ananiagboh

Insomniaque anonyme

Il est de plus en plus difficile de nos jours d’avoir le sommeil facile, les objets connectés (téléphone, ipad, ordinateurs), séries et émissions télé devenant trop envahissants et favorisant les nuits blanches. C’est à croire que je suis devenu un insomniaque anonyme. Dans ce billet, je m’imagine à une réunion – à laquelle vous aussi vous pourriez participer-  d’insomniaques anonymes où je raconte mon expérience de celui qui trouve milles et un subterfuges pour refuser à son corps de reprendre des forces de travail (comme le disent les ouvriers pour se reposer) la nuit. Vous vous reconnaîtrez peut être à travers les lignes qui suivent.


Bonjour tout le monde. Je suis ananiagboh et je crois que je suis insomniaque. Je vais donc partager mon expérience avec vous. Alors, comment cela se manifeste-t-il chez moi ? De plusieurs façons. Je ne suis pas un insomniaque né. Mais plusieurs facteurs ont concouru à cela.

@sommeil-insomniaque-anonyme
Déroulement d’une réunion d’anonymes de tous genres

Mes siestes, les veillées Whatsapp et mes nuits blanches

Une sieste à midi chez moi ou des discussions la nuit avec des amis sur l’application Whatsapp correspondent à une nuit blanche qui peut aller à une voire deux heures du matin. La sieste est pour mon organisme ce que le temps additionnel est pour un match de football. Mais un temps additionnel XXL que la sieste m’offre comme un bonus pour rester bien éveillé et dormir assez tardivement. Des fois, la sieste n’est pas vraiment la cause principale de mes nuits blanches. Je pars souvent avec la ferme résolution d’aller au lit pour dormir. J’y arrive souvent sans mon téléphone. Quand j’y vais avec, c’est moins sûr. J’ai du mal à me déconnecter lorsque les discussions deviennent  intéressantes avec mes contacts en ligne. Je n’en peux plus. Et les discussions peuvent durer jusqu’à des heures tardives reléguant le sommeil au second plan. La veillée Whatsapp où nous sommes des millions en lignes dans le monde entier et en train d’écrire constamment est passée par là ! Nietzsche doit probablement se retourner dans sa tombe. « Ayez, disait-il dans Ainsi parlait Zarathoustra, en honneur le sommeil et respectez-le ! C’est la chose première. Et évitez tous ceux qui dorment mal et sont éveillés la nuit ». Si on veut suivre sa logique, je crois que nous tous ici sommes devenus une engeance.  J’avoue que ça m’arrache le sourire rien qu’en y pensant.

Livres, séries télé, podcasts comme pis-aller

Vous vous imaginez bien que je ne reste pas inactif durant ces nuits blanches allongé sur mon lit, regardant ou admirant le plafond et attendant patiemment tel un enfant de cœur que le sommeil vienne. Rentrent donc en jeu quelques-unes de mes applications préférées : Aldiko grâce à laquelle j’accède à des livres ou romans tombés dans le domaine public et Podcast Addict qui me permet de bénéficier d’une foultitude de podcasts variées (sports, politique, musique, cinéma, histoire, humour, sciences, etc.) les uns que les autres à travers le monde. Je peux donc tuer le temps avec des auteurs célèbres français, allemands, anglais, américains, etc. Mais également avec des podcasts d’émissions de RFI (Radio foot internationale, Afrique presse, Mondial Sports Priorité santé, 7 milliards de voisins, Les mots de l’actu ; etc.) de RMC (Bourdin Direct, l’After foot, le Larqué Foot, Super Moscato Show) de France Inter (Morin a réponse à tout, la Revue de presse quotidienne de Hélène Juan, les Affaires sensibles, Secrets d’info et Pop & Co de Rebecca Manzoni)  de la RTS (La loi des séries, CQFD, Bande Originale) de Rire et chansons (Le journal du rire, Marceau refait l’info), de RTL (3 minutes pour comprendre, 6 minutes pour trancher de Yves Calvi, Le Praud de l’info, le Club Liza, L’Edito d’Alain Duhamel, L’Edito politique d’Alba Ventura, On refait le match et les revues de presse d’ Adéline François)et de beaucoup d’autres radios et télévisions. Ce dont je raffole le plus quand je suis dans cette situation, ce sont les séries télé souvent américaines que je mate sans jamais me lasser. Je veux parler de 24 heures chrono, Prison break, Lie to me, Glee, Orange is the new black, Power, Empire, Person of interest, Da vinci demons et bien d’autres. Si les séries, je dois le reconnaître, peuvent meubler mes nuits blanches, elles peuvent parfois comme les veillées Whatsapp en être la source parce que l’envie irrésistible de voir des épisodes, fraîchement téléchargés, d’une nouvelle saison peut venir à bout du sommeil pourtant irremplaçable. Il m’arrive aussi d’échanger une partie de mon sommeil  à rédiger un billet, un article pour un de mes nombreux blogs ou faire les heures supplémentaires du boulot pour un travail à rendre le lendemain et surtout lorsque je me mets en mode sous pression.

Voilà pourquoi je crois que je suis parmi vous à cette réunion des insomniaques anonymes que nous sommes tous à des degrés divers. Je fais cependant quelques progrès : je ne me connecte plus depuis quelques semaines les soirs pour… ne pas prioriser forcément le sommeil, mais plutôt des séries télés, des podcasts et la lecture. Et ce, jusqu’à ce que le sommeil ne vienne forcer la porte ou que mon corps ne me lâche via le truchement d’un coup de barre qui nécessite impérativement le sommeil. Les dommages collatéraux comme les yeux tout rouges au réveil, des maux de tête et des journées peu inspirées où je baille comme pas possible et guettant les pauses de midi pour carrément dormir pendant 2 heures ou plus et non plus siester. J’espère qu’en vous fréquentant régulièrement, le sommeil deviendra pour moi la priorité des priorités et que je recevrai, au fur et à mesure que les réunions vont évoluer, des médailles parce que j’aurai fait des progrès. Merci de votre attention !


#SommetDeLomé: un dispositif de sécurité ô combien frustrant!

Le #SommetDeLomé, extraordinaire de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique tenu à Lomé du 10 au 15 octobre 2015, au-delà de ses objectifs, a dû léser et frustrer plus d’uns surtout ceux qui travaillent dans et dans les environs du quartier administratif, lieu des travaux, à cause forcément du dispositif de sécurité. Travaillant dans le quartier administratif, je vous livre dans ce billet mon ressenti par rapport à ce dispositif de sécurité.


« Monsieur, vous allez où » ?, « Vous ne pouviez pas passez », « Vous deviez contourner », « Montrez-nous votre carte d’identité », « Nous devions fouiller votre sac » : Voilà quelques-unes des phrases qu’un habitué du quartier administratif, moi y compris, a pu entendre avec un air paternaliste et condescendant des forces de défense et de sécurité quelques jours voire semaines avant, pendant et deux jours après le #SommetDeLomé (10 au 15 octobre) de l’Union Africaine sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique -Ils étaient toujours là jusqu’au lundi dernier 17 octobre 2016. Ils étaient partout, quadrillaient ledit quartier qui avait l’air d’être en état de siège et ressemblait peu ou prou à un cimetière. Le quartier avait perdu de sa  superbe. Plus personne ne pouvait circuler librement à pied, à moto ou en voiture. Les revendeurs et revendeuses de tous genres qui animaient le quartier ont été priés de s’éclipser et d’observer un chômage technique temporaire si je peux m’exprimer ainsi. Il fallait faire bonne figure devant les étrangers et débarrasser le quartier administratif de toute sa « lie » ou « racaille ». Il devait être chic et pittoresque.

Il ne fallait pas travailler dans le quartier administratif ou aux alentours

J’ai regretté d’effectuer ma mission de volontaire national au ministère de la planification de développement qui se trouve dans l’immeuble du Centre administratif des services économiques et financiers (CASEF). Immeuble qui se trouve dans le quartier administratif où se sont déroulés les travaux du #SommetDeLomé. A n’en pas douter, les fonctionnaires et toutes les personnes qui y travaillent ou aux alentours ont dû éprouver le même regret. Lorsque je descendais du bus ou du taxi et que le CASEF était sous mon nez, à 100 mètres environ, j’étais obligé de contourner la bibliothèque nationale et de faire 150 voire 200 mètres de plus pour y accéder. Le comble, c’est quand j’arrivais devant la barrière de sécurité et qu’aucun des forces de l’ordre et de sécurité ne pipait mot, ne me demandait ma carte d’identité ni ne fouillait mon sac et que je les dépassais comme si de rien n’était. J’étais ulcéré. Ils avaient, en tout cas, trouvé un bon moyen de gâcher mes journées. Car je me demandais pourquoi ils me forçaient à contourner. Les midis, je me rendais compte de l’importance des revendeuses de riz, de pain, de mets aussi variés les uns que les autres et de fruits qui se trouvaient devant le CASEF et aux alentours. Il fallait se farcir ou recourir au pis-aller à la cantine du CASEF dont les plats proposés laissent parfois à désirer. Ou carrément quitter le quartier administratif le temps de la pause pour son déjeuner. Mais au retour, il fallait encore passer le dispositif de sécurité et écouter la même antienne du matin auprès des policiers ou militaires. Ils respectent les consignes me diriez-vous. Mais, franchement, ils m’ont saoulé. Le clou de ce dispositif de sécurité a été le vendredi 14 octobre, jour de la venue des chefs d’Etat et de gouvernement et veille du #SommetDeLomé proprement dit où la fameuse charte de Lomé devait être signé. Il y avait un embouteillage monstre dans les environs du quartier administratif. Toutes les ruelles étaient bloquées par des barrières avec des militaires kalachnikovs en bandoulière. Les piétons subissaient le traitement habituel : montrer sa carte d’identité  et se faire fouiller son sac si ça se trouve. Les motos et les voitures ne pouvaient plus passer même avec leurs badges « Laisser passer ». Les fonctionnaires, à qui on disait indirectement : « Rentrez chez vous  », étaient obligés d’aller garer leurs engins ailleurs avant de rejoindre leurs bureaux. Je pense qu’on aurait pu éviter tout cette humiliation aux fonctionnaires.

