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3 raisons de la déroute des 5 équipes africaines à la coupe du monde 2018

10 défaites, 3 victoires et 2 nuls : voilà le bilan des 15 matches joués lors de la phase de groupes par les 5 équipes africaines qualifiés pour la coupe du monde Russie 2018 : Maroc, Tunisie, Egypte, Sénégal et Nigéria. Triste ! Aucune d’entre elles ne s’est d’ailleurs qualifiée pour le second tour, ce qui n’était plus arrivé depuis le mondial 1982 joué en Espagne.

Ce billet a été initialement publié sur elombarty.mondoblog.org.

Si je dois comparer cette coupe du monde à une guerre, je dirai que les équipes africaines n’ont gagné que quelques batailles. Elles ont perdu la guerre finalement. Le Nigéria et le Sénégal qui pouvaient encore se qualifier lors leur troisième et ultime match ont perdu les armes à la main. Mais à quoi ça sert de perdre les armes à la main et de rester dans la dynamique de « L’essentiel est de participer » ? Retour sur les trois raisons qui selon moi expliquent cette déroute.

Les équipes africaines n’étaient pas au niveau 

 

Si les équipes africaines ne se sont pas qualifiées, c’est parce que leurs adversaires ont été meilleurs et ont montré plus d’envie. Le Maroc aurait mérité mieux vu le contenu de ses deux derniers matches. Pareil pour le Nigéria qui a bien rebondi après sa défaite inaugurale face à la Croatie. Son deuxième match face à l’Islande, plaisant surtout en seconde période, a redonné espoir à tout un continent. Les Super Eagles n’ont pas tenu la dragée haute face à l’Argentine. L’Egypte, elle, a trop compté sur sa star Mohamed Salah, arrivé blessé au Mondial et pas à 100% de sa forme lorsqu’il a joué face à la Russie et l’Arabie Saoudite. Une seule hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. L’Egypte a d’ailleurs perdu ses trois matches et reste la mauvaise élève de la classe. Elle doit encore attendre pour enregistrer sa première victoire en coupe du monde. La Tunisie a sauvé l’honneur en remportant son troisième match, qui a compté pour du beurre face au Panama. Les aigles de Carthage n’ont pas vraiment existé lors des deux premiers matches surtout face à la Belgique où elle s’est lourdement inclinée 5 buts à 2.

Le Sénégal qui a fait rêver tout un continent après son premier match et sa victoire 2-1 sur la Pologne est allé decrescendo. Cette victoire a été suivie d’un nul 2-2 décevant face au Japon et d’une défaite 0-1 contre la Colombie. Ils n’ont pas fait preuve de constance. Première équipe à avoir remporté une rencontre lors de cette compétition, le Sénégal n’a pas confirmé et rentre à la maison comme les 4 autres équipes. Même si il est éliminé au fair-play pour avoir pris 6 cartons jaunes contre 4 pour le Japon.

 

 

Un manque de concentration

 

« La fin d’une chose vaut mieux que son commencement » dit le passage biblique. Un match de football, c’est 90 minutes voire plus. Les 5 équipes africaines l’ont carrément oublié. Egypte, Tunisie et Maroc lors de leurs premiers matches. Sénégal et Nigéria lors de leurs deuxièmes et troisièmes matches. C’est l’Egypte qui a ouvert le bal en s’inclinant dans les derniers instants 0 but contre 1 suite à un coup franc évitable contre l’Uruguay. La Tunisie en a fait autant dans un match où elle n’a pas montré grand-chose face à l’Angleterre. Elle s’est inclinée 1-2, sur un dernier corner, alors qu’elle tenait le 1-1. Le Maroc a fait encore pire en marquant un but contre son camp dans les derniers instants face à un Iran qu’il était censé battre. Hervé Renard et ses joueurs venaient de compromettre leur qualification pour le second tour dans une poule où il y avait le Portugal et l’Espagne. Vu la façon dont ils ont perdu face au Portugal lors du second match et obtenu le nul face à l’Espagne lors du dernier, cette défaite face à l’Iran leur a été fatale pour la suite.

 

Le Sénégal, qui a mené deux fois au score face au Japon, s’est fait rejoindre sur des erreurs défensives et dans des moments où les joueurs étaient moins concentrés. Ils ont probablement dit adieu à ce moment là à une possible qualification en 8e de finale. Avec 6 points, ils auraient été plus confiants face à la Colombie lors du dernier match où un nul les envoyait au tour suivant. Un nul qu’ils ont longtemps cherché face à une Colombie pas terrible et qui a quand même réussi à les battre avec un but inscrit dans le dernier quart d’heure. Le Nigéria aussi avait juste besoin d’un nul face à l’Argentine lors de son dernier match. Les joueurs de Gernot Rohr ont tenu jusqu’à la 86e minute avant de céder 1-2 contre l’Albiceleste. Qui dit manque de concentration dit forcément manque d’expérience.

 

 

Ces équipes n’avaient pas assez d’expérience

 

Lorsque l’on est expérimenté, il y a des fautes que l’on ne commet pas et des coups de pieds arrêtés que l’on ne concède pas dans les ultimes moments d’un match. On sait aussi gérer ses temps forts et ses temps faibles. On essaie aussi d’être efficace devant le but. Lorsque l’on a l’occasion de creuser l’écart ou de prendre l’avantage, on n’hésite pas tout en faisant preuve de dextérité. Le Nigéria, qui était l’une des équipes les plus jeunes du tournoi, en a fait les frais devant l’Argentine. Le Sénégal, lui, face au Japon et à la Colombie. La plupart des joueurs des équipes africaines jouaient leur première coupe du monde. La dernière participation du Maroc à une coupe du monde remontait à 1998. L’Egypte revenait après 28 ans d’absence, les sénégalais après 16 ans. La dernière participation de la Tunisie remonte à 2006 en Allemagne. Seul le Nigéria de John Obi Mikel était présent au Brésil en 2014. Mais le Nigéria de 2018 a été largement rajeuni. Autant dire que les 5 équipes africaines ont cruellement manqué d’expérience.

Une dernière raison que je trouve non négligeable est le nombre pas assez suffisant du 12e homme, ou du 12e Gaïndé comme disent les sénégalais, pour soutenir les équipes du continent. Les supporters nigérians n’ont pas fait le poids face à ceux de l’Argentine tout comme les Gaïndé sénégalais devant les supporters des Cafeteros.


3 raisons de la déroute des 5 équipes africaines à la coupe du monde 2018

10 défaites, 3 victoires et 2 nuls : voilà le bilan des 15 matches joués lors de la phase de groupes par les 5 équipes africaines qualifiés pour la coupe du monde Russie 2018 : Maroc, Tunisie, Egypte, Sénégal et Nigéria. Triste ! Aucune d’entre elles ne s’est d’ailleurs qualifiée pour le second tour, ce qui n’était plus arrivé depuis le mondial 1982 joué en Espagne.

Si je dois comparer cette coupe du monde à une guerre, je dirai que les équipes africaines n’ont gagné que quelques batailles. Elles ont perdu la guerre finalement. Le Nigéria et le Sénégal qui pouvaient encore se qualifier lors leur troisième et ultime match ont perdu les armes à la main. Mais à quoi ça sert de perdre les armes à la main et de rester dans la dynamique de « L’essentiel est de participer » ? Retour sur les trois raisons qui selon moi expliquent cette déroute.

Les équipes africaines n’étaient pas au niveau 

 

Si les équipes africaines ne se sont pas qualifiées, c’est parce que leurs adversaires ont été meilleurs et ont montré plus d’envie. Le Maroc aurait mérité mieux vu le contenu de ses deux derniers matches. Pareil pour le Nigéria qui a bien rebondi après sa défaite inaugurale face à la Croatie. Son deuxième match face à l’Islande, plaisant surtout en seconde période, a redonné espoir à tout un continent. Les Super Eagles n’ont pas tenu la dragée haute face à l’Argentine. L’Egypte, elle, a trop compté sur sa star Mohamed Salah, arrivé blessé au Mondial et pas à 100% de sa forme lorsqu’il a joué face à la Russie et l’Arabie Saoudite. Une seule hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. L’Egypte a d’ailleurs perdu ses trois matches et reste la mauvaise élève de la classe. Elle doit encore attendre pour enregistrer sa première victoire en coupe du monde. La Tunisie a sauvé l’honneur en remportant son troisième match, qui a compté pour du beurre face au Panama. Les aigles de Carthage n’ont pas vraiment existé lors des deux premiers matches surtout face à la Belgique où elle s’est lourdement inclinée 5 buts à 2.

Le Sénégal qui a fait rêver tout un continent après son premier match et sa victoire 2-1 sur la Pologne est allé decrescendo. Cette victoire a été suivie d’un nul 2-2 décevant face au Japon et d’une défaite 0-1 contre la Colombie. Ils n’ont pas fait preuve de constance. Première équipe à avoir remporté une rencontre lors de cette compétition, le Sénégal n’a pas confirmé et rentre à la maison comme les 4 autres équipes. Même si il est éliminé au fair-play pour avoir pris 6 cartons jaunes contre 4 pour le Japon.

 

 

Manque de concentration

 

« La fin d’une chose vaut mieux que son commencement » dit le passage biblique. Un match de football, c’est 90 minutes voire plus. Les 5 équipes africaines l’ont carrément oublié. Egypte, Tunisie et Maroc lors de leurs premiers matches. Sénégal et Nigéria lors de leurs deuxièmes et troisièmes matches. C’est l’Egypte qui a ouvert le bal en s’inclinant dans les derniers instants 0 but contre 1 suite à un coup franc évitable contre l’Uruguay. La Tunisie en a fait autant dans un match où elle n’a pas montré grand-chose face à l’Angleterre. Elle s’est inclinée 1-2, sur un dernier corner, alors qu’elle tenait le 1-1. Le Maroc a fait encore pire en marquant un but contre son camp dans les derniers instants face à un Iran qu’il était censé battre. Hervé Renard et ses joueurs venaient de compromettre leur qualification pour le second tour dans une poule où il y avait le Portugal et l’Espagne. Vu la façon dont ils ont perdu face au Portugal lors du second match et obtenu le nul face à l’Espagne lors du dernier, cette défaite face à l’Iran leur a été fatale pour la suite.

