Aly Badra Coulibaly

La Côtière ou la route 66

Une route toujours en chantier (Ph.ABC)
Une route toujours en chantier (Ph.ABC)

S’il vous arrive en de venir en Côte d’Ivoire, n’hésitez pas à voyager par curiosité sur le fameux chef-d’œuvre dénommé Côtière. Vous aurez l’impression d’être un acteur de films hollywoodiens sur la route 66. Si le diable et les revenants, vous ne les apercevez point, vos fesses en auront pour leur compte et votre chauffeur sortira de ce périple avec les qualités et l’entraînement d’un pilote prêt pour le Paris-Dakar en Chili. La Côtière est une route internationale ivoirienne de plus de 600 km longeant le littoral. Elle part d’Abidjan capitale économique et finit aux portes ivoiriennes du côté du Liberia en traversant presque toutes les villes historiques du sud du pays de l’Est à l’Ouest : Dabou, Grand Lahou, Fresco, Sassandra, San Pedro, Tabou. Voyager sur cet axe par lequel le bois et le cacao ivoirien transitent en direction du 2e port du pays est l’équivalent de faire son chemin de croix. La raison est simple : la Côtière est en mauvais état, pleine de nids de poules ainsi que de nombreux trous laissés par des entreprises de bitumes ayant obtenu des marchés de réparation. Les Ivoiriens et usagers de cet axe savent que la Côtière est un axe du calvaire. Le président de la République lui-même n’a pas voulu se rentre compte de cette évidence ou ne voulait pas vivre les péripéties que les pratiquants de cette voie affrontent, en se rendant à Lahou pour sa dernière visite d’Etat. Il a préféré faire le trajet Dabou – Grand-Lahou en hélicoptère. C’est aussi une drôle de façon pour les politiques de vivre et comprendre la douleur des populations.

Les entreprises désignées pour exécuter des travaux de réparation sur cette voie n’ont en réalité, fait qu’empirer la situation. Dans le fond et en dehors de quelques-unes, aucun n’avait réellement l’expertise et l’expérience du bitume. En parlant de réparation, elles se sont contenté gauchement de creuser des trous ici et là, agrandissant les nids naturels de poule en les colmatant avec du grava arrosé d’un liquide noirâtre dit de goudron. Quand on sait que le gré à gré existe dans l’octroi des marchés publics, on se demande si dans le fond c’est qui du développement ou de l’engrangement de sous par quelques individus qui importent. Sous l’ère ADO ou AO – on ne sait finalement que dire -, au moins cette voie a fait l’objet de trois rafistolages. Avant l’ouverture de l’Autoroute du Nord, des travaux étaient en cours, les résultats sont catastrophiques. Ensuite, avant l’inauguration du pont de Jacqueville, l’axe Km 17 – entrée de Dabou à connu quelques retouches à durée éphémère. Les résultats après le passage du Pr déboussolent. Enfin, jusque avant que le PRADO ne se rendre en visite d’Etat début aout 2015  à Dabou et Grand-Lahou, la voie était encore en chantier. Depuis, les on-dit racontent qu’ « après les élections » les chantiers reprendront de plus belle pour le bonheur des comptes des gens du circuit, en attendant, les usagers et riverains doivent stoïquement supporter poussières et zigzags.

La cotiere, un chantier toujours inachevé (Ph.Badra)
La Côtiere, un chantier toujours inachevé (Ph.Badra)

Il est temps que l’Etat face des audits sérieux des travaux réalisés afin d’obliger les entreprises soit de rembourser la totalité des fonds décaissés, soit de reprendre intégralement à leurs frais les travaux sous peine de poursuite judiciaire. Soyons sérieux, il ne faut pas se foutre du contribuable. Un pays qui veut être développé ou qui se dit réellement « émergent » devrait miser sur des travaux de qualité livrable et non des infrastructures extraordinaires aux pieds d’argile, qui dès leurs livraisons en pompe tombent en lambeaux ou commence leur cycle de décrépitude.

 

 


Elections présidentielles en Cote d’Ivoire: CKB face aux élécteurs

#CBK (Ph.Avec Ado)
#CBK (Ph.Avec Ado)

Charles Konan Banny, économiste, ancien Directeur de la BCEAO, ancien Premier Ministre, ancien Président de la Commission Dialogue, Vérité, Réconciliation (CDVR), Président de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC) et candidat indépendant pour les élections présidentielles du 25 octobre en Cote d’ivoire était ce dimanche 18 octobre face aux électeurs sur le plateau de la télévision nationales RTI1 dédié aux futures élections.

Il a, pendant plus de 90 minutes répondu aux questions de Agnès Kraidis du journal étatique Fraternité Matin, de Ali Diarassouba de la RTI1 et de Victorien Angoua. Ce « passionné de la Côte d’Ivoire » a présenté selon les questions des journalistes en présence, son projet de société.

Du long discours de l’enfant de Yamoussoukro, dix (10) belles phrases parmi tant d’autres ont attiré notre attention. Souventes fois sérieuses, souventes fois amusantes, c’est selon l’oreille qui écoute et l’esprit qui interprète. On retiendra ce qui suit, selon les rubriques que :

#1 SANTE : « Les ivoiriens ont peur des ascenseurs…Il faut des hôpitaux mobiles. » Déclaration surprenante, vu qu’en dehors des 3 CHU d’Abidjan qui en ont, la majorité des autres lieux de soins sont des établissements non en hauteurs ou de pas plus de deux niveaux. Alors d’où viendrait cette peur?

#2 EDUCATION : « Je n’ai pas de chiffre…Vous parlez de chiffre, je suis la pour parler de mon projets politiques et non de mon programme politique. Ce n’est pas bien, ni responsable de parler de chiffre au cours de la présentation d’un projet de société » – surtout à la télévision. L’économiste aurait-il peur qu’on lui chipe ses chiffres?

#3 ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : « J’ai fait beaucoup pour les Enseignants- chercheurs. J’ai augmenté leurs primes dérisoires de recherches… » Hum….chers maitres, c’est lui donc l’homme de la situation hein…Mais après son magistère les grèves continuent pour des questions #dérivées…et sœurs…

#4 DEVELOPPEMENT : « La Côte d’Ivoire est un pays en friche. Tout est à refaire » Archi faux. Beaucoup à faire et à refaire est tout de loin différent de tout à refaire. Mais disons : courage cher futur candidat. Tu auras de la patte sur la planche. Si tout est à refaire, c’est que l’ancien chef de gouvernement n’a jamais rien fait, quand il était en exercice pour le pays. Mais dit donc, pourquoi, quand il y a des enjeux électoralistes, l’amnésie frappe aussitôt le nègre candidat? Question ouverte.

#5 JEUNESSE : « Jeunes gens, mes chers compatriotes, ne croyez pas aux promesses, surtout en période électorale ». Pourquoi prévenir la jeunesse ? Un projet de société n’est-il pas en soi un lot de promesses ? Si non pourquoi alors faire campagne ?

#6 EMPLOI : « On va faire de sorte que la terre produisent le maximum d’emploi…mettre un accent sur les sciences de la terre, les sciences de l’agriculture… » A cette allure on risque même d’épuiser les terres, si tout le monde y retourne et faire un bon lit aux à la destruction de le nature hein…

#7 CULTURE : « La culture, c’est l’ensemble des valeurs de la civilisation…On fera Nollywood vers SAN PEDRO… car la Côte d’Ivoire est un pays qui a crée à partir de deux (2) notes musicales PREMIER GAOU… «  Quel sens attribué à un tel propos?

#8 POLITIQUE : « Quel est ce pays où les lois ne sont jamais appliquées ? «  S’interroge celui qui se plaint ne pas avoir en tant que candidat de représentant à la CEI et qui au soir de son élection, se donne 90 jours pour relocaliser les bureaux de la présidence de la Républiques à Yamoussoukro. Belle question, pourtant l’aspirant au pouvoir aurait pu résoudre cette question quand-il était Premier Ministre…mais bon,  était-ce une priorité du moment… ?

#9 INNOVATION : Les jeunes vont pouvoir créer des logiciels comme « en Indonésie. » Ce candidat est en retard. Ne sait-il pas que déjà de nombreux jeunes ivoiriens créent des logiciels? Hum on n’est pas si nul hein…Mais bon…Il était loin de peuple on présume, depuis ses bureaux huppés de Dakar.

#10 HUMANISME : Face à une question du journaliste Angoua, Banny manifeste son étonnement innocemment :  » J’ai mis sa dans mon programme? » Zut, ne serait-pas une preuve qu’il ne connait surement pas tout le contenu de son document programme. Tout compte fait, le candidat de 65 ans, a un souhait et c’est un appel honorable pour « des élections apaisées avec zéro mort. »

A bientôt…


En Côte d’Ivoire, le mot #EBOLA est un code gastronomique

Une sauce avec du rat palmiste - ph.ABC
Une sauce avec du rat palmiste – ph.ABC

« Qu’est ce que vous avez à manger ? » Si vous posez cette question à une liste d’une vingtaine de restaurants et maquis populaires ivoiriens, on vous citera tout le menu et on terminera pour plus de la moitié et avec un discret et prudent sourire par ceci : « Y Ebola aussi ! » Cette phrase à l’ivoirienne est à la fois une proposition, une information officielle de ce qui officieusement se passe et un code pour simplement vous dire qu’il serve – malgré l’interdiction – de la viande de brousse : agouti, rat, biche, serpent, porc-et-pic… bref tout ce que, de coutume, les chasseurs ont toujours eu l’habitude de ramener dans leurs besaces. A Abidjan dans les communes de Yopougon, Abobo-palmeraie dans la capitale du pays tout comme à Toumodi, Yamoussoukro, Bouaké… à l’intérieur, l’interdit est discrètement consommé. Les restaurants populaires bien connus avant l’arrivée de la maladie à fièvre hémorragique Ebola, bien connus pour leurs menus en viande de brousse, continuent dans la plus grande indiscrétion à faire plaisir aux palais des amoureux de viandes exquises.

Pourtant, depuis l’annonce de la maladie dans les pays limitrophes comme le Liberia, la Sierra Leone, la Guinée, le Sénégal et même le Mali, les autorités ivoiriennes ont formellement interdit la consommation de tous les rongeurs et autres viandes dites de brousse. Il s’agissait de tous les animaux de proie prisés des Ivoiriens et qui sont régulièrement la cible des chasseurs. Entre autres, citons les agoutis, les chauves-souris, les biches… Cette mesure au début a été largement suivie par les Ivoiriens à cause du spectre de la maladie qui décimait les populations voisines. Au début, dans les églises comme dans les mosquées les salutations d’usage étaient même faites avec prudence et dans le pur respect de la loi : à distance. La paix du Christ se faisait en s’inclinant face à son frère par exemple. Il en était de même dans les marchés, écoles et autres institutions où le lavage des mains avec des solutions hydroalcooliques et autres solutés était obligatoirement de rigueur. Avec le temps, les Ivoiriens ont perdu ces bonnes habitudes, ces bons réflexes et ce au vu et au su des services de surveillance d’Etat. C’est comme si l’Etat avait fléchi sa veille et que les Ivoiriens avaient ré-adoptés l’affreuse idée que la « viande cuite à un certain degré tuait Ebola ».

L’existence de marchés clandestins de vente de viande de brousse est une preuve de la faille dans le système de surveillance de l’Etat et donc un signe d’échec si on peut le dire. Que la viande de brousse soit vendue et consommée encore dans les restaurants maintient le risque, un jour – si Ebola devait arriver en Côte d’Ivoire – Dieu nous en préserve – de découverte d’éventuels cas non pas aux frontières, mais aux cœurs des grandes villes ivoiriennes. Shalom


Cocody  »carrefour la vie ». Chassés de leur gare improvisée, les taxis banalisés s’installent  »légalement » sur les trottoirs

Une gare insolite qu carrefour la vie de cocody
Une gare insolite qu carrefour la vie de cocody (Ph.ABC)

Quand on dit que la politique est une mascarade, on ne dit pas forcement faux. C’est d’ailleurs – sous nos tropiques – le lieu où chacun cherche et protège son intérêt. On peut dire que les autorités politiques et policières de la commune de Cocody à Abidjan se foutent de la gueule des ivoiriens. Et pour cause, une anarchie inqualifiable s’est instaurée  »officiellement » sur les trottoirs du  »carrefour la vie » de ladite commune à la vue et au su des autorités municipales et avec la complicité des policiers qu’on a l’occasion d’y voir.

Il y a quelques mois le maire de Cocody avait pris la vigoureuse mesure de mettre de l’ordre dans l’univers du transport et des gares anarchique dans sa  commune. L’acte annoncé – comme à l’habitude des politiciens de ce pays en fanfare – consistait à mettre fin au règne de quelques individus qui installaient des gares routières à quelques endroits propices. Les déguerpis de l’ancien espace sportif, bon gré mal gré transformé en centre commercial et en gare, entre 2005 et 2011, se sont réinstallés grâce à une main invisible, dans  le ravin, coté SODEFOR du Carrefour la vie, précisément à l’endroit où l’entreprise LEV avait installé ses containers pendant ses travaux de d’aménagement  du bassin entre l’école de police et la paroisse St. Jacques de Cocody.