Une semaine de congés n’aurait fait de mal à personne

L’hôtel qui abritait les travaux et quelques-uns des participants du #SommetDeLomé se trouvait dans le quartier administratif et les convois incessants sous escortes policières ont désarçonné plus d’une fois les fonctionnaires. Un congé le temps du #SommetDeLomé à tous les fonctionnaires et à tous ceux qui y travaillaient aurait été le bienvenu et convenable.  Vous me direz que je ne suis pas économiste et que ça aurait plombé l’économie nationale. Ça aurait pu éviter de les traiter comme des malpropres. Aucun sacrifice n’était plus grand lorsqu’il s’est agit du #SommetDeLomé sauf celui-ci. Le sommet aurait dû être se tenir ailleurs que dans le quartier administratif qui jouxtait le grand marché de Lomé où affluent chaque jour des milliers de commerçants et d’opérateurs économiques. J’imagine leurs frustrations et l’impact qu’une telle situation a pu avoir sur leurs affaires de la semaine.

Enfin, le seul point positif que j’ai pu trouver si je me mets dans la posture d’un profane, ce sont ces wifi bilingues « SOMMET UA_Lomé » et « AU MEETING_Lomé » qui étaient libres d’accès dans le quartier administratif en guise de wifi public temporaire. Qui a dit qu’un wifi sans code d’accès était mauvais ?


La 3ème édition du #BlogCamp228 comme si vous y étiez

Rencontre annuelle des blogueurs togolais, la troisième édition du #BlogCamp228 s’est déroulée du 09 au 11 septembre dernier à Notsè, le berceau des Ewé. Retour sur une chronologie des événements ô combien subjective.


Jour 1

Le départ pour Notsè où allait se dérouler le #BlogCamp228 était prévu pour 14h30. La trentaine de blogueurs et aspirants blogueurs que nous étions devait se retrouver à la Station Sanol de Adido Adin, non loin du carrefour qui porte le nom, je me demande si c’est officiel, de l’ex ministre Pascal Bodjona.

Nous prîmes environ 30 minutes de retard pour diverses raisons avant que les deux bus de 15 places ne prennent la route, la Nationale N°1. Et comme un(e) blogueur(se) ça parle, ça donne son avis, on n’a pas pu s’empêcher de se livrer à cet exercice favori dans l’un des bus où j’étais en compagnie de Aphtal Cisse, Renaud Ayi Dossavi, Falone Alognon, Roland Eli Ekue et bien d’autres dont je ne me souviens plus exactement le nom, non pas à cause d’un trou de mémoire ou d’un Alzheimer récent, mais parce que ma mémoire a sélectionné ceux qui ont plus participé que les autres. De nombreux blogueurs ont participé au débat sur la valorisation que nous faisons de notre patrimoine culturel, et de ce manque présumé de désir de découvrir l’intérieur de notre propre pays le Togo. Je vous épargne les commentaires des uns et des autres.

Après deux heures d’horloge pratiquement, nous arrivâmes dans le berceau des Ewé, entendez l’Hôtel Le Berceau, lieu des travaux de ce #BlogCamp228 placé sous le thème : De la production du contenu multimédia. Nous déchargeâmes aussitôt les bus de nos bagages. Nous nous regroupâmes devant l’hôtel à la demande des organisateurs pour quelques infos pratiques sur comment nous occuperions nos chambres. Ce sera à deux participants de même sexe par chambre. Nous nous dirigeâmes alors vers nos chambres potentiels derrière @klinklinvi qui avait les clés des chambres en main et disait devant chacune des chambres: « Deux personnes ici ». C’est ainsi que je pris la clé de la 229 -comme un clin d’œil aux trois blogueurs venus de l’Est, le Bénin voisin. Gabriel Blivi, cette connaissance datant de la période où j’ai fait mon collège au CEG Ablogamé, était celui avec qui j’allais partager la 229. Nous en prîmes possession et disposâmes nos affaires. La salle de bains était parfaite dans le sens où il y avait de l’eau tiède ou froide et de l’eau…chaude. C’était important en effet, tout comme le code des réseaux wifi Berceau2, Berceau3 et Berceau4 que mon phone détectait. Car un blogueur, ça publie des trucs sur les réseaux sociaux. Ca tweete surtout. Et pour bien tweeter, il faut une bonne connexion wifi. La connexion proposée par les réseaux nationaux de téléphonie faisait des siennes et n’offrait pas une assurance tous risques. Il fallait donc se rabattre sur le wifi. Je descendis après avoir fait connaissance avec le coloc de notre chambre et allais à la réception pour demander le code du wifi de l’hôtel. La jeune fille ou le jeune homme (je ne me souviens plus trop du sexe de la personne) qui s’y trouvait me fit un signe de la main pour que je dirige mon regard derrière elle ou lui. Le code était affiché au mur et je l’enregistrai. Je retournai donc à la 229, communiquais le code à mon coloc, m’allongeais sur notre lit et voulus me connecter. Je me rendis compte que le wifi ne fonctionnait pas dans notre chambre. Je retournais, dépité, au forfait Internet de mon opérateur de téléphonie mobile. Les une heure et trente minutes qui nous séparaient du premier module du #BlogCamp228 allaient bientôt finir et il fallait se préparer pour regagner la salle où se dérouleraient les travaux, qui heureusement se trouvait juste à côté de la 229. Alléluia !

Vers 18h30, nous nous dirigeâmes, mon coloc et moi vers la salle en question. A l’intérieur, les tables étaient disposées en U avec une table d’honneur derrière laquelle se trouvait une affiche géante de la bannière du #BlogCamp228. Avant de prendre place sur nos sièges, il fallait d’abord se diriger vers une autre table qui se trouvait juste à l’extrême gauche de la porte d’entrée. Autour de la table en question se trouvaient quelques membres du comité d’organisation mais aussi des badges, des mugs et des t-shirts à l’effigie du visuel de ce #BlogCamp228, troisième du genre. Chaque participant devait donc passer prendre son mug, son badge et son t-shirt. Ce dernier devait être porté par tous, spécialement le dernier jour de ce rassemblement, le dimanche plus précisément.

Le badge devait  être porté autour du cou. Et le mug ? Je ne sais pas trop. Certains ou plutôt certaines s’en sont servies lors du petit déjeuner du lendemain, le samedi, pour boire leur thé ou leur café.

https://twitter.com/ekoimapierrette/status/775254491906076672

Je voudrais aussi souligner que nous nous étions convenus ensemble d’entrée de jeu des règles de bonne conduite devant régir le séjour à Notsè.

Ceci étant, découvrons ensemble le premier module !

« Des personnes sans personnalité ne peuvent pas tenir un blog »

Place donc au premier module : Prise en main de son blog, création et mise à jour. C’est Mylène Flicka, l’une de nos voisines venus de l’Est, qui en avait la charge. Aux aspirants blogueurs, elle a prodigué de sages conseils concernant quelques questions à se poser avant la création de son blog comme sa cible, le nom de domaine, la fréquence de publication. Aux blogueurs plus ou moins expérimentés, elle a filé quelques astuces sur la personnalisation de son blog à l’instar des plugins, du thème, etc.

https://twitter.com/MylneFlicka/status/774538528734715904

Elle a ponctué sa présentation par des déclarations chocs ou punchlines comme on dit dans le monde du rap. « Des personnes sans personnalité ne peuvent pas tenir un blog » a-t-elle martelé avant de faire remarquer que « le blog est un outil puissant ».

https://twitter.com/klinklinvi/status/774329720091602944

Après la séance de questions réponses, nous passâmes au dîner.

Une ambiance bonne enfant a dominé dans la salle où le dîner était servi. Certaines tables étaient plus animées que d’autres, fruit de l’affinité préexistante entre beaucoup de participants.

Jour 2

Le samedi, deuxième jour, nous changeâmes de salle de réunion. Nous migrâmes vers la salle qui portait le nom du célèbre roi des Ewé, AGOKOLI. Ce changement offrait plusieurs avantages. Nous n’étions plus loin du hall. En outre, cette salle jouxtait la salle à manger où nous fîmes le premier petit déjeuner du camp. Selon le responsable des lieux qui avait suggéré ce déplacement, la connexion wifi y était bonne. Et il n’avait pas tort !

Atelier photographie

Les travaux ont débuté à 8 heures par un petit speech de Guillaume Djondo sur la délégation de l’Union Européenne au Togo, un des partenaires de l’évènement auquel d’ailleurs cette deuxième journée était dédiée. Les participants ont ensuite eu droit au second module du #BlogCamp228 qui n’est autre que l’atelier photographie présenté par Florent Banissa, photographe et infographiste. Ce dernier a initié les participants durant sa communication à la fois inclusive et interactive aux bases de la photographie. Trois questions essentielles doivent, selon lui, traverser l’esprit de celui qui se trouve derrière l’appareil photo : Quoi prendre comme photo ? Comment le prendre ? Et comment le retoucher ? Il a également fait cas des réglages du boîtier à l’instar de l’ouverture, de la vitesse d’obturation et de l’ISO : des éléments importants dans la prise d’une belle photo. Une série de questions-réponses a suivi la présentation et a porté notamment sur la règle des tiers, la plongée ou la contre-plongée, la position du sujet à prendre dans le cadre qu’il ne faut pas hésiter à remplir, l’espace négatif qui peut être positif parfois.

Sans transition, nous fûmes amenés à la pratique de prise de clichés avec nos appareils photos pour les uns et téléphones mobiles pour les autres  au bord de la piscine et dans le jardin de l’hôtel.

Bases de la retouche photo

Les photos capturées par nos différents appareils ont servi à attaquer directement les bases de la retouche photo, le module 3 confié également à Florent Banissa.

