ASSOUMANE Habibou

La fin du scrutin au Niger

Les Nigériens étaient sortis massivement, pour élire leur nouveau président et leurs députés. En effet, c’est plus de 7 millions et demis d’électeurs qui sont appelés aux urnes ce dimanche 21 février 2016 pour le double scrutin. Malgré les quelques problèmes constatés ça et là, ces élections se sont déroulées dans le calme et la quiétude.

A Tahoua, depuis 8 heures du matin, les rues sont désertes. Les commerces sont presque fermés. Les populations sont sorties en masse pour accomplir leur devoir civique. Dans les écoles transformées en bureaux de vote, les longues files d’attente sont sans commentaire. Avant même le début des opérations, certains électeurs sont déjà arrivés. La pluie de vent qui s’est abattue hier dans la ville, n’a pas découragé les électeurs. A l’arrivé des responsables de vote au bureau N°40, les rangs se sont constitués : les femmes à part ; et les hommes à part.

Cependant, dans certains bureaux de vote, surtout dans les zones très reculées, en raison des problèmes logistiques, les votes ont commencé tardivement. Ainsi, en a décidé la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), les votes continueront ce lundi à Tchintabaraden (région de Tahoua) et Iferouan (région d’Agadez) pour rattraper le temps perdu. Le problème lié à l’insuffisance des bulletins de vote de certains partis, des encres indélébiles, des enveloppes a concerné toutes les régions. A cela, s’ajoutent la non concordance des données se trouvant sur la carte d’électeur et les pièces d’état civil de beaucoup d’électeurs Nigériens et cela malgré les corrections faites par le CEFEB. Toutefois, les responsables de la CENI, et mêmes certains observateurs nationaux et étrangers, ont dans leurs déclarations assuré l’opinion national et international que, ces petits manquements, n’auront aucune influence négative sur les résultats qui sortiront de ces élection. L’opposition politique nigérienne de sa part, réunie au sein d’une nouvelle coalition appelée  « Coalition l’Alternance » (COPA 2016) a dans une déclaration dénoncé ces irrégularités et accusé en même temps la CENI


Le vote par témoignage fait polémique au Niger

Tout est bien parti pour les élections présidentielles couplées aux législatives ce Dimanche 21 février 2016, au Niger. Mais à quelques jours de ces échéances, une polémique sur le vote par témoignage bien de naître. Ce procédé a été pratiqué lors des précédentes élections au pays. Au Niger, seuls 7% de la population ont une pièce d’identité et s’il est interdit cette année, c’est plus d’un million d’électeurs qui n’auront pas la chance d’exercer leur devoir civique.  Mais avant, c’est quoi un vote par témoignage ?

Selon l’arrêté N°067/P/CENI signé par le Président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) et à son article 2 , l’électeur recensé par témoignage et porteur de sa carte d’électeur, non détenteur d’une pièce d’identification fait vérifier son identité par un recours au témoignage de deux (2) électeurs inscrits sur la même liste du bureau de vote et qui sont eux-mêmes détenteurs de l’une des pièces énumérées à l’article 43 des lois électorales, à l’exclusion des membres du bureau de vote ou de tout délégué régulièrement mandaté.

C’est le conseil d’état qui a donné son accord  après sa saisine par le premier ministre sur ce procédé après que la classe politique était incapable de trouver un consensus sur la question comme avant. Pour lui, l’article 20 de la loi organique N° 2014/03 du 15 avril 2014 autorise l’inscription des électeurs par témoignages sur le fichier électoral. Donc, il serait paradoxal d’empêcher le vote par témoignages d’un électeur inscrit sur la base de témoignages A noter que, aucune loi organique au Niger n’autorise le vote par témoignage. Il a été de tout temps pratiqué suite à un consensus entre les partis politiques. Mais pourquoi pas cette année ? Ce sont les partis membre de l’opposition politique nigérienne qui s’érigent contre cette décision. Car selon eux, si la commission électorale Indépendante Nigérienne met en pratique ce procédé, c’est la porte de toutes formes de fraudes qui sera ouverte. Néanmoins, la prise de position de l’opposition fait suite à une saisie de cartons de produits pharmaceutiques remplis de spécimen de bulletins de vote (pour la présidentielle) en lieu et place de médicaments par la douane nigérienne à la frontière burkinabé. La marchandise saisie par la douane est destinées un parti membre de l’opposition.

La campagne électorale prend fin aujourd’hui. Cependant, depuis l’avènement de la démocratie, c’est pour la première fois que les élections suscitent autant de débats et de tensions. Nous voulons des élections transparentes, des élections cadres dans un climat apaisé. En cela, les décideurs politiques, tout le monde doivent jouer la partition dans l’amélioration, de la consolidation de ces acquis. Les partis politiques nigériens doivent trouver en la CENI un arbitre légitimes. Ainsi, les institutions qui sortiront de ces élections seront légitimes, acceptées de tous et refléteront l’aspiration profonde de tous les Nigérien.


Mon deuxième contact avec le micro

Maintenant je comprends pourquoi certaines personnes ont peur du micro et d’être interviewées. Le stress vous tenaille les entrailles par crainte de vous s’exprimer mal ou de dire une bêtise qui pourrait ne pas plaire aux auditeurs.

 C’était en 1998, que je me suis exprimé face à un micro pour a première fois . J’étais en classe de premier au Lycée Agabba, un établissement d’enseignement Général à Tahoua. J’étais assis en compagnie d’un grand frère terminaliste à la devanture de la maison des Jeunes et de la culture « ALBARKA TCHIBAO ». Nous attendions impatiemment l’arrivée du responsable de la bibliothèque qui est en retard. Pour ne pas s’ennuier trop, on contemplait les vas et vient des passants. C’était sur une grande voie. On parlait du tout et du rien, juste pour « tuer le temps ». On peut aller faire un tour dans le marché qui se trouvait à quelques pas de la bibliothèque. Mais on n’a pas choisi cette option. Et si on le fait on risque de ne pas trouver une chaise vide pour s’assoir ou perdre les œuvres pour les quelles nous étions venus tôt le matin. Ce jour coïncide en effet, avec l’anniversaire de la radio régionale de Tahoua (RGT). Pour leur émission micro-trottoir, l’un de leur animateur ou journaliste (je ne sais plus) circulait dans la ville. Il interviewait les auditeurs sur le rôle, l’impact et l’importance des émissions diffusées par la radio en générale et par la RGT en particulier. Quand il arriva à notre niveau et après les salutations d’usage, il nous explique sa mission puis tend le micro au grand frère. Il s’appelle Galio Goumour. Malgré notre différence d’âge, on est des amis. Et c’est grâce à lui que j’ai pris goût à la lecture. Il est aujourd’hui le Secrétaire Général de l’une des 44 communes de la région. Galio, refuse de répondre aux questions du journaliste (Abouzeidi Dan Boussoussou) en se cachant derrière le prétexte, qu’il ne parle pas bien la langue Hausa. Car il est un touareg. Immédiatement il se tourna vers moi. J’ai voulu à mon tour aussi éviter ce bref entretien, mais je n’ai pas d’arguments valables comme ceux du grand frère.

Après Tahoua, il a fallu 17 ans, pour qu’une autre expérience du genre se répète. Mais cette fois dans des conditions très différentes comme vous allez l’écouter dans l’enregistrement audio sur le lien suivant.

https://soundcloud.com/rnwafrique/rp-debat-miseres-et-splendeurs-des-blogueurs-africains

Au début j’ai voulu ne pas participer à cette causerie. Car, je ne connais aucune technique de l’interview ni les questions qui me seront posées. Donc si je me plante, ça sera pour moi et mon interlocuteur, une grosse déception. Mais la présence des  deux autres Tchadiens, Brya Grâce Elise et Ali Khudary a réconforté et encouragé ma participation.


Début de la campagne électorale au Niger

C’est le samedi 30 janvier à minuit que le coup d’envoi de la campagne électorale 2016 pour les présidentielles et législatives a été donné au Niger. Grands et petits partis politiques ne se sont pas ménagés pour offrir à leur électorat leur programme de gouvernance.

La campagne électorale est un moment de grandes joies et de grands rassemblements dans le pays. Les QG des formations politiques ont été pris d’assaut tout le week-end par des militants et des petits curieux voulant s’approprier un pagne, une casquette ou une simple affiche à l’effigie du président de parti. Ces pacotilles sont parfois le seul dividende que perçoit l’électeur nigérien. Les panneaux publicitaires vides de la ville de Tahoua quelques jours avant cet événement sont aujourd’hui colorés. Les motocyclettes, les voitures, les portes des maisons, et mêmes les commerces sont, de la façon la plus insolite, recouverts de photos et de banderoles. Ces genres d’affichage sont désormais un moyen privilégié pour les habitants de Tahoua de marquer leur appartenance ou leur affinité. La couleur rose prédomine dans toute la ville : c’est celle du parti au pouvoir. Cela montre le poids politique de ce dernier dans la région et explique l’objectif fixé par le bureau exécutif régional du PNDS-Tarayya de gagner la région à 75%. Si cela se confirme, le président sortant Issoufou Mahamadou n’aura aucun mal à s’imposer dans sa région natale, comme ce fut le cas lors des précédentes échéances électorales.

