu’elle irait s’informer sur la possibilité de ma requête. Voyant un autre coup venir, j’ai du décliner l’offre. Elle s’est même permisse de m’indiquer un client, jeunes tchadien qui attendait depuis 3 jours. C’était un outrage. Des agents formés qui prennent tant de plaisir à profiter de la souffrance des autres.

17h, l’oiseau se pointe. Pile à l’heure. Les esprits ont eu le temps de se calmer. Embarquement. Je n’eu pas le temps de voir le vol. Sommeil. A Abidjan, je me présente à l’agence de la compagnie. Une enfant pleure parce qu’on lui vient de lui dire que son vol est reporté. Mon tout arrive. Le Jeune monsieur, prend mon billet, appelle je ne sais qui. Lui explique qu’il est vital pour moi d’être à Korhogo avant 8h. Sinon je devrais attendre jusqu’au 5 septembre. Le Monsieur reçoit ses instructions et m’annonce la froide nouvelle : « Votre billet n’a qu’une durée d’un mois. Nous pouvons vous délivrer une attestation de non embarquement, que vous ferez valoir. Et nous vous mettrons dans le vol de 14h. C’est la seule chose qu’on peu faire. » Je me permis de lui dire «  que c’était impossible ». Vol de 14h, arrivée 15h avec les marges d’arrêt et de descente, il sera à 16h à mon Rendez-vous.

« Attestation de non embarquement ?» C’est quoi ce document ? Vous n’êtes pas crédible verbalement, pourquoi vos documents le seraient. Avec amertume je quittai l’office. Nous roulâmes de nuit pour répondre à 8h pille au rendez-vous avec les yeux réclamant sommeil. Allons dire demain, que critiquer la compagnie nationale, c’est écorner l’image de la nation. Rien de rien. Vous êtes des commerçants. A bientôt, pour mon nouveau vol. Je vous ai offert un billet retour en acceptant de la sacrifier. Le client endosse, chez vous vos erreurs.


Braves instituteurs, votre métier est un véritable sacerdoce…

La journée mondiale dédiée aux enseignants est déjà loin. Ce billet est à mettre au compte des  récits de voyages qui font découvrir l’amère réalité de vie professionnelle de certaine corporation : celles des infirmiers, des gendarmes, des instituteurs…

Dans la Côte d’Ivoire dite « émergente », où les salaires seraient les plus intéressants « de la sous région », existent des contrées aux réalités ahurissantes, aux infrastructures choquantes, mais dont la présence témoigne de l’amour de leurs tenants, pour le métier qu’ils exercent.

Entre Ferkessédougou, ville de notre PAN et Kong, village de notre PR, le tronçon est pénible mais le paysage pittoresque. Des cases rondes, des concessions de paysans éparses dans la nature composées de petits logis, des perdrix, des dindons dans leurs plus belles parures traversent brusquement la voie poussiéreuse.

Au constat de la petitesse des habitations qui se laissent voir au fils du voyage, je développe cette opinion que le nordiste a peur de l’espace. Il a peur de construire. Il se plait dans des espaces confinés, de petites maisons rondes, rectangles. Pourtant il dispose de vaste espace.

En face d’une pancarte indiquant que nous sommes à FINDELE, s/p de Nafana dans le département de Kong, entre des paillotes qui s’apparentent à des taudis d’orpailleurs clandestins, ou d’extracteurs de KOUTOUKOU, flotte le drapeau national Orange Blanc Vert, sur un mat soigneusement dressé. Les tenants de ce lieu ont pris le soin d’y faire une décoration de fortune avec des pierres.

Ecole primaire provisoire de Lamékaha 1

Des enfants en uniforme mal uniformisé entrent et sortent, d’autres jouent entre les bâtiments. Au soupçon qu’ils sont photographiés, ils courent se refugier sous leurs appâtâmes, sortent les têtes, se parlent en dioula, rient. Des hommes et des femmes, des instituteurs sans doute sortent, se dressent devant leur hangar, comme le chef de famille sort devant sa cours, quand il y a du bruit. Ces hommes voudraient s’enquérir des raisons des mouvements de leurs apprenants, du spectacle extérieur. Nous partons aussitôt.

