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New York: Ouverture de la 74e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies

Cette semaine est marquée par l’ouverture de la 74e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU)! En effet, l’AGNU débute aujourd’hui, 17 septembre, mais le Débat général, vous savez l’intervention à la fameuse tribune des Nations Unies, se tiendra à partir du 24 septembre. Découvrez avec moi l’un des évènements mondiaux le plus attendu chaque année!

Le fameux hashtag géant UNGA! Photo: CR
Le fameux hashtag géant UNGA! Photo: CR

Il règne une ambiance particulière dans les rues de New-York! Manhattan est en effervescence: routes fermées, accès contrôlés, rehaussement des dispositifs de sécurité, équipes de journalistes du monde entier. Et oui, les yeux de la planète entière seront rivés sur New York du 17 au 30 septembre, pour la 74e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU)!

La 42e décrétée UNGA Security Zone! :-) Photo: CR
La 42e décrétée UNGA Security Zone! 🙂 Photo: CR
Les journalistes sont en poste devant les Nations Unies! Photo: CR
Les journalistes sont en poste devant les Nations Unies! Photo: CR
Forte mobilisation de la NYPD aux abords des Nations Unies! Photo: CR
Forte mobilisation de la NYPD aux abords des Nations Unies! Photo: CR

Qu’est-ce que l’AGNU? Il s’agit d’un moment unique où tous les grands de ce monde – comprenez par là les Chefs d’Etats du monde entier, ainsi que les dirigeants d’organisations internationales – se retrouvent dans un seul et même lieu, sur une seule et même plateforme pour discuter et débattre des grands enjeux et défis auxquels font face notre planète et nos sociétés respectives.

L'Assemblée Générale des Nations Unies vécue de l'intérieur :-) Photo: CR
L’Assemblée Générale des Nations Unies vécue de l’intérieur 🙂 Photo: CR

Et du beau monde il y en a! La magie de l’AGNU c’est que l’on peut croiser et saluer un grand nombre de personalités et Chefs d’Etat, en l’espace de quelques minutes. Pour ma part, j’ai eu l’occasion, lors de l’AGNU 2017, de croiser Emmanuel Macron, la Princesse Victoria de Suède, Justin Trudeau ou encore Théresa May. Mais la rencontre qui m’avais le plus marquee était celle de Jacinda Ardern, Première Ministre de la Nouvelle Zélande.

Ce fut une rencontre au hasard, alors qu’elle donnait une interview dans les Salons des Nations Unies, je coordonnais, pour ma part, l’arrivée d’un photographe pour une grande dame du multilinguisme et du multilatéralisme. J’avais donc saisi l’occasion pour saluer Jacinda Ardern au terme de son interview. Et grande fut ma surprise et joie, quand la Première Ministre prit deux à trois minutes pour échanger quelques paroles avec moi. Je crois que ce fut l’un des mes nombreux grands moments de l’AGNU!

Ma rencontre avec Jacinda Ardern fur l’un des mes nombreux grands moments de l’AGNU! Photo: CR
Ma rencontre avec Jacinda Ardern fur l’un des mes nombreux grands moments de l’AGNU! Photo: CR

Mais détrompez vous, vivre une AGNU ce n’est pas uniquement admirer une valse de Chefs d’Etat. Bien au contraire! Il faut dire que faire une AGNU de l’intérieur est quelque chose de très intense, physique et sportif. Les journées commencent tôt le matin et finissent très tard, souvent apres 23h. Entre accréditations, accompagnements, coordination multi-équipes et multilingues, préparation des bilatérales de haut-niveau, enchaînement des réunions et rencontres, changement de dernière minute au programme… la course, le stress et l’adrénaline sont au maximum!

Vivre une Assemblée Générale des Nations Unies, avec des délégations venues du monde entier, est une experience extrêmement enrichissante! Photo: CR
Vivre une Assemblée Générale des Nations Unies, avec des délégations venues du monde entier, est une experience extrêmement enrichissante! Photo: CR

Heureusement, l’AGNU c’est avant tout un formidable travail d’équipe. De plus l’énergie et le dynamisme new-yorkais aidant, cette experience est toujours extrêmement enrichissante! La 74e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies (AGNU) promet d’être un évènement mémorable!


Le pape François visite l’Ile Maurice!

Magique! C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire cette magnifique journée marquée par la visite du Pape François. Tout comme des miliers de Mauriciens, j’ai fait le déplacement, dès les petites heures du matin, vers Port-Louis, la capitale de l’Ile Maurice. Direction: le monument Marie Reine de la Paix, où le Saint Père nous a fait l’honneur de célébrer la messe.

Et il faut dire que les Mauriciens ont répondu présents! Les abords du monument Marie Reine de la Paix étaient pleins à craquer. De nombreux Rodriguais, Réunionnais et Seychellois avaient également fait le déplacement pour assister à cet événement historique. La soleil écrasant de la capitale n’a pas entamé les ardeurs, bien au contraire! C’est dans une explosion de joie que le Saint Père a été accueilli à son arrivée. L’émotion était tellement forte que j’en ai versé quelques larmes en apercevant la papamobile!!

La foule présente à Marie Reine de la Paix. Crédit photo: CR
La foule présente à Marie Reine de la Paix. Crédit photo: CR

Le Pape accordant une grande importance à l’écologie, l’assistance avait été demandée d’emmener une branche de palmier pour accueillir Sa Sainteté. Lors de son homélie, le Pape François a beaucoup parlé sur l’importance des jeunes, tout en appelant à tout un chacun à mettre en pratique le Discours des Béatitudes. Une cérémonie, ponctuée de beaux cantiques, que j’ai beaucoup appréciée!

