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L’histoire de Grâce, ma petite-fille adoptive

Voilà, après quelques mois de silence, je reviens avec  quelques articles qui j’espère me feront pardonner cette période, nécessaire parce que j’avais besoin de prendre du recul. Je reviens à mes premiers amours, mon sujet de prédilection, les enfants. Et   je commence par un sujet controversé mais toujours d’actualité : l’adoption d‘enfant.

Image à la une : Silhouette de Mohamed_Hassan

Grâce, un enfant désiré

Alors laissez- moi vous raconter comment, après mes 6 beaux petits enfants, nous sommes tombés sous le charme de ma dernière petite fille, qu’on appellera Grâce, au point de l’adopter  complètement, corps et âme.

Quand l’idée d’adopter met la « famille » mal à l’aise

Je ne vais pas vous raconter les circonstances ayant abouties à cette merveilleuse « naissance » dans la famille, mais je vais plutôt faire un petit partage sur ce sujet.

Il y a 20 ans de cela, quand mon fils cadet, le dernier donc,  rentrait dans sa 12ème année, l’idée d’adopter un bébé, garçon ou fille peu importe, mais un bébé qui serait à nous, m’a accaparée l’esprit pendant au moins 2 ans. Il y a eu au moins 2 occasions de pouvoir réaliser cette envie mais aucune n’a aboutie. Je me souviens à l’époque, en détail, de la réaction  de mes « proches » , alors que mon mari et mes enfants étaient aussi enthousiastes que moi.

Mise à part les airs réprobateurs, voilà quelques réflexions donc entendues à l’époque de la part de ces proches :

-Mais t’es devenue folle ou quoi ? tu penses à tes enfants ? et leur héritage quand tous les 2 vous ne serez plus là, tu y as pensé ?…

-Adopter un bébé ? quelle idée bizarre… tu es encore en âge d’en avoir un avec ton mari non ?…

– T’es sérieuse ? ma chère tu as vraiment  le don de nous faire marcher : adopter ? ahahah

– Dis donc, tu ne lis pas assez les faits divers on dirait, tu sais que c’est très dangereux. En général, ces enfants inconnus qu’on fait rentrer dans la famille deviennent les propres bourreaux ou  les meurtriers de leurs parents adoptifs

-Ah , un bébé adopté, pourquoi pas? Essaies  juste d’en trouver un qui ressemble à tes enfants …

…et j’en passe

Grâce, mon petit amour

Quelques années plus tard, mon premier petit fils est arrivé, chamboulant toutes nos habitudes et comblant surtout  cette envie de materner qui s’est réveillée en moi , ou je dirais plutôt qui ne m’a presque pas quitté depuis ces années. Premier petit fils , suivi du second, du troisième etc , et je n’ai presque plus pensé à  cette idée d’avoir un enfant qui n’est pas à moi mais qui deviendrait le mien .

Avec mes petits- enfants que je vois tous les jours ou au moins régulièrement, je croyais que j’étais comblée.

Mais quand j’ai rencontré  Grâce pour la première fois, j’étais étonnée de la force de mes sentiments pour cette petite inconnue de quelques jours, maigrichonne, la peau foncée de crasse, avec les cheveux tout ourlés, plaqués sur sa fontanelle par un excès de sébum , emmaillotés dans des chiffons sales qui lui servaient alors de lange. Je l’ai tout de suite aimé, je ne voulais plus m’en séparer. Après un bon bain et un biberon qu’elle n’a pas fini, je l’ai mise dans notre lit entre nous, mon mari et moi.  Pendant un mois, je l’ai couvé, me réveillant toutes les 3h pour la changer et lui donner le biberon. Elle est devenue, rapidement et complètement, l’une de mes petits-enfants.

J’aimais déjà, j’aime et j’aimerais toujours des enfants

Et j’ai compris que les liens crées entre parents et enfants adoptés sont tout aussi forts, sinon plus que ceux entre parents et enfants naturels. Plus parce que voulus. Plus, peut-être que pour certains enfants dont la venue n’était pas vraiment « désirée » parce que ce n’était pas le bon moment ou tout simplement parce que les parents n’étaient pas vraiment prêts pour accueillir un autre enfant….

Après cette merveilleuse expérience que j’ai vécue il y a presque 1 an maintenant, mon cœur s’est ouvert plus , si je puis dire parce que, aussi loin que je me souvienne,  j’ai toujours adoré les enfants, mais je suis devenue encore plus sensible aux enfants, à leur détresse, à leur demande d’affection , leurs rires et leurs pleurs. Et depuis, sans distinction, que ce soit mes petits -enfants, ou ceux de mes proches, les enfants de l’église, les orphelins de l’orphelinat à qui je rends visite quelque fois, jusqu’aux enfants des rues, les enfants trouvent  «  grâce »  à mes yeux, dans mon cœur. Je les aime et ils me le rendent bien, et je sais qu’il en sera  toujours ainsi jusqu’à mon dernier souffle.

 


RETOUR AUX SOURCES: SE SOIGNER AU NATUREL

En ces temps où les maladies font ravage et tuent plus de personnes que les accidents et les meurtres ,  je vais parler d’un phénomène moderne qui incite de plus en plus  les gens à se soigner par les plantes : feuilles , racines, fruits , extraits et huile essentiels  à manger, à boire, à inhaler , à enduire le corps etc , avec  des  produits d’origine végétal, incluant les fruits et  les légumes , connus ou pas, mais donc naturels. C’est la phytothérapie, associée ou non à d’autres traitements comme l’argilothérapie, le massage ou la médication pharmaceutique.

GUERISON PAR DES PRATIQUES ASSOCIEES AUX VERTUS DES PLANTES CONNUES DEPUIS LONGTEMPS…

Quoique ayant travaillé dans une pharmacie de son vivant, déjà notre mère nous a habitués à prendre des tisanes, des potions à base de plante ou autre, mais tout en nous gavant  en même temps de cachets comme le cafénol, la nivaquine et j’en passe (des comprimés qui abondaient  dans nos pharmacies dans les années 70- 80). Je me souviens par exemple de cette tisane , le « aferontany » ou littéralement « la bile de la terre », très amère,  que l’on nous faisait boire lorsqu’on toussait , parce que ça nettoyait les poumons ; Sinon, il y avait les graines de « voamaintilany », ou « graine à moitié noire » ,une graine dont un côté est rouge et l’autre noir, réputée nous protéger d’ une maladie épidémique quand c’était la saison et que beaucoup d’ enfants étaient malades ; On l’avalait comme une pilule avec un peu d’eau. Certes, à  l’époque, on prenait aussi  d’autres remèdes ,  des grogs comme le fameux «lait de poule », fait à base d’œuf, de lait concentré, et de rhum, quand on rentrait mouillé de l’école et qu’on risquait de prendre froid, mais  la plupart du temps, ces « remèdes de  grand-mère »  étaient  à base de plantes.

… ET QUI CONTINUENT DE NOUS FAIRE DU BIEN…

Depuis ce temps, les remèdes naturels , efficaces ou pas, font partie du quotidien de presque chaque foyer malgache. Le nom des plantes, la recette et  la manière de les préparer se passent  de père en fils, de mère en fille, des fois avec des variantes d’une période à l’autre, d’une région à l’autre, d’un foyer à l’autre. On les achète dans presque tous les marchés, qui ont tous leur herboriste appelés marchands de « tapa-kazo « (morceaux de bois), avec des étals modestes mais si reconnaissables avec leur marchandises particulières que sont les plantes séchées, les racines, les feuilles fraîches ou séchées, les graines etc …. Et on y trouve des fois pêle-mêle des petites fioles contenant un liquide d’aspect  clair, ou plus ou moins douteux ;

Certaines plantes se ramassent à la campagne, dans la forêt ; Madagascar regorge de plantes médicinales, souvent endémiques et  beaucoup de spécialistes en pharmacopée  y font des recherches ; les médicaments comme le madecassol (crème qui soigne les cicatrices et surtout les chéloïdes) , produit par un laboratoire pharmaceutique européen ,en est un exemple.

…. SURPASSANT MEME  LE POUVOIR  DES PRODUITS PHARMACEUTIQUES…

Depuis quelques  décennies, ce phénomène s’est accru de façon exponentielle, et partout, sur le net, particulièrement sur les réseaux sociaux, on se partage des recettes miraculeuses,  naturelles, à base d’ingrédients , les uns déjà connus  comme l’ail , le persil, le citron, le miel … les autres nouveaux,  exotiques à l’instar des baies de gogji  ,  des fruits appelés nonni,  avec des vertus diverses : anti cancer, anti chute de cheveux, crème soignant les problèmes de la peau, antibiotique,  bref contre  tous les maux de ce monde moderne empoisonné par la pollution , les produits industriels (alimentaires, cosmétiques, pharmaceutiques etc)

Ayant traversé une année presque sabbatique à cause justement de diverses affections, j’ai eu  l’occasion ces derniers d’en faire l’expérience, en me faisant soigner par une femme de formation médicale, mais aussi tradi-praticienne,   c’est-à-dire qui pratique et soigne en suivant les « traditions » , alliant une alimentation exclusivement végétalienne aux enveloppements avec des cataplasmes d’argile  , au massage et à  l’utilisation de produits naturels à base de plantes transformés en huile essentielle, en pommade et onguents , en tisane ou en fumigation.

