ASSOUMANE Habibou

Les Nigériens et le mois de Ramadan

Le mois de Ramadan est l’un des mois sacrés chez les musulmans.  C’est aussi un temps de grandes croyances et une période durant laquelle, tous les musulmans nigériens oublient leurs mauvaises habitudes. Ils deviennent alors des « vrais pratiquants ».

 Le ramadan a une très grande particularité dans la vie quotidienne des Nigériens. Il les pousse à un bref changement radical. Tous leurs comportements changent. On devient des « vrais » croyants. Les bars sont dépeuplés au profit des mosquées. Des personnes nées musulmanes mais qui ne connaissent pas la direction de la mosquée gonflent les rangs pendant les prières.  Des alcooliques notoires désertent les bars et cessent de boire pendant les jours du carême. Tu peux circulait dans toute la ville de Tahoua, le marché, dans toutes les fadas, tu ne sentiras aucune odeur de la fumée des cigarettes. Les restauratrices sont en chômage technique. Mêmes les maisons clauses ne fonctionnement pas normalement pendant le mois de carême. Beaucoup de professionnelles de sexe rangent leurs ténues sexy, les capotes pour s’adonner à l’adoration. Selon certains dires, mêmes les cambrioleurs s’abstiennent de voler pendant le Ramadan.

Les maris infidèles reviennent aux bons sentiments. Ils sont toujours à l’heure chez eux et disponibles pour leurs épouses. Il n’y a plus de missions fictives. Les copines et les maîtresses se patienteront. A l’annonce du croissant lunaire marquant ainsi le début du carême, les radios et télévisions nationales interrompent leurs programmes habituels. Elles ne diffusent désormais que des programmes à caractères religieux : pas de musique, de film, de séries télévisées, etc.  Les marabouts prennent d’assaut les médias pour des prêches de tout genre et autres chants religieux. En lieu et place des films pornographes, des chants du rap, des clips musicaux, les jeunes copient des vidéos islamiques, de récitation du coran. Le pantalon Jeans et la casquette sont délaissés au profit  de la djellaba et du bonnet. La cigarette à la main est remplacée par de longs chapelets. On adhère à des groupes religieux de discussion sur Whatsapp.

La notion de l’heure, du temps est rigoureusement  respectée pendant le Ramadan. Les  Nigériens s’accrochent intimement à la montre. Pour ceux qui n’en ont pas de montres, d’un réveil à la maison doivent nécessairement en chercher un par crainte de rater le suhur ou de prolonger involontairement le temps de rupture. Heureusement, la puissance de la technologie se fait sentir dans tous les domaines. Les cellulaires actuels disposent de toutes les facilités permettant au jeûneur d’avoir la maîtrise parfaite du temps. Des applications mobiles de gestion de temps de prière remplacent provisoirement les muézins. Avant cette période, beaucoup oublient quelle heure on est, ou sommes-nous à quel jour de la semaine. Le calcul des jours de ce mois n’échappe à personne.

Très malheureusement, à quelques heures de l’annonce de la fin du carême, tout le monde (presque) revient à ses vieilles habitudes. Ces groupes qui étaient obstinés contre la religion se régénèrent. Dès la veille de la fête, les bars, les maisons clauses, les salles de dansent reprennent vie. Pour certains, le mois de carême est fini, il faut aussi faire le rattrapage. Les commerçants véreux créent la pénurie pour doubler ou tripler le prix des marchandises.

 La religion, l’islam, se pratique à tout moment de l’année. Tâchons d’être de bons croyants et gagner ce Paradis que nous promet notre Créateur. L’hypocrisie, le show-off, ne nous conduisent à rien.


Mon cri de coeur

Un citoyen lambda profondément préoccupé par la situation sociopolitique du Niger fait le constat suivant :

Sur le plan éducatif et énergétique

 la dégradation croissante du système éducatif nigérien, est née de l’incapacité de l’Etat à satisfaire les droits légitimes des enseignants, notamment les contractuels, les scolaires et étudiants  qui accusent des retards incessants dans le paiement des salaires, et pécules,  bourses  et aide sociale. Cela a failli compromettre  le calendrier d’examen du BEPC et du BEP cette année. A Tahoua, il a fallu que les enseignants contractuels menacent le payeur pour qu’il les paye un mois de leurs pécules.

Les délestages dans la fourniture d’électricité ont freiné une partie des examens (travaux pratiques) du BEP. Jusque là modérés, ils  ont pris des proportions dont l’ampleur est de nature à ruiner le tissu économique, et à paupériser toutes les couches socioprofessionnelles dont l’activité dépend de l’énergie électrique. Une solution définitive a été incapable de trouver malgré les sommes colossales investies dans le secteur et les promesses électorales. Le Nigéria qui est notre fournisseur d’électricité ne peut plus honorer ses engagements depuis plusieurs années.

Sur le plan alimentaire et sécuritaire

Les précipitations sont inégalement reparties dans le temps et dans  l’espèce au Niger. Jusqu’ici, il ya des localités où on n’a pas encore semé. Dans d’autres les fortes pluies ont provoqué des inondations occasionnant des pertes importantes.  Une année sur deux au Niger, il y a de la famine. Depuis maintenant deux ans, la saison de pluie coïncidait avec le carême, une situation qui ne permet pas aux agriculteurs de passer beaucoup de leur temps dans les champs. Et cela contribue pour certains à la baisse de rendement.

De l’autre côté, Boko Harma continue toujours les attaques sur le sol nigérien. Six attaques sont survenues depuis celle du village de Yébi en mai dernier dans la région de Diffa, notamment à Yébi, Kablewa, Bosso et Nguagam. Cette nébuleuse ne cesse de faire des victimes. Des familles sont endeuillées.  Des orphelins des veuves se comptent par centaines.

 La dégradation des conditions de vie des populations concernées par ce banditisme est sans précédent eu égard aux conditions climatiques de plus en plus menaçantes. Elles seront exposées aux problèmes de tout genre.

Sur le plan  migratoire

 Le Niger est un passage obligé des migrants. La ville d’Agadez constitue une plaque tournante des réseaux des passeurs. Du 6 au 12 juin 2016 trente quatre personnes dont  5 hommes, 9 femmes et 20 enfants tous des migrants ont trouvé la mort, dans leur tentative de traversée du désert en direction des pays voisins. Malgré ces risques, les candidats à l’immigration défient la mort. Ainsi, ce phénomène persiste et continue à prendre de l’ampleur.

L’assainissement annoncé par le président

Pour son 2e mandat, le président de la république a pris l’engagement ferme d’aller en guerre contre les pratiques corruptives sous toutes leurs formes. En cela à vue le jour l’opération dite « maiboulala ». Déjà l’opération a fait des victimes. Une vingtaine de personnes sont mises aux arrêts. Seulement, beaucoup ne croient pas aux réelles motivations d’une telle opération. Pour d’autres elle est faite pour juste étouffer ses adversaires politiques. Ainsi le vœu le plus cher de tous les Nigériens, que cette opération « mains propres » frappe sans discrimination tous auteurs d’actes incriminés.

L’insalubrité des centres urbains

 Le droit à un environnement sain et le droit à la santé, constituent des droits fondamentaux reconnus par la constitution au Niger. Mais nos centres urbains sont insalubres. Les municipalités sont incapables d’enlever les ordures qui gisaient dans les rues. En cette saison hivernale elles ont du pain sur la planche.

En conclusion, des mesures significatives pour l’amélioration des conditions des Nigériens doivent être prises pour une solution durable. Les autorités actuelles doivent redoubler d’effort pour mieux sécuriser les personnes et leurs biens et garantir leurs besoins essentiels. Le Niger nous appartient à nous tous. Chacun selon ses responsabilités doit travailler pour l’amélioration des choses.


Niger : L’autre visage des concours d’entrée à la fonction publique

Les magouilles, le clientélisme, le favoritisme et la corruption sont les maux qui entravent le bon fonctionnement des concours à l’entrée à la fonction publique au Niger.

Les dessous érigés en système, les mauvaises pratiques en politique sont entrain de bouleverser la vie des jeunes diplômés au Niger. Ils ont la ferme conviction, que cacher derrière le politique, constitue un tremplin pour accéder facilement à la fonction publique. Ils voient en cette dernière, une échappatoire, leur assurance vie, une protection maximale. En effet, les cas de licenciements (même pour faute grave) sont extrêmement rares chez les fonctionnaires de l’Etat. Grace au fonds de la retraire, leur régime est plus avantageux que celui du privé.  Un grand nombre de jeunes fraichement sorti de l’école partage cette idée. Ils passent ainsi le clair de leur temps à concocter des listes à transmettre au DG, au secrétaire général du parti à l’annonce de chaque concours de la fonction publique. C’est une occasion en or à ne pas rater pour tous ceux qui connaissent le réseau. Chez moi, les jeunes aiment sans nul doute la facilité. La précarité de l’emploi les pousse à embrasser certes tout genre de boulot, mais ils ont toujours les yeux rivés vers la fonction publique. Car ce n’est un secret pour personne, à la fin des études au Niger on doit nécessairement passer par le chômage. Rares sont ceux qui échappent à cette règle. Il est difficile d’avoir un emploi sûr, surtout à la fonction publique. Entrée à la fonction c’est une grande chance, c’est une garantie, un cheque en or pour la retraite me disait un grand frère. Elle nous permettra de sauver notre arrière une fois à la retraite. Cela dit les jeunes nigériens ont peur du secteur privé. Ils n’ont plus confiance à eux-mêmes aussi. Plus de 50% de la population nigérienne est constitué par les plus jeunes. Cette frange de la population est une proie facile pour toutes sortes d’idéologie. Ce qui fait au Niger, ils courent toujours  derrière les politiciens et non le contraire. Pourtant on doit croire au travail bien fait et sauvegarder ce qu’on a de plus précieux. Cette situation continue et continue encore à garder notre pays parmi les nations les plus corrompus de la planète.

Les non dit au concours à l’entrée de la fonction publique sont variés. L’histoire la plus récente a commencé pendant le concours du recrutement de 300 agents pour le compte du ministère de l’intérieur. A la surprise des candidats, 70 noms ont été frauduleusement ajouté à la liste des admis. C’est le Conseil des Ministres du vendredi 08 mai 2015, qui a décidé de son annulation après une communication faite par le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme Administrative. Cette mesure, apprend-on des sources proches du dossier, est prise pour mettre de l’ordre dans l’organisation et le déroulement desdits concours, mais aussi pour garantir les mêmes chances à tous les nigériens qui désirent accéder à la fonction publique. Il est en effet reproché à l’administration, dans le cadre de l’organisation des concours au Niger, des pratiques contraires à la bonne gouvernance qui ont pour noms, le favoritisme, le clientélisme, les passe-droits, la corruption, etc.  Cette décision a fait grincer  les dents parmi les candidats admis et a été même portée devant les tribunaux. Au moment où j’écris cet article les plaignants attendent impatiemment la décision de la justice qui sera connue d’ici peu. Un autre cas de fraude a été constaté pendant le concours de recrutement des agents de santé. Là aussi, les pratiques douteuses ont été semblables qu’au premier concours. Des noms ont été ajouté à la liste des admis. D’autres ont été radiés. C’est le deuxième  concours’ à être annulé en l’espace de six mois  par le gouvernement. Il concerne 1800 agents  de  santé pour le compte du ministère de la santé.  Car,  après  la  publication  des  listes  des  admis,  des  listes  pour  le  moins scandaleuses, des candidats qui n’ont pas composé ont eu, pour les uns, des notes parfois au dessus de la moyenne à entendre la partie gouvernementale, par la voix du procureur de la République.

 En cela, une enquête a été ouverte et des poursuites engagées contre des agents du ministère de la fonction publique dont le directeur général de la fonction publique et le directeur du recrutement. Des proches du président de la république sont à tord ou a raison, accusé d’avoir contribué à cette mascarade.

Des journaux ont fait couler beaucoup d’encre et on même fait savoir que l’une des femmes du président est impliquée. La corruption est devenue un cheval de bétail de tous les gouvernements qui se sont succédé au Niger. Seulement le réseau devient de plus organisé et diversifié au point d’échapper à la vigilance des structures mises au point pour les combattre. La conséquence que cela a sérieusement entaché l’image du fonctionnaire nigérien. Le pays perdra aussi son assurance et sa crédibilité au sein du concert des nations. C’est une situation qu’on doit très vite réparer.

La justice doit également d’investiguer sur les pratiques douteuses lors des concours au Niger. Tout le pays était pris de passion à l’annonce du président de l’opération main propres appelée MAI BOULALA. Mais ne crions vite pas victoire. Wait and see !


Un papa stérile

«  Quelque soit la durée d’un tronc d’arbre dans l’eau, il ne se transformera jamais en caïman ». Voici l’histoire d’un taxi dont l’épouse avait trompé pendant 16 ans.

