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Tchad : Babu, une solution pour réduire le manque cruel de manuels scolaires

C’est quoi Babu ?

En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle.

C’est à l’hommage d’Amadou Hampâté Ba, que nous avons nommé notre innovation « Babu », en swahili, qui veut dire grand-père en français.

C’est une bibliothèque numérique « open source », qui tourne sous Ubuntu serveur. Il contient le contenu offline de Wikipédia, Wiktionnaire et Wiki books. En plus des trois, il est doté d’un serveur de contenu calibre, pour les livres numériques.

Il est équipé d’une carte réseau qui crée un WLAN (réseau local sans fil), qui couvre 100 mètres de rayon à l’air libre. Et une application mobile qui lui sert de navigateur.

À quel besoin répond-il ?

Selon le rapport de l’UNESCO, et du plan intérimaire de l’éducation au Tchad, seuls 4,4% des élèves au niveau national disposent de leur propre manuel en lecture et 3,6% en mathématiques. Cependant, environ 60% de jeunes ont accès aux smartphones. Cela nous donne 95% de chance de résoudre ce problème en utilisant le numérique, plutôt qu’une autre alternative.

C’est dans cette optique que nous avons lancé le projet Babu. Afin d’équiper tous nos lycées de serveur Babu, pour permettre aux élèves d’avoir accès aux livres numériques, qu’ils peuvent télécharger, ou consulter sur place.

Aspect innovateur

Au-delà des contenus, que les utilisateurs peuvent consulter, Babu possède un journal en ligne pour le lycée. Les élèves peuvent publier des articles, lire et commenter. Il est aussi doté, d’un forum de discussion où les élèves peuvent discuter sur différents sujets.

Aspect économique

Déjà en phase pilote, et les géants nous demandent à combien on peut vendre Babu ? C’est impossible, car c’est comme si nous voulions vendre Wikipédia qui est une chose qui ne nous appartient pas.

Tout d’abord, Babu tourne sous le système d’exploitation Ubuntu serveur, qui est un logiciel libre et gratuit. Ensuite pour les contenus Wiki, il utilise le serveur kiwix, qui est aussi un logiciel libre et gratuit. Pour les livres numériques, il utilise le serveur de contenu Calibre, qui est aussi libre et gratuit. Donc tout est complètement open source.

Ce qui intéresse tout le monde c’est comment gagner de l’argent avec cette innovation ? C’est simple. Nous sommes des maçons, des plombiers, des électriciens… On construit vos maisons, vous nous payez. Vous avez un souci, on vous dépanne et vous nous payez.

C’est la même chose avec Babu. Nous sommes des consultants. Vous achetez vos matériels, on s’occupe de la construction et vous nous payez la main d’oeuvre. Vous avez un souci de maintenance, on vous dépanne moyennant quelque chose.

Aspect éducatif et culturel

La culture numérique est à la mode, et personne ne peut résister à celle-ci. En octobre 2018, la Banque mondiale a lancé un concours du meilleur blogueur. Le challenge était, d’écrire en 500 mots maximum, « quelles solutions pour transmettre de meilleures compétences aux jeunes Africains afin de les aider à se préparer à l’économie numérique et aux emplois de demain ? ».

Au départ, j’ai un peu hésité, mais finalement j’ai participé, car je n’ai rien à perdre. J’ai écrit un article, en expliquant un peu le concept de Babu, et l’impact qu’il pourrait avoir sur le développement de la culture numérique au Tchad.

Environ 3/5 des jeunes en ville ont accès aux smartphones. Les 2/5 ne sont pas si pauvres pour avoir accès à celui-ci, mais ils ne trouvent pas l’utilité absolue, s’ils n’ont pas des moyens pour payer de l’internet. Alors, avec le concept de Babu, on essaie d’inciter le reste à utiliser un smartphone, puisqu’ils n’auront pas besoin d’internet pour Babu.

Si aujourd’hui, nous avons des lycéens webmasters, blogueurs, Community manager… alors imaginez ce qu’ils peuvent accomplir dans l’avenir.


Tchad : le manque cruel de manuels scolaires

Selon l’UNESCO, au Tchad les manuels scolaires sont repartis comme suit :

  • Français : 3,3 élèves/manuel ;
  • Mathématique : 4,2 élèves/manuel ;
  • Science : 11,1 élèves/manuel ;

Je doute souvent des chiffres et statistiques qui sont publiés par des organisations, mais ceux-ci, je peux vous les confirmer.

Aujourd’hui si l’on parle de la baisse de niveau au Tchad, je pense que c’est ce manque qui en est à l’origine. Durant tout mon cursus scolaire, jusqu’au lycée, je n’ai jamais lu un livre. Toutes mes lectures se résument aux révisions de mes cours, que j’ai écrits de ma propre main, qui ressemblent à des pattes de fourmis, et qui sont bourrées des fautes.

À l’époque, on partageait le manuel de français (Mariam et Hamidou) par table-banc de quatre, voire cinq personnes dans certaines classes. À la fin des cours, tous les manuels sont collectés et entreposés dans un endroit sûr : le bureau du directeur.

Dans mon école, il y avait quatre centres qui ont des classes respectifs du CP1 au CM2. Deux centres le matin, et deux autres dans l’après-midi, l’ordre changeait toutes les semaines. Il n’y avait pas une salle de classe qui comptait moins de 70 élèves.

Les manuels de calcul, science de la vie et de la terre, et autres sont réservés aux instituteurs. Si vous voyez un élève avec un manuel, soit il a un riche parent pour lui acheter, même s’il est inscrit dessus ‘’VENTE INTERDITE’’. Ou bien il a un parent qui est enseignant ou membre de l’administration quelque part, et qui lui en a dérobé un, ce qui peut se traduire par ‘’détournement de bien public’’. Ou plutôt il l’a gagné lors des remises des carnets de notes, ou peut-être il l’a volé, parce qu’à l’époque, on volait même nos cahiers.

Même certains instituteurs n’ont pas accès à tous les manuels. Je les voyais souvent dispenser les cours avec leurs vieux cahiers. Certains prêtaient le manuel, et préparaient les cours sur des cahiers de notes. Et d’autres faisaient une descente aux rares bibliothèques, pour préparer les cours.

Malgré toutes ces difficultés, on a été à l’école, on a appris à lire et écrire, même si certains nous traitent de nuls parce qu’on commet des fautes grammaticales en écrivant ou en s’exprimant. Ce n’est pas de notre faute. On n’a pas fait les mêmes écoles, et on n’a pas eu les mêmes opportunités. Notre école on la complète avec le cinéma. Malheureusement au cinéma, on ne met jamais le film en pause pour lire les sous-titres. Lire et écrire, pour nous c’est suffisant, la perfection viendra avec le temps.


Tchad : le projet “ceinture verte” est un échec, comment réparer ?

En 2008, le Tchad entre en action pour le plan de la muraille verte de l’Afrique, il lance la semaine nationale de l’arbre (la ceinture verte). Elle consiste à planter des arbres pour stopper l’avancée du désert. Aux alentours de la ville de N’Djaména, 26.267 plants de toutes espèces confondues sont mis en terre sur une superficie de 48 hectares.

Huit ans après, le Ministre de l’Environnement vient annoncer l’échec du projet: « Le Ministre de l’Environnement et de la Pêche Brah Mahamat a fait une visite inopinée hier à la ceinture verte de Gaoui et au site de reboisement de Djarmaya. L’objectif est de s’enquérir de l’évolution de ces deux structures. “C’est un constat d’échec” dit le Ministre après sa visite. Les réalisations ne sont pas à l’attente de la demande. C’est une mise en scène, chaque année des milliards sont perdus pour la lutte contre l’avancée du désert. Il est temps de mettre fin à cette mascarade, indique Brah Mahamat. » rapporte  le journal Tchadinfo.

Selon l’Office National de la Radio et de TéléVision (ONRTV), le Tchad a dépensé 12 milliards de Francs CFA en 5 ans, pour le projet de la ceinture verte. A mon avis, c’est cette somme qui nous a conduits directement à l’échec. Chez nous, quand il y a de l’argent en jeu quelque part, c’est mauvais signe. Tout le monde veut être au premier rang pour profiter de l’occasion. C’est exactement ce qui s’est passé.