Loin de moi d’en faire une publicité, d’ailleurs, je ne vous donnerais aucune indication qui permettrait de la reconnaître, mais je  vais juste vous dire les effets de cette thérapie particulière sur moi : un fibrome utérin , vieux de 35 ans et volumineux, qui a complètement disparu, échographie à l’appui, une hypertension et diabète type 2  stabilisés, une crise cardiaque avec séquelle traitée, sans effet secondaire, et un carcinome des glandes thyroïdien en voie de rémission , tout cela en quelques mois de traitement. Et je ne vous parle pas des autres cas que j’ai vus,  je laisse le soin aux intéressés quiliront cet article de raconter eux même, parce que leur propre témoignage serait plus «parlant»

 

…. SIGNE D’UN RETOUR AUX SOURCES …

Un adage bien connu nous dit « Chassez le naturel, il revient au galop…. »

Je le confirme, cet adage exprime bien ce que je ressens. En effet après des années de maladies plus ou moins handicapantes, onéreuses et surtout pénibles autant pour moi que pour mon entourage, je reconnais que la nature nous offre tout ce dont on a besoin, pour un style de vie, une alimentation saine et surtout pour une meilleure santé et une guérison assurée.  De par le monde, beaucoup en sont convaincus et en ont fait une passion. Et loin de se contenter des résultats prometteurs jusque là, les recherches continuent pour aller plus loin dans cette démarche de se soigner sûrement et  naturellement.

Malheureusement, ces ressources naturelles tendent à se raréfier, à disparaître même suite aux pollutions, à l’urbanisation, aux problèmes climatiques et surtout  à leur exploitation sauvage à des fins commerciales. On vient juste de  redécouvrir le pouvoir anti-cancéreux du pissenlit quand  les champs et les terrains vagues où il pousse bien disparaissent pour laisser la place aux bâtiments et HLM tout aussi nécessaire à l’humanité. Alors, profitons de  ces quelques plantes que la nature nous donne pour encore quelques années, en gardant l’espoir que ces plantes merveilleuses résisteront tant qu’il y a vie sur notre planète mourante.


Ces larmes versée pour toi ma chère patrie

Tôt ce matin qui s’annonçait pourtant clair, plein de promesse des fêtes et des vacances qui s’approchent vite, mon ciel s’est assombri. Pas seulement à cause des mauvaises nouvelles de massacre et de tueries, suite à des attaques sanglantes ou à d’accidents mortels – elles sont devenus monnaie courante dans presque tout le pays depuis quelques années. Je suis triste de voir tous ces gens, des vieux , des enfants, fouiner dans les poubelles pour trouver à manger. Et ce matin je pleure encore en lisant cet article dans les faits divers d’un quotidien (Midi Madagascar paru ce 19 Décembre 2017) , article rédigé en malgache  : « Destruction de riz pourri : les gens se sont rués sur les restes qui n’ont pas brûlés complètement »


L’article commence par illustrer appauvrissement du peuple malagasy avec le seul paramètre qui leur parle : le prix du riz qui a plus que doublé en 3 ans (de 1 200 Ar à 2 500 Ar, alors que le pouvoir d’achat n’a pas suivi ), parce que le riz s’achète à 1900 Ar au moins le kilo (riz stock importé), et la mesure (boîte de lait concentré dit « Nestlé ») coûte 900 Ar – (compter 3,5 mesures pour 1 kilo). Il désigne cette paupérisation comme une explication logique de ce qui s’est passé à Tanandava, localité où on a détruit le riz avarié saisi par les autorités de la Direction du commerce et de la consommation de la région de l’Est du pays la semaine dernière. La population s’est ruée sur les restes de riz avarié qu’on brûlait dans une grande fosse. Il y a même eu une émeute, des gens se sont battus pour prendre ces restes quand bien même ce riz avait été décrété impropre à la consommation
«Nous avons faim ! et on peut encore manger ce riz que vous brûlez, laissez nous le prendre, ne nous laissez pas mourir de faim » auraient crié ces gens venus nombreux pour tenter de récupérer ce riz pourri que l’on brûlait. Des gendarmes ont été dépêchés sur place pour les en empêcher : ce riz risque d’empoisonner ceux qui veulent encore en manger.

Du riz qui résiste au feu

Au départ de cette affaire, il y a la saisie de 1 016 sacs de 50 kg de riz pourri. Des commerçants illégaux, sans papier, allait les vendre sur le marché. Suite au constat d’avarie, la décision a été prise mardi dernier de le brûler. Une « task force » spéciale avait tout organisé pour la destruction du riz dans la ville de Tamatave (lieu de la saisie). Mais de fortes pluies ont empêché de terminer cette destruction par le feu. C’est pourquoi les sacs de riz avariés restants ont été transférés à Tanandava. Mais là, la population, bien informée par la presse, n’attendait que le bon moment pour tenter de récupérer de ce semblant de nourriture, que celui-ci risque de la rendre malade ou pas.

Pleurons, chers et chères malagasy, pleurons mais relevons la tête ….

Oui, j’avoue que j’ai pleuré, de tristesse mais aussi de rage, de désespoir, avec ce sentiment d’impuissance et de culpabilité, face à cette pauvreté extrême dans laquelle la grande majorité de de mon peuple est plongée depuis ces maudites années. Une pauvreté de tous les jours, veille de fête ou pas, dans un enfer de guerre sans guerre comme l’a écrit récemment un de mes prochee. Une paupérisation qui fait d’autant plus mal qu’elle empire sous les yeux d’une minorité opulente que je ne nommerai même pas ici .
Pleurons, et aidons à la mesure de ce que nous avons, mais ensuite, relevons la tête, car cette guerre touche à sa fin…Oui, honte à vous, vous tous qui êtes responsables de cette situation. Sachez que ma terre est une terre bénie, et que tôt ou tard, ces larmes, dont les miennes, ne seront plus versées en vain. Le Dieu en lequel je crois et Toutes les Puissances divines ne vont pas laisser leur peuple éternellement, non, pas aussi longtemps, survivre dans cet enfer où vous l’avez plongé…

 


Le taxibe, un mal nécessaire pour se déplacer à Tana

Suite à une panne de voiture de 15 jours, j’ai eu l’occasion de reprendre le taxi be (grand taxi ou taxi collectif) pour mes déplacements domicile bureau et retour ; je vous livre ici mes expériences vécues aussi stressantes que riches, haut en couleur, au vocabulaire imagé. Allons découvrir ce monde du transport plus que commun aux malgaches , un peu familier aux africains car similaire, mais avec des particularités bien de chez nous.


LES VEHICULES ET LE RESEAU :
En majeure partie, la flotte des taxi be est composée de minibus et de minicar , des sprinter ou des cars mercedes, des voitures utilitaires initialement prévus pour le transport de matériels ou de marchandises, occasion de France ou de Belgique, convertis en transport de passagers avec réaménagement de sièges et de hublots, moyenne d’âge 20 ans. Le réseau est vaste, traversant souvent le centre et pouvant aller jusqu’à 20 km pour les lignes dites suburbaines pour certains taxi be, et avec des trajets ayant plusieurs points de correspondance, faisant le bonheur des usagers qui peuvent ainsi facilement changer d’une ligne à une autre pour se rapprocher de leur destination.


LE PERSONNEL :
Composé d’un chauffeur et d’un aide chauffeur , un seul parce que, même s’il y a 2 issues, seule l’une est utilisée ; l’aide chauffeur ou le receveur, ou le « goal » (oui, comme le goal sur le terrain de foot), c’est à la fois le crieur : à presque chaque arrêt, il cite les « grands » arrêts dont le terminus , c’est aussi celui qui collecte les « frais » ou prix de la course par passager, qui ouvre et ferme la portière, celui qui fait descendre un passager ivre ou qui ne veut pas payer, qui arrange les places, rusant pour ne pas mettre une demoiselle sur le « siège en or »(voir plus bas) , celui qui refuse l’accès à un passager trop encombrant, avec de grands sacs ( ou soubiques) etc, bref, incontestablement le maître à bord avant le chauffeur en vérité.
Contrairement à ceux des îles voisines comme L’ile Maurice, chauffeur et aide-chauffeur ne sont pas en uniforme, et ce malgré les cahiers de charges qui stipulent le port de tenue par respect pour les passagers.