La campagne électorale change les habitudes au Niger. Même si elle est de courte durée, elle change les comportements des populations, du moins chez moi. Des hommes et des femmes abandonnent leurs « vieux habits » pour se draper de tissus aux couleurs de leur formation politique. En politique, il faut avoir l’art de convaincre, l’art de la rhétorique. Ainsi, la campagne électorale fait lieu et place parfois à des discours politiques très  éloignés de la vérité, à des promesses difficiles à tenir. Cet événement national nous fait parfois oublier nos problèmes.


Mon Dakar en quatre points

Nous étions 70 blogueurs à participer à la formation Mondoblog 2015, à Dakar. Nous sommes 24 nationalités avec des cultures différentes à partager des expériences personnelles ensemble. Nous sommes 74 personnes à se côtoyaient pendant 10 jours. Beaucoup de Mondoblogueurs présents à Dakar, nous ont fait part à travers des billets diverses de leur vécu dans la capitale sénégalaise. Pour éviter de trop  les répéter, voici ma contribution en quatre points.

La rencontre de Guillam Tibaut

Je ne reviendrai pas sur les deux ou trois plats plutôt occidentaux qu’africains que nous a servi Madame Thialy. A Dakar, on a fait la rencontre de Guillaume Thibaut.  C’est le correspondant résidant à Dakar de RFI. Il  nous a fait pendant plus d’une heure, un exposé riche sur le rôle du journaliste. Il nous a fait part de ses propres expériences journalistiques, son arrivée à RFI, ses différentes missions dans les zones de guerre comme en Libye et au Mali. Sa présence parmi nous m’a beaucoup donné d’espoirs et d’encouragements.  Avant de prendre congés de nous, tonton Guillaume nous a prodigué de sages conseils, pour réussir dans les médias. Il n’a pas enfin oublié de  nous montrer tous ses outils de travail. Simon a même eu droit à une petite démonstration juste après le dîner.Guillaume et Simon

Une victime d’Hussen Habré face au blogueurs

Abaifouta et son accompagnateur
Abaifouta et son accompagnateur

Avant de revenir à la pause, nous avions retrouvé deux personnes assises dans la salle. C’était comme une surprise, quand Ziad nous les a présentées.  Parmi nos invités, il y a Clement ABAIFOUTA, ou le « fossoyeurs ». C’est  le président de l’Association des Victimes de Crimes du Régime d’Hussein Habré (A.V.C.R.H.H). il  est accompagné d’un responsable de Human Right Watch. Ils sont à Dakar dans le cadre du procès de l’ancien dictateur Hussen Habré. Dans un court exposé, Abaifouta nous a fait part de sa vie de prisonnier au temps de Havré, les punitions, le traitement inhumain à la DDS. Pendant 4 quatre ans, nous a-t-il confié, il a été humilié, battu et maltraité. Lui, un nouveau bachelier, qui s’apprêtait à aller en Allemagne pour des études en Lettres. L’entretien avec le Président de l’A.V.C.R.H.H n’était pas au programme. Mais, il nous a beaucoup permis d’apprendre, sur le long processus qui a permis aujourd’hui de juger  Habré et ses crimes (de ou de son régime, je ne sais plus). De passage je profite pour présenter mes condoléances les plus sincères à Brya Grace, pour le décès tragique de celui qui devait être son gendre, dans la prison de Havré.

La découverte du journal rappé

Je n’aime pas le Rap ni les rappeurs du fait de leur tenue que je qualifie de peu décente (caleçons dehors, grosses chaines au coup, etc..). Pour moi le rap n’est pas de la musique ni moins un moyen grâce auquel on peut véhiculer un message. Certains font même du journal avec du Rap. A Dakar, quand je l’ai i découvert pour la première fois, j’ai compris que mes croyances sont sans fondements.  Je n’ai jamais pensé qu’à travers une mélodie insolite est médiocre que le Rap (je m’exuse vraiment pour ces mots crus), on peut passer un message, moins d’ informer. Mais Xman m’a convaincu. Il affirme que tout ce qui est parlé, peut être rappé. Quand aussi, on a passé certains de ces clips, j’ai dis chapeau. A Mondoblog, on a la culture de l’innovation. C’est pourquoi, le journal rappé a été intégré dans notre programme de formation. Mais au début j’avais pensé que c’était une erreur de saisie, le fait qu’il apparait dans le programme.  Pour certains le journal rappé n’a rien de nouveau.

Mon premier contact avec la mer

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Il y a beaucoup de choses que je  n’ai vu qu’à Dakar. Mais je ne peux pas toutes les citer dans un seul billet. Au Sénégal, j’ai pour la première fois touché la mer. A chaque pause, dans l’après midi, il y a un groupe de blogueurs qui se rendaient aux bords de la mer pour se « ressourcer ». J’ai la manie de poser la question à tout celui qui sort de l’Agence Universitaire de la Francophonie. Tu va où, à la plage ? Dès que la réponse est oui, je me dissous dans le groupe. La mer,  cette étendu d’eau à perte de vue a été notre lieu de « recréation » : moi, Steve, Erick, Jeff, Koné pour ne citer que ceux-là. Chez moi on a le fleuve Niger, des Lacs, des rivières mais pas la mer ou l’océan. Dans mon village, il y a toujours des inondations pendant la saison pluvieuse. Mais ceux-là n’ont rien avoir avec l’eau de la mer. Quand j’étais petit, je nageais avec des amis dans le marigot du village malgré l’interdiction des parents. Et vous savez que l’interdit est toujours bon. Après la nage, nos yeux deviennent rouges et les cheveux crépus. Pour échapper à la punition, on aspergeait du sable sur le corps. Mais est-ce que l’eau de la mer est bonne pour la nage ? J’ai voulu faire l’expérience, mais j’ai dis que je suis assez grand. Je sais que Abdourahamane Koné, l’Ivoirien ne partage pas la même idée que moi. Oui j’ai eu peur de la mer. Je ne suis pas venu à Dakar pour me noyer. Si je rentre dans la mer elle m’emportera d’une seule bouchée. Avant que vous revenez à l’AUF informer Ziad, Melissa, Manon, Simon elle aurait m’emporter  loin avant l’arrivée des sécours. Et je ne veux pas être pêché comme ces malheureux migrants clandestins. Fotso Fonkam, vous êtes entrain de lire ce billet de ma part aujourd’hui parce que je  n’ai pris aucun risque devant la mer. Sinon je n’aurai pas le temps de nommé mon nouveau enfant, Ziad.


Niger : fin de l’audit du fichier électoral

drapeau_nigerLe suspense est enfin terminé. L’audit sur le fichier électoral nigérien révèle qu’il y a des erreurs, mais que celles-ci sont faibles et homogènes.

Le dimanche 3 janvier 2016, les experts dépêchés par l’Organisation Internationale de la Francophonie, pour faire le point sur la fiabilité du fichier électoral nigérien, ont remis leur rapport de synthèse des travaux. Dans un document d’une cinquantaine de pages, les experts de l’OIF ont scruté tous les partis politiques et tous les acteurs impliqués pour évaluer l’état réel du fichier avant l’édition des cartes. Cet exercice devait en effet restaurer et renforcer la confiance dans les listes électorales. Les partis de l’opposition politique et certains membres de la société civile nigérienne avaient remis en cause le processus même du recensement et la gestion du fichier électoral. Certains politiciens avaient par ailleurs posé comme condition à leur participation au processus électoral, l’audit de ce fichier. Mais les autorités actuelles ne voulaient pas céder aux exigences parfois trompeuses de l’opposition. Le 21 décembre de l’année dernière, le coordinateur national du fichier électoral biométrie (CFEB) a remis officiellement à la commission électorale nationale (CENI) le fichier comportant la liste de tous les électeurs. Selon la loi électorale nigérienne, la CENI doit disposer de ce fichier au plus tard deux mois avant les échéances électorales. Après la réception du document, le gouvernement a eu recours à l’OIF pour tester sa conformité. Si rien n’était fait, cela risquait d’être la source d’un autre problème politique.