Les Mauriciens ont répondu présents! Photo: CR
Les Mauriciens ont répondu présents pour le Pape François! Photo: CR

Une autre chose que j’aimée, c’était le fait que les scouts étaient mobilisés immédiatement après la messe pour ramasser les bouteilles en plastique, et autre détritus malheureusement laissés par l’assistance:

Un scouts avec un sac pour récupérer les bouteilles en plastique, et autre détritus laissés par l’assistance. Photo: CR
Un scouts avec un sac pour récupérer les bouteilles en plastique, et autre détritus laissés par l’assistance. Photo: CR

Par contre, je n’ai pas du tout apprécié les bousculades et le manque de civisme de certains. Vous avez beau leur dire qu’il n’y a plus de place, mais ils vous ignorent, ils foncent, vous bousculent et vous écrasent les pieds. Mon épaule droite a beaucoup souffert, entre les coups de sacs à dos et coups d’épaules… pour la petite histoire, j’étais assise sur un tabouret quand j’ai été bousculée par une bonne dame. Cette parfaite inconnue a ensuite pris mon épaule droite pour une percussion qu’elle a tambouriné pendant près de cinq minutes! Pffff!!!

Bref! Revenons à notre chère visite papale. Cette visite du 9 septembre revêt d’une très grande importance pour les Mauriciens car il s’agit de la fête du Bienheureux Père Laval, qui est vénéré à l’Ile Maurice depuis plus de 200 ans. Le Pape François s’est d’ailleurs rendu au sanctuaire du Père Laval, tout comme l’avait fait Jean-Paul II, il y a 30 ans.

Sanctuaire du Père Laval. Photo: CR
Sanctuaire du Père Laval. Photo: CR

 

Gisant du Père Laval. Photo: CR
Gisant du Père Laval. Photo: CR

Et moi, dans 30 ans, je me souviendrai encore du 9 septembre 2019. Cette journée sera à jamais gravée dans ma mémoire et dans celle de nombreux Mauriciens. Merci au Pape François pour sa bénédiction, merci pour ce grand moment de joie et de ferveur. Vive le Pape!

 


L’Île Maurice championne des Jeux des îles de l’océan Indien 2019 !

Allez Maurice ! C’est un véritable élan de ferveur et de fierté qui s’est emparé de l’Île Maurice depuis le 19 juillet 2019 ! Et pour cause, le pays a accueilli la 10e édition des Jeux des Iles de l’Océan Indien (JIOI). Et cerise sur le gâteau, l’Île Maurice est championne des JIOI!

Pour celle et ceux qui ne le savent pas, les JIOI sont l’équivalent des Jeux Olympiques à l’échelle des îles de l’océan Indien et se déroulent chaque quatre ans, depuis 1979. Sept délégations ont participé aux JIOI 2019, notamment les Comores, l’Île Maurice, l’Île de la Reunion, Madagascar, Mayotte, les Maldives et les Seychelles.

Cette année, c’est l’Île Maurice qui a largement remporté la compétition, décrochant 227 médailles au total, dont 92 médailles d’or. Le tableau des médailles parle de lui-même, c’est une victoire écrasante pour l’Île Maurice, loin devant Madagascar et l’Île de la Reunion, qui finissent respectivement deuxième et troisième de la compétition.

Source: L’Express Maurice

Par ailleurs, l’événement est historique pour l’Île Maurice, car c’est la première fois, en 40 ans des JIOI, que le pays remporte la compétition. Une victoire avec la manière, à la maison, devant un public mauricien qui a fait bloc derrière ses athlètes. En effet, tous les Mauriciens se sont sentis investis d’une seule et même mission : soutenir leurs sportifs ! Du plus petit au plus grand, tout le monde criait « Allez Maurice ! » et les couleurs du drapeau du pays étaient partout, sous toutes les formes.

Le quadricolore mauricien fièrement arboré!
Le quadricolore mauricien fièrement arboré! Crédit photo: CR.

La mobilisation du public mauricien était enorme. « Je suis un fan de foot. J’ai assisté au match d’ouverture entre les Seychelles et Maurice et j’ai suivi les autres compétitions quotidiennement à la télé. J’ai aussi assisté à la finale de foot, qui s’est soldée sur un nul de 1-1. Toutefois, je suis deçu que Maurice n’ait pas remporté cette finale, n’ayant pu concrétiser aucun de ses tirs au but apres les 120 minutes. Mais dans l’ensemble Maurice a bien joué. Les jeux se sont bien déroulés, l’ambiance était extraordinaire! Je suis vraiment heureux que l’Ile Maurice ait remporté ces jeux, haut la main. C’est une victoire avec la manière! », déclare Jacky avec joie et fierté.

Le match d'ouverture des JIOI2019 entre les Seychelles et l'Ile Maurice!
Le match d’ouverture des JIOI2019 entre les Seychelles et l’Ile Maurice! Crédit photo: CR.

C’est sur cette belle note que s’est déroulée la Céremonie de clôture des JIOI 2019, hier dimanche 28 juillet. Autre fait à noter, le lundi 29 juillet a exceptionnellement été décrété jour ferié à l’Ile Maurice, afin de célébrer l’incroyable performance des athlètes mauriciens. Une chose est certaine, les Mauriciens garderont un souvenir mémorable de ces JIOI. « La Céremonie de clôture était grandiose. Vive l’Ile Maurice et vivement les Maldives! », s’enthousiaste Marie.

En effet, rendez-vous est pris pour les Maldives en 2023. Ce pays était, avec les Comores et Madagascar, l’une des trois îles en lice pour l’organisation des prochains jeux. Les Maldives étant l’unique pays non francophone des JIOI, les Maldiviens ont promis d’apprendre quelques rudiments de français d’ici 2023!

D’ici là, les Mauriciens auront bien le temps de s’entraîner! Bare ala nou re-vini!*

 

*Attention, nous revoici!

 

 


Influenceurs et suiveurs 

Influenceur. Voici un terme à la mode depuis quelques années déjà. Qui sont ces influenceuses et influenceurs ? Ceux qui ne payent ni leurs billets d’avions, ni leur paire de baskets dernier cri, ni leurs nouvelles paires de fesses, ni leurs séjours tout-compris dans de luxueux 5-étoiles. Ce billet tentera de traiter le thème des influenceurs d’un autre angle.

Vous attendiez à lire le Top 10 des meilleurs influenceurs de New York, de l’Ile Maurice ou de Paris ? En ben, vous allez être déçus. Je laisse le soin à mes confrères et consœurs du marketing, ainsi qu’à Instagram, Facebook et Youtube, de vous présenter la liste des influenceurs tout beaux, tout chauds.