Le logiciel Adobe Photoshop Lightroom a permis aux participants de se familiariser avec les rudiments de la retouche photo, de l’importation de la photo prise, à son développement, aux palettes, aux effets possibles et aux différents réglages qui permettent de retoucher la photo à sa manière jusqu‘à son enregistrement. Plus pratique, ce module a permis aux participants de solliciter le formateur à la moindre difficulté au fur et à mesure que l’exercice de retouche évoluait. Un fait notable : ma machine m’a lâché ! J’y ai installé bien sûr le logiciel qui se fermait à chaque fois que je l’ouvrais. Je fus donc obligé de suivre les travaux chez mon coloc qui était juste à côté de moi. On était comme des inséparables.

C’est quoi un bon billet ?

Avant le déjeuner, Yannick Lawson, en prélude au module qu’il allait présenter le lendemain, a initié un débat d’une trentaine de minutes où il s’est agit pour nous d’énumérer les critères ou les qualités d’un bon billet. Les avis  étaient partagés. Le bon billet doit avoir un sujet pertinent, qui suscite un certain sentiment chez l’internaute et beaucoup de réactions (likes, partages sur les différents réseaux sociaux, commentaires, etc.) pour certains. Il doit également dépendre du style, du thème choisi, de la longueur du texte pour d’autres. Un bon titre, le ton, la photo illustrative ou tout contenu multimédia allant dans ce sens sont également des critères valables. Pour Y. Lawson, l’implication personnelle et l’opinion du blogueur, la satisfaction qui l’habite dans la rédaction de son billet ainsi que l’état psychologique du lecteur sont aussi déterminants. Nous tombâmes tous  d’accord sur le fait qu’il n’existe pas de critères immuables.

Les discussions portèrent également sur l’autocensure, la spécialisation ou la professionnalisation du blog, la possibilité de parler de plusieurs sujets sur un même blog par le truchement des catégories, la possibilité d’avoir plusieurs blogs si l’on dispose du temps et de l’énergie nécessaire, les idées de blogs innovants, les partages d’expériences, les conseils et comment faire des blogs collaboratifs.

Atelier vidéo et prise de son

Dans l’après-midi à 15 heures, c’était le moment du module 4, l’atelier vidéo et de prise de son animé par Steven Amouzou Af, réalisateur Togolais. Sa présentation a davantage porté sur la stabilité de l’image et, les différents plans (large, moyen, rapproché, gros plan).

Le plan large permet de décrire l’espace et l’environnement autour du sujet qu’on veut prendre comme cliché. Les plans moyens et rapprochés montrent les sujets en mouvement. Le gros plan fait parler le personnage et met l’accent sur un détail spécifique.  Pour le présentateur, la stabilité de l’image est très importante lorsqu’on veut faire de la vidéo.

Quatre éléments sont aussi importants dans la prise d’images : ce sont l’ISO -quantité de lumière qui rentre dans l’appareil ou la sensibilité de l’image- qui chamboule ou influe énormément dans la prise de l’image, le focal ou l’ouverture ou encore l’objectif, la vitesse d’obturation et l’équilibrage du blanc. Il a terminé le module sur le droit d’auteur appliqué à l’image.

Contraintes liées à l’organisation du Blogcamp228

Les organisateurs du BlogCamp228 à savoir Panoramique Créative et Hashtag.Com nous expliquèrent les contraintes liées à cette troisième édition notamment la difficulté de trouver des sponsors et partenaires techniques et financiers, contraintes résultant surtout du fait que les blogueurs togolais ne disposent pas d’une association légale qui puisse aller vers les potentiels partenaires. Ils sont également revenus sur les frais de participation que certains ont trouvé élevés par rapport aux éditions précédentes et ont sollicité la clémence des participants face  aux quelques imperfections ou couacs qu’ils auraient pu constater dans le déroulement du programme préétabli.

Tweetup228 : Le blog à l’ère du streaming

https://twitter.com/klinklinvi/status/774657369276055552

Le tweetup228 dont le thème était « Le blog à l’ère du streaming » a clos les travaux de la journée. La modération était assurée par Yannick Lawson qui  invitât  dès le début les twittos à définir les concepts du thème avant le débat proprement dit. Le blog est une plateforme web qui permet la publication de contenu (texte, images, son, gif, vidéos). Le streaming qu’on peut faire à travers des plateformes et applications comme Youtube, Facebook Live, Periscope, Snapchat et Netflix, est cette possibilité de visionner des vidéos en direct ou en différé. Le streaming, menace au blogging ? Faire du streaming est-ce faire du blogging ? Qu’est-ce qui définit la qualité d’un contenu ? Le blogueur doit-il forcément s’adapter au streaming et varier ses contenus ? Tous ceux qui produisent du contenu font-ils du blogging ? Voilà autant d’interrogations qui ont meublé les débats aussi bien houleux et constructifs qu’enrichissants.

Si certains estiment qu’une technologie nouvelle n’est pas forcément une plus-value, d’autres ont trouvé qu’il faut s’adapter aux progrès de la technologie en publiant sur son blog non seulement des textes illustrés de photos mais aussi des sons, des vidéos, etc. Les nouvelles technologies ne sont pas forcément une menace et peuvent venir en complément de ce qui existe déjà en termes de fonctionnalités dans l’animation du blog. Ne pas s’adapter n’est pas non plus une mauvaise chose en soi. Tout dépend de l’objectif poursuivi et des centres d’intérêts des uns et des autres. Le choix d’intégrer de nouveaux contenus sur son blog ou non est donc libre a conclu le modérateur.

Jour 3

https://twitter.com/ekoimapierrette/status/774877681666101248

Le dimanche et dernier jour du camp, nous étions tous dans nos t-shirts, blancs pour certains (comme moi) et bleus pour d’autres, à l’effigie du visuel de la 3ème édition de ce #BlogCamp228. Je faisais partie du lot des lève-tôt qui se trouvaient dans le hall de l’hôtel où le wifi est beaucoup plus fluide vers 6 ou 7h.  45 minutes après, on nous fit signe que le petit déjeuner était prêt et que nous  pouvions passer dans la salle. Devant le hall de l’hôtel, certains prenaient déjà des ego portraits de groupe en guise de souvenirs.

Contenu multimédia et référencement web

https://twitter.com/klinklinvi/status/774895644796416000

De la salle du petit déjeuner, nous passâmes directement à la salle de conférence où Foly Amouzou nous attendait pour le cinquième  et avant dernier module au programme : Contenu multimédia et référencement web. J’appris qu’il y a deux référencements web : le normal ou le naturel qui se fait à la base des titres des sites et le payant ou lien sponsorisé. Je pris également connaissance de quelques plugins SEO WordPress. Comme après chaque module, la traditionnelle série de question-réponse eut lieu.

Avant le dernier module, Cyrille Nuga nous fît un speech d’un quart d’heure sur : « Du blogging et du droit d’auteur ».

Prévu la veille, la visite chez le chef traditionnel Agokoli de Notsè s’imposait et nous nous mîmes en route non pas pour le rencontrer, mais pour voir un de ses représentants nous entretenir sur la muraille de Notsè. Je vous laisse vous faire votre petite idée là-dessus à travers les quelques tweets qui en ont parlés.

 

Atelier d’écriture

Pour boucler donc la boucle, nous passâmes au dernier module, « L’Atelier d’écriture » dont Yannick Lawson avait la charge. J’ai assez bavardé ! Je vous laisse apprécier la série de tweets qui retrace les points saillants de la présentation.

Une petite cérémonie de clôture a mis fin aux travaux. Nous fûmes invités séance tenante à rédiger un billet collectif sur cette troisième édition du #BlogCamp228. Un billet nourri de jeu de mots, de tournures alambiquées pour les non-initiés. Vous en jugerez vous-même !

Dans la seconde d’après, tout le monde ramassait ses clics et ses clacs aussi bien dans la salle de conférence que dans sa chambre. Certains copiaient des photos d’eux pris par ceux d’entre nous qui avaient des appareils photos, pour se souvenir, à n’en pas douter, des bons moments passés lors de ce #BlogCamp228.  Nous descendîmes tous avec bagages dans la salle à manger pour le dernier déjeuner avant le départ. De la pâte avec de la  sauce adémè que nous savourâmes autour des différentes tables était au menu.

Avant le départ, une séance de prise de selfies de groupe s’imposa, naturellement. Le téléphone de Mylène Flicka a été le  plus entreprenant et s’est taillé la part du lion.

https://twitter.com/MylneFlicka/status/774996929705050113

Sur le trajet  retour, ceux qui ne voulaient pas rentrer les mains vides ont pu, avec quelques arrêts, acheter des fruits et des légumes. Mais une heure trente voire deux heures après, on était déjà de retour à la station Sanol de Adido Adin. Les Béninois avaient encore du chemin à parcourir. Les taxis moto en place dans la station en quête de potentiels clients guettaient nos faits et gestes. Pendant ce temps, nous nous fîmes des adieux via des accolades, des étreintes, des bises et des promesses de se revoir bientôt pour tel ou tel projet.

Après une petite réunion avec Koko Saint Kokou et Lynk Florent pour parler justement d’un projet, je pris un taxi moto et rentrais à la maison, éreinté, mais avec le sentiment d’un week-end bien rempli et la tête pleine de résolutions par rapport à l’animation de mes blogs, leurs personnalisation surtout et une envie de mettre à profit tout ce que j’ai pu apprendre à travers les différents modules.


Le marketing de réseau? Non merci!

C’est vrai que les temps sont durs, que l’on prend de l’âge, qu’il faut prendre son destin en main, que ma vie actuelle n’est peut être pas reluisante et attirante. Le chômage, le sous-emploi, les boulots mal rémunérés ne font pas non plus de cadeau par les temps qui courent. Ce n’est pas non plus une raison pour dire oui à tout moyen pouvant nous permettre de subvenir à ses besoins comme le marketing de réseau.