Quatre éminents experts (un Malien, un Burkinabé, un Mauritanien et un Congolais) de l’état civil, ont passé au peigne fin le fichier électoral nigérien et ce, pendant 7 jours (au lieu de 8). Il ressort des leur analyse que les dispositif mis en place présente des faiblesses : entre autres, la non remise des récépissés aux électeurs recensés et l’absence des textes réglementant la gestion de l’âge des électeurs qui n’ont pas de date précise de naissance. Cela n’est un secret pour personne: au Niger, beaucoup de gens nés avant les années 1980 et vivant dans les zones rurales ne connaissent pas leur date de naissance exacte (y compris moi). Cela dit, sur un total de 7 681 545 électeurs retenus, 7 649 316 ont l’âge requis pour voter au 21 février pour la présidentielle et les législatives. Par ailleurs, 35 lecteurs apparaissent sans nom, 939 sans prénoms, et 5 337 figurent sans prénoms et sans nom, ni même prénoms et noms de la mère. Il apparaît aussi dans ce même rapport que plus de 10 000 localités (10 632 pour être précis) n’ont pas d’électeurs, soit 29,3%. 323 bureaux de votes ne présentent pas d’électeurs. Il est à noter aussi que notre fichier électoral est plein de doublons et d’inscriptions multiples.  Ainsi, 50 629 doublons ont été trouvés, dont 25 484 à supprimer. Le logiciel utilisé pour la création de la base de données présente lui-même des erreurs, car il ne permet pas les ajouts, les modifications ou les suppressions.

Même s’il est relativement léger, il faut dire que cet audit sera une base solide de redressement du processus. L’essentiel est là, on peut donc dire bravo ! Il est apparut clairement que ces manquements n’ont pas de mauvaises implications pour le processus électoral à venir. Heureusement, ces erreurs n’ont pas été introduites par une partie ou une autre pour manipuler le scrutin. Il est impératif de les corriger et, surtout, de publier les listes de manière transparente, en tenant compte de toutes les recommandations.


Niger: conquête du fauteuil présidentiel

Ils-visent-tous-le-fauteuil-presidentiel_ng_image_fullL’élection de 2016 au Niger, si elle se tient en dépits de quelques grincements de dents des partis membre de l’opposition, sera la plus ouverte que le pays ait connue. Elle aura une saveur particulière en nombre de candidats et des programmes politiques. Déjà 10 aspirants, se sont déclarés. Cette liste s’agrandira sans nul doute.

 Il y a Mahamadou Issoufou, le sortant a conquit le cœur du Niger avec son GURI DAI LOKACI. Avec une approche différente des ces prédécesseurs,  le candidat du parti rose espère conquérir la compassion des Nigériens avec un nouveau slogan « KAYI MUN GANI MUN GODE » (Tu as fait, on a vu, nous te disons merci). La marche de soutien au président organisée dans tout le pays, suite à un coup d’état militaire avorté en est une preuve. Aussi, grâce à un bilan acceptable, il espère être réélu dès le premier tour, un cas de figure jamais connu au Niger. Hama amadou principal opposant à Issoufou est le premier candidat désigné par  un parti politique pour la présidentielles du 21 février prochain au Niger, quand il était encore en exil. Le président de Modem FA LUMANA, semble encore plus populaire qu’en 2011. En cela, Il pensait faire  mieux qu’être à la  3e place. Mais  s’il sera libéré ou échappe à une condamnation l’affaire dite de bébé important qui risque de porter atteinte à sa carrière politique. Mahamane Ousmane, NAFARKO, (premier président démocratiquement élu au Niger) a une revanche à prendre sur la présidentielle de 2011 avec un score qu’il jugeait très loin de son poids électoral. Puisque, son parti le CDS RAHAMA, n’a pas pu présenter des candidats aux élections législatives dans son fief à  Zinder. Seyni Omar, toujours égale à lui a été investi par son parti le MNSD NASSARA. Ce dernier aura du mal à sortir la tête des méandres de dissidence. L’ancien parti unique risquerait de ne plus s’imposer même dans ses fiefs naturelles. Sans faire offense aux autres candidats déclarés, nous estimons que cette fois encore la présidentielle se jouera entre les nouveaux tout comme les anciens loups. Le Niger est le seul pays en Afrique où les pronostiques ne tombent pas juste. En cela aucun candidats parmi ceux qui se sont déjà déclarés ou se qui le feront certainement d’ici peu pourrait affirmer sans risque de se tromper qu’il sera le prochain président nigérien en 2016. Je n’oublierais les routiniers ceux-là  qui ne dépassent jamais la barre de 3%. On  attendra ce que pèseront  les nouveaux candidats, comme Abdou Labo (si toute fois il remportera son procès face à Ousmane Nafarko, dans la lutte de succession au sein de leu parti), Kassoum Moctar, Salah Habi, etc. En 2015, au Niger plusieurs partis sont crées. Beaucoup espèrent désigner des candidats mêmes si cela, ne partiront pas très loin dan la course. L’acquisition d’un parti politique au Niger est devenue une mode. Des anciens syndicalistes, des activistes revanchards se versent dans la politique sans base, pour jouer aux alliances.


Ma peur d’avion

Quand certaines personnes racontaient leur histoire relative à la trouille qui les dominait une fois dans les airs au cours de leurs voyages, j’avais du mal à les croire. A mon avis, ils avaient peur de la mort pour ainsi dire qu’il leur manquait d’audace. Je m’étais rendu compte à l’évidence qu’affréter un avion pour la première fois, rend la personne dans une situation de psychose et de la non maîtrise de soi. Je l’avais vécu lorsque je me rendais à Dakar, pour la formation 2015 de Mondoblog. Bien que les organisateurs nous aient donné le choix de se rendre dans la capitale sénégalaise par voie terrestre ou aérienne, j’avais préféré goûter aux délices des entrailles de l’oiseau artificiel dont, depuis fort longtemps je ne faisais que des imaginations.
Comme on a coutume de le dire, l’avion est le moyen de transport le plus sûr.Je croyais le savoir et être sûr que cette assertion s’avère vraie. Mais, le premier jour quand j’ai pris l’avion, j’étais envahi par une peur terrible. Pour cette première expérience, il m’avait fallu alors deux escales avant d’arriver à destination. Nous avions décollé de Niamey à 8 heures. Après quarante cinq minutes de vol, nous avions fait notre première escale en atterrissant à Ouagadougou. C’est le temps de débarquement pour certains et d’embarquement pour d’autres.Pendant tout ce temps, je me sentais plus ou moins alaise dans mon siège N°18B.Mieux encore, j’avais à mes côtés deux charmantes demoiselles, la blanche occidentale certainement à ma droite et l’africaine à ma gauche. L’africaine, me disait qu’elle se rendait chez elle au Tchad pour les fêtes de fin d’année. Nous discutions sans gène comme si on se connaissait depuis fort longtemps. A notre deuxième escale sur le tarmac de la capitale togolaise, nous nous séparâmes, c’est le début du calvaire.
J’avais affrété un autre avion dans lequel j’étais positionné sur le siège 26 A. Ces sièges étaient collés aux fenêtres d’où on pouvait observer toutes les étapes du décollage et de l’atterrissage.Depuis les airs, je voyais sur terre tous sur les endroits survolés. Le ssièges N°26 étaient situés à l’arrière du cockpit.Vous comprendrez que ce changement de vol, a apporté du nouveau pour moi en tant que débutant de voyages aériens.En cela, je disais au fond de moi que je profiterai des avantages qu’offraient ces sièges « A », particulièrement la vue de l’extérieur.
Je contemplais le paysage et l’architecture de la capitale togolaise. A peine décoller de l’aéroport de Lomé, quand brusquement j’avais senti du vertige. La capitale était devenue à mes yeux, comme un point sur le globe terrestre. Ma vue se brouillait et tout mon corps se mettait à trembler. Voilà où tout à commencer, la paranoïa a pris le dessus sur la témérité. Je sentais la peur, une peur noire, la peur de mourir. C’est ainsi qu’à chaque fois que j’orientais mon regard vers les fenêtres, j’avais l’intention qu’une force invisiblem’attirait vers le sol. L’appareil volait à 12 milles pieds et mon subconscient continuait à me faire croire que j‘étais sur le point de passer à travers ces petites fenêtres. Pourrais-je atteindre le sol ? Serais-je un porté disparu ? Aurais-je droit à une tombe si cela m’arrive ? Celles-là sont entre autres des interrogations qui randonnaient dans mon l’esprit.
Au moindre bruit, je sursautais. Pourtant l’avion dans lequel j’étais, ne présentait aucun défaut technique ou sécuritaire. Mais, je sentais comme s’il y’avait un danger.Au fur et à mesure qu’on prenait de l’altitude, tout devenait petit et plus petit encore.A moins de dix minutes, la température de mon corps avait considérablement montée et je dégageais la sueur à l’image d’une outre percée. Je me forçais à maîtriser cette peur mais en vain. Je regardais tout autour de moi et c’était dans les regards de l’hôtesse que je trouvais un peu desérénité. Par contre les passagers aguerris se vaquaient paisiblement semble-t-il à leurs occupations : lire un journal, discuter avec un voisin, faire des commandes auprès des hôtesses,…
Pour ma part, je n’avais personne à qui me confier. J’avais une femme voisine, qui la turbulence de sa fille d’environ deux ans ne lui laissait aucune plage du temps à la causerie. En fait, la petite qui ignorait tout de la mort voulait à tout prix s’approcher de cette fenêtre dont tourner le regard vers, constituait pour moi un tabou. Le comportement de la petite m’avait aidé. Chez moi, la tradition veut qu’en présence d’un inconnu et de surcroit un sexe féminin, l’homme doit se montrer serin, courageux et prêt à affronter le danger d’où il vient.Malheureusement, j’ai dérogé à cette règle ce jour-là. En vérité, je me cherchais car j’avais l’impression de perdre ma masculinité. Heureusement, je n’avais pas un problème cardiaque. Sinon, seul Dieu savait ce qui allait se passer.
Ainsi, la petite continuait à défier sa maman en s’approchant de moi car je constituais pour elle un obstacle pour atteindre les fenêtres.La femme qui trouvait en moi un inconnu, ne pouvait laisser sa fille à ma portée. Je la comprenais bien aussi.La petite refusait d’obtempérer aux injonctions de sa maman. J’étais prêt à agréer la demande de la dame pour lui céder le siège d’ennui. Mais elle ne l’avait pas faite. Je monologuais et imaginais des tas de scénarios. Les hôtesses continuaient leurs vas et viens dans le couloir. Quelques passagers faisaient la queue devant les toilettes, soit pour des besoins naturels, soit pour fumer une cigarette. J’avais envie de pisser moi aussi, mais je ne pouvais pas quitter mon siège par crainte de tomber en syncope.
Après une heure de vol, le diner a été servi. Ce court temps, m’a été d’une grande importance. J’ai enfin oublié la crainte qui m’assaillait, pour un instant.Arrivée dans les zones de turbulences, un autre épisode commençait. Même si le pilote et son copilote n’avaient rien dit, comme ce que je voyais dans les films. Je fermais les yeux et sans pouvoir dormir. Je prenais un journal sans être en mesure de déchiffrer le contenu. Tout cela, pour pouvoir ignorer ce qui se passait. Je regardais encore l’hôtesse droitedans les yeux pour retrouver mon calme. Elle s’approchait de moi pour savoir si j’avais besoin d’aide. Je disais non en hochantl a tête. J’avais subitement perdu l’usage de ma langue. Ma voisine continuait à gronder sa fille qui refusait de rester tranquille. Elle descendait et remontait sur son siège. Ce comportement propre aux petits enfants déplaisait à la maman. Elle commençait alors à en avoir marre. Je cherchais un interlocuteur. J’avais profité pour intervenir en condamnant la maman. Cherchant à m’affranchir de ma peur, j’étais devenu assistant familial. Je conseillais la maman à ne pas être brutale à l’égard de son enfant. En me voyant parler à sa mère, la petite se tourna vers moi croyant que je la connaissais . Je commençais à lui faire des jeux et des taquineries. Les petits enfants les apprécient beaucoup. J’étais devenu pour elle un bouclier contre les fessées de sa maman.Je lui posais des questions, comment tu t’appelles ?D’où viens-tu ? Où vas-tu ? patati patata.Elle ne comprenait pas ce que je lui demandais. Moi non plus, ses réponses ne m’intéressais pas car je ne comprenais rien de ce qu’elle racontait. Elle ne faisait que murmurer. Elle apprenait à parler. Mais j’ai trouvé avec elle une occasion d’oublier ma situation de stress. La petite Sénégalaise a été pour moi un formidable isolant de la peur. En tout cas j’avais bien apprécié le temps que j’avais passé avec elle.
La fin du calvaire s’approchait quand à 18 heures le pilote annonçait la decente sur Dakar. J’étais très fatigué et la petite me collait sans cesse. Elle insistait toujours. Subitement l’avion faisait une virée d’environ 45°. La petite fille criait à haute voix « maman, l’avion va tomber ! ». Là tout le monde l’avait entendu. La réaction de la maman n’avait pas tardé, elle hurla en disant :« je ne t’ai pas dit, de ne plus dire ça ? ».Apparemment elle aussi avait eu peur. Je me forçais à redorer mon blouson de psychologue bien que j’avais sursauté au cri de la petite,pour faire savoir à la dame que juste sa fille est curieuse.Elle ne sait pas de quoi elle parle. Elle n’a rien fait de mal. A vrai dire, j’avais nourri la même idée que la petite. Je croyais que l’appareil allait bel et bien cracher.
J’avais repris mon souffle à 18h20 lorsque l’avion avait atterri sur le tarmac de l’aéroport de Dakar. On avait embarqué et passait les contrôles sans encombre. Je récupérais ma valise. Je trouvais la navette (après quelques hésitations) qui me conduisait à l’hôtel.
Chers bloggeurs, partageons ce souvenir ensemble.