Des kilomètres plus loin, nous entrons dans la circonscription de Ferkessedougou, le bled s’appelle LAMEKAHA 1. De loin on aperçoit une école en construction, au fond. Elle sera surement ouverte l’année prochaine, comme celle en face de FINDELE. Mais en attendant, les instituteurs n’ont pas voulu se tourner le pouce, prétexter qu’il n’existe pas d’infrastructure, bloquer l’accès au savoir à ces enfants broussards du Nord ivoirien, qui ont, même après 6 ans passé à l’école primaire, du mal à faire une phrase simple, sans y ajouter un peu de leur ethnie : le dioula, le senoufo, le lobi…

LAMEKAHA 1,  les 6 niveaux sont représentés. CP1, CP2, CE1, CE2, CM1 et CM2. Les trois bâtiments de face font écrans aux autres. Un mur de briques mal jointes, une toiture de pailles trop veille et inflammable que des sachets noirs renforcent et des portes en une feuille de tôle. La  présence de table-bancs très modernes, très chics, contraste avec le désordre agencé du décor de l’espace-classe. Comme si vous métier des fauteuils de luxe acheté à ORCA-DECO dans une maison de type SICOBOIS. Voila l’école. A l’intérieur de chaque classe, ce vendredi, des enseignants accomplissent leur devoir. Les braves gens ont décidé de ne pas fermer boutique devant une clientèle dans le besoin.

Une vue d’une école primaire provisoire dans la sous préfecture de Nafana (Kong)

Le décor de ces écoles invite à s’interroger sur les dispositions sécuritaires prise en amont, si toute fois, un vent violent, une pluie s’amenait. Aussi faut-il penser à la sécurité du matériel didactique, et au mode de logements des enseignants qui acceptent de vivre et travailler dans ces zones difficiles.

En ces lieux travaillent de braves jeunes, souvent sans salaires durant au mois 2 ans quant ils ont le malheur de sortir d’un CAFOP. L’eau potable, le réseau téléphonique, l’électricité, un logement commode, …sont des luxes auxquels il ne faut pas rêver. Ils se débrouillent pour boire et rester en bonne santé l’eau qu’ils trouvent. Au prix de mille inclinaisons, gymnastiques et positions spectaculaires, ils se débrouillent pour capter un signal téléphonique pour avoir des informations. Des stocks de pétrole et les plaquettes solaires sont souvent présents dans leurs kits personnels. En dehors des heures de cours, l’ennui est le quotidien, sinon le temps les transforme en paysan.

Ces dernières années, la corporation des instituteurs à fait l’objet de nombreuses sorties – souvent- catastrophiques de la Ministre de tutelle. Face à leurs refus de certaines reformes, ont a eu l’impression d’être dans des campagnes qui visent à dresser les parents d’élèves et l’opinion nationale contre les enseignants, masquant souvent les conditions incommodes et l’aspérité des zones où ils accomplissent leur devoir. Un excellent journaliste ivoirien, Andrée K. Sylvestre, s’était même invité au débat. Se présentant lui-même comme enfant d’enseignant, il a allégué que la raison du refus de certaines reformes, notamment les cours de mercredis, camouflait, la volonté des instituteurs de ne pas perdre leur Gombo de mercredi.

A la limite, il défendait, sans rien d’autre le pouvoir qui l’employait. Savait-il aussi qu’a Lamékaha comme à Findelé, que les enseignants travaillent dans l’insécurité et l’inconfort absolus, sous des taudis ou dans classe de fortune ? Sait-il au moins que le temps d’attente du premier mandatement d’un instituteur des déraisonnables ? Surement, il ne faisait que de la communication politique. Rien de plus.

Braves instituteurs, le pays vous doit beaucoup. Le temps fera votre palabre.