Pour l’opération du Maire, police et médias ont été mobilisé. Les meilleures fanfares aussi. Qui est fou. Il y a eu des tentatives  pacifiques puis d’autres musclées pour la libération de l’espace. Il y a eu de la ruse et de la résistance. Les menaces et déclarations ont fusé de toutes parts. Chaque camp semblait déterminer : le maire à fermer la gare, les conducteurs à ne pas se laisser aussi facilement chasser et la police (nationale et/ou municipale) qui – gagne ou perd, c’est selon – à faire son travail avec efficacité. Et a cette époque les journaux affichaient des titres vigoureux dignes d’annonce lutte sénégalaise entre Bambardier et Bombardeur. On lisait entre autre ceci : « le maire annonce des fins de l’anarchie », « bras de fer entre le maire et les syndicats », « affrontement entre transporteurs et policier », « le maire annonce des mesures strictes le lundi ». Il ne manquait pas les réactions des contrevenants indirectes des actions du maire. Et encore les titres parlaient d’eux mêmes : « la police sabote l’action du maire »,  » Le maires accuse les policiers de boycotter son opération », « Les populations mécontentes de l’action du maire »,  » opération saboté, le maire accuse la police »…Bref tout le décor pour des reportages chocs était planté. Les titrologues étaient au rendez-vous chaque matin pour voir les épisodes annoncés du bras de fer qui mettait en action le maire de Cocody, les chefs de gare.

Après des jours de pression, la fameuse gare du carrefour la vie est fermée; barricadée même par une clôture précaire de feuille de tôles. Pour veiller au respect de la mesure, une horde d’hommes en uniformes noirs, des CRS, faisait le guet chaque matin pour interpeller les conducteurs têtus qui jouaient à cache-cache encore afin de gagner leur pitance. Chaque matin les conducteurs revenaient se mettre en file sur le trottoir de l’axe ‘’avant le feu’’ allant vers le boulevard Latrille. Quand ils sont délogés ou chassés de ce trottoir, ils tournaient pour s’installer sur celui de l’autre. Ainsi pendant quelques jour ce jeu de malin et malin et demi s’observait entre conducteurs et policiers simulant hypocritement de faire leur travail.

Les nombreux matins qui ont suivie l’action du maire, n’empêchaient pas les clients et habitués de cette gare de taxis banalisés – devenus normalisés et légaux malgré leurs tristes histoires – de se présenter au point d’embarquement pour se rendre à leur lieu de travail. On lisait la tristesse dans leurs regards et l’énervement dans leurs mouvements chaque matin. Les tchrouuus de malédictions s’entendaient en échos synchronisé. Comment se rendre au travail, sans ces véhicules. Au delà en effet de leur illégalité (décriée sans succès par les propriétaires et syndicat de taxis compteurs), les services qu’ils rendent à la population abidjanaise sont incommensurables. Et les hommes politiques ont fini par laisser le phénomène s’institutionnaliser. Il est même à la base de nombreuses importations de Toyota Picnic. Bravo l’évasion fiscale, bravo l’enrichissement de quelques uns, bravo la concurrence déloyale aux taxis rouges.

Le maire n’a surement pas eu le temps de savourer sa victoire. Ou a fini par capituler face à  la témérité des taxis banalisés. On dit que le chien ne change pas ses habitudes. Les transporteurs on fini par trouver des accords – non écrits, secrets – avec leurs amis et complices de la police. Sinon qu’est ce qui justifie encore leur présence ? Au début, ils chargeaient rapidement sur la chaussée en profitant d’un feu rouge. Les clients se ruaient sur la chaussée dès qu’ils en aperçoivent un qui dessert leur destination.

Aujourd’hui, les choses sont officielles ou officieusement officielles. Une gare s’est installée sur les trottoirs du carrefour la vie de Cocody, mettent ainsi en danger la vie des piétons qui se trouvent obligés soit de partager un bout de la chaussée avec les véhicules en circulation, soit de se faufiler entre les véhicules illégalement et dangereusement stationnés. Chaque matin, donne l’occasion d’observer sur le terre-plein entre deux voies, un véhicule de la police nationale, Dieu seul sait pour quelle raison. Chaque jour donne aussi l’occasion de voir des policiers municipaux singeant de chasser ces chauffeurs qui n’affichent aucune inquiétude. Dans un pays sérieux, la présence de ces véhicules en cet endroit ne pourrait être tolérée. Aucune autorité ne réagit. Voila la Côte d’Ivoire très en chemin de l’émergence. Un pays où les autorités souvent pour distraire la tranquillité des citoyens, des autorités lancent des opérations bruyantes et des mesures  dont la durée dépasse pas celle d’une paille face au feu. Bravo Monsieur le Maire, l’opération a pertinemment eu du succès. Bravo à nos chers policiers en présences, nous ignorons encore la raison de votre présence en ces lieux chaque jour. Bravo à vous brave conducteur de taxis banalisés, votre courage et votre témérité permettent à l’ivoirien émergent d’aller là ou il veut avec ses moyens émergents. Shaloom.


Journée internationale de la jeunesse en RCI, mon mot aux jeunes et aux vieux

IMG_5984 - CopieMesdames, Messieurs – Chers amis,

Abidjan, 12 aout 2015. Canal du bois. Je voudrais vous signifier combien je suis heureux de me retrouver avec vous et vous remercier du temps que vous accordez à notre journée. Il s’agit de la Journée internationale de la Jeunesse. Une journée décidée par l’ONU depuis 1999. C’est une journée qui mondialement est célébrée. C’est une journée qui occupe particulièrement l’Afrique. La preuve, ce matin, RFI faisait l’écho d’une étude effectuée par un Institut Africain dans 33 pays du continent, sur l’implication des jeunes en politique et cette étude a montré que plus de 56% des jeunes touchés disent être impliquée d’une manière ou d’une autre en politique. On pourrait imaginer pourquoi ?

Normalement, c’est un jour de fête. Et la fête devrait avoir une allure nationale puisque tous les discours politiques laissent entendre que l’avenir, c’est la jeunesse ou la priorité ce sont les jeunes.

On dit que le 12 aout de chaque année est une occasion pour les jeunes d’attirer l’attention de la communauté sur les problèmes qui les concernent et de mettre en avant leur potentiel en tant que partenaire de la société. Cela veut dire que ce jour est un jour de DEMONSTRATION de notre importance, de notre SAVOIR FAIRE, de l’importance de notre place dans la société. C’est aussi l’occasion pour nous de réfléchir par nous-même sur ce que nous voulons de bon pour nous de faire des critiques sur les politiques qui nous concernent, mais aussi et surtout des propositions concrètes.

C’est donc pour cela que notre communication va s’organiser autour de DEUX (2) expressions : L’ESPACE CIVIQUE ET LES ENGAGEMENTS ASSOCIATIFS.

On va dire que l’espace civique :

  • C’est un espace de libertés et de droits. Mais il faut savoir qu’il n’ y a aucune liberté sans respects des lois en présence. C’est notre environnement de tous les jours : passé, présent et futur. C’est notre lieu de travail. C’est le moyen de transport privé ou public. Ce sont les façades de murs privés ou publics ou virtuels que nous longeons de manière différente. Ce sont les jardins et espaces verts où nous nous reposons et que nous respectons ou ne respectons pas…
  • Il peut être aussi cette espace collectif qu’on retrouve dans les associations, les organisations aux buts et missions divers. Ces groupements qui veulent par leurs bruits et silences ; leurs actions et non action impacter positivement le monde.

Dans tous les cas, c’est une partie essentielle de notre espace de vie, qui exige de nous un comportement citoyen et qui interpelle l’homme de se rappeler de ses devoirs citoyens.Le comportement citoyen invite au respect de valeurs conventionnelles qui déterminent l’équilibre social. On ne peut pas parler d’espace civique sans évoquer celle de citoyenneté. La citoyenneté se caractérise par des valeurs qui sont valables pour tous. On peut en évoquer au moins trois, traditionnellement attachées à la citoyenneté[1] :

 La civilité : il s’agit d’une attitude de respect, à la fois à l’égard des autres citoyens (ex : politesse), mais aussi à l’égard des bâtiments et lieux de l’espace public (ex : transports publics). Le civisme : il consiste, à titre individuel, à respecter et à faire respecter les lois et les règles en vigueur, mais aussi à avoir conscience de ses devoirs envers la société. De façon plus générale, le civisme est lié à un comportement actif du citoyen dans la vie quotidienne. La solidarité : Elle correspond à une attitude de fraternité et d’ouverture aux autres.

Ces trois valeurs donnent à la citoyenneté tout son sens en ne la limitant pas à l’exercice du droit de vote.Il est important de les respecter pour préserver l’équilibre social, mais aussi l’avenir de l’homme dans ce monde. Pourquoi ? Prenons des exemples douloureux et banaux.

Malgré les lois et les interdictions quelques-uns vendent et consomment les petits rongeurs, quelques autres passes par des chemins détournés pour faire rentrer de la volaille au pays…, le racket est une réalité . Les ivoiriens fument partout, continuent de téléphoner au volant, font commerce et usage des sachets…sans rien risquer…

Chacun de ces actes met en péril l’équilibre social et mondial. Chacun de ces actes est incivique et constitue un sabotage de l’espace civique. Chacun de ces actes compromet l’avenir. Il est donc utile de respecter l’espace civique au nom de l’avenir.

Ceux qui se sont associés se sont engagés à protéger l’espace commun. Leur engagement est à la fois un gage de mise en route du monde sur la bonne voie, mais aussi un moyen d’étoffer leur professionnalité. En s’engageant on se donne la chance de mieux se former et de mieux se préparer pour des fonctions futures.

Il est capitale pour la jeunesse ivoirienne d’avoir une expérience associative.On peut agir ensemble en s’associant en étant membre d’ONG, d’Association, de Clubs, de Réseaux…

Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, le grand problème de la jeunesse, c’est l’emploi. Avoir un emploi est un défi, une source d’inquiétude et de tristesse. Il parait qu’il y a plus de 4 millions de chômeurs dans ce pays. Il parait d’après un discours présidentiel que plus d’1,3 millions d’emplois a été donné. Ce qui inquiète dans ces chiffres, c’est que les jeunes diplômés ne s’y retrouvent jamais totalement. Alors on se demande dequel type d’emploi, il s’agit ?

On constate aussi que l’Etat fait du mieux qu’il peut. Des discours, des promesses. On a eu droit à des Assises réflexives et festives. On a dansé, on a chanté, on a réfléchi.

Aujourd’hui, le Gouvernement a particulièrement mis en place un Ministère délégué chargé de la Jeunesse et de l’emploi. Ce ministère a déjà organisé des actions. Il parait déjà que des milliers de jeunes en sont déjà bénéficiaires[2]. Mais si on observe bien, on constatera que le site du Ministre de la Jeunesse et sa page Facebook fonctionnent, alors que le site internet dédié à son ministère est encore en construction. On se demande si on est dans une logique du culte de la personnalité ou celle du service de la cause publique ? C’est une simple observation.

Cher amis. Je voudrais terminer sur ce point. La meilleure façon de compter sur les autres, de compter sur l’Etat, c’est d’abord d’apprendre à s’organiser, à se prendre en charge, à se former à la polyvalence. Aujourd’hui le monde a besoin de jeunes polyvalents. Si nous nous engageons dans des associations et dans des ONG, nous multiplierons nos chances d’accéder à ce que nous espérons, parce que nous serons toujours dans un environnement de la culture de la recherche d’idées innovantes pour un avenir meilleur. Le bénévolat, le volontariat sont autant d’action qui ouvrent des portes. Et des programmes dans ce sens existent. Que Allah nous bénisse.

[1]– Cette liste est établie selon un choix raisonné sur le site du Gouvernement Français.

[2]– Si on se fie au compte rendu du Conseil de gouvernement ténu récemment à Bondoukou sur le site du Ministre.


Comment les Ivoiriens ont célébré la Journée internationale de la jeunesse

Musique en vogue à fond, stands gastronomiques animés, podium décoré en jaune, l’espace du jardin Canal du Bois de la commune de Treichville était fin prêt pour accueillir les jeunes. Les premiers arrivés portaient fièrement leur t-shirt jaune flanqué du logo d’ACTION 2015, et du hastag #youthpower, cette coalition d’associations et d’ONG qui a pris l’initiative d’organiser la première édition ivoirienne, depuis le coup d’Etat de 1999, de la Journée internationale de la jeunesse ce 12 août 2015. Ni la télévision nationale encore moins le ministère de tutelle n’ont fait cas de cet événement si cher aux partenaires au développement et organisations interétatiques.

Le choix du lieu disait long sur la dimension que les organisateurs voulaient donner à cette célébration. Le spot qui passait en boucle par les ingénieurs du son et qui avait fait l’objet de diffusion dans quelques radios locales tout comme l’affiche de l’événement mille fois partagée sur les réseaux sociaux annonçait la prestation d’artiste de renoms : Sapharel Obiang Dj et Espoir 2000. Deux groupes d’artistes appréciés pour leur rythme et les vérités de leurs paroles. Un public chaleureux est venu. Le ciel dans sa clémence offrait un soleil doux. Même Delestron et Electra ont pour l’occasion harmonisé leur agenda pour témoigner de leur sympathie à la jeunesse.