Si j’étais Hama Amadou

Hama Amadou est l’un des grands hommes politiques nigériens. Il a occupé plusieurs postes à hautes responsabilités dans le pays. De la préfecture à l’Assemblée nationale en passant par la Primature, cet homme a gravé tous les échelons. Malheureusement, il est impliqué dans l’affaire présumée « des bébés importés du Nigeria ». Sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la justice nigérienne, il a fui le pays en 2014, laissant derrière lui, sa famille socioculturelle et politique d’une part, et son juteux poste de deuxième personnalité du Niger, d’autre part. Après un long séjour en France, il est investi aux élections présidentielles de février 2016 par son parti. Il n’a donc d’autres choix que de revenir au point de départ pour se mettre à la disposition de la justice en laquelle il n’avait pas confiance. Un adage hausa de chez moi disait que « abinda yasa kusu wuta yahi wutazafi » c’est-à-dire, « le danger qui pousse une souris à se plonger dans le feu est plus chaud que le feu ». Malheur pour le « Maradona » de la politique nigérienne qui, dès sa décente d’avion, a été cueilli par les hommes de droit qui l’attendaient impatiemment. Finalement, il a été écroué à la prison civile de Filingué, une localité située dans l’ouest du Niger.

L’opposant Hama Amadou a servi tous les régimes politiques qui se sont succédés au Niger, de la dictature à la démocratie. Il a un CV très lourd. Il a été, à un moment, l’homme politique le plus influent du pays. Aujourd’hui, il paie cher. Un autre adage dit: « Tout celui qui sème le vent, récoltera la tempête ». Ali Boda n’a pas menti quand il disait: « A chaque fois qu’on parle d’apogée, il y a certainement un déclin derrière quelle que soit la durée ».

Impliqué dans toutes les magouilles politiques, Hama Amadou est aujourd’hui dépassé par les événements. Quand il a quitté l’alliance politique qui a porté le président Issoufou Mahamadou au pouvoir en 2011, il s’était vite rallié à l’opposition tout en gardant son poste du Président de l’Assemblée. Cela a fait grincer des dents le camp du pouvoir. Un président de l’Assemblée de tous les pays qui sort du rang de la mouvance. Après de vaines tentatives timides de le déloger de son perchoir, il s’est vu forcé de quitter le pays puisqu’impliqué dans l’affaire présumée de trafic international de bébés au Niger. En dépit de son l’influence et de son poids social et politique, il a amassé des sommes d’argent colossales sur le dos de son peuple. Dieu pour les uns et la nature pour les autres n’a pas agréé légitimement son vœu. L’homme de Youri (son village natal), a voulu forcer par tous les moyens comme il le faisait en politique ne serait-ce que par « copier-coller ».

Donner naissance à des jumeaux est un don que beaucoup de couples n’ont pas. Selon certaines statistiques aujourd’hui, le nombre de jumeaux ou triplés de la population mondiale est estimé à environ 125 millions (1,9 %) de la population, dont seulement 10 millions de « vrais jumeaux ». Il naît, en moyenne une paire de jumeaux pour 85 naissances. C’est ainsi qu’à la surprise de beaucoup des Nigériens, l’épouse de cet homme donne naissance au Nigéria à des jumeaux. Personne n’imaginait un tel scénario. Les investigations ne sont pas permises car selon la loi musulmane si ton épouse accouche chez toi, c’est par adultère, l’enfant t’appartient. Je sais que c’est difficile à croire mais la loi c’est la loi. Seulement, le cas de supposition d’enfant ne fait pas partie. Raison pour laquelle, la joie de ceux qui ne savent pas comment cela s’est passé, a été de courte durée.

S’il arrive à satisfaire la justice, il est grand temps pour lui de retourner  au village. Il peut construire et mettre en place le confort de son choix. Il se donnera un temps pour contempler la nature avec toute sa beauté. Il serait loin de curieux, loin de Niamey et loin de ces ennuis politiques dont il s’est forgé lui-même.

L’homme de Youri (tout le monde d’ailleurs) doit savoir que sur le terrain politique et syndical, il faut s’attendre à être de fois interpellé et même envoyé en prison par le juge. Lorsque tu écartes cette donne, vaut mieux te soustraire et rester hors de ces terrains comme moi. Quand tu choisis de faire le syndicalisme ou la politique, il faut t’assumer. Malheureusement, ceux qui ne s’assument pas prennent la poudre d’escampette à l’image de ce revenant ou crient au complot. Une chose est sûre, je ne serai jamais un politicien.