La genèse de ce billet découle plutôt d’un re-tweet. Celui-ci :

En réaction au re-tweet ci-dessus : tweets de joie et de félicitations, et désir de découvrir qui sont ces fameux 15 influenceurs, mais aussi une petite discussion pour voir dans quelle mesure l’influenceur en question influençait. Pour ma part, j’ai tout de suite eu envie de savoir qui avait compilé ce Top 15 ! Résultat : une compagnie spécialisée en transport et livraison de colis.

Rien de surprenant, puisque que le but des influenceurs, et des marques qui les chaperonnent, est de vous faire consommer toujours plus, et de vous faire acheter des choses venues de toujours plus loin et toujours plus différentes, car vous avez envie de vous dé-marquer. Et oui, vous avez une sacro-sainte horreur de ressembler à toutes vos pâles copies qui pullulent sur Instagram – qui soit dit en passant, sont influencées par les mêmes influenceurs que vous… Bref ! Il y a de quoi devenir chèvre !

Qui dit influenceurs, dit implicitement… influençables ! Dans son livre L’art d’influencer : analyses des technique de manipulation, Mucchielli (2009) nous explique que : « Toute communication constitue une tentative d’influence. » Les phénomènes d’influence, de persuasion, de propagande, et de manipulation, seraient donc consubstantiels à la communication. Alors, parlons-en des influençables, de ceux qui « subissent » les influenceurs.

Parlons-en de cette masse d’individus comme vous et moi, ces « suiveurs »… Ah oui, c’est vrai que c’est plus tendance de dire « followers » plutôt que « suiveurs ». En effet, il y a un petit côté mouton de Panurge dans le mot « suiveur ». Selon le Larousse, un Mouton de Panurge est une personne qui modèle sa conduite sur celle du plus grand nombre, qui suit aveuglément l’exemple des autres. Le mouton étant réputé pour être un animal peu intelligent, on emploie aujourd’hui l’expression suivre comme un Mouton de Panurge pour désigner une personne qui se plie à un règlement sans réfléchir à son bien fondé. Peu flatteur !

Certes, le fait d’être influenceur mode, beauté, cuisine, etc. est aujourd’hui devenu un métier à part entière qui peut rapporter des millions. Cependant, j’ai eu, pour ma part, bien du mal à démontrer mon émerveillement quand une fille a proclamé, non sans une pointe d’arrogance : « Mon job c’est influenceuse ! J’ai 950,895 followers sur Instagram et 300,900 sur Facebook ! ». Et j’ai encore plus de mal avec les « Woah félicitations! C’est génial », de circonstance.

Dans la vraie vie, le fait d’être un suiveur, un influençable, est souvent connoté négativement. Tout comme le sont les notions de persuasion, de propagande, et de manipulation, qui portent souvent un implicite négatif. Alors pourquoi accepter, en ligne, d’être un « influençable » ? Et pire, pourquoi être béat devant l’influence qu’un individu exercerait sur nous ?  Et ainsi concéder une part de notre esprit critique à autrui ?


La haine

Ce billet n’a pas pour but d’être lu. Il s’affranchit ainsi de toute règle de syntaxe ou de grammaire. Ce billet a pour but de laisser libre cours au ressenti, au ressentiment. A l’heure où le tout-posititif est à la mode, où tout le monde est supposé tout voir en rose – sorte de positive de l’autruche, laissons la place à un peu de noirceur.

Haine. Douleur. Souffrance. Incompréhensions. Gachis. Mensonges. Abus. Manipulation. Manque de communication. Fermé. Ego. Egoïste. Avare. Aucun égard, aucun respect. Mort. Suicide. Violence. Abandon. Méchanceté. Mesquinerie. Jeux. Bloqué. Négligé. Retard. Exploitation. Faim. Soif. Fatigue. Cruauté. Insensible. Dénigré. Dévalorisé. Détesté. Piège. Noir. Sombre. Obscure. Obstacle. Occupé. Décliné. Pas de temps. Honte. Pas dans la vie. Refus. Echec. Blâmes. Injures. Reproches. Batailles. Blessures. Bagarres. Plaies. Plaies ouvertes. Asphyxie. Mort. Oubli. Absence.


Fake news : démêler le faux du faux

Fake news. Fake news ! FAKE NEWS ! Impossible d’échapper à cette expression tant elle a été martelée par le Président Donald Trump. Aujourd’hui, il semble même qu’il y ait un effet de mode fake news. Pour preuve, fake news est actuellement une des expressions les plus utilisées sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, parlons-en des réseaux sociaux où pullulent les fake news. Dans quelle mesure des réseaux dits sociaux, sont-ils (devenus) des…


Ile Maurice : Kaya, 20 ans après

Kaya. 20 ans se sont écoulés, mais rien n’efface ni le talent ni le traumatisme. Deux décennies après la mort brutale du chanteur Kaya en cellule policière, et les émeutes qui en ont découlé, les souvenirs sont toujours là. Indélébiles.

Je fais partie de ce que j’appellerai aujourd’hui la Génération Kaya : ces millenials qui étaient encore sur les bancs de l’école en février 1999, lors de la mort du seggaeman. 20 ans après, c’est l’occasion pour moi de faire une petite psychanalyse de ce drame et de replonger dans mes souvenirs. Le décès de Kaya, vraisemblablement victime de violence policière, ainsi que les émeutes qui en ont découlé ont été un profond traumatisme pour l’Ile Maurice. Mais à l’époque à l’école, personne ne nous a rien expliqué.

Photo: CR
Photo : CR

Kaya avait été tué. Il y avait eu des émeutes. On avait fini l’école plus tôt. Et un ou deux jours plus tard, on avait repris l’école comme si de rien était. Comme si ce qui venait de se passer n’était qu’évanescence. Cependant, personne à l’école ne nous a parlé des droits de l’Homme et de l’injustice. Personne ne nous a parlé du racisme ou de la fracture de la société mauricienne. Personne ne nous a parlé des bagarres raciales. Personne !

Le point de cette réflexion a posteriori est que les évènements tragiques de février 1999 mériteraient de figurer dans les manuels d’histoire, car ils font partie de l’histoire de l’Ile Maurice moderne. Et il y a tellement d’enseignements à en tirer, tellement de pistes de réflexion, tellement d’abcès à crever. L’ironie de cette tragédie est que Kaya, déjà une star de son vivant, est à jamais entré dans la légende.