KONG : ville présidentielle, les enfants associés au processus de préservation de la nature

M.le S.Prefet de Kong, Allocation d’ouverture (ph.ABC)

KONG, je vous l’ai déjà dit est la ville de notre Président Alassane OUATTARA. Son frère, l’honorable Ministre en charge des affaires présidentielles, Ibrahima OUATTARA (IBO ou Photocopie) est le maire de cette commune. Il vient de briguer à nouveau le poste de député pour la législature 2017-2021.

Le Samedi 3 décembre 2016, Foyer polyvalent des jeunes, une animation particulière. L’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR) et ses partenaires ont lancé le Concours de la meilleure école de conservation de la nature mettant en compétition les enfants des écoles primaires de la circonscription. Il s’agira pour ces derniers de mettre en valeur leurs connaissances de la nature et des enjeux de sa préservation à travers diverses compétitions individuelles et collectives : Test de connaissances, dessins, textes etc.

Selon le principe de l’action, chaque enfant informé des réalités de l’environnement pourrait être un ambassadeur auprès de sa famille, de sa communauté et pourrait conduire à des changements de comportement.

Devant une salle archi comble et grouillante. Le représentant du Maire, Le Lt DEA de l’OIPR, M. le Sous Préfet, M.BROU se sont succédés au pupitre pour présenter les raisons de l’activité et lancé officiellement le Concours de la meilleure école de conservation de la nature.


Education ivoirienne: LE MOUTON PÉDAGOGIQUE du Mercredi…

Un jeudi, Tour D, 20e étage. Le hasard et une certaine nécessité y ont conduit mes pas.

Devant l’ascendeur du palier abritant la DRH du MENETFP, avant-hier MENET, hier MEN, (chaque remaniement gouvernemental et son lot de changement d’entête. Ha institutions émergentes fortes) deux monsieur en costume vintage.

Leur allure, leurs cravates mal mise, leur costume pas trop à la mode…donnaient l’impression qu’ils venaient de loin et que la nécessité du jour, leur imposait de se parer dans des vêtements auxquels ils ne s’étaient pas encore habitués…

Ils dévisageaient tout, regardaient partout, comme s’ils arrivaient pour la première fois au Plateau. Bon voila. Ces chers messieurs, étaient des Inspecteurs de l’enseignement préscolaire et primaire (IEPP). Les fameux nouveaux IEPP, nommés par décret présidentiel ou arrêté ministériel (je me souviens plus des détails de l’histoire), formés en 2 mois au lieu de 2 ans à l’ENS et déjà prêts à l’emploi. Efficacité bana prouvé hein…

Je l’ai su un peu plus tard, à l’arrivée d’un autre Monsieur, car nous attendions tous, l’unique ascenseur qui, dessert plus de 25 étages…

Le grand monsieur bien costumé semblait être un chef. Il était à ses aises, comme pour dire que c’était un familier du milieu où je me trouvais. Il semblait être un habitué des costumes et des bureaux climatisés du Plateau, contrairement aux deux autres. Il reconnu les deux messieurs en « nouveaux » costume et lança, pour établir la Conversation à haute voix : « les nouveaux inspecteurs ».

Salutations d’usage, petite conversation et chacun dit son lieu d’affectation…moi je vais à Ou…, moi je vais à…

Puis discrètement sur le mode conseil, le grand monsieur leur dit : « Faites tout pour que les cours de mercredi passent. Sans violence, allez-y doucement pour faire comprendre les choses aux administrés. Aussi et surtout, le mouton pédagogique doit disparaître avec vous, car vous êtes des inspecteurs de l’émergence et soyez les ambassadeurs de l’émergence…»

Eux de répondre en cœur et de façon synchronisée « bien sur nous sommes des inspecteurs de l’émergence ».

Que devrais-je retenir de cette conversation tombée, par accident, dans mes oreilles ?