C’était un taximan dénommé Dan Kumaru. Il vit paisiblement avec sa femme et ses trois enfants à la capitale depuis maintenant 35 ans. Avant de devenir conducteur de taxi, il était cuisinier dans un restaurant togolais. Un incident l’a opposé avec sa patronne et il a préféré jeter le tablier. Il a été ensuite récupéré par l’un  de leurs anciens clients qui lui a payé le premier taxi. Il verserait 7 000 F FCA par jour. En 5 ans, il a pu rembourser, Elhadj. Le véhicule lui appartient désormais.  Il fait plus de 10 heures de travail par jour. Il a commencé à se fatigué.  Il se propose désormais avoir quelqu’un qui doit le relever pendant ses heures pauses. En principe le remplaçant doit commencer la semaine même. Mais pour certaines raisons, il n’a pas répondu au rendez-vous. Il quitte la maison toujours après la prière de soubouh pour revenir à 14 heures ou 15 heures. A 17 heures piles, il retourne en ville pour descendre à 22 heures.

Ce matin il n’est pas sorti tôt comme d’habitude. Son taxi a passé la nuit au garage pour un problème de frein. A 10 heures, il est parti voir le mécanicien. Il n’a pas encore fini. Il doit encore l’attendre. A 11 :30, son taxi est prêt. A la sortie du garage, deux femmes voilées lui font signe. L’une a un sac et l’autre a entre les mains un carton de savon communément appelé « lavibelle ». Avant qu’il ne descende pour ranger leurs bagages dans le coffre, elles ont déjà pris place dans le taxi avec leurs effets. Elles le demandent de les déposées aux alentours du grand marché. Il a été payé avant la fin de la course. Une fois qu’elles ont quitté le taxi, une autre équipe de 4 personnes lui demande de les acheminé au centre islamique. Il est déjà plein. A son retour,  il prend 3 étudiants qui veulent descendre au 2E pond. Au prochain virage, il prend autre passager qui lui veut aller au commissariat central. Les étudiants sont arrivés à destination. Il ne lui reste qu’un seul passager. C’est un policier. Il travaille au commissariat central. Il se gare bien, pour ne pas être en infraction. Quand le Monsieur descend, il fait remarquer au chauffeur que ses précédents passagers ont oublié leur carton de savon. Il revient au 2e pont. Les étudiants sont déjà rentrés à la rive droite. Il stationne sont véhicule après le feu rouge. Il regarde par ci par là, s’il peut apercevoir les deux passagers. Deux policiers qui contrôlaient la circulation le dévisageaient de l’autre côté. En ce temps d’insécurité, on doit faire attention à tout le monde : toute personne peut être suspecte. Il ouvre la portière et fait sortir le coli. Avant de le déposé par terre, le carton se déchire et un cadavre de bébé tomba. Les autres piétons crièrent : voleurs d’enfants. Avant que les deux policiers  viennent le mettre aux arrêts certains ont commencé à le frapper. Je n’ai rien fait s’exclama t-il. Ce n’est pas mon carton. Je cherchais les passagers qui l’ont oublié dans mon taxi. Affirme t-il aux deux policiers. Qui peut le croire ? Il est venu le jeté dans le fleuve ! Accusent deux femmes vendeuses de jus local.

Il est vite ramener au commissariat. Il jure sur le nom de tous les dieux, mais personne ne veut le croire. Il affirme, qu’il a 3 enfants, pourquoi pourrait-il faire du mal à un autre? Les policiers conclurent qu’il a tué donc un de ses enfants pour le fétichisme. Pour cela, une équipe  a été dépêchée chez lui pour vérifier la véracité de ses dires. Il a été mis derrière le véhicule des policiers. Arrivé chez lui, on demande à sa femme de montrer ses enfants.  Heureusement ils sont tous présents. C’était les vacances. Ses voisins se posent la question : qu’a –il  fait pour que les  policiers le talonnent ainsi ? a-t-il fait un accident grave ? Dan Kumaru  n’a tué aucun de ses enfants. Cette piste est vite abandonnée provisoirement. Cependant, il  a été pris en flagrant délit de possession illégale de cadavre. Aucune de ses connaissances ne peut le faire sortir vue les charges qui sont tenues contre lui surtout par crainte d’être accusé de complicité. Un député a tout fait, mais en vain.

Si ce n’est pas son enfant, à qui pourrait-il appartenir ? Je ne peux pas le savoir répond t-il aux policiers. Mais il doit appartenir à l’un des mes clients à qui j’ai fais la course ce matin. Il est sorti avec beaucoup de chance. Il a fait beaucoup de course au point de ne plus se souvenir d’où et où il s’était rendu. L’étau  se resserre contrent lui. Son délai de garde à vue est presque épuisé. Dan Kumaru  doit être présenté au juge. Avant de le déférer au tribunal, un policier conseilla qu’on lui fasse un test de paternité, pour voir si réellement l’enfant ne lui appartient pas. La décision lui fut communiquée. Il n’a pas de choix, il ne peut qu’accepter. Lui qui veut coûte que coûte quitter ces lieux.

 C’était un mercredi. Il fut ramené au Centre Hospitalier Universitaire de Harobanda. On lui fait quelques prélèvements au laboratoire. Le test durera 48 heures. Il ne peut être relâché avant ce délai. Le vendredi, le CHU a renvoyé au commissariat les résultats du test. L’enfant n’est pas de Dan Kumaru. En plus et à  la grande surprise de tous, le test révèle autre chose : notre taximan est stérile et séropositif. Alors à qui appartient les trois enfants qu’il a fait 16 ans entrain de nourrir ? 3 fois, il a organisé des baptêmes et a sacrifié des moutons pour rien ? Le test vient de le disculpé. Pourtant il vient encore lui poser un autre fardeau. Il a été relâché du commissariat après 6 jours consécutifs de détention. Chaque jour pendant ce court séjour, sa famille lui rendait visite. Gagné par le découragement, c’est elle même qui lui remontait le moral. A midi quand elle fini de préparer à manger, elle lui amène sa part au commissariat. Elle reste jusqu’au soir. Pendant ce temps, sa fille à la maison  prépare le dîner. La nuit aussi, elle revient avec les enfants. Toute sa  famille est optimiste. Ils sont sûrs de son innocence.

Son épouse était présente quand le médecin, a révélé le  contenu du test qui disculpa son mari et la condamna à son tour. Ils sont revenus ensemble du commissariat dans le même taxi. Mais personne n’a dit un mot pendant le trajet : un silence de mort. Si seulement ce test n’a que prouvé son incapacité à donner des enfants, pas autre chose, monologue t-il. A la maison, la situation tourne au règlement de compte entre lui et sa femme. Il commença à lui ramasser ses clics et clacs et les jette dehors. Dan Kumaru commence à crier à voix haute, ce qui attira l’attention des voisins et de quelques curieux.  Sa femme ne trouve rien à dire. On tente à le consoler. Il est furieux, il ne veut écouter personne. Jamais, il n’a été dans cet état. Lui qui a géré des clients plus capricieuses, ne s’est jamais emporté de la sorte. Sa propre femme vient de signer son arrêt de mort. Après l’avoir trompé pendant 16 ans, elle le contamine d’une maladie incurable. A lui maintenant, le rejet et la stigmatisation.

Ce sont ses voisins, le boucher et un blanchisseur qui font la cour à sa femme pendant son absence. Ils sont les pères légitimes des enfants que le taximan pensait être les sien.  Le boucher est séropositif. Tout le quartier est au courant. Il a été dépisté positif, le mois passé et est sous traitement des Anti Retro Viraux (ARV). Il s’est marié à quatre femmes. Mais aujourd’hui, elles sont toutes décédées de la même maladie. Probablement ce n’est pas Dan Kumaru qui est dans la tourmente. Le blanchisseur pourrait aussi être porteur du virus. Car ils ont partagé le même fruit pendant des années.


Une mère droguée et enceintée par son fils

 L’inceste ou l’adultère c’est comme la boxe, ça a toujours des séquelles. Après l’histoire du pantalon perdu, voici une autre, très pathétique. Elle concerne une mère  et son fils. Très choyé, ce dernier a échappé à tout contrôle. Un jour, à sa grande surprise, elle tomba enceinte de lui.

Gambo faisait partie des ces nombreux Nigériens dont  la scolarité a été un échec ou/et de courte durée. Il a repris au moins deux fois le cours moyen 2.  A l’école, il séchait toujours les cours pour une partie de chasse et de cueillette entraînant avec lui d’autres élèves peu soucieux de leur avenir comme lui. Ses parents l’aimaient trop. Cet amour peut-être considéré d’excessive. « N’a-t-on pas dit, l’excès de tout est nuisible ? » Il est très choyé. Personne dans la famille n’ose porter la main sur lui. C’est le petit prince de la famille. Il a plus de 30 ans mais, c’est toujours un « bébé ». Son papa est originaire du Ghana. Il s’est installé dans le village depuis plusieurs années. C’est lui qui recollait tous les sceaux en plastiques cassés de celui qui ne veut pas s’en débarrasser ou acheter un autre. C’est un cordonnier.  Dan Gana (fils du Ghana ou Ghanéen), c’est le surnom par lequel tout le monde l’appelait. La nuit, il vent du thé au lait et des omelettes dans un hangar qu’il a aménagé pour la circonstance, à l’entrée du marché. Pendant la saison des cultures, il s’investit pleinement, mieux que d’autres agricultures, dans le champ que lui a offert le chef du village. Mais celui-ci a été repris par les héritiers, juste après le décès du chef. Dan Gana, a conquis le cœur de tous les villageois, par sa sagesse, son honnêteté et ses bonnes manières. Il s’est  converti en islam et a très vite embrassé la polygamie. Selon les rumeurs, il a même été circoncis par l’un des plus redoutables coiffeurs du village.

Un jour, il tomba malade. Il souffre d’un palu aigu, explique l’infirmière de la case de santé de son village. Après quelques jours de convalescence, il rendit l’âme. Gambo est son unique fils garçon. Il est aussi le fils unique de sa maman. Toutes ses demi-sœurs sont mariées soit dans leur village ou dans les villages environnants. Après le décès de son père, c’est à lui que revient maintenant la charge de la famille. A sa mort Dan Gana n’a pas laissé grand-chose.  Gambo très complexé ne veut pas faire le cordonnier ou vendre les omelettes. Il décida d’aller en exode. Sa maman le supplia d’aller au Ghana où il aura la chance au moins de rencontrer ces grands parents. De son vivant, Dan Gana a donné à sa famille tous les renseignements nécessaires lui permettant de retrouver ses parents au Ghana. Gambo a plus de penchant pour la  Lybie que pour le Ghana. C’était avant la crise libyenne. Sa famille ne peut rien lui refuser. Elle accepte son choix. Là-bas, il s’installa chez son cousin maternel qui, lui, est manœuvre dans un hôpital privé à Bengazi. Avant qu’on lui trouve un boulot, la crise libyenne a éclaté. Rien ne va plus au pays. En plus, sa marâtre ici au village vient de décéder d’une tumeur à la gorge. Il doit nécessairement revenir au Niger. Le cousin prépara tout le nécessaire pour leur retour. Lui, il n’a même pas commencé à travailler. Donc il ne peut rien avoir. Comme on dit, « il est juste allé pour boire la sauce rouge ». Arrivé à Agadez, il leur a fallu vendre certains de leurs articles pour pouvoir regagner le village. Ils sont presque revenus bredouilles. Pour sa mère, le fait même qu’ils soient rentrés sains et saufs est une grande chance et une bénédiction. C’est une grande croyante et pratiquante.

Depuis son départ, elle a adhéré à un groupement féminin. Grâce à l’argent de la tontine, elle monte un commerce de galettes devant la concession. Mais depuis le retour de Gambo, elle ne peut rien épargner. Il lui prend tout ce qu’elle gagne. Chaque nuit, il rassemble ses camardes chez sa maman pour faire la fada. Gambo est un vrai baratineur .Il monopolise toujours la parole dans un groupe. Il veut qu’on l’écoute lui et rien que lui seul. Ses amis le surnomme la pie. Mais pour sa grand-mère, « s’il est un poste radio, il ne sera pas économique, car il consommera beaucoup d’énergie » .C’est lui-même qui prépare le thé et le distribue à tous ceux qui sont présents à sa fada. Il a réservé un verre spécial pour sa maman. Elle seule peut le toucher. C’est le seul cadeau qu’il lui rapporté de l’exode. Elle est toujours la première servie dans ce verre spécial.  C’est elle d’ailleurs qui finance tout. Mais dès qu’elle prend ce thé, elle s’en dort automatiquement et c’est la fin de la causerie. Il n’a pas de chambre à lui seul.  Il dort chez sa maman sur un vieux matelas qu’il a aussi extorqué à son cousin. Quand tout le monde part, il fait rentrée sa maman dans la chambre. Il la porte sur ses épaules, car elle ne pet pas marcher d’elle-même. Une fois à l’intérieur il la déshabille et lui passe dessous. Dans son verre, Gambo mettait des somnifères, raison pour laquelle, elle s’endort vite. Au réveil le matin, elle remarque des traces de spermes sur son corps. Très étonnant ! Elle sait qu’elle n’a pas fait de rêves érotiques et elle n’était pas comme ça avant la nuit. Des jours, des semaines passèrent, et c’est toujours la même chose. Chaque nuit il droguait sa propre maman pour enfin coucher avec elle. Gambo n’a vraiment pas de pitié. Un bon fils doit de dire bonjour à sa maman. Au réveil, il part rejoindre ses salauds d’amis pour fumer de la marikhwana. Il passe tout son temps dehors avec ses amis. Il ne revient chez sa maman que pour manger et repartir encore. Au cas où ils ne trouvent pour fumer, ils préparent des décoctions spéciales à base d’excréments d’oiseaux mélangés  avec d’autres comprimés. Il n’y a pas une journée où lui et sa bande sont normaux. Ils sont toujours ivres.