LES SIEGES:
Mis à part celle du « devant », la préférée des passagers car limité à 2 sièges maximum, avec un espace relativement plus large qu’en cabine, les rangées de sièges accueillent systématiquemnt un passager de plus.
– Pour un minibus, les 2 sièges et le strapontin (siège d’appoint) d’une rangée accueille 4 passagers, mais une rangée spéciale, appelée « seza volamena » ou siège en or , ou aussi « tamboho »(muraille) est aussi exploitée : c’est l’espace entre le chauffeur et la 01ère rangée, avec ou sans coussin, appelée ainsi parce que grâce au moteur, ces « sièges en or » sont surchauffés, limite bouillants. J’ai vu plus d’une fois des passagers descendre avant leur arrêt quand ils n’ont rien à mettre dessus pour se protéger de la chaleur , se brûlant littéralement  la partie… que vous imaginez.
– Pour les mini cars, la rangée de 4 sièges et le strapontin, ou du moins le bois de 30 cm qui en tient lieu sont pour 5 passagers. Eviter de s’asseoir sur le  » strapontin  » de la dernière rangée surtout pendant les heures de pointe, parce que le receveur n’hésite pas à mettre un autre passager derrière, mettant donc les 2 passagers dos à dos. Il arrive qu’il demande à ce que les strapontins ne soient pas utilisés pour que le couloir puisse accueillir le maximum de passagers , à qui il demande de faire le « seza rivotra » (comprendre s’asseoir sans siège) quand le taxi be passe devant des policiers; Quand il est verbalisé pour ce motif (surcharge) , le chauffeur « grasse » les policiers pour 10 000 Ar (environ 5 euros) pour éviter le retrait de papier.
A noter que sur les cartes grises, le nombre de passagers autorisé correspond bien au nombre de sièges, mais aucun policier ne verbalise ce genre d’infraction, les billets glissés en douce tous les matins, ou « écolage » comme on les appelle chez nous , ferment bien les yeux sur ça et sur d’autres irrégularités plus ou moins graves.

LES ARRÊTS
Les arrêts ou bus stop, formels (avec des abri bus ou des panneaux) ou pas, sont espacés de 500 mètres à 1 km en moyenne entre eux. Ces arrêts ont des noms, celui d’un commerce ou d’un bureau près desquels les taxi be                  s’ arrêtent: arrêt la rotonde (hôtel) ou arrêt Jirama (eau et électricité nationale) ; Des arrêts portent encore  le numéro d’anciens terminus de vrais bus d’antan mais qui ont disparu depuis : arrêt 23 ,ou 25 etc…. D’autres noms ont des origines inconnues ,à l’instar de cet arrêt  sur le trajet de mon taxi be; Cet arrêt est baptisé « hazo be ravina» ou « arbre feuillu », lequel arbre n’existe plus depuis des années mais le nom de l’arrêt est resté ; ou aussi l’arrêt « sperm » (phonétique), qui est en réalité celui près d’un ancien « supermarket », un petit magasin libre service qui a aussi disparu. Et bien sûr il y les arrêts impromptus, quand le chauffeur s’arrête n’importe où pour embarquer, surtout quand le taxi be est à moitié vide,ou pour débarquer quand il y a des embouteillages.
Sources de disputes quotidiennes entre les passagers et le chauffeur/receveur quand ces derniers « brûlent » les arrêts , pour soit pouvoir retourner très vite pour emmener les derniers retardataires, soit simplement parce que les recettes étant « complètes » ils veulent rentrer plus tôt.
Une autre pratique illégale dont j’ai failli être la victime pas plus tard que ce matin, ce qu’il appelle le « sivana » ou filtre : au lieu de crier le nom du terminus, le goal cite un arrêt intermédiaire et dit aux passagers que le taxi be n’ira pas plus loin ; En fait c’est pour que les passagers puissent changer plusieurs fois sur le trajet, un taxi be rempli de passagers « directs » terminus étant moins rentable que celui rempli de passagers débarquant à mi chemin et remplacés par d’autres qui feront l’autre moitié de trajet; Ce n’est qu’ à mi chemin que le goal inclut enfin le terminus dans ses appels. Et moi, ce matin là, j’ai failli descendre avec mon sac et mon cabas à mi- chemin , croyant avoir pris le mauvais taxi be, mais le goal fut « compatissant » et me dit , « rassois toi neny (maman), toi on va te ramener au terminus. Depuis, j’ai compris leur manoeuvre, et relevant leur numéro d’immatriculation, je les menace de plainte auprès de leur coopérative au cas où ils forcent les usagers à descendre avant le terminus.
Il faut comprendre que malgré les cahiers des charges, les taxi bus ne respectent aucun horaire (début/fin) et que les recettes à verser, fixées par le propriétaire du véhicule, délimitent leurs temps de travail. Il est devenu courant donc quel pour faire le maximum de rotations, les taxi be ne respectent pas le terminus, laissant les pauvres passagers à 2 ou 3 arrêts avant, tant à l’aller comme au retour. Il m’est arrivé d’attendre, au retour un soir, en vain, à un terminus pendant 1 heure avant qu’une âme charitable ne m’avise que « madame, si vous attendez le bus numéro x, ce n’est pas la peine d’attendre ici (Analakely pour ceux qui connaissent), il faut aller à l’arrêt du pont de Behoririka (5 arrêts et 2 km plus loin), parce qu’ils ne viennent plus ici le soir ».
Ce soir là, j’ai dû prendre un taxi ville qui coûte 50 fois plus pour rentrer, trop fatiguée pour faire 2 km avec mes chaussures à talons, et surtout pas rassurée du tout avec mon sac ,mon panier à repas et mon laptop pourtant bien caché sous une serviette dans le panier en question. Heureusement , j’avais un peu d’argent sur moi cette fois là.

LES AFFICHAGES : ( quelques échantillons)
– Lu en face du siège du « devant » du minibus : «usager, descend si tu ne veux pas te pousser» . Cela s’adresse au passager assis sur le siège du devant côté portière, dont l’attitude souvent réticente pour donner le passage au passager qui veut monter sur l’autre siège près du chauffeur , retarde le départ du minibus. Il faut préciser que ce siège aménagé près du chauffeur est très inconfortable, d’abord parce que , recouvrant le moteur, il est surélevé par rapport au siège du chauffeur et celui du passager côté portière, donc très instable en cas de coup de frein (à noter que le port de ceinture n’existe pas pour les passagers)et aussi très « chaud » malgré le coussin ; de plus l’espace pour les jambes est réduit par le tableau de bord, bref , c’est un siège « forcé » pour en être un, mais encore le meilleur.
– Lu dans la cabine « Faites l’appoint s’il vous plait, sinon attendez le prochain bus ». On a l’impression que c’est exagéré, mais en fait certains passagers s’amènent à 5h du matin avec le nouveau « gros » billet de 20 000 Ar (l’équivalent de 11 euros ) pour une course valant 400 Ar ( équivalent de 15 centimes) alors que le taxi be en est à son premier « tour » , donc sans monnaie à rendre. Les seules alternatives sont soit de laisser le passager voyager gratuitement, soit de le faire descendre; Et souvent face aux « gros bras », ou par peur de représailles , ou pour éviter des ennuis parce que tout le monde se connait ou presque, c’est le voyage gratis qui l’emporte;                                        – Autre affiche: « Prends le taxi si tu n’aimes pas le collé-serré » etc

LES VRAIS RISQUES :
Je vais les citer pêle-mêle , mais je vous confirme, ce sont des risques réels auxquels les passagers doivent faire face au quotidien :
• Le risque d’arriver en retard au bureau, au lycée, à un rendez vous etc malgré le fait de prendre une grande marge par rapport au temps d’attente à l’arrêt, de trajet, aux embouteillages (dont la cause principale est le nombre et l’indiscipline des taxi be), et autres incontournables panne sèche, crevaison ou autre pannes fréquentes dues à la vétusté du parc de taxi bé , aggravées par les surcharges et l’état lamentable des rues de Tanà.
A bien noter que pour les temps d’arrêt, au terminus ou aux arrêts intermédiaires, il faut compter double parce que les taxi be partent rarement à vide. C’est ce qu’ils appellent faire le « vody hazo » ou texto prendre racine pour remplir, attendant que le taxi be de la même ligne arrive derrière pour les « pousser » à partir (miandry dona).

• Les risques d’attraper des poux ou autres parasites, ou des maladies infectieuses suite à la promiscuité et à la saleté. Il faut dire que seul moyen de locomotion pour au moins 80 % de la population d’Antananarivo, les taxi be transportent tout le monde : du bureaucrate aux éboueurs, des étudiants et des lycéens, des paysans avec leur sacs de pommes de terre , de tomates , des vendeurs de poissons, des hommes en veste et cravate , des femmes bien habillées comme ceux et celles en guenilles etc… Imaginer l’odeur par temps chaud, ou pire quand il pleut et que les hublots sont fermés: odeur corporelle , de l’haleine buccale aux chaussettes puantes, en passant par les odeurs d’aisselles et autres que je ne citerais pas… , mélangées à du parfum capiteux ou eau de toilette bon marché…Et quand seulement un passager éternue ou tousse sans pouvoir se couvrir le nez parce que trop à l’ étroit ou par manque de savoir vivre, ou faute de mouchoir, c’est la contagion assurée pour tous les passagers .

• Les risques de fortes migraines quand c’est un groupe de passagers qui se connaissent se retrouve dans le même bus, hurlant à tue tête pour se parler et pour couvrir le bruit du moteur et/ou de la musique à fond, ou quand des passagers communiquent sur leur portable en même temps, avec les mêmes effets bruyants, et qu’un enfant ne supportant pas la chaleur et le bruit braille aussi dans les bras de sa mère, assise sur le même siège avec un autre enfant assis sur ses genoux etc . J’ai été une fois dans un bus ou un prédicateur vociférait, tout le long du trajet.