Savez-vous comment ils ont procédé pour ce projet ? Ils ont fait toute l’installation du site (forage d’eau, pépinière…). Pour la plantation, ils ont impliqué tout le monde (lycéens, écoliers, étudiants, travailleurs…) dans ce qu’ils ont appelé “la semaine nationale de l’arbre”. Tout personne volontaire désirant s’impliquer dans le projet, se rendait sur le site pour planter un arbre. Ensuite ils ont employé les villageois des villages voisins du site, pour l’entretien des plantes. Chaque employé a reçu une somme de 60.000 F cfa par mois, qui est un équivalent d’environ 100 euros.

Si on me demandait mon avis ou si on me le demande encore aujourd’hui, sur comment réussir un tel projet, j’aurais surement des idées qui pourraient être excellentes. Cependant, ces idées pourraient ne pas plaire à tout le monde, s’ils n’y trouvent pas d’intérêt personnel. Moi, à leur place, j’irais sensibiliser les villages voisins de la zone cible. Je les convaincrai par tous les moyens, pour qu’il reconnaissent qu’il y a un danger auquel ils vont faire face, et que c’est à eux de combattre ce danger, avec l’appui du gouvernement bien sûr. Aussi, je leur donnerais trois choses, s’ils s’engagent à préserver l’environnement à travers ce projet, un château d’eau, un lycée, un hôpital par village.

Au Tchad, si vous proposez ces trois choses pour un village, vous aurez leur allégeance. Ainsi, vous n’aurez plus besoin des agents pour faire le suivi et vous rendre compte, mais c’est le chef du village qui vous rendra compte. Et lorsqu’une autorité traditionnel s’engage avec toute sa volonté, c’est tout le village qui le suivra. Il est la personnalité la plus respectée et écoutée chez moi.

L’autre solution, c’est de distribuer des terrains aux bailleurs de fonds, pour de l’exploitation forestière. Nous savons tous qu’un entrepreneur ne laissera jamais son argent bouffé par les termites, il le préservera par tous les moyens, tel est le cas de l’entrepreneur Tchadien.

Depuis une décennie, les bailleurs Tchadiens se bousculent autour du business du jardinage. Chaque grand commerçant bien connu a au moins un jardin, certains ont deux et même trois plantations de fruits telles que les manguiers, citronniers,… ce qui est à l’origine de l’inflation de prix des terrains agricoles. Alors, s’il s’agit d’obtenir des terrains d’exploitation gratuits, je pense que nous aurons d’autres candidats qui vont se lancer dans ledit business. Et plus nous aurons des jardins, plus nous aurons un monde vert.

Je pense que si le Gouvernement arrive à adopter une telle stratégie, nous ferons d’une pierre deux coups: La croissance économique, et la préservation de l’environnement.


Tchad: les enfants de la rue, un phénomène qui ne cesse de grandir

A travers le projet de la cartographie numérique de la voix des jeunes cartes, j’ai eu la chance de visiter plusieurs villes du Tchad. Et dans toutes les villes que j’ai visité, il y a le phénomène des enfants de la rue, connus sous le nom de « Mouhadjirine ».

Ces sont des adolescents âgés de 6 à 14 ans. Ils sont envoyés par leurs parents pour étudier les pratiques de l’Islam chez un homme religieux qu’on appelle communément « Marabout ». A l’époque, lorsqu’on parlait de marabout, la première chose qui venait à l’esprit c’est l’honnêteté, la confiance… Ils vivaient dans des endroits reculés, enseignaient la religion et cultivaient la terre. Ils recevaient de l’aide de la part des parents de leurs disciples.

Petit à petit, le monde change. Une nouvelle génération, un nouveau mode de vie où le troc n’existe plus. La religion n’est plus la seule doctrine. Les petits villages d’hier sont devenus des villes, et les marabouts se retrouvent  sans autre expérience à part la parole de Dieu, dans la ville  où la vie est très difficile et cher. Cherchant à gagner de l’argent, certains n’ont pas d’autres solutions que d’envoyer leurs disciples pour chercher de l’argent à leur place. Ils leur fixent des quotas hebdomadaires. Et ces pauvres enfants cherchent par tous les moyens à remplir leur devoir.

Ils n’étudient plus. Ils passent tout leur temps dans des rues et  lieux publics tels que les marchés et gares routières…mendiant, pas pour de la nourriture, mais pour de l’argent. Cependant, la mendicité ne peut pas marcher tous les jours. D’autres essayent d’être créatifs en proposant aux femmes de porter leur épicerie contre quelques pièces de monnaie. Mais certains prennent une mauvais route, en devenant des pickpockets.

Ils commencent à prendre des mauvaises habitudes comme fumer des mégots, ensuite un peu de la drogue. Ils abandonnent leur foyer. Et ils se transforment en enfants de la rue confirmés. La rue est leur maison. Les passants sont leurs parents. La poubelle est leur table. Et le trottoir c’est leur lit.

Ainsi, ils passent le restant de leur misérable vie, à mendier, piquer, se droguer, se bagarrer, … et se nourrir dans les poubelles des restaurants. L’aspect le plus humain, c’est la vie en société. Ils se partagent presque tout, et prennent soins les uns des autres. Ils sont condamnés à cette vie de l’adolescence à la maturité.

Privés des soins médicaux, certains n’atteignent pas la maturité. Ils meurent du paludisme, choléra et toute autre maladie contagieuse et infectieuse. J’en ai vu plein dans mon quartier. J’en ai vu un mourir à cause d’une morsure de chien. Ils partagent un espace commun avec les chiens (poubelle), ce qui parfois entraîne un désaccord.

Chaque jour que Dieu fait, je passe devant ces pauvres enfants, et tous les jours je ressens les mêmes choses: la honte, la culpabilité et la tristesse. Qui sommes-nous pour juste regarder sans rien faire ? Et si on pouvait voir dans le futur, et que ce soit le même sort qui soit réservé à nos enfants, ou à nos petits enfants, qu’est ce qu’on pourrait faire pour éviter cela? C’est en agissant maintenant, qu’on peut changer le futur.

Je me rappelle l’article d’une amie de La Voix Des Jeunes intitulé Un regard et puis je passe mon chemin. Dans cet article, elle parle des sans domiciles fixes d’Europe. C’est la même chose, les mêmes histoires partout dans le monde. Chacun pour soi, Dieu pour tous. On dirait que la miséricorde a quitté le cœur des Hommes.


Tchad: Jerry computer, une solution à la fracture numérique.

Wikipédia définit la fracture numérique comme la disparité d’accès aux technologies de l’information, notamment l’ordinateur et l’internet. Cette disparité est fortement marquée, d’une part entre les pays riches et les pays pauvres, d’autre part entre les zones urbaines denses et les zones rurales. Elle existe également à l’intérieur des zones moyennement denses.

Le Tchad c’est 72% d’analphabètes selon Unicef, et une 45ème place parmi les 46 pays Africain en matière de développement des TICs, selon le classement 2016 de l’IUT (Union Internationale des Télécommunications). Pour un pays comme le Tchad, le projet Jerry est un plan idéal pour réduire la fracture numérique, et soutenir l’éducation, puisqu’avec Jerry, il n’y a pas d’âge, ni sexe, ni niveau d’étude…mais c’est de l’apprentissage par expérimentation.

C’est quoi Jerry Computer, et son origine

Jerry computer c’est la combinaison de deux mots: « Jerry » qui est le diminutif du mot « Jerrycan », et « computer » qui veut dire « ordinateur » en Anglais. Alors Jerry computer, c’est un ordinateur fabriqué à partir des matériels informatiques usagés. Ils sont assemblés et montés dans un bidon (jerrican) de 20 litres.

Jerry est né en 2011 à Paris. C’est une collaboration entre Hedera Technology, une startup fondée par Antoine Castaing et Jérémie Bourdoncle, et trois étudiants de l’ENSCI : Laure Guillou, Xavier Auffret and Chemsedine Herriche. L’idée était d’explorer une nouvelle méthode de fabrication des serveurs à moindre coût, et qui répondent à tous les besoins. C’est là qu’ils ont découvert “Jerry Computer”.

Aspect éducatif

Tout le monde pense qu’il faut être “geek” pour monter ou détacher un ordinateur, mais nous pensons le contraire. Le manifeste de Jerry dit : «Dites-moi, et j’oublierai. Montrez-moi, et peut être je me souviendrai. Impliquez moi, et je comprendrai ». L’idée primaire c’est de démocratiser la connaissance, de démystifier l’aspect magique du monde des ordinateurs. En permettant à n’importe qui de toucher le précieux élément qui est dissimulé sous le boitier pendant si longtemps, de fabriquer lui-même son ordinateur.