Niger : Conseil d’investiture du parti au pouvoir

Participants au congrès d'investiture PNDS TARAYYAAu Niger, le choix du candidat à l’élection présidentielle se fait à travers un conseil dit d’Investiture, à l’instar des autres pays francophones. Les militants à travers leurs sous-sections et sections, s’organisent en conseils fédéraux régionaux d’abord, où les tendances et les consignes de votes s’affichent clairement. Quand tous les risques de contestations et autres zizanies sont écartés, les instances dirigeantes du parti choisissent une ville qui abritera le congrès national d’investiture. Le choix de la localité est parfois fonction du poids politique et/ou des moyens matériels et financiers d’une formation politique.

C’est ainsi qu’après le MODEM LUMANA avec l’investiture de Hama Amadou (absent toujours du pays), le RDR TABAT de l’ancien Ministre de Plan aujourd’hui dans l’opposition Amadou, le PNDS TARRAYA, parti au pouvoir est la troisième formation à élire, pardon à désigner sans surprise le président Issoufou Mahamadou comme candidat aux prochaines échéances électorales de février 2016. Chez moi, il est indéniable que les formations politiques ne partent guère en congrès d’investiture avec plus d’un candidat. Celles qui ont tenté l’expérience, étaient sorties affaiblies plus que jamais. C’est le cas de SAWABA et de la CDS pour ne citer que celles-là. Les candidats malheureux, ne croient jamais à leur débouclée. Ils préfèrent créer leurs propres partis. L’être humain adore la complétion, mais il n’aime pas la défaite. Dans la sphère politique nigérienne en effet, il est parfois difficile de ruminer une défaite. C’est pourquoi, plusieurs formations politiques résultent d’antagonismes entre candidats. Aujourd’hui, les partis qui naissent de cet état de fait, ne sont présents qu’à travers leurs noms. Ils sont souvent incapables d’organiser les congrès ordinaires sans l’appui des partis auxquels ils ont manifesté leur « subordination ». Raison de plus, qu’elles ne représentent pratiquement aucun poids sur l’échiquier politique national. Notons enfin que, l’histoire démocratique de mon pays a démontré que des années 90 à nos jours, sur une soixantaine des partis politiques, seuls quatre en occurrence la CDS RAHAMA, le RDP JAMA’A, le MNSD NASSARA et le PNDS TARAYYA ont pu porter leur candidat à la magistrature suprême, c’est-à-dire à la présidence de la république avec toujours le soutien des partis alliés.  

Organisation des échéances électorales 2016 

Les partis d’opposition inquiets à jamais, pensent que le pays risque de tomber dans une crise politique et institutionnelle sans précèdent. A en croire leur dernière marche pacifique du dimanche passé, le Front Démocratique Républicain, doute de la bonne foi des responsables actuels à organiser des élections transparentes libres et honnêtes, malgré les propos sans cesse du président Zaki qui discourent le contraire. Si Les soupçons, de l’opposition nigérienne ne sont pas  fondés, a-t-elle peur de la nouvelle norme ouest africaine: gagner au premier tour ? Issoufou, peut-il se passer du modèle guinéen ou ivoirien ? Il est investi par son parti au moment où les critiques acerbes  contre le fichier électoral venaient même de son fief, Tahoua. La nouvelle coalition, le FRP (à ne pas confondre avec  Front Patriotique rwandais) qui regroupe les principaux partis politiques de l’opposition, les organisations syndicales et les structures de la société civile réclame même un audit du nouveau fichier électoral. Le PNDS TARAYYA, dans ses projections voulait gagner la région de Tahoua à 75% en février 2016. Selon le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), la région de compte 1 649 575 électeurs potentiels en 2015 contre 1 299  525 en 2010. Malgré les moyens colossaux mis à la disposition de la CEFEB, seuls 1 452 897 électeurs ont été retenus. Près de 20 000 personnes en âge de voter sont oubliés par le CFEB/Tahoua et n’auront pas la chance d’exprimer leur sans avenir électoral. Selon le chef de fil de l’opposition et Président du MNSD NASSAR Seyni Oumarou, le fichier est plein d’erreurs. Des fiches électorales d’un village se trouve miraculeusement dans un autre village Le recensement électoral 2015, a été presque un échec dans tous les 2437 villages et hameaux de la région. Des bureaux de vote qui existaient bien avant sont maintenant introuvables sur le fichier actuel. Que s’est-il vraiment passé ? Un rapporteur communal m’informe que certaines localités, des villages entiers ont été radiés du fichier après avoir été recensées. Pourquoi ? Tout le monde reconnait que des moyens colossaux ont été investis pour ce renversement, 6 fois plus que ceux du RGPH ajoute ce même rapporteur. Le ficher actuel dont dispose la CFEB est-il vraiment fiable au point d’empêcher des probables contestations des résultats lors des futures élections ?

Les points forts du Congrès d’investiture du PNDS TARAYYA

C’était le palais de sport de Niamey qui a été choisi pour abriter les assises du parti rose. Cadre, grand et petit du parti, les alliés, les organisations de masses sont présents à Niamey pour l’amour du seul parti socialiste du pays.  Au total c’est plus de 2 600 délégués qui sont présents dans la capitale nigérienne ce samedi. Tahoua est présente avec 117 participants (71 délégués, 5 membres fédéraux  et 46 observateurs). C’est dans une motion spéciale lue par Madame Aichatou Kane que, les participants à ce congrès ont à l’unanimité accordé leur confiance à Issoufou Mahamadou. Ce dernier n’a pas assisté à cette grande rencontre d’une journée, car son statut l’interdit. Monsieur Bazoum Mohamed président national du parti qui a clôturé les travaux. Il a ainsi, appelé les militants à la mobilisation en vue de réaliser la promesse faite par toutes les délégations celle de réélire Issoufou, pourquoi pas même au premier tour.  Pour les trois mois qui restent, Bazoum a promis à tous et toutes celles qui sont présents ce samedi au plais du 29 Juillet, d’être avec eux dans toutes les régions du pays pour mener la bataille dans le détail. En substance a t-il dit, le parti mettra en œuvre l’ensemble des conditions qui paraitrons indispensables à fin qu’ils réaliseront leurs objectifs. Ces derniers seront probablement atteints. Mais que serait-il du cas de certains députés ? Des militants alertent déjà, de tout faire pour échouer certains candidats du PNDS  lors des prochaines législatives. Pourront-ils exécuter leur menace quand le parti commence à distribuer les pièces de pagnes avec le nouveau slogan de campagne : KAYI MUN GANI MUN GODE (tu as fait, nous avons vu et merci?


Niger : des soupçons pèsent sur la 1re manifestation des scolaires

https://news.aniamey.com/h/9307.html
https://news.aniamey.com/h/9307.html

Le lundi passé, les scolaires de la capitale ont violemment manifesté dans les rues. Apres quelques semaines de la rentrée, les autorités actuelles voient mal venues ces manifestions. La population de Niamey a été témoin médusées des agissements inacceptables des élèves instrumentalisés a dit la ministre nigérienne de l’éducation dans son point de presse radio télévisé. Des biens publics et privés endommagés, des diplomates agressés, des forces de l’ordre blessés sont entre autres le bilan dressé par la ministre Aichatou. Des châtiments exemplaires sont prévus aux fautifs.

La ministre l’éducation du Niger, n’a pas passé par mille chemins pour fustiger les comportements de ces élèves sortis manifestés contre le traitement réservé au système  éducatif par le régime de la 7eme République.  A travers des propos virulents, elle a fermement condamné un soulèvement qu’elle qualifie de « sauvage » . Pour la ministre, la sortie dans la rue des collégiens et lycéens de Niamey le,  lundi 19 octobre porte la signature des individus mal intentionnés, lâches et pyromane, incapables de se montrer au grand jour dans leur sale besogne. Tout le monde au Niger reconnait à qui la ministre s’adressait à ces termes : le parti d’opposition MODEM LUMANA de l’ancien président de l’Assemblée Nationale.  Elle pense que ce partie utilise et manipule ces scolaires. Des graves accusations de supposition d’enfants pèsent sur le Président du MODEM FA LUMANA. Raison pour laquelle il a fui le pays pendant plus d’un an maintenant laissant derrière lui partisans et sympathisants. Cette situation pourrait lui empêcher de se présenter aux élections générales de février prochain.  D’aucuns pensent que certains militants de cette formation politique sont capables à tout, pour saper la quiétude dans la capitale et se venger de traitement fait à leur président. Et si les choses vont mal à Niamey, le risque de leur propagation dans d’autres villes de l’intérieur du pays est grand. C’est pourquoi d’ajouter la ministre pense que cette manifestation faites de violence et de casses injustifiées n’a d’autres objectifs que de déstabiliser les institutions de la république.