• Les risques de blessures sur les sièges avec des bouts de ferraille qui dépassent , égratignant profondément au passage du couloir étroit, ou avec les effets /bagages des passagers ; J’ai été  récemment blessée moi-même à l’avant bras par une scie qu’un passager avait dans un sac à dos ouvert et qu’il portait inconsciemment de côté, sans aucune protection, alors qu’une partie de la scie dépasse du sac ; Comme c’était le soir, je ne pouvait pas voir la scie en question. C’est en ressentant une vive brûlure que je me suis rendue compte que j’ai été « sciée », heureusement la plaie n’était pas profonde, mais imaginez que ce soit un enfant , ou que la scie rencontre un visage ou une partie plus sensible que mon avant bras.

• Les risques de chutes ou d’écrasement dans les arrêts intermédiaires où des dizaines de passagers doivent faire la mêlée, pour avoir la chance d’avoir un siège sur les 2 ou 3 qui sont libres. Et là, aucune considération d’âge (vieux, enfants), de condition (enceinte, avec bébé, handicapés ), c’est la loi de la jungle qui prime ; Et moi, avec mes 2 fractures au dos (lombaire et cervicale) , je préfère attendre que « le gros » du bataillon soit partie pour tenter ma chance, quitte à attendre 10 taxi be d’affilé. En effet, c’est à l’occasion d’une ruée comme celles là que j’ai eu ma première fracture au L5 (5ème vertèbre au niveau du lombaire), parce que le taxi be ne voulant pas subir l’assaut des pauvres étudiants et bureaucrates en retard a préféré redémarrer en trombe, la grappe humaine encore pendue à sa portière et moi, j’ai été heurtée violemment par la gâche de la portière ouverte, n’ayant pu me dégager à temps ; Ce qui m’a coûté à l’époque 6 mois à rester à plat sur une planche avec 3 mois d’hôpital, et 3 autres de convalescence à la maison , pour permettre à mon vertèbre écrasé de se remettre en place et de consolider la fracture. Il m’a fallu ensuite réapprendre à marcher.
De nombreux cas de passagers tombés du marche pied et ensuite écrasés par le même taxi be ou par un autre véhicule arrivant derrière sont cités régulièrement dans les faits divers.

•D’autres risques d’accident de circulation, dû à l’état de vétusté comme souligné plus haut, et surtout à la témérité des chauffeurs de taxi be, qui, voulant dépasser ou distancer les « adversaires » (concurrents même lignes de taxi be ou autres lignes mais opérant sur le même axe), n’hésitent pas à prendre des risques inconsidérés comme rouler à 100 km sur des routes encombrées, dépasser en 3 ème ligne sur une route à 2 lignes, ou encore à faire carrément la course pour arriver en premier à un arrêt bondé de monde, fauchant voitures et piétons au passage… et comble de l’ironie, faisant même des victimes parmi « leurs »passagers qui font la queue pour emprunter leur minibus/minicars.

• Les risques de pertes financières suite aux agressions par les pickpockets, opérant généralement soit en cours d’embarquement ou de débarquement, profitant de la cohue, soit près de la portière ou dans la cabine même, utilisant des lames de rasoir tranchantes pour taillader les sacs ou les vestes pour en retirer porte feuille ou autres. Ces agressions se font en douce, et les victimes ne s’en rendent compte que lorsque les malfaiteurs descendent souvent là où il n’y pas d’arrêt, profitant d’un embouteillage,leur butin en main.

• Les risques de se faire agresser quand tard dans la nuit, il n’y a presque plus de voyageurs , et que l’on reste seul avec le chauffeur et le receveur. L’année dernière, une passagère à été sexuellement agressée par 2 hommes en ayant pris le risque de rentrer tard. Elle a pu porter plainte mais n’a pas pu éviter le viol ; Apparemment, les derniers voyageurs ont vu venir la scène mais sont tous partis pour éviter les ennuis.

 

• Plus graves , apparues depuis quelques mois , des cas d’agressions à main armées, de kalachnikov ou autres armes à feu et armes blanches, quand une bande d’individus attaque un « grand » taxi be  , entrant comme de simples passagers, bloquant les issues et dévalisant tous les voyageurs ; Se servant de panier ou autres, ils « collectent» leur butin , demandant aux victimes de déposer portefeuille, bijoux ,billets ,portables et autres dans les paniers ; pour ceux qui ne «participent » pas, faute d’avoir des objets de valeur avec eux, c’est la raclée assurée. Ces agresseurs agissent indifféremment de jour ou de nuit, et personne dans le bus ne peut riposter, les armes étant braquées sur tout le monde pendant l’opération, en particulier sur le chauffeur qui doit continuer de rouler pour ne pas éveiller le soupçon des rares policiers assurant la circulation ; ces derniers voient le bus passer, ne se doutant pas du drame qui se joue devant leurs yeux.

Et j’en passe….

Oui, le taxi be , c’est l’horreur quand on y pense vraiment, et j’en connais plus d’un qui préfèreraient de loin se déplacer à pied plutôt que d’en emprunter un ; mais il faut admettre que c’est devenu un mal nécessaire pour les malgaches moyens et ceux à faible revenu, qui constituent au moins 80% de la population de TANA, surtout ceux qui doivent faire plus de 20 km de trajet par jour ; Avec le niveau de vie et le coût d’un vrai taxi (en moyenne 50 fois plus cher  pour un trajet de 7 km en moyenne), le calcul et le choix sont vite faits ; et même certains vazaha (étrangers) touristes ou résidents ont compris l’avantage de se déplacer en taxi be, en prenant toutefois les précautions nécessaires, et faisant fi des problèmes d’hygiène et d’inconfort.

C’est vrai qu’il existe des taxi be, dont l’état des véhicules est irréprochables, et des chauffeurs et receveurs qui sont « humains », gentils, dévoués, respectueux des clients et qui les défendraient au prix de leur propre vie , par conviction , par professionnalisme, mais ils sont noyés dans la masse… Et,en fin de compte,  malgré les « t’as qu’à y aller à pied, ou prends le taxi« , finalement le plan B n’existe pas pour ceux qui doivent les prendre, les taxi be sont encore pour beaucoup une nécessité, voire … « une aubaine ».

Pourtant, avec l’implication des responsables et une organisation même basique, ce type de transport serait beaucoup plus intéressant, et a en tout cas encore de beaux jours devant lui, malgré tous ce qui a été dit et écrit , en attendant les « vrais » bus modernes , les tramways et metro promis par les présidents successifs de la dernière décennie, mais ça c’est encore une autre histoire, à suivre….


Mondoblog 5, un voyage sans voyage

Déjà, la sixième saison de Mondoblog pointe son nez alors que le souvenir de la 5ème saison est encore très frais dans ma tête, dans mon cœur. J’aimerais alors partager ce poème, que j’ai déjà déclamé à tous les participants de Mondotana 2016, pour rendre hommage à tous ceux qui ont organisé et participé à ce regroupement à Antananarivo et, aussi, pour donner un avant-goût à vous tous qui hésitez encore à nous rejoindre.

UN VOYAGE SANS VOYAGE

Par amour de l’écriture qui est un peu ma drogue
J’ai appris à connaître et à aimer ce qu’est le blog
C’est alors que, candidate lors du dernier concours
RFI Mondoblog m’appela pour me déclarer … son amour

Commence alors pour moi la plus belle des aventures
Ou plutôt je continue autrement et à ma façon rédaction et lecture
J’écris de plus belle, je lis, je critique, je revis et partage
Tous ces billets, toutes ces nouvelles, ces poèmes et ces images

Ensuite les malgaches accueillent le sommet de la Francophonie , et avec RFI
et Mondoblog , Formations et ateliers défilent dans une ambiance de folie
Avant la session , on m’a bien dit « dommage pour toi, pour une première fois
Tous les autres vont voyager, mais toi pas, tu resteras à Tana »

Mais c’est là justement , et heureusement pour moi, qu’on se trompe
Parce que de tous les voyages que j’ai faits autour de ce monde
Mondoblog 5 est de loin le plus beau car à la fois très utile , très édifiant
Riche en couleurs et surtout , entres rires et pleurs, riche en émotions.

Car grâce aux Sonia, Samantha,   Alexandra , Fedna, Arwa , Rindra ou Ianja
Mireille, Georges, Guenolé et tous les autres prénoms que ne je ne citerais pas (*)
Mondoblogueurs talentueux jeunes et moins jeunes, étrangers ou compatriotes
Anciens , nouveaux , maîtrisant tous le français ou même polyglotte….

Oui, grâce à vous , J’ai vécu ce voyage multicolore comme dans un rêve
Oubliant mes soucis, même ma maladie, dans cette trêve
Visionnaire éveillée, imaginant un nouveau monde béni
Où, comme nous , unis dans la diversité, toute ségrégation sera bannie

( *) Faute de places et de ….rimes , mais soyez en sûr, je n’en ai oublié aucun.

 

Et ci-dessous le lien pour le concours Mondoblog saison 6, une nouvelle épisode dans cette série épique. Bon concours et à bientôt sur Mondoblog!

Concours Mondoblog saison 6

 


Humanité et bestialité.