Chez nous à WenakLabs, on organise plusieurs ateliers de fabrication des Jerry’s chaque année lors des évènements, tels que : la semaine du numérique, la semaine de la francophonie, les journées des logiciels libres…

Aspect économique

Jerry est créé à partir de rien. Parlant de la partie matérielle (Hardware), tous les matériaux qui permettront la création de Jerry font l’objet de récupération ou de donation. En ce qui concerne la partie logicielle (Software), Jerry n’utilise que les logiciels libres (linux). Ils sont gratuits d’acquisition, modifiables, et partageables.

Vous pouvez les obtenir sur des CDs gratuitement, offerts par des associations qui œuvrent pour l’informatique libre, (au Tchad c’est WenakLabs et ADIL (Association pour le Développement de l’Informatique Libre)). Vous pouvez aussi télécharger n’importe quelle version sur internet, à cette adresse : www.distrowatch.com

Aspect écologique

Chaque année, des millions d’ordinateurs et d’autres équipements électroniques sont mis sur le marché. Qu’est-ce qui se passe après deux ou trois ans? Ils sont usés, mis à la poubelle, et polluent l’environnement. Cependant, à travers le projet Jerry, les communautés “Jerry clan” font du recyclage des matériaux électroniques, et contribuent ainsi à la préservation de l’environnement.

Pourquoi le jerrycan ?

Beaucoup de personnes nous posent cette question «pourquoi le jerrycan ? ». Les matériaux collectés de différentes machines sont difficilement adaptables au boîtier métallique. Mais avec un bidon qui est facile à percer, on peut mettre les composantes de notre machine où on veut, et ajouter des composantes supplémentaires, tel qu’un point d’accès (si l’on veut faire de Jerry un serveur), et adapter le design qui nous convient.

Pourquoi les logiciels libres

D’une part, vu l’évidence qu’on n’arrive pas à se payer un ordinateur, alors il est clair, qu’on ne peut pas aussi payer une licence. D’autre part, les matériels récupérés, proviennent généralement des vieilles machines, et sont incompatibles avec les systèmes d’exploitation les plus récents. Par contre, avec la variété des systèmes d’exploitation libres (Linux), il y’a des systèmes adaptés aux vieilles machines tels que « Emmabuntüs ».

Fabriquer un jerry m’excite beaucoup, c’est un nouveau monde. À chaque foi que je fabrique un, il me donne la sensation d’avoir guéri une personne, ou sauvé une vie. Plus encore, lorsque je vois des enfants trop passionnés, pour travailler avec jerry, je me dit, c’est ça le bonheur, vivre sa passion, et le voir grandir.
Fabriquez votre “Jerry” et vivez une liberté sans précédente dans le monde du numérique. Pour plus d’info sur comment fabriquer un “Jerry” rendez-vous sur le site officiel de Jerry Computer.


Qu’est ce que ça fait d’être un réfugié?

Tout le monde pense qu’être un réfugié, c’est être loin de chez soi et loger sous une tente blanche, et attendre de l’aide, ce n’est pas le cas. Après tout, un réfugié c’est juste une personne comme vous et moi. En mai 2017, j’ai visité un camp des réfugiés à l’Est du Tchad à Goz-Beida, c’est le camp “Djabal”. Voici une fiction réelle d’un enfant réfugié du camp “Djabal”.

“Je suis né et je vis dans un camp de réfugiés nommé “Djabal” quelque part à l’Est du Tchad. Je vais à l’école primaire “Obama primary school”, j’ai plein d’amis qui m’aiment beaucoup. Quand on joue, c’est moi le chef. Tous les jours, des grands monsieur viennent dans mon école, ils ont une grosse voiture. On les appelle JRS, c’est eux qui ont construis mon école. Ils ont construit le lycée de mon grand frère aussi.

Au lycée, tout le monde est grand, et ils s’habillent correctement, pas comme nous. Après le lycée, on amène les gens quelque part plus loin, en dehors de notre camp. Je me rappelle l’année passée, quand on a amené mon grand frère. Ils lui ont acheté un gros sac, des livres et beaucoup des choses. Ces personnes sont trop gentilles. Moi aussi ils vont m’amener en dehors du camp un jour.

Dans notre camp, on a pas des voitures, tout le monde monte les ânes. Mais certaines personnes montent des bicyclettes et même des motos. Ma mère a deux ânes, elle les utilise pour aller au marché, et pour puiser de l’eau. Ils sont trop gourmands, ils mangent tout, même la clôture de notre maison construite en paille. Et moi quand je les surprends, je les frappe.

Le lundi c’est le jour du marché du camp. Beaucoup des gens viennent d’ailleurs avec leurs marchandises pour vendre. Tout le monde viens avec des ânes.  Ma mère dit qu’il n’est pas bon pour un enfant de se rendre au marché. Mais moi je suis aller deux fois avec un amis et son grand frère, mais ma mère ne le sait pas, si non elle ne serait très en colère.

Ma grand-mère nous raconte beaucoup d’histoires. Elle n’arrête pas de nous raconter qu’on vient d’un endroit très très loin d’ici qu’on appelle “chez nous”. Pour arriver là-bas, il faut monter des ânes pendant plusieurs jours, traverser plusieurs wadi, et passer à travers plusieurs montagnes et collines. C’est un endroit très beau.

Ils étaient des cultivateurs et éleveurs. Ils possédaient des grands jardins et du bétail. Ils vivaient une vie paisible jusqu’au jour où des hommes très méchants sont arrivés. Ils ont commencé à tuer tout le monde: hommes, femmes, enfants et même les chiens. Ils brûlaient des maisons, et pillaient les biens des autres. Et la vie dans cet endroit a complètement changé, tout le monde  a abandonné ce qu’ils ont et a quitté l’endroit.

Mes parent se sont déplacé vers l’Ouest, ils ont monté des ânes pendant trois jours pour arriver à un village où ils ont eu de la nourriture et de la place pour se reposer. Malheureusement, leur repos n’a duré que quelques jours, ils ont été obligés de quitter l’endroit lors qu’ils ont su que les méchants hommes étaient en route vers ce village. Ils ont fait encore quelques jours à dos d’âne pour arriver au camp “Djabal” pour les réfugiés, où ils sont installés depuis 10 ans maintenant.

A chaque fois qu’elle nous raconte cette histoire, je vois une tristesse en elle. Cette terre lointaine lui manque beaucoup, mais elle ne peut pas rentrer à cause des problèmes là-bas. De fois elle se demande si on pourrait rentrer chez nous un jour, ou bien nous sommes destinés à rester ici pour toujours.”

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Tchad : la cartographie numérique, une arme pour la jeunesse.

Tout a commencé en septembre 2015 à N’djamena. Comme dans d’autres pays, l’Unicef travaille avec les organisations locales pour promouvoir l’implication de la jeunesse, sur la prise des décisions, et la résolution des problèmes. C’est dans cette optique que l’Unicef Tchad a lancé le projet « La Voix des Jeunes Cartes » en septembre 2015. Mais pour la continuité du projet, ils ont eu besoin de facilitateurs. A cet effet, ils ont fait appel à une organisation locale, « WenakLabs », pour assurer le suivi. C’est une organisation de jeunes informaticiens, blogueurs, cartographes… qui œuvrent pour la promotion des technologies de l’information et de la communication au Tchad.

Lundi 7 septembre 2015, mon ami Tux et moi avons été convoqués pour une séance de formation qui a durée toute une journée. Nous avons travaillé sur le test du matériel (smartphones, routeurs internet, ordinateurs…), la planification des thématiques, la distribution des tâches.

Une nuit pas comme les autres

Pour la première fois de ma vie, j’effectuais un voyage. La veille, je ne pense pas avoir fermé l’œil, ne serait-ce que dix minutes. J’étais très excité à l’idée qu’enfin j’allais voyager, je me réveillais presque toutes les cinq minutes. Nous avions plus de 500 km de route, on a dû prendre le bus de cinq heures pour arriver dans la ville de Moundou aux environs de treize heures. Je n’arrêtais pas d’imaginer des choses terribles comme le fait d’être braqué pendant le voyage, parce que c’est l’un des événements le plus fréquent dans un voyage au Tchad.