Photo: CR
Kaya est à jamais entré dans la légende. Photo : CR

Plusieurs évènements, des concerts et une table-ronde sont prévus afin d’honorer la mémoire de l’artiste et de célébrer son œuvre. L’un des évènements phare est une exposition consacrée à Kaya qui se tient au Blue Penny Museum, à Port-Louis, pendant les mois de février et mars 2019.

Exposition en hommage au chanteur Kaya! Photo: CR
Exposition en hommage au chanteur Kaya ! Photo : CR

Je m’y suis rendue et la galerie était remplie ce jour là – preuve que Kaya fédère et que les Mauriciens n’ont pas oublié. Pour de nombreuses personnes, venir à cette exposition est une forme de thérapie, mais pour certains, le traumatisme est bel et bien vivant. « Ce qui est arrivé est révoltant ! Ces gens ont tué Kaya et ils sont encore en liberté ! », s’insurge Simona, 62 ans. Personnellement, j’ai eu beaucoup de mal à contenir mes larmes en regardant la vidéo qui retraçait les tristes évènements de février 1999. Outre le drame, cette exposition est aussi l’occasion de célébrer l’héritage musical de Kaya.

Photo: CR
Pour de nombreuses personnes, venir à cette exposition est une forme de thérapie, mais pour certains, le traumatisme est bel et bien vivant. Photo : CR

20 ans après, personne n’a oublié les chansons de Kaya, et elles sont aujourd’hui des classiques du répertoire mauricien. Pour moi, cet artiste est un génie. Ses idées, sa musique, ses pensées et son regard sur le mauricianisme et la société mauricienne font de Kaya un avant-gardiste. Les paroles et mélodies de Kaya sont des intemporels car ils touchent l’essence même de notre condition humaine.

Kaya n’a eu de cesse de chanter l’amour : l’amour de son pays, l’amour de son peuple, l’amour de l’humanité.


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Nous sommes le 1er janvier 2019, le temps de revoir 2018 qui a défilé et qui nous a tant donné. Mon année 2018, je l’ai vécue à New York! Voici un abécédaire non-exhaustif de ce que m’inspire cette expérience new-yorkaise ! Bonne année !

A Line. Amitiés – J’ai longtemps cru que la serie Friends n’était qu’un cliché, mais cela était avant que je n’emménage à Manhattan. Comme le New-Yorkais vient de partout, les amis deviennent rapidement notre famille. Merci à toutes et à tous pour les belles amitiés liées !

Battery Park – Lieu magique pour moments magiques, menant vers un lieu mythique : la statue de la Liberté.

Columbus Circle. Central Park – Comment faire l’impasse sur Central Park ? On y rit, on y pleure, on y chante, on y danse, on y transpire et… on s’y perd ! Mais croyez moi, se perdre dans Central Park est le meilleur moyen de découvrir les lieux secrets du parc !

Dunkin Doughnut – America runs on dunkin. Sans commentaires !

Energie – Avouons le : il faut énormément d’énergie pour vivre à New York. Si l’immense ville ne dort jamais, nous, pauvres humains, avons besoin de… dormir quoi ! Attention au coup de barre et au manque d’énergie car New York peut être une ville physiquement éprouvante…

Francophonie. Formidable – Parce que la langue française est notre trait d’union pour agir et parce que cette année a tout simplement été formidable !

Grand Central – Gare du quotidien où chaque jour est tellement différent. On y ressent l’énergie trépidante de New York.

Harlem – Loin des préjugés bien ancrés, Harlem est un lieu créatif, décomplexé et authentique !

Inspira. Inspiration – New York est une ville tellement dynamique, vivante et source de tant d’inspiration ! La créativité des New-Yorkais est sans limite !

JFK – Traverser Manhattan, puis tout Brooklyn pour enfin arriver au mythique JFK ! Celui-ci est l’un des aéroports les mieux desservis au monde, et les plus accessibles grâce au fameux Airtrain.

Kansas City – Love you !

Liberté – Liberté d’être qui on veut, de s’habiller comme on veut, de se déplacer quand on veut, de chanter et de danser quand on veut !

Manhattan. Metrocard – Ma chère Metrocard ne m’a jamais quittée. Une des choses les plus rassurantes était de la savoir dans ma poche. Petit secret : réussissez à swiper votre Metrocard au premier essai et vous serez considéré comme un vrai New Yorkais!!

New-York. Nations Unies – Vivre une Assemblée Générale des Nations Unies de l’intérieur : un rêve devenu réalité !

Olympia – Les vrais sauront ! Midtown, la flemme, la dalle. Se balader avec son fameux repas dans les rues de la 2nd.

PGA – L’un des nombreux acronymes utilisés dans la galaxie onusienne et qui déroutent souvent les néophytes. Une petite liste pour le plaisir: DPI, DPKO, USG, UNGA, DGACM, UNFPA, ASG, PNUD 🙂

Queens – L’un des boroughs de New York, avec Manhattan, Le Bronx, Brooklyn et Staten Island.

R – Comme l’r toxique qui respire depuis de longues années. Que l’air s’asphyxie.

SoHo. Souhaits – Amour, bonheur et honnêteté.

Taxi. Thanksgiving. Times Square – Passer tous les jours à Times Square. Entendre le conducteur de train qui reprend Alicia Keys dans les haut-parleurs : Times Square 42nd Street. This is New York City and there’s nothing you can’t do!

Union Square – Food. Music. Clothes.

Vacances – Passer des vacances à New-York avec les gens que l’on aime, le pur bonheur !

Westchester – Première mini-mission, avant les grandes.

X

YODO – You Only Do it Once!

Zen – Les New-Yorkais sont tellement zen et sereins ! Les choses vont hyper vite, mais dans le calme. Faire la queue, voyager dans des métros bondés, participer à un festival géant, tout se fait en grand et tout est cool !


Kisses from Kansas!

Le Kansas. Pour moi, ce lieu était lointain et j’avais quelque peu de mal à m’imaginer ce qu’était vraiment le Kansas. Puis, j’ai eu la chance d’y aller. Et ce fut l’émerveillement !