 Les atrocités  lues dans la rubrique des faits divers de ces derniers jours interpellent une fois de plus sur la cruauté des temps modernes. La quasi-totalité  du monde  vit cette cruauté au quotidien. Longtemps préservée de par son insularité,  la civilisation malgache n’est plus épargnée .Les valeurs sacrées qui ont caractérisé la civilisation malgache, réputée pour son sens du FIHAVANANA (un code régissant  les relations sociales, pouvant englober l’amour, la paix et la fraternité) ne  sont plus ce qu’elles étaient.

Ces articles ont été choisis parmi des dizaines d’autres, et ne sont pas les plus horribles si on peut dire, mais révèlent chacun une décadence ,une descente vertigineuse vers  une forme de bestialité que certains animaux  ne connaitraient jamais. Les faits :

A Maharidaza (dans une montée sur la RN 2 , à 30 km environ de Tanà), à 01h30 du matin : un taxi brousse (minibus ou car reliant les grandes villes des régions entre eux) en partance pour l’Est, est  attaqué par des bandits armés qui se mettent à barrer la route et  à jeter des pierres et de gros cailloux pour fracasser entre autres le pare brise de la cible. Le minibus s’arrête pile devant l’attaque, et essaie de s’échapper, mais le chauffeur perd le contrôle du véhicule. Ce dernier dégringole la pente en marche arrière, fait des tonneaux et finit sa course dans un ravin. Deux passagers meurent sur le coup, et des dizaines d’autres sont grièvement blessés.

Alors, tels des vautours, les bandits qui ont provoqué l’accident, se ruent sur la voiture accidentée et se mettent à dévaliser sans pitié les pauvres victimes dont la plupart sont incapables de se défendre suite à leurs blessures, d’autant plus que les bandits étaient tous armés. Aucun échappatoire possible pour les infortunés: d’un côté, un ravin, de l’autre un  grand talus, et ceci dans un grand virage.

Sans vergogne, les criminels raflent tout: argent, bijoux et tous les  objets de valeur. Leurs méfaits accomplis, les bandits abandonnent leurs victimes à leur triste sort et disparaissent dans la nature…

A Ambatondrazaka, Commune de Didy, dans une petite localité (Ambohibe), le Jeudi 09 Février 2017:      03 enfants d’une même fratrie ,dont un nourrisson de 2 mois, un enfant de 03 ans et l’aîné  de 07 ans, succombent des suites de blessures mortelles infligées par leur propre père avec un coupe-coupe.

D’après les enquêteurs, une dispute conjugale a eu lieu, et la femme, ne supportant plus les violences de son mari,  a fui le foyer, laissant les enfants derrière elle avec le père ;

Fou de colère, le mari, un peu dérangé d’après les témoignages, s’en est pris aux enfants et les a découpés un à un. Ce sont les cris des victimes qui ont alerté le voisinage arrivé sur les lieux, et qui n’a pu que constater l’état sans vie des enfants, baignant dans une mare de sang. Voulant calmer le forcené qui voulait les attaquer avec le coupe -coupe, les habitants de cette localité se sont défendu en essayant de le désarmer et, pris de révolte, ils ont  fini par le lyncher à mort ….

A Ankadimbahoaka, quartier en plein ville d’Antananarivo, le cadavre d’une fillette de 02 ans est retrouvé sur le lit d’une chambre d’hôtel  où elle résidait avec ses parents. Le corps, recouvert d’un drap , est couvert d’hématomes et présente des signes évidents de viol.

D’après les témoignages, la  famille (père, mère et enfant) vient de déménager fin Janvier 2017 dans le quartier pour résider dans cet hôtel. C’’est un couple apparemment sans histoire. Quelques jours avant le drame,  la mère a dû s’absenter ; Le père, sur qui pèsent les soupçons des enquêteurs, aurait pris la fuite ; Principal suspect dans cette affaire macabre, Il aurait violenté sexuellement  sa propre fille jusqu’à ce que mort s’ensuive. Les autorités le recherchent activement, et à l’heure où l’affaire est mise sous presse, il est encore introuvable.

La recrudescence de crimes, l’escalade de violence à travers les divers crimes et atrocités sont devenues  le lot quotidien de notre monde, s’ajoutant au paupérisme généralisé depuis des décennies dans les pays africains et asiatiques anciennement dénommés en voie de développement, dont Madagascar fait partie.

Parallèlement , et aussi paradoxalement, on voit depuis quelque temps sur internet des animaux qui font le buzz, tel le petit singe  héroïque en Inde , qui a risqué sa vie pour sauver un de ses congénères électrocuté ,et qu’il essaie  de ranimer par ses propres moyens : « 2 déc. 2014 – Un singe a sauvé la vie de son ami qui avait été électrocuté par les rails d’un train. La scène émouvante a eu lieu à la gare de Kanpur en Inde … » .

Nombreux sont les témoignages  sur les bêtes, telles que les chiens et même les loups qui ont sauvé, non seulement les leurs, mais aussi des humains qui pourtant  n’hésitent pas à les chasser et à les tuer.

 

Et on se demande si on ne vit pas dans un monde à l’envers, où l’homme commence à perdre son humanité pour devenir, pas seulement insensible, mais surtout violent, cruel, et où les animaux, domestiques ou « sauvages »,  font preuve d’un humanisme de plus en plus évident …

Les raisons évoquées, quelle qu’elles soient, même compréhensibles, ne suffiront jamais à expliquer, ni à excuser les comportements et  les crimes dont parfois les auteurs sont des enfants, et les victimes trop souvent des innocents.


Droit d’aînesse

Le fait d’être le premier né ou l’aîné donne des avantages liés justement aux droits d’aînesse dans beaucoup de sociétés, civilisations et coutumes du monde entier. ; Ces droits concernent l’héritage, le pouvoir de décision surtout quand  les parents ne sont plus là… et sont souvent liés aux responsabilités.

La plupart du temps, les aînés profitent de cette situation privilégiée, et cela dès leur plus jeune âge. Certains en abusent même, et c’est un fait accepté par tout le monde que les « puinés » soient vraiment martyrisés, exploités et dépouillés par leurs aînés. Dans certains pays africains, les puînés sont même appelés « colonisés »  ;  Heureusement,  il  se trouve que, parmi ces aînés, ressentent  au contraire le besoin de protéger leurs cadets, et sans pour autant délaisser leurs responsabilités, ils  font des concessions pour ne pas léser leurs frères et/ou sœurs

Pour illustrer, je vous raconte cet incident tout récent :

C’était à l’occasion du dixième l’anniversaire de l’aîné de mes petits fils, donc aîné d’une fratrie  de 5 frères,  dont un frère de 07 ans.

On pose la question à l’aîné donc qui fête son anniversaire :

«  Tu veux qu’on aille au restaurant ce soir ou tu préfères un fast food?» autrement dit dîner classique  à la malgache, composé de hors d’œuvre de riz et de mets d’accompagnement, ou dîner style pizza frites et glaces.

L’ainé : « j’aimerais  bien des pâtes et aussi du riz avec du poulet en sauce»

Le cadet de 07 ans : « moi je voudrais une pizza et des frites ».

Le papa : « ce n’est pas à toi de choisir, tu attends ton anniversaire »

Le cadet : « mais papa,  je te dis que je veux manger une pizza et des frites »…

Et s’ensuit un marchandage où on entend surtout la voix impatiente du petit frère que les parents essaient de raisonner. Au bout de 2 minutes,

L’ainé  à son frère : « tais toi, c’est moi qui décide parce que c’est mon anniversaire (petit silence) et je veux qu’on aille au fast food » (à noter qu’au fast food en question on ne trouve que des pizzas et des frites ).

On aura tous compris que finalement c’est le cadet qui a fait le choix, mais que l’aîné, pour lui faire plaisir et sans vouloir «perdre la face» devant tout le monde, a juste utilisé la formule magique « c’est moi qui décide » pour faire croire que c’est son choix.

Une belle leçon d’amour de la part de ce petit garçon qui a su exercer son droit d’aînesse, plein de sagesse et de générosité,  ce soir là  pourtant censé être sa soirée d’anniversaire.


Ces maux d’un nouveau monde en pleine décadence

D’aussi loin que je m’en souvienne, que ce soit dans les écrits divers qui me servaient  de passe temps , à défaut de télévision ou de films ( les salles de cinéma ayant toutes fermées pendant ma jeunesse dans mon pays, sous le régime socialiste) il y a 40 ans de cela, j’ai déjà noté que le viol , l’inceste, pédophile ou non , existaient déjà , même dans la Bible ( comme l’histoire de Tamara violée par son demi frère) ;  Depuis une décennie, ces crimes sont devenus si fréquents que même les quotidiens ne les mettent plus à la une;  Il arrive qu’on  en fasse encore les gros titres, mais alors c’est qu’il s’agit vraiment d’un fait dépassant l’entendement, ou quand  les actualités ne sont pas assez importantes pour faire la une, alors, commerce oblige, et comme sans l’avouer certains lecteurs sont  friands de ces faits …. Déjà à l’époque je me suis promis que d’abord, je ferais tout, quitte à me suicider pour ne jamais être victime de ce genre de sévices , mais ensuite, je m’imaginais cette future époque des années 2000  une société et ses lois qui feront tout pour que ces maux soient punis sévèrement, par la peine de mort, la castration etc  et qu’à force,  les gens auraient tellement peur des châtiments consécutifs à ces crimes que ces derniers disparaîtront à jamais de la surface de la terre; et que les générations futures , dont mes futurs enfants, seraient relativement protégées .