Moundou, la ville verte et humide

A peine arrivé à la porte du Logone occidental, une pluie nous souhaita la bienvenue. C’est une ville qui se situe entre deux grands fleuves (Chari et Logone), dans une sorte de cuvette. Avec un sol rouge et granulé, n’importe quel arbre peut y pousser. Troisième ville du Tchad, c’est une ville très animée. Vous ne pouvez pas faire le tour du Sud du Tchad sans faire d’escale à Moundou. C’est comme aller à Paris sans visiter la tour Eiffel.

La phase pilote

Pour la phase pilote du projet, nous avons choisi la ville de Moundou, une ville qui a presque tous les problèmes liés à nos thématiques : l’éducation, l’environnement, la santé… et les premiers bénéficiaires de cette formation en cartographie numérique étaient les JRCs (Juniors Reporters Club) de Moundou. Ils étaient au nombre de dix, dont deux filles et huit garçons. Unicef Tchad, en collaboration avec les radios communautaires Tchadiennes, a formé plusieurs jeunes reporters dans plusieurs villes du Tchad.

Les JRCs sont des groupes de jeunes âgés de 16 à 23 ans. Ils ont reçu une formation en écriture journalistique. Ils travaillent sous la tutelle de l’Unicef Tchad, et avec la supervision de leurs radios communautaires respectives. Ils écrivent des articles en groupe ou individuels, et les publient sur leurs blogs respectifs. Ils abordent toutes les thématiques liées aux problèmes qui touchent leurs communautés.

La formation des formateurs

En 2016, la phase de formation des formateurs est lancée. En plus de la ville de Moundou, trois villes supplémentaires sont sélectionnées : Abéché, Bol et N’Djamena. Toutes ces villes ne sont pas choisies au hasard, par exemple Abéché est réputée pour l’abandon des bébés et la mutilation génitale. Bol, la dégradation du Lac Tchad, la lutte contre l’islamisme radical (Boko Haram). Et à N’Djaména c’est le problème d’hygiène et la santé.

En somme, nous avons formé cinquante jeunes, soit dix par ville, à l’exception de la ville de N’Djaména où nous en avons formé vingt. Le plan pour l’année 2017 est de lancer une vague de formations dans plusieurs autres villes, telles que Sahr, Bongor, Mongo… Si trois formateurs ont réussi à former cinquante jeunes, alors combien les cinquante réussiront-ils à former ? En tout cas, l’objectif est de « créer une armée des reporters » car plus on a des reporters, plus on a de chances de résoudre les problèmes qui minent notre société.

« Je crois grandement en la technologie et je crois fortement à l’ouverture quand il s’agit de la circulation de l’information, je pense que quand l’information circule plus librement, la société devient plus forte, parce que les citoyens des pays du monde entier peuvent tenir leurs gouvernements responsables. »

Barack Obama

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Tchad: La protection de l’environnement est une lutte vouée à l’échec.

La protection de l’environnement consiste à prendre des mesures pour limiter ou supprimer l’impact négatif des activités de l’Homme sur son environnement. Il s’agit de comprendre le fonctionnement systémique de l’environnement, d’identifier les actions humaines qui l’endommagent au point de porter préjudice aux générations actuelles ou futures, et de mettre en place les actions de correction nécessaires.

Pendant qu’on essaye de sauver le Nord, les autres détruisent le Sud.

En 2008, le Tchad entre en action pour le plan de la muraille verte de l’Afrique, il lance la semaine nationale de l’arbre (la ceinture verte). Elle consiste à planter des arbres pour stopper l’avancée du désert. Aux alentours de la ville de N’Djaména, 26.267 plants de toutes espèces confondues sont mis en terre sur une superficie de 48 hectares.

Par contre vers le Sud du pays, une campagne de déforestation gagne le terrain, quatre régions sont sérieusement touchées: Logone occidental, Logone oriental, Mayo-kebi Est, et Mayo-kebi Ouest. Des milliers d’arbres sont abattus pour la fabrication du charbon de bois ou les espaces dénudés pour l’agriculture. Les grandes forêts du sud sont transformées en savane, comme l’illustre l’image ci-contre.

Une population inconsciente du danger auquel elle fait face.

Tous les actes entrepris par la population pour protéger l’environnement ne sont que des ordres à exécuter provenant des hautes autorités, ou contre une rémunération, et non une contribution volontaire. On plante les arbres pour stopper l’avancée du désert, pas parce qu’on a envie, mais parce que le Président de la République a dit. On arrête de couper les arbres parce qu’une loi l’interdit, et non pour sauver notre avenir.

Une jeunesse qui est mal préparée et sous impliquée, à part des petites organisations des volontaires. Personnellement, mon expérience sur le réchauffement climatique est très jeune, elle remonte à deux ans. C’est lorsque je me suis engagé avec les jeunes cartographes de la Voix des Jeunes Cartes, (une communauté des jeunes qui font des reportages au travers de la cartographie numérique sur des thématiques liées aux problèmes qui touchent leurs communautés tels que: l’éducation, la santé, l’environnement…)que j’ai commencé à comprendre les défis et les enjeux environnementaux.

Une fois, j’ai taquiné un ami en lui demandant “c’est quoi le réchauffement climatique?”. Devinez sa réponse! « Je n’en ai jamais entendu parler. » Parce que c’est un terme quasi-inexistant dans le vocabulaire Tchadien. Chez moi, certaines personnes confondent la protection de l’environnement et la météo. Vous lui demandez s’il sait quelque chose sur l’environnement, il vous répondra « c’est pas le truc de la pluie là? ». Pour ceux qui connaissent un peu, “c’est juste planter les arbres pour stopper le désert” qui est à l’origine de la famine qu’ils ont vécu il y’a longtemps.

Des responsables qui se moquent de cette lutte, et en profitent pour s’enrichir.

Des milliards de francs CFA sont dépensés chaque année depuis 2008. Selon l’Office National de la Radio et de TéléVision (ONRTV), le Tchad a dépensé 12 milliards de Francs CFA en 5 ans dans le projet « Ceinture Verte ». Mais en 2016 on constate l’échec: « Le Ministre de l’Environnement et de la Pêche Brah Mahamat a fait une visite inopinée hier à la ceinture verte de Gaoui et au site de reboisement de Djarmaya. L’objectif est de s’enquérir de l’évolution de ces deux structures. C’est un constat d’échec dit le Ministre après sa visite. Les réalisations ne sont pas à l’attente de la demande. C’est une mise en scène, chaque année des milliards sont perdus pour la lutte contre l’avancée du désert. Il est temps de mettre fin à cette mascarade, indique Brah Mahamat. » rapporte le journal Tchadinfo.

Un avis personnel.

Pour gagner cette lutte, il faut que la protection de l’environnement soit une culture humaine, et non une politique humaine, ni l’un des objectifs du Développement Durable. Nous n’avons plus besoin des beaux discours, mais des actions concrètes. Il faut agir maintenant pour un demain meilleur.


Tchad: l’accès à l’eau est un obstacle à l’urbanisation de la ville d’Abéché.

La ville d’Abéché, aujourd’hui deuxième ville du Tchad, a connu un très sérieux problème d’eau entre 1980 et 1994. La ville allait devenir une « ville fantôme » à la suite de manque d’eau, mais grâce aux efforts conjugués du gouvernement Tchadien et de la Coopération Allemande, elle est aujourd’hui sauvée. Un forage à 35 km de la ville alimente deux châteaux d’eau, desservant 46 bornes fontaines réparties dans la ville, et permet l’alimentation en eau potable les habitants de la ville.

Cependant, le problème n’est pas tout à fait résolu. A l’origine, cette station de pompage construite en 1994 devait alimenter une ville de 50 000 personnes. Mais la population grandit de plus en plus vite à Abéché, ainsi que la demande en eau. Pire encore les installations tombent en panne de temps en temps.

« Le forage installé à Bitéha (35 Km d’Abéché) qui alimentait la ville d’Abéché a été endommagé par les eaux de pluies depuis le vendredi 17 août 2012. Depuis lors, la population consomme et continue à consommer l’eau des puits et de mares, ce qui pourrait causer certaines maladies diarrhéiques et même le choléra si cette eau est consommée sans être traitée, étant donné que la plupart des puits sont ouverts.