Crédit : CR

L’Amérique profonde. C’est souvent cette expression qui revenait quand j’annonçais à mes pairs New Yorkais que je partais à Kansas City. Située à la frontière des états du Kansas et du Missouri, Kansas City est en effet au cœur des Etats-Unis. Je me suis tellement habituée à la vie trépidante, aux immenses rues bruyantes et aux trottoirs bondés de New York, que mes premières heures à Kansas ont été quelque peu dépaysantes. Des trottoirs vides, des commerces qui ferment… des choses quasi inimaginables à New York, la ville qui ne dort jamais.

 

Trottoir vide de Kansas :-)
Trottoir vide de Kansas 🙂 – Crédit : CR

Et pourtant ! J’ai rapidement retrouvé mes habitudes, car Kansas City m’a beaucoup rappelé les villes européennes de province où j’ai vécu. Je suis donc rapidement tombée sous le charme de cette ville : des gens qui vous saluent dans la rue, un tramway gratuit, des trottinettes électriques disponibles partout, un centre-ville que l’on peut visiter à pieds et surtout de la verdure !

Le tramway de Kansas est gratuit!
Le tramway de Kansas est gratuit ! – Crédit : CR

 

Des trotinettes électriques disponibles partout.
Des trottinettes électriques disponibles partout – Crédit : CR

Autre chose que j’ai trouvé très sympathique à Kansas City : The Link ! Il s’agit d’une passerelle surélevée qui relie de grands hôtels, des immeubles de bureaux et des magasins. Longue de 244 mètres, The Link offre une balade pédestre illuminée et protégée des intempéries. C’est une formidable manière de découvrir la ville. L’un des points d’entrée au Link est le fameux Union Station.

The Link vu de l'intérieur.
The Link vu de l’intérieur – Crédit : CR

Union Station est une ancienne gare de train, construite en 1914. Elle a joué un rôle majeur dans l’essor de Kansas et était anciennement un véritable lieu de commerce et d’échange, un poumon, comme l’étaient et le sont encore les grandes gares ferroviaires du monde. Fermée dans les années 80s, puis rénovée, Union Station est aujourd’hui un incontournable de toute visite à Kansas. L’ancienne gare abrite aujourd’hui un musée, une exposition permanente sur l’histoire ferroviaire de la ville, des restaurants et divers commerces.

Crédit : CR
Crédit : CR

En parlant de restaurant, comment ne pas mentionner le fameux barbecue de Kansas ! Et ce n’est ni un mythe, ni une légende ! J’ai testé le pulled pork sandwich et je peux vous dire qu’il est délicieux ! Il est franchement sans prétention, mais qu’est-ce qu’il est bon !

Mon séjour ne fut pas assez long, mais suffisamment intense pour dire que Kansas City est une ville abordable où il fait bon vivre. Le cadre parfait pour élever une famille. Kisses from Kansas !


Instagram : vive la déprime pour les 14-24 ans !

Instalike. Instagood. Instacool. Les gens sont beaux, amoureux, riches, mangent bien et sont quasiment presque toujours en vacances ! Et oui, sur Instagram tout est cool, un peu trop même… au point à en avoir un effet néfaste sur la santé mentale des jeunes.

Intagram est-il propice au vague à l’âme ? Oui, si l’on croit une étude publiée par la Royal Society for Public Health (RSPH). Instagram serait le pire réseau social pour la santé mentale des jeunes de 14 à 24 ans. Alors, pourquoi le réseau aux photos et aux filtres est-il le pire des pires?

CC – PxHere

Intitulée #StatusofMind, l’étude de la RSPH tire la sonnette d’alarme en ce qui concerne le culte de la perfection qui règne sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. Ce culte a pour effet d’accentuer les états dépressifs et de mal-être auprès des jeunes, qui souffrent alors de complexes face aux diktats des photos parfaites de corps parfaits (mais tellement irréels et faux!). Beaucoup commencent d’ailleurs à s’indigner de cette insupportable tyranie du cool et de la perfection qui règne sur Instagram.

Les problèmes liés à la santé et au bien-être soulevés par la RSPH sont les suivants :

1. L’anxiété (sentiments d’inquiétude, de nervosité ou de malaise)
2. La dépression
3. Le sentiment de solitude
4. La perte ou baisse de sommeil
5. Le cyber-harcèlement
6. La perte de confiance en soi (difficulté à s’auto-identifier, rejet de son image/de son physique)
7. La difficulté à maintenir des relations dans le monde réel
8. Le FoMO (fear of missing out – ressentir le constant besoin d’être connecté en permanence de peur de rater une information, si futile soit-elle, ou un événement)

#StatusofMind établit aussi un classement des réseaux sociaux – de celui qui a le plus d’effets positifs sur le bien-être des jeunes, à celui qui le est plus néfaste. Et la plateforme la plus positive est Youtube…

Je conclue donc avec une vidéo, celle du dernier single d’Arcade Fire : Everything now. Every inch of space in your head is filled up with the things that you read. I guess you’ve got everything now.* Ces paroles ont une résonance particulière en moi, surtout en ces temps modernes de l’hyper-connectivité et de l’ « infobésité »A force de tout avoir, tout le temps, tout de suite, tout n’est plus que vacuité !

 

*Chaque recoin de ta tête est rempli des choses que tu as lu. Je suppose que tu as tout maintenant.


Montrer le soutien-gorge pour toutes !

Il n’est un secret pour personne : la publicité est l’un de mes thèmes de prédilection! Et il faut dire, qu’en termes de campagnes publicitaires, que je suis très gâtée à New York ! J’ai aujourd’hui choisi de partager avec vous quelques clichés de la formidable campagne To each her own, d’une marque de soutien-gorge.

 

J’ai beau avoir vécu dans de multiples pays, mais c’est la première fois qu’une campagne de publicités pour soutien-gorge m’interpelle autant. Qu’est-ce qui m’a séduite ? Le fait de que cette marque montre le soutien-gorge pour toutes les femmes, je dis bien toutes, sans distinction d’âge, de taille ou de couleur. Pour moi qui viens d’un pays où les publicités de soutien-gorge montrent uniquement des fakes femmes «parfaites» taille zéro qui ne semblent pas dépasser les 25 ans, la campagne To each her own est une véritable bouffée d’oxygène !!