Eh oui, je pensais être une visionnaire, mais j’étais en fait trop naïve, car  c’était sans compter sur l’évolution, le boom dans le domaine des médias de la télécommunication, du monde audiovisuel ; En quelques années, l’électricité, et donc en même temps les salles de vidéo légales ou pas ont littéralement envahies les petits villages de nos régions, jusqu’au fin fond des coins les plus reculés,  apportant avec eux les films , allant des telenovas et autres téléfilms romantiques aux film d’actions ,et inévitablement ceux  classés   X, réservés  à une audience  adulte, mais en réalité devenue des attractions quotidiennes de tout le village dont les enfants . Les projections sont programmées de sorte que tout le monde puisse voir ces films mais à des créneaux différents : les hommes et les femmes y vont furtivement en plein jour, mais dès que la soirée commence, après l’école et les lycées, les salles sont envahies par les jeunes et les enfants, à raison d’une séance de 30 mn à 01h ;

Parallèlement, ceux qu’on appelle chez nous les bars sachets se dressent un peu partout , et précisément pas loin de ces salles de vidéo clandestines, et où l’alcool local, le betsa ou le toaka gasy (boissons fermentées à base de canne à sucre) est vendu à bon marché indifféremment aux hommes ,aux femmes et même aux enfants. Je vous laisse alors imaginer le cocktail explosif et les conséquences, dans ces petits villages où la quasi totalité de la population est pauvre, illettrée ou presque,  passant leur journée à trimer à travailler la terre, ou à pêcher, et sans autre loisir que ces films , l’alcool et quelques rares fois des « bals » (soirée dansante) publics ou des spectacles avec des artistes locaux…

Dans les grandes villes, la situation est encore plus cauchemardesque, avec une population hétéroclite, dont  la majorité est  constituée des jeunes, ayant accès à internet et écumant les cyber, se connectant à des réseaux sociaux servant d’appât aux adolescents et aux jeunes avides de nouvelles sensations ,trop innocents pour comprendre trop tard que des criminels les ont pris dans leur filet ou poussés par le vice ou  la nécessité , et qui ont vite compris que certaines activités sont sources d’argent facile ; Par ailleurs,  de plus en plus de foyers ont accès aux satellites,  avec  des centaines de chaînes diverses ,dont celles qui programment des films érotiques à longueur de journée ,de sorte que les jeunes et les enfants n’ont plus besoin de sortir pour assouvir leurs besoins

Et partout, en même temps,  la drogue est là, en plus de l’alcool : l’herbe ou le marijuana dont la vente se fait presque librement , accessible même aux enfants des écoles primaires, et depuis quelques années, la drogue dure comme l’héroïne a conquis les grandes villes ; et pas de quoi s’étonner quand on voit les substances illicites comme la drogue du violeur  devient un produit  familier qui fait des victimes même dans les soirées d’anniversaire.

Et , sans surprise, ces horreurs qu’on voit rarement dans les presses du monde « civilisé » comme La France et les Etats Unis, deviennent  de plus en plus nombreux en Afrique ;

A  Madagascar, il n’y a pas un seul jour où on ne rapporte des faits similaires : un père, un beau père ,un oncle ,un frère ou même un grand père qui viole sa fille, sa nièce , sa sœur , sa petite fille …et les victimes sont de plus en plus jeune , des cas de bébé de moins de un an et violés « totalement » sont rapportés ! et ce ne sont pas seulement les petites filles et les femmes qui en font les frais, les petits garçons commencent aussi à être  « prisés » et les violeurs sont parfois des femmes.

En Afrique, la semaine dernière, un petit garçon a été blessé par sa mère avec des tessons de bouteille parce qu’il a violé sa petite soeur de 2 ans ainsi que la fille de 5 ans d’une voisine. On se demande  à qui la faute devant de telles barbaries, que ce soit de la part du petit garçon violeur , ou de celui de la mère qui a châtié ainsi  cruellement son fils, ou celui de la « société » qui reste souvent indifférente, actrice passive de ces crimes.

Malgré la fréquence de ces actes, je suis toujours révoltée, et toujours toute aussi impuissante. J’aurais aimé que ces articles publiés par tous ceux  qui sont engagés pour combattre ces fléaux  aient un pouvoir magique qui arrêteraient les hommes et les femmes d’agir  ainsi, et que plus jamais pareilles ignominies ne voient le jour , mais je sais que quelque part, cela va empirer, à moins vraiment de prendre des mesures radicales et simultanées  comme : interdire les films « érotiques » ou contenant des scènes érotiques, interdire la vente de drogue et d’alcool,  punir « sévèrement » les auteurs  et surtout prendre en  charge enfants et jeunes par région et leur offrir  une structure éducative adaptée , avec des loisirs sains, accessibles etc.

En allant plus loin dans cette démarche, je condamne vivement les us et coutumes qui organisent des viols autorisés de fillettes par des hommes âgés, sous couvert d’un mariage traditionnel  organisé et « béni » par les 2 familles, encore trop fréquent dans plusieurs pays du monde. Aucune raison ne doit justifier de telles pratiques. Et les « élus » devront tout faire pour en finir avec ces barbaries, même si malheureusement ils en sont les  « bénéficiaires » et les auteurs

Pure utopie dites vous ?oui, peut être mais mieux vaut l’écrire et faire lire que ne rien faire du tout, parce que c’est bien de mettre en place des structures pour aider les victimes de ces abus mais le mieux c’est vraiment de traiter le mal à la racine .  Et c’est l’affaire de tous..


Cheveux en or, cheveux en euro

Après les faits divers tous plus choquants les uns que les autres de ces derniers mois et publiés dans les journaux – parricides, infanticides, viols et pédophilie, meurtres, accidents routiers, kidnapping, attaques de dahalo, vindictes populaires, etc. ; toux les maux du monde sont finalement devenus le quotidien des malgaches.

LES FAITS

Pour ne pas me laisser déborder par ces horreurs,  je me suis réfugiée derrière la recrudescence de ces atrocités. J’ai essayé de ne pas me culpabiliser de ne pouvoir rien faire, à part écrire. Et justement, même écrire m’est devenu insupportable, parce que je ne peux m’empêcher de penser à ce que les victimes ont vécu, quand j’en parle ou que j’écris sur ces sujets.

Mais récemment, un déclic s’est produit en moi, à la lecture de « simples » faits divers, car apparemment anodins. Ils me seraient passés inaperçus si je n’avais pas regardé une émission de reportage sur le sujet récemment. Dans un quotidien de Tana, on relate des vols de cheveux dans des circonstances différentes mais avec les mêmes résultats :

  • Le premier article parle d’une jeune fille de 18 ans, en attente près d’un abribus en plein centre de la ville de Tana, soulevé par deux  hommes tandis qu’un troisième coupait ses longs cheveux avec des ciseaux. Une fois le crime commis, lesdits hommes l’ont délestée et de son sac à main, et de son portable.
  • Le second article relate le cas d’une autre femme, assise près d’un hublot d’un taxi-be (taxi collectif ou bus, souvent des minibus), et qui aurait été agrippée de l’extérieur par deux individus, dont l’un aurait découpé ses longs cheveux avec des ciseaux. A noter que ces faits ont eu lieu en plein jour, au vu et au su de tout le monde.

Et tout de suite, un autre flash me revient : celui de l’image d’une de mes grandes tantes, décédée dans les années fin 70, et qui avait de très longs cheveux, qu’elle disait vendre à très bon prix. Cette tante, réputée un peu sorcière à l’époque, devait avoir un secret pour les faire repousser très vite parce qu’elle a vendu ses cheveux au moins 3 fois avant de mourir, et elle avait même vendu ses cheveux presque entièrement blancs moins de deux ans avant sa mort, alors qu’on l’avait enterrée avec des cheveux longs qui lui tombaient sur les reins.

CHEVEUX EN OR, EN EURO

Alors, je me suis aussi souvenu d’un dossier spécial français, passé à la télé il y a 2 ans environ, sur le commerce des cheveux naturels. Commerce très lucratif et assez singulier, pour lequel on cite des chiffres faramineux en fonction du type de cheveux (brésilien, chinois, etc.), de la longueur et du poids, etc.  Je recherche sur le net et je trouve cette annonce :

« nous importons des cheveux 100 % naturel, noirs, d’Asie du Sud. Superbes et naturels, en vrac par 500 kg ou 1 kg ou plus.  Le prix des cheveux naturels est certes cher, mais la qualité est de mise.