Plusieurs jours se sont écoulés. La maman de Gambo est désormais face à une impasse. Elle  n’a pas vu ses règles pendant 2 semaines. Ses inquiétudes deviennent de plus en plus préoccupantes. Elle se confia à une amie. Elle lui relatait les faits de fond en comble. Elle conclut qu’elle à « un mari de nuit ». Pour cela, elles demandent les services d’un marabout spécialisé dans la chasse des génies. Sans trop prendre de temps, il rend son verdict : « madame vous n’êtes pas possédée ». Ceci est l’œuvre d’un être humain (proche de vous) sans trop donné de détails ajoute t-il. Il les conseilla en fin  de chercher les causes du sommeil subit et profond d’abord. Tout peut  se cache derrière. En cela, son amie lui demande de se passer du thé de ce soir. Cependant, si elle refuse, de le boire, c’est un autre problème encore. Son fils pourrait ne pas être content. Comme d’habitude, tous les membres de la fada sont présents. Chacun ne voulait pas se faire raconter les histoires de bravoures de Gambo pendant son court séjour en Lybie : ses récits tournent toujours autour des bagarres avec des arabes. Pourtant il n’était même pas sorti de chez son cousin plus de 6 fois.  Le premier round du thé est fini. Comme d’habitude, il sert sa maman en premier. Elle fait semblant de boire, mais elle garda tout dans sa bouche. Peu de temps après, elle va aux toilettes et le cracha. Elle rinça sa bouche pour être certaine de ne rien avaler de ce maudit liquide qui risque probablement à jamais de ternir son image et celle de sa famille. Elle revient après rejoindre le groupe. Elle ne s’endort pas. Plus d’une heure après, elle est toujours éveillée. Mais le bruit que fait le groupe, lui donne des céphalées. Elle rentre d’elle-même dans la chambre parce qu’il fait froid ce jour. Gambo fixa sa mère jusqu’à ce qu’elle disparait. Il reste muet. Il ne soupçonne rien encore. Lui qui est à moitié et aussi entouré par des flatteurs n’a pas un esprit de discernement. 10 minutes plus tard, il « lève la séance ». Il reste nettoyer les verres (pour la première fois) avant d’aller rejoindre « sa femme ». Depuis la chambre, elle entend tout ce qui se passe dehors. Sur les conseils de son amie et du marabout, elle ne ferma pas l’œil. Gambo rentre dans la chambre. Il referma la porte avec un lit en bois. Il a des mauvais pressentiments. Il laissa tomber maladroitement l’assiette qui contient les outils du thé pour s’assurer que sa maman dort. Il fait d’autres bruits pour toujours la réveiller mais elle résiste. Elle ne fait aucun mouvement qui risque de tirer l’attention de son enfant. Elle a besoin de voir claire dans cette situation.

Il ôta sa chemise d’abord, la jeta sur le matelas et se dirige vers le lit de maman. Cette dernière l’observait attentivement. Elle est couchée sur le flanc droit. Il l’a redressa ventre en l’air et commença à lui défaire son pagne qu’elle a pris soin de bien attacher ce soir-là. Il ne réussit pas à le lui enlever. Il commença à le retrousser quand subitement elle alluma sa lampe torche qu’elle avait sous l’oreiller. Il voulait s’enfuir mais elle le tient par la ceinture. Elle lui braqua la lampe sur le visage et dit « mon fils c’est toi qui me fait ça ? » il ne dit aucun mot. Quand elle le relâche, il sort de la chambre en courant. Il quitta le village cette nuit même. Il dormit dans la brousse sur une branche d’un gros arbre. Cette nuit a été la nuit la plus longue pour sa maman. Elle n’a pas pu dormir. Elle ne fait que pleurer jusqu’au petit matin. A 10 heures son amie est venue lui rendre visite. Elle est toujours dans sa chambre. Il a fallu qu’elle entre pour la supplier de sortir. Elle ne fait que pleurer. Sans dire un mot, elle sort de la concession et se dirige vers la maison de sa mère. Son  amie la suit derrière. Toujours elle refuse de lui dire pourquoi elle pleure. Pendant trois jours la maman de Gambo, ne fait que verser des larmes. Elle refuse de dire à quiconque ce qui s’est passé. En ce moment son fils et « mari nocturne » se trouvait dans une ville a plus de 250 km de son village. Il a élu refuge dans une maison close. Il passa trois jours dans la chambre d’une pute. Le quatrième jour, elle lui demanda de payer sa facture. A cause de lui, elle a rejeté tous ces clients. Le pauvre n’a aucun franc sur lui. Il commence à vociférer et tente de sortir. Elle le prend par la chemise et dit « où est mon argent ? ». Il se tourna vers elle, et lui colla une gifle. Mauvaise réponse ! Tous les pensionnaires de la maison se rouent sur lui. Ça devient une vraie bagarre. La police a été vite saisie. Gambo fut amené au commissariat. Il est accusé d’attaque à domicile et coups. Il purgea une peine de 3 mois avec sursit.

Au village, sa maman est enceinte de six mois. Tout le monde se pose la question : qui est l’auteur de cette grossesse ? La maman de Gambo, n’a jamais couché avec un autre homme avant et après son mariage. Les parents et les connaissances sont fiers d’elle. Dans tout le village, personne ne doute de sa bonne moralité et de sa franchise.  Les sages et les notables du village n’ont pas réussi à la convaincre de dévoiler celui qui l’a engrossée. D’ailleurs à chaque fois qu’on lui pose la question, elle ne fait que pleurer. Les jours passent, la mère de Gambo s’enfonce davantage dans le chagrin et la tristesse. Elle a tout fait pour se débarrasser du fœtus mais sans succès. Une nuit, les signes précurseurs de l’accouchement commencèrent à se manifester chez elle. Elle dit à sa mère qu’elle veut aller derrière le village pour se soulager. Dans les zones rurales nigériennes, les populations n’ont pas de WC. Derrière un buisson, elle donna naissance à une petite fille. Au moment où elle doit manifester sa joie d’avoir son 2e enfant, elle ne ressent que le remord et la désolation. Cet enfant est pour elle une honte, une malédiction. Elle ne peut pas la porter sur son dos : est-elle sa fille ou sa petite fille ? Elle ne veut pas être la risée du village. D’un seul geste, elle lui tord le coup. Elle l’a jeta ensuite dans un puits abandonné dans les jardins et revient chez elle comme si de rien n’était. Toute la journée, elle est restée dans la chambre. C’est dans l’après midi quand sa maman insistait pour qu’elle sorte faire les ablutions de la prière de Asr qu’elle constate que sa fille n’a plus sa grossesse. Stupéfaite, elle commença à se poser des questions ? Que s’est-il passé avec la grossesse de ma fille ? A-t-elle accouché ? Dans ce cas où est l’enfant ? Elle la rejoint dans la chambre avant même qu’elle ne commence la prière. Chère grande, ta fille n’est plus en situation de prier ! Très furieuse, elle dit « qu’as-tu fais de ta grossesse ?  Elle ne répond pas. Elle lui repose la même question encore, jusqu’à trois fois. Elle ne dit plus rien et va juste s’assoir au bord du lit. La grand-mère de Gambo sort de la chambre et va raconter tout à son mari, qui à son tour est allé informer le chef du village de ce qui se passe dans son foyer. Pure hasard ou juste une coïncidence, ce jour le chef du canton est arrivé dans le village pour la collecte d’impôts. Il est saisi de l’affaire. Il  autorisa les gendarmes qui sont avec lui d’interpeller la mère de Gambo. Elle fût arrêtée et déférée en prison. Elle est accusée d’infanticide. Au même moment Gambo a été condamné à trois ans d’emprisonnement ferme pour coups et blessures suite à une autre bagarre cette fois, dans un bar (il a déjà un sursit). Il aurait en plus craché sur un porteur de tenue qui voulait mettre fin à la dispute.

C’est lors de son jugement seulement qu’elle a exposé les faits comme ils se sont déroulés.  Son propre fils est l’auteur de sa grossesse. Son propre sang l’a conduite au meurtre et l’a envoyé en prison aussi. Son seul  héritier a gâché son avenir et le sien.

Chez moi on dit : « si tu ne fais pas pleurer ton enfant, un jour c’est lui qui te fera pleurer ».  On doit aimer nos enfants, mais pas jusqu’au point où, ils échapperont à nos contrôles. Je me demande si après tout s’est qui s’est passé, la maman de Gambo soutiendra à fond la politique de l’enfant unique.


Donne-moi mon pantalon !

Des responsables qui couchent avec les  femmes de leurs subordonnés sont nombreux. Les masques de beaucoup d’entre eux sont tombés. Voici l’histoire de Sani, sa femme et son patron. Ceci est un récit tiré d’une histoire vraie. Mais, tous les personnage de cette histoire sont fictifs. Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n’est que pure coïncidence.

Sani Komando fait partie de ces fonctionnaires aux comportements exemplaires. Il travaille dans une ONG internationale. C’est le responsable du suivi et de l’évaluation. Il  a un salaire confortable qui lui permet de se prendre en charge et même  de s’occuper de la famille au village.

Il s’est marié à l’âge de 19 ans pour divorcer 3 ans après. Il  s’est remarié le mois passé après 20 ans de célibat. Pourquoi a-t-il pris tout ce temps ? Grâce à son travail, il menait pourtant une vie de pacha. Dans tous les quartiers où il a vécu, il entretenait des filles. A cause de sa situation matrimoniale et de son comportement,  son précédent bailleur l’a chassé de sa maison. C’est d’ailleurs pourquoi il s’est remarié sous la pression de ses parents, de ses amis et de ses collègues de travail. Dans ma ville, avant de trouver une maison à louer, tu dois satisfaire à une condition : être marié. Au nom de la religion, les propriétaires de maison préfèrent que ça soit un marié qui habite leur maison. Selon eux, le célibataire est un fornicateur. Il pourra avoir une « sorte de commission » sur les péchés qu’il commettrait dans la maison. Quelle idéologie ! Mais ce principe ne s’applique qu’aux nationaux. Les travailleurs expatriés ne rencontrent pas ce genre de problème. Surtout si c’est un blanc. Il peut amener autant de filles qu’il veut dans la maison. Inviter ses amis pour boire de l’alcool. Qu’il soit gai ou travesti, il trouvera une maison facilement. Ce sont les mauvais voisins qui font des commérages sur les comportements du locataire. Une fois que ça tombe dans les oreilles du propriétaire, tu es chassé sans préavis. Mais, pour le blanc ou l’expatrié, il ne lève même pas son petit doigt. Pourquoi ce favoritisme ?

Sani Komando a eu une nouvelle maison à quelques pas de son lieu de travail. Il s’est marié avec une enseignante venue de Diffa. Elle s’appelle Inissafa. Selon les rumeurs, elle a fui l’insécurité qui sévit dans la région. Mais en vérité, son époux alcoolique la violentait, elle et sa fille, quand il était sous l’effet de la drogue. Elle s’est installée à Tahoua chez une tante qui lui a facilement trouvé un poste dans une école primaire dans la commune. Il a fait sa connaissance au trésor pendant qu’il rendait visite à son ami qui travaille là-bas. Ils ont commencé à se voir en cachette. A plusieurs reprises, ils étaient allés au restaurant ensemble. Le mari de sa tante n’accepte sous aucun prétexte qu’un homme rentre chez lui pour discuter avec ses propres filles. Le jour où il te surprendra, il te demandera d’amener ta dote si réellement tu aimes la fille, et dans le cas contraire, de ne plus revenir.

 Trois (3) semaines se sont écoulées. Tout le quartier est au courant de la relation de Sani et de Inissafa. Connaissant son tuteur, Inissafa proposa à Sani Komando de se marier. Pour fuir le sujet, il rétorqua qu’il n’a pas d’argent pour la dote. Inissafa est une très jolie femme. C’est une peulh. Personne ne peut résister à son charme. Sani est acculé. Il n’a pas de choix. Il a dit oui sans hésitation. Surtout, elle lui a dit d’amener ce qu’il pouvait pour la dote. Inissafa ne s’est pas montrée gourmande. Est-elle vraiment sincère ? Ou bien veut-elle seulement trouver un mari ? Ils se sont mariés de la façon la plus modeste. Tout le monde parlait de la parfaite organisation qui a caractérisé leurs fiançailles et leur mariage. Toute la ville cite leur mariage en exemple des unions bien réussies.