 

 

Loin des images photoshopées, c’est ce genre de publicités que j’aurais voulu voir à mon adolescence. Des images de femmes réelles, avec des bourrelets et des courbes, de la cellulite, des cicatrices ou des rides ! C’est très sain et positif de montrer aux petites filles et aux femmes de tout âge que n’importe quelle femme peut figurer sur une publicité, de soutif de surcroit ! L’inclusivité est l’un des éléments forts de ces publicités.

 

 

Ce qui me plaît aussi dans cette belle campagne, c’est cette désexualisation du soutien-gorge. Alors que les campagnes publicitaires montrent souvent des jeunes femmes aux mous aguicheuses, aux positions lascives et suggestives, point de cela avec To each her own ! Nous avons à la place des femmes posant «normalement» sans aucune connotation sexuelle.

 

 

Un énorme bravo pour cette campagne qui, bien plus que l’aspect vente et marketing, met en avant l’inclusivité de TOUTES, dans une industrie souvent critiquée pour l’image qu’elle renvoie des femmes. Bravo et soutient !!


Vive le Social Good Summit!

J’ai eu la chance de participer au Social Good Summit, qui s’est tenu aujourd’hui, dimanche 23 septembre 2018, à New York! Retour sur cet évènement.

Septembre, mois de l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), est une période très chargée pour tous celles et ceux qui travaillent dans la galaxie onusienne. De nombreuses conférences de haut-niveau ont lieu en marge de la venue a NewYork des Chefs d’états de la planète entière. Pour ma part, j’ai eu l’immense chance de participer au Social Good Summit, organisé chaque année pendant la semaine de l’AGNU.

Le Social Good Summit réunit une communauté dynamique de citoyens du monde, de personnalités politiques et de leaders d’opinion progressistes, le temps d’une journée. L’intersection de la technologie et des nouveaux médias a redéfini notre compréhension du progrès humain. Au milieu de ce monde qui évolue rapidement, le Social Good Summit 2018 avait pour thème : # 2030NOW, dont l’objectif est une exploration dynamique du monde dans lequel nous souhaitons vivre en 2030.

Vue du Social Change Summit!
Vue du Social Change Summit!

Les thèmes abordés lors de ce Sommet étaient divers est variés. En voici quelques examples: la fin des viols et abus sexuels ; la création d’environnements de travail favorisant la maternité et l’allaitement maternel ; la creation de logement sociaux grâce à l’impression 3D, le développment durable et la protection des animaux ; l’accès aux nouvelles technologies, entre autres. Les intervenants étaient tout aussi divers : Premier ministre de Nouvelle Zélande, actrice d’Hollywood, refugiée d’Afghanistan, haut fonctionnaire des Nations Unies, Chefs culinaires britannique et indien, etc. Tous cependant n’avaient un seul message : l’espoir. Sonita Alizadeh, jeune réfugiée de 21 ans qui est maintenant rappeuse aux Etats-Unis a partagé cette belle phrase: «Toujours croire en soi et en ses rêves. Chacun a le pouvoir de changer le monde »

A ma façon, j’ai aussi envie de changer le monde, de partager le mot et d’atteindre les objectifs de developpment durable (ODD) de l’Agenda 2030. Cet article en francais sur le Social Change Summit, un concept pourtant très anglo-saxon, est une de mes façons de le faire. L’objectif des ODDs est «Leave no one behind » : donc peu importe la langue que l’on parle, que personne ne soit laissé pour compte. Voilà, j’espère avoir apporté un petit goût du Social Good Summit à la blogosphère francophone.

Le Social Change Summit terminé, je suis maintenant d’attaque pour l’Assemblée Générale des Nations Unies!

Mobilisation pour le Social Good Summit!
Mobilisation pour le Social Good Summit!


New York, le 11 septembre

New York, le 11 septembre 2001, c’est en plein Financial District que l’horreur a frappé. Le but de ce billet n’est pas de faire le récit de ce tragique événement, mais simplement de rendre hommage aux victimes et de partager quelques lignes sur mon ressenti en visitant Ground Zero.
On se souvient presque tous de ce que l’on faisait, ce fameux 11 septembre 2001, en apprenant que deux avions s’étaient encastrés dans les tours jumelles du World Trade Center. Pour ma part, c’était en début de soirée et je m’affairais à compléter mes devoirs d’école pour le lendemain. Un rapide coup d’œil à la télé que regardait mon père, je pensais ce que c’était un film de science-fiction. Il m’a fallu une ou deux minutes pour réaliser que non.
La réalité était bel et bien là, en breaking news sur nos écrans. A peine étions-nous entrés dans un nouveau millénaire, que nous entrions, à cet instant, dans une autre ère. Attentats, anthrax, Al-Quaida, Ben Laden, Afghanistan, talibans, rehaussement des consignes de sécurité, plus de liquides à l’embarquement dans les aéroports, kamikaze, terrorisme… une nouvelle réalité s’invitait de force au sein de chacun des foyers de la planète, avec des conséquences qui allaient tous nous toucher.
Ce serait faux de dire que ce jour ne m’a pas marquée. Si bien que l’un des tous premiers lieux que j’ai visité, maintenant que je vis à New York, fut le 9/11 Memorial. Le 9/11 Memorial est construit sur l’emplacement même des deux anciennes tours du World Trade Center : il s’agit d’un parc avec deux bassins carrés situés à l’emplacement même des tours détruites et d’un musée retraçant les événements et exposants des vestiges du 11 septembre 2001.

 

 

Plan qui indique les divers éléments du 9/11 Memorial à Manhattan.
Plan qui indique les divers éléments du 9/11 Memorial à Manhattan.

 

Cela peut paraître étonnant, mais l’atmosphère prévalant au 9/11 Memorial est rarement la même. Cela dépend beaucoup des saisons, des heures de la journée, du mois de l’année et de la subjectivité de chacun. Les photos qui illustrent d’ailleurs cet article ont été prises à la fois en automne, en été et en hiver. Même quand on visite le mémorial, on est pris de sentiments multiples. Il y a d’une part cette tristesse d’être sur ces lieux où tant de personnes ont perdu la vie, d’autre part, cette sensation d’être vivant et heureux de marcher dans les pas de l’Histoire. L’Histoire, car il y a un avant et un après 11 septembre 2001.