 

Le Sénégal, qui a mené deux fois au score face au Japon, s’est fait rejoindre sur des erreurs défensives et dans des moments où les joueurs étaient moins concentrés. Ils ont probablement dit adieu à ce moment là à une possible qualification en 8e de finale. Avec 6 points, ils auraient été plus confiants face à la Colombie lors du dernier match où un nul les envoyait au tour suivant. Un nul qu’ils ont longtemps cherché face à une Colombie pas terrible et qui a quand même réussi à les battre avec un but inscrit dans le dernier quart d’heure. Le Nigéria aussi avait juste besoin d’un nul face à l’Argentine lors de son dernier match. Les joueurs de Gernot Rohr ont tenu jusqu’à la 86e minute avant de céder 1-2 contre l’Albiceleste. Qui dit manque de concentration dit forcément manque d’expérience.

 

 

Manque d’expérience

 

Lorsque l’on est expérimenté, il y a des fautes que l’on ne commet pas et des coups de pieds arrêtés que l’on ne concède pas dans les ultimes moments d’un match. On sait aussi gérer ses temps forts et ses temps faibles. On essaie aussi d’être efficace devant le but. Lorsque l’on a l’occasion de creuser l’écart ou de prendre l’avantage, on n’hésite pas tout en faisant preuve de dextérité. Le Nigéria, qui était l’une des équipes les plus jeunes du tournoi, en a fait les frais devant l’Argentine. Le Sénégal, lui, face au Japon et à la Colombie. La plupart des joueurs des équipes africaines jouaient leur première coupe du monde. La dernière participation du Maroc à une coupe du monde remontait à 1998. L’Egypte revenait après 28 ans d’absence, les sénégalais après 16 ans. La dernière participation de la Tunisie remonte à 2006 en Allemagne. Seul le Nigéria de John Obi Mikel était présent au Brésil en 2014. Mais le Nigéria de 2018 a été largement rajeuni. Autant dire que les 5 équipes africaines ont cruellement manqué d’expérience.

Une dernière raison que je trouve non négligeable est le nombre pas assez suffisant du 12e homme, ou du 12e Gaïndé comme disent les sénégalais, pour soutenir les équipes du continent. Les supporters nigérians n’ont pas fait le poids face à ceux de l’Argentine tout comme les Gaïndé sénégalais devant les supporters des Cafeteros.


Message ?

Rouge à lèvres

Lèvres rouges

Mini bus El-Joker

Cafétéria chez El Sayed

Tasse blanche

Tâche rouge

Message ?

Sujet à caution ?

Essuie-tout blanc

Tache effacée

Equivoque levé

Khalas !


Une vie de touriste et beaucoup d’émotions

J’ai vu, comme un touriste, les pyramides de mes propres yeux.

C’était fabuleux!

Je suis resté sans voix.

Et dans l’émoi.

 

J’ai vu à travers l’itinéraire culturel,

Les richesses touristiques et culturelles,

Du Caire

Ou du Vieux Caire.

 

Le Sphinx, au Caire sur le site des pyramides de Giza
Crédit photo: Flash Ebene/Déc 2017

 

Pyramides de Giza,

Dahchour et Sakkara,

Citadelle Salah Eldine et Quartier d’El Azhar,

Rue d’El Moez et Musée du Caire.

 

J’ai vu le Sphinx.

Il est grand, gigantesque et fixe.

Il a le nez un peu cassé.

Mais, quelle ingéniosité !

 

J’ai vu pour la première fois des momies.

De ma part une audace et une folie.

Quelques jours après avoir flippé devant « The Mummy » de Tom Cruise, j’ai dû prendre mon courage à deux mains

Profiter de cette occasion unique et ne rien remettre à demain.
J’ai vu comment se fait le papyrus.

Tout un processus.

Quelle créativité,

Pour conserver l’histoire de l’humanité !

 

J’ai revisité l’Egypte antique,

Pharaonique,

Après le collège et le cours théorique,

Le cours pratique.

 

J’ai vu la place Tahrir.

De l’Egypte récent, tout un symbole.

Des découvertes folles

En trois jours.

 

 


Quand ton prénom fait de toi ma petite sœur

Par analogie ou par procuration, tu es devenue ma petite sœur.

Et moi, ton grand frère.

Ton prénom a suffi pour arriver à cette inspiration.

Débordante, mon imagination ?

 

Au début, je trouvais drôle

De jouer ce rôle,

Que tu m’as donné.

Et que j’aime bien jouer.

 

J’en suis ravi, avec le recul.

Je me dis que c’est un privilège d’être ton grand frère.

Toi, qui dans ta démarche de mannequin, ressemble à Naomi Campbell.

Ça ne doit pas arriver tous les jours.

Naomi_Campbell_Cannes
Crédit photo: Georges Biard

Tu m’as fait penser à elle tel un déclic.

Le jour où, Florence et moi t’avions accompagné dans ce magasin de perruques.

Si tu n’as pas ses yeux,

Marcher naturellement, comme elle dans les défilés de mode, est déjà fabuleux.

 

T’es belle comme une éthiopienne.

Et autant mignonne.

Tu as ce grain de beauté

Et cette remarquable gracilité.

 

Tu as ce regard innocent.

Ce rire chantant.

Ce nez particulier.

Et ce sourire en coin qui m’est devenu familier.

 

Je te trouve assez respectueuse,

Travailleuse,

Compréhensive,

Et brave.

 

Mais, aussi honnête,

Patiente,

Calme,

Comme un britannique qui a du flegme.

 

Tu as tout ce qu’un grand frère voudrait chez une petite sœur.

Tu es une frangine qui n’affiche presque pas ou jamais de mine patibulaire.

Ce qui ne t’empêche pas d’être taquine.

Et super maline.

 

Ta tendresse

Et ta gentillesse

Ne sont plus à démontrer

Ni à prouver.

 

Je te signale qu’une partie de ma barbe, depuis un moment, a commencé à devenir blanche.

C’est un signe de sagesse à ce qu’il paraît.

Ce qui veut dire que toi et moi, nous n’irons jamais au clash.

Je ne vois pas d’ailleurs l’intérêt.

 

Tu peux compter sur mes conseils avisés.

Pour des cours d’Ewe[1], je suis également disposé.

Ce sera davantage pour toi un atout.

Et aussi, une façon de mieux prononcer entre autres « Midounou »[2].

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ce ne sera pas gratuit.

Tu devras consentir régulièrement, lors du déjeuner au resto chez Mustapha, à me laisser ton dessert.

Surtout les fruits.

Incompatible avec le rôle de grand frère ?

 

[1] Langue parlée essentiellement au sud du Togo.

[2] Littéralement « Mangeons » en Ewe est une invitation à manger.


L’hiver alexandrin est bien arrivé ou « winter has come »

Non, ce billet n’est pas un spoiler de l’ultime saison de la série Game of Thrones (GoT) qui sortira finalement à l’été 2019. Ah l’été ! Que il me manque ! Pour le fan de GoT que je suis, ce n’est plus l’hiver vient ou « Winter is coming » mais l’hiver est bien arrivé ou « Winter has come » ici à Alexandrie, tout comme dans la série. Un hiver alexandrin qui est là depuis un moment déjà et dont je souhaite vous parler.

Pour le subsaharien que je suis, il fait vraiment super froid ici. L’européen, le canadien ou l’américain, voire même l’alexandrin ou l’égyptien, tous n’auront pas le même avis que moi… Il fait très froid, surtout le matin et le soir, quand il n’y a pas de soleil. Avec des températures qui oscillent entre 8 et 12°C, c’est un véritable mystère, douloureux. Un matin, en allant en cours, j’ai été sidéré de voir un gars plongé dans la mer au niveau de la corniche. Moi qui ne jure que par l’eau chaude… « Ici il fait froid à l’extérieur comme à l’intérieur » a lâché un jour  Laeticia, une amie burkinabé, revenue de ses congés de fin d’année à Paris. A Paris, son appartement disposait d’un système de chauffage, mais ici dans mon appart, ce n’est pas le cas !

Mon appareil de chauffage, quand il marchait encore

Je me rappelle de cette soirée où, en attendant le bus pour rentrer, mes mains ont failli geler. J’aurais dû porter des gants, je l’avoue. Mes poches m’ont sauvé.  Je me souviens également de toutes ces fois où le vent a soufflé tellement fort que j’ai cru être emporté comme dans un tourbillon. Ça n’aide pas d’être svelte, maigrichon et efflanqué comme moi en de pareilles circonstances.  J’essaie de maintenir mes pieds au sol et de marcher à pas feutrés tant bien que mal. Je vacille. Je chancelle. Au pire des cas et malgré moi, je danse le moonwalk comme Michael Jackson !

De la sandalette aux fringues que je dois porter une fois rentré, tout est froid. Le pompon, c’est mon lit : il est glacial. Il est comme trempé dans l’antarctique. Cet appareil, de mauvais aloi, qui me sert de chauffage et me donne souvent des maux de tête, ne fait pas le poids. Ses ampoules sont d’ailleurs grillées. Pour aller me coucher, c’est tout un rituel : je prends d’abord une douche bien chaude, ensuite je repasse mes couvertures que j’ai triplées depuis un moment. Les chaussettes aussi ! Je mets un bonnet, parfois une écharpe. Je me blinde quoi ! Ou disons plutôt que je me couvre bien. Il ne me manque que la godasse pour aller jouer au foot !