#1- Les cours de mercredi, Djaaaaaa les locataires de la Tour D, du 17e au 20 étage sont au courants (informés) que la reforme, imposée à coup de bâton médiatique et d’intoxication ( du genre…les Instituteurs ont 400.000 comme salaire, c’est beaucoup ; on doit atteindre 1000 heures  de cours, Au Burkina c’est ainsi, Au Mali c’est comme ci…), a du mal à être réellement appliqué. Un ami – je reviendrai sur son histoire – m’a dit…(On va, on ouvre nos classes, on s’assoie, à midi, on ferme nos classes, on rentre chez nous…)

#2- Sur le mouton pédagogique ou cet inique corruption immorale que les IEPP imposent aux nouveaux instituteurs, avant de les titulariser, est une réalité bien connus des cadres du ministère, mais que personne ne dénoncent publiquement. On nous dira : « on n’a pas de preuves ». D’accord, « mais comment le savez vous ? »

De quoi s’agit-il « terre à terre ? » Le mouton pédagogique est une pratique que les IEPP imposent comme préalable à tous enseignants sortis du CAFOP, nouvellement affecté et devant être titularisé dans ses fonctions, après 1 ans de travail gratuit et sans garantit pour l’Etat. Pour avoir le sésame « la signature du document qui titularise », les pauvres, doivent obligatoirement verser aux IEPP, une somme équivalente ou égale au prix d’un mouton. Les Directeurs, ou Conseillers pédagogiques servent généralement de relais entre l’instituteur stagiaire et l’IEPP. Des coupeurs de route.

Autrement dit : Tu sors du CAFOP, sans 1 rond en poche, après avoir longtemps attendu une maigre bourse dont on extrait à la base : balais, javel, cantine et que sais-je encore…. On t’affecte dans une brousse où tu te débrouilles pour te nourrir, te loger, te soigner, te déplacer, pendent au moins 1 ans sans salaire. Le type se sait ton chef. Il sait que tu as besoin de lui et que si tu joue les « loyalistes » « fondamentaliste » « religieux » « connaisseurs de tes droits », tu vas durer là. Il sait que tu as besoin de ton argent (1er mandatement au plus vite) pour faire ta dote, payer ton salon, acheter ta moto Nidja, KTM, Flèche, Apache etc…pour aller verser une partie chez le prêtre, le pasteur, l’imam et dire merci au Tout Puissant Allah, Dieu, Jéhovah…

Tout ça, il le sait. Il sait aussi que tu es prêt a braver les règles de ta foi, tes principes pour lui verser un dessous de table ignoble. Connaissant ta situation, il te contraigne à leur donner une somme allant entre 50000 et 300000 pour qu’ils viennent faire le travail pour lequel ils sont payés : te titulariser dans tes fonctions pour que tu accomplisses, comme lui ton devoir républicain, après X mois de sacrifices.

Si j’étais instituteur, mon IEPP serait déjà en prison, car je n’hésiterai pas à dénoncer son refus de me titulariser, face à mon refus de lui acheter un mouton. Mais je ne le suis pas. Mon ami, lui, depuis 3 ans est en attente d’un rappel. 3 ans dans un village merdeux, sans eaux, ni électricité, sans logement. Il se débrouille dans une case de fortune à la limite du précaire, lui un excellent diplômé de nos universités bling-bling devenu malgré tout instituteur. S’il s’absence, demande explication ; s’il est malade, il se débrouille pour se soigner ; s’il meurt, tout ce qu’il a fait sera cadeau. Et des charognards cadre du Trésor, trouveront une astuce pour se partager son argent, face à son absence.

Malgré tout, il s’est de-merder pour acheter un mouton à son IEPP. Mais nous sommes en Côte d’Ivoire, un pays émergent, à croissance à 2 chiffres, où l’instituteur adjoint (niveau BEPC) d’après la MENETFP touche l’extraordinaire salaire de 300.000 FCFA, et où impunément le …Mouton pédagogique…continue de brouter dans la poche des pauvres…Je passais…