La prestation du groupe espoir 2000 - JIJ en RCI
La prestation du groupe espoir 2000 – JIJ en RCI

Malheureusement, tel n’a pas été le cas pour les responsables politiques. Le retard des autorités attendues ; celles des communes de Marcory, Treichville et Koumassi a aussi vu celui des interventions prévues. Comme il fallait s’y attendre, il y a des retards qui présagent le boycott et le désintérêt. Le temps s’est progressivement écoulé. Les jeunes sont restés respectueux des places des hommes de pouvoir joyeusement aménagées. Elles sont restées vides. Personne n’a eu le temps de venir célébrer la jeunesse. Une simple présence qui témoignerait d’une marque d’attention. Mais les jeunes ont montré qu’aucune absence ne pouvait gâcher leur plaisir. A cœur joie ils ont célébré ce moment. Ce fut aussi une occasion de retrouvailles pour de nombreux leaders associatifs. Entre chants et danses, ballets et chorégraphies de nombreux messages ont été véhiculés. Des membres de la coalition ont évoqué les enjeux de cette journée décrétée depuis 1999 par les Nations unies, une journée mondialement célébrée. Les artistes annoncés ont mis la cerise sur le beau gâteau offert. Et c’était d’ailleurs cela l’essentiel : 10/10 pour la coalition ACTION2015 Cote d’Ivoire et 0/10 pour nos autorités qui n’ont pas hésité une fois de plus à abandonner la jeunesse. La jeunesse ivoirienne espérait mieux.


Chinoiseries dans l’université Bling-Bling (fin) : le temps n’est pas un allié de l’émergence

Il faut en toute chose, une pause. Juste le temps de déguster un chocolat de chez CEMOI. Une nouvelle usine inaugurée il y a peu. Elle produit du chocolat avec le cacao ivoirien. Et le produit fini demeure trop cher pour l’ivoirien normal. Mais bon souvent il faut oser, pour voir. Les soucis dans nos universités vont croissants. Les autorités font de leur mieux pour que tout le monde soit satisfait. Ce n’est point d’ailleurs de leurs fautes. Il faut accuser le politique. Celui qui promet beaucoup et qui tient peu. Souvent le prétexte, c’est l’argent. Maudit et béni sois tu argent.Maudit parce que sans toi, rien n’est possible. Béni parce qu’avec toi tout est permis : luxures, vols, détournements (d’ailleurs on n’a jamais entendu dire qu’un pauvre a détourné l’argent. Le cas SIA Popo même est une exception difficile à expliquer)…

Si l’argent est bon et mauvis compagnons, le temps – chronos – lui n’est l’allier de personne. Voles, mens, tues, détournes,…ce jour et en cachette ; penses que tu te dissimules que tu as échappé aux regards, demain ton forfait sera dévoilé. Si tu n’es pas convaincu, demande à Œdipe. C’est une loi qui marche bien dans les espaces universitaires ivoiriens, réhabilités à coup de milliards de FCFA et inaugurés en grandes pontes aussi à coup de milliards. 3 ans justes après l’ouverture, en dehors des problèmes internes et anciens qui ont resurgis, la belle apparence de ces lieux a dévoilé sa face cachée. Les universités ivoiriennes sont comme ces femmes qui en voulant cacher une laideur sous un fard à lèvre, un fond de teint épais…se décapent, se dépigmentent pour laisser apparaître une clarté – éphémère -qui ne va jamais sans conséquences : taches, maladies, laideurs, chaleurs, odeurs…

Le temps a montré que même le matériau utilisé pour la réhabilitation n’a jamais été de bonne qualité. Houphouët a bâti ces espaces, il y a plus de 50 ans et les structures tiennent comme des piliers des pyramides. Mais  les fruits de la réhabilitation n’ont mis que trois petites années pour dévoiler leurs talons d’Achille. Trois, chiffre de la clôture et de la révélation. Trois n’est pas un symbole ordinaire. C’est pourquoi nous avons décidé de vous faire un inventaire de ce qui ne vas pas en trois lots d’ images. La parole et les textes parleront moins.

  • La peinture
La nouvelle peinture laissant place à l'ancienne dans une résidence universitaire (Ph.ABC)
La nouvelle peinture laissant place à l’ancienne dans une résidence universitaire (Ph.ABC)
Mur humidifié d'un nouveau bâtiment de l'ENS, résultat  d'une mauvaise étanchéité. (Ph.ABC)
Mur humidifié d’un nouveau bâtiment de l’ENS, résultat d’une mauvaise étanchéité. (Ph.ABC)
Un mur se rinçant de sa propre eau. tuyauterie biaisé dans une Cité U. (Ph.ABC)
Un mur se rinçant de sa propre eau. tuyauterie biaisé dans une Cité U. (Ph.ABC)
Mur délavée par une fuite d'eau  (Ph.ABC)
Mur délavée par une fuite d’eau (Ph.ABC)
Etat d'une buanderie.  (Ph.ABC)
Etat d’une buanderie. (Ph.ABC)
Effet de l'eau sur les murs avant le passage de nouvelles couches  (Ph.ABC)
Effet de l’eau sur les murs avant le passage de nouvelles couches (Ph.ABC)
Sol et champignon,effet d’écoulement d'eau  (Ph.ABC)
Sol et champignon,effet d’écoulement d’eau (Ph.ABC)
  • Le mobilier et les équipements
Placard de chambre d'étudiant déjà décapé  (Ph.ABC)
Placard de chambre d’étudiant déjà décapé (Ph.ABC)

 

Les lits en bois blancs rougis déjà bon pour feu de bois  (Ph.ABC)
Les lits en bois blancs rougis déjà bon pour feu de bois (Ph.ABC)
Stores deja bons pour les poubelles...Du Toks... (Ph.ABC)
Stores deja bons pour les poubelles…Du Toks… (Ph.ABC)
Ces bancs qui n'ont pas résistés à la douceurs des fesses  (Ph.ABC)
Ces bancs qui n’ont pas résistés à la douceurs des fesses (Ph.ABC)
Tables bancs deja à la poubelle  (Ph.ABC)
Tables bancs deja à la poubelle (Ph.ABC)
Portes deja édentées  (Ph.ABC)
Portes deja édentées (Ph.ABC)
  • Les autres matériaux
Le temps à deja raison des plafonds du CUEF  (Ph.ABC)
Le temps à deja raison des plafonds du CUEF (Ph.ABC)

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Les terrasses à l'epreuve du temps. Deja une dégradation constatée. de quoi rejouir les gens. Encore plus de budget et de projet ce coupe.  (Ph.ABC)
Les terrasses à l’epreuve du temps. Deja une dégradation constatée. de quoi rejouir les gens. Encore plus de budget et de projet ce coupe. (Ph.ABC)

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Les pyramides en Egypte ont plus de 3000 mille ans, La muraille de Chine est multi centenaire, l’Eglise Notre Dame de Paris a célébré fièrement ses 850 ans. Partout dans le monde, il a des nombreux édifices qui défient le temps. Leurs concepteurs ont pensé à la postérité. Ils savaient que la prouesse de leur acte et leur gloire seraient dans la durabilité de leurs œuvres. Nombreux voulaient la gloire, non la richesse. Mais pourquoi en Côte d’Ivoire rien ne peut encore défier le temps?Nos Universités, blingbling sont remplies de chinoiseries. Tout brille. Rien n’est durable.

Apres 2 ans de fermeture pour réhabilitation et une ouverture très pompeuses et exagérément médiatisée, ni les promesses de campagne d’Alassane Ouattara, ni les fausses peintures de C. Baconco encore moins les projets idéels de l’informaticien Gnamien K., n’ont contribué à changer le visage de la situation universitaire. Les parents se plaignent des coûts trop élevés des inscriptions, les grèves persistent, les infrastructures manquent, le restaurant sert de la nourriture consommée, mais peu appréciée et digne des soupes collectives des années noires (1929-1930) en Europe, les bus ne sont presque jamais au rendez-vous, les bourses d’études sont payées avec extrêmement de retard, le wifi n’est qu’un leurre, il n’y a pas l’ombre d’une bibliothèque digne de l’émergence, l’omniprésence de la police sur les résidences sapent l’idée de franchise universitaire tant aimée par les syndicats…et on chante les performances réalisées. Comment la jeunesse dans ces conditions peut-elle être bien formée

Performante?…Bref…L’Afrique, la Côte-d’Ivoire a encore du chemin…Et un long chemin pour espérer un jour faire partir des tops 100 universités d’Afrique. Il faut tout de même espérer. Le soleil se lèvera un jour. Salam.


La FESCI célèbre ses 25 ans dans la violence

Affiche des 25 ans de la FESCI (Ph.ABC)
Affiche des 25 ans de la FESCI (Ph.ABC)

Les nombreux problèmes qui jalonnent le quotidien des étudiants ivoiriens ont fait le lit du retour inévitable des syndicats et de la violence.

Ce vendredi 25 juillet 2015, l’université Felix Houphouët Boigny connaissait une ambiance, non particulière. Les membres de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) ont encore prouvé qu’ils ne peuvent engager aucune action, sans que violence s’en suive.

Ce vendredi était jour de célébration du 25e anniversaire de fameux syndicat estudiantin ivoirien qui a produit les personnalités les plus célèbres des deux dernières décennies en Côte d’Ivoire. L’actuel président de l’Assemblée nationale Soro Guillaume alias Tieni Gbanani et l’actuelle deuxième ivoirien de la Cote d’Ivoire post crise à se retrouver dans les geôles de luxe de la CPI, Blé Goué Charles, dit génie de kpô.

Pour l’occasion, la police (CRS et BAE, impatiente de se mettre quelque chose sous la dent) était encore présente, comme c’est le cas ces derniers temps. L’animation était digne de la vielle époque où la FESCI gouvernait et régnait en maitre hyper absolu dans les espaces scolaires et universitaires ivoiriens : Factions de jeunes surexcités par quelque sachets d’alcool constituée ; groupe d’individus en course – pas gym –  cadencée et rythmée de chants guerriers scandés et répétés en cœur pour marquer la présence des troupes, coups de sifflets désordonnés comme des grillons déboussolés le soir d’une pluie et la cerise sur le gâteau, cette volonté de vouloir faire arrêter les cours de forces et inviter tout le monde à suivre leur spectacle para militaire.

 La suite on la connait. Echanges de pierre et de bombes lacrymogènes entre étudiants et policiers qui s’en sont donnés à cœur joie dans le matraquage et le gazage. Les vielles habitudes progressivement reviennent. Si l’Université du Départ nouveau – après deux ans de fermeture pour réhabilitation, avait pu résoudre les anciennes préoccupations majeures des étudiants, ces derniers seraient occupés à étudier dans des conditions commodes qu’à se syndiquer.


Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling (9e partie) : les toilettes émergentes, ces dames blanches aux joints fragiles

Une vue des toilettes jamais montées - UFHB (Ph.ABC)
Une vue des toilettes jamais montées – UFHB (Ph.ABC)

L’Université Felix Houphouët-Boigny (UFHB) de Cocody est un lieu fabuleux. Celles de l’intérieur du pays, le sont aussi. Tout est si beau qu’on imagine que tout va bien. Mais comme le dit cette chronique, elle est frappée du sceau de l’émergence dôyô-dôyô. Il est récurrent que les étudiants se mobilisent pour manifester leur mécontentement, partager leur galère dans ces aires parées de fleurs et de gazons. Il est aussi récurrent que toute volonté de rassemblement pour s’exprimer en toute liberté est systématiquement et tendrement réprimée par le déploiement de CRS et de BAE. A l’UFHB, les policiers arrivent plus vite que le SAMU et les Sapeurs-Pompiers en cas d’urgence.

La liste de ce qui ne va pas, de ce qui est incompréhensible, de ce qui est énervant dans cet univers de l’intelligentsia est loin d’être exhaustive. Le mal a inscrit définitivement ses empreintes dans ces hauts lieux de science malgré tous les efforts consentis pour leur réhabilitation. Le mal. Il faut bien trouver des mots adéquats pour mieux traduire ce que la réhabilitation a coûté à la vielle Université nationale, ce qu’elle a introduit de séduisant, d’enchanteresse, mais hélas de provisoire et de précaire.

En parlant de beau, de provisoire et de précaire, nous jetons dans le cadre de ce billet un regard sur ces nouveautés introduites à l’Université de Cocody rebaptisée Université Felix Houphouët-Boigny de Cocody. Il s’agit de ces belles toilettes préfabriquées, semblables à des boîtes sur pilotis placées çà et là dans l’espace universitaire. Belles, blanches, faites de tôles renflouées d’isolant et montées, sûrement aux derniers moments avant l’inauguration pour une opération de charme et de séduction.

 Avant la réhabilitation, l’Université de Cocody à Abidjan comptait très peu de lieux de soulagement. L’ex FLASH fragmentée en 3 UFR (SHS, LLC, ICA) ne disposait que d’un bâtiment de 8 cabines comme toilette. La FESCI vers fin 2010 avec l’appui du District d’Abidjan a réussi à construire un deuxième avec le matériau issu d’appel à cotisation des étudiants (sable, gravier…) qui devait – selon l’opération lancée à l’époque – servir à construire un amphithéâtre. Une autre opération d’escroquerie soutenue à l’époque par quelques éminents enseignants et qui n’était qu’un projet sans suite évidente. Les URF de droit et d’économie, à elles deux, avait aussi un bâtiment de toilettes d’une sixaine de cabines pour le grand nombre  d’étudiants qu’elles comptent. Il en était de même pour les autres UFR comme celle de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie.