Ces solutions se révèlent souvent éphémères. Une autre amie, Yvette, camerounaise, m’a filé une astuce. Et ça marche plutôt bien ! Il s’agit de simuler une bouillote :  je remplis d’eau chaude une bouteille plastique d’eau minérale d’une capacité de 15 à 20 litres au bas mot. Je place ensuite cette bouteille sous mes couvertures et tout près de moi. Le tour est joué ! Mes couvertures et le lit restent bien chauds, jusqu’au petit matin. La bouteille, il m’arrive de la caresser, de l’étreindre, de la serrer comme … une femme ! Certains hommes, lorsqu’ils réussissent à mettre une femme dans leur lit,  l’appellent leur « chauffage naturel ». Tout un concept !

Il y a encore d’autres moyens, comme par exemple couvrir le sol de tapis, placer un seau rempli d’eau chaude dans sa chambre et laisser la vapeur la réchauffer ou carrément positionner ses couvertures au-dessus du seau un moment afin de les réchauffer. Je ne n’ai pas encore essayé. Mais si vous aviez d’autres techniques ou astuces de grand-mère, n’hésitez pas à les mettre en commentaire. C’est un immense service que vous me rendriez, ça pourrait vraiment m’aider !


Tasharafna

Je t’aurai dit en Arabe: tasharafna.

Autrement dit : Enchanté.

Si l’occasion m’était donnée de te rencontrer

Pour la première fois comme si on ne se connaissait pas

 

Tu avais l’air inaccessible,

Austère et pas du tout affable.

Mais, ce n’était qu’une impression

Et un véritable procès d’intention.

 

Tes anciens verres te rendaient trop sérieuse.

C’était vraiment dommage !

Mais, dès que tu souriais, c’était autre chose

Tu révélais ton joli et mignon visage.

 

Ta face est en réalité celle d’un chérubin,

Un ouvrage divin,

Admirable comme une rose

Et un véritable régal quand t’es joyeuse.

 

Tes nouveaux verres, je kiffe !

Ils te font ressembler à Daniel Radcliffe,

Qui incarne Harry Potter dans son adaptation au cinéma.

Ce qui confirme ton aura.

 

Dans ce laps de temps assez court,

J’ai découvert ton rire,

Ta gentillesse,

Et ta tendresse.

 

Nous nous sommes découverts des atomes crochus.

Ce qui n’était pas évident au début.

A l’aéroport d’Accra, tu avais pris mon surplus de kilo.

Sans trop rechigner, tu m’as déchargé, un tantinet, de mon fardeau.

 

J’adore tes petits pieds,

Ta petite bouche, ta joue balafrée ou scarifiée.

J’aime cette cicatrice de brûlure que tu as à la main droite.

Elle ressemble à un joli tatouage réalisé avec une parfaite réussite.

 

J’aime ta façon de m’appeler,

Avec cette voix de capricieuse,

Et surtout cette douceur qui la caractérise.

Je ne suis pas indifférent à ta manière de me regarder.

 

Quand tu poses ta tête sur mes épaules, c’est le pied !

Lorsque tu t’endors, je suis apaisé.

Quand nos bras se croisent, c’est enviable

Et superbement admirable.

 

Quand tu poses ta tête sur mes genoux,

Que je caresse ton visage,

Je suis aux anges.

J’imagine que pour toi, c’est super doux.

 

Tu es sublime avec ton pardessus en Jean.

Comme sur cette photo, où assise, tu portes une chemise blanche et une jupe bleue.

Tu y parais magnifiquement clean,

Insolemment attirante avec cet air sérieux.

 

J’aime quand tu m’écoutes,

Prends mes conseils en compte.

Car remplie de beaucoup de vertus,

Tu ne joues pas à la têtue.


A quelle heure changeras-tu de couleur de peau ?

Dans la rue à Alexandrie, le fait de vous demander l’heure qu’il fait peut être considéré comme du racisme.
Crédit photo: FLASH EBENE

 

Pour lui, c’était comme un jeu d’enfant. Ce jeune homme pointait l’index de sa main droite vers le poignet de sa main gauche tout en me regardant avec un sourire narquois. Alors que je ne portais pas de montre, c’était comme s’il me demandait l’heure qu’il était en cet après-midi où je quittais la Bibliotheca Alexandrina -l’une des plus grandes bibliothèques du monde- pour retourner à pied à l’Université Senghor. Le Chef du département Environnement nous avait prévenu. Certains anciens étudiants nous avaient mis la puce à l’oreille. Je n’étais donc pas vraiment surpris par ce geste. Le jeune homme me demandait en fait l’heure à laquelle je changerai de couleur de peau. Autrement dit, quand je passerai de ma peau noire à la peau blanche ou à sa couleur de peau (blanche ou basanée, c’est selon). Je l’ai tout simplement ignoré. Il est revenu à la charge pour me refaire le même geste avec un sourire plus railleur encore. Fallait-il lui répondre ? Ce n’était pas la peine ! J’ai dû contenir ma rage et mon envie de lui faire la morale. Je n’ai pas bronché et je suis resté encore une fois indifférent. Finalement il a compris le message, heureusement. Il n’a plus récidivé.

Payer l’impôt ou la taxe sur sa couleur de peau

Ici c’est une habitude, par certains gestes qui nous sont adressés – comme ce fut mon cas – qu’on nous pose ce genre de question. Parfois, les questions nous sont directement et verbalement posées, soit en anglais soit en arabe. Les enfants vous toucheront même le bras avant de vous les poser. C’est ce qui est arrivé à ce camarade Burundais dans un supermarché. C’est de cette façon que les sub-sahariens payent quotidiennement ici ce que l’historien Pap Ndiaye appelle  l’impôt ou la taxe sur la couleur de peau dans son ouvrage « La condition noire, essai sur une minorité française » (paru en 2008).

Dans la rue, tu es interpellé : on te demande si tu es Soudanais, car ici et à priori, tout Noir est Soudanais. Tu es souvent la risée des autres. Quand tu marches, tous les regards sont tournés vers toi et, à un moment donné, tu entends les gens glousser et s’esclaffer. C’est ce qui m’est arrivé la dernière fois que je me suis promené avec une camarade Camerounaise : un groupe de filles voilées, après nous avoir fixé longuement, nous ont dépassé et se sont esclaffées de rire. J’ai même entendu l’une d’entre elles s’exclamer : « Oh my God » ! Tu entendras aussi un « Samara » qui veut dire littéralement « brûlé par le soleil » à ton endroit. Est-ce une injure ? Une remarque désobligeante ? Tu as parfois l’impression d’être un pestiféré quand tu vois dans certains regards et dans certains comportements la crainte ou le dégoût. « Tout le monde nous regarde comme si nous étions des extraterrestres » a lâché ma compatriote avec qui je rentrais un jour. Parfois, dans le bus, le moindre contact involontaire peut être considéré comme un crime de lèse-majesté. Certains te toisent quand vos regards se croisent et t’évitent ensuite du mieux qu’ils le peuvent.

Objet de curiosité car différent

Tu sens parfois que tu es juste un objet de curiosité. Je le remarque dans le regard des gosses, ils sont étonnés, surpris, voire même terrifiés de voir des personnes d’une couleur de peau différente de la leur. Les plus jeunes et les plus âgés engagent la conversation, ils veulent savoir d’où tu viens, la raison de ta présence dans leur quartier, leur ville (Alexandrie) et leur pays (l’Egypte) ainsi que la durée de ton séjour. Il y en a même qui demandent à prendre des photos ou des selfies avec toi, ce que j’ai toujours refusé. Des photos ? Pour quoi faire ? Pour aller les montrer à leurs amis et à leurs proches ? Pour leurs dire : « Venez regarder ! J’ai pris une photo avec un Noir ! » D’autres te demandent même ton numéro de téléphone. Pour en faire quoi ? Je ne saurais le dire. Se lier d’amitié peut-être… Les plus sympathiques vous diront « bonjour » car ils savent que vous êtes francophones et ils esquisseront un sourire à votre endroit. Les bienveillants par leur sollicitude vous rendront service. La vie d’ici est manichéenne : il y a le bon et le mauvais côté des choses.


Ici, le weekend, c’est le vendredi le samedi

Alexandrie, la ville portuaire et cosmopolite
Crédit Photo: Flash Ebène

 

Prologue

Nouveau pays, nouvelles habitudes suis-je tenté de dire. Et pour cause, l’adaptation à une nouvelle vie à des milliers de kilomètres de chez soi n’est pas chose aisée. Loin de là ! Surtout lorsque tu te trompes constamment sur les jours de week-end et que tu dois faire une révolution linguistique pour converser et te fondre dans la masse.

Ici le week-end, c’est vendredi-samedi et la semaine commence le dimanche. Pour moi qui ai eu l’habitude de commencer mes semaines le lundi et d’avoir mon week-end le samedi et le dimanche, c’est un réel chambardement. Je m’embrouille ! Je prends le dimanche pour le lundi, le lundi pour le mardi, le mardi pour le mercredi… et c’est comme ça toute la semaine !

Ici, il n’y a que des gratte-ciels. Pour vous dire que les habitations sont faites tout en hauteur. Ce qui n’est pas une mince affaire si on n’est pas fan d’altitude. Du 11ème étage de l’immeuble où j’habite, je me retrouve souvent à regarder en bas par la fenêtre ou à étendre mon linge sur le balcon. Je m’arme alors de beaucoup de courage pour ne pas avoir le vertige, et pour calmer ma frayeur : celle de tomber dans le vide. Il faut également être toujours prêt à se plier à l’ascension du « Mont Escalier » lorsque l’ascenseur est en panne.

Ici, les cafétérias, les restaurants font florès, sont légions et sont souvent bondés. La plupart a le wifi et sert du thé et du café. On y fume aussi la chicha. Ici c’est « Salé sucré » comme l’indique le nom du restaurant devant lequel je passe souvent. Quand la nourriture n’est pas trop sucrée, elle est salée, et vraiment trop aigre parfois !

Ici, que tu le veuilles ou non, tu seras fumeur passif. Ton interlocuteur ne te demandera pas la permission avant d’allumer sa cigarette sous ton nez. Le chauffeur du bus, hermétiquement fermé, en fera autant ; de ses passagers, il n’en a cure.