 Après deux semaines d’union sacrée, Sani n’a pas encore consommé son mariage. Il n’a jamais couché avec Inissafa. Ceci est une situation inattendue pour la nouvelle mariée. Elle qui a fait le sermon de le rendre heureux, la voilà en face d’un mari dont le « bijou familial » ne vaut rien. Comme explication, il se cache derrière une forme hémorroïdaire très compliquée qui lui empêche de bien mener une activité sexuelle. Il lui confia que s’il réussit son traitement, il répondra à toutes ses exigences. Et pour la calmer, il lui parla des ses anciens exploits sexuels. Il ajouta que toutes les femmes qui ont couché avec lui, l’ont supplié de le refaire. En vérité notre suivi évaluation ne souffre d’aucune forme d’hémorroïde. Il n’a jamais couché avec une femme. C’est un impuissant. Cela est arrivé quand il était élève. Lors d’une manifestation estudiantine, il n’a pas pu échapper aux policiers qui les poursuivaient. Il a été pris avec certains de ses camarades et conduits au commissariat. Il a reçu un coup fatal de matraque entre les jambes. Dès lors il a perdu l’usage exclusif de son sexe. Il a été évacué dans un centre de soins intensifs. Il y est resté plusieurs jours, mais il n’a jamais voulu dire à personne ce qui lui est arrivé vraiment.

Il s’est marié en premier lieu avec la fille de son oncle. C’était un mariage arrangé, comme tous les mariages dans les zones rurales du Niger. Celle-ci était restée avec lui pendant trois ans, malgré son handicap. Un jour, il réalisa lui-même qu’il n’était pas juste vis-à-vis d’elle. Il lui demanda de rentrer au village. Elle non plus n’a jamais révélé son état de santé à personne. Il ne s’est jamais remarié avant de rencontrer Inissafa. Il entretenait des filles juste pour masquer son invalidité.

Quatre semaines après, Sani n’est pas encore guéri. Un, jour son patron lui rendit visite, car il était absent lors du mariage. Il resta dehors sous le balcon. Sani insista pour qu’il rentre à l’intérieur. Il était 20 heures, presque l’heure du dîner en Afrique. Sani partageait son plat avec le coordinateur. Inissafa était dans son coin, toute muette et pensante. Son mari lui demanda ce qui se passait. Elle ne répondit pas. Mais son patron a vite compris que rien n’allait au sein du couple « exemplaire ».

Un jour, elle est sortie pour aller payer du sucre pour une tisane qu’elle préparait chaque soir à son mari. Chez l’épicier du quartier, elle trouva le patron de son mari qui sirotait un coca et fumait sa cigarette. Il commença à la taquiner. Il l’accompagna même jusqu’à sa maison. Sani était en mission dans l’Azawak. Il supervisait une enquête sur les ménages vulnérables dans leur zone d’intervention. Mais il devait rentrer le soir même. En cours de route, le coordinateur lui refait la même remarque que lui a faite son mari le jour de son passage chez eux. Elle ne veut rien dire mais il insiste. En cas de problème, il est parfois bon de se confier à quelqu’un. Inissafa se confia au coordinateur. Il salua son courage et son honnêteté puis la conseilla d’être encore plus patiente. Il se pourrait que bientôt son mari retrouve sa santé. Elle le remercia de ses sages conseils. Avant de prendre congé d’elle, il lui offrit en cadeau un billet de 10.000 F CFA, chose qu’il n’avait pas faite lors de sa visite. A 19 heures, Sani est rentré de sa mission. En plus de la tisane, sa femme lui a préparé une tête de mouton toute entière pour fêter son retour. Mais elle ne lui dit rien de son petit entretien avec le coordinateur. Trois jours après son arrivée, une équipe de supervision est venue de Niamey. Il doit, lui et son coordinateur, être obligatoirement avec eux sur le terrain. Malade, le coordinateur n’est pas parti sur le terrain comme prévu. Après la dernière prière de la journée, il fait du jogging. Par hasard, il passe devant la maison de Sani. Après quelques hésitations, il frappe à la porte. On l’autorise à rentrer. Il est en tenue de sport et transpire de sueur. Il s’assoit sur le canapé et la femme de Sani lui offre une boisson pour étancher sa soif. C’est un jus qu’il lui a envoyé juste après le départ de Sani. Ils commencèrent à parler du tout et du rien. Il lui demande si la situation de son mari a évolué. Le coordinateur est connu dans le quartier comme un coureur de jupon. Ces copines et maîtresses dans tous les quartiers ou établissements scolaires se comptent par dizaines. C’est un obsédé sexuel. Il a connu pas mal de démêlés avec la justice.

Il continue à apprécier Inissafa. Tu es belle ! Si tu étais ma femme, je serai l’homme le plus  heureux de ce monde ! Patati patata… Des choses pour attirer son attention. Trois mois de mariage et un mari impuissant, il y a de quoi s’inquiéter pour une femme. On peut aussi facilement céder à la tentation. Le coordinateur commence à s’approcher de Inissafa. Il commence à caresser ses doigts. Elle tente de l’empêcher mais hélas. Il commence à l’embrasser et lui donnait des baisers sur la joue, sur le front puis directement sur la bouche. Elle se laisse faire. Elle vit seule dans la concession. Sa seule fille a été reprise par son papa. Sani n’a pas voulu lui amener du village l’un de ses petits frères pour lui tenir compagnie pendant son absence, car il voyage beaucoup. Notre coordinateur connaît tous ces détails. Il sait que le champ est libre, rien ne peut l’inquiéter. Quand les choses commencent à se préciser, elle lui recommande d’aller dans la chambre principale. Il ôte son pantalon en sous-vêtement qu’il laissa maladroitement au salon et la suis jusqu’à la chambre. Certains responsables sont sans vergogne et imprudents. Après avoir accompli son forfait, il est resté dans la chambre pour un peu récupérer, disait-il à Inissafa. En ce moment Sani est au bureau. Il ne doit pas revenir avant 2 jours. Mais une équipe des enquêteurs manquait de questionnaires. C’est pourquoi il est revenu pour imprimer la quantité suffisante. Il les a rangés dans un carton et ordonné au chauffeur de les mettre dans le véhicule. Comme ça ils pourraient partir le lendemain matin très tôt. D’habitude, Sani appelle sa femme s’il revient d’une mission. Ce jour il n’a pas pu le faire. Son téléphone et celui du chauffeur étaient déchargés. Arrivé chez lui, il trouve le portail ouvert, chose inhabituelle. Il rentre sans faire de bruit, en refermant automatiquement le portail derrière lui. Sous le balcon et le salon, il n’y a personne. Il se dirige vers leur chambre, d’où viennent des petits bruits. Quand il ouvre la porte, il trouve son patron avec sa femme couchés ensemble. Il n’en revient pas. Il referme la porte et revient vite au salon. Peu de temps après, le patron arrive au salon portant une petite culotte. Inissafa les rejoint après sans foulard.

Le coordinateur, sans dire un mot, se dirige vers la porte de sortie. Sani l’interpelle : où  vas-tu ? Il lui dit ensuite, il faut au moins la payer ! De répondre, il affirme « je n’ai pas d’argent  sur moi ». Sani insiste. Il fouille sa culotte et sort une pièce de 100 francs. Voilà ce que j’ai, dit le coordinateur. Donne-lui ça, répond Sani. Il s’approche d’elle et lui tend la pièce. Elle ne la prend pas. Elle reste debout, en sanglot. Il dépose la pièce sur la table et sort, oubliant son pantalon. Sani part prendre son bain et revient passer la nuit au salon. Il ne dit rien à Inissafa sur ce qu’il vient de voir. Demain matin, il retourne en brousse comme si de rien n’était. A son retour, il ne manifeste toujours aucun changement à son égard. Mais les 100 francs sont toujours sur la table.

Des jours se sont écoulés après les événements. La tension et la méfiance entre Sani et son patron deviennent vives. Ce dernier réclame sans vergogne son pantalon auprès de Sani, qui affirme ne rien comprendre de ce dont l’accuse le coordinateur. Dans cet habit, il y a son passeport, ses cellulaires et d’autres objets de valeur. A chaque fois qu’il voit Sani, il lui dit : donne-moi mon pantalon. Il le trouve dans son bureau, à la fada, toujours c’est : donne-moi mon pantalon ! Cette phrase est devenue une manie pour lui. Mais enfin, quand il commence à menacer Sani de licenciement., la nouvelle éclate au grand jour. De l’autre côté, Inissafa était chez sa tante. A la descente, Sani est parti pour la faire revenir. Elle accepte, à condition qu’il déplace la pièce de 100 francs qui était sur la table au salon.

Personne ne peut nier le bon comportement de Sani dans la gestion de cette crise. Mais les agissements de nos fornicateurs sont-ils fondés ?


Le faux pet du berger peulh

C’est une histoire vraie qui s’est passée entre le forgeron d’un village de Tahoua et un berger peulh. Le forgeron doit récupérer et garder avec lui une somme d’argent qui appartient au peulh suite à la vente d’une de ses vaches aux villageois.

Sa vache est malade. Elle est fatiguée. Elle ne peut pas aller jusqu’au sud, la destination finale des transhumants. Il décida de la vendre à la population du village. L’animal a été égorgé et la viande vendue à tous les chefs de ménages. Cette pratique est très courante dans les villages nigériens. On achète un animal (vache, taureau ou chameau) qu’on égorge. La viande est partagée en fonction des acheteurs connus d’avance. On fait des tas de morceaux que chacun ramasse en fonction du nombre de tas qu’il a soumissionné. Dans ce genre de situation, l’acheteur n’est pas obligé de payer sur place. Un délai est fixé au terme duquel chacun est tenu d’honorer son engagement. Parfois, ce délai peut aller jusqu’à la saison des récoltes, période pendant laquelle, même si on n’a pas l’argent liquide, on a de quoi vendre pour rembourser. La saison hivernale approchant, notre  berger doit obligatoirement regagner les zones de pâturages pour ne pas avoir des problèmes avec certains producteurs. Ainsi, il ne peut rester jusqu’au délai prévu pour son désintéressement. Il désigna alors son ami le forgeron pour le représenter et récupérer son argent.

Juste après le départ du peulh, l’argent a été remis au forgeron comme prévu. Quelques moi après, le berger revient sur ses pas. Il campe, comme à l’accoutumée, derrière le village avec ses animaux. Un matin, il décida de rendre visite à son ami, le forgeron en vue de récupérer son argent qui lui a été confié. Une fois au village, il part directement chez son ami. Il le trouva dans son atelier entrain de faire des petits travaux. Après les salutations d’usage, il fait boire de l’eau à son hôte. Ils s’emballent dans des discussions ; des sessions de questions/réponses. Le forgeron sait d’avance les raisons de la venue du peulh. Il ne lui dit rien de ce petit trésor qui lui a été confié. Quand le propriétaire réclame l’argent, il lui répond qu’il ne l’a pas encore récupéré. Il demande au peulh de lui accorder un petit  instant pour aller le faire. Il le laisse le peulh dans la forge. Quelque temps après, la fille du forgeron entre dans l’atelier. Elle s’assoit en face du peulh. C’est une vraie touche à tout. Elle fait des va-et-vient dans la forge. Elle s’approcha d’un gros marteau. Elle tente de le soulever quand un bruit éclata de son derrière. Elle vient de péter. Elle dévisage le peulh et lui dit : « Ton pet sens mauvais !». Très stupéfait il rétorque : « Mais, c’est toi qui l’as fait, pas moi ». Une discussion tendue s’engage entre elle et lui. Elle insiste : c’est le peulh qui a pété. Son papa, qui doit ramener l’argent, n’est pas encore revenu. De sa chambre, l’épouse du forgeron entend les chuchotements de sa fille et d’un homme. Elle sort et rentre dans la forge. Elle reconnaît le peulh qui est là. C’est l’ami de son époux. Après l’avoir salué comme il se doit, elle le demanda ce qui se passe. Le peulh raconte tout ce qui s’est passé. D’un sursaut, la fille se tourne vers sa maman et lui dit que le peulh n’a pas dit toute la vérité. C’est lui qui a pété. C’est parce qu’elle est une gamine qu’il veut lui faire porter le chapeau . Elle nie en bloc les propos tenus par l’hôte de son papa, qui reste sans voix. Le peulh sait bien que ce n’est pas lui qui a fait ce pet. La fille aussi le sait. Mais le malheureux n’a aucune preuve de son annonce.

La maman leur dit qu’elle peut retrouver le coupable. Sans connaître les conditions, les deux protagonistes acceptèrent cette médiation. Pour démasquer le coupable elle demanda à chacun d’eux de lui montrer son anus. C’est à travers ça qu’elle reconnaîtra de quel anus le pet est sorti. La fille accepta. Elle s’accroupit et retroussa son pagne jusqu’à la hanche. La maman examine son anus et dit que ce n’est pas de ce dernier que le pet est sorti. Pendant tout ce temps, la tête du peulh est baissée. Il ne peut pas regarder une telle obscénité. Maintenant la maman lui demande s’il est prêt à prouver son innocence. Il est dépassé par les événements. Comble de malheur, aucun client n’est  venu à la forge au moment de cet incident. Il n’y a personne pour l’aider à s’échapper des griffes de ces deux mesquines. Il refusa catégoriquement de faire baisser sa culotte pour qu’on examine son anus : surtout pas par une femme sédentaire. S’il le fait, il sait d’avance qu’il sera désigné comme responsable : sur deux accusés, le premier a déjà été lavé de tout soupçon. Ce qui est sûr ces deux femmes lui feront porter le chapeau. Si les siens apprennent cette nouvelle, il sera couvert de honte et sa famille n’aura aucun respect. Pour étouffer vite l’affaire, il dit à « la juge » qu’il ne veut plus de l’argent qu’il est venu chercher. D’ailleurs qu’elle dise à son mari de venir à son campement le soir pour prendre un bouc et faire de la viande.