Juste apres 2 ans, les toilletes s'affaissent seules - Coté Forum - ph.ABC
Après 2 ans, les toilettes s’affaissent seules – Coté Forum – ph.ABC

Ces installations demeurent. Mais les concepteurs de l’Université du « départ nouveau » se sont vite rendu compte de l’évidence qu’après avoir repeint l’Université et meublé les salles avec des bancs et tables qui s’abîment à la vitesse du vent, qu’il fallait apporter un élément nouveau au décor trop séduisant qu’ils offraient aux étudiants ivoiriens. Un élément qui attire l’attention et qui ne laisse personne indifférent. Voilà que leur vient à l’idée que l’Université était bâtie pour accueillir des hommes et des femmes qui ont des besoins naturels à satisfaire. Il fallait donc songer à augmenter le nombre de toilettes.

Ils ont eu l’ingénieuse idée, de laisser une entreprise tester ses produits. Le modèle des toilettes défie l’entendement. En effet, on a assisté après les réouvertures des universités, au montage et à l’installation de boîtes blanches préfabriquées. Au début, certains pensaient qu’elles serviraient de points de vente de nourriture, de rafraîchissement, de reprographie. Mais tous ceux qui ont parié dans ce sens ont perdu, car elles se sont révélées être des toilettes.

Blanches, belles au finish, elles avaient fière allure. Cette beauté cachait malheureusement la fragilité de leurs reins joints. Ces toilettes trop luxueuses, montées à la hâte, à la suite certainement d’un constat d’oubli mémorable, ont la particularité d’avoir les qualités de tout produit biodégradable, autodégradable, biogâtable et autogâtable.

Comment imaginer que de pareilles toilettes dignes des plages et bordures de maquis, ont pu être choisi pour un endroit comme le campus ?  Pour une université qui accueille plus de 50.000 étudiants et dont le taux de fréquentation journalier avoisine les 30.000 personnes, on se demande pourquoi on a pu penser à des toilettes si précaires et si luxueuses ? Imaginons la force des jets d’urine d’étudiants déjà énervés par leur condition, imaginons la colère des ventres parfois pressés de libérer ce que leur propriétaires ont englouti au restau U.

Restes de toilettes et conséquences de l'affaissement (Ph. ABC)
Restes de toilettes et conséquences de l’affaissement (Ph. ABC)
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Batiment se disloquant. (Ph.ABC)

Ces toilettes ont été conçus sans regards, ni fausses septiques réellement aménagées. Elles ont été déposées à des endroits stratégiques pour le plaisir sûrement des yeux des visiteurs. La société responsable de leur installation n’a même pas eu le temps de les installer toutes. On peut compter sur l’étendue de l’université 20 bâtiments blancs. Sur cette vingtaine,  seulement une quinzaine restent debout mais clopinant. Trois n’ont jamais été montés tandis que deux autres n’ont pas eu la force de continuer à être debout.  Il n’en reste que des décombres, comme si un tsunami de casseurs et de collecteurs de vieux fer était passé par là. Environ 9 bâtiments sont, pour des raisons qu’Allah seul sait, restés fermés et non fonctionnels. 

Les dames qui s’occupent de l’entretien de du nettoyage de ces lieux sont fatiguées des va-et-vient de ces étudiants pas toujours pas disciplinés, pas toujours bien éduqués,, pas toujours respectueux des espaces publics et des efforts des autres. L’eau coule. Les odeurs se sont installées et souvent le javel manque pour les étouffer. Le plancher s’affaissent doucement, les joints se desserrent progressivement sous le poids des pas qui entrent et qui sortent, des bâtiments se dégradent progressivement.Déjà, il est remarquable que des bâtiments (Celui du Forum de l’Université tout comme ceux l’UFR Maths) sont tombés, dépouillé de leur contenu, bidets, lavabos, robinets, tuyauterie… Leurs tôles serviront à constituer certainement les murs d’une maison de vigile quelque part dans un certain bidon ville de la capitale économique.

Offrir un tel luxe à un Etat émergent et PPTE, c’est une façon de jeter de l’argent par les fenêtres. Pour un pays qualifié de très pauvre et de très endetté, le peu d’argent doit servir à construire du durable. Il faut opter pour des infrastructures durables. C’est-à-dire des bâtiments dont la présence ne fait point regretter la dépense. Certes ces toilettes apportent quelques chose de nouveau au décor OBV de nos universités,  ou l’entretien du gazon semble  passer avant la satisfaction des besoins élémentaires des étudiants, mais elles se présentent comme une ruse pour camoufler la bagatelle somme allouer pour la réhabilitation des universités ivoiriennes.

Une chose est sure. Avec l’annonce que l’espace de l’Université de Cocody sera le village des futurs jeux de la Francophonie, les toilettes seront réhabilitées car devant l’étranger, il faut donner une bonne image.


Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling : séchage à fenêtre ouverte

Fenêtres de Chambre d'd'étudiant à Cocody (Ph.Badra)
Fenêtres de Chambre d’d’étudiant à Cocody (Ph.Badra)

Huitième épisode de ma série, avec aujourd’hui le problème du linge que les étudiants font sécher aux fenêtres, malgré les interdictions…

Dans les campus universitaires ivoiriens, les interdits vont croissant. Mais quand on interdit une pratique, il faut bien proposer des moyens alternatifs qui conduiraient aux changements de comportements. En Cité U, il est formellement interdit de laisser sécher le linge aux fenêtres, aux balcons et à n’importe quel autre endroit que ceux indiqués… mais qui n’existent nulle part.

Le règlement intérieur du CROU-A, cette institution en charge de la gestion des œuvres universitaires en Côte d’Ivoire (restauration, bourses, cités), est précise bien en son article 19 : « Il est formellement interdit de sécher le linge aux fenêtres et balcons, et de jeter des ordures sur l’espace. Tout contrevenant à cette règle s’expose à des sanctions. » Derrière cette consigne, un souci de maintien de l’esthétique externe de ces espaces chiquement entretenus.

Plus sain de laisser son linge à la fenêtre

Mais voilà, depuis l’ouverture des résidences universitaires, sur les 12 autres que compte la ville d’Abidjan, des étudiants ont trouvé judicieux de sécher leurs linges aux balcons de leurs paliers et aux fenêtres de leurs chambres. Ce comportement intuitif, stratégique et naturel répondrait à des soucis de sécurité et de santé.

A une certaine époque en effet, les Cités U disposaient d’espaces aménagés de séchage de linges. Malheureusement, la furie des bulldozers des concepteurs de l’université du départ nouveau, a tout balayé, pensant que les buanderies blingbling aux canalisations gauchement installées et aujourd’hui flanquées – Allah seul sait pourquoi ? – d’écriteaux ‘CUISINE’ – pour certainement plaire à la Francophonie – suffiraient. En l’absence de ces anciens lieux, détruits avec l’intention de mieux faire sans jamais rien avoir fait de mieux, les résidents n’ont trouvé que ces lieux qui s’offraient à eux. En étalant leurs linges aux fenêtres, ils se donnent la chance de les retrouver à leur retour de cours.

D’autre part, les buanderies mal aménagées sont transformées en salles d’études occasionnelles, car, celles dédiés à cette activités sont de plus en plus, mises en location par le CROU-A à des particuliers, qui en font des lieux de commerces (centres de reprographie, restaurants, cafés, auto écoles…). En choisissant de faire sécher leurs linges aux fenêtres, les étudiants évitent les tics, puces et autres verres présents dans l’herbe drue et de facto des maladies de la peau que ces bestioles pourraient occasionner.

IMG_20130101_015650En agissant pour sécuriser leurs vêtements et se préserver d’éventuelles maladies, les chanceux étudiants résidents, détruisent l’harmonie OBV de l’espace dont la beauté est chère aux autorités en présence, qui ont même réquisitionné un bâtiment entier pour en faire la résidence de familles de certains travailleurs du CROU-A. Au lendemain d’une conférence -bilan de visite des sites des futurs Jeux de la Francophonie, conférence annoncée avec beaucoup de fanfares, mais à laquelle, les organisateurs et communicateurs se sont illustrés par un retard magistral le 14 juin, des réunions de mise au point ont été tenues avec les différents chefs de paliers des résidences « U » de Cocody. Il leur a été demandé de soigner les apparences, de dégager des balcons et fenêtres tous vêtements, d’aménager eux-mêmes les buanderies en espace de séchage et de sourire à tous les étrangers qui viendraient voir les installations du futur village des Jeux.

Les gens ont voulu soigner les apparences pour faire comme si tout allait bien. Dans ces résidences, où le moindre rassemblement d’information des étudiants attire automatiquement, comme le miel attire les abeilles et la pourriture, des mouches vertes; des hordes de policiers de la CRS et de la BAE, les choses ne vont pas mieux, dans ce meilleur des mondes. Les problèmes universitaires sur lesquels les syndicats estudiantins – toujours sur pied de guerre – fondent la raison de leurs retours, font des nids douillets au retour de la violence.


Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling (7e partie): Affichage « Macabre »

Ce endroit est juste en dessous de la Présidence de l'UFHB (Ph. ABC)
Ce endroit est juste en dessous de la Présidence de l’UFHB (Ph. ABC)

Macabre est devenu par la force des choses, une expression célèbre en Eburnie. Une Miss s’est permisse dans de qualifier le comportement de ses compatriotes vis-à-vis de leur environnement de macabre. Il faut le reconnaitre, elle était à cours de mot dans son improvisation préméditée. Et les ivoiriens ne se sont pas fait prier pour lui faire un complément de prénom : Miss Macabre. Pourtant dans le fond, l’ivoirien est à éduquer pour améliorer son rapport quotidien avec son milieu de vie. Ce rapport n’est rien que le produit de ce que les politiciens ont établi, ont voulu. Il y a des taxes –incompréhensibles – de collecte des ordures ménagères sur les factures d’électricité alors qu’on n’a jamais vu la CIE collecter des ordures dans les ménages. Mais bon, c’est aussi cela l’envers de l’émergence. Nous empruntons donc l’expression à la Miss Côte d’Ivoire Macabre qui vient de laisser sa couronne sertie de diamants à une autre il y a quelques semaines. Pour l’événement les dons ont plût comme les pluies de ces derniers temps. Et le très controversant et boulimique Victor Yapobi, – M. Miss Côte d’Ivoire – était heureux. Ces pluies, une fois encore viennent à point pour aider à tester la qualité des infrastructures émergentes et donner à quelques opportunistes de la République, dans idées pour encore « bouffer ».

Revenons à nos moutons bling bling. Jetons un regard sur un fait banal. Comment on affiche dans l’espace universitaire ivoirien ? Pourquoi ce qu’on retrouve sous les ponts et panneaux de signalisation dans nos capitales, est reproduit à l’identique dans l’espace des intellectuels ? Ce fait laisse à voir qu’il y a de la barbarie dans l’agir des uns et des autres vis-à-vis de l’environnement. Une sauvagerie qui détruit l’esthétique des lieux et agresse la beauté de la nature bling bling de nos Universités hyper tuiner. Dans tous les cas, on ne pouvait s’attendre à mieux, à d’autres attitudes que celles qu’on observe. Tout semblait bien prémédité. Il faut laisser des poches trouer pour justifier la nécessité de l’intervention d’un tocklo tocklo, pour engager des travaux non prévus, pour bouffer. C’est ainsi AU PAYS DES ELEPHANTS où, de plus en plus malgré, les performances chantées à la TV nationale, la corruption gagne du terrain. Mais cela ne nous regarde pas. Voilà les faits : Affichons sauvagement, où on veut, quand on veut, même si c’est interdit par des règlements.

Affichage de Résultats de sociologie . Murs et Portes à contribution. (Ph. ABC)
Affichage de Résultats de sociologie . Murs et Portes à contribution. (Ph. ABC)

Les penseurs de l’Université du départ nouveau, n’ont apparemment pas pensé que l’africain de Cote d‘ivoire aime s’afficher et afficher là où il ne faut pas pour mieux se faire voir. C’est une attitude stratégique. Une bonne leçon de communication qui ne s’enseigne dans aucune école. Mais ceux qui le font le savent par intuition. Et c’est une intuition efficace. Dans le nouvelle environnement OBV (Murs : couleur orange, Affiches : couleur blanche, Gazon : couleur verte), les étudiants, les syndicats, les enseignants, les administrateurs du CROU, les ivoiriens  et non de ces lieux, ont pris l’habitude de mettre des affiches n’importe où. Le constat turlupine. Trouble à la limite. Tout est trop beau pour être vrai. Trop vrai pour croire. Mais hic. Rendez-vous devant les facultés au moment de l’affichage des résultats, l’évidence rattrape la réalité que de simple tableaux d’affichage à la dimension du publique des lieux, n’ont pas été prévus. Dans quelques facultés, de petits cadres ont été fixés ; mais restent incapables de contenir la grandeur des surfaces étalées des Procès-verbaux d’examens. Alors les murs viennent à la rescousse. Ensuite les portes, les couloirs, l’intérieur des toilettes et pour finir les arbres.