Ici, c’est comme un grand marché, il y a beaucoup de commerçants et de revendeurs. Il y a pratiquement tout. Les fruits et beaucoup d’autres choses sont vendus au kilo. Les échoppes sont ouvertes jusque tard le matin. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est bruyant. L’appel à la prière est régulier, tout au long de la journée.

Ici, il faut parler surtout l’arabe dialectal et dans une moindre mesure l’anglais. Avec le français, vous n’avez pas de chance, à moins de tomber par hasard sur un francophone. Lorsque tu te retrouves en face d’un interlocuteur arabe, les signes, les gestes et Google traduction peuvent être d’un grand secours. La photo d’un produit que tu veux acheter l’est également.

Ici, les filles et les garçons sont super stylés. Même voilées (elles ne le sont pas toutes), les filles sont par exemple souvent en jean slim moulant avec des baskets ou des sneakers en tous genres. Comme le dit la chanson, elles sont toutes « belles belles belles ». Très peu d’entre elles portent le voile intégral. Les garçons sont moins en djellabah qu’on aurait pu l’imaginer. Ils aiment plutôt les pantalons et jeans slim, les jolies chemises, t-shirts, polos ainsi que les chaussures de classe et de sport.

Ici, sur les routes, ce n’est pas comme à Lomé, il y a surtout des voitures et des bus (mini et longs), des calèches aussi, mais très peu de motos (voire presque pas !). C’est donc tout le contraire de Lomé. Ici les taxis sont noirs et jaunes. Leurs conducteurs ne font pas toujours preuve d’honnêteté, vous pouvez par exemple faire un prix au départ de « fourteen « (14) pounds. A l’arrivée, il te dira que ce n’est pas « fourteen » mais « fourty » (40) et que tu n’avais pas bien entendu ! Il s’en suit forcément de longs pourparlers pour aboutir in fine à un prix à l’amiable.

Ici, tu trouveras des chats grassouillets pratiquement à tous les coins de rues. Ici, on te demandera si tu es soudanais ou si tu viens d’Afrique. Ici, on t’appellera « Habibi » qui veut dire littéralement « chéri(e) ». Mais c’est plutôt une façon affective et sympathique d’appeler les gens. Ici, c’est Khaled Ebn El Walid. Ici, c’est Miami. Pas celui des Etats-Unis hein ! Ici, c’est Asafra. Ici, c’est Momen. Ici, c’est Fleming. Ici, c’est El Mansheya. Ici, c’est Alexandrie. Ici, c’est le pays des pharaons. Je veux dire l’Egypte.

 

Epilogue

C’est depuis Alexandrie (nord de l’Egypte) – vous l’aurez compris, la ville portuaire et cosmopolite projetée par Alexandre le Grand et développée par Ptolémée 1 – où je poursuis mes études supérieures à l’Université Senghor, que je vais désormais animer ce blog. Et ce n’est pas pour rien -je dois avoir des dons prémonitoires (rires) – que le slogan de « Lomé Inside » est : « Lomé vu de l’intérieur et parfois de l’extérieur à travers ma plume ». Ça fait maintenant plus de deux mois, bientôt trois, que je suis ici. La vie d’ici me plaît, mais elle est aussi difficile, différents sentiments qui cohabitent en moi… Je ne vous cacherai pas que j’ai le mal du pays. Je viens donc de vous livrer mon premier billet sur ma nouvelle vie ici. Puisse l’inspiration m’aider à en faire une série !

 

 


Ma superbe interlocutrice

Crédit: Anouchka Ophélie

A l’époque, rare tu te faisais

Une fois le cours fini, tu disparaissais

Tu ne traînais qu’avec ton sac et personne d’autre

Il ne me fallait pas plus pour décupler mon envie de te connaître.

 

En amphi, j’étais souvent derrière toi

Je te taquinais parfois

Je faisais aussi des blagues pour attirer ton attention

Je réussissais peu ou prou et non sans frustration.

 

Ton prénom a attisé ma curiosité

Ta voix captivante a attiré mon attention

Ton tempérament a suscité mon admiration

La lecture, cette passion commune, nous a rapproché.

 

A part les textos, je t’appelais souvent

Puis, nous avions commencé par échanger des romans

Tu étais fan de Danielle Steel et de Mary Higgins Clark

Tu aimais 50 Cent où plutôt son tube « Amusement Park ».

 

Aux sceptiques de l’amitié homme-femme

Toi et moi sommes un joli pied de nez

Depuis bientôt dix ans que nous maintenons cette complicité

Rien n’a pu faire chanceler cette flamme

 

J’adore nos discussions ô combien enrichissantes

J’aime leur quantité autant que leur qualité

Pour nous, passer du registre familier au soutenu via le courant n’est point une corvée

Cette facilité que nous avons de transiter du drôle au sérieux est plus que vivifiante.

 

J’aime quand nos avis divergent souvent

Ta maturité et ton esprit critique m’impactent positivement

Car tu me montres une autre façon de penser et de voir les choses

Nos valeurs et principes presque identiques nous gardent en osmose.

 

Tu es à moi ce que le journal intime représentait autrefois

Tu es la chambre d’enregistrement de mes joies et désarrois

Tu sais m’écouter et me conseiller

Les bonnes questions, tu sais me les poser.

 

Tu es ma superbe et belle interlocutrice

Ma confidente préférée et attitrée

Pour rien au monde, je ne t’échangerai

Car causer avec toi est un pur délice.

 

Des amies comme toi sont rares

C’est plus qu’une chance de t’avoir

Notre amitié résistera à tout, même la distance

Merci pour tout Délivrance.


Kris Miranda, la passionnée du make-up

Elle aime s’habiller chic et classe. Ses passions sont la mode, le dessin et l’art. Son amour pour le make-up ou le maquillage vient d’ailleurs de là. Née le 21 août 1992 à Lomé, Anoko Miranda Christopha Sitsofé Lawson-Placca, puisque que c’est d’elle qu’il s’agit est plus connue sous le nom de Kris Miranda dans le milieu du make-up togolais et surtout sur les réseaux sociaux (FacebookInstagram et Twitter). « J’ai juste pris mes deux prénoms Miranda Christopha. J’ai inversé l’ordre et enlevé le « topha pour faire « Chris Miranda ». Ne voulant point que cela donne un air de prénom masculin, j’ai changé le « Ch » en « K ». Ce qui donne « Kris Miranda » explicite-t-elle. Maquilleuse professionnelle et artistique, Kris MakeUp est la start-up qu’elle a créée. Titulaire d’un bac scientifique et ayant fait des études supérieures en économie internationale à l’Université de Lomé – elle tient toujours à obtenir sa licence, rien, a priori ne la prédestinait à embrasser une telle carrière. Et ce n’est pas sa maman qui a du mal à comprendre son choix qui dira le contraire. Comment est-elle donc arrivée à faire de sa passion son métier ? Quelle est la particularité de Kris MakeUp ? Que pense-t-elle de l’entrepreneuriat ?

 

Kris Miranda
Crédit: Kris Miranda

 

L’avant Kris MakeUp

Après plusieurs stages et petits boulots dont le tout dernier de six (6) mois à Premium Esplanade, un Lounge bar, en tant que caissière, Kris Miranda s’est résolument engagée dans l’entrepreneuriat en se tournant vers sa passion de toujours : le maquillage. Toute la genèse de Kris MakeUp vient donc de cette dernière expérience professionnelle. Tombées sous son charme notamment la façon dont elle se maquillait, les serveuses du local qu’on pourrait considérer comme ses premières clientes, voulaient qu’elle leur en fasse autant. Quelques tutoriels make-up de perfectionnement visualisés sur YouTube ajoutés à ses précédentes expériences professionnelles, ses études notamment quelques cours en statistique économique ainsi que les conseils d’entrepreneurs chevronnés l’ont finalement convaincue de créer Kris MakeUp.

 

Models Rebi et Patricia
Crédit: Wody Yawo

 

Model Farida
Crédit: Jerry Orlando

 

D’abord le virtuel, le physique ensuite

Kris MakeUp a entamé les démarches pour devenir une entreprise légalement constituée d’ici fin 2017. Cela n’a pourtant pas empêché sa fondatrice de la rendre visible sur les réseaux sociaux où se trouve la majorité de sa clientèle. En procédant ainsi, Kris Miranda a voulu apporter une nouvelle touche au monde du make-up togolais. « Ici, au Togo, on est habitué à ce que certaines choses soient physiques avant de fonctionner » explique-t-elle. « Moi, poursuit-elle, je veux montrer la différence en commençant d’abord par le virtuel avant d’aller au physique ». Même si elle ne néglige pas l’ouverture d’un salon Kris Make-Up censé définir son lieu de travail, Kris Miranda préfère pour le moment se concentrer sur le rayonnement en ligne de sa boîte et aime se déplacer chez ses clients et clientes. « A l’étranger, souligne la jeune entrepreneuse, les grandes maquilleuses se déplacent beaucoup pour maquiller les clientes chez elles malgré qu’elles aient de grands salons. Il suffit de passer un appel, discuter de votre choix de make-up et ensuite on vous livre le make up chez vous tranquillement ».

 

Model Anita
Crédit: Jerry Orlando

 

Une clientèle variée

Kris Make-Up est avant tout un service de make-up professionnel et surtout artistique « en ligne livré chez les clients » selon les propres termes de sa fondatrice. Sa clientèle, constituée d’hommes et de femmes est aussi diverse que variée : particuliers, designers, artistes de la musique. « Je maquille (…) pour des défilés de mode, des shootings artistiques ou pour présenter une collection d’un designer, (…) les artistes (…) lors du tournage de leurs clips vidéo » indique Kris Miranda. A chaque type d’évènement son make-up à l’instar du fashion show make-up, le bridal make-up, le make-up fluorescent, le make-up nude et sophistiqué, le make-up hot et le make-up artistique.