Des méthodes de recrutement qui frisent le harcèlement

Tant que c’est positif, je n’ai a priori rien contre le zèle à tous les niveaux ou le marketing agressif. C’est quand ça frise le harcèlement que je développe une allergie contre ces méthodes. Comment peut-on demander à un être sensé de dire oui sans un temps de réflexion? Pourquoi l’acculer? Pourquoi l’intimider? J’estime qu’intégrer un réseau de marketing doit être un choix mûrement réfléchi. On veut peut être que je gagne ma vie, que je me développe, certes. Mais, le développement ne s’impose pas. Qu’on me laisse rentrer dans le réseau de mon plein gré. Je suis venu vous écouter. Je vous ai dit que j’y réfléchirai. Et vous osez débarquer chez moi à la maison. Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder mon allergie envers vos méthodes. Elles me rebutent, vos méthodes. Je vous avais en peinture. Vous aviez juste fait de le confirmer. C’est trop facile de devenir votre commerçant ou votre fond de commerce. Épargnez-moi vos discours sur le développement personnel. Et c’est pas sur ma tête que vous allez faire vos bénéfices!

Venu trop tard dans un monde à vous déjà vieux

Ils sont nombreux ces réseaux de marketing spécialisés dans la vente de produits cosmétiques, pharmaceutiques, de luxe, etc. qui pullulent à Lomé. Et ce sont ceux qui s’y sont intéressés les premiers, au tout début, les pionniers dans le genre qui en tirent le plus profit en prenant des ristournes ou des commissions sur les nouveaux venus dans le réseau et ainsi de suite. Je suppose que le réseau ou ces réseaux sont saturés, à bout de souffle et battent de l’aile car n’arrivant plus à convaincre les potentiels recrues. Par les temps qui courent, il est bien difficile de trouver une somme astronomique pour acheter un produit hyper coûteux et par la même occasion inciter son entourage à en faire de même.  A mon humble avis, ce monde est déjà trop vieux et hasarder y entrer serait une grosse bourde. Passez votre chemin!


Qualification du Togo à la CAN 2017 : pourquoi je n’y crois plus

Après deux journées disputées dans la poule A des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Gabon 2017 qui finissent ce weekend, le Togo, avec six (6) points, occupait la première place devant la Tunisie, le Liberia et Djibouti. Au terme des troisièmes et quatrièmes journées, les éperviers se retrouvaient troisièmes juste devant Djibouti, venu lui distribuer tel un guichet automatique des points dans le groupe. A l’issue de la cinquième et avant-dernière journée, le statu-quo a demeuré.

« L’essentiel c’est de faire un gros match contre Djibouti et d’attendre le score de Tunisie – Liberia. (…), nos chances de qualification sont très minces, mais il est toujours permis de rêver ». (Claude Le Roy)

Et les éperviers n’ont plus leur destin en main. Leur qualification pour le Gabon ne dépend plus de leurs propres performances. Le Togo devra battre dimanche, lors de la dernière journée Djibouti. Mais, cette victoire ne suffirait pas. Le Togo pourrait prétendre avec, à une place de meilleur deuxième. Une hypothèse qui tient de moins en moins la route lorsqu’on sait que la sélection A du Togo aura un nombre de points (11) que certaines équipes ont déjà dans d’autres poules avant même de disputer l’ultime journée. De ce côté, les chances du Togo sont vraiment minces. Très très minces même, selon Claude Le Roy, le sélectionneur du Togo.

Une petite lueur d’espoir

Le scénario idéal et parfait, qui est presque une gageure, serait un match nul et vierge entre tunisiens et libériens à Tunis lors de la sixième journée. Le Togo passerait, à égalité de points (11) avec tunisiens et libériens, à la tête de la poule à la faveur des buts qu’il a marqués lors de ces déplacements à l’extérieur.

Ce sera sans compter sur l’envie des aigles de Carthage d’aller à la CAN. C’est oublier les circonstances dans lesquelles ils ont été accueillis à Monrovia (capitale du Liberia). Ils se sont plaints tout comme les Togolais, qui contrairement aux Aigles, ont évité la défaite en arrachant un match-nul deux buts partout (2-2). Depuis, les Tunisiens ruminent cette déconvenue et attendent de pied ferme les Lone Stars du Liberia. Comment peut-on imaginer un match pareil sans but ? Je ne doute un seul instant de l’envie des deux équipes d’aller à la CAN Gabon 2017. Elles ont leur destin en main et sauront a priori comment s’y prendre pour y parvenir. Le football, cependant, réserve bien des surprises ! Un match nul résultant d’un score nul 0-0 en est un. Comment le Togo peut-il espérer un tel score s’il , et comme on peut le constater, n’est pas un acteur direct ou un protagoniste de ce match ? Prier, commander des messes, consulter des marabouts, des féticheurs suffirait ? Malin qui pourra trouver la formule magique. Pour le confrère Yves de Fréau de Radio Metropolys, le Togo, et cela paraît si drôle, devra constituer une équipe nationale, de prêtres, de féticheurs et de marabouts qui devra trouver les voies et moyens pour rendre muettes les attaques tunisiennes et libériennes lors de l’ultime journée.

En attendant, rêvons comme le suggère le coach très expérimenté du Togo qui, en prenant la tête des éperviers à l’issue de la quatrième journée et sentant déjà la tâche compliquée, avait pour mission de qualifier le Togo pour la CAN… 2019.

 


JO 2016: Le Togo revient avec 2 records… nationaux battus aux jeux de l’improvisation

La délégation togolaise (5 athlètes et 14 dirigeants) est rentrée hier (25/08/2016) des Jeux Olympiques (JO) de Rio avec dans sa gibecière deux titres olympiques en natation remportés par Katie Ledecky et Micheal Phelps. Que dis-je? Pardon! Ce sont des américains. J’ai oublié. Trou de mémoire! Quel impair!

Un 2/5

La délégation est bien rentrée, bredouille, comme elle est partie sans ambitions, sans motivation, pataugeant dans une improvisation à haute dose. Elle s’est donc évertuée à rester fidèle à Pierre de Coubertin pour qui l’essentiel est de participer. Que dis-je? Encore un trou de mémoire! Les 5 athlètes togolais avaient une mission bien définie : celle de battre leurs records nationaux. Deux d’entre eux y sont parvenus. Il s’agit des nageurs de la délégation, j’ai nommé Eméric Kpegba et Mlle Rebecca Kpossi (50 mètres nage libre homme et dame). Vous comprenez donc logiquement que j’ai pu les confondre avec les deux mastodontes de la natation mondiale. Je l’avoue quand même, il faut comparer des choses comparables. Passons !

Qui a donc dit que les athlètes togolais étaient rentrés bredouilles? N’ont-ils pas fait de leur mieux vues les conditions dans lesquelles ils se sont préparés? Je tire plutôt chapeau à eux et plus particulièrement aux deux nageurs car dans mon pays, il n’y a pas de piscine olympique. Ils se sont débrouillés dans des piscines de quelques hôtels de Lomé.

Le bilan de la délégation togolaise a des allures de défaite annoncée et programmée. Doit-on parler de bilan pour des athlètes qui ont été invités pour la plupart et ne devaient remporter aucun titre olympique? Qui ne devaient faire que de la figuration et rester fidèle à Pierre de Coubertin? Ne doit-on pas plutôt s’en prendre aux autorités sportives de mon pays? Qu’ont-ils fait pour que ces athlètes puisent ramener des médailles du Brésil?

Un réel manque d’investissements

En 2015 par exemple, pour la préparation et la participation des fédérations nationales aux compétitions continentales et internationales, l’Etat, par le truchement du Ministère en charge des sports, a subventionné Toutes les fédérations d’une somme de 850 millions de FCFA. C’est pratiquement le même montant en 2016. Le Comité Nationale Olympique Togolais (CNOT) a bénéficié la même année (2015) de 20 millions de FCFA. 15 millions pour le Centre Régional d’Athlétisme de Lomé (CRAL). Quand on sait les moyens énormes qu’exigent le sport de haut niveau, on peut considérer ces sommes comme une goutte d’eau dans la mer. Et comme on pouvait s’y attendre, toutes les fédérations n’ont pu organiser les championnats et jeux nationaux (que 25%). « L’Etat n’a pas les moyens » me dira t-on.

C’est que l’Etat ignore qu’il y a une géopolitique du sport qui « est la guerre moins les fusils » selon Pascal Boniface. « Le sport en général, poursuit P. Boniface cité par Anthony Bellanger dans l’émission Géopolitique sur France Inter, et les Jeux Olympiques en particulier sont cette occasion unique rare dans le monde où le monde entier admire et s’identifie avec des jeunes femmes et hommes qui n’ont ni la même couleur de peau ni la même religion ni la même nationalité ». Anthony Bellanger donne par ailleurs la recette pour réussir aux Jeux Olympiques. « Pour réussir aux JO, dit-il, il faut les moyens. Il faut une forte implication étatique par le biais d’une éducation nationale forte. En plus il faut une stratégie sur le long terme. Des petits pays pauvres peuvent tirer leur épingle du jeu en se concentrant sur une discipline. C’est le cas de la Jamaïque avec l’athlétisme ou de l’Ethiopie ou du Kenya avec les coureurs de fond ». Avoir l’armée la plus puissante du monde ne garantit de bons JO et une kyrielle de médailles. « Ce sont les pays qui investissent le plus dans le sport et dans l’éducation des jeunes qui s’en sortent le mieux et pas ceux qui ont les plus gros canons et l’armée la plus affûtée » concluait A. Bellanger.

Dans le cas du Togo, je pourrai dire que ce n’est pas le pays qui brille le mieux par l’improvisation, par un manque criard de moyens à investir dans son sport et demande tout le temps à ses athlètes de faire des miracles qui s’en sort le mieux. J’espère ne pas vous reproduire le même billet au lendemain des JO d’été Tokyo 2020…

 


Suis-je un déraciné?

Comme beaucoup de jeunes de mon âge ou de ma génération, je suis né à Lomé. Pas dans le village où sont censées se trouver mes origines, le village  de mon père. Nous ne sommes pas non plus nombreux à avoir un réel lien avec ce village d’origine où je suis allé qu’une seule fois d’ailleurs, quand j’avais huit ou neuf ans. D’autres n’y vont qu’une seule fois par an à l’occasion des fêtes traditionnelles. Suis-je pour autant un déraciné? N’est-on pas tout simplement de là où on vit?