A l’UFHB on peut distinguer plusieurs catégories d’afficheurs « Macabres »

  • Les administrateurs des départements, de la Présidence, de la Scolarité centrale (pour résumer cette catégorie): ils font de leur mieux, pour coller là où les étudiants peuvent avoir accès à l’information. Dans les départements, lorsque le moment de la publication des résultats vient, murs, portes, morceaux de contre-plaqués trouvés selon le hasard et la nécessité, font l’affaire. A la Présidence de l’UFHB comme à la scolarité centrale, les vitraux, les murs, les niches de passage de tuyaux sont des panneaux d’affichage.
  • Les associations, ONG, Syndicats, annonceurs d’évènements : Ce sont les plus terribles. Eux ne privilégient aucun espace. Pour mieux dire, tous les lieux sont bons, pourvu que l’ombre d’un homme y passe. Ils mettent à contribution toutes les surfaces planes, plate ou non : bornes de délimitation de routes, arbres (les syndicats sont même les champions de ce choix) ; couloirs, murs, arbres, toilettes,…partout où le bon Dieu conduit leurs pas. 
  • Le CROU A. Cette institution a quelque chose de spéciale. Son règlement intérieur interdit l’affichage désordonnée et sans autorisation en son article 13 : « Les résidents peuvent mettre des affiches dans la cité, après l’accord du chef de la cité, à des endroits prévus à cet effet. » Quel endroit a été prévu à cet effet ? Pourtant elle-même ne donne pas d’exemple. Elle déroge à ses propres règles. Autrefois, dans les couloirs des bâtiments, il y avait de petits tableaux. La réhabilitation les a fait disparaitre. Et il est impérieux pour ne pas laisser l’anarchie s’installer, que la Direction de cette institution songe, à faire des économies sur l’entretient des gazons pour doter chaque palier d’un petit tableau d’affichage. Cela lui servirait, puisqu’elle-même affiche sur les murs. Peut-elle qu’elle a un pass spécial.

Il faut s’arrêter à ces catégories, à ces groupes, qui s’ils avaient trouvé des lieux indiqués, certainement n’afficheraient pas là où il ne faut pas. Les tableaux d’affichage, simple à concevoir sont des lieux de socialisation et de contrôle. Aussi, faut-il que les autorités de nos Universités prennent leur responsabilité en sanctionnant toux ces groupe, qui pollue l’espace collectif. Shalom.

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Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling (6e partie):Le gazon, la sangsue et les hérons

Tracteur tondeuse, Bas fonds de l'UFHB - Ph ABC
Tracteur tondeuse, Bas fonds de l’UFHB – Ph ABC

Si la bourse ne vient pas à l’heure, on peut se permettre des tours gratuits et touristiques dans l’enceinte de nos universités nationales devenues par la beauté de leur jardin, des lieux de plaisance et de détentes pour les cinq sens humains. Les immenses étendues de gazon bien tondu sont spectaculaires. Verdure irréprochable, drue, tendre, entretenue au quotidien par des centaines de dames et d’hommes que la vie a durement éprouvés et qui ne cherchent que pitance journalière dans leurs blouses bleues. Tout est donc au mieux dans le meilleur des mondes universitaires ivoiriens. Mais ce mieux est inquiétant et souvent provoquant.

Les étudiants de l’Universités FHB de Cocody, résidant ou non dans les Campus, tournent la situation en bourrique. Pour eux, l’essentiel pour les autorités de ces lieux, c’est « l’entretien du gazon ». C’est seulement en Côte d’ivoire qu’on voit que le Gazon est important. On soigne l’extérieur, pendant que l’intérieur est pourri de nombreux petits problèmes, qui aujourd’hui créent le nid du retour en force de ces nombreux violents syndicats estudiantins. D’ailleurs ces derniers (FESCI, AGEECI, LIGES, CES,….) commencent à marquer leurs territoires sur l’espace universitaire, comme les animaux marquent le leur en pissant. Eux ont décidé de polluer les espaces commun par leurs nombreuses affiches et aux marqueurs. Mêmes les arbres ne sont point épargnés par le syndicat champion de l’affichage barbare : l’Association Générale des Élèves et Etudiants de Cote d’Ivoire (AGEECI).

Mais « ne plante pas du gazon qui veut, mais qui peut», me disait un jour un ami, estimant le coût du carburant nécessaire pour tondre tout ça. C’est une plante de luxe qui pousse selon les caprices du temps et qui exige qu’on l’entretienne, comme le gourou entretien sa maîtresse. (Studios, bijouteries, restaurants, vêtements…Imaginons la suite. Les maîtresses en générale sont – parait-il très exigeantes aiment le chics, les prix non chocs, les choux et les fleurs…)

IMG_5329Irréprochable est la verdure de nos universités. Ce gazon est une sangsue dont le simple entretien – en plus de mobiliser des centaines de bras d’hommes, de mains de femmes devenues calleuses à forcer de contacts avec le sol, de soulèvements de brouettes, de coups de daba dans le sol, – englouti des milliers de litre de fuel. Si vous vous promener à l’université, à l’exception de l’Université Nangui Abrogoua d’Abobo-Adjamé qui devient une litière de rats, de criquets gras…, vous rencontrerez des tondeurs avec des instruments, des machines qu’on monte sur le corps, qu’on pousse, qu’on tient dans la main, sur lesquels on s’assoie comme dans un fauteuil de pacha. Toute une technologie avide de carburant est mobilisée pour ce gazon. Mais cela reste insuffisant, au vu des différents mouvements observés, ces temps-ci, coté terrains de Tennis du campus et au siège de le SIMDCI.

La SIMDCI, société qui s’occupe de l’entretien et du nettoyage de l’espace du campus vient de se doter de 5 tracteurs chinois blingbling et de 3 véhicules de type 4X4 double cabines. Si l’étendue de l’espace universitaire et les pluies actuelles qui favorisent la poussée rapide du gazon et justifient la nécessité de l’usage de gros moyens, on se demande pourquoi de nouveaux véhicules? Si on imagine que les petites tondeuses chinoises très bling-bling et très fashion, dans lesquelles plastronnaient des conducteurs aux airs de patrons, qui au passage, séduisaient avec leurs joujoux toutes ces étudiantes aux gros yeux,  ont – comme on le dit –mouillé face à ce gazon devenu coléreux à force d’être toujours coiffé ; on se dit que les tracteurs sont les bienvenues, bien évidemment s’ils sont du patrimoine du CROUA. Vu leurs plaques d’immatriculation, faut pas rêver. Et ces nouvelles 4X4 immaculées dans lesquelles grouillent chaque matin des hommes surexcités et contents d’aller au travail, comme des rebelles à la poursuite d’évadés ennemis dans Rambo 4, servent à quoi quand on sait que cette SIMDCI a un parc auto impressionnant. Il faut aussi compter son arsenal de plaisance constitué de véhicules de plage et terrain difficile. Des Karts bruyants qu’aiment conduire de petits blancs. – Le campus est devenue est lieux de plaisance.On se demanderait combien leur coûte leur contrat ?

Parlant de cette société, elle a investi après la réhabilitation, les locaux de l’ancienne Poste et Banque de l’UFHB. Ce lieu donnait au campus un air d’Université moderne, mais que les envoyer de l’ancien Ministre Cissé Bacongo, n’ont pas hésité à vider pour le transformer en bureau d’une entreprise privée. Pourtant avec tout l’argent engloutit dans la réhabilitation, elle pouvait se permettre de se construire des locaux provisoires, comme on le voit pour d’autres compagnies, construisant le pays. Une bêtise simplement. La Poste avait sa place. La banque avait sa place. Mais bon, ceux qui ont pensé l’Université émergente, ont encore décidé de ce qu’ils pensaient bien pour le petit peuple d’étudiants.

Pendant que le luxe circule, la misère des étudiants augmentent. La rumeur dit que le simple budget alloué pour entretenir le gazon avoisine les 2 milliards. Et quand le gazon drue passe sous les lames tranchantes de ces bolides tondeuses, délogeant les criquets dans leurs nids et trous, un ballet d’hérons pic bœufs blancs accompagne. Dans ce mouvement émergent, seuls ceux qui sont proches ont l’occasion de manger. Je parle des hérons.

A bientôt. Nous verrons si en ces temps de pluie, l’émergence a pensé l’affichage et le séchage sur le campus…


16 Mai 2015. Des jeunes ivoiriens ont célébré la  Journée mondiale de l’action citoyenne

images (1)Dans la succession des journées mondiales, le 16 mai a été célèbre en Côte d’Ivoire. Commune de Port Bouet, Vridi terminus 17 et 23, La Plage. Voilà le lieu que l’organisation e protection de l’environnement et ses associées JVE, JADD, Enfance en Action, AREI, 325.àrg Cote d’ivoire…ont décidé de célébrer l’évènement. Des leaders de mouvements de jeunesse, des eleves, des civils, venus profité des douceurs et odeurs que distille le vent de la mer du Canal de Vridi, les petits commerçants, les secouristes,…ne se sont pas fait prier pour investir la bâche montée pour l’occasion. Ce publique divers a suivi avec attention, intérêt et empressement les communications de Messieurs Aly Coulibaly, Enseignant-bloggeur et Charles Baimey, Directeur exécutif de l’ONG JVE-Cote d’Ivoire, qui ont porté sur « l’espace citoyen » pour le premier et « la place de la jeunesse  ivoirienne dans les négociations internationales » pour le second.

Monsieur Coulibaly a établi dans sa communication que le concept englobait toutes les actions individuelles et collectives des hommes pour que le monde se porte bien. Selon lui l’espace civique est à la fois un lieu physique et non physique, un lieu concret et virtuel, un lieu commun et singulier qui reste impérativement à protéger, à respecter. « Le monde va mal. Il va de plus en plus à la dérive. Il y a la pauvreté. Or l’homme a peur de la faim. Il y a des crises environnementales. Or l’homme a peur de la chaleur, du froid et de leurs conséquences. Parce que le monde va mal, il faut agir. Ceux qui l’on comprit se sont engagés dans des associations, des ONG, des mouvements de sensibilisation,…pour mieux interpeller, contribuer au développement durable et coordonner l’action de plaidoyer. » A-t-il constaté avant de préciser qu’au-delà du statut Juridique et des rôles sociaux qu’implique, la citoyenneté, « l’espace civique » est un espace de droits, de liberté qui invite à agir maintenant pour créer un monde et un avenir meilleur. Il a aussi constaté que parmi les plus de 1200 organisations qui se sont lancés dans la campagne Action2015, très peu d’organisations ivoiriennes de jeunesse sont inscrites. Pourtant l’Etat, qui parle de plus en plus de civisme, de réinsertion d’ex-combattants, d’éducation civique, aurait beaucoup à gagner en soutenant ce type de journée.

Comment les jeunes ivoiriens peuvent contribuer aux négociations internationales ? Telle a été la question par laquelle Monsieur Charles Baimey, a commencé son propos. En partant de son expérience personnelle d’agent communautaire et de citoyen engagé, le nouveau Directeur exécutif de JVE-Cote d’Ivoire a présenté au public des opportunités de rencontres internationales que les jeunes doivent saisir pour, non seulement se former, mais aussi contribuer aux échanges sur l’avenir de la planète. Il a insisté sur les futurs événements, tels que la rencontre qui se tiendra au Maroc courant 2015 et la Conférence des Nations Unies sur l’environnement que Paris accueillera en 2016. En les invitant à s’inscrire dans des associations, des clubs scolaires, pour apprendre, C. Baimey a avancé qu’on peut agir à n’importe qu’elle  niveau et que le déclic qui pousse à l’action et qui fait découvrir son potentiel ne peut s’opérer et s’entendre qu’à la condition de militer dans et pour quelque chose. En re-présentant les raisons de cette discussion, le patron de JVE a enfin invité les jeunes présent à avoir une attitude respectueuse à l’endroit de leur milieu, car il y a vas du bien de tous que le monde se porte bien.

Suite aux divers échanges, les jeunes ont manifesté des envies d’action pour le changement. Un pas est franchi. La Côte d’Ivoire a participé à la journée mondiale de l’action citoyenne.

Plus d’infos cliquer et voir l’article de ZAHORE


Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling (5e partie): La bourse d’étude et le secours financier, de grandes énigmes

L'argent et le diplôme. Ph.google.
L’argent et le diplôme. Ph.google.

La bourse en Côte d’Ivoire, c’est le Kouadio. Les anciens savent le sens et l’histoire de ce synonyme. Cette affaire de Bourses et d’aides financières est une grande énigme. Logiquement et avant tout c’est une histoire de mérite, de chance et de réseau car, dans ce monde, tout est possible. D’Henri Konan Bédié (HKB) à Alassane Ouattara (AO ou ADO) en passant par Guei Robert (BoB) et Laurent Gbagbo (LG), les bourses des étudiants n’ont pas eu l’honneur et la chance de suivre les courbes des slogans en vogue à l’ère de chacun de ces historiques Président de République ivoirienne. Les bourses n’ont pas progressé, pourtant sous Bédié le progrès devrait assurer le bonheur de tous, sous Guei, elles ont échappé aux ballais ; sous Gbagbo, elles n’ont pas été refondées. A l’ère d’AO, elles n’ont pas encore emprunté, malgré les péages augmentés, les autoroutes et ponts de l’émergence.