 

Sandra, une cliente
Crédit: Kris Miranda

 

« Vous aurez l’impression d’être fou »

Quand je lui demande s’il est facile d’entreprendre, Kris Miranda répond que l’entreprenariat n’est pas un « monde facile ». « Vous aurez, dit-elle en riant, l’impression d’être fou ». C’est beaucoup de responsabilité car « tout repose sur votre épaule » confie-t-elle. Elle ajoute : « Vous êtes le seul à pouvoir faire réussir votre business même si vous avez une équipe qui travaille avec vous ». Elle poursuit : « Vous dormez à peine, puisqu’il faut émettre plein d’idées, gérer, s’informer des nouveautés, apprendre, planifier, surveiller votre marché et vos concurrents, (…) mettre toutes les stratégies qu’il faut chaque jour pour réussir et tout ceci constitue le sacrifice du succès de votre entreprise ». A l’en croire, le soutien de la famille, des amis et des partenaires est aussi important comme l’est également la propre confiance en soi et en ses capacités de réussir même si ce n’est chose aisée. Regrette-t-elle sa vie d’avant, faite de stages et de petits boulots notamment à MSC Togo et Nestlé-Togo ? « Honnêtement, je préfère ma vie d’entrepreneur parce que je suis mon propre chef et je sais ce que je gère. Je ne rends compte à personne » réplique-t-elle. Elle a cependant eu du mal au début à s’intégrer dans le monde de la mode à Lomé et à en vivre. « Je n’étais, analyse-t-elle, point connue. Mais aujourd’hui, j’arrive à en vivre et je rends grâce à Dieu ». Sa plus grande fierté est d’avoir réussi à se faire un nom « dans le monde du fashion à Lomé », de voir ses œuvres partagées dans la sous-région. Et quand elle parle d’œuvres, elle fait référence à ses make-up artistiques. D’où lui vient d’ailleurs l’inspiration ? « Je fais des recherches sur Internet » affirme Kris Miranda. Elle rappelle au passage qu’elle est passionnée d’art. « Ensuite, continue-t-elle, j’essaie de créer une harmonie d’images dans ma tête pendant des semaines que j’exprime sur le visage des mannequins ». Il arrive aussi que l’inspiration lui vienne de la contemplation du visage d’un mannequin. « Le reste, conclue-t-elle, c’est au mannequin de pouvoir dégager l’expression du make-up fait et au photographe de savoir comment prendre l’image ou si c’est un faiseur d’images, cela agrandit encore plus le make-up artistique comme c’est le cas du photographe Jerry Orlando».

 

Model Irène Crédit: King’s Studios

 

 

Courant 2018, Kris Miranda envisage l’ouverture de son salon. A moyen terme, elle entend rendre encore plus visible Kris MakeUp au Togo et dans la sous-région ouest africaine. A long terme, elle entend internationaliser sa boîte. De Kris MakeUp, à n’en pas douter, on n’a pas fini d’entendre parler.

 

Model Cornelia
Crédit: Wody Yawo


Le « Bon Maraîcher », pionnier de la distribution de produits agricoles

En décembre 2016, ils ont décroché le premier prix du Forum des jeunes entrepreneurs du Togo. Ils sont 5 au total : deux filles et trois garçons tous âgés de 22 ans. Les initiateurs ou les créateurs de la jeune pousse ou, pour faire branché, de la start-up « Bon Maraîcher », puisque c’est d’eux qu’il s’agit, sont spécialisés dans la livraison à domicile de produits agricoles locaux et bio (fruits et légumes essentiellement).

Bruno (1er) et Honoré (4ème) de la gauche vers la droite.

Je les ai rencontrés. Enfin, deux d’entre eux : Honoré Kedji et Bruno Apedo, respectivement étudiants en Gestion commerciale et Marketing et en Comptabilité Finance et Contrôle, dans leurs locaux qu’ils partagent avec d’autres start-ups non loin de la place Anani Santos ex Fréau Jardin à Lomé. Habillés en costard avec chemise simple en dessous, ils ont répondu volontiers à mes questions. C’est en fait Honoré Kedji qui s’est plié à l’exercice, Bruno Apedo lui ayant laissé le soin de parler au nom du Bon Maraîcher.

 

Faciliter la tâche aux femmes fonctionnaires

Parti d’abord du constat et ensuite d’une enquête qui leur a révélé que les femmes salariés et les fonctionnaires de la classe moyenne ont moins de temps à consacrer à leurs courses au marché, ces jeunes étudiants en parcours licence pour certains et Brevet de technicien supérieur (BTS) pour d’autres de l’Ecole supérieure d’administration et de gestion (ESAG-NDE) ont voulu leur faciliter la tâche tout en valorisant par la même occasion les produits agricoles bio et locaux.

« Pour faire savoir aux clients ce que nous avons dans la semaine, nous passons des annonces sur les réseaux sociaux et à travers l’application Whatsapp » nous explique Honoré. Mais ils reçoivent également des appels directs de la part des clients dont 80% sont des fonctionnaires et des libéraux. « Nous travaillons, poursuit-il, en partenariat avec certains producteurs que nous avons sélectionnés ». Des producteurs qui se trouvent à Badja et à Kpalimé.

« On s’emploie nous-mêmes (…) »

De lundi jusqu’à jeudi midi, ils enregistrent les commandes des clients qui sont pour la plupart dans leur base de données. Ils contactent ensuite les producteurs avec lesquelles ils collaborent. Le vendredi, ils s’arrangent pour rentrer en possession des produits et le samedi dans la matinée, ils font eux-mêmes la livraison (10 à 15 en moyenne par semaine) à moto. « Nous sommes certes créateurs d’entreprise, mais on s’emploie nous-même pour le moment » confie le jeune Honoré. Les produits sont livrés souvent dans des paniers en fil de fer. Et dans leur jargon, un panier peut correspondre à un mélange d’oranges, d’ananas, de bananes et de papayes. Il peut être aussi composé de carottes et de betteraves. Un panier coûte 3500, 5000 voire 7500 FCFA selon le mélange et le nombre de kilogrammes.

Conquérir les hôtels et restaurants

Depuis un an déjà qu’ils ont commencé, ils affirment rencontrer les difficultés ordinaires auxquelles font face les entreprises débutantes. Cependant, les conseils et témoignages d’entrepreneurs expérimentés leur permettent d’avancer. Honoré, Bruno et leurs trois autres cofondateurs ambitionnent d’étendre leurs livraisons aux restaurants et hôtels. D’ici un à deux ans, le Bon Maraîcher entend contribuer à l’accroissement de la production locale et bio et participer par ricochet à l’émergence économique du pays. « Nous voulons satisfaire (…) et fidéliser les clients actuels » ajoute Honoré Kedji, le porte-parole du Bon Maraîcher du jour et de notre rencontre. Mais dans l’immédiat, c’est-à-dire dans trois-six mois, cette start-up veut augmenter son chiffre d’affaires. Une augmentation qui devra se traduire par une autre : celle de la clientèle.


Le genre à Donald, c’est la caricature de presse

Tenir un discours devant un public, ce n’est pas son genre. Et il a vite fait de le préciser au public venu assister à la présentation et à la dédicace de son premier recueil de caricatures couplée de la sortie du cinquième roman de kangni Alem, Les enfants du Brésil le 22 juillet dernier à la résidence de l’Union européenne au Togo. « Prendre la parole, ce n’est pas facile » a-t-il dit provoquant ainsi au passage le rire de l’assistance. Son genre, vous l’auriez compris, ce sont les caricatures avec lesquelles il s’exprime mieux. Aklassou-Gana Kossi Donald de son vrai nom et plus connu comme Donald, puisque c’est de lui qu’il s’agit, n’est pas un quidam. C’est un caricaturiste de renom au Togo. Surtout pour les lecteurs et abonnés du quotidien privé togolais Liberté –assez critique à l’égard du régime en place- où il travaille depuis 2008. Mais aussi pour les lecteurs d’autres journaux avec lesquelles il collabore : Golfe Info, Focus Infos, triangle des Enjeux, Sika’a et Viva.

« (…) Donald est arrivé à créer un style de communication qui lui est propre, si bien que ses caricatures peuvent être tout de suite identifiées sans même sa signature, ce qui est un indicateur de réussite »

Intitulé Cari-Actu, ce premier recueil de caricatures sur la l’actualité togolaise et internationale concernant des sujets aussi divers comme l’économie, la politique, la jeunesse, l’éducation et la santé n’est que le premier tome des plus de 3000 caricatures que Donald a publié avec Liberté entre 2012 et 2017. Si ce recueil a vu le jour, c’est justement grâce à ses caricatures « sur » ou « contre » l’Union européenne comme l’a fait remarquer Donald lui-même. Des caricatures qui ont poussé la curiosité d’abord de Patrick Spirlet et ensuite de Nicolas Berlanga-Martinez respectivement ambassadeur de l’UE au Togo de connaître celui qui se cachait derrière lesdites caricatures. « (…) Donald est arrivé à créer un style de communication qui lui est propre, si bien que ses caricatures peuvent être tout de suite identifiées sans même sa signature, ce qui est un indicateur de réussite » affirme Berlanga-Martinez dans la préface de l’ouvrage. C’est ce dernier qui l’a incité à sortir ce premier recueil. « Pour nous, ajoute l’ambassadeur, c’est de l’humour avec un message, des instantanés captés par le crayon d’un artiste qui est aussi un observateur attentif de la vie au Togo ». Et Donald qui n’aime pas la censure a dû faire des concessions sur le choix des caricatures de Cari-Actu. « Avec l’ambassadeur, a-t-il confié, on a choisi les dessins qui font moins mal ».

Pour ceux qui aimeraient voir les dessins qui font plus mal, les anciennes et futures caricatures de Donald dans Liberté piaffent d’impatience de provoquer chez eux réflexion et sourire en coin.