Le peulh a été escroqué. Mais, la question que je me pose est la suivante : qui a donné cette idée d’observer le derrière des coupables ? Le forgeron n’est pas  revenu qu’à la fin de l’affaire. Pensez-vous que c’est lui qui a monté tout ce scénario ?


Les oubliées de la fête de la femme nigérienne

Le 13 Mai, de chaque année au Niger, est  célébrée la fête de « la femme nigérienne ». Cette célébration marque une longue quête de l’équité entre les femmes et les hommes. Mais depuis 21 ans de lutte, de réclamation d’indépendance et d’autonomie, les résultats de cette quête restent mitigés. Le fossé entre les femmes rurales et les femmes citadines est toujours grand.

 Selon un rapport du PNUD (2005 : 27), la population nigérienne vit dans une situation de pauvreté, qui constitue une menace pour la cohésion sociale. Selon les données disponibles, 63% de cette population vivent en deçà du seuil de la pauvreté monétaire (75 000 FCFA et 50 000 FCFA par an respectivement pour les zones urbaines et rurales), et 34% dans l’extrême pauvreté (50 000 FCFA en milieu urbain et 35 000 FCFA en milieu rural.

Dans les zones rurales, les femmes vivent dans une pauvreté souvent extrême, elles travaillent sans répit pour leurs enfants et leurs maris. Elles constituent aussi une source de main d’œuvre pour le secteur agricole traditionnel, dont elles sont l’élément majeur. Ainsi, en dehors du fait que les femmes sont très actives en zone rurale, et que 4 pauvres sur 5 vivants en milieu rural, 3 pauvres sur 4 sont des femmes. (Ibid. : 27). De ce constat on peut affirmer que la pauvreté est quasiment féminine au Niger, et surtout dans le milieu rural en particulier. Cette situation maintient les femmes dans une position de dépendance permanente vis-à-vis des hommes. Et cela a pour corollaire les questions sociales dont il faut tenir compte : l’inégalité d’accès aux ressources, l’exploitation, le bas niveau de formation, l’accès réduit à l’information, etc. Mais il existent au Niger des associations et ONG qui affirment défendre la femme et contribuer à l’amélioration de sa condition.

Il faut aussi ajouter que, les quelques activités exercées par les femmes s’inscrivent dans le prolongement de leur savoir traditionnel et, en quelque sorte, de leurs activités de femmes au foyer : fabrication et commercialisation de galettes, beignets, bouillie, ainsi que le commerce saisonnier des produits maraîchers comme la patate douce, le manioc, l’oignon, le gombo, …, qu’elles vendent à domicile ou de maison en maison par le biais des enfants. Le choix de cette activité se fait souvent en fonction de sa compatibilité avec la garde des enfants et les tâches ménagères.

Je n’ai pas besoin de vous rappeler que, les revenus de ces activités sont généralement dérisoires et ne sont utilisés le plus souvent que pour l’achat des condiments et les contributions cérémonielles. Cela ne permet en aucun cas, aux femmes d’épargner pour songer au développement d’activités beaucoup plus importantes leur permettant d’accéder à une autonomie financière afin qu’elles puissent se libérer de leur entière dépendance à l’homme.

Les tâches socialement attribuées à la femme nigérienne rurale ne lui permettent pas d’engager d’autres actions visant à son épanouissement. C’est pourquoi, j’ai voulu que nos associations de soit disant « défense des droit de la femme » jettent un coup d’œil sur le « portrait robot » de la femme rurale fait par un professeur de l’Université de HARARE, et repris par CHLEBOWSKA Krystyna (1990 :21). Pour ce spécialiste en éducation des adultes, la femme rurale est :

  • Une personne de couleur ;
  • Entourée de marmots ;
  • Souvent enceinte ;
  • Transportant des jarres d’eau de la rivière ou du puits ;
  • Portant un bébé sur son dos et fagot de bois ou de branchages sur sa tête ;
  • Parlant sa langue vernaculaire, mais pas la langue officielle ;
  • Ne sachant ni lire ni écrire ;
  • Très peu ouverte au fait de la vie moderne et du progrès ;
  • Ne disposant que de peu d’argent ou sans argent pour les besoins élémentaires de la famille ;
  • N’ayant qu’un accès limité aux services sociaux et médicaux ;
  • Dont le mari a un emploi marginal en ville et apparaît rarement à la maison.

Les quelques changements apparus

 La planification familiale commence timidement à porter ses fruits, et quelques femmes, avec l’accord de leurs maris, font usage de  contraceptifs ; une chose qui auparavant a été la cause de plusieurs divorces.

L’accès aux services de santé s’est amélioré. Ils sont souvent débordés, surtout avec la gratuité des soins pour les mères allaitantes, en grossesse et les enfants de 0 à 5 ans ;

L’éducation des jeunes filles : les pères sont encore très rétifs pour qu’elles poursuivent des études, et nombreuses sont celles qui sont mariées dès l’âge de 15 ou 16 ans. Aujourd’hui grâce aux actions menées par les associations féminines, la tendance s’est inversée.  À l’école primaire, presque 3 élèves sur 4 sont des filles (à l’école normale Kaocen de Tahoua, il y 986 filles contre 409 garçons).  Au collège le taux diminue très fortement hélas. On constate donc que peu de jeunes filles obtiennent le BEPC, et encore moins accèdent au lycée et à l’université, et pourtant elles ont de très bons résultats scolaires.

Elles font usage de plus en plus des téléphones portables pour appeler la famille et écouter de la musique. Avec l’électrification qui s’installe en milieu rural, de plus en plus de ménages  possèdent un téléviseur et un lecteur de cd, bien regardé le soir par les femmes et les enfants ce qui est dans les années 80 impossible. Seuls les hommes ont accès aux  télévisions installées dans les Samaria (sorte de centre de jeunes) dans tous les gros villages du Niger. Aucune fille ne veut se faire surprendre à la Samaria. On le qualifierait  de garce.

De plus en plus de coopératives féminines voient le jour, qui mettent en valeur le savoir faire artisanale des femmes, ainsi que des activités commerciales.

Par contre en ville, l’exploitation des jeunes filles et femmes des milieux ruraux, qui viennent se louer pour de très faibles salaires pour les travaux ménagers et garde d’enfants, perdure. Les ONG de défense des droits des femmes devraient intervenir dans ce domaine.

Elles devraient également beaucoup plus s’investir davantage dans l’éducation des jeunes filles, pour que celles-ci puissent au moins savoir lire et écrire.

 Célébration de la journée de la femme nigérienne  a pour thème cette année: «La contribution de la femme rurale dans la mise en œuvre de l’initiative 3N». Au regard de ce que nous avons dit plus haut, ce thème est plus politique que féminin.

 Les femmes de l’école normale Kaocen de Tahoua ont choisi d’organiser un tam-tam (en retard) pour célébrer à leur manière cette journée. Un orchestre qui n’a pas rassemblé beaucoup de monde, même chez les organisatrices. Il a seulement permis aux curieux qui auparavant n’ont pas droit d’accès à l’établissement  d’entrer et sortir comme bon leur semble.

 Pour finir, je me demande si la condition de la femme rurale intéresse peu ? Et pourtant les femmes nigériennes qui ont eu accès à l’instruction, qui militent dans des associations ou ONG, qui vivent en ville, travaillent dans des institutions publiques ou privées (enseignantes, fonctionnaires, etc.), conduisant parfois des 4×4 rutilants, devraient réellement s’investir et œuvrer à une meilleure éducation de leurs sœurs « rurales », ces dernières contribuant chaque jour par leur dur travail à nourrir les premières. Cessez d’être gourmandes et avares!


Niger : les initiatives féminines

Les initiatives féminines concernent tous les projets conçus et exécutés par les femmes en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie . En effet, les femmes rurales au Niger n’ont pas droit à la propriété foncière. Elles sont aussi défavorisées par leur méconnaissance des règles de systèmes bancaires, du marché et de la commercialisation.  Ce qui explique leur accès difficile aux crédits, pourtant indispensables à la mise en œuvre des Activités Génératrices de Revenus (AGR) supplémentaires .

 Dans les villages nigériens, avant, les femmes s’organisaient, bien que timidement pour former leur propre système d’épargne collective : ainsi en est-il de l’exemple de cette ancienne pratique, « la tontine » ou adashe en hausa. Elle consiste à ce qu’à chaque échéance, une semaine, un mois, etc., selon ce qui a été arrêté par les membres, la totalité des cotisations soit remise à l’une d’entre elles pour réaliser un projet important. Ce système, malgré sont mode de fonctionnement informel, fonctionnait en rotation et permet à chacun des membres du groupe de profiter de cette épargne collective.

Le village est aujourd’hui couvert par l’apport d’une mutuelle de crédits qui octroie des prêts aux femmes et aux hommes désirant mener des Activités Génératrices de Revenus. En dehors de l’appui de la mutuelle, les femmes sont regroupées autour des « Asusus ». Ce dernier est une pratique très ancienne, qui consiste à creuser un trou ou à chercher un matériel en argile ou en métal (boite), percé au commet dans lequel la personne verse soit quotidiennement ou d’ouverture de son moyen d’épargne. Mais aujourd’hui cette pratique a connu des innovations. Ce qui fait qu’elle se pratique dans une caisse regroupant plusieurs personnes. L’échéance pour l’ouverture de ladite caisse est fixée en commun accord entre les personnes membres. Les «Asusu» d’aujourd’hui ont tendance à s’assimiler aux tontines, la seule différence constatée est, le fait qu’à l’ouverture on ne donne pas la totalité de l’argent à une seule personne. Le montant est partagé entre les membres.

Ils sont assez représentatifs du paysage féminin dans l’arène locale. Ils sont le mode dominant de la participation des femmes à la vie des projets qui en sont l’émanation. De plus, elles sont très convoitées et se forment sur un modèle de compréhension et de liberté d’action. Les femmes se regroupent selon leur disponibilité et leur entente mutuelle, autour de ces « Asusus ».

Les femmes apprécient les retombées de ces nouvelles initiatives qu’elles sont en train de mener. Puisque maintenant, avec le recul de la solidarité qui prend de plus en plus de l’ampleur dans la zone rurales comme urbaines, les femmes surtout sans tutelle maritale, se trouve obligées de chercher leur bien-être et celui de leurs enfants.

Dans certaines régions du pays, les femmes investissent dans les cultures de contre saison. Mais leurs investissements ne sont pas directs. Elles accordent des prêts d’argent aux hommes engagés dans la culture d’oignons, des laitues, etc. elles reçoivent en contre partie de la production. Cet argent investi provient, soit de la vente d’un bétail, soit de quelques sacs de céréales convertis en nature. Elles gardent ses parts, qu’elles vont vendre quelques mois après dans l’espoir d’engranger des bénéfices. Ces transactions généralement familiales  ne sont pas sans risque. Certains hommes malhonnêtes ne respectent pas leurs engagements et seules les femmes assumeront les conséquences.

Cependant, avec le système de « Asusus », les femmes achètent des oignons déjà récoltés, le mil, le niébé, la tomate sèche et autres marchandises pour vendre lorsque les prix seront à la hausse. En plus, elles font l’embouche ovine et octroient des crédits tirés de leur «Asusu» à d’autres femmes et aux hommes pour le mariage, baptême, pour financier les frais d’hospitalisation, de transport d’un fils qui désire partir en exode pour ne citer que cela.

Dans ces crédits que les «Asusu» accordent, elles perçoivent un intérêt de 10%. Celui sera partagé à part égale entre tous les membres du groupement dès sa création. La somme perçu permettra à leur épargne d’accroitre considérablement. Cela leur permettra de mieux s’investir dans d’autres activités ou encore s’engager dans l’embouche ou le stockage d’oignons ou des céréales.

 Il faut noter que les femmes animant ces ‘«Asusu» au Niger ou ces groupements, sont en majorité veuves et divorcées. Il y a aussi une proportion non négligeable de femmes dont les maris ont un âge avancé ou qui sont incapable de subvenir aux besoins élémentaires de la famille. S’agissant des jeunes femmes, elles sont quasi absentes dans les groupements ou « Asusu ». Elles veulent adhérer mais, elles hésitent trop craignant la réaction de leurs époux. Ce qui permet de déduire que jusqu’à présent, il y a une emprise des hommes nigériens sur leurs épouses. Ils ne leur permettent pas d’agir de façon libre dans les projets leur permettant d’acquérir une autonomie ne se reste que financière.

Enfin, il faut noter que ces initiatives, sont en train de donner à femmes nigérienne où qu’elle soie, une position très viable par l’acquisition d’une sphère d’action identique à celle qui était longtemps réservée aux hommes. Parce qu’elles sont aujourd’hui plus ou moins financièrement autonomes ce qui leur permettra à long terme d’initier des activités de grande envergure.