A chaque fois que j’affirme n’être allé dans mon village d’origine qu’une seule fois, je suscite, en plus d’être regardé de haut, la moquerie et l’étonnement. « Tu es perdu » ou « Tu es déraciné »  me rabat-on constamment les oreilles. Parfois même, on me dit sur un ton ironique qu’il me manque beaucoup de choses et que pour y remédier, des cérémonies dans ma localité d’origine s’imposent. Car tous les stéréotypes, les clichés et préjugés dont sont victimes les gens de mon village d’origine sont pratiquement inexistants chez moi. Ce qui s’apparente pour certains à une anomalie. Pourquoi voudrait-on que j’agisse comme les gens d’un village où je ne suis pas né et où je n’ai jamais vécu? Moi je suis né à Lomé, avec d’autres réalités, un environnement et un entourage littéralement différents. Moi qui suis et continue d’être exposé, moulé et formaté  par ce que j’entends autour de moi, à la radio, ce que je lis dans la presse ou sur Internet et ce que je regarde à la télé.

Partant du principe que l’on est originaire que de là où l’on a forgé sa façon de penser, de voir le monde et d’appréhender les choses, je me considère comme un loméen à part entière car j’y suis né et je continue à y vivre, dans différents quartiers, au gré des circonstances. Mon village d’origine m’importe peu. Je ne m’y identifie guère! Cela peut choquer et je le concède! Loin de renier mes « origines », je dirai que je suis  » un déraciné » qui s’assume et je suis fier de le dire! Si je suis déraciné comme l’affirment certains, parce-que n’ayant pas de réels liens avec mon village d’origine, je peux dire que je suis plutôt enraciné à Lomé, ma ville de naissance et d’origine. Là ou toutes les cultures du Togo, de l’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique et du monde se retrouvent. Je suis le produit de ce melting-pot.


Ce que je pense de la TVT

Le 31 juillet dernier, la Télévision Togolaise (TVT) que ma collègue blogueuse Pierrette Ekoima compare à la peste fêtait ses 43 ans d’existence. Le contribuable et téléspectateur que je suis et qui aime porter un regard critique sur la chaîne, se permet ici de dire ce qu’il pense de la première, notre télévision nationale. Mon argumentaire sera axé sur les problèmes techniques, le contenu du Jt et la dépendance de la chaîne vis-à-vis du pouvoir en place. Mais également, les défis qu’elle devra relever pour soigner sa cote de popularité.

Trop de problèmes techniques

« Le matériel de la TVT est digne d’un musée » nous répétait un de nos enseignants sur le campus universitaire de Lomé. Cette affirmation peut paraître a priori sévère et sans concession. Mais, à y voir de plus près, cet avis est plus que juste. Sinon comment comprendre tous ces ratés techniques lors des Journaux télévisés (Jt) et des émissions ? Combien de fois n’a-t-on pas vu ces présentateurs de Jt ou ces animateurs d’émissions avoir l’air embarrassé lorsqu’après avoir lancé un reportage ou un élément, ils continuent par apparaître sur les écrans de leurs téléspectateurs comme le dimanche dernier (14 août 2016) lors du Jt de 13 heures ? Certains sujets n’ont pu être tout simplement diffusés. La honte ! Et ils sortent la formule toute faite : « Des soucis techniques pour retrouver cet élément. Nous y reviendrons dans le cours de cette édition ou dans nos prochaines éditions» ou alors « On s’active à la partie technique pour retrouver cet élément ». C’est à croire que la transition de l’analogie au numérique n’est pas encore d’actualité à la TVT qui est quand même sur satellite et donc visible dans le monde entier. il faudra qu’elle mette en marche ses neuf sites d’émetteur numériques, interconnecter les sites en fibres optiques, acquérir des caméras numériques pour une production et une diffusion en numérique de qualité.

Des JT trop soporifiques à mon goût

Pour les amateurs d’informations institutionnelles, la TVT reste à n’en pas douter le meilleur canal. Idem pour les friands de compte rendu d’ateliers, de séminaires, de colloques, etc. Ils ne doivent sous aucun prétexte rater les Jt de 20 heures de la chaîne. Un Jt que je trouve soporifique. Le contenu selon moi, n’a souvent aucun rapport avec le panier de la ménagère ou le quotidien du togolais lambda. On ne dit pas clairement quels effets ou impacts ces genres de rencontres ont sur notre quotidien. Et lorsqu’il arrive parfois que des dossiers soient proposés au cours de ces Jt, ces dossiers sont souvent bâclés, pas assez documentés et souffrent d’un manque criard de personnes ressources. Au terme de ces Jt qui peuvent prendre des allures de longs métrages -on vous expliquera que c’est compte tenu de la densité de l’actualité, comme si on ne pouvait pas trier les informations et prioriser celles qui doivent passer dans le Jt- on ne retient pratiquement rien. Tout ceci donne du grain à moudre à ceux qui suivent la chaîne trois voire quatre fois par an essentiellement à l’occasion de Miss Togo, des discours souvent creux du chef de l’Etat à la veille des fêtes de l’indépendance et du nouvel an.

Une télé sous le joug du pouvoir en place

J’ai toujours comme l’impression que la TVT reste à la solde du pouvoir, qu’elle n’a pas les coudées franches, qu’elle reste un instrument de propagande, de déification ou de culte de la personnalité. Il se dit même que les journalistes de la chaîne sont malgré eux des griots du pouvoir. Il leur est difficile de porter un regard critique sur l’action gouvernementale au risque de commettre un crime de lèse-majesté. Ce serait comme uriner dans le puits où l’on s’abreuve ou scier la branche sur laquelle on est assis. Tant que la TVT continuera de dépendre financièrement de l’Etat que l’on peut confondre au pouvoir en place, il sera difficile aux journalistes de la chaîne de faire du vrai journalisme empreint d’objectivité ou d’impartialité. Devenir un office comme d’autres télévisions de la sous-région pourrait être une sérieuse option pour une éventuelle autonomie.

Droit aux retransmissions des matches des éperviers en déplacement

Enfin un dernier argument et non des moindres pour l’amateur de foot que je suis : je vis mal ou je trouve anormal la non retransmission des matches de l’équipe nationale de football, je veux parler des éperviers, lorsque que ces derniers jouent à l’extérieur du pays des matches amicaux ou des confrontations des éliminatoires des compétitions internationales comme la CAN ou la Coupe du Monde. En lieu et place l’on est obligé de se farcir les commentaires -qui laissent à désirer- sur les radios publiques. Des commentaires que je déconseillerai vivement aux cardiaques ! Les droits télé coûtent si chères ? Le sport est-il vraiment une priorité dans mon pays ? N’avons-nous pas droit à l’information, qui plus est sportive ?

Sans ambages, je peux dire que la TVT n’a pas une côte de popularité assez élevée auprès de la population. Pour y remédier, elle devra tôt ou tard dépendre moins financièrement de l’Etat, trouver les voies et moyens d’augmenter ses ressources propres, renouveler son matériel et en avoir plus, procéder à un recyclage périodique de son personnel et procéder à une refonte totale de son fonctionnement. Elle devra également accroître son taux de couverture médiatique du territoire national qui était en 2015 de 65%.

La construction de son nouveau bâtiment, censé finir en décembre 2016, le changement de son transformateur qui est en cours sont entre autres quelques unes des actions allant dans le sens de sa modernisation.

 


Gbadago, le féticheur venu de Lébé

Connu comme l’un des quartiers les plus populaires de Lomé, Tokoin Gbadago ou Gbadago a commencé à être peuplé vers la fin des années 30 où les loméens ont vu atterrir pour la première fois un avion à l’Aéroport de Lomé qui se situait de 1931 à 1945 à l’emplacement de l’actuel CHU Sylvanus Olympio-ex CHU Tokoin.

A l’époque, Lomé était limitée au nord par Tokoin qui était une grande forêt, au sud par le littoral, à l’ouest par Aflao et à l’est par la cocoteraie. Déplacés en masse pour cet évènement historique qu’était l’atterrissage de ce premier avion, les habitants de la capitale se sont rendus compte que la zone de Tokoin était habitable. Et Gbadago, féticheur de son état était l’un de ses tous premiers habitants.

« Gbadago (…) est venu de Lébé, de la préfecture du Zio, à côté d’Abobo. (…) Il est venu s’installer d’abord à Ahanoukopé, avec son couvent et ses adeptes » racontait dans le Tome I de Si Lomé m’était contée[1] , Etienne Dékpo, ancien cheminot aux Chemins-de-fer du Togo, né à Glidji en 1911 et venu à Lomé en 1930.

A l’époque ou Gbadago s’insatallait à Ahanoukopé – aujourd’hui Hanoukopé, le quartier n’était pas ou peu peuplé. Il le sera à partir de 1928-1930[2] et Gbadago était obligé de chercher un autre coin. C’est ainsi qu’il se dirigea vers Tokoin, qu’on pourrait traduire par « plateau », avec l’accord de Jacob Adjallé, chef d’Amoutivé de 1907 à 1943. « Quand vous vouliez venir ici, vous alliez voir le chef Adjallé, qui vous donnait une parcelle, avec l’accord de Gbadago » soulignait par ailleurs M. Dékpo.

[1] Yves Marguerat et Tchitchékou Péléï, « Si Lomé m’était contée… », Dialogues avec les vieux loméens, Tome 1, PUB, 1992.

[2] Par les fonctionnaires mariés et pères de famille de l’époque.


Mes featurings avec les chiottes

Je ne dirai pas que j’adore les chiottes. Mais je peux y aller 4 à 5 fois voire plus par jour à la maison comme au boulot. Surtout après avoir mangé une nourriture (Kom ou Yébéssé Sessi) assez pimenté. Le piment et mon ventre ne font pas bon ménage. C’est à croire que leur rencontre produit un cocktail molotov hyper explosif. Jugez-en vous-mêmes! J’ai beau faire des analyses de selles, prendre des médicaments contre les vers. Rien n’y fit. Mes featurings ou collaborations avec les chiottes continuent de plus belle.