Kangni Alem : « (…) Dans la démarche d’un écrivain la plupart du temps, ce n’est pas ce qu’on trouve qui est intéressant. C’est ce qu’on n’a pas trouvé ».

L’écrivain togolais Kangni Alem a présenté et dédicacé son cinquième roman Les enfants du Brésil samedi dernier à Lomé. « Le Brésil autrement, c’est tout ce que je prenais pour le paradis » a-t-il expliqué lorsqu’il s’est agit de révéler la genèse de ce cinquième ouvrage que d’aucuns ont qualifié d’un récit d’une construction des apparences. Mais également, d’un voyage réel vers le Brésil et d’un voyage à rebours vers l’enfance des personnages (Galva,  Santana et Djibril).

Kangni Alem : « J’ai écrit un roman en 2009 qui s’appelle Esclaves, qui a été publié en portugais, qui a eu un certain succès dans les milieux afro-brésiliens notamment dans la ville de l’ambassadeur [du Brésil au Togo] à Recife. Quand j’étais parti pour la première fois au Brésil en 2006, je ne savais pas réellement ce que j’étais allé chercher. J’avais une vague idée. Je voulais écrire sur l’histoire de l’esclavage entre le Brésil et le Golfe de Guinée notamment le royaume du Dahomey. Mon idée de départ était entre guillemet de réhabiliter un roi du Dahomey dont on ne parle plus qui s’appelle Adandozan. Et puis, à un moment donné de l’écriture du roman, le Brésil s’est imposé à moi tout seul. Sauf que, quand ça m’arrive de parler des choses que je ne connais pas, je suis mal à l’aise. Donc, un jour, j’ai décidé d’aller au Brésil pour voir si le Brésil allait m’inspirer. C’est comme ça que je m’y suis retrouvé en 2006 et j’ai fini par écrire ce roman sur Adandozan et la mémoire des esclaves afro-brésiliens. Sauf que, dans la démarche d’un écrivain la plupart du temps, ce n’est pas ce qu’on trouve qui est intéressant. C’est ce qu’on n’a pas trouvé. Tous les jours, pendant trois mois quand je circulais entre Rio, Salvador de Bahia et Recife, j’avais un carnet. Et je notais toutes les expériences qui m’arrivaient ou les expériences  que provoquais parfois, les choses les plus futiles. Et quand j’avais fini de publier Esclaves, il me restait ce carnet de note de voyage. Et dans toute cette histoire, il y a un personnage qui n’arrêtait pas de me poursuivre. Qui en fait, m’a aidé énormément pendant mon séjour. Il s’agit d’une jeune dame qui s’appelle Galva. Mon portugais était lamentable. J’étais bon en portugais uniquement pour acheter de la nourriture. Pour lire les archives, j’avais un dictionnaire, j’utilisais un traducteur automatique. Je me débrouillais. Et puis, je suis tombé sur cette étudiante en anthropologie qui m’a aidé à avancer. Elle m’a raconté beaucoup de choses d’elle. Et moi, pour lui rendre hommage à la fin, j’ai décidé d’écrire un roman dans lequel elle serait le personnage. (…) Cette personne m’a raconté le Brésil autrement. (…) Elle me montrait toujours l’envers du décor ».


Ralycia: «Je veux poser mon empreinte »

Le R de son nom d’artiste Ralycia fait référence à l’initial de son prénom Reine. Alycia, par contre, est un hommage à une de ses tantes partie trop tôt et qui comptait beaucoup pour elle. Gagnante de la saison 1 de Tubox, émission radiophonique et de téléréalité musicale, Ralycia à en croire beaucoup est une voix et « une étoile qui promet de briller ».  Qui est réellement celle qui aimerait bien maîtriser la guitare et l’Ewe?

 

Ma carrière a été lancée en quelque sorte après ce concours. Et je pense que je serai loin en ce moment si toutes les promesses avaient été tenues. Mais, l’homme propose, Dieu dispose. Ils n’ont pas été honnêtes. Mais, ce n’est pas pour autant que je vais rester là à les attendre. Moi j’avance !

 

Entre gentillesse et ambitions

 

« Femme trop gentille cherche mari gentil » serait peut-être dans quelques années l’avis de recherche du prince charmant de Ralycia si ça se trouve. S’estimant « trop gentille », la gagnante l’année dernière de la première édition du concours de musique Tubox se voit marier à un « gentil mari » et trois enfants à la clé. Elle se voit également diriger  sa propre agence de communication évènementielle.  Mais pour le moment, c’est la soutenance de son mémoire en vue de l’obtention de sa licence professionnelle en journalisme à l’Institut des sciences de l’information, de la communication et des arts (ISICA) de l’Université de Lomé qui la préoccupe. « J’ai arrêté la musique pendant un moment pour me concentrer sur la préparation de mon mémoire » explique Ralycia de son vrai nom Reine Essognim Tchedre. Du haut de ses 1m60, celle qui aura 23 ans le 04 novembre prochain voit les choses en grand après cette pause. « J’ai perdu, concède-t-elle, un peu de ma qualité vocale. Je travaille actuellement pour être au top et mon plus grand défi c’est la sortie d’un album ». « Je veux poser mon empreinte » martèle-t-elle.

 

 

Une vie de concours

 

 Je n’étais pas assez préparée. Je n’ai pas eu le temps de m’entrainer. J’étais en stage, je sortais d’une autre compétition musicale [Tubox] et il y avait les préparatifs pour le voyage, la fatigue et le stress. J’étais submergée 

 

Si Ralycia a remporté Tubox, elle n’était pas à son premier coup d’essai en ce qui concerne les concours de chants. « Je suis une habituée des scènes de concours » plaisante-t-elle. Les concours interscolaires étaient son domaine de prédilection. Mais le premier d’un niveau plus élevé a été le Togo Star Karaoké en 2012 où en finale, elle termina 3ème. En 2014, elle faisait partie des candidats du Campus Live. Sa dernière compétition en la matière a été la première édition de The Voice Afrique Francophone. Elle n’est malheureusement pas allée plus loin que l’étape des auditions ou castings. Aujourd’hui avec le recul, elle analyse les raisons de cet échec. « Je n’étais pas assez préparée. Je n’ai pas eu le temps de m’entrainer. J’étais en stage, je sortais d’une autre compétition musicale [Tubox] et il y avait les préparatifs pour le voyage, la fatigue et le stress. J’étais submergée » avoue-t-elle. Tubox aurait dû véritablement lancer sa carrière musicale si toutes les promesses avaient été tenues opine-t-elle. Elle était censée empocher 2,5 millions de Francs CFA, sortir un single et un clip promu sur Trace Tv. Elle relativise : « Ma carrière a été lancée en quelque sorte après ce concours. Et je pense que je serai loin en ce moment si toutes les promesses avaient été tenues. Mais, l’homme propose, Dieu dispose. Ils n’ont pas été honnêtes. Mais, ce n’est pas pour autant que je vais rester là à les attendre. Moi j’avance »! Car Tubox était un véritable challenge pour Ralycia. « Ça a été une belle expérience. Le fait d’être toujours devant la caméra m’amusait. Ça a été un nouveau challenge pour moi et une chance d’y participer » relève-t-elle. Mais comment la native de Kara (environ 420 km au nord de Lomé) compte-t-elle gérer sa carrière musicale et journalistique ?

 

Je ne sais pas encore si je ferai carrière en journalisme. Mais, quel que soit le domaine dans lequel je me retrouverai, je ferai en sorte d’avoir toujours une place pour ma musique

 

« On trouve toujours du temps pour ce qu’on aime faire »

Entre la participation aux différents concours et la préparation de son mémoire, Ralycia a déjà effectué deux stages dans des chaînes de télévision. Le premier à New World TV et le second plus récent à la télévision togolaise (TVT). Elle semble cependant accorder une place de choix à la musique qui est sa « plus grande passion ». « Je dis, fait-elle remarquer, qu’on trouve toujours du temps pour ce qu’on aime faire ». Et le journalisme dans tout ça ? « Je ne sais pas encore si je ferai carrière en journalisme. Mais, quel que soit le domaine dans lequel je me retrouverai, je ferai en sorte d’avoir toujours une place pour ma musique » explicite-t-elle. Sa musique, sa famille l’a acceptée et le soutien de cette dernière l’aide énormément. Si Ralycia est une fan des Shin Sekai, ce sont pourtant Dadju et Keblack qui l’inspirent en ce moment.

Un autre défi et non des moindres pour Ralycia est d’arriver à s’exprimer couramment en Ewe qui lui « file toujours entre les doigts ». Ainsi, elle réussira sa totale intégration dans la capitale, où elle a débarqué après son Bac obtenu au Collège Chaminade de Kara, et qu’elle connaissait peu ou prou pour y avoir passé régulièrement ses vacances.


« C’est (…) le couronnement de plusieurs années de travail » (Daniel Addeh)

Lauréat du prix « Prix Lorenzo Natali 2017 » qui invite les journalistes professionnels comme amateurs à s’intéresser à des questions de développement, d’éradication de la pauvreté et de démocratie entre autres, le journaliste togolais de la Radio Télévision Delta Santé (RTDS) Daniel Addeh explique dans cette interview que c’est le « couronnement de plusieurs années de travail ».

 

Tu es le lauréat du « Prix Lorenzo Natali 2017 » pour le journalisme dans la catégorie

professionnelle pour l’Afrique. Que revêt ce prix pour toi ?

 

Vous savez je suis le second togolais  à avoir remporté ce prix, mais je suis le premier journaliste. C’est un sentiment de satisfaction et particulièrement le couronnement de plusieurs années de travail. Vous pouvez donc imaginer ma joie.

 

Daniel Midodji Addeh recevant son prix

 

Ce prix m’a permis de rencontrer beaucoup de journalistes étrangers et des personnalités de renom qui travaillent dans le domaine du développement, et d’autres part,  il m’a permis d’appréhender notre métier autrement. Et particulièrement d’envisager d’autres projets.