L’eau est devenue de plus en plus rare et inaccessible malgré sa qualité non potable. Le pouce-pouce contenant 10 bidons de 20 litres qui se vendait à 300 francs se vend aujourd’hui à 750 francs, voire 2000 francs dans certains quartiers éloignés des puits. »  Rapporte le blog “Toumaï Actu”.

Par ailleur  mai 2016, Africa Info publie un article intitulé « la ville d’Abéché paralysée par une grave pénurie d’eau ». Dans cet article, le journal a publié quelques témoignages de  la population locale.

« Le problème d’eau dans la ville d’Abéché est une réalité. Si chaque jour votre robinet ne coule pas, ça veut dire qu’il y a un problème d’eau. Si vous pouvez avoir de l’eau après deux jours, ça veut dire qu’il y a un problème. Il faut attendre plus de deux heures devant un point d’adduction d’eau pour espérer avoir un bidon de 25 litres. Le bidon de 25 litres est vendu à 500 francs CFA, alors que dans les conditions normales il devrait coûter 25 francs, a expliqué M. Mahamat. »

Aussi depuis 2008, la ville d’Abéché a accueillit plus d’étudiants des quatre coins du pays, après la ville de N’Djaména. Elle demeure aussi une ville stratégique pour certains organismes; ce qui a un impact remarquable sur l’urbanisation de la ville. Or l’approvisionnement en eau potable de la ville est conçu pour 50 000 à 65 000 personnes.

Alors, à mon avis, le fait que la ville soit approvisionnée par un site qui se trouve à des kilomètres, explique clairement la fragilité de la ville. Elle est très facile pour une prise d’otage, ce qui me pousse à revenir sur la pensée de certaines habitants de la ville d’Abéché concernant la crise de l’eau.

« A Abéché il y’a plusieurs personnes qui pensent que la crise d’eau, est une punition collective orchestrée par le pouvoir en place, à cause disent-elles de la proximité des habitants de la ville avec l’opposition » Rapporte “Africa Info”.

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Tchad : un pays insolite, avec un peuple baroque

De quel pays êtes-vous ? Moi je suis Tchadien. Ça vous arrive d’avoir envie de vendre votre pays au plus offrant ? S’il y a un peuple qui va vendre son pays, c’est le peuple tchadien. Certains actes que je vois,  me font douter de mon patriotisme.

Avez-vous déjà vu un boutiquier faire faillite en un jour ? Et un pays alors, pensez-vous qu’un pays puisse faire faillite en un jour, une semaine, un moi, une année ? Hum çà c’est le Tchad ! On se lève un matin, et il n’y a rien, c’est-à-dire rien dans la caisse, tout est envolé  !

Je n’en suis pas certain, mais s’il y a une faillite, c’est bien mérité, c’est une leçon. Imaginer un soûlard, un vrai soûlard, qui trouve une grosse somme d’argent, dans une grosse enveloppe par terre. Il ouvre l’enveloppe et dit à ses enfants : « servez-vous ! ». Et lui, chaque matin, il prend une somme pour aller se soûler. Après une certaine durée, quelles conditions de vie,  vous imaginez à cette homme ? Pire qu’avant ! Parce qu’avant, il se débrouillait pour vivre, mais maintenant qu’il est habitué à la facilité, et il n’a plus d’argent… ça serait le cas du Tchad.

Allons-nous retourner aux champs de coton,  mais avec quel argent va -ton payer les outils pour labourer, puisqu’on est tous abandonnés et ruinés. Prêter de l’argent ? Avec qui ? Êtes-vous prêt à prêter votre argent à un soûlard ?  Qu’est-ce qui vous dit qu’il ne va pas répéter les mêmes choses ? Êtes-vous certains qu’il vous remboursera ? Mais s’il gaspille cet argent, avec quoi va t-il vous rembourser ?

La corruption :

Chez moi, la corruption est une culture chez certaines personnes. On enseigne la corruption aux adultes, aux femmes, et même aux enfants. Laissez-moi vous révéler une de nos pratiques. Vous venez de finir vos études, au pays ou bien à l’étranger.

Disons que vous avez fini à l’étranger, et vous avez la chance d’obtenir un job peu intéressant, mais qui couvre vos besoin. Alors devinez ce que votre famille va vous dire ? Non, revenez au pays, on va vous faire entrer à la fonction publique et vous allez vous reposer.

Je pensais que c’est l’État qui recrute ses agents ! Vous ne voyez pas où se trouve le problème ! Comment peuvent-ils vous garantisse la fonction publique ?  Et qu’est-ce que vous pensez de cette phrase « et vous allez vous reposer » ? Est-ce c’est l’Eldorado ? Ou bien, vous allez vous reposer à la maison tranquillement, et à la fin du mois vous aurez votre salaire. Lequel des deux ?

Il y a aussi une autre pratique. Vous êtes promu à un poste supérieur, votre entourage vous félicite, il y a mot qu’ils utilisent. C’est quoi déjà ? Ah, oui « Soit un homme !». Savez-vous ce que veut dire cette maudite phrase qui a mis le Tchad en faillite ? Ça veut dire, applique toi. On dirait un coach de football avec son joueur. Bon, je veux être un peu pédagogique, c’est à dire que tu vas mettre en pratique ce qu’on t’a appris ; qu’est-ce qu’on t’a appris déjà ? « La Corruption ».

(A suivre)


Freedom Writers (le journal d’Ann Frank et Miep Gies)

Après la rencontre avec les survivants de l’holocauste l’année dernière, Mlle Gruwell voulais que ses élèves et apprennent d’avantages sur la cruauté, la peur, l’injustice qui règne dans ce monde en dehors de leur murs. Elle leur propose le journal d’Ann Frank, une jeune qui a leurs âges.

Journal d'Ann Frank

Extrait du  journal d’Ann Frank. 

Tenir un journal c’est vraiment un drôle d’expérience pour une personne comme moi. Non seulement parce que j’avais jamais rien écrit avant, mais aussi parce qu’il me semble que plus tard, ni moi, ni personne, ne s’intéressera aux réflexions d’une écolière de treize ans.

Des choses terribles se produisent dehors. A n’importe quelle heure du jour, des pauvres gens sans défense peuvent être éjecté de ces eux. Des familles sont déchirées.

Si j’arrive à être moi-même, je serai satisfaite. Je sais que je suis une femme qui a des forces intérieures et beaucoup des courages. Si Dieu me prête vie, j’irai plus loin que maman n’est jamais allé.

Les lois anti-juifs se sont succéder rapidement. Les juives doivent porter l’étoile jaune. Les juives doivent rendre leurs vélos. Les juives font interdiction de prendre le train et circuler en voiture. Les juives n’ont pas droit de se rendre au théâtre, au cinéma, ni dans aucun lieu de divertissement. Les ne peuvent pratiquer aucun sport en public ; piscine, cours de tennis, terrain de hockey et autre sport leurs sont interdit.

Il m’est totalement impossible de bâtir ma vie sur le chaos. La souffrance c’est la mort, je vois le monde se transforme lentement en désert. Je ressens la souffrance des millions des gens et pourtant quand je lève les yeux vers le ciel, j’ai comme les sentiments que tous va s’arranger.

Compte rendu de la lecture du journal d’Ann Frank

Au lieu d’écrire un conte rendu sur la lecture du journal d’Ann Frank en guise de rédaction, Mlle G, demanda à ces élèves de rédiger une lettre à Miep Gies, la femme qui a permis Ann Frank de se cacher. Dans cette lettre, elle voulait qu’ils lui disent ce qu’ils éprouvent en le lisant. De parler de ce qu’ils vivaient.

Puis un élève demanda, et est ce qu’elle va lire nos lettres ? Mlle G répond non c’est juste une rédaction, c’est moi qui va les lires. Puis les autres se demandèrent, et si on le lui transmet nos lettre ? Comme çà on pouvait l’inviter pour venir nous parler.

Mlle G disait que çà cout très chère de la faire venir. Et on ne sait pas si elle pouvait voyager. Puis un élève dit « on collectera les fonds ». Alors ils se sont lancés à la  collecte des fonds, pour faire venir Miep Gies. Ils ont organisé des concerts qu’ils ont appelé « concert pour le changement », des restaurants de plaine air qu’ils appel « Taste for change » et tous genres d’activités génératrices des fonds.