Exemple :
– 500 grammes, 60 cm (55-60 cm) > 289 euros environ
– 1000 grammes, 60 cm (499 euros)
dès 1 kg, nous consulter.
disponibles aussi en 75 cm (70-75cm)
Images visibles sur les sites ou par e-mail
… »

Après un petit calcul rapide, avec le cours du gramme de l’or de 18 carats à en moyenne 5 euros, le prix de cheveux revient à la moitié de celui de l’or pour la même quantité.  On commence à comprendre cet  intérêt des malfaiteurs pour les cheveux, non seulement à Madagascar, mais surtout, comme j’ai pu voir sur Internet, partout dans le monde, avec un pic en Chine et en Inde, et cela depuis des années maintenant.

Pour en revenir aux récents vols de cheveux à Tana, je n’ose pas imaginer la détresse des victimes, dépourvues brutalement de cet attribut qu’est la chevelure. Et j’essaye de relativiser en me disant qu’heureusement, les cheveux repoussent au bout d’un moment.

Finalement, ces victimes s’en sortent mieux que les femmes vitriolées dont les cheveux hélas ne repousseront plus, sans espoir de cacher un visage défiguré à jamais par l’acide, à l’instar de ce qui est arrivée récemment à une jeune femme, victime de ce type d’agression commanditée par un Chinois avec lequel elle avait un litige.

Pauvres de nous Malgaches, parce que dans tout ça, ce qu’on perd c’est notre essence même, le respect de la vie, et  les valeurs qui nous ont différenciées des autres il n’y a pas si longtemps que ça. Et même si pour certains, la motivation est la vengeance,  finalement c’est au sacré nom de l’argent, euro ou autres, que nous vivons cette situation et que nous perdons, avant la vie, ce qui fait de nous un humain : notre dignité!


Quand les films et dessins animés mettent nos enfants en danger

Pourtant mère de trois enfants, il a fallu que j’aie des petits enfants pour me rendre compte que tout ce que l’on raconte sur ce que font les enfants qui s’inspirent des dessins animés et autres films,  sont des risques potentiels à ne pas négliger, et même devenus des faits avérés .

Discussion avec mon petit fils Stéphan, 6 ans.  Contexte : Il y a 2 ans environ,  il  a été surpris en train de monter sur la rambarde de la mezzanine, haute de 4 m,  avec un parapluie  (cf séquence du Film «  Mary Poppins »). Sévèrement réprimé par ses parents, il semblait avoir abandonné l’idée quand tout récemment, il a récidivé mais  cette fois ci sans parapluie. Témoin de la scène, j’ai dû intervenir en essayant de trouver les bons mots qui le dissuaderont une bonne fois pour toute de retenter l’expérience, c’est-à-dire descendre de la mezzanine au salon sans passer par les escaliers :

  • Stéphan, descends de là tout de suite, c’est trop dangereux ce que tu fais, viens ici.
  • Mais pourquoi mamie, je veux juste voler, tu sais comme   Peter pan ; tu sais hein, il a bien expliqué qu’il suffit de bien fermer les yeux et y croire, et comme ça on peut voler  comme lui.
  • Descends de là mon chéri , et viens voir mamie, on va parler.

Une fois  qu’il est descendu :

  • Écoutes moi bien Stéphan, les films sont des inventions des grandes personnes, et tout ce qu’on y voit n’est pas réel ; personne ne peut voler comme ça. Promets moi de ne plus essayer, si tu étais tombé, tu aurais eu au moins une jambe brisée ; et tu sais, il n’y a pas de jambe à acheter au marché (expression très utilisée en malgache pour dire qu’il est très facile de perdre un œil, un membre ou autre chose mais que le remplacer est impossible , pour dire  que  ça n’a pas de prix, que c’est trop précieux pour prendre le moindre risque )
  • Oui mais c’est pas grave mamie, après hein, on va remplacer ma jambe cassée avec  une jambe de bois, et je serais comme  Barbe de Requin , tu sais , comme dans Super 4 (un autre DA) et là il  me fait le geste d’un homme marchant en claudiquant avec une canne
  • Mais je te dis que ce sont des films, en vrai ce n’est pas du tout comme ça …
  • Mais n’aies pas peur  mamie, car  même hein, si on me coupe aussi le bras avec un sabre, et il fait le geste avec sa main coupant son autre  bras , eh ben, j’aurais un crochet en fer  à la place et je serais à la fois comme Barbe de Requin et comme Capitaine Crochet   ( Toujours dans Peter Pan) ;  tu vois ? je te dis que c’est pas grave… et là il me donne des bisous

Et là, j’ai compris que la situation est grave, et qu’il y a des décisions à prendre. Le lendemain,  pas rassurée du tout , je me suis mise à faire des recherches sur internet et je suis tombée sur cet article :

 Une fillette de 6 ans se jette du 43ème étage en voulant imiter un manga : Le drame s’est produit samedi après-midi dans le quartier chic d’Abeno, à Osaka, au Japon.
Une famille a regardé le DVD d’un manga racontant l’histoire d’enfants ayant le pouvoir de voler. Quelques instants plus tard, la fille, âgée de 6 ans, a escaladé la rambarde du balcon, haute de 1 mètre, avant de se jeter du 43ème étage.
Le corps sans vie de la fillette sera retrouvé quelques instants plus tard au pied de l’immeuble. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’enfant a tenté d’imiter les héros de la vidéo: des enfants ayant le pouvoir de voler.
En 2009, un garçon de 9 ans est décédé à New-York, en sautant du toit de son immeuble muni d’un parachute fabriqué avec un sac en plastique. Il voulait imiter son personnage favori de jeu vidéo.

J’ai eu des frissons en lisant cet article, et en imaginant ce qui serait arrivé si aucun de nous n’avait été présent lors des tentatives de mon petit fils. Et qui sait ce qu’il pense de ce que je lui ai expliqué, j’ai bien senti à la manière dont il m’a répondu qu’il ne réalisait pas du tout la gravité des conséquences d’avoir un accident, d’avoir un bras ou une jambe cassé.

Alors, s’il vous plait, aidons nos enfants: que faire? ne pas les laisser voir la télé ni jouer n’est pas la solution, mais en même temps, les films et dessins animés, les jeux vidéo pour enfants sont de plus en plus violents; les surveiller en permanence ?  ne pas les laisser sortir ? pas évident non plus car même l’appartement peut devenir le plus dangereux des pièges. Ne pas en parler pour ne pas leur faire peur ou les tenter ?  ou leur faire peur en leur expliquant les risques s’ils veulent tenter des expériences? Les laisser faire pour qu’ils comprennent que c’est dangereux ? J’avoue sincèrement qu’aucune de ces propositions ne me semble efficace, et je me sens impuissante, et  je commence à avoir vraiment peur…


Quand l’amour anoblit

C’était un matin d’hiver, spécialement rude cette année, à moins que le dicton « on ne se souvient pas de (la rigueur) l’hiver passé » ne soit avéré. En tout cas il faisait au plus 8°C, dans une des milliers de ruelles de la Capitale. Je passe devant le petit territoire qu’un couple de SDF, ou de « Quatr ‘mi » comme on les appelle chez nous à Madagascar, s’est aménagé, délimité par des cartons. La femme est encore affalée sous un amas de chiffons malgré la matinée assez avancée.

Sans le vouloir, j’entends la conversation entre le couple :

  • L’homme : Comment on fait alors pour ce soir ?
  • La femme : Je pense que le mieux, c’est que j’aille seule à l’invitation (en malgache, on utilise le même terme pour invitation et  fête : fanasana) ; comme ça tu pourras travailler (j’ai noté plus d’une fois qu’il nettoie les alentours  dans la ruelle en question)
  • L’homme : Oui, mais après, comment tu vas faire ? je vais te chercher là bas alors et on rentre ensemble ? Tu ne devrais pas rentrer seule, tu le sais bien…

Je n’ai pas entendu la suite, mais j’ai remarqué le ton et les termes  « affectueux » utilisés : « ialahy », par la femme ; qui est le « tu » utilisé entre hommes ou entre un couple, et  « indry » par l’homme ; qui est aussi le « tu » mais entre femmes ou aussi entre un couple. J’ai ressenti des sentiments contradictoires. J’étais d’abord gênée, j’avais l’impression de violer l’intimité de ce couple finalement pas si différent des autres. Mais je me suis aussi sentie émue, remuée même. Rares sont les femmes qui jouissent encore de ce genre d’attention de la part de leur homme, parmi les couples normaux. J’ai eu de la compassion pour ces êtres que l’on devine issus d’un milieu assez aisé, à les entendre discuter, mais devenus sans abris, au plus bas de l’échelle de la société. Je me suis sentie ô combien touchée par cette façon de communiquer.

Très intriguée, j’ai raconté la scène à quelqu’un qui connaît bien ce couple, à force de passer dans cette ruelle tous les matins quand il doit ramener son fils à l’école du quartier. Il m’a dit :« En fait, cette femme a perdu l’esprit depuis longtemps. Des fois, elle parle toute seule. Quand elle dit des choses, son « mari », ne voulant pas la contredire, fait semblant de croire à son délire et lui donne la réplique. Pourtant, son mari à l’air d’être sain d’esprit. C’est comme s’il voulait la préserver de sa folie … ».

J’aurais presque préféré  gardé ma première impression : l’image d’un couple plein de respect envers l’autre malgré la galère et la misère…  Néanmoins,  j’ai ressenti  une forme noble de l’amour que seul un couple digne de ce nom peut inspirer, et que ni la misère ni la détresse ne peut cacher.