Subséquemment, de par la nouvelle approche de développement, les actions menées par les agents de développement (ONG, AD) ne se font plus de façon mécanique ; mais elles se déroulent de manière à tenir compte des particularités de chaque zone d’intervention. L’ONG ISCV TATTALIN RAUWA œuvre inlassablement dans ce sens à travers l’encadrement des groupements féminins dans 5 départements de la région de Tahoua à savoir : Madoua, Bouza, Malbaza, Tahoua et Illéla. Toutes ses actions tiennent donc compte des goûts de personnes cibles. Au cours de ces opérations, on doit sensibiliser la population sur la nécessité de travailler ensemble sans exclusion ni discrimination de sexe afin de réduire le spectre de la pauvreté. Ce qui a permis avec le rapprochement gouvernants/ gouvernés (communalisation) de mieux connaître les personnes concernées et de solliciter leur participation active et consciente. Cette démarche a abouti à une conscientisation des hommes sur l’importance de la participation féminine dans tout ce qui concerne la vie de la communauté par des actions concrètes qu’elles sont en train d’entreprendre de par leur propre initiative. Il est à constater dans ce cas une participation des femmes, qu’il s’agit de la gestion communale (8 femmes sont responsables des mairies au Niger, dont 2 dans la région deTahoua) ou de l’animation des groupements. Mais la frange dominante est composée de vieilles femmes.


Abuja et les affichages publicitaires anarchiques

Abuja, est l’une des capitales africaines les plus structurées. Mais, cette agglomération comme beaucoup d’autres, est confrontée au problème des affichages publicitaires anarchiques.

Abuja est une ville très couteuse. La publicité aussi. Ici  les populations font recours à des moyens très simples pour faire passer leurs messages, leurs annonces. Ainsi, il y a des affiches publicitaires partout à Abuja partout : sur les lieux à forte concentration humaines, dans les lieux religieux, les bâtiments publics, sur les poubelles, même sur le goudron, partout où un bout de papier pourrait être accroché. Peut être seule la présidence n’est pas couverte de ces affiches anarchiques qui spolie le paysage urbain. Néanmoins, ils constituent un moyen privilégié qui permet à moindre coût, de toucher le maximum de cibles. La cité d’Abuja est en majorité composée des travailleurs et des migrants. Ses résidents n’écoutent pas tous les jours la radio. Ils regardent moins la télévision du fait des coupures intempestives d’électricité. Tout le monde est occupé.

 Il suffit d’imprimer quelques pages et les remettre à des petits enfants qui à leur les accrocheront sur tout ce qu’il trouve. Il est beaucoup plus facile de se concentrer sur une annonce maladroitement pendue sur le mûr du voisin que sur internet. Ces affichages publicitaires désordonnés concernent principalement  les cas d’embauches, les cours de maison, l’ouverture d’un nouveau lieu de culte, l’etc. Certains marchands font recours à cette technique pour faire connaitre leurs commerces nouvellement ouverts.

Ces derniers temps, avec les différents scrutins de 2015 et 2016 au Nigeria, les affiches politiques sont venues à graver davantage la situation. Mais, depuis la semaine passée la municipalité d’Abuja (Abuja Municipal Area Council) a commencé à se débarrasser de ces panneaux qui inondent les grandes artères de la capitale.


Mécontent du Clacico

Le football est le sport le plus populaire au monde. Le championnat européen a des milliers de supporteurs au Niger plus que le championnat national. Leur penchant effréné de certains clubs les pousse à tout faire.

C’était le samedi 2 avril 2016. Je dois voyager le lendemain de très bon matin. Après la station d’essence, j’ai demandé à mon ami de me déposer chez le coiffeur.  C’était vers 18 heures. Il n’y a personne dans le salon de coiffure, même pas le propriétaire. J’ai de la chance, je commence à soliloquer. Car je n’aime pas faire la queue dans ces genres d’endroits. Je m’assois sur la chaise. Quelques temps après, le coiffeur me rejoint. Il se trouvait avec d’autres jeunes. Ils regardaient un match de football entre les deux clubs espagnols : Real Madrid et le Barcelona. Il a transféré la seule télé qui sert a tué le temps pour les clients dehors. Le salon est très exigu (pas plus de 4m²) et il ne peut contenir tous les spectateurs qui sont venus ce jour observer le ce match. Je suis un habitué de ce salon. Le responsable connait d’avance le genre de coupe de cheveux que j’aime. Je suis son client permanent (même si mes deux dernières coiffures je les ai faites ailleurs). Il fait semblant de stériliser la tendeuse et commença à m’arracher les cheveux. Mais je comprends vite qu’il a son esprit ailleurs. Il n’a plus de concentration. Pour éviter de se faire couper, je lui demande de faire attention à où il pose sa tendeuse. Chaque 5 secondes, il sort du salon pour regarder la suite du match. Il ne veut pas me laisser aller me faire coiffer ailleurs. Car chaque fois que je viens chez lui, je payais le double. Parce que je veux être bien servi. En fin, il me suppléait de lui permettre d’aller revenir dans 2 minutes. Le temps demandé s’écoula et il ne revient pas. Je retire le tissu qu’il m’à couvert une partie du corps. Je nettoie les cheveux tombés sur mes vêtements et sors du salon, une partie de la tête mal rasée et en colère. Heureusement que c’est la nuit. Et personne ne peut apercevoir ma tête mal rasée. C’est son collègue du prochain virage qui m’a terminé le travail. Imaginez-vous, il m’a abandonné à cause du clacico. Fidéliser le client est un procédé que toutes les entreprises n’ont pas pu maîtriser. Mais au Niger, on préfère aller soutenir une équipe du football qui ignore votre existence que de garder sa clientèle.

Ici, les jeunes sont aveuglés par le championnat européen. Chaque club a des milliers de supporteurs au Niger. Ils prennent d’assaut les télévisons lors d’un match qui n’est pas étonnant parfois de se terminer par des échauffourées entre les différents camps ou les fans. Ils ne négligent rien qui concerne « leurs équipes » qu’ils  suivaient pas à pas. On peut dire qu’ils sont informés de l’évolution de ces équipes. Un supporteur nigérien peut passer toute la journée à te parler des exploits du PSG, du REAL du BARCA, de LIVERPOOL, de MANCHESTER, pour ne citer que cela. Il a mémorisé les noms de tous les joueurs,  de tous leurs entraineurs, la taille de leur stade  mais,  il ne se rappelle guerre de la date de l’indépendance de son pays. Nombreux sont ceux qui ignorent l’histoire de notre onze national. Quelle honte !


Les sales boulots des marabouts

Un marabout, est une personne qui a été à l’école coranique et qui a appris  et/ou a mémorisé le coran dans son entier. Il doit à son tour l’apprendre à d’autres. Il met scrupuleusement en pratique les règles de sa religion. C’est un prédicateur. Mais  certains se détournent de leur mission.

Il y a longtemps, on reconnait au marabout, la piété, le respect, et l’amour du prochain. Il est  un exemple qu’on doit suivre. Dans les sociétés traditionnelles au Niger, il est le conseiller, le juge à la cour du roi. C’est la 2e personnalité du pouvoir traditionnelle.  Aujourd’hui, il prend de plus en plus la robe de guérisseur-charlatan. Il devient à cet effet, le catalyseur, la main invisible qui contribue à la dislocation des foyers. Grace à  sa connaissance mystique du coran, il peut changer le court des choses selon lui. Ce savoir dans un savoir, n’est pas donné à tout le monde.  Les musulmans en général et les politiciens en particulier n’entreprennent rien sans se confier à un  marabout. Au Niger, les choses ne se jouent pas seulement dans l’arène politique ou  dans l’hémicycle. C’est à lui que revient le dernier : à quoi on doit faire confiance ; qui doit être nommé à quel poste. Tout se fait presque suite aux conseils du marabout. Ainsi, au début des campagnes électorales au Niger on remarque un fort taux de sacrifice animalier. Dans certaines villes, on signale très fréquemment la disparition des petits enfants. Dans les coups d’état, il y a toujours la présence du marabout. C’est lui qui doit chercher la chance et dévaliser le terrain aux perchistes. Il doit noter l’heure, le jour et même parfois celui qui doit diriger la gante. Les grands bandits ont toujours un lien avec des marabouts pour accomplir leur sale besogne. Il intervient dans les scandales et les détournements spectaculaires. Il  « attache la bouche » des autres pour  ne voir et ne rien dire. Quand j’étais au collège, derrière la maison de mon tuteur il y a un « puissant » marabout. Chaque fois il utilisait certains de mes camardes comme scribes. Il taillait pour eux des écritoires en tige. Ils se servent d’une encre à base du charbon et de la gomme. Ils écrivaient sur des ardoises en bois des formules incantatoires toutes en arabes qu’il essuyait d’une eau de son bouilloire dans un contenant. La nuit chaque client arrive en toute discrétion avec une petite  tasse dans laquelle on lui sert les écritures effacées des ardoises.

Ce sont les femmes qui payent cher

Au Niger 3 mariages sur 5 finissent par un divorce. Pour retrouver son ancien mari, la  femme est prête à tout. Elle vend tous ses biens et se rend chez le marabout. Certaines consultent pour ne pas avoir des coépouses. D’autres le font pour que le mari  les amène avec lui à l’exode. Les vraies solutions d’amour ne sont pas chez ces charlatans. Mesdames, comportez vous en bonnes épouses et laisser la nature faire le reste. La femme est aussi l’un des points faibles de ces pseudos religieux à forte libido. A leur jeune âge ils n’ont jamais eu de contacte avec des filles ou le plaisir charnel. Ainsi, il leur est presque impossible de se contrôler devant une femme. Une fois dans leurs bureaux, il est difficile pour ce qui croit en eux d’échapper. Pour coucher avec sa cliente, il écrit des versets du coran sous forme d’incantations sur son pénis. Il propose à la femme de la pénétrer. Excusez mon langage cru, je n’ai pas trouvé une autre façon de le dire. L’écriture laissée dans son machin, lui donnera une saveur incalculable. Quand le mari le « goûte », il ne peut pas s’en passer et elle le gardera pour toujours. Quel traitement ! Beaucoup d’entre elles qui ont pris ce risque sont tombées enceintes ou finissent par épouser le marabout.

 Pour celles qui refusent l’option de coucher, on leur propose d’amener un moreau de viande cru sur lequel il écrits d’autres incantation. Il demande à la femme de le garder dans son sexe pendant 24 heures. Une fois ce délai écoulé, qu’elle le cuit et le fait manger à son mari. [pas de vomissements sur le clavier !]

Pour s’enrichir, une femme est capable de tout. Sur conseils de leurs marabouts, des restauratrices, préparaient leurs mets avec une eau qui a servi à laver les dépouilles dans les morgues. D’autres l’assaisonnent avec des parties génitales prélevées sur des cadres dans des cimetières ou une eau qui a servi à la toilette intime. Ces pratiques contribuaient à garder l’affluence de la clientèle.

Sachez en fin que le maraboutage est un moyen de se procurer de l’argent. Il  est plein d’escroquerie.  Prenez vos précautions. Les bonnes manières payent mieux qu’un gris-gris ou la consommation d’écritures liquéfiées. Rien n’empêche au destin de s’accomplir !


Contre les appels encombrants

Il n’y a pas plus ennuyeux qu’un appel à répétition  d’un correspondant anonyme. Pour certains, un téléphone est fait pour appeler tout le monde n’importe comment et à tout moment.

Parfois ce ne sont mêmes pas de vrais appels. Quelqu’un que tu ne connais pas te bipe 5 fois à l’intervalle de 2 minutes. Il veut quoi, tu ne sais pas. S’il est à court de crédit de communication rien ne l’oblige à insister. Ce sont les filles qui le font à l’endroit des jeunes garçons, et les hommes aussi. Beaucoup se sont fait des copines à travers cette pratique perverse. Le principe est de composer un numéro à tout hasard. S’il décroche, on s’emballe dans la discussion. Si le correspondant n’est pas un habitué et commence à s’énerver on se cache derrière le fallacieux prétexte que c’est une erreur. « C’est ma cousine Zina que j’ai voulu appeler, pardon » ; « c’est ce numéro qui m’a contacté il à trois jours de cela »; «je cherche le Cameroun».  Si  l’appelé lui aussi avait la même manie, le tour est joué.

Des personnes que tu ignores et qui te confond à un autre t’appellent et te couvrent d’injures. Mais cela a diminué, depuis que l’Etat nigérien a obligé tous les abonnés téléphoniques à se faire identifier.  Beaucoup des utilisateurs mal intentionnés ont été épinglés par la police pour des plaintes d’autres utilisateurs. Ma voisine a été victime de cela. Une fille lui envoyait des messages très compromettants. Elle l’a qualifiait de pute. Elle l’a menaçait aussi qu’elle viendrait bientôt rejoindre son foyer entant que sa coépouse. Quand elle a saisi la police de l’affaire, la fille a été vite identifiée. C’est une élève qui fréquentait l’établissement où le mari de ma voisine était surveillant. Une coïncidence ou un complot ? Jusqu’ici personne ne connait ce qui s’est réellement passé. Peut être on ne le saura jamais, car la femme en question a été répudiée.