« Nous l’avons prédit peu après les manifestations violentes des scolaires, Lumana sera accusé et c’est confirmé«  affirme un militant sur Facebook . Les autorités nigériennes par la voix de son ministre entendent donner une réponse adéquate à ces agissements. Car pour elles,  l’Etat a consenti d’énormes sacrifices dans l’amélioration des conditions de vie et d’études des scolaires nigériens. Si la ministre a oublié que les manifestations sont des droits civiques que confère la constitution dans un régime démocratique, elle n’a pas en effet oublié de faire le bilan des actions réalisées par son département ministère. S’il y a une chose que  l’opposition politique nigérienne dénigre ces derniers temps, c’est le bilan.   Il existe chez moi une catégorie d’individu qui pense avoir le monopole de la perfection. A leur détriment la ministre a dit « en quatre années, il a été construit 14 767 salles de classe, 4 189 blocs de latrines, 20 laboratoires équipés, 22 bibliothèques, 38 blocs administratifs contre 3 000 classes en 10 ans (De 2000 à 2009). Dans le domaine de l’amélioration de la qualité des enseignements/apprentissages, 12 093 enseignants toutes catégories confondues ont été recrutées et intégrés dans la fonction publique. Un autre recrutement est en cours et concernera 6 000 enseignants. L’Etat a injecté plus de 30 milliards de F CFA pour l’achat des fournitures, manuels scolaires et équipements pédagogiques. Pour finir, la ministre rappelle que ce premier événement scolaire fâcheux de l’année est en conséquence inacceptable, sans esquisser ce que leur reprochent ces manifestants . Seulement, les auteurs et complices subiront la rigueur de la loi.


La saison des récoltes au Niger

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Il y a deux saisons au Niger. La saison sèche et celle des pluies, chacune avec des caractéristiques palpables. La saison sèche dans les villages est  une période « morte ». C’est le moment de l’exode pour les jeunes. Les autres, ceux restés sur place doivent défricher les champs et préparer la prochaine saison des pluies. Les moins paresseux se lancent dans le maraîchage. Et c’est à la fin des pluies qu’interviennent les récoltes.

La période de récoltes au Niger commence au dernier trimestre de l’année. Parfois un peu avant, mais tout dépend de la pluviométrie. C’est un moment de grandes joies et de divertissements dans les villages d’une part, mais aussi, et surtout de gaspillage. Beaucoup d’engagements contractés s’exécutent à cette période. Bien que le système de troc soit dépassé, dans certaines zones rurales au Niger cette pratique tarde à disparaître. En temps de moissons, tout s’échange avec les céréales. C’est en ce temps précis, que les familles célèbrent les mariages. Ce n’est pas parce qu’elles ont plus d’argent, mais elles dilapident leurs productions agricoles. Un fonctionnaire ne trouve jamais onéreux les articles quand il reçoit sa paie à la fin du mois. De même, le paysan peut tout s’offrir quand les récoltes sont bonnes.

Au Niger, les populations vendent des céréales pour se faire soigner, pour assurer les besoins essentiels de leur famille. Mais comment peut-on apprécier l’action de celui qui dilapide sa production pour payer la viande, les cigarettes, la cola, etc. ? D’autres vendent aussi pour jouer à la tombola, aux jeux de hasard ou participer à la course des chevaux, au Pari mutuel urbain (communément appelé PMU-Niger ou kalé-kalé). Là où les champs sont situés à proximité des habitations, les agriculteurs partagent leurs productions avec les petits voyous du village qui n’hésitent pas à tout voler.

Des jeux inter village sont organisés à longueur des journées et cela pendant des semaines. En effet, l’hospitalité villageoise est inégalable en cette période. Pendant, les saisons de cultures, les voitures de transport dans les campagnes partent et reviennent des marchés presque vident. Mais en période de récoltes, c’est presque le contraire. Au lieu d’un seul voyage, les chauffeurs font plusieurs allers-retours. Ils ne transportent que des vivres. Le haricot et l’arachide sont les plus vendus. Quand le stock de ces derniers est épuisé, le gaspillage se tourne vers le mil ou le sorgho. Ce sont des graminacées de première nécessité chez mois. Les paysans vendent tout. Et à un certain moment de l’année, ils ne peuvent plus racheter. Quand on commence à parler de faim, de crise alimentaire, ils ne peuvent alors que s’apitoyer sur leur propre sort.

A la fin de la récolte, le chef de famille s’approprie toute la production pour ses besoins personnels parfois. Il peut prendre autant de femmes qu’il souhaite (maximum 4). Jamais une production agricole dans nos villages ne fait l’objet de partage entre les membres de la famille. Elle est destinée pour la consommation.  Mais, en réalité elle ne sert qu’à satisfaire l’ego de papy. Il peut l’utiliser pour ses besoins personnels au détriment des autres membres de la famille.  Au Niger depuis longtemps, les champs, les animaux, constituent un moyen d’affirmation de soi. Ils sont toujours la propriété exclusive du chef de famille. Il a pu les recevoir en héritage ou les extorquer lors d’un contentieux. C’est lui seul et lui seul seulement peut en décider de ce qu’il veut faire de ses champs. Les enfants ne peuvent prétendre à leur propre lopin qu’une fois mariés ou après la mort du père. Gare à ceux qui veulent donner du fil à tordre aux « papas dictateurs ». Les biens familiaux sont souvent la source de conflits dans les campagnes au Niger.


Rentrée scolaire au Niger

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Le mois d’octobre se caractérise au Niger par la rentrée des classes dans le primaire et le secondaire. Après trois mois de vacances méritées, les élèves du primaire, des collèges d’enseignement général et technique ont repris le chemin de l’école pour neuf mois de durs labeurs. La préparation ou plutôt l’impréparation des rentrées scolaires est devenue un problème routinier dans le pays.

Les vacances sont de grands moments de repos pour les scolaires vivant dans les centres urbains. Dans les zones rurales, elles sont pour les élèves et même certains étudiants, une période de travaux champêtres. Pour moi, travailler dans les champs est plus difficile qu’aller à l’école. Quand j’étais élève, j’enviais toujours ceux qui racontaient leurs récits de vacances, car il n’y a pas de vacances dans les villages.

La rentrée académique 2015-2016 s’annonce timidement dans la ville de Tahoua. Elle ressemble à toutes les autres. Cette année, elle commence vers la fin de la semaine puisque le 1er octobre est un jeudi. Beaucoup d’enseignants ne regagneront pas leur poste avant samedi. Ils ne montreront pas leurs beaux habits cette année au premier octobre. Ils continuent certainement la fête de tabaski et trouveront une bonne excuse pour prolonger leurs vacances et profiter d’un long week-end. Aussi, beaucoup d’entre eux  (les contractuels) refuseront de reprendre la craie, vu le nombre de mois impayés qu’ils ont accumulés. En cela, l’Etat et les syndicats, doivent d’accorder leurs violons, pour une rentrée scolaire apaisée sans prendre en otage les milliers d’enfants pauvres qui ne peuvent aller que dans ces institutions publiques. L’éducation des enfants est un investissement sûr. En effet, c’est eux qui assureront la relève de demain.

Dans les villages, les élèves ne reprendront pas vite le chemin de l’école. Comme la pluviométrie a été satisfaisante dans beaucoup de zones, les récoltes seront relativement bonnes et les besoins en main-d’œuvre se poseront avec acuité. Beaucoup de parents préfèrent garder leurs enfants avec eux un bon moment afin d’effectuer le maximum des travaux champêtres. Les enfants ruraux, ne goûtent presque jamais au plaisir lié au premier jour d’une rentrée scolaire. Pas de photos, certains se présentent seuls à l’école sans leurs parents. Perdre une demi-journée de travail en conduisant son fils à l’école, le paysan nigérien ne le tolère pas. Néanmoins, la formation débutée depuis le mois de septembre de certains enseignants contractuels sans formation initiale rendra, la rentrée moins effective dans certaines écoles rurales tout comme dans les centres urbains. La construction des classes en paillotes n’est pas pour bientôt. Le matériel essentiel pour sa confection (les tiges de mil ou du sorgho) n’a pas commencé à être coupé.

Un tour dans quelques établissements publics de la ville de Tahoua, m’a permis de m’imprégner de l’état des préparatifs de cette rentrée des classes. Dès la veille, les directrices de certaines écoles étaient présentes dans leurs différents établissements. Un coup de balai ici, un coup de hache par là. Chacune veut que son école change de visage avant le grand jour du jeudi 1er octobre.


Le poids des griots politiques au Niger

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En dehors des funérailles, les services du griot sont recommandés dans toutes les cérémonies au Niger. Les populations chantent et dansent aux rythmes musicaux de leurs régions. Dans les villages, ils n’ont même pas besoin d’être invités à la cérémonie. Ils se joignent à la fête sans gêne. On se demande même comment ils sont informés. Avec l’avènement de la démocratie, ceux qui ont un don et qui savent bien chanter complètent les cortèges lors des meetings politiques. 