Bien au contraire depuis la mort du père de la nation Félix Houphouët Boigny, Bourses d’étude et Aides financières sont devenus moins fréquentes. La fréquence de payement des bourses et allocations universitaires est passée de la mensualité à l’annuité ; du mois à l’année. Au lieu de venir comme un bon cycle menstruelle mensuellement pour permettre à l’heureux étudiants qui l’a de vivre décemment et d’être moins inquiet, elles viennent désormais une fois par an, comme des hirondelles et toutes cumulées, pour évacuer les dettes cumulées que l’étudiant bénéficiaire est obligé de contracter en gagent sa bourse qui va venir, mais Dieu seul sait quand?

Pour ceux qui s’interrogent sur le montant des bourses ivoiriennes, elles se présentent selon 3 paliers : 1ere et 2e année 240.000FCFA en raison de 20000/mois ; Licence 3 et Master 1 : 480.000FCA en raison de 40.000 FCFA/mois et du Master à la dernière année de Thèse, 60.0000 FCFA en raison de 50.000FCFA/mois. Obtenir la bourse exige d’avoir le courage et la patience et la persévérance que doit avoir le turfiste ou le joueur de loterie, mais aussi et surtout de consentir à beaucoup d’effort de travail. Pour bénéficier d’une aide, il faut compter sur la chance ou et surtout les réseaux. Si les conditions d’obtention des bourses sont liées à l’excellence des résultats académiques, les conditions d’obtention des aides restent encore floues pour tous ceux qui ne sont jamais rentrés dans le secret de l’organisme d’attribution qui est la Direction des orientations et des bourses (DOB).

Les réseaux kif kif des Arsène Lupin du système…

Depuis quelques années le système des demandes des bourses et aides universitaires est informatisé. La DOB, il faut le dire est à féliciter pour cet extrême effort de modernisation. Ce système permet de contrôle, mais aussi d’éviter les doublons. C’est-à-dire à une même personne d’obtenir deux fois la bourse la même année. Cela se peut pour diverses raisons et statut de ces personnes. Mais il y a toujours des gens qui veulent obtenir ce à quoi ils n’ont pas droit et ce par tous les moyens qui s’offrent à eux. De même il y a toujours des gens dans l’administration qui sont prêt pour des pourcentages allant de 20% à 80% de la somme aue l’étudiant percevra. Pour garantir qu’ils ne seront pas doublés par ces derniers, des documents originaux, comme les diplômes sont confisqués ou des reconnaissances de dettes – sans motifs spécifiques –  sont signées. Et gare à l’étudiant qui se jouera les Petit Bodiel. Le système est bourré de véritables dealeurs. Des voyous qui volent, rançonnent avec l’élégance d’Arsène Lupin et la maladresse du blackiste sorti d’une prison de la Capitale. Ils sont capables autant capable de vous rendre heureux en reprenant le gros de votre bourse, mais aussi de faire disparaitre les bourses des longs absents sans que personne ne sache qui a fait quoi.

Les images éclatées des acteurs du système

On peut ainsi identifier les Gourous qui font le réseau. Généralement ils sont les bureaux de la DoB. Tout le monde le sait, mais il n’y pas de preuve. Ils y a les démarcheurs et rabatteurs, qui ont toujours des réseaux. Ce sont les petits des gourous, des syndicalistes véreux… Il y a les Opportunistes qui profitent de leur appartenance à des groupements d’étudiants, notamment le groupe des handicapées, et qui sont prêts à même faire passer des personnes sans handicap pour les leurs. Enfin, il y a les Clients et les Clientes du système. Les prêts à tout. Mais, il faut aussi comprendre que les coûts des fascicules imposées par les enseignants, les coûts augmentés des inscriptions, des chambres en résidences universitaires, des repas sur le campus, des nombreuses difficultés que connaissent les étudiants,…ne leur laissent point souvent le choix.

Les vautours du système

Faux dossiers, fausses signatures, argent disparu. Volatilisé. Ce qui se passe aujourd’hui à propos des primes des Éléphants footballeurs, existe aussi au niveau des Bourses et aides universitaires. Il y a des vautours qui font disparaître mystiquement des bourses d’étudiants qui ne pointent pas présent au moment du payement. Des vautours. Ces charognards dont les complices sont dans l’ombre montent de faux dossiers pour faire du mal à des étudiants. Cette année 3 amis ont été malheureusement victimes de ces bandits de nos administrations. De faux dossiers ont été montés pour le retrait de leurs bourses à leur place. Et quand ils se sont pointés au guichet, avec tous les documents qui les autorisent à entrer en possession de leur dû,  tout heureux, tous les calculs faits, tous les projets dessinés au prorata de la somme à retirer, PATAPOUF. Tout a chamboulé. L’argent avait déjà été retiré pour eux, mais en inconnu. Et tous les faux documents à eux présentés, prouvaient belle et bien qu’ils avaient retiré le fric. Et pourtant il n’en était rien. Ils ne savaient rien. Ils ne s’étaient même jamais présentés au guichet avant ce jour. Ils ont été considérés comme des voleurs qui reviennent toujours sur les lieux du forfait. Apres, il y a eu des réunions. Les Directeurs, se sont retroussé les manches pour mettre au pas leurs personnels. Des enquêtes ont été promises et nos amis, sont repartis chez eux, les poches vides, chagrinés, impuissants. Il faut observer à coté les petits vautours que le système a ramenés. Il s’agit des nombreux nouveaux syndicats estudiantins qui se pointe le jour des payements et qui exige, juste après le retrait une somme sur le montant, pour un quelconque combat qu’il aurait mené pour les étudiants. Avec eux, il faut obtempérer au risque de se voir dans un mouvement de violence, exproprié de son trésor.

Du bon vieux temps à maintenant

Autrefois, me disait un paternel, on poursuivait les étudiants en janvier pour leur remettre leurs bourses du trimestre précédent. C’était la belle époque. L’époque où chaque mois, le bousier passait à la caisse pour recevoir ce qui devrait lui permettre de vivre, d’étudier convenablement. Houphouët avait tout mis en œuvre pour que l’étudiant soit considère comme un homme de valeur. Oui on peut comprendre qu’à cette époque, ils étaient aussi une denrée rare. Mais depuis, tout a changé. Les bourses ne sont plus régulières et l’Etat n’assure plus le versement mensuel. Cela est désormais une tradition, Le Kouadio se verse en une seule fois par an. Et les chanceux n’ont que le temps d’admirer leur fric pour le voir ensuite s’échapper ou disparait au fil des règlements des dettes qu’ils ont cumulé. L’étudiant boursier ivoirien vit de crédits, de dettes, de rêves, de calculs dans la patience du versement de cet argent que certains n’hésitent pas à qualifier de « maudit ».

Comment l’université nouvelle celle du nouveau départ, n’a pas pu s’organiser pour penser à programmer les bourses, de sorte qu’elles soient régulières ou même virés directement dans des comptes bancaires. Cela aurait permis de mettre des étudiants à l’abri de la dépendance…

A bientôt. Car le meilleur reste à venir.


Chinoiseries dans l’Université Bling-Bling : Les Restaus ‘U’ et le « Only for dog ». (4e partie)

A l’Université FHB de Cocody, les étudiants résidents au Campus et/ou non éprouvent d’énormes difficultés pour trouver à manger. Les restaus U qui ont survécu à la réhabilitation ont du mal à satisfaire quantitativement, mais surtout qualitativement les étudiants. D’ailleurs ces entreprises de restauration qui ont raflé l’appel d’offre, n’ont rien de philanthropes. Business, profit sont leur leitmotiv. On s’imaginerait qu’elles font de leur mieux, face à la masse d’étudiants qui prend d’assaut chaque jour les entrées du bâtiment C du Campus ancien de l’UFHB. Si la qualité n’est jamais au rendez-vous, la quantité reste insuffisante quand on imagine le parcours du combattant qu’il faut effectuer pour se faire servir. Il est à remarquer qu’à l’ouverture des Universités ivoiriennes, dans la ville d’Abidjan, seuls les restaurants des campus de Cocody, d’Abobo-Adjamé ont repris du service sur les environs six (6) existant avant la fermeture. Selon les échos des menus, les étudiants pouvaient se donner le loisir d’emprunter un bus, traverser Abidjan pour aller se restaurer soit à la cité de Port-bouet, soit à celle d’Abobo et revenir au cours. Cette époque pas trop loin de maintenant est révolue. Maintenant il faut faire le rang. Faire le long rang au bout duquel il y a un plateau, un plat selon un menu de 3 proposition et un fruit si l’étudiant est arrivé tôt. Faire le rang est même une activité qui peut occuper toute une matinée. Ceux qui viennent de loin, et qui sont abonnées au restaurant, sont déjà présents dans la file dès 10h. Ils préfèrent attendre 2h dans une file pour le plaisir de leur panse. Dans tous les cas, ils n’ont pas le choix.

La furie des concepteurs

Avoir le choix dans cette université est une option de luxe et de privilégiés. En pensant la nouvelle université, les concepteurs, n’ont pas considéré l’étudiant. Disons qu’ils ont mis l’étudiant à un piédestal que lui-même ne peut ni se le permettre ni se l’imaginer. Les concepteurs ont oublié que l’ère d’Houphouët Boigny où être étudiant avait de la valeur, était un souvenir que seuls de vieux nostalgiques se permettaient souvent de ressasser quand ils sont replet. Car l’étudiant avait un statut social tétanisant, enviable, respectable. Sa simple carte brandie pouvait, selon la chanson du zouglouman Bilé Didier, emballer des cœurs de jeunes filles en quêtes de sensation fortes. Les concepteurs ont détruit tous les restaurants privés qui soutenaient si on peut le dire les Restaurants Universitaires et qui offraient du travail à quelques vieux diplômés désillusionnés et déçus du système ou attendant d’avoir la somme nécessaire pour s’acheter un concours. Les concepteurs ont en lieu et place construit des restaurants de luxe que l’étudiant lambda ne peut qu’admirer avec envie l’écriteau présentant le menu les prix en face et avaler, avant de continuer tristement son chemin, quelque salive.  A l’époque avant la fermeture, les restaurants privés et surtout garbadrome, servaient de lieu de rendez-vous de quelques étudiants qui avaient le privilège d’avoir un billet de 1000 FCFA en poche par semaine. Ils pouvaient même se permettre d’inviter une de ses étudiantes dont la simple vue des fringues et l’imagination de combien ils pourraient coûter, effraye le novice. Mais tout a été rasé et remplacé par l’inaccessible ou le difficilement accessible. Les pauvres vendeuses de beignets qui font le bonheur des étudiants, sont traqués comme les animaux de brousses après l’annonce de la disparition du spectre d’Ebola, par les quelques CRS corrompus affectés à la surveillance des aires universitaires. Finalement, ont transformé les campus en désert.

D’avant à aujourd’hui ; les menus ‘Only for dog’

On a toujours raconté qu’a une certaine époque, l’Université avait des restaurants universitaires enviables. « On avait les ticket, le café matin, le bus, la buanderie, on avait un statut. Le matin, quand je sortais, quelqu’un attendait de récupérer la clé pour mettre de l’ordre dans la chambre et refaire le lit ». Ce vieux qui relate nostalgiquement ces bons moments au campus, tombera des nus s’il découvre à quoi ressemblent le campus et les restaurants U depuis au moins 20 ans. Maintenant on sert le « Only for dog ». Confier votre clé à un prétendu homme de service, il dépouillera le contenu. La buanderie, ça n’existe plus. Et le reste, pas la peine même de l’évoquer. Rien donc n’a changé. Ce qui est marquant dans les restaus U ivoiriens des universités du « départ nouveau », c’est la fréquence des menus identiques. Comme si les cuisiniers n’avaient pas le choix de la variation…varier. Les restaurants U ont des menus mélodieux dignes des restaurants parés d’étoiles, mais se limitent à 4 types de sauce. La sauce légume est la plus acceptable et très populaire. Elle ressemble aux soupes collectives des années des crises de 1929-1930. La sauce gougouassou ou aubergine reste acceptable, mais à désirer. La sauce gombo sec se liquéfie au repos. Il ne faut pas souvent s’y hasarder. Enfin la fameuse sauce graine et son arrière-gout de graines issues des plantations industrielles du pays, que même le gombo sec ajouté n’étouffe pas. Les restaurants U proposent des plats spécifiques. Si c’est le riz grand classique, vous êtes sauvez. Si c’est l’attieké, imaginez qu’on l’a au moins réchauffé 2 ou 3 fois pour le rendre mangeable. Si c’est du placali, la patte à coller les affiches est mieux, les assiettes retournent en majorité inachevées. Quand c’est de l’igname bouillie, le tubercule de mauvaise qualité reste sans gout. Les pattes spaghetti ressemblent à des menus de camps de formation scoute ivoiriens. Enfin, les fruits sont souvent de la banane ou des oranges de la pire des qualités. Aucun gout, aigre à mort, sans jus. Tous les stocks invendus des marchés sont servis aux futurs cadres du pays. Les responsables des restaus U ne choisissent que des produits de très bas prix. Pourtant les repas servis dans ces restaurants bénéficient de la subvention de l’Etat.