Moi je suis mauvais toujours en présentation. Le fait de m’appeler et ensuite m’imposer à décliner mon identité me fait le plus mal. Si tu ne me connais pas, tu veux faire quoi avec mon nom, mon lieu de résidence ?  Si je pouvais, je leur arracherai la langue.

On a  coutume de dire que quand les conditions changent, l’être humain est obligé de s’adapter ou de disparaître. Face à ces cas d’impolitesse, certains utilisateurs de téléphonie ont trouvé des solutions très simples. L’objectif est de faire peur à l’appelant en le décourageant à ne plus rappeler.  Si on pouvait au moins appliquer ces mêmes méthodes aux « brouteurs », c’est nouveaux escrocs d’internet. Quand un correspondant insiste, tu décroches et quand il demande c’est qui, il suffit de lui dire que c’est à la morgue qu’il appelle. Automatiquement il coupe le téléphone. Certains répondent que c’est l’hôpital. On a très peur de la maladie et de la mort. Pourtant c’est inévitable. Dans la société traditionnelle nigérienne, on respect les morts. On craint aussi des fantômes. D’autres parlent du commissariat ou du camp militaire. Les populations ont une mauvaise image des policiers et du commissariat, au point  qu’elles ne veulent plus entendre parler d’eux. La seule évocation de ces lieux vous donne la sueur au front. J’imagine que vous avez une fois assisté  au  châtiment exemplaire d’un malchanceux qui se met au travers du chemin d’un militaire. On  se passe même pour le commissaire ou le colonel. Cela te vaut des tas d’excuses et une promesse de ne jamais rappeler ton numéro. Il fallait voir la réaction d’un boutiquier qui cherchait à joindre son fournisseur de lait en poudre. En une semaine il a appelé la même personne 17 fois et à 17 reprises on lui répond qu’il s’est trompé de numéro. À la 18e fois, son interlocuteur lui affirme qu’il est ABubakar Shekau. Aussitôt il laissa tomber son appareil cellulaire. Son voisin d’en face qui observait la scène le demande  ce qui se passe ? Il dit : « je viens d’appeler Chekau le « président » de BOKO HARAM. Et si je  ne fais pas attention, la police risque de débarquer chez moi à tout moment ». Il demanda à un autre boutiquier de lui supprimer le numéro de son historique d’appel en plus des autres qui ne sont pas enregistrés sous aucun nom ou pseudonyme. Même si la blague est de mauvais goût, le petit commerçant a payé pour sa cupidité. Ne fait jamais à quelqu’un ce que tu ne veut pas ou qu’il ne veut pas.


Moi, politicien?

Les comportements indignes et anti républicains des hommes politiques nigériens lors de dernières échéances électorales m’ont trop déçu. On dit qu’en politique on doit avoir des idées propres. On doit défendre une idéologie.  Mais  au Niger, c’est tout à fait le contraire.

La situation politique actuelle au Niger me donne froid au dos. Des vaincus qui refusent de reconnaître leur défaite. Si, moi ou mon allié ne gagne pas, que le pays s’embrase. Des querelles politiciennes profitables à personne. Ainsi, elle m’a retiré cette ambition de la chose. Des personnes qui n’ont aucune assise, sans aucun mandat se permettent de parler au nom de l’électorat nigérien. De quel électorat vous parler ? Les 5% de Niamey ? Mais sachez que Niamey n’est pas le Niger. Des pseudos politiciens, et qui n’ont même pas été candidats, menacent de ne pas reconnaître les résultats et les institutions issues des suffrages des urnes. Pourquoi? Nulle part au monde, on assiste à un tel scénario si ce n’est pas au Niger. On veut nous faire croire que rien ne va plus. Pour que la communauté internationale nous coupe son « robinet ». Le but c’est d’asphyxier l’état, le pouvoir en place qu’elle que soit sa légitimité. Pourtant ce n’est pas ça le rôle de personne. Cependant, le mensonge, la diffamation, l’incitation à la violence, deviennent les maîtres mots de la classe politique  africaine. On vit avec des hommes politiques jaloux et très gourmands. Ils ne pensent qu’à remplir les poches. Ils se décarcassent pour arriver au pouvoir par tous les moyens. Une fois au perçoir, ils oublient toutes leurs promesses électorales. Le développement du pays et l’amélioration des conditions des vies des populations n’est plus à l’ordre du jour. Leurs rêves aussitôt est de renouveler leurs parques automobiles, construire des villas luxueuses, des maîtresses et des comptes offshores de tous côtés. Pour toutes ces raisons, je pense que je préférais rester toujours blogueur. Aujourd’hui la blogosphère mondiale est comme ce soleil qu’on ne peut pas éteindre. Un bon blogueur m’impressionne mieux qu’un sale politicien. Je préférerai en cela, perdre mon temps sur un billet qu’un discours politique. Moi politicien pourquoi? Permettre l’enrichissement illicite? Favoriser certains et anéantir ceux qui ne sont pas de mon camp? Je ne veux pas quitter cette vie avec des remords ou de regrets. La situation actuelle est tellement pourri au point de se demander si réellement le politique est conscient de l’apport de la jeunesse dans quel rôle joue la jeunesse à la construction d’une nation.


Un second tour spectaculaire au Niger

Pour la première fois au Niger, un candidat au second tour se trouve en prison. Hama Amadou qui a fait sa campagne du premier tour depuis sa cellule à Filingué. Il  est arrivé 2e devant tous les autres leaders de l’opposition. Aujourd’hui c’est depuis sa chambre d’un hôpital parisien qu’il  tira les ficelles pour changer le court des choses le 20 mars, peut-être. Mais à écouter l’opposition politique nigérienne, rien ne va plus au pays. On a l’impression que le pays est entrain de s’effondrer dans le gouffre. Après leur défaite sans précédent au premier tour de la présidentielle et des  législatives, force est de constater que ses dernières prises de position étonnent plus d’un Nigérien. Tantôt elle parle de boycotte du scrutin du deuxième, tantôt c’est la suspension de sa participation à la CENI. La Coalition pour l’alternance ne joue t-elle pas au mauvais perdant ?

Les premières élections de 2016 sont les plus spectaculaires que le pays ait organisés. Apres le premier tour, les partis d’opposition veulent se retirer du processus électoral. Pour eux, le scrutin est entaché d’irrégularités et de fraudes. Aussi le candidat qu’ils soutiennent pour le second est toujours en prison. C’est à cet effet, que la COPA, parle de l’iniquité de traitement entre les deux candidats à la présidentielle. Pourtant Hama Amadou, c’est de lui il s’agit, était en prison avant même le premier. Si réellement ils veulent l’aider, pourquoi ont-ils alors choisi de participer, si un des leur est incarcéré? Cette notion d’équité, n’est-elle applicable qu’au second tour ? Sans risque de se tromper, on peut dire qu’ils avaient espéré trouver Hama à la 4e ou 5e place. Et malgré son incarcération, il leurs a donné une bonne raclée. A eux de le sous estimer désormais. Par la voix de son « président sortant » Monsieur Seyni Oumarou l’opposition politique réunie au sein de la COPA 2016 décide de suspendre sa participation au processus électoral en cours. Elle demande par ailleurs à ses représentants de se retirer de la Commission Electorale Nationale Indépendante. La COPA ou du moins les trois malheureux candidats (Seyni Oumarou, Mahamane Ousmane et Amadou Boubacar Cissé et peut être Hama Amadou) ne reconnaissent pas les résultats issus des élections du 21 février. Selon le porte-parole et directeur de programme du Moden FA LUMANA, M. Issa-Daouda Abdoul-Aziz dans un interview peu préparé avec la Voix de l’Amérique, le candidat Issoufou ne peut pas dépasser les 33%. D’ajouter, leur parti pose comme préalable libération et ensuite, la satisfaction des recours en annulation des résultats de certains bureaux de vote au premier. Pour celui qui veut l’entendre, ces conditions sont difficiles à satisfaire. car c’est le  28 mars prochain, une semaine après le second tour que le parquet se prononcerait sur la demande de liberté provisoire adressée par les avocats de Hama. Quand aux résultats, ils sont déjà proclamés depuis les 7 mars par la cour constitutionnelle.

La cour constitutionnelle nigérienne est aussi un autre problème de la COPA. Elle ne croit depuis un certain temps  à son impartialité. Pour preuve, elle insinue une absence de proclamation des résultats parce que faite tard la nuit du 7 mars dernier. D’un revers de la main, le secrétaire du gouvernement a essuyé ces accusations de l’opposition. Vraisemblablement, la qualification de l’homme de Youri au second tour risque d’être un gâchis. Lui qui devrait laisser la place à ces compagnons (Seyni ou Mahamane) a préféré quitter le pays et les laisser sans aucun statut pour revenir en fin chef de fil de l’opposition.

Le boycotte du second n’est que  de la poudre aux yeux.

Des communiqués et des points de presses contradictions ne permet à aucun observateur de la chose de bien comprendre la position de la COPA, du candidat Hama et de son parti. Mais pour la mouvance présidentiele, l’opposition, voulait la détourner de ses propres objectifs. Elle dit ne pas faire la campagne, mais en vérité ce n’est pas vrai. Elle mobilise son électorat à elle (dans ses fiefs) dans la discrétion et porte à porte. La COPA voulait surprendre le 20 mars Issoufou et ses partisans. Ainsi pour contrecarrer ces manœuvres, la MRN en plus de ses géants meetings dans le pays, elle contacte individuellement ces militants à travers des SMS.

 Bonjour. De source digne de foi: opposition entend par  *Boycott actif*  :

– Mobiliser son électorat à elle;

– Perturber à tout prix et PAR TOUTES méthodes, le vote dans les zones favorables  à Issoufou Mahamadou;

– Tromper les adversaires en ne faisant pas de campagne ouvertement mais faisant un « porte à porte’ intensif. Et cela nuitamment.

Tout cela pour que le 20 mars soit une surprise pour Issoufou. Prière de partager ce MSG et en tenir compte.

La vengeance, la passion des politiciens nigériens

Une chose est sure, certains politiciens nigériens sont rongés par la vengeance. C’est  est une passion pour eux. Ils oublient que c’est une maladie qui  empoisonne leur esprit et dévore leur âme. Un jour, elle vous éplucherait comme une grosse pomme. Vous perdez votre temps, votre argent, le peu de votre crédibilité qui vous reste. Ce n’est pas dressant les Nigériens contre eux que vous allez barrer la route au système GURI. L’appel à la révolution de vos partisans sur les réseaux ne sera qu’un vain mot.


Le berger et la fille du roi

 Libres ensemble

La personne humaine est douce, respectueuse et sans inquiétude. Elle doit respecter son prochain  et ne chercher que du bien des autres : c’est possible ! On a le droit de vivre, libre et ensemble, quelque soit nos défauts. Cependant, en ce qui concerne le mariage, dans nos sociétés traditionnelles souvent, le choix des parents n’est pas toujours fortuit. Mais il est parfois le fruit d’un temps de probation de l’homme. Ce conte nous édifiera d’avantage.

Falmata  était la fille d’un Roi très respecté pour son sens de responsabilité, d’équité et de justice.

Dans la cour du Roi, il y avait un berger : il se nomme Yinwa . Il a la confiance du souverain. Jugeant sa performance, le Roi décida de lui donner sa fille en mariage malgré que personne ne connaisse ses origines. Mais Falmata  n’est pas de cet avis. Elle veut d’un époux sans handicap physique. On lui présenta Yinwa , avec d’autres bras valides du palais. Elle vit, qu’il avait un doigt coupé. C’est quand il a voulu déterrer des tubercules pour la princesse qu’il a perdu ce doigt. Elle dit qu’il avait un doigt coupé. Elle ne voulut pas de lui. Ayant appris la nouvelle, un Serpent se présenta sous une forme humaine. Dès qu’elle le vit, Falmata dit « Voici l’homme de mon choix ».

Son père lui donna en mariage à l’homme qu’elle a librement choisi de vivre avec. Les cérémonies du mariage s’étant déroulées, le cortège nuptial partit avec la jeune mariée vers le village du jeune marié. Arrivé sur un plateau, le jeune marié demanda au cortège de retourner pour les laisser continuer le chemin. Le cortège fit demi-tour. Les jeunes mariés continuèrent leur chemin.

Arrivé au pied d’un fromager, le Serpent  mis la fille dans le trou situé au tronc de l’arbre. Il partit pour chasser. Falmata  la princesse a vu ses rêves se dissiper comme de la fumée. Le mari dont elle pensait vivre ensemble librement n’est même pas un être humain. Elle qui vivait dans un chapeau, où il ne lui manquait rien se trouve aujourd’hui coincé dans un tronc d’arbre. Elle ne peut plus sortir du trou. Elle est devenue une prisonnière de son égoïsme, de sa vanité.  De là, elle voit  une petite fenêtre à travers laquelle elle sentir ce qui se passe dehors. Ce plateau est le lieu de pâturage aussi pour le berger du Roi, son premier prétendant qu’elle a rejeté.

Du fond du trou, elle vit Yinwa .

Si tu retournes il faut dire à mon père

Que je suis dans le trou du tronc d’arbre

Que je suis en train de me battre avec des serpents’’

Yinwa a fait semblant de ne l’avoir entendu ni reconnue.