Malgré tout ça, je vais reconnaître un brin que ça me botte d’y aller quand même. Parce que d’abord, c’est jouissif! Vous ne pouvez imaginer le pied que je prends quand j’élimine mes selles. Quoi de plus normal que de se débarrasser des déchets de son corps! Je me sens léger comme un camion qui venant de se décharger de sa marchandise se sent d’attaque pour en prendre une autre. Je me plais aussi à dire que c’est parce que mon sang travaille bien que mes voyages aux chiottes sont si fréquents. Ensuite, je ne sais si vous l’aviez aussi remarqué: quand je suis au WC, je remarque souvent que la connexion qu’elle soit wifi ou 3G, est hyper fluide et ultra rapide. Il peut donc m’arriver de passer plus de 30 minutes voire une heure aux chiottes juste pour cette raison même après avoir libéré les selles de mon corps. Enfin, avec mes allers-retours aux chiottes que je considère comme des featurings, imaginez le nombre d’albums, avec au bas mot 5 titres ou morceaux par jour, que je peux sortir. Je deviendrai un artiste planétaire. Je rivaliserai même avec les plus grands de ce monde à l’instar de Carlos Santana. Beaucoup m’envierait même pour ma créativité si prolifique et foisonnante.

Retenez tout simplement qu’entre moi et les chiottes, c’est une grande et intense histoire d’amour. A tous mes proches, amis et collègues qui s’étonnent de nous voir si liés, les chiottes et moi, de faire profil bas et de croire que le vrai amour existe toujours.


Bè, le village des chasseurs ou la cachette des Adja venus du Dahomey

Connu comme l’un des quartiers populaires de Lomé, Bè devrait son existence à Dzitri, le supposé fondateur de la ville de Lomé. « Des documents allemands et un article de l’administrateur Nativel (1933) sont à l’origine des traditions rapportées (…) qui situeraient au XVIe siècle l’installation du chasseur Djitri à l’emplacement de l’ancien Zongo » écrivait Robert Cornevin[1] dans le mensuel du Golfe du Bénin de septembre 1984, Togo Dialogue[2]« Dzitri, en effet s’établit à un endroit qu’il dénommait « Alomé », d’après des arbres qui végétaient à l’emplacement où fut construite sa première case et dont les fruits sont dits « alo » en langue Ewe. « Alomé » signifiait donc au milieu des alos »: « Alomé » perdra plus tard son initiale « A » [pour devenir Lomé], explicite le premier historien togolais le Révérend Père Henri Kwakumé cité par Yves Marguerat de l’ORSTOM[3] dans « Les deux naissances de Lomé: une analyse critique des sources »[4]. « En s’y établissant, poursuit RP Kwakumé[5], le chasseur Dzitri escomptait être à l’abri des animaux féroces dont toute la région côtière était infestée en ce temps-là ». Mais plus tard, il sera confronté à un autre problème : celui de l’agrandissement de sa famille.

« (…) Craignant que leur nouvel habitat ne fut découvert à la longue par leurs ennemis, les dahoméens firent une loi de ne jamais parler à haute voix, ni de tirer des coups de fusils, ni de s’amuser en dansant aux sons du tam-tam (…) »

C’est ainsi qu’il fonda « Adelatô » qu’on pourrait traduire par « quartier ou village des chasseurs » pour son fils aîné Aglê comme le soutient H. Kwakumé. Les versions divergent sur la paternité du fondateur de « Adelatô ». Selon Robert Cornevin, c’est Aglen lui-même qui fonda Bè. « La famille de Djitri s’accroissant, son fils aîné Aglen va fonder Adelanto » justifie-t-il. Fuyant le Dahomey ou Grand Popo pour motifs de guerres, des Adja vinrent se réfugier à Adelanto chez Aglen. Ce dernier les accepta après l’accord de son père Dzitri. « (…) Craignant que leur nouvel habitat ne fut découvert à la longue par leurs ennemis, les dahoméens firent une loi de ne jamais parler à haute voix, ni de tirer des coups de fusils, ni de s’amuser en dansant aux sons du tam-tam (…) » explique le premier historien togolais. C’est donc la raison pour laquelle Aglen a surnommé Adelanto « Bè » (Cachette).  Adelatô était aussi surnommé « Badefe, badekpa ». Ce qui veut dire à en croire H. Kwakumé : clotûre où l’on ne parle qu’à voix basse. Robert Cornevin a comme d’habitude, si on peut s’exprimer ainsi, une autre version de la signification de ce second surnom. Il parle lui de « Bè Badépi Badakpa »: « Faites tout ce que vous voulez sans peur, je suis là pour vous défendre ». Aglen aurait donc dit cela aux Adja. Mais c’est bien Bè que Adelatô gardera comme nom jusqu’à aujourd’hui.

Héberger les réfugiers Adja venus de grand Popo ne sera pas sans conséquences pour Dzitiri et son fils aîné. Mais, on va s’arrêter là. Ces conséquences feront l’objet d’un autre billet ultérieurement.

[1] Ex Secrétaire Perpétuel de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer.

[2] Robert Cornevin. Au sujet des origines de Lomé, Togo Dialogue, N°92, 1984.

[3] Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, aujourd’hui remplacé par l’IRD (Institut de recherche pour le développement)

[4] Les deux naissances de Lomé : Une analyse critique des sources. In : Gayibor N., Marguerat Y. Nyassogbo K. (ss. dir. de) 1998 : Le centenaire de Lomé, capitale du Togo (1897-1997), Actes du colloque de Lomé (3-6 mars 1997), Collection « Patrimoine » n°7, Lomé, Presses de l’UB, pp.59-77.

[5] « Premier prêtre natif du Togo, ordonné en 1928, décédé en 1960, il publia d’abord ses études dans des articles de la revue catholique en éwé Mia Holo, dans les années 1930, puis les reprit en livre en 1984 » (Yves Marguerat).


Stephen Keshi, merci pour ces moments !

Il était 6h30 ce mercredi matin quand je sortais de la maison pour aller au boulot. Et comme j’ai pris l’habitude (tel un rituel depuis un moment) je branchais mes écouteurs à mon smartphone et j ‘allumais la radio RFI pour écouter l’une des éditions d’Afrique Matin. Le choc : je fus envahi par un sentiment d’immense tristesse lorsque le premier titre du journal annonça ton décès. La fédération nigériane de football, ta féderation, avait donné la nouvelle via deux tweets. Un malaise cardiaque a donc mis fin à tes 54 années sur terre.

Je me souviens comme si c’était hier de cette campagne des éliminatoires couplés des Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et Mondial 2006 où tu as qualifié avec brio et contre toute attente les éperviers du Togo pour la prestigieuse compétition africaine de football et pour la grande messe du football mondial.

Je voudrais m’arrêter comme on observe une minute de silence pour un illustre disparu, et tu l’es, Stephen Keshi, puisque c’est de toi qu’il s’agit. Je voudrais te dire merci pour ces moments inoubliables, ces moments d’euphorie que tu nous a fait vivre lors de ton premier passage à la tête des éperviers entre 2004 et 2006.

Durant cette période tu as écrit les plus belles pages du football togolais. Tu as mené les plus merveilleuses batailles à la tête des éperviers. Je me souviens d’abord de cet après-midi de ce 19 juin 2004 au stade de Kégué où nous avons terrassé les lions de la Téranga du Sénégal trois buts à un (3-1). Nul ne vendait cher notre peau après notre défaite inaugurale, le 4 juin 2004, en Zambie face au Chipolopolos pour le début de ces éliminatoires des CAN et Coupe du Monde 2006. Encore moins, face à des sénégalais quarts de finalistes du Mondial Corée du Sud-Japon 2002 et qui voulaient coûte que coûte se qualifier pour l’Allemagne. C’était sans compter sur ton envie et ton ambition de qualifier le Togo pour le Mondial allemand. Tu étais le seul d’ailleurs à y croire ! Il se raconte que le président de la République Togolaise t’avait juste demandé de qualifier l’équipe pour la CAN 2006 qui s’est déroulée en Egypte. Tu lui avais dit que tu pouvais faire plus, que la Coupe du Monde était ton ultime objectif. Ainsi, Henry Camara, El Hadj Diouf, Tony Sylva et leurs coéquipiers n’ont pas résisté face à la bande à Adébayor, Sénaya Junior et Agassa Kossi. Les sénégalais ont été les premiers à subir les foudres de tes ambitions de coupe du monde.

Je voudrais m’arrêter comme on observe une minute de silence pour te dire merci pour ces moments inoubliables.

Je me souviens ensuite de ce match retour, le 26 mars 2005, à Bamako face aux Aigles du Mali où nous étions menés un but à zéro (1-0) jusque dans les derniers instants du match. Battu petitement un but à zéro (1-0) à Lomé, les maliens se devaient de réagir et de prendre leur revanche. Même si j’avais un petit espoir qu’on allait au moins obtenir le match nul,pas un seul instant je n’ai imaginé imaginé qu’on allait réaliser le holdup parfait, qu’on allait retourer la situation et terminer par une victoire plus que délicieuse de deux buts à un (2-1). Ici également, tu as surpris tout le monde avec cette victoire à l’arrachée face à ce Mali des Mamadou Diarra et Seydou Keita.

Je voudrais m’arrêter comme on observe une minute de silence pour te dire merci pour ces moments inoubliables.

Je me souviens aussi de ce match retour, à Dakar au Stade Léopold Sédar Senghor ce 18 juin 2005, où les sénégalais nous attendaient de pied ferme après le trois-un (3-1) à eux infligés à Lomé. Ils devaient laver l’affront et se repositionner dans la course au Mondial. Je me souviens alors de cette frappe surpuissante de Olufadé Adékanmi dans la lucarne de Tony Sylva pour l’ouverture du score. Le Togo menait alors 1-0. Ce fut un match de toutes les sensations car après ce but, le Sénégal égalisa et pris l’avantage en menant 2-1. Mais les éperviers blessés dans leur amour propre et animés par la hargne de revenir au score ont tout essayé. Et grâce à la paire Shéyi Emmanuel Adébayor-Sénaya Junior, le Togo égalisa sur un but d’école et d’anthologie. Nous arrachâmes le match nul. Un match nul aux goûts de victoire pour nous et de défaite pour les sénégalais.