 

Raconte-nous comment en es-tu arrivé là !

 

J’ai entendu parler de ce prix alors que j’étais en Ethiopie en 2016 pour recevoir un autre prix sur les changements climatiques. Alors, de  retour à Lomé,  j’ai fait des recherches sur internet mais le prix en question n’était pas encore lancé. Et c’est  quelques mois après que j’ai vu l’appel à candidature sur les réseaux sociaux et j’ai postulé sans hésiter. Vous connaissez la suite.

 

Quel changement ce prix peut-il avoir dans ta carrière ?

 

Beaucoup de choses. Ce prix m’a permis de rencontrer beaucoup de journalistes étrangers et des personnalités de renom qui travaillent dans le domaine du développement, et d’autres part,  il m’a permis d’appréhender notre métier autrement. Et particulièrement d’envisager d’autres projets.

 

(…) J’ai fait ce choix parce que je voulais faire part aux autorités togolaises de la situation de ces enfants.

 

Quel sujet et quel support as-tu choisis pour concourir ?

 

L’article qui m’a permis de remporter ce prix est intitulé: « On avait juste besoin d’énergie solaire pour réussir ». Je l’ai publié sur mon blog. Et il a été repris par certains sites d’informations. Il parle des conditions d’études des élèves du petit village d’Agbetim, situé à une trentaine de kilomètres de la ville de Tsévié (environ 35 km au nord de Lomé). Faute d’électricité dans le village, les apprenants ne peuvent  réviser leurs leçons les soirs qu’en mettant des piles neuves, une fois par semaine, dans leurs torches. Et pour cela, ils vont dans la forêt couper du bois pour le revendre au plus offrant.

 

(…) On pourra avec les autres journalistes appréhender autrement notre métier pour faire de grandes choses.

 

Pourquoi ces choix ?

 

Parallèlement à mon travail à la télévision, j’ai eu la chance de collaborer avec beaucoup de médias étrangers. Le constat que j’ai fait au cours de ces collaborations est que ces médias sont plus intéressés par le traitement des sujets d’impacts contrairement à ce qu’on fait  au Togo. C’est donc depuis ce moment que  j’ai compris que je pouvais contribuer à changer  positivement la vie des populations qui vivent dans des conditions d’extrême pauvreté grâce à mon arme qui est ma plume. Donc pour revenir à votre question, j’ai fait ce choix parce que je voulais faire part aux autorités togolaises de la situation de ces enfants et montrer par ailleurs le travail exceptionnel abattu par les jeunes étudiants de la start-up EP GROUP, qui installe des panneaux solaire dans les villages.

 

Une partie servira à aider ses enfants et l’autre partie à m’équiper en matériel. Car j’ai de nouveaux défis à relever.

 

Avec ce prix, que penses-tu pouvoir changer au Togo ?

 

Dans l’immédiat rien. Vu que ce n’est qu’un prix. Mais dans le temps, on pourra avec les autres journalistes appréhender autrement notre métier pour faire de grandes choses.

 

En plus du trophée du prix, tu as empoché 5 mille euros. Que comptes-tu faire avec cette somme ?

 

Rires… Beaucoup de choses. Une partie servira à aider ses enfants et l’autre partie à m’équiper en matériel. Car j’ai de nouveaux défis à relever.


« La meilleure façon de vivre ça, c’est de ne pas vouloir en vivre » (Ayi DOSSAVI-ALIPOEH)

Mondoblogueur, grand amateur de musique classique et de Jazz, fan d’Adèle – la chanteuse britannique –  et panafricaniste convaincu, Ayi Dossavi-Alipoeh est un jeune écrivain qui a déjà à son actif trois ouvrages dont son premier recueil de poèmes, Rosées lointaines, paru en juillet 2015 et avec lequel il a été programmé sur la 10e édition du festival international Filbleu. Dans cette interview qu’il m’a accordée, il est longuement question de Rosées lointaines. Mais également de son parcours qui va des sciences aux lettres, du métier d’écrivain ou de poète et de l’avenir du blogging au Togo, entre autres.

 

Comment te définirais-tu ?

Pour faire simple, je me définirais comme un écrivain à l’origine passionné par les lettres et qui s’intéresse également à la science et à la culture.

 

Tu as fait tes études supérieures à l’ESTBA…

Oui, oui ! J’ai fait une Licence en analyse biomédicale à l’Ecole Supérieure de Technique Biologique et Alimentaire en abrégé ESTBA. Un cursus en sciences de la santé.

 

C’est un fort message, j’ai envie de dire, pour la mère patrie et également un hymne à la vie, à l’humanité et à l’Afrique globalement.

 

 

Ton premier recueil de poèmes, Rosées lointaines, est paru en juillet 2015. Quel est le message que tu veux passer à travers tes vers ?

 

Essentiellement, je crois que c’est… je ne dirai pas de tout et de rien. Je parle d’un certain nombre de choses. Je raconte un peu le quotidien, et surtout mon amour pour mon pays, mon continent et mon peuple essentiellement, et l’amour en général qui ne manque pas dans nos productions littéraires. C’est un fort message, j’ai envie de dire, pour la mère patrie et également un hymne à la vie, à l’humanité et à l’Afrique globalement. Ce n’était pas à l’origine un recueil à thème précis. Ça nous a donné une certaine liberté.

 

Je travaille plus au niveau des textes. Pour plusieurs raisons : passer des messages, et m’exprimer. C’est vrai que je me penche plus vers les lettres que vers les sciences. C’est du 60-40 en gros. Mais ça varie selon les jours.

 

Tu as déjà gagné par le passé deux prix littéraires. Entre toi et la littérature, est-ce une histoire d’amour ? Es-tu plus scientifique que littéraire ?

Fondamentalement, je ne m’inscris pas dans cette division littéraire-scientifique. Pour moi, c’est quelque chose qu’il faudra corriger dans notre façon de voir l’école et la façon d’aborder les choses. Ceci étant dit, est-ce que je suis plus littéraire que scientifique ou scientifique que littéraire ? Non, non… j’adore ce que j’ai étudié : les sciences de la santé. C’est très intéressant. Même si pour le moment, je travaille plus au niveau des textes. Pour plusieurs raisons : passer des messages, et m’exprimer. C’est vrai que je me penche plus vers les lettres que vers les sciences. C’est du 60-40 en gros. Mais ça varie selon les jours.

 

Donc tu préfères les mots ou les lettres aux rats de laboratoires ?

 

Euh… non, non. Je suis quelqu’un qui écrivait des textes entre un cours de biologie et de mathématiques. Mais au-delà de ça, je garde un pied quand même au laboratoire. Parce que c’est important, c’est intéressant et tout aussi passionnant. On n’a pas autant l’occasion de s’exprimer, de passer un message dans un laboratoire comme on peut le faire à travers des livres. Donc, c’est important aussi.

 

Pour moi, le fait que les poètes, les écrivains en général soient moins représentés dans le monde ne veut pas dire que leur temps est passé. Ça veut dire que ce monde va mal. La poésie, le roman ou l’écriture en général participent à forger l’esprit des gens.

 

Alors, le monde actuel peut-il se passer des poètes ?

 

Ça, c’est une grande question. C’est un éternel débat. Pour moi, le simple fait que l’on se pose la question montre que, encore aujourd’hui… non. Non. C’est vrai qu’on est de plus en plus distrait, poussé vers la matière, éloigné de la culture générale. Mais c’est un faux problème ! Pour moi, le fait que les poètes, les écrivains en général soient moins représentés dans le monde ne veut pas dire que leur temps est passé. Ça veut dire que ce monde va mal. La poésie, le roman ou l’écriture en général participent à forger l’esprit des gens. S’il n’y a plus ceux qui parlent au cœur, à l’âme, à l’esprit des personnes, je me demande bien de quoi les gens seront faits. Donc, c’est ça qui pose problème. Le monde ne peut pas s’en passer. S’il prétend s’en passer, c’est qu’il est malade en fait. Il y a un grand vide et nous remplissons ce vide avec du vide. Non, on ne pourra pas se passer des poètes…

 

On gratte un peu sur les heures de sommeil pour écrire. Ce qui fait que c’est très difficile d’en vivre. La meilleure façon de vivre ça, c’est de ne pas vouloir en vivre. Ça libère et tu ne te mets pas la pression non plus.

 

Je crois qu’avec ton recueil de poèmes, tu viens de rentrer dans le cercle fermé (ou pas?) des poètes togolais. Avec ta petite expérience, est-ce que le poète togolais peut vraiment vivre de son art ?

 

Le cercle n’est pas trop ouvert. Mais ce n’est pas fermé non plus (rires). Il y a encore quelques années, j’aurais dit non. Mais aujourd’hui, celui qui s’y consacre vraiment matin, midi et soir et fait des « tournées » et avec beaucoup d’efforts, je pense qu’on peut commencer à tirer nos épingles du jeu. Mais c’est difficile. Surtout parce que la plupart des écrivains ne sont pas uniquement écrivains. Ils ont plusieurs casquettes, notamment le poète. Entre les heures creuses, on se débrouille. On gratte un peu sur les heures de sommeil pour écrire. Ce qui fait que c’est très difficile d’en vivre. La meilleure façon de vivre ça, c’est de ne pas vouloir en vivre. Ça libère et tu ne te mets pas la pression non plus. Mais celui qui s’y met vraiment à fond, vraiment, c’est-à-dire matin, midi et soir de lundi à dimanche, se lève, sillonne le pays, d’écoles en écoles, vend son truc, va sur les médias, je pense qu’il peut tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, c’est faisable. Je pense que ça le sera encore plus dans quelques années. Disons qu’Il y a de l’espoir.

 

On va un peu parcourir le recueil de poèmes. À la page 16, tu écris :

« La misère embrasse mon pays comme une catin affriolante

Et mon pays fornique avec elle, et baigne dans le sang et la fiente !