Elle  insiste :

‘’Yinwa pour l’amour du ciel

Si tu retournes, il faut dire à ma mère

Si tu retournes il faut dire à mon père

Que je suis dans les trous du tronc d’arbre

Que je suis en train de me battre avec des serpents »

« Falmata  ce n’est pas toi qui m’as refusé ton amour à cause d’un seul doigt coupé ? »

Le soir il fait rentrer les animaux à la maison

Le lendemain encore il retourne au pâturage et au même endroit

Falmata  le voit et elle commence à chante :

« Yinwa hé ! Yinwa

Si tu retournes il faut dire à ma mère

Si tu retournes il faut dire à mon père

Que je suis dans les trous du tronc d’arbre

Que je suis en train de me battre avec des serpents »

Yinwa  fait semblant de ne l’avoir entendu ni reconnue.

Elle insiste :

« Yinwa pour la cause de Dieu

Si tu retournes il faut dire à ma mère

Si tu retournes il dire à mon père

Que je suis dans les trous du tronc d’arbre

Que je suis en train de me battre avec des serpents »

Yinwa lui a répondu :

« Falmata  ce n’est toi pas qui m’as refusé ton amour à cause d’un seul doigt coupé »

De retour à la maison il dit à la mère de Falmata  de lui donner un peu de mil. Elle demanda.

« Toi qu’on nourrit, qu’est-ce que tu vas faire avec le mil ? »

 le Roi a dit de lui donner parce qu’on ne sait pas ce qu’il va faire avec. Yinwa  mis le mil dans le mortier. Il  donna le premier coup de pilon et commence à chanter avec la même voix que Falmata .

« Yinwa hé ! Yinwa »

Si tu retournes il faut dire à ma mère

Si tu retournes il faut dire à mon père

Que je suis dans les trous du tronc d’arbre

Que je suis en train de me battre avec des serpents

Ayant entendu cela, la mère de Falmata  dit : « Tu chantes comme ma fille. Où est-ce que tu l’as entendue ? Dis-le-moi et je te donne deux chèvres cadeau ». Le Roi dit qu’il en ajoute un bœuf et une génisse. Yinwa accepte de conduire les parents de Falmata  sur le lieu. Les compagnons du Roi et son armée se sont préparés et se sont dirigés vers le lieu. Arrivés à quelques mètres du lieu ils entendent Falmata  chanter :

« Yinwa hé ! Yinwa »

Si tu retournes il faut dire à ma mère

Si tu retournes il faut dire à mon père

Que je suis dans les trous du tronc d’arbre

Que je suis en train de me battre avec des serpents

Ils se ruèrent sur le fromager  l’abattirent et enlevèrent Falmata  . Elle  était à moitié humaine, à moitié serpent. De retour au palais, les marabouts et les guérisseurs prièrent et font usage de leurs connaissances pour que Falmata  retrouve sa forme humaine. Après quelques jours de prières et de sacrifices, Falmata  guérie. Elle décide de retourner prendre  le berger comme époux. Le Roi concéda à son beau-fils la moitié de son royaume enfin.


Égalité des sexes ou une hypocrisie occidentale ?

Les questions relatives aux rapports hommes-femmes ont fait et continuent de faire couler beaucoup d’encre. Qu’elles soient sociales ou familiales, nous avons parfois du mal à trouver le juste équilibre et à éviter les conflits, et les incompréhensions. L’ONU créa à cet effet, une journée internationale de la femme pour favoriser la participation de celle-ci, en tant que partenaire égale de l’homme.

C’est ainsi que Le 8 mars de chaque année est célébrée, ce qu’on appelle communément, « la journée internationale de la femme ». C’est une occasion pour les femmes, de faire le bilan de leurs luttes et surtout poser les perspectives.  Cette journée offre aux femmes nigériennes lettrées, la possibilité d’abandonner leurs lieux de travail. Au même moment aucune loi ne confirme le caractère chômé et payé de la journée. Elles colonisent  les médias nationaux pour  dénoncer, selon elles, les injustices faites par les hommes  et la société à leur égard. Le bilan de ces célébrations reste encore mitigé. Quelques progrès égalitaires sur le plan socioculturel, économique, linguistique, ethnique et religieux.

C’est l’ONU  qui a exprimé, la première, le besoin d’un principe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais demandons à l’institution initiatrice de cette politique, depuis sa création à cette date, combien de femmes ont joui de l’égalité de chance d’occuper le prestigieux poste de secrétaire général  après 71 ans d’adoption de la charte des Nations Unies ?   Pourquoi il n’y a pas de système d’alternance: quand un homme finit son mandat, il cède la place à  une femme?

Demandez aussi au pays qui abrite le siège de l’ONU combien de femmes ont brigué la magistrature suprême de la première  puissance de droit de la personne humaine  au nom de l’égalité de sexe? Cette question ne doit pas épargner les grandes nations comme la France championne de droit de la personne humaine, encore moins la Russie, le Japon, la chine bref les grandes nations ?

Le débat sur l’égalité entre l’homme et la femme ne trouvera jamais une fin tant que cette dernière pensait qu’ils sont égaux. Pour moi, le premier adversaire de la femme sur la question est dame NATURE qui les a créées ainsi. Il est très difficile de trouver un terrain d’entente entre les fondamentalistes et les modernistes sur la question. Les femmes cherchent leurs droits comme si elles étaient opprimées tous les temps. Pour les musulmans, cette question ne souffre d’aucune ambigüité. Dans un système économique, selon la  prescription coranique l’homme a toutes les charges et les femmes aucune. Le chapitre 4, verste 34 du Coran confirme cette affirmation : « Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens ». A travers la célébration de la journée de la femme nous dit-on, cette dernière cherche son émancipation.

Les femmes ont fait leur preuve sur tous les domaines de la vie parfois même dépassant les hommes. Sur les champs de combat, on a eu des femmes ministres, des femmes présidentes même. Si réellement l’homme et la femme sont égaux, pourquoi Dieu les a crée différemment ? Si on était tous du même sexe, à qui incombe la satisfaction de nos plaisirs charnels [ne me parlait pas du cas des homosexuels ou des lesbiennes surtout]. À la lecture de ce billet, je sais que les féministes et autres défenseurs des droits de la femme s’en prendront à moi. Gardez vos armes, je ne donne que mon point de vue. Et pourtant vous n’avez jamais exigé un match de football entre une équipe féminine et celle des hommes. Pourquoi, Mike Tyson n’a jamais eu d’adversaire féminin ? Pourquoi il n’y a jamais eu de combat de lutte traditionnelle au Niger ou au Sénégal, entre un homme et une femme ? Pourquoi il n’ya jamais eu de femmes pendant le tour de France ?

Oui, les femmes peuvent être prisonnières d’un système de relations de dépendance qui cause des frustrations aux uns et aux autres. C’est pourquoi, au nombre des problèmes actuels, figurent la place et le rôle de la femme. Hier encore occultée dans une société au sein de laquelle elle était aveuglement soumise au dictat d’innombrables tabous, littéralement écrasée par une excessive autorité maritale et par la pression des traditions ancestrales, elle se trouve aujourd’hui en face des exigences de l’évolution moderne d’où la question du genre.

Le genre est une porte ouverte sur les rapports entre les hommes et les femmes, sur les rôles attribués en fonction des sexes et sur les identités socialement construites. Les identités masculines et féminines doivent être questionnées et devenir objets d’intervention sur les stratégies de développement national. Tous les débats et conférences tenus sur la question du genre ont favorisé les femmes, si bien qu’on a assimilé l’approche femme et développement à l’approche genre et développement. L’ignorance de la masculinité résultait des approches qui considéraient les femmes comme les victimes d’une domination masculine et les hommes comme étant à la base du problème. Ainsi, il va de soi que les changements dans les attitudes et comportements individuels ne peuvent intervenir sans la prise en compte de ces deux composantes sexuelles. Cette manière d’aborder le problème peut changer la société, même si les sociaux selon le sexe ne sont pas supposés la changer. Il est aussi évident que, bien que le sexe de l’individu ne change pas, les rôles du genre ne sont pas statiques car ils sont appris et évoluent en fonction du temps. Ces rôles varient d’une culture à l’autre et d’un groupe social à l’autre en fonction de la classe, de l’ethnie et de la race.


Niger : pas de « coup K-O » pour Issoufou

Le fameux  « coup K-O »  tant chanté pendant la campagne électorale par la Mouvance pour la renaissance du Niger (MRN), mouvement pro Issoufou, n’a pas eu lieu.
L’élection présidentielle du 21 février a vu le président sortant, Mahamadou Issoufou, candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya), en tête du scrutin à l’issu du premier tour avec 48,41%. Mais, bien qu’honorable, ce score qui lui a permis de dominer ses 14 adversaires, n’est pas suffisant pour l’emporter. Issoufou ne pourra donc pas éviter un second tour avec des jeux d’alliances au sein de l’opposition.

Le 20 mars, le second tour opposera le président sortant et Hama Amadou, candidat du Mouvement démocratique nigérien (Modem Fa Loumana), arrivé deuxième avec  17,79% des voix.
L’adversaire d’Issoufou est en prison depuis plus de deux mois, il est incarcéré pour trafic présumé de bébés nigérians et interdit de sortir de sa prison.
L’ancien président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre affrontera donc Mahamadou Issoufou depuis sa cellule de prison, à Filingué (à 180 km de Niamey).

Samedi prochain les « arènes politiques » seront ouvertes pour une nouvelle campagne électorale, à 15 jours du second tour.
Cette campagne sera sans surprise, il y a peu d’enjeux. Issoufou l’emportera, c’est mathématique, il dispose d’alliés qui lui garantissent jusqu’à 57% des voix, contre 38% pour l’opposition.
La Coalition pour l’alternance 2016 (Copa 2016), la nouvelle coalition des partis de l’opposition qui soutient la candidature d’Hama Amadou, a tenté d’unir ses forces pour barrer la route au chef de l’Etat, mais en réalité elle a aucune chance, la Copa ne pèse pas plus de 40%. Tous les pronostics sont donc favorables à Mahamadou Issoufou.

Mais attention, il faut jamais jurer de rien, la politique ce n’est pas que de l’arithmétique, il y a aussi le facteur humain :

Premièrement, les électeurs ne respectent pas toujours les mots d’ordre de leurs partis politiques. Le transfert des voix ne se sera pas automatique. De plus, les reports de voix entre les deux tours ne sont pas tous évidents. Un des arbitres pourrait être Ibrahim Yacouba, Ministre des Transports puis directeur de cabinet adjoint du président Issoufou depuis 2013, il est arrivé 5e au premier tour avec 4,35 % des voix. Ses consignes de vote pour le second tour pourraient perturber des calculs trop rapides… mais il n’a rien dit pour l’instant. On sait qu’il a longtemps incarné le visage de la génération montante du PNDS avant d’être exclu du parti au pouvoir pour cause d’indiscipline et impulsivité. Ambitieux et dynamique, Ibrahim Yacouba a fondé en novembre 2015 son propre parti, le Mouvement patriotique nigérien (MPN) dont il a été le candidat pour la présidentielle de 2016. Il ne fait donc pas partie de la coalition de l’opposition COPA 2016. Voudra-t-il se venger après son exclusion du parti au pouvoir l’an dernier ? Nul ne le sait encore. Certains analystes politiques affirment cependant qu’il n’a pas d’autre choix que de rejoindre la Mouvance pour la renaissance du Niger (MRN) car son parti, créé il y a cinq mois, ne pourra pas survivre à l’opposition lors du prochain quinquennat.

Deuxièmement, l’autre inconnue, c’est le nombre de votes blancs ou nuls. Les partis doivent sensibiliser et éduquer les électeurs sur le plan électoral pour réduire le taux élevé de bulletins nuls. Cette année c’est plus d’un demis million de voix qui ont été annulées  (414. 888  selon la Commission électorale nationale indépendante) à cause de la non maîtrise du vote. Beaucoup de personnes ne votent pas correctement, c’est un vrai problème. Les gens peuvent aller voter mais, parfois, ne savent même pas comment voter. Ainsi, malheureusement, leur choix est parfois annulé, il faut que cela change.

Le contexte de longue attente qui a précédé la proclamation des résultats a alimenté les doutes au sein de la coalition d’opposition qui s’en est pris au pouvoir, l’accusant d’avoir mis en place des « bureaux fictifs ». La Copa a aussi évoqué des résultats fantaisistes et a soupçonné la Ceni de fabriquer de faux résultats. Elle a demandé à ses militants de « résister » (contre qui, contre quoi ?), de ne pas accepter les résultats qui ne seraient pas le reflet de la réalité exprimée par les urnes. Faut-il la croire ? Depuis, la tension politique a baissé d’un cran. Il est sûr qu’au Niger, certains politiciens impopulaires et en pannes d’idées n’auraient pas de scrupules à mettre le pays à feu et à sang.

Aujourd’hui, la tension politique a baissé d’un cran, la coalition d’opposition s’est dite confiante pour le deuxième tour. Tant mieux, au Niger, nous n’avons pas besoin de comportements haineux et anti-démocratiques. Vive le second tour et que vive la démocratie au Niger !