Les griots participent à des baptêmes, des mariages, vous pouvez les retrouver même dans des réunions politiques, pour galvaniser la foule. Mais cette couche sociale est très mal vue dans nos sociétés. Elle se range au bas de l’échelle dans le classement social. Dans toute l’Afrique, un griot appartient toujours à la basse classe. D’ailleurs, « sans eux qui véhiculent l’histoire de père en fils, la majorité des œuvres anciennes qui forment le patrimoine socioculturel seraient oubliées depuis longtemps ». Le mariage entre une fille de « famille noble » et un garçon griot (ou vice versa) se heurte parfois à des fortes résistances des parents. Les griots sont considérés comme une ethnie de seconde zone. Ils ont leur roi, dont les enfants ne peuvent pas s’appeler princes. C’est un titre honorifique, sans aucun pouvoir que lui attribue le roi à cause soit de son âge ou de son talent. Dans la société traditionnelle nigérienne, le griot est toujours au service du roi, le chef. Mais tout cela, c’était dans le passé. Avec la politique et le modernisme, les griots on atteint un niveau de vie sociale plus important que certains chefs traditionnels.

Aujourd’hui, ils sont fiers d’être de vrais animateurs dans l’arène politique. Au Niger, chaque parti politique à au moins une troupe musicale propre qui ne chante que ses bienfaits. Jamais de notes négatives. Pendant les campagnes, ils ont un grand poids. Le duo Kadri Bouda et Saidoua a fait la joie de tous les militants du PNDS. Aujourd’hui la troupe musicale »Albichir » de Tchiro est très appréciée. Feu Dan Kobo a beaucoup contribué à la Convention démocratique et sociale (CDS RAHAMA). Les autres partis louent les services des chanteurs nigérians. Tout comme les politiciens eux-mêmes, leurs chanteurs font des défections. C’est le cas de Habsou Garba, une grande diva autre fois au Mouvement national pour la société de développement (MNSD), qui chante désormais pour LUMANA AFRICA. Douda quant à lui a presque fait tous les partis. Aujourd’hui, il se glorifie de sa transhumance et roule dans des V8. Même si leur rôle s’arrête à l’animation, les griots sont très importants pour rassembler du monde lors d’un meeting. Et ces dernières années, depuis que les politiciens ont commencé à leur payer des voyages à la Mecque, leur attachement à cet art oratoire est de plus en plus grand. Avec des chants politiques, certains artistes musiciens traditionnels nigériens sont aujourd’hui connus dans tout le pays et même à l’extérieur. D’autres sont devenus riches ou ont vu leurs conditions de vie s’améliorer.

Après chaque meeting, le griot-chanteur présente au public son chant favori composé pour le parti. Parfois, on n’arrive même pas à faire la différence, si le refrain est dédié au parti réellement ou à son numéro 1. Qu’il résonne bien ou pas, l’objectif du griot est de stimuler la foule. C’est vrai donc, « la musique est une drogue » ? L’écrasante majorité des griots politiques n’a pas été à l’école. Ils ne peuvent rien comprendre des objectifs de la formation politique dont ils font l’éloge. Mais du moment où ils réussissent à intégrer l’équipe de campagne, comme groupe d’animation, une partie des objectifs est atteinte. Ils pensent plutôt aux liasses de billets qui leur seront données par les militants gagnés par la joie et l’extase. Certains spectateurs sans avoir pris soin de laisser quelque chose à leur famille avant de sortir, se retrouve en train d’offrir sans compter à un griot qui a juste prononcé le nom du parti. « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute ». Cet argent et autres cadeaux et leur seule récompense. Aucun d’eux ne pense un jour être promu à un poste de responsabilité. D’ailleurs après les campagnes électorales, ils replongent tous dans le « chômage technique » en attendant les prochaines échéances électorales. Ils reviennent à la case de départ. Ceux qui ne peuvent plus se passer de leur nouvelle situation rodent devant les maisons de cela qui profitent de la chose : directeurs, ministres ; chef de cabinet, entrepreneurs du parti, etc., ceux qui ont réussi.


De l’impopularité à la politique d’exclusion

ancien DIRCABA exclu par son partiOn entend tous les jours les citoyens affirmer que le Niger a eu un bon président, mais très mal entouré ou pris en « otage » par ses amis politiques. Les dirigeants actuels du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-TARAYYA) démontrent qu’ils n’ont ni la patience ni le sang froid de Issoufou. Il existe beaucoup des différences entre leur gestion du parti et la sienne.

L’équipe actuelle qui dirige le PNDS-TARAYYA est irriguée d’un sang bouillant, agité qui ne lui permet pas de mesurer la gravité des mots qui lui échappent. De la langue on ne peut aucunement diriger le PNDS que Issoufou a construit sur la base de discernement et de la patience. Même au sein de ces ennemis et farouches opposants on lui reconnaît une certaine capacité d’écoute et surtout la culture du mérite. Aujourd’hui, les militants et autres observateurs de la chose politique au Niger sont conscients qu’il y a une faiblesse au sein de l’équipe dirigeante du parti au pouvoir. Beaucoup d’entre eux manquent de notoriété. Ils font au pire ce qu’ils ont dénoncé quand ils étaient à l’opposition. Ils pensent avoir leur reconnaissance dans d’autres fiefs faute de l’avoir là où ils sont. Sur ce plan certains dirigeants du parti rose se sentent toujours gênés et ils ont la peur au ventre bien fondée. En démocratie, la popularité ne se fonde pas sur le verbe et la rhétorique, mais plutôt à travers un électorat, sur qui on doit compter. À présent, des militants qui ont duré dans ce parti font la pluie et le beau temps. Ils empêchent l’évolution de tous nouveaux venus qui cherchent à faire développer le parti. Le directeur de cabinet adjoint du président de la République, Ibrahim Yacouba a payé de ses frais, quand il a voulu organiser un meeting chez lui. Il a été manu militari exclu du parti. Alors qu’une formation politique qui se respecte ne vit que grâce au militantisme, le parti rose chasse ces grands militants à quelques mois des élections.  Qu’il soit vieux comme le monde si un parti n’a pas d’adhésions, il disparaîtra du jour au lendemain ou se transformera en « parti familial ». Ibrahim Yacouba, autrefois syndicaliste  avait adhéré au PNDS, en 2011 au grand regret de beaucoup de formations politiques. C’est à  Maradi, sa régionale natale qu’il a voulu faire ses preuves en politiques. Mais  le clan du Sieur Kalla Hankouraou l’en a empêché grâce à des manœuvres purement régionalistes. Pendant toutes les années passées à Maradi, personne ne lui reprochait son appartenance à cette région, sauf quand il a obtenu la carte de membre du PNDS. Même si ses fidèles admirateurs trouvent cette que cette exclusion est inconcevable, en politique, le bannissement des militants gênants est une stratégie très fréquente. L’histoire de l’ancien Dircaba (Directeur du cabinet adjoint) ressemble à celle de Jean-Marie Le Pen en France. A la différence ce dernier s’est vu exclu d’un parti qu’il a lui-même créé.

 Faut-il se demander qui est Ibrahim Yacouba ?

Il s’est inspiré d’Issoufou Mahamadou. Il avait compris comment Son Excellence a construit le parti. Animé d’une volonté d’amener le PNDS aux coins les plus reculés du Niger, il a abandonné la vie sous la climatisation pour regagner le terrain favori de son aîné. Du hameau au village, du campement au  groupement, ce fils d’agriculteur connaissait déjà ce que veulent les couches paysannes rurales du pays. Il s’est donné comme ambition d’apporter le message d’Issoufou auprès des électeurs. Son fort; des actions concrètes très appréciées par les populations rurales. Comme Issoufou, il veut servir et non se servir. C’est un fin nationaliste, honnête et discrète avec un franc parlé reconnu par tous ceux qui l’ont côtoyé dans sa vie syndicale, professionnelle, administrative et politique. Il n’aime pas la paresse et les intrigues. Et voilà que ces deux mots veulent l’abattre.

Qui a peur d’Ibrahim Yacouba ?

Qui sont ceux qu’Ibrahim Yacouba inquiète ou plutôt les peureux des méthodes et ambitions d’Ibrahim Yacouba ? Depuis l’élection de Son Excellence, tous les vautours autour de lui ont pour slogan : « Amasser le maximum pour mieux s’assurer une sécurité sociale ». Oubliant ainsi leurs promesses essentielles de campagne. Ils ont abandonné le parti et le peuple pour se donner à la  guerre de position et d’influence, la lutte pour le placement des fils, amis et serveurs (PFAS). Pourquoi les ténors du PNDS ont peur de garder Yacouba avec eux ? Contrairement à beaucoup de membres du bureau exécutif du PNDS TARAYYA et aux grands ministres, Ibrahim est un mobilisateur. Il ne fait pas de jeux de mots, il transmet un message clair et concis dans une rhétorique inégalée. Il a prouvé qu’il a de grandes ambitions pour ce Niger. Il a été plus brillant sur le chant syndical et sans faute. En somme, c’est une étoile montante dans la sphère politique du parti qu’on veut obscurcir. Une boule gênante qui risque d’écraser les maladroits politiques et les dirigeants sans base. Pour les militants la décision du Comité exécutif national est une lâcheté qui coûtera cher au parti. Tout parti sérieux cherche l’adhésion des militants et non leur exclusion. Tout parti sérieux  promet une relève solide. Ceux qui ont compris sont partis d’eux-mêmes. Il s’agit de l’ancien gouverneur de Zinder, Oumarou Saidou qui rejoint l’UDR TABATT. Si Issoufou continue a gardé le silence, son parti risque de le sentir amèrement aux prochaines échéances électorales. A bon entendeur salut ! Mais avant, après le « lynchage » d’Ousmane Idi Ango et d’Ibrahim Yacouba à qui le tour ?