La situation ailleurs

Les adeptes pour justifier leur choix en matière de lieux de restauration avance que le restaurant U est hygiénique et équilibré. Ils n’ont pas absolument tort, si un plat avec une sauce dans lequel baigne un morceau de poison mal cuit hâtivement à la vapeur ou un morceau de poulet mal grillé et un fruit suffit pour dire que le repas est équilibré. Toutes fois, pour le prix qu’un plat de Restau U coûte, la qualité devrait être revue. Le repas coûte environ 600 FCFA (1Euro). L’étudiant paye un ticket subventionné à 200 FCFA. Dehors avec 200FCA impossible d’avoir un garba, mais avec 500FCFA on peut s’offrir, si on à ce pécule, un bon repas, chez une bonne dame. A une certaine époque la différence entre le prix d’un repas dit subventionné au restau U et dans un restaurant privé (au Palmier ou ailleurs) était 50 FCFA. L’étudiant pouvait se permettre de ne pas aller poireauter dans les longues files devant les restaurants U. Mais l’Université du nouveau départ, n’est pas une université pour les enfants dit « des pauvres » ; ceux delà la classe de masse. L’ex-ministre de tutelle CISSE BACONGO, disait fièrement à la télévision nationale RTI1 que « ce qui est cher est ce qui a de la valeur ». Les frais d’inscription qu’il a abusivement augmenté n’ont rien changé à la qualité de la vie universitaire. Ni des maîtres, ni des apprenants. Bien au contraire, il n’a fait que augmenté la souffrance des ivoiriens. Mais lui ne le sais pas. C’est un privilégié. Il est Ministre. Il a oublié. Au palmier, il faut avoir au moins 500FCFA. Le coup des plats variant entre cette somme et 1500FCFA ne donne pas la possibilité à tous de manger rapidement pour reprendre les cours. Or cette somme dans un contexte d’émergence est un luxe pour les étudiants. Ceux qui n’ont pas cette somme vont au restaurant U ou se content soit d’un gbozon, soit d’une prière. D’après un passant le Palmier est  désormais faits pour les « uns », parce qu’on ne veut pas que l’étudiant présente des signes d’aisance, alors on le réduit à des repas communautaires. C’est aussi cela l’émergence doyodoyo, dans l’université blingbling ou tout a augmenté. Mais les bourses sont restées tel. Ce régime aime prendre, encaisser, mais quand il s’agit de donner, il calcule. On parlera des bourses. Bientôt. Shaloom.


Chinoiseries dans l’université bling bling: le quai Cissé Bacongus, quai des Indignes

« Le spectre de la mort rôde autour de là, là où on essaie de sauver des vies. Il y a l’entrée d’une faculté de médecine, la sortie d’une morgue de CHU, l’entrée d’un hôpital universitaire, la devanture de trois groupes d’Eglise : méthodiste, catholique et évangélique. Tout est bon pour que la mort se balade, flâne… » (Extrait de La première ordonnance du médecin Président, Nouvelles en cours de finition)

Qui connaît Alpha Blondi ? La méga star du reggae ivoirien. Sa chanson à propos des accidents sur le sujet le boulevard VGE résonne en écho quand on se retrouve devant l’édifice rocambolesque. Le quai ou la gare de bus SOTRA, le plus scandaleux de l’histoire de notre Université dans son contexte d’émergence. Sa construction a nécessité de mettre au dehors de l’enceinte de l’université UFHB les étudiants, de les soumettre aux aléas du temps, de troubler la quiétude des malades du CHU, la tranquillité des écoles méthodistes. Il fallait montrer aux étudiants que le régime avait changé. Il fallait  aussi leur en vouloir pour les exposer à tant de déboires, tant d’inconfort, tant d’humiliation. Le ministre Cissé Baconco, maître à penser de l’université du « départ nouveau » devrait être animé d’une rengaine amère contre la gente estudiantine pour prendre cette décision.

Avant la crise et en prélude à la Coupe du monde 2010, MTN avait réhabilité cet espace. Il était nickel. L’Etat pouvait faire des économies en l’épargnant dans son projet de réhabilitation. D’ailleurs, il n’y avait absolument rien à retoucher là, car tout venait à peine d’être refait. Le sol, les hangars. Tout était beau et Yello. Les amoureux pouvaient même le choisir comme premier lieu de RDV avec leur nouvelle trouvaille (c’est valable pour toutes les directions). Mais il fallait bien justifier les dépenses. Il fallait dire à quoi l’argent a servi. Il fallait donner une raison de travail à la société qui a raflé l’appel d’offres. Le coin a été rasé, dégoudronné et regoudronné. Un préau abritant des bornes de recharge électrique y a été construit. L’édifice est tellement minuscule que les vigiles affectés à sa surveillance s’ennuient à mourir. Aussi, faut-il noter que les concepteurs de l’université du « nouveau départ » ont estimé que les étudiants n’avaient pas besoin de tant de privilèges, de tant de luxe, de tant d’amour, de tant de confort. Il fallait les booter en dehors de ces beaux lieux tronquez pour un abri de deux splendides bus bleus offerts par Bolloré à la Côte d’Ivoire pour dire merci. Merci d’avoir obtenu un autre marché juteux. On présume que chacun des acteurs ivoiriens en recevra les gouttes dans un compte caché quelques part. Une part de la commission. Une part du win win.  On se croirait dans les récits gênants de Pierre Péan.

Les Blue bus

Deux bus bleus aux belles sonorités occupent désormais la place de l’ancien quai. Là où des milliers d’étudiants se retrouvaient pour expier leur galère dans l’attente des bus. La FESCI n’aura plus l’occasion d’y démontrer ses talents timocratiques cachés d’une armée de réserve du pouvoir défait par les urnes et les armes en 2011. Les petits vendeurs n’auront plus l’occasion de proposer leurs historiettes aux étudiants déjà paumés par le système qui les oblige à photocopier et à acheter des fascicules. Désormais, il faut traverser ce désert brûlant pour rejoindre le quai d’embarquement et débarquement, situé à l’autre bout du Boulevard des universités et admirer au passage, le mouvement de va- et-vient des Blue bus offert gracieusement par la société Bolloré à la Côte d’Ivoire, en reconnaissance des marchés obtenus. Pour 2 bus, toujours immatriculés comme des véhicules ordinaires, on ne sait pourquoi, alors que tous les véhicules qui portent le nom de l’université ont une plaque jaune et sont immatriculés D45 ;  il y a eu une cérémonie digne de l’époque Mobutu. Le président de la République y était him self avec toutes les institutions et l’armada de protocoles, de voitures, de logistique… pour réceptionner le minuscule, mais symbolique cadeau. Imaginons les dépenses que cette présence a dû engendrer.

Les restes d'un bric à brac monté à la hate (Ph.ABC)
Les restes d’un bric-à-brac monté à la hâte (Ph.ABC)

Au début, on exigeait 100 FCFA pour le trajet. Les étudiants déjà énervés par les réformes longues et incongrues, les augmentions injustifiés, les manques d’infrastructures, la chaleur, la faim, la soif, préféraient marcher et substantiellement économiser 100 FCA. Bagatelle mais nécessaire somme pouvant acheter un gbozon. Les bus chômaient. Ils circulaient vides et en ordre comme dans un aéroport. Personne n’y prêtait attention. Ceux qui les empruntaient étaient considérés comme des privilégiés, des paresseux, ou des curieux qui voulaient juste goûter au confort de ces machines de luxe et dont on ne sait la pérennité réelle. Un jour, le bon Allah, dans sa compassion et sa mansuétude a touché le cœur des autorités qui avaient fixé les règles afin qu’elles se ravisent et comprennent qu’elles exagèrent un peu et que même si la raquette était revenue en force à tous les niveaux de l’Etat, les étudiants n’étaient pas le bon public. Alors les bus bleus sont devenus gratuits. Les étudiants s’y bondent, surchargent sans que les conducteurs, plutôt occupés à faire le faro au volant de ces bolides de bijoux, ne soient rigoureux en matière de respect de limitation de place. On imagine un peu la durée de vie de ces engins, qu’on ne répare que dans les entrepôts de Bolloré à Vridi.

Le quai très prêt émergent

Les étudiants ont été éjectés de l’enceinte de l’université, certainement pour dire qu’on ne veut pas de vous. Durant des mois, ils s’agglutinaient sous soleil, pluies, le long de l’Université méthodiste de Cocody et souvent à l’entrée des urgences du Centre hospitalier et universitaire de Cocody. Les directeurs de ces établissements se sont plaints. Pour l’un, le bruit devrait indisposer les enfants du primaire du CMP, empêcher les parents de garer convenablement pour déposer et reprendre les enfants. Pour l’autre, le patron du CHU, la position devant un hôpital de ce renom et de surcroît le partage du parking de l’entrée des urgences avec des bus de la SOTRA n’étaient point commodes pour les malades et même pour les étudiants eux-mêmes qui en cas de colère de la nature ne pouvaient trouver d’abris.

Des Etudiants attendent le bus au nouveau quai (Ph.ABC)
Des étudiants attendent le bus au nouveau quai (Ph.ABC)

Le ministre fit la sourde oreille. Digne et juste attitude pour lui certainement de rééduquer les étudiants à la discipline, de leur faire comprendre l’âpreté de la vie qu’ils n’ignorent point déjà et que cela faisait partie des conditions pour espérer un jour réussir ; ou qu’à la sortir de ces épreuves, les pauvres étudiants feront preuve de discipline, de respect, qu’il seront doux comme des chevaux récifs pacifiés ou des FRCI satisfaits après le versement de milliards d’arriérés dans leurs comptes bancaires… Résultats : des pieds cassés, des bras coupés, des morts au cours des bousculades pour avoir une place dans le bus. Et comme d’habitude,  ils sont arrivés dans leurs bolides avec des faux airs compatissants promettant le meilleur dans l’avenir, avec leurs cortèges bruyants. Que fut ce meilleur ? Même endroit, des appâtâmes métalliques ont été construits. Gauche assemblage de fer, de tôle et de béton. Une gare fabriquée à la hâte et avec beaucoup de faux sérieux qui s’est écroulée aussi vite et avec la même vitesse prise pour sa construction. Encore une chinoiserie qui sabote le beau projet du président AlasscO. Le sait-il ? Qui sait ? A force de penser pour les autres, j’ai raté tous les bus. Même le dernier ne viendra plus. Retournons squatter au campus. Bien avant, il faut se remplir la panse. A quelle sauce sera-t-on mangé ?


Les chinoiseries de l’émergence : Universités Bling Bling et le Wifi des Akpanis (Deuxième partie)

Une nuit à l'UFHB, les étudiants cherchent le Wifi (Ph.badra)
Une nuit à l’UFHB, les étudiants cherchent le Wifi (Ph.badra)

« Court après le vent, et tu attraperas des ombres ». Cherche le Wifi et tu seras akpani.

L’Université Bling Bling du « départ nouveau », a ceci de particulier, qu’il a créé une nouvelle espèce d’étudiant. L’étudiant chercheur geek aux attitudes de chauve-souris. Émergence obligeant, il a désormais soit un ordinateur portable dans le gros sac qu’il trimbale, soit une tablette chinetock ou originale et/ou un téléphone androïde d’une génération quelconque. Il passe son temps à se faire voir sur Facebook et à télécharger des films, clips vidéo, musiques… Il a l’air très occupé à chercher quand il a une de ces machines entre les mains. Il est In, et très choco. Il épouse et adopte les innovations de son temps. Fréquenter une bibliothèque, lire un livre sont les cadets de ses soucis, même s’il en a la volonté. De toutes les façons, il sait que internet peut répondre à toutes ses questions et préoccupations. En plus, avec l’effectif mortel connu des universités, il a la ferme conviction qu’aucun enseignant, en tout cas pas un au nombre de ceux qui sont déjà énervés par les revendications infructueuses, ne perdra le temps à vérifier les sources de quoi que ce soit. Cela est relatif. Il y a toujours des exceptions.

Le projet de connecter les espaces universitaires ivoirien est la preuve que nos chères universités ont évolué dans le sens où, comme il n’y a pas l’ombre d’une bibliothèque dans ce vaste territoire universitaire d’Abidjan, internet devient une solution alternative pour la recherche. A Cocody, les étudiants sont devenus les rivaux de leurs maîtres en la matière. Ils cherchent, non pas la science, mais le petit signal qui ouvre les portes du monde: le wifi.

Deux syllabes euphoniques qui égayent les cœurs. Au commencement, les signaux aux noms bizarroïdes et enchanteurs avaient envahi le campus. WifimoovUFHB par-ci, WifiorangeUFHB par là. Les noms des signaux étaient nombreux, mais le débit médiocre. Les étudiants ont dû apprendre la patience du chasseur chercheur. Le wifi qui était censé pouvoir connecter cinquante mille (50.000) étudiants à la fois, se trouve incapable d’en satisfaire au moins 1000. Il a très tôt montré ses limites en commençant à se faire rare comme l’eau dans les robinets dans certaines communes du pays. Dans le fond, c’était un appât à mettre au compte des iniques arguments brandis pour justifier l’augmentation des inscriptions. Les architectes penseurs de l’Université du « départ nouveau » ont pensé juste. Ils savaient que l’introduction de cet appât modifierait les comportements des étudiants ivoiriens qui commencent à s’intéresser aux TIC. Ils ont réussi à bluffer et berner les naïfs et l’opinion avec des signaux illusoires, qui certainement ont couté des millions reversées dans les comptes bancaires d’une de ces nombreuses entreprises crées pour la circonstance.