Je voudrais m’arrêter comme on observe une minute de silence pour te dire merci pour ces moments inoubliables.

Je me souviens enfin de cet ultime match de ces éliminatoires où le Togo s’est déplacé à Brazzaville, le 7 mai 2005, pour affronter les diables rouges. L’enjeux de ce match était simple mais il était aussi une forte pression pour les éperviers. Nous avions notre destin en main. Nous devions gagner pour éviter les calculs et se faire coiffer au poteau par le Sénégal. Mais que ce fut dur ! Nous fûmes menés au score deux fois. Nonobstant ces deux coups au moral, tes joueurs ont tenu bon. Nous arrachâmes la victoire, synonyme de qualification pour la coupe du monde 2006, sur un but de Koubadja Kader. A la fin du match, ce fut la liesse à Lomé. Malgré la pluie et le délestage, les rues étaient bondées de monde. Tous s’embrassaient, criaient de joie, se disaient fiers d’être togolais.

Je voudrais m’arrêter comme on observe une minute de silence pour un illustre disparu, et tu l’es, Stephen Keshi, puisque c’est de toi qu’il s’agit, pour te dire merci pour ces moments inoubliables, ces moments d’euphorie que tu m’as fait vivre lors de ton premier passage à la tête des éperviers entre 2004 et 2006.

C’est toi Stephen Keshi qui nous a offert tout ça ! Le Togo venait de se qualifier pour une première fois à une coupe du monde de football. Le lendemain fut chômé et férié sur toute l’étendue du territoire national. Au cours de tous les matchs que nous avions joués tout au long de ces éliminatoires à domicile, nous avons tu nos divergences politiques, ethniques, religieuses, idéologiques et que sais-je encore ! C’est dire combien tu as été important pour notre pays. Même si tu n’es pas toujours resté au Togo , même si tu es revenu une deuxième fois (2007-2008) puis une  troisième fois (2011) pour chapeauter les éperviers parce qu’on t’a viré au lendemain de la CAN 2006 (officiellement pour mauvais résultats) et que tu as vu tes joueurs évoluer sur les pelouses allemandes à la télé, Stephen Keshi, tu m’as suffisamment prouvé que tu as aimé mon pays le Togo qui ne t’a pas aimé à la même mesure en retour et je ne veux me souvenir que des moments que tu m’as fait vivre. Je veux juste te dire Stephen Keshi ou Big  Boss : Thank you for this wonderful moments!

 


Connaissez-vous bien Lomé ?

Autrefois surnommée la belle et ironiquement à tort ou raison jusqu’à une période récente la poubelle, Lomé, la capitale du Togo peut derechef se targuer de retrouver ses lustres d’antan tant elle s’agrandit dans sa partie nord avec de nouveaux quartiers reliés par de nouvelles infrastructures routières. Des infrastructures qui économiquement facilitent la circulation des biens et des personnes et le long desquelles, s’érigent des boutiques, des bars, des supermarchés, des boites de nuit, des restaurants, des succursales de banques, des revendeurs et revendeuses de tout genre, etc. Ce qui change littéralement le quotidien des riverains qui n’ont plus besoin d’aller jusqu’au centre ville pour accéder aux produits de premières nécessités, faire du commerce, se faire plaisir et beaucoup d’autres choses encore. Mais, savons nous comment le Lomé du passé s’est-elle construite? Quelle a été sa première rue goudronnée? Quand l’électrification de ses principales rues a-t-elle débuté? Où se trouvait l’aéroport de 1931 à 1945? Quand la Cathédrale a été construite?

Voici dix choses que vous deviez savoir sur Lomé:

  1. Elle devient la capitale du Togo en 1897 ;
  2. De 1931 à 1945, l’Aéroport de Lomé était à l’emplacement de l’actuel CHU Sylvanus Olympio (ex CHU Tokoin) ;
  3. Le Palais des Congrès situé au quartier administratif s’appelait « la maison du RPT »;
  4. L’avenue Maréchal Foch qui mène vers le Grand marché et qui passe devant la Cathédrale de Lomé a été la première rue goudronnée de Lomé par un ingénieur du nom de Gustav en 1947 ;
  5. La Cathédrale de Lomé, 1ère église catholique de Lomé, a été construite entre 1901 et 1902 et consacrée le 02 septembre 1902 ;
  6. Le titre d’Archevêque de Lomé a été créé officiellement en 1955 ;
  7. L’Ecole Nationale d’Administration (ENA) en face de la Grande Poste abritait les locaux du Lycée Bonnecarrère construit entre 1927-1928 ;
  8. L’électrification des principales rues de Lomé commença dès 1927 ;
  9. Le quartier Amoutivé était surnommé le « petit Bè » ;
  10. L’actuelle avenue du 24 janvier avait pour dénomination « Sanguera Strasse ».

 


La  classe wifi « Yangzhilong »

Je les voyais, courant 2013, adossés au mur de cette maison située dans le quartier Bè-Château (au sud de Lomé), les yeux rivés sur leurs téléphones intelligents, leurs iPad qu’ils tenaient en main, et sur leurs ordinateurs portables posés sur leurs genoux ou sur leurs motos. Silencieux parfois, bavards aussi, ils pouvaient s’esclaffer et créer un vacarme pas possible. Même à des heures tardives. Eux, c’était les « élèves » de ce que j’appelle la « classe wifi » dite « Yangzhilong » du nom du propriétaire chinois du réseau wifi dont la classe se servait. Avant de vous dire comment nous nous sommes rencontrés, cette classe wifi et moi, je trouve important de vous donner ma définition d’une classe wifi.

Une « classe wifi », qu’est-ce que c’est ?

Une classe wifi est un rassemblement ou un regroupement spontané, régulier ou continu, de jeunes (filles comme garçons) qui squattent, utilisent ou se connectent à un wifi auquel a priori ils ne sont pas censés avoir accès. Il s’agit parfois de wifi souvent codés de particuliers, comme dans mon cas, de sociétés, d’entreprises, d’institutions, de grands hôtels, etc. Il suffit que l’un des élèves ait le code d’accès par une connaissance. Le code devient du coup un secret de polichinelle et se répand comme une traînée de poudre. La durée de vie d’une classe wifi peut être courte, moyenne ou longue. Si le nombre d’Internet addicts qui se connectent au wifi croît de façon exponentielle, s’ils deviennent trop encombrants, trop bruyants et trop gourmands en étant connectés même au-delà de minuit autour des maisons, derrière ou devant les hôtels, les entreprises et grandes institutions, le code d’accès est changé et la classe wifi se disloque d’elle-même.

Ma première connexion au wifi « Yangzhilong »

Passé plusieurs fois devant cette classe wifi sans avoir eu le courage et la volonté d’approcher un des élèves en vue d’avoir le code d’accès, parce ce que me disant que je pouvais me passer d’une connexion wifi à l’air libre, debout, assis sur une brique ou accroupi, que je pouvais souscrire aux différents forfaits internet très coûteux de l’opérateur national de téléphonie tranquille à la maison et que je n’avais nullement besoin de squatter un wifi, j’étais condescendant et un brin paternaliste voire moqueur envers cette classe.

Mais un soir, rentrant d’une réunion d’église, et passant encore devant eux et parce que je devais mettre à jour certaines applications sur mon téléphone-étant donc dans le besoin-, je pris mon courage à deux mains et me dirigeai vers un jeune homme du groupe. Adossé au mur de la maison d’où venait le wifi, je lui demandai gentiment, après avoir activé le wifi sur mon téléphone, s’il pouvait me donner le code d’accès du wifi Yangzhilong que mon smartphone venait de détecter. Il répondit favorablement à ma demande. Je devais taper Yangzhilong en lettres capitales.

Pendant ce temps, les autres élèves de la classe surfaient allègrement. Aucun d’eux, je crois, ne fit attention à moi. Je restai connecté, si ma mémoire est bonne, pendant plus de 2 heures avec des allers-retours entre ma boîte mail, whatsapp et mon application d’informations sportives préférée. Je rentrai ce jour chez moi au-delà de 22 heures.
Les jours qui suivirent, je faisais partie des tous premiers qui venaient en classe. Dès que je rentrais du boulot, je répondais présent dans la classe Yangzhilong. Tel un virus qu’on m’avait inoculé, j’en étais devenu accroc. Ma contamination a été plus que rapide. Car économiquement, cela m’arrangeait! Plus de forfaits internet qui coûtent les yeux de la tête et la peau des fesses ! J’étais connecté au wifi du boulot toute la journée et le soir au wifi Yangzhilong. Je ne pouvais pas espérer mieux !

Ma régularité me fit faire plusieurs connaissances dans le groupe. Je m’étais habitué à certains. On pouvait causer de tout et de rien, se partager des applis, des chansons et parler de nos petites conquêtes, les filles que l’on draguait sur Whatsapp et Facebook. La majorité de la classe était masculine. Les filles se faisaient rares. Certains membres de la classe qui se connaissaient assez, organisaient de petites fêtes ou des sorties. Les blagues et les petites piques fusaient.

« One people, One Gbadja »

A ceux qui venaient dans la classe à la fois avec leur smartphone et leur ordinateur portable, on répétait « one people, one gbadja » en référence au slogan « one people, one beer » d’une célèbre marque de bière africaine. Chacun devrait venir avec un seul appareil. De préférence, un téléphone intelligent. Un ordinateur portable pouvait ralentir la connexion. Venir avec deux, voire trois appareils pouvait être considéré comme un crime de lèse-majesté par les membres de la classe. « Gbadja » qu’on peut traduire littéralement en langue mina ou éwé par « large » est le nom un peu péjoratif et souvent railleur que l’on a donné aux smartphones dès leur apparition au Togo par comparaison aux anciens téléphones portables plus petits pour la plupart. On trouvait ou on continue de trouver les smartphones trop larges et trop grands quant à leurs dimensions et épaisseurs. Dans la classe, on priait ceux qui avaient plusieurs appareils en main de rentrer tôt afin de fluidifier la connexion. Lorsque les élèves devenaient trop nombreux comme certaines soirées, on leur demandait sur un ton sarcastique s’ils ne pouvaient pas rester à la maison et souscrire aux forfaits des compagnies de téléphonie mobile. Pourquoi êtes-vous si radins ? Ne pouvez-vous pas nous laisser profiter du wifi comme cela se doit et profiter d’une connexion rapide ? Telles étaient les principales interrogations qu’on leur adressait. Au fil des jours et des semaines, je me rendis compte que ne pouvait intégrer la classe wifi Yangzhilong qui veut.