Je lui baise les pieds et je l’embrasse, la terre qui m’a vu naître,

En lui demandant : « Pourquoi donc as-tu donné le sein à ces traîtres ? »

 

Tu y vas un peu fort non ?

 

Oui, c’est vrai. Comme les textes n’ont pas été écrits au même moment, chacun porte l’état d’esprit, l’état mental, le feeling de l’auteur au moment où il écrit. C’est un cri de colère. Je ne me rappelle plus très bien de l’occasion. C’est vrai que le Togo nous donne beaucoup d’occasions de nous énerver. Ça ne manque pas. Je pense quand même, pour un Etat relativement petit comme le nôtre, pas surpeuplé, normalement nous ne devons pas avoir certains problèmes. C’est étonnant, énervant, ça retourne l’estomac de constater certaines réalités.  Et quand on est écrivain, on rend ça. Oui, j’y vais un peu fort. Je pense que j’ai le droit. Et on ne m’en voudra pas pour ça.

 

Le Togo seul ne pourra pas s’en sortir. Le Ghana seul ne pourra pas s’en sortir. La Côte d’Ivoire ou le Mali seul ne pourront pas s’en sortir. Ni le Congo ni le Malawi.

 

Alors, es-tu défaitiste quant à ce que les choses changent ou s’arrangent ?

 

Non. Pas du tout. Absolument pas. Je ne suis pas d’un optimisme béat. Je crois que les gens construisent leur destin. Mais pour ça, il faut être prêt à faire des sacrifices. Je ne suis absolument pas défaitiste quant au destin du Togo. Je ne regrette pas le Togo. Je regrette l’Afrique en général. J’ai une vision beaucoup plus continentale du destin commun. Le Togo seul ne pourra pas s’en sortir. Le Ghana seul ne pourra pas s’en sortir. La Côte d’Ivoire ou le Mali seul ne pourront pas s’en sortir. Ni le Congo ni le Malawi. Je pense vraiment que c’est une renaissance totale africaine. C’est Tabo Nbéki  qui parlait de renaissance africaine à un moment donné. Je penche plus vers ça. Donc, je ne suis absolument pas défaitiste ou en désespoir quant au destin du Togo ou de l’Afrique. Au contraire, j’ai un immense espoir pour l’avenir. Comme dirait Edem Kodjo, il ne faut surtout pas sombrer dans le désespoir. L’Afrique a son avenir devant elle. Mais, il faudra se battre, il faudra travailler. J’ai un grand et immense espoir pour l’avenir.

 

On retourne à ton recueil de poèmes à la page 25 très exactement où se trouve le poème intitulé Cours

« Un prof, tout grand tout docte, dans une salle

Parle, parle, parle

Brasse l’air et le feu et le souffle et les mots et l’idée

L’auditoire, distraitement attentif,

Gît, exsangue,

Bataillant férocement contre le sommeil

L’université … Le poids de l’ennui ».

 

L’Université est-il vraiment le poids de l’ennui ?

 

(Rires) Je pense qu’on a tous… Il nous est arrivé de nous ennuyer ferme à l’Université hein ! C’est incroyable ! Parfois, tu te demandes qu’est-ce que le type raconte. C’est ça quoi ! On a appris des choses très passionnantes aussi. Mais par moment, je ne sais pas si c’est lui qui se fout de nous ou le contraire, mais parfois certains profs nous facilitent la chose quant à l’ennui ! C’est une petite pique comme ça qui est restée dans le texte. J’ai trouvé ça amusant de garder ça. C’est un clin d’œil à la fac. Je pense que beaucoup de mes camarades étudiants, ceux qui sont passées par l’Université s’y retrouveront d’une manière ou d’une autre.

 

C’est quoi la prochaine étape ? Un nouveau recueil de poèmes, un roman ?

 

Oui ! Les deux. Les trois mêmes je dirai puisqu’actuellement, je travaille à la fois sur un prochain recueil de poèmes, un roman également et un essai. Un essai pas politique, mais plutôt théorique. Je ne sais pas lequel des trois sortira en premier parce que l’édition au Togo c’est un chemin de croix. Mais je ne compte pas m’arrêter quand même ! Il y a encore des choses intéressantes à dire. Rester à l’écoute. Déjà, il faut profiter de ce premier recueil, achetez-le en attendant et il y aura certainement d’ici la fin de l’année un autre ouvrage à paraître.

 

Je pense que le plus intéressant c’est le fait que les gens puissent s’exprimer. Pendant longtemps, on a été chacun dans notre coin avec quelque chose dans sa tête qu’à un moment donné on a failli exploser. Maintenant, il y a un foisonnement incroyable des voix, des points de vue, une multitude de centres d’intérêts, de points de vue.

 

On sait aussi que vous êtes blogueur, mondoblogueur qui plus est. Ça fait un moment qu’on constate un foisonnement de blogueurs sur la toile. Comment voyez-vous l’avenir du blogging au Togo ?

 

Je pense que c’est comme pour l’écriture. Il y a une renaissance si on peut dire, une nouvelle floraison, une ré-émergence des idées. C’est intéressant le blogging. C’est quand même les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ça ouvre des voies. Je pense que le plus intéressant, c’est le fait que les gens puissent s’exprimer. Pendant longtemps, on a été chacun dans notre coin avec quelque chose dans sa tête, tant et si bien, qu’à un moment donné on a failli exploser. Maintenant, il y a un foisonnement incroyable des voix, des points de vue, une multitude de centres d’intérêts, de points de vue. Je pense que si nos autorités du ministère des Postes et de l’Economie Numérique nous offre une meilleure connexion, ça ira encore en avant. J’ai un bon espoir pour ça. J’ai aussi un regard un peu distant par rapport à ça. Je tourne de plus en plus vers le livre physique, vers des « travaux » plus sérieux, plus conséquents.  Mais, je trouve très intéressant cette émergence. Ça fait beaucoup de bruit aussi hein. Le fait que tout le monde ait la parole n’est pas forcément une bonne chose (rires). C’est quand même mieux que quand personne n’a le droit de s’exprimer. Je pense que des gens ont commencé par devenir blogueurs professionnels. Ça a déjà commencé, ça ira crescendo. Ça ouvrira la voie à la fois pour la liberté d’expression, pour la communication et aussi pour les affaires dans un pays où le chômage est quand même assez important.

 

Il faut sortir du Togo peut être pour se rendre compte de ce qu’est le Togo. On dit que c’est un petit pays par la taille mais grand par ses hommes. Mais, combien de grands hommes avons-nous ? J’imagine le Togo en négociation avec la Chine. Quand on sait que notre population représente un quartier de Beijing, on doit se poser des questions et se remettre en cause. Le temps des petits pays est révolu.

 

Quand on vous écoute, on sent le panafricain. Le panafricanisme, vous y croyez ?

 

Absolument ! Je suis un panafricain convaincu. Je dirai même panafricain radical. C’est une question de point de vue, de vision des choses. Ne serait-ce que pour des raisons géostratégiques ou géopolitiques. Le temps des petits ensembles est révolu. Il faudra que les pays africains le comprennent. Les petits pays à moins, d’être Israël et d’avoir un puissant réseau de diaspora, des gens fortunés répartis aux quatre coins du monde, ne pèsent rien face à la Russie, à la Chine, à l’Inde, aux Etats-Unis, ou à l’Union Européenne. Il faut oublier ça. Je ne dis pas de fusionner tout comme ça. Mais, il faut voir grand. Il faut sortir du Togo peut-être pour se rendre compte de ce qu’est le Togo. On dit que c’est un petit pays par la taille mais grand par ses hommes. Mais, combien de grands hommes avons-nous ? J’imagine le Togo en négociation avec la Chine. Quand on sait que notre population représente un quartier de Beijing, on doit se poser des questions et se remettre en cause. Le temps des petits pays est révolu. C’est fini ça. Après, chacun sa sensibilité. C’est mon point de vue. Rien que pour ça, je suis un panafricain radical. Quelle forme ça prendra, comment ça va se présenter, c’est autre chose. Je pense que c’est un point de vue intéressant qui malgré les échecs cuisants du passé, mérite quand même d’être revisité, re-exploré pour l’avenir. Même si l’Union Africaine joue très mal son rôle qui lui était dévolu, c’est un indice quand même de ce vers quoi on doit tendre. Ce n’est que mon point de vue évidemment. Mon avis compte si peu.

 

Comme je lis beaucoup, je me suis rendu compte que c’est une musique qu’on peut écouter tout en lisant. C’est généralement sans paroles.

 

C’est la musique classique que tu écoutes apparemment lorsque tu écris tes vers et textes !

 

Oui, je suis un immense consommateur de musique classique européenne.

 

Une bonne source d’inspiration ?

 

Oui. C’est excellent pour… en fait, c’est intéressant la façon dont je suis arrivé à ça. Comme je lis beaucoup, je me suis rendu compte que c’est une musique qu’on peut écouter tout en lisant. C’est généralement sans paroles. J’ai également découvert les grands compositeurs comme Mozart ou Bach… Beethoven aussi, qui pour moi est le plus grand compositeur de tous les temps même devant Mozart. Je consomme aussi beaucoup de jazz que certains appellent la musique classique africaine. C’est un parallèle intéressant. J’écoute donc beaucoup de musique classique et de jazz, mais je suis ouvert à tous les genres musicaux.

 

J’ai repris les disques de mon père pour reprendre Youssoupha.

 

Vos artistes préférés de Jazz ?

 

Incontestablement Miles Davis, Sydney Bechet, le vieux Louis Armstrong, John Coltrane aussi. Disons que je suis relativement old school. J’ai repris les disques de mon père pour reprendre Youssoupha.

 

 

Et côté féminin ?

 

En matière de jazz, je verrai plutôt Nina Simone. C’est La voix par excellence en matière de musique. Pour les slows, j’écoute beaucoup Nana Mouskouri. J’écoute aussi l’anglaise Adele qui est la meilleure chanteuse d’Europe des dix dernières années selon moi.