Quand ils ont récolté le fond nécessaire, ils ont fait venir Miep guis à Long Beach. Une femme de court taille aux environs des quatre-vingt, aux cheveux tous blanc.

Miep Gies

La rencontre avec Miep Gies

La prime pour un juif était d’environs deux dollar. Une personne qui manquait cruellement d’argent a averti la Gestapo. Donc le 4 aout, ils ont déboulé dans le bureau ou je travaillais, l’un d’eux a braqué un pistolet sur moi et il a dit, je ne veux rien entendre, pas un mot.

Ensuite ils sont montés directement à l’annexe, je me suis senti impuissante. J’entendais Ann hurlait, les bruits des objets qui volaient dans tous les coins. Alors je suis reparti chez moi en courant, et je cherchais des boucles d’oriels, des babioles, tous ce que je trouvais à prendre avec moi pour les corrompre. Donc j’ai tous rapportait avec moi, toutes ces choses-là,  et le soldat qui était là a collé son pistolet contre ma tête.

Vous pouviez être tué si vous cacher un juif ou déporter. Alors un autre soldat a reconnu mon accent, il venait d’Autriche tous comme moi, mais j’ai été adopté par une famille néerlandaise. Il a dit au soldat qui tenait le pistolet de me laisser tranquille. Pas un jour ne passe, sans que je me rappelle ce quatre aout, et sans que je pense à Ann Frank.

Ensuite un élève demanda la permission de parler et dit « je ne jamais eu de héro dans ma vie, mais vous êtes mon héroïne ». Miep Gies lui répondu ;  « non jeune homme, pas ça. Je ne suis pas une héroïne, j’ai agis ainsi que je le devais. Parce qu’il fallait faire ça, c’est tous. Nous sommes tous des gens ordinaires, vous et moi. Mais même une secrétaire ordinaire, une femme au foyer, ou un adolescent, peut dans la mesure de ces modeste moyens, faire qu’une lumière luise, là où c’est sombre ».

J’ai reçu vos lettres. Je les ai lus Et votre professeur ma beaucoup parler de ce que vous vivais. C’est vous qui êtes des héros. Vous êtes des héros au quotidien. Vos visages resteront graver dans mon cœur.

Fin


Freedom Writers (Toast au changement)

Les jours se succédait et une année passait. Une année exceptionnelle qui a permis à Mlle Gruwell de crée un groupe formidable à partir des jeunes ragés qui peuvent se dévorer à tous moment.  Un groupe qui fera d’eux, des élèves exceptions et l’exemple pour les autres, et de Mlle Gruwell, une prof exceptionnelle.

Pour les encourager d’avantage, Mlle Gruwell a préparé une surprise pour eux. Un évènement, « le toast au changement ». Un bon matin à la première heure, elle ferma la salle classe de l’intérieure pour que personne ne remarque la petite surprise. Elle finit l’installation, et ouvert la porte pour les autorisées à entrer.

Une fois tout le monde est à l’intérieur, elle dit : Bon jeune jeans, voilà ce que j’ai besoin de vous, je vais que chacun de vous s’avance et qu’il prend l’un des sacs préparer là, dans lequel vous trouverez vos quatre livres de ce semestre. Mais avant que vous preniez ces livres, je veux que vous preniez un de ces verres de cidres qui vous attend là. Et, que chacun d’entre vous porte un toast. C’est un toast au changement que nous allons tous porter ici. Ce que je veux dire par là, à partir de cet instant, tous les voix qui vous disent,  c’est sure que tu vas échouer, sont renduit aux silences. Tout raison de croire que rien ne changera jamais, s’évanouissent. Et la personne que vous étiez jusqu’à ce moment précise, elle a perdu son tours cette personne ; maintenant c’est votre tour.

Premier toast

Moi je sors avec des garçons depuis que j’ai onze ans, du genre… j’étais forcement celle qui se retrouvait enceinte avant seize ans qui laisserait tombe l’école ; comme maman. Ça n’arrivera pas.

Deuxième toast

Il n y a personne qui veux écouter les ados. Tout le monde pense qu’on devrait être heureux parce qu’on est jeunes. Et ils ne voient pas les guerres qu’on mène au quotidien. Un jour ma guerre s’arrêtera, et je resterais vivante.

Toast trois

Ma mère ma flanquer dehors quand elle a appris que j’étais dans un gang. Je voudrais qu’elle voit que j’ai mon diplôme. Je voudrais avoir dix-huit ans.

Puis un élève demande la permission de lire un extrait de son journal, il s’avance tous doucement, avec un visage triste. Il ouvre son journal, feuilletait quelques pages, et commence à lire.

Je viens de passer le pire moment de vacance de mes 14 ans de courte vie. Tout a commencé par un cout de file. Ma mère pleurait et suppliait, elle voulait qu’il patiente un peu. On aurait dit qu’elle luttait pour espérait sa dernière bouffai d’aire. Elle ma serrait de toutes ses force et elle a pleuré. Ses larmes on aurait dit que c’était des balles qui touchaient mon T-shirt.  Et Elle m’a dit qu’on se faisait expulser. Elle me le demandait de l’excuser, je pensais, je ne plus une maison. J’aurais dû demander quelque chose de moins chère pour noël.

Le matin de l’expulsion, un violant cout à la porte m’a réveiller. Le chérif est venir faire son job. Je regardais vers le ciel, en espérant que quelque chose se passe. Ma mère n’a plus de famille pour l’aider. Il n’y a pas d’argent qui va rentrer. Ce n’est pas la peine que je vienne à l’école et que j’ai des bonnes notes, si j’ai plus de maison. Et puis je m’arrête pile devant la salle de l’école, et j’ai envie de vomir. Je porte le vieux vêtement de l’an dernier, des vieilles chaussures et ne suis pas allé chez le coiffeur…

Je n’arrêtais pas de me dire qu’on aller  se moquer de moi. Au lieu de ça ? Je suis accueilli par un groupe des copains qui étaient dans mon cours d’anglais l’an dernier. Et je comprends que Mlle Gruwell,  ma prof d’Anglais mortel de l’an dernier, est la seule personne qui me redonne espoir. En me souvenant avec les amis des cours d’anglais, et des sorties de l’an passé, je commence à me sentir mieux. On me donne mon emploi du temps, et ma première prof c’est mademoiselle Gruwell en salle 203. J’arrive dans la salle, et en ce moment-là j’ai l’impression que tous les problèmes de la vie ne sont plus si important, je suis chez moi.

A suivre!

 


Freedom Writers (Les journaux)

Quelque semaine plus tard, mademoiselle Gruwell consultât son placard, pour voir un peu les nouvelles de ses élèves. Elle était surpris, ravis et émotionné, lors qu’elle constata que tout le monde a voulus partager sa vie, son histoire. Elle vient de débloquer une porte. Elle a sue qu’une grande confiance va s’installer entre eux, après quelque semaine de haine. Elle   ramassa tous les journaux, et s’installa dans son bureau et commença à lire.

Journal un

Dans toutes les guerres, il y a un ennemi. Je regardais ma mère tomber à moitié mort sur le coup. Et je regardais le sang et les larmes ruisselaient sur son visage. Je me sentais impuissante, terrifier, et furieuse en même temps. Je sens encore la brulure de ceinture sur mon dos et mes jambes. Une fois, il ne pouvait pas payer le loyer. Et ce soir-là il nous a laissé dans la rue, et il nous a montré le trottoir. Il a dit, « choisissez un endroit ».

 

Journal deux

Clay étais mon pote. Il m’avait protégé plain fois. Lui et moi, on était une armée… un jour, il surgit de nulle part avec une enveloppe en papier. On est allé assoir sur un banc de la Parc, et il sorti un revolver de cette enveloppe, pour me montrer comment tirer. Et par erreur il toucha la détente, et la balle la prit à la tête, et il est mort d’un seul coup, allongé sur mes genoux. Je suis restais assis là jusqu’à ce que la police arrive. Mais Quand ils arrivent, tous ce qu’ils voient c’est un cadavre, un revolver et un nègre. Il mon amener en foyer éducatif. La première nuit c’est la plus angoissante. Des détenus qui cognent dans les murs, qui font les signes de leur gang… je pleurais la première nuit. Il faut que personne ne sache jamais. Je passer les quatre années suivants à faire des aller retours dans le foyer éducatif. Tous les jours je m’inquiétais, quand est ce que je serais libre ?