Bras de fer entre le gouverneur de Zinder et le syndicat des magistrats

stopSur ordre du procureur de Zinder, des individus mis sous mandat de dépôt ont été libérés. A la grande surprise de tout un chacun, c’est le gouverneur de la région Kalla Moutari qui a donné cet ordre. Cette affaire qui suscite des inquiétudes risque d’obscurcir l’image des autorités administratives de la région. S’appuyant sur le principe de séparation de pouvoirs, le Syndicat automne des magistrats du Niger (Saman), s’insurge contre l’ingérence du gouverneur dans les affaires judiciaires, et voici leur version des faits.

Selon le secrétaire général du Saman, section de Zinder, les faits remontent au 15 juillet 2015.  Un de leurs membres s’était rendu à la direction régionale des mines et de l’énergie de Zinder pour retrouver sa belle-sœur qui devait l’accompagner au centre de soin avec son enfant malade. Pendant qu’il se gare, un motocycliste arrive derrière lui et lui demande de bouger son véhicule pour qu’il puisse passer. Le camarade lui dit qu’il peut bien passer, car il n’a pas obstrué le passage. Têtu qu’il est le motocycliste refuse d’avancer et attend qu’on lui cède la place… puis d’un coup, il démarre son engin et percute le véhicule. Certainement, le malheureux ignorait qu’il venait de provoquer un substitut de procureur. Comme par magie, un autre individu arrive et commence à filmer la scène avec son téléphone portable à « d’autres fins » ajoute le camarade SG. Entre-temps, un troisième individu sort des bureaux, et arrive sur les lieux. Il s’ingère dans la dispute et qualifie le substitut d’insolent. Outre les propos discourtois, il profère même des menaces à son endroit.

En bon citoyen, le juge fait appel à la police qui ne tarde pas à venir. Lors de l’interpellation sur les lieux, les prévenus opposent une résistance farouche avant de se faire embarquer. Après cette plainte, le procureur fait un mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Zinder. Aussitôt informé, le gouverneur de la région appelle le plaignant pour lui demander les motifs pour lesquels il poursuit ces personnes. Et selon le substitut du procureur, elles sont poursuivies par voie de fait, un terme juridique que le gouverneur ne comprend pas (moi-même, c’est pour la première fois que j’entends ce terme). Le substitut a pris tout son temps pour expliquer au gouverneur le sens du terme. Convaincu ou pas, le gouverneur a dit au substitut qu’il n’est pas le « roi de Zinder », et qu’il ne peut pas se permettre de poursuivre n’importe qui. Pourquoi pas ? Le soir vers 20 heures, heures locales, les prévenus sont exfiltrés selon le secrétaire général du Saman. Le régisseur de la prison de Zinder a dit avoir reçu l’ordre du gouverneur. Il craint pour son poste, c’est pourquoi il s’est exécuté.

Le syndicat autonome des magistrats du Niger ne voit pas cette décision d’un bon œil. Et dans leur point de presse de la semaine dernière, il affirme qu’au Niger personne n’a le droit de libérer un prisonnier à l’exception du juge, même le président de la République ni même le ministre de la Justice. Kalla Moutari, un politicien en liberté provisoire depuis plus de 15 ans risque de sortir affaibli de cette affaire. Mais les prochaines semaines nous édifieront davantage.


Le vélo, lui sauve sa scolarité !

veloCe billet est l’histoire racontée par un camarade de classe, en dernière année au collège. Sans le vélo de son oncle, il aurait été un ex-élève sans avenir. Hier soir, il me dit; « Toi qui aimes écrire, écoute mon récit. Il intéressera peut-être tes lecteurs ».

Les épreuves écrites du brevet de fin d’études du premier cycle (BEPC) venaient de se terminer. Dans l’attente des résultats permettant de passer l’oral, l’adolescent est revenu dans son village natal, Tajaé Sédentaire, situé à quelque 20 kilomètres d’Illéla (notre chef-lieu d’arrondissement).

Chaque année les examens coïncident avec le début des cultures. Ce moment appelé période de soudure est difficile pour beaucoup de familles en zones rurales où l’on a besoin de bras. Tard dans la nuit l’étudiant apprend qu’il doit passer l’oral et se rendre de toute urgence à Illéla. Le tronçon de route n’est pas bitumé. Les véhicules sont très rares en dehors des jours de marché (jeudi et vendredi). Il a besoin d’un peu d’argent et aussi un moyen de transport sûr qui lui permettra d’être au centre des examens à temps.  Sa mère et sa grand-mère sont toutes des ménagères. Elles  ne peuvent rien faire à ce moment précis pour lui. Leur âne, le plus vigoureux du village, n’est pas une solution. Son grand-père n’accepte pas de lui céder sa pouliche enceinte de plusieurs mois. Il sait qu’il aime la chevauchée et qu’une partie de course pourra faire perdre le foetus de la pouliche. Son papa vit à la frontière ghanéenne, il se soucie beaucoup de ses études, mais il est loin. Ses oncles n’ont pas les moyens pour louer une moto, mais l’un d’eux à une bonne idée et lui dit : « Mon fiston, moi je n’ai rien, tu le sais bien. Mais si ça peut t’aider, tu peux utiliser mon vieux vélo pour passer ton examen ». Il  prend le vélo, se rend à Illéla et passe l’examen sans difficulté.

Autrefois, avoir un vélo, c’est un signe de noblesse

Moi, quand j’étais au collège une seule personne avait un vélo. Même les professeurs, tout le monde venait à pied. Le vélo a été le moyen de déplacement le plus utilisé au Niger et surtout dans les zones rurales. Au moment où la campagne de course de chevaux s’achève, celle des vélos continue son beau chemin. Au moment où les ambulances étaient quasi absentes dans les villages, les vélos sont utilisés pour les évacuations. Au début, ceux qui pouvaient se procurer ce joyau se comptaient sur le bout des doigts. Le vélo était réservé à la haute classe, la classe marchande. Mais, depuis l’avènement des motos chinoises (Qlink, Kasea, etc.), le vélo a été délaissé. Aujourd’hui, seuls les petits enfants s’adonnent aux joies du vélo.


De l’or, il y en a au Niger

www.bonferey.com
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La nouvelle de la récente découverte d’or dans les plateaux du Djado, a très vite fait le tour de tout le Niger. Les récits des orpailleurs, cela qui ont réussi, ont donné une grosse envie à tous les aventuriers de faire le voyage sur Djado. Dès lors, ces appareils détecteurs d’or à bon marché connaissent un essor considérable au Niger. Mais, la région d’Agadez est réputée pour abriter des groupes de petits mafieux et autres criminels. A cela s’ajoutent désormais des coupeurs de route qui dépouillent les orpailleurs à leur retour.

Après Koumabangou, d’importants gisements d’or ont été découverts récemment à Djado dans la région d’Agadez. Le sous-sol de cette région située au nord du pays renferme d’importantes ressources naturelles et minières. Chaque jour, ce sont des dizaines de camions chargés d’hommes qui traversent la ville de Tahoua en direction du Djado et cela en dépit de l’état piteux de la route. Cet endroit, est devenu un nouveau lieu d’exode des populations rurales nigériennes, mais aussi, et surtout de nos voisins les plus proches. Agadez est l’un des vieux passages obligés des migrants vers la Libye puis l’Europe. Ceux qui n’ont pas la chance de faire la traversée du Sahara se tournent vers les plateaux aurifères du Djado. Ces hommes veulent tenter leur chance avec tous les risques que cela comporte. Selon les témoins, sur le chemin de retour, des bandits armés et coupeurs de route dépouillent les voyageurs de leurs biens. La présence sur le site des éléments de forces de l’ordre empêche les malfaiteurs de perturber les activités. Ceux qui gagnent le gros lot se font escorter jusqu’à Agadez par les agents de sécurité pour éviter les mauvais souvenirs. Dans la plupart des cas, cet or est exploité de façon artisanale. Pendant la saison pluvieuse, cette activité est beaucoup plus dangereuse. De l’or, il en a à Djado. L’apparition de ce gisement dans cette région lointaine du pays a favorisé l’introduction au pays de ces appareils détecteurs d’or appelé MineLab. Cela dit, certaines personnes vendent tout ce qu’elles ont pour s’en approprier. Certains les achètent aussi pour les donner en location. Sur le site tout s’achète avec de l’or racontent certains orpailleurs. Le troc est si développé que tout s’évalue en or ; même les brochettes.