 

 

Il y a un avant et un après 11 septembre 2001.
Les noms des victimes à jamais gravés sur les lieux. Il y a un avant et un après 11 septembre 2001.

 

L’après 11 septembre est surtout représenté par le One World Trade Center, bâtiment le plus haut de Manhattan. Tellement haut que j’avais mal au cou en le regardant du sol. Sans oublier Oculus, qui sert à la fois de gare et de galerie commerciale. L’architecture de l’Oculus rappelle tantôt un avion, tantôt un aigle, mais une chose est certaine : on ne peut pas passer à côté !

 

 

J'ai eu très mal au cou en prenant cette photo du One World Trade Center.
J’ai eu très mal au cou en prenant cette photo du One World Trade Center!

 

L'entrée du One World Trade Center, plus haut gratte-ciel de Manhattan.
L’entrée du One World Trade Center, plus haut gratte-ciel de Manhattan.

 

L'impressionnant Oculus!
L’impressionnant Oculus qui déploie ses ailes sur New York!

 

Autre événement marquant le 11 septembre 2018, la réouverture de la station de métro Cortlandt sur la Ligne 1, qui avait été endommagée et fermée depuis les attaques de 2001. Dix-sept ans après, la station est à nouveau opérationnelle et porte le nom de WTC Cortlandt.

 

Le WTC Cortlandt a été réouvert après 17 ans!
Le WTC Cortlandt a été réouvert après 17 ans!

 

Pour moi cette réouverture a quelque chose de symbolique ! Elle représente bien New York, cette ville toujours sur les rails, cette mégapole qui avance, qui va toujours plus vite, plus haut, à jamais dynamique et résiliente !


L’Ile Maurice et la discrimination raciale

Certains Mauriciens souffrent-ils de discrimination raciale dans leur propre pays ? La réponse est oui, selon le Comité onusien sur l’élimination de discrimination raciale. Ce Comité, chargé de veiller à ce que les Etats-parties ayant adopté la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale en respectent les articles, a récemment auditionné l’Ile Maurice. Les recommandations issues de cette audition ont été publiées jeudi 30 août.

Souvent présentée comme un exemple en matière de paix et de cohabitation interethnique harmonieuse, l’Ile Maurice semble présenter une réalité socio-ethnique beaucoup plus fracturée où les discriminations raciales sont légion. C’est ce qui ressort du récent rapport publié par le Comité sur l’élimination de discrimination raciale. L’audition de l’Ile Maurice s’est tenue les 14 et 15 août 2018, aux Nations Unies en Suisse. Suite à cette audition, le Comité a remis un rapport de 8 pages contenant 26 recommandations. Le fait que les points positifs découlant de l’audition mauricienne tiennent sur une demie page, alors que les préoccupations et recommandations tiennent sur les 7 pages restantes, est assez significatif.

 

L’ethnicité ou la complexité de la société mauricienne est un thème qui a déjà été abordé dans ce précédent billet, et ceci pourrait sans doute contribuer à une meilleure lecture des recommandations du Comité sur l’élimination de discrimination raciale, surtout pour ceux qui ne connaissent pas l’Ile Maurice. Outre le casse-tête des ethnonymes (incohérents et dépassés !) et le fait que chacun semble porter son histoire sur sa peau, tout porte à penser que la genèse même de cette société repose sur la «discrimination», la «société du regard»… Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus, je vous conseille l’excellent ouvrage Ile Maurice : une île multiraciale, d’Arno et Orian (aux éditions L’Harmattan) !

 

Revenons-en donc à ce fameux rapport du Comité sur l’élimination de la discrimination raciale à l’Ile Maurice. Je ne m’attarderai pas sur toutes les préoccupations et recommandations, mais en partagerai des extraits, que j’ai traduit de l’anglais et qui me semblent les plus pertinents :
1.      « Donner un statut officiel à la langue créole

Le Comité note avec satisfaction les mesures prises pour promouvoir l’utilisation du créole. Il reste cependant préoccupé par le fait que la langue créole ne jouit toujours pas d’un statut officiel, bien que ce soit la langue commune parlée par la plupart des Mauriciens.

Le Comité recommande à l’Ile Maurice de prendre les mesures nécessaires pour conférer à la langue créole le statut de la langue nationale, en vue de faciliter son utilisation dans les systèmes administratifs, judiciaires et éducatifs et la prévention de l’exclusion de ceux qui ne parlent que le créole.

 

2.      Tenir une consultation nationale en vue de modifier les classifications ethniques

Le Comité est préoccupé par la classification constitutionnelle persistante de la population mauricienne qui ne reflète pas pleinement l’identité des différents groupes en présence.

Le comité réitère sa précédente recommandation de tenir des consultations nationales afin de modifier la classification existante des groupes, y compris dans la Constitution.

 

3.      Compiler des statistiques par groupe ethnique pour mieux évaluer la jouissance des droits de l’homme
Le Comité regrette la position persistante de l’Ile Maurice de ne pas collecter de données ventilées par groupe ethnique, ce qui, de l’avis du Comité, entrave l’évaluation de la jouissance des droits de l’homme par les différents groupes ethniques présents.

Ainsi, le Comité recommande à l’État partie fournir des statistiques, ventilées par sexe, sur la situation socioéconomique et la représentation dans l’éducation, l’emploi, la santé, le logement et la vie politique des groupes, y compris les créoles, les Chagossiens, les personnes d’ascendance africaine et les travailleurs migrants. Ceci donnerait au Comité une base empirique pour évaluer l’égalité de jouissance des droits en vertu de la Convention.

 

4.      Intensifier les efforts pour une société plus inclusive
Le Comité s’inquiète de l’influence des classifications ethniques et des castes. Il recommande à l’Ile Maurice d’intensifier ses efforts en vue de favoriser la création d’une société inclusive qui chérit la diversité et l’égalité, et qui met fin à toute forme de manifestations liées à la supériorité raciale ou à la caste.
L’Ile Maurice devrait également entreprendre des campagnes de sensibilisation et des programmes éducatifs visant à mettre en évidence la contribution de tous au développement de l’État, tout en faisant participer toutes les parties prenantes y compris le gouvernement, tous les acteurs de la société civile, et les médias.