 

Journal trois

C’est mon frère qui m’a appris que c’été la vie pour un jeune noir. Fait ce que tu dois faire. Apprend les couleurs à les connaitre, les frontières des gangs. Ce que tu dis à un coin de rue, faut pas le dire ailleurs, apprend à ne pas le ramener, un mot de travers et tu peux te faire flinguer.

Journal quatre

Si vous regardez mes yeux, vous verrez une fille affectueuse. Si vous regardez bien mon sourire, vous verrez rien qui cloche. Si vous soulevez mon T-shirt, vous verrez le bleu. Qu’est-ce que j’ai fait, pour me mettre autant en rage ?

Journal cinq

A seize ans, j’ai vue plus de morts qu’un employé de pompe funèbre. Chaque fois que je sors de chez moi, je cours le risque de me faire tirer dessus. Pour les gens de l’extérieur, ce n’est qu’un cadavre de plus, au coin de la rue. Ils ne savent pas que c’était mon ami.

Journal sept

J’avais du mal à choisir quel chaussette je voulais, et j’ai entendue des coups de feu. Je tournais mes yeux et j’ai vu un de mes pots par terre, et le sang plein le dos, et qui sortais de sa bouche. Alors le lendemain, sous mon T-shirt, j’ai scotché un flingue que j’ai trouvé dans la ruelle auprès de la maison.

Journal huit

Je ne sais même pas comment cette guerre a commencé. C’est juste deux camps qui se bastonnent depuis longtemps. Çà intéresse qui l’histoire qui est derrière ? Je suis la fille de mon père. Et quand ils vont me demander de témoigner, je protégerai les miens quoi qu’il arrive.

Journal neuf

Mes amis sont des soldats, pas d’une guerre, mais des rues. Ils se battent pour rester en vie. Chaque fois que j’éclate quelqu’un pour entrer dans notre gang, c’est un nouveau baptême. Ils vous donnent leur vie, on leur donne une nouvelle. J’ai perdu plain de pote qui sont morts dans cette guerre no déclarer. Les soldats et moi on dit que ça vaut le coup, prendre des risque en esquivant les balles, en appuyant sur la détente, oui ça vaut le coup.

(A suivre!)


Freedom Writers : le jeu de la ligne et le journal

Freedom Writers est un film qui parle d’une jeune prof idéaliste, Erin Gruwell (interprété par Hilary Swank), et de sa classe d’étudiants d’origines mixtes du lycée Wilson de Long Beach, en Californie. Basé sur une histoire réelle, le film est tourné à la suite des émeutes de Los Angeles de 1992, qui ont été provoquées par la persécution télévisée de Rodney King par la police. Le titre du film se réfère au livre de la rédaction des élèves, publié en 1999, sur lequel le film est basé : The Freedom Writers Diary (Le Journal des Écrivains de la Liberté).

Erin Gruwell est prête à relever un grand défi lorsqu’elle atterrit au lycée Wilson pour son premier jour d’enseignement. Sa classe est un groupe d’adolescents divers, qui viennent de différentes cultures, clans et rangs social. Des Noirs, Latinos, Asiatiques. Des délinquants, des membres des gangs… qui n’espèrent rien, à part que la journée se termine le plus vite possible. En surface, la seule chose qu’ils partagent, c’est la haine qu’ils éprouvent les uns des autres, et le fait de penser que le système éducatif agit comme entrepôt en attendant qu’ils deviennent plus âgés et qu’ils disparaissent.

Malgré le refus obstiné des élèves à participer pendant les cours, Erin Gruwell essaye plusieurs méthodes pour les impliquer. Elle aborde de la poésie, de la musique du Ghetto, et de la littérature d’une autre sorte de Ghetto : le journal d’Anne Frank… Et avec ses simples outils, elle réussit à ouvrir les yeux de ces élèves vers des expériences de ceux qui ont souffert d’intolérance, à travers le monde, et l’isolation de ceux en dehors de leur communauté.

Un jour, elle inventa un jeu. Elle appela le jeu de la ligne. Elle pose une question, et les personnes concernées s’avancent jusqu’à la ligne, ensuite ils repartent et ainsi de suite. Apres une série de questions, de blagues, de hobbies… elle demande leur attention de nouveau et dit :

« Bien, j’ai maintenant une question sérieuse à vous poser. Mettez-vous sur la ligne si vous avez perdu un ami dans une guerre de gang ».

Et tout le monde a perdu un ami dans une guerre de gang. Ensuite elle dit :

« Restez sur la ligne, si vous avez perdu plus d’un ami dans cette guerre ».

Et la moitié de la classe a perdu plus d’un ami dans une guerre de gang. Pour finir le jeu, elle dit :

« J’aimerais maintenant qu’on rende hommage à tous ceux gens. Où que vous soyez, prononcez leur noms ».

Et la classe plonge dans un murmure de plusieurs secondes.

A la fin du jeu, elle sort deux sacs pleins de journaux neufs, et dit :

« Merci infiniment à tous ! Alors maintenant j’ai quelque chose à vous donner. Chacun de vous ici a son histoire, et il est important que vous racontiez votre histoire, ne serait-ce qu’à vous. Donc ce qu’on va faire, on va écrire chaque jour dans ce journal. Et vous êtes libre de parler de ce que vous voulez. Le passé, le présent, l’avenir. Vous pouvez tenir un journal classique, ou vous pouvez écrire des chansons, des poèmes… toutes choses positives, négatives, quoi que ça soit. Mais tous les jours, vous devez écrire. Mettez votre stylo tout près pour chaque fois que vous aurez l’inspiration. Et ils ne seront pas notés. Et je ne les lirai pas, à moins que vous m’y autorisiez. Alors si vous voulez que je les lise, j’ai un placard par ici, il ferme à clé. Je vous les laisserai ouvert quand on sera en cours, et vous n’aurez qu’à poser votre journal, et le placard sera fermé à la fin de chaque cours. »

A suivre!


Tchad: Violence en milieu scolaire.

Avez-vous été témoin d’un meurtre ? Moi si, plusieurs, puis-je vous raconter une?

 J’ai étudié au lycée Félix Éboué de N’Djaména, entre 2003 et 2006. A l’époque, c’est l’un des lycées le plus réputés en violence en milieu scolaire. Les élevés se battaient, à cause des filles, ou entre deux gangs rivaux, qui sont des cas rares. Les bagarres, les assassinats sont prévue d’avance. Mais celle-ci, n’aurai pas dû avoir lieu, sauf que c’est le destin pour quelqu’un de perdre sa vie ainsi.

 C’était en 2004 quand j’étais en classe de 4e. Une journée ensoleillé, dans l’après-midi vers quatorze heures, il faisait environs 38°C, c’est l’heure de pause. Pendant que nous jouissions de notre pause, sous l’ombre des gros arbres qui sont devant notre bâtiment. La victime passa devant nous sur un vélo VTT, pressait, faufilait entre les élèves sans s’excuser. Il gara son vélo, devant une salle de classe, et se précipitait dans cette sale.

 Quelque second après, Pendent qu’il sortait de la salle, le second gars passait à côté du vélo, le vélo tombe tout seule, sans que le gars le touche. La victime réagit avec un ton autoritaire et agressif en Arabe local, ordonna au gars de soulever son vélo, « Hey ! Arfa vélo dah ». Alors le gars répliqua, « est-ce moi qui le fait tomber ? » et continue sa marche. La victime précipita vers lui, l’attrapa par derrière le col de sa chemise ; le gars se retourna et le poussa de toute ses forces. La victime trébucha, mais résista au coup.

 Il s’est vu humilier, la victime remarqua que le gars n’est pas du genre à se laisser faire, et qu’il ne pouvait pas le vaincre à main nu, il préféra l’intimidation. Il sortit un couteau de sa hanche droit. Le gars prit garde, et dit à la victime de ne pas jouer à ce jeu, comme une sorte d’excuse. Tout le monde pensait que c’est juste une blague entre amis. La victime s’avança avec un coup brutal pour effrayer le gars. Le gars Esquiva le coup, recula de deux pas et sorti un stylo de sa poche pour se défendre. Après un échange des coups ratés, le gars réussit à arracher le couteau de la main de la victime.