Avez-vous déjà vécu ces expériences? (partie de 3/3)

En ce qui concerne les rêves en général, les différentes interprétations font que les études dans le domaine sont loin d’être finies,  et que ceux qui ont consacré des écrits pour définir  ces différents rêves , regroupés dans ce qu’on appelle l’onirologie ou la science de l’étude des rêves (définition Wikipédia) , eux même s’accordent à dire que beaucoup de paramètres rentrent en jeu : d’abord la subjectivité de l’individu, son vécu, la période, la phase de sommeil , les phases lunaires etc  ,ce qui en fait une science qui est loin d’être exacte. C’est pourquoi vos apports dans ce domaine (témoignages, commentaires) seront les bienvenus.

A titre d’exemple toujours,  dans cette dernière partie, voici des «explications» découlant  de ce que les « victimes »  pensent être les causes de l’expérience relatée dans la  seconde partie, causes qu’on va conforter avec d’autres sources ;

Je tiens à préciser que, quand je fais ce « rêve » , et compte tenu de la sensation très désagréable par laquelle je sais que je vais passer, je m’efforce de me réveiller ; Des fois j’y arrive dès que «ça » commence ,mais des fois , je n’émerge qu’à la fin,  phase ou j’arrive à bouger en émettant  des sons.

Voici les explications que j’ai pu rassembler :

  • Cause médicale, spasmophilie ou autre, suite à un manque de magnésium, de calcium ou d’un autre élément qui engendrerait un malaise dont les symptômes sont plus ou moins ceux que j’ai décrits, un peu similaires à ceux d’une crise d’épilepsie ;

Mais là, les « victimes » s’accordent tous à dire qu’au réveil, ils sont tous très fatigués, ce qui n’est pas mon cas ; Et comment expliquer  alors les signes avant coureur de la « crise »,  comme la sensation du chat qui passe, ou le hululement d’un hibou ?

  • Cause surnaturelle : telle que la présence d’une sorcière, qui s’amuserait à terroriser à distance  les gens dans leur lit, surtout quand il y a un mourant ou une veillée mortuaire dans le quartier ;  Il se pourrait même que la « sorcière »soit  quelqu’un qui  dort dans la maison : la bonne, la vieille tante que l’on héberge etc ; Et dans ce cas, on me conseille d’éviter d’évoquer ces choses en en parlant surtout la nuit, parce qu’il y a de grands risques qu’ « elle » entende .

Ce que moi j’ai un peu de mal à accepter parce qu’avant de dormir, j’en appelle, et j’ y crois,  à la protection des anges avant de fermer les yeux ;  sinon, avec ma fenêtre ouverte, si sorcière il y a, elle ferait plus que me « chatouiller » dans mes rêves, non ?

  • Autre cause, encore « plus » surnaturelle : comme la présence d’une entité aliène, qui voudrait se manifester, qui nous rendrait visite et nous étudierait durant notre sommeil ; Ce qui expliquerait l’état de veille paradoxal  défini plus haut, et l’incapacité des « victimes » à bouger et à parler.

Une cause possible mais qui me semble trop irréelle en l’absence de toute autre preuve tangible de cette présence extraterrestre ; A mon humble avis, de telles entités devraient laisser une trace, même infime, de leur passage.

Dans tous les cas, ce phénomène,  je suis sure, n’est pas un fait isolé ; je le vis encore mais moins souvent que comme  j’étais une adolescente ;  A vrai dire, et cela malgré ma santé qui se dégrade en rapport avec mon âge, il tend à se raréfier, ce qui n’est pas trop logique par rapport aux causes médicales sus citées, parce que je suis anémiée, avec une carences chroniques en calcium etc

C’est pourquoi je vous livre cet écrit, dans l’espoir  d’inciter les « profanes », par opposition aux onirologues, à apporter leurs visions dans ce domaine que je trouve personnellement passionnant et encore pas assez exploité.


Avez-vous déjà vécu ces expériences? (partie de 2/3)

Ce que je vous raconte maintenant, je n’arrive pas à le classer dans la rubrique des rêves, mais je l’ai inclus ici parce que ça se passe pendant les phases de sommeil;  je vous le décris dans cette partie, telle que moi, je les ai « vécus ».

D’abord, il y a une sorte d’avertissement pour prévenir que ça va arriver : un souffle perceptible que je ressens à travers le drap, ou la sensation d’un chat se mettant  à traverser au dessus du drap , ou encore  un bruit confus qui me « réveille » mais  qui n’arrive pas à me réveiller complètement, comme le hululement d’un hibou tout près de ma fenêtre (souvent ouverte), un froissement  …

Ensuite,  je sens que tout mon corps commence à s’engourdir, ma tête et mes yeux deviennent lourds, avec un sentiment pénible d’une « possession » ;  Je suis en état de sommeil  éveillé, si cet état  paradoxal existe,  je ne dors pas parce que je pense clairement, mais je suis incapable de bouger et de parler, et je n’entends rien.

Là, je commence à m’affoler et essaie d’appeler au secours, mais aucun son n’arrive à sortir de ma bouche. J’essaie de me réveiller mais je n’y arrive pas ,du moins pas tout de suite ; et bizarrement, je pense être consciente au point d’avoir le reflexe de prier haute voix, d’appeler ,ou de crier et subitement, je me réveille complètement, et ceux qui sont dans la même chambre que moi, en l’occurrence mon mari depuis que je suis mariée, me dit que j’ai dû faire un cauchemar parce que je marmonnais ; Des fois, j’étais réveillée par mes propres  « non  cris », quand je faisais des efforts pour émerger tout en appelant « Jésus », ou ma mère, ou mon mari, ou juste « vonjeo » (« à l’aide »en malgache) …..Et brusquement (ou un peu plus tard), tout  s’arrête, je me réveille, fraîche, sans aucune séquelle de cette expérience,  et soulagée de constater que ce n’était qu’un mauvais rêve.

Il m’arrive de raconter ce qui m’arrive, et alors, je suis étonnée de constater que d’autres personnes de mon entourage, dont mon fils aîné, ont vécu aussi une expérience assimilable à ce que j’ai vécue.

Si vous aussi, vous avez déjà vécu ou ressenti cela, je vous demande de partager, de rajouter des commentaires, mais  après avoir lu  la dernière partie qui donne des essais d’explications de ce très curieux phénomène.


Avez-vous déjà vécu ces expériences? partie 1

Depuis toujours, je suis  fascinée par les rêves : les miens et ceux des autres qui veulent bien  les partager avec moi. A 30 ans,  un ami, conscient de ma fascination pour ce domaine et interpellé par l’acuité de certaines de mes visions oniriques, m’a offert en guise de cadeau un livre ( « Le mystérieux domaine des songes et leurs interprétations » Thylbus, édition Dangles 1973) , que je garde à mon chevet ; Depuis,  même mes enfants le consultent de temps en temps quand ils sont impressionnés au réveil par les « visions » nocturnes qu’ils ont reçues. Sur  internet, plusieurs sites  donnent des interprétations aux rêves, quelquefois similaires entre eux mais souvent contradictoires.

La bible , que ce soit l’ancien ou le nouveau testament, donne des passages où les rêves ont une signification claire,  source de message souvent d’origine Divine, et à sens prophétique ,  des messages de paix,  ou au contraire annonciateurs d’évènements tragiques ,imminents ou non encore réalisés à ce jour. Ceux qui ont lu la Bible connaît le rêve de Jacob quand il a fui son frère Esaü  dans le désert, et ou il a vu des anges monter et descendre au / ciel  ou celui  de Pierre, quand Dieu lui a annoncé que dorénavant, le Salut peut être donnée aux non juifs  et qu’i a vu en rêve touts sortes de bêtes ,pures ou impures avec une voix lui ordonnant de les manger toutes sans exception  etc

Et  j’ai  aussi constaté que  nous, les malgaches, avons aussi nos propre interprétations des rêves et cela depuis les temps reculés, comme l’atteste le témoignage des anciens, connu de notre génération ; Et bizarrement, mes rêves reflètent certaines de ces interprétations presque à la lettre :

Exemple 1 : quand je rêve de poissons, surtout quand c’est moi qui les pêche, c’est que parmi mes proches, une femme est enceinte. Ce qui va arriver au terme de la grossesse, je le « vois » en clair : l’état du poisson (vivant, mort etc) reflète celui du bébé à venir ; Dans le livre de Thylbus sus cité, seul un poisson qui sort d’un gros poisson signifie une naissance, et quand on les   pêche , c’est signe de désillusions

Exemple 2 : quand je vois qu’une famille est réunie, et que les morts et les vivants sont tous présents, c’est qu’un deuil va frapper cette famille. Dès que je raconte avoir assisté à une telle réunion, mes parents  sont tout de suite attristés et  se préparent déjà à entendre une mauvaise nouvelle ; Et coïncidence ou non,  comme on est une grande famille, un deuil survient effectivement.

Si vous avez des témoignages, ils seront les bienvenus mais je pense qu’il y a une explication rationnelle à tout cela, sauf qu’aucune n’a pu me satisfaire jusque là, et la suite est encore plus irrationnelle que de simples rêves.