 

5. Prendre des mesures contre le discours de haine et le profilage racial
Le Comité est préoccupé par les stéréotypes et la stigmatisation de groupes ethniques, notamment les créoles, ainsi que les cas de discours de haine à leur encontre sur les réseaux sociaux, et dans les médias, par des personnalités publiques et politiques.
Le Comité est également préoccupé par les incidents de profilage racial par la police, notamment sous la forme de contrôles illégaux, de perquisitions et détention de créoles.

Le Comité demande instamment à l’État partie de:
a) Renforcer ses efforts, notamment par l’éducation, la culture, la sensibilisation et les campagnes de lutte contre les stéréotypes ethniques ou raciaux et la stigmatisation en vue de promouvoir la diversité et la compréhension;
b) Prendre les mesures nécessaires pour lutter contre la couverture médiatique des incidents racistes et des discours de haine commis par des politiciens ; et veiller à ce que, le cas échéant, des sanctions soient imposées;
c) Mettre fin à la pratique du profilage racial par la police, entreprendre des enquêtes efficaces sur toutes les allégations de profilage racial, tenir les fautifs responsables et fournir des recours efficaces aux victimes;
d) Élaborer des programmes de formation sur la discrimination raciale à des fins juridiques agents d’exécution pour identifier, enregistrer, enquêter et poursuivre les crimes racistes et les discours de haine.

 

6. Elaborer une stratégie contre la discrimination à l’égard des Créoles

Le Comité est préoccupé par le fait que les créoles, y compris ceux vivant à Rodrigues et à Agaléga sont confrontées à une discrimination de facto et restent désavantagées dans la jouissance des droits de l’homme. Les créoles sont vulnérables de manière disproportionnée à la pauvreté et ont un accès limité à l’emploi, au logement, aux soins de santé et à l’éducation. Le Comité s’inquiète de l’absence de mesures visant spécifiquement à améliorer leur situation.

Le Comité invite instamment l’Ile Maurice à adopter et à mettre en œuvre une stratégie pour éliminer la discrimination profondément enracinée à laquelle sont confrontés les créoles, y compris ceux qui vivent à Rodrigues et Agaléga. Il recommande à l’État partie d’évaluer l’efficacité des mesures prises, et de mettre en œuvre d’autres mesures spéciales. Le Comité demande à l’Ile Maurice de tenir compte de sa recommandation sur la discrimination raciale à l’encontre des personnes d’origine africaine. »

 

Par ailleurs, l’Ile Maurice doit aussi inclure dans son prochain rapport périodique, des informations précises sur les mesures adoptées dans le cadre de la Décennie internationale de la population d’ascendance africaine (2015 – 2024). Ce prochain rapport est attendu pour le 29 juin 2021.

 

L’auteur Malcolm de Chazal ne croyait pas si bien dire quand il a écrit « A Maurice on cultive la canne à sucre et les préjugés. »

 

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Pour celles et ceux qui veulent aller plus loin:
La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale est disponible ici.
L’intégralité du rapport du Comité sur l’élimination de la discrimination raciale est disponible ici (en anglais).


Regards sur la démocratie, cette éternelle adolescente

Cet article a initialement été publié en 2017.

Démocratie. Voilà un ancien mot, mais qui parvient toujours à se maintenir dans l’actualité et dans l’air du temps. Toujours branchée, la démocratie ressemble à une adolescente qui ne vieillit jamais. Est-ce gage de danger ou de sécurité?

«Il n’y a pas de paradis perdu, sauf dans l’imaginaire des gens». Tel un paradis perdu, la démocratie parfaite n’existe pas, explique Pascal Boniface, géopolitologue français de renom. Le temps d’une conférence tenue le 23 novembre 2017 à l’Institut Français de Maurice, il est revenu sur les enjeux et les perspectives de la démocratie.

Pascal Boniface à l’Ile Maurice.

Selon Pascal Boniface, la démocratie est en crise, mais elle progresse. Ce progrès s’articule autour de trois axes: le taux d’alphabétisation de la population, le produit intérieur brut (PIB) par habitant et l’ADN stratégique de chaque pays.

Suite à ce dernier axe, on pourrait être tenté de croire que chaque pays construit donc son propre modèle démocratique, en vase clos. Or, tel n’est pas le cas.

 

La démocratie dans un monde globalisé

Nous vivons dans un monde hyperconnecté, où notre rapport à l’autre, au temps et à la distance a été bouleversé par les technologies de l’information et de la communication. Comme l’a si bien rappelé Pascal Boniface  :

«Vous ne pouvez pas ignorer ce qui se passe dans le monde, car ce qui se passe dans le monde ne vous ignore pas.»

Peu importe le pays dans lequel nous vivons, ce qui se passe ailleurs aura forcément des conséquences, de près ou de loin, dans notre vie. C’est ça le monde globalisé.

Le premier empire de cet âge global s’avère être les Etats-Unis d’Amérique. Il n’y a, à l’heure actuelle, pas d’équivalence à la puissance étasunienne. L’élection de Donald Trump en est le parfait exemple.

Pour Pascal Boniface, cela a été une élection mondiale au suffrage censitaire. Le monde entier, même s’il n’avait pas droit au vote, a suivi cette élection, car il savait, consciemment ou pas, que le verdict des urnes aurait un impact dépassant largement les frontières étasuniennes.

Par ailleurs, la puissance à l’ère globale ne se jauge pas uniquement en termes d’armes ou de guerres gagnées, elle s’évaluerait aussi en matière de soft power.

«Xi Jinping a envoyé sa fille étudier aux Etats-Unis. Mais les filles d’Obama ne vont pas étudier en Chine!»

La démocratie se construit graduellement

Nous vivons donc dans un monde globalisé, qui n’est ni unipolaire, ni bipolaire, ni multipolaire. Nous vivons simplement dans un monde qui émerge de cinq siècles de monopole occidental de la puissance. Ailleurs que dans le monde occidental, des démocraties naissent, se construisent, grandissent avec le temps. Pour Pascal Boniface :

«La démocratie n’est pas un produit instantané.»

La Corée du Sud et Taïwan sont deux exemples de démocratie qui se sont imposées graduellement, sans révolution, explique le géopolitologue. Plus proche dans le temps, on pourrait aussi citer l’exemple de la récente chute de Mugabe au