A Cocody, les étudiants cherchent le WIFI comme des Akpanis cherchent un arbre sûr dans la commune du Plateau. Des chauves-souris, ils sont devenus. Tous et toutes. Les Akpanis sortent la nuit. Les Apkanis, vivent en communauté. Les Apkanis chassent en groupe. Nos amis les étudiants aussi. Pour avoir le Wifi, il faut s’armer de patience et de courage. Souvent, faut-il faire du café noir son allié pour chasser le sommeil. Les quêteurs de wifi sont à la fois très matinaux et noctambules. Dormir c’est se pénaliser soit même car la loi premier arrivé, premier servi est une réalité aux lieux où le wifi se signale. Le wifi permet d’admirer un pan de la beauté de la grande mascarade de l’émergence universitaire dans son élan effréné d’interconnexion depuis son top nouveau départ. Devenus stoïques et insensibles aux piqûres des moustiques filles et garçons, jeunes et les encore nombreux vieux jeunes étudiants, dans toutes les positions dignes du répertoire kamasoutra, mais en mode recherche de wifi, se laissent aller.

Il y a quatre (4) coins points stratégiques pour espérer avoir le petit signal. Quatre coins lumineux qui attirent ces geeks comme la lumière attirent les insectes et les salamandres le soir d’une pluie.
#1 – Le premier point se trouve sous le perron de la Présidence de l’Université. On y trouve un wifi qui fonctionne le jour. Vous y trouverez des étudiants assis et concentrés qui captent de bons signaux sans pouvoir avoir le débit espérer.
#2 – Le second, est situé à l’esplanade du couple d’amphis A et B à la faculté de Biosciences. Parait-il que ces amphis sont connectés à d’autres amphis de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké. Surement ce motif justifie la présence du signal, presque net en ce lieu. Et grâce à lui, ces deux amphis n’ont plus besoin de Les étudiants s’y retrouvent entre 4h et 8h du matin, pour finaliser les travaux maisons avant l’heure des débuts de cours.
#3 – Le troisième coin est la devanture de l’amphithéâtre C de l’UFR Chimie-Biologie-Géologie, est dit-on la zone où le wifi serait stable. Pour cette raison, cette partie de l’UFHB est apprécié des étudiants friands de téléchargements.
#4 – Enfin, le coin, le quatrième et le plus populaire est à l’URF Mathématiques, salle de l’IRMA. Ce lieu ne désempli pas. La nuit le spectacle des écrans dans l’obscurité ressemble à celui d’un ballet stupéfiant de lucioles en chaleur. Le jour, ce sont les positions des hommes qui attirent l’attention de tout passant. Le Wifi y est très stable et la pelouse toujours bien tondu. Assis, debout, couchés, marchant ou arrêté, en solitaire ou en groupe, on y trouve toute catégorie d’individus : les étudiants normaux et anormaux, des policiers, des normaliens, des polytechniciens, des élèves, les cireurs, les petits commerçants…

Cette histoire de wifi ne doit pas être simple. Une chose est sure, dans les Universités, le wifi de très basse qualité occupe bien les étudiants qui n’hésitent pas à se priver de sommeil pour juste pouvoir se connecter. Peut-être que c’est parce que c’est gratuit, qu’il y a tant d’abonnés dévoués ? Ces derniers mois, de nombreux trous ont été creusé sur l’espace de l’UFHB et de nombreux tuyaux enterrés pour parait-il couvrir tout l’espace universitaire de réseau internet. En espérant que ce sera mieux, ceux qui n’ont pas de PC, vont au quai, attendre le bus. Là encore, un autre spectacle de souffrance acceptée se donne. A bientôt.

Des images…

Etudiants en quete de Wifi
Etudiants en quete de Wifi

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Les chinoiseries de l’émergence : les universités bling-bling et le système LMD

Entrée de l'UFHB (Ph.Google)
Entrée de l’UFHB (Ph.Google)

Il y a trop de chinoiseries dans tout ce qui se dit, s’inaugure ici et là au pays des éléphants. Le cas des universités est remarquable. De la réhabilitation aux nombreuses réformes, beaucoup de choses vont mal dans l’enseignement supérieur, mais on ne constate aucun écho dans nos médias, comme si l’Etat veut museler ses échecs dans ce secteur.

Cela fait au moins 4 bonnes semaines que les enseignants des universités publiques ivoiriennes sont en grève. Aucun bruit sur la situation hormis l’annonce par le ministre de tutelle Gnamien Konan que les syndicats seront reçus par le premier ministre. Pour faire diversion comme à l’habitude de ce gouvernement, le ministre a annoncé la création d’un fonds pour la recherche doté d’une enveloppe de la ridicule somme de 500 millions de FCFA. Diantre, ce ministre prendrait-il les universitaires pour des enfants qui se ruent en classe quand l’odeur de l’argent est rependue ? Fonds de la recherche pour quelle utilité ? Il s’agissait de donner des réponses aux préoccupations des enseignants et non on encore de répandre de la poudre de promesse pour détourner si maladroitement les attentions. A l’évidence, l’argumentaire n’a pas été efficace. La grève qui continue est qualifiée d’illimitée.

La situation commence à turlupiner, à inquiéter quand on sait que l’Université de l’émergence n’a pas réussi le pari de la stabilité des années universitaires tellement les problèmes se sont accumulés au fil des années de fermeture, des hautes performances fabriquées aux examens du BAC… Mais bon, c’est aussi cela, la Côte d’Ivoire sur les sentiers de l’émergence, où tout doit s’accommoder avec les anciennes habitudes qui restent têtues. Rien dans le fond n’a changé. Rien ne s’est amélioré. On a simplement reporté la souffrance en fermant durant deux ans les universités aux motifs, combien nécessaires et urgents de les réhabiliter.

L’émergence se construit sur fond de promesses et en mode doyodoyo. L’Université ivoirienne « du nouveau départ » est une université bling-bling, toute l’humanité le sait. Heureusement que sous nos cieux tout ce qui brille n’est pas de l’or. Réhabilités à coup de milliards, mais encore inachevés, comme quelques chantiers de l’émergence inaugurés pompeusement et bruyamment. La réalité africaine a très vite rattrapé ces hauts lieux du savoir, version SOLUTION et les replonge progressivement dans les réalités d’avant crises : grèves incessantes, menaces d’année blanche, absences d’infrastructures doublées d’une augmentation exponentielle des coûts d’inscription jusque-là difficile à justifier.

 #DLMD vs #LMD

Dans ce tourbillon de trouble dans les universités bling-bling, une réforme : celle du LMD. On entend par là Licence Master, Doctorat. Le passage de l’ancien système DEUG, LICENCE, MAITRISE, DEA, DOCTORAT, vieux de plus de 40 ans aux systèmes LMD a fait l’objet de plusieurs séminaires coûteux, dits séminaires de réflexion, dans des luxueux hôtels de la première capitale du pays. Ce passage n’attendait que la bonne opportunité pour s’effectuer. Et la crise a offert cette opportunité. Et le LMD a divisé le monde universitaire sur la nécessité de son application dans les conditions actuelles que traversent les universités.

Il y a ceux que cela peut arranger. A l’origine, ce système devait résoudre l’adéquation formation emploi, rendre plus compétitifs les diplômés qui sortent des universités, d’homologuer les diplômes et de les rendre plus crédible… LMD a fait des heureux. Dans certaines facultés l’introduction des disciplines sportives a vu la transformation de certains enseignants en professeur de sport. La rumeur dit qu’à l’UFR CBG de l’UFHB, au lieu de recourir aux services d’un professionnel du sport, un enseignant du département, jeune docteur plein d’énergie, se serait transformé en prof. de sport pour la circonstance, afin de bénéficier du volume horaire dévolu. Une autre rumeur renchérit en laissant entendre qu’une fois sur les aires de sport, l’éminent jeune professeur reconverti n’a pas trouvé mieux que de se souvenir des actes de ses profs. d’EPS du lycée : 10 tours du terrain de football, deux équipes de foot constituées, et hop l’ECUE est validée. Une autre rumeur répandue de cette UFR annonce qu’un autre doyen, armé de ses expériences linguistiques constituées pendant ses nombreux voyages, s’est transformé en enseignant d’anglais. Pendant son enseignement, tout se faisait en français. La cerise sur le gâteau d’après cette rumeur, c’est que pendant la composition, les questions étaient en français et les étudiants devaient répondre en anglais… Mais bon, ce sont souvent ces bonnes rumeurs, souvent fondées, souvent mal fondées qui circulent pour détendre un peu les mines… Sans aucun doute, LMD arrange aussi les enseignants paresseux, déjà spécialiste dans la vente de fascicules. Selon ce qu’on peut entendre souvent : « Le système veut que l’étudiant travaille et compose les 75 % de l’enseignement et qu’il ne revient qu’une marge d’intervention de 25 % à l’enseignant. » Ce nouveau slogan est un passe pour ne plus donner de contenu aux enseignements. Mais bon c’est aussi cela la réforme.

En face, il y a les irréductibles de l’ancien système. Pour ces derniers, une belle femme fera toujours l’objet de critiques si le regard commun lui découvre un petit défaut. La bouche de l’Ivoirien dira « cette fille est jolie hein, elle sort de l’eau comme Mami Wata, mais son pied est un peu tordu, ses lèvres sont un peu noires, son point de beauté là est mal placé… ». Ces petits défauts qui entachent une beauté divinement innocente…Voilà des petits points que la langue de l’Ivoirien ne peut taire. C’est aussi ça la liberté. Allez demander un service dans un décanat où à la scolarité centrale. Selon votre interlocuteur, vous serez servi. « Je suis en L2 » pour dire en 2e année. Vous pourrez entendre « quelle L (Licence) ? Tu es en DEUG 2, vos diplômes internet là fatiguent les gens ici hein ». Dans le fond personne n’a tort. L’étudiant se plie et subit le système, l’agent de l’administration, qui a encore ses fiches organisées selon l’ancien système est troublé et énervé quand il doit rester dans une ancienne logique pour effectuer des tâches d’une autre logique, de tout adapter.

 Les diplômes mal accordés

Un exemple loufoque et délirant. Les étudiants admis à l’ENS cette année ont rencontré de nombreuses difficultés aux services des diplômes de la scolarité de l’UFHB et ont reçu pour la même promotion des diplômes différents. Pour être précis deux types de diplômes. La Maîtrise n’existant plus et le Master 1 n’étant pas un diplôme, mais un niveau dans un cycle, l’université FHB a été dans l’obligation de transformer les Master 1 en Maîtrise et de délivrer, selon les heures d’arrivée au guichet des attestations ou des certificats. Kouadio et N’Goran sont normaliens au cycle des professeurs de lycée. Ils ont tout deux soutenu leur Master 2, qu’ils ont donc validé la même semaine de l’année 2014. Lorsqu’ils se présentent à la scolarité pour demander leur diplôme, afin de constituer les dossiers d’inscription à l’ENS, Kouadio qui fut le premier, a reçu un document dit certificat d’admission en maîtrise, sans aucune trace, ni mention des Unités de valeurs (UV) validées. L’agent administratif avance qu’il y avait trop de matières et qu’elles ne pouvaient toutes être répertoriées sur le diplôme. Ils ont dû donc trouver ce raccourci pour délivrer les diplômes urgents. Deux jours après, N’Goran se rend au même lieu pour la même requête. Il recevra quelques semaines plus tard, son diplôme, le même que Kouadio, mais avec ses UE obtenues, ses mentions et les dates d’obtention. Comment voulez-vous qu’une université soit crédible si elle délivre pour des circonstances identiques des documents différents. N’est-ce pas là une porte que l’UFHB ouvre aux faussaires? Ce n’étaient là que des exemples loufoques, disais-je.

Il n’y a pas que le LMD  dans nos universités qui ont du mal à fonctionner. Un jour peut-être la levure prendra. Pour le moment, il faut s’accommoder, s’accrocher. Certes sous Alassane Ouattara, le pays se réveille. Les chiffres parlent d’eux même. Mille ponts par-ci, mille routes par-là, le quotidien de l’Ivoirien ne change pas. Rien n’est gratuit. L’autoroute qui était censée faire circuler l’argent qui travaillait a entraîné une augmentation douce des tarifs de transport. La réhabilitation des universités a conduit à ce qu’on sait, des propositions indécentes. Les universités publiques qui jusque-là sont incapables d’offrir des services de qualité ont des coûts d’inscription qui rivalisent avec ceux des universités et grandes écoles privées… Les infrastructures croulent sous le poids des effectifs qui vont grandissant. Payer n’est rien. Mais il faut consommer pour ce qu’on paye et en être satisfait. Il paraît que le LMD s’accompagne de Wifi pour régler la question des places dans les amphithéâtres. Mais ce WiFi est-il fonctionnel ? Peut-il permettre la connexion de 50 000 postes comme prévu ? Asseyons-nous dans le gazon de luxe de l’UFHB, et testons…