 La victime se voit humilier encore, il ne voulait pas s’avouer vaincu, il sort un autre couteau de la hanche gauche. Les deux élèves s’échangèrent encore des coups qui se soldent en échecs, et essayant chacun d’esquiver le coup de l’autre. Pendant une tentative d’esquive, le gars se fait coincer un pied par un trou de la dalle qui couvre le caniveau qui se trouve à la devant le bâtiment. Il tombe presque à genou. La victime voit son adversaire coincer, il profita, lui donna un coup et le blessa au front.

 Aussitôt, le gars se retrouve avec un visage couvert du sang, il remarqua le danger. Et c’est là que tous les mondes remarquaient la gravité de la situation. Une fille cria en Arabe local demanda aux autres de les séparer. Pendent que les gars précipitèrent pour intervenir, le gars se libéra et précipita vers la victime avec une colère de lion, et donna un coup de tous ses force à la victime, juste au niveau du muscle trapèze. C’est un coup mortel, je connais trois personnes mort suite à ce genre de blessure.

 La victime et le gars remuèrent ensemble dans tous les sens, on dirait deux personnes ivres. Dès que le gars retire le couteau, ils firent deux pas en arrière chacun dans son sens, et tombèrent par terre. A cet instant j’ai senti un petit vertige pendant quelque seconde, avant de me ressaisir. On s’est dépêcher pour les transporter au pavillon des urgences dans une même voiture, mais malheureusement la victime est morte avant d’atteindre les urgences.

 Et depuis cet incident tragique, j’ai décidé de n’est plus portés une arme sur moi. Mais rien n’est sure, quand on vit dans un endroit où les agressions se multiplient. Il faut toujours être prêt à vous défendre, parce que le danger est plus prêt que vous ne l’imaginais. Les armes sont les seules moyennes qui nous restent pour notre défense.


Tchad: Dans mon ghetto!!!

Je suis un enfant du ghetto, je suis né, et j’ai grandi dans un ghetto.

A l’époque, les mots pauvre, riche ou misérable ne nous disaient rien du tout ; on ignorait toute existence d’une autre mode de vie. Tout le monde se ressemblait, et tous nos parents faisaient presque le même boulot. On étudiait dans la même école, on s’habillait de la même façon, on mangeait les mêmes plats, et on jouait les mêmes jeux et sur les mêmes terrains ; personne ne remarquait une grande différence social.

Mes amis et moi fréquentaient la même école. Une école avec des salles de classe construites en paille, avec des institutrices qui tombaient souvent malade et des instituteurs alcooliques, mais aussi de meilleurs pédagogues. C’est grâce a eu que je m’exprime en français aujourd’hui. Ce qui me plait le plus chez eux, c’est qu’ils sont physionomistes. Comment une personne peut se souvenir de centaines de visages, juste après une semaine de la rentrée des classes ?

Quand on nous annonçait que la maitresse était malade, c’était la joie par tout. On s’en foutait qu’elle soit malade, en coma ou qu’elle meure dans une heure ; ce qui importait pour nous, c’est d’avoir quelques jours de repos. Mais malheur à ceux qui étaient en classe de CM1 et CM2 : si leur maitresse ou maître tombait malade, c’est le directeur qui se chargeait des cours, ou bien on lui trouvait un remplaçant, et souvent c’était de très méchants remplaçants.

Pendant les congés, on jouait au football. Parfois on organisait des petits tournois, qui finissaient parfois le même jour. Nous avions les phases préliminaires, ou les éliminatoires direct, mais cela dépendait de l’organisation. Pendant les matches, les pénalités pour les cartons jaunes c’était vingt cinq francs CFA, et cinquante francs pour les cartons rouges. Des que la pénalité était réglée, les joueurs retournaient sur le terrain. Lorsque votre équipe était éliminée du tournoi, c’était le mercato (saison pendant laquelle les transferts des joueurs de football se font en Europe). Et une somme de cent francs était requise pour faire le transfert.

Pendant la grande vacance, on allait à la pêche, et à la chasse des oiseaux. Souvent, on allait au marigot pour nager, ce qui était formellement interdit par les parents ; au retour on devenait tout blanc, avec les yeux rougis. Alors parfois, on prenait de la pommade sur des petits papiers, pour éviter le blanchissement de la peau ; et on s’éventait avec la feuille d’une plante étrange, pour éviter la rougeur des yeux.

Nos différends, on les réglait dans un espace dégagé ou au marigot, qu’on appelle communément « Boutah » en langue local. Si on vous invitait au Boutah, et que vous manquiez l’invitation, vous étiez alors le lâche du ghetto, et tout le monde le savait. Malheur à vous si votre adversaire vous dominait, et que vous pleuriez en rentrant à la maison sans rien faire : vous risquiez de devenir la victime toute votre vie. Le mieux que vous puissiez faire c’était laisser le temps à votre adversaire de savourer sa victoire ; et ensuite de le surprendre avec un caillou, de lui casser la tête, et de prendre la fuite. Comme ça, la prochaine fois, tout le monde évitait de vous ennuyer.

A chaque fois que l’un de nous partait en visite familiale au centre-ville, il revenait avec quelque chose nouveau : un nouveau jeu, ou un nouveau conte de fée que nous n’avions jamais entendu. Mais dans mon ghetto, on ne voyage presque jamais, c’est pour quoi je n’ai jamais voyagé de toute ma vie. On quitte le quartier uniquement les jeudis, et uniquement pendant les congés ou les grands vacances.


Tchad : L’école française et les religions

L’ignorance est le pire ennemie de l’Homme. Le Tchad est l’un des pays dont la ségrégation ethnique et religieuse bat son plein. A l’époque, la communauté nordiste majoritairement musulmane à longtemps considérer l’école occidentale comme une tradition purement chrétienne. Pour la plupart des parents nordistes, cette tradition est l’affaire des chrétiens, et pareil chez les sudistes, l’arabe ne concerne que les musulmans.

A cette époque, la majorité des enfants de mon quartier sont privé de l’éducation à cause des illusions qui s’oppose à l’idée de l’école française. Mes frères et moi avions de la chance à fréquenter, parce que nos parents connaissent les principes de l’islam, et savent la différence entre l’école et le christianisme.

Malgré, nos mères nous interdisaient de manger les repas que l’on nous offre à l’école chaque jour a la fin de l’heure, pour le simple fait que ces repas sont préparés par des femmes chrétiennes. C’était de la boule de semoule à la sauce de sardine, c’est vraiment délicieux, et on ne peut trouver nulle part ailleurs. Mais vous savez l’enfance c’est synonyme de violation des règles et de désobéissance, ce qui est interdit qu’on aimera essayer ; comme aller au fleuve, ou fumer le mégot. Jusqu’à ce qu’un jour, certains de nos camarade qui refusent de manger avec nous, par jalousie, avertissent notre marabout, de ce que nous faisons à l’école, alors il nous a éclairci que l’Islam n’a jamais interdit de manger le repas chrétiens.

Quand j’étais en classe de CM1, vu mon niveau de compréhension élevé en science d’observation, mon institutrice ma recommandée la formation des secouristes de la croix rouge. Et c’est là que la plus grande confusion m’est arrivée. Au début on nous apprenait l’histoire de la croix rouge, des chants, et aussi l’hymne qu’on chantait tous les jours au début des cours, c’était tellement bon, on était des vrais choristes, et ce qui est vraiment étrange, cet hymne ressemble beaucoup plus au chant de la messe, qu’on l’écoutait souvent à la radio nationale durant les programmes religieuses des vendredis et dimanches pour les deux religions les plus pratiquées au pays. Et même l’hymne qu’on chantait à l’école, on diffusait aussi souvent à la radio, pendant les flashes des sensibilisations. On parlait un peu de l’utilité de la croix rouge, et parfois des petites sketches pour essayer de sensibiliser les parents à encourager les enfants à suivre la formation des secouristes.

Mais en plus de ça, tous les formateurs étaient des sudistes, et sur les quarante cinq (45) élèves qui suivaient cette formation, nous sommes 6 nordistes, parce que la formation n’est pas ouvert a tous, c’est par mérite et recommandation. Et à cette époque c’est la majorité qui domine, si tes amis n’ont pas accès à quelque chose, ils feront tout pour t’empêcher de l’avoir aussi. Alors il mon dit « tu as vu comment on vous apprend à chanter comme eux, un jour, ils vont vous amener à l’église pour chanter avec eux… » J’étais très confus et j’ai finis par abandonner la formation.