La classe n’était pas facile d’accès

Aucun critère n’était défini. Mais quand tu n’es pas une connaissance d’un des membres de la classe, que ta tête ne plaisait pas, qu’on juge que tu n’es pas assez courtois quand tu formules le vœu d’avoir le code d’accès du wifi, qu’on sente que ton intégration élargirait encore le groupe et par ricochet ralentirait la connexion, on te répondra qu’on ignore le code parce que la personne qui l’a donné n’a pas voulu qu’on le sache et a pris le téléphone pour le taper directement sans qu’on ne le voie et qu’on était navré de ne pouvoir répondre favorablement à ta demande. Il était aussi interdit aux nouveaux membres de la classe d’emmener leurs amis les jours qui suivent leur intégration ou de donner le code d’accès à tout va. Ils pouvaient subir de gentilles menaces.

Ce fut une belle expérience

De façon générale, tout se passait dans une ambiance conviviale. Les railleries, les petites piques, le partage d’applications, d’expériences dans l’utilisation des smartphones, les surnoms faisaient partie du quotidien de la classe wifi Yangzhilong. J’étais par exemple surnommé l’homme au Lacoste parce que j’avais l’habitude de porter des polos. Malgré mon insistance, je ne sus jamais comment les premiers membres de la classe, les pionniers si je peux m’exprimer ainsi, avaient réussi à connaître le code d’accès du wifi de ce propriétaire chinois qui alimenta la connexion de la classe. Yangzhilong était comme notre Partenaire technique et financier (Ptf).

Un Ptf qui pendant les deux mois environ qu’a duré cette classe wifi était absent et ignorait tout de comment nous avions bien exploité son wifi. Un soir, je me rendis encore une fois dans la zone de couverture du wifi et m’apprêtant à m’adosser au mur, un des membres du groupe qui était à une centaine de mètres me héla et me fit signe de venir. C’est là qu’il m’apprit que le code d’accès de Yangzhilong avait été changé. Rentré de son voyage, Yangzhilong fit une visite inopinée aux membres de la classe un soir où je fis l’école buissonnière. Ils s’étaient expliqués et Yangzhilong leur avait fait comprendre qu’ils ne pouvaient plus squatter son wifi sous son mur, qu’ils faisaient trop de bruit, surtout à des heures tardives et que cela gênait la quiétude du voisinage qui s’en était d’ailleurs plaint. Yangzhilong avait donc signé l’arrêt de la classe wifi. Je rebroussai chemin et rentrai bredouille à la maison.

Ce fut pourtant une belle expérience. Humainement parlant, je fis beaucoup de nouvelles connaissances. J’ai appris aussi de bonnes blagues et mon sens de l’humour s’est vraiment aiguisé.

Les classes wifi sont un phénomène qui prend de l’ampleur depuis quelques années à Lomé (Togo) où vous verrez des groupes entiers de jeunes autour de sièges de grandes entreprises, dans le quartier administratif, devant les hôtels et j’en passe ! Les forfaits internet des différents prestataires de services surtout du mobile jugés trop onéreux expliqueraient-ils ce fait ? Je ne saurai le dire !

Depuis, je n’ai plus intégré d’autres classes wifi. Je ne dirai pas que je reste fidèle à Yangzhilong comme une femme qui refuse de se remarier après le décès de son mari. Disons que mon attitude paternaliste et moqueuse a refait surface. Je me dis désormais que je peux m’en passer, que le wifi du boulot me suffirait et que rester dehors à des heures assez tardives n’est pas bon pour ma sécurité. Je peux toujours me farcir le forfait internet de l’opérateur national de téléphonie mobile.


SOTRAL en mode « latrine publique »

La scène se passe dans un bus SOTRAL (Société des Transports de Lomé) de la Ligne 12, qui va de la BIA située au grand marché de Lomé jusqu’à l’entreprise de l’Union au quartier Avédji.
Ce lundi 25 avril 2016, je suis parti un peu tard du boulot, vers 18h30. Je me suis résolu à prendre un taxi. Arrivé à la place des martyrs dans le quartier administratif, pas très loin du ministère du commerce et de la promotion du secteur privé où se trouve un arrêt SOTRAL et où je peux prendre un taxi, j’ai vu un collègue, lui aussi habitué du bus SOTRAL. Il m’a fait comprendre qu’entre 18h30 et 19h00, le dernier tour passait et que c’était possible de prendre le bus. Je me suis donc ravisé et j’ai attendu avec lui. Il n’avait pas tort. On a effectivement pris le bus.

Une fois entrés dans le bus et ayant payés nos tickets, mon nez m’alerta aussitôt qu’il détectait une fragrance étrange dans le bus. Au fur et à mesure que j’avançai vers le fond du bus, l’odeur prenait de l’ampleur. Des passagers rouspétaient, protestaient et grognaient. Ils morigénaient en fait une jeune maman. « L’enfant n’a même pas porté de caleçon«  déplora une passagère. « Même pas de couche«  ajouta une autre sur un ton colérique. Les critiques, les insultes, les commentaires et les remarques fusaient. C’est là que je compris que le bébé ou l’enfant (entre 1 et 3 ans) de la maman en question avait déféqué ou pour faire plus court, avait ‘fait caca’, et, par la même, l’origine de cette odeur bizarre qui m’interpella dès mon entrée dans le bus. Déjà que les odeurs corporelles fermentées étaient légion dans le bus, cette soirée de lundi était une aubaine pour les amateurs, s’il y en a, d’odeurs fétides. Tout avait l’air d’un cocktail explosif d’odeurs répugnantes. Nos nez allaient souffrir le martyr.
Revenons donc à la jeune maman, source de toutes les attentions dans le bus. Dans sa bulle, elle ne daignait même pas s’excuser auprès des passagers. Pour elle, il n’y avait rien d’anormal. L’odeur du caca de son enfant ne devrait poser aucun problème. Enfermée donc dans une logique de méthode Coué, elle répliquait de plus belle aux remarques et injures des passagers surtout des femmes plus âgées qu’elle, qui essayaient de la conseiller tant bien que mal. « Que chacun s’occupe de ses oignons ! » semblait-elle dire. Que son enfant ait fait caca, qu’il n’ait pas porté de caleçon, qu’elle ne prenne pas bien soin de sa petite fille, qu’elle l’ait laissée dans la bassine avec laquelle elle a pris le bus après son caca comme si elle s’en débarrassait n’engageait qu’elle, et personne d’autre ne devrait s’en plaindre. Elle ne mit pas longtemps à provoquer un véritable tollé dans le véhicule. Une levée de boucliers s’ensuivit. Au fur et à mesure que le bus avançait et que d’autres passagers le ralliaient, l’odeur du caca prenait de l’ampleur et les contestataires devenaient de plus en plus nombreux. Le bus se transforma en un tribunal où la jeune maman, seule, était sur le banc des accusés, face aux autres passagers qui représentaient la société.
Elle était un peu l’incarnation de tout ce que la morale sociale réprouve. Dans le déni total, elle tenait mordicus. À la voir de plus près, elle ne paraissait pas si jeune que cela. Je lui aurais donné volontiers entre 30 et 40 ans. Peut-être moins. Elle avait la coupe afro, portait un t-shirt blanc et avait noué un pagne autour de ses reins. Elle se défendait, argumentait comme pas possible. Les mamans plus âgées et les vieilles femmes lui disaient de la fermer car « elle avait tort ! », arguaient-elles. Les hommes âgés aussi abondaient dans le même sens. Le comble fut atteint lorsqu’elle menaça son enfant de punition pour lui avoir causé tout ce qui était en train de se passer. Les passagers la mirent en garde de ne jamais lever la main sur son enfant ni dans le bus ni en dehors. Elle voulut même lever la main sur un vieux monsieur qui ne la supportait guère et ne le cachait pas en lui faisant des remarques désobligeantes : « ton mari doit vraiment souffrir à la maison », « il doit être lassé de toi », « plus jeune, je ne t’aurais jamais fait la cour », « ton mari n’a rien trouvé de meilleur que toi ? », « tu ne prends pas bien soin de toi, de ton enfant, encore moins », « quelle éducation peux-tu donner à ton enfant ? », « t’as-t-on forcé à enfanter ? », etc. Telle était la kyrielle de remarques, de questions et de commentaires aussi acerbes les uns que les autres à son endroit. Elle provoqua l’ire de certains passagers qui voulaient, l’odeur du caca devenant insupportable, qu’on la sorte carrément du bus. Le contrôleur qui, maintes fois, avait essayé de la ramener à la raison, faillit céder à leur demande. Ce furent d’autres passagers, pour la plupart des femmes, qui vinrent à sa rescousse en plaidant la cause de son enfant. « Ce ne serait pas bien de la faire descendre avec l’enfant ! » avançaient-elles. Elles suppliaient les autres de patienter car elle descendrait bientôt.
Elle descendit effectivement à Bè-Klikanmé, emportant avec elle son bébé, l’odeur ô combien nauséabonde du « caca », toute la frustration, la colère, l’indignation et l’amertume qu’elle avait pu provoquer chez les passagers et toute l’outrecuidance, l’opiniâtreté et l’impolitesse dont elle avait fait montre durant le trajet. Cependant, sa descente ne mit pas non plus un terme aux différents débats qu’elle avait pu susciter.
Je me suis finalement dit qu’elle avait simplement permis aux passagers, après la dure journée qu’ils avaient sûrement passé, de se défouler sur elle et de libérer toute leur frustration. Au final, tout le monde en a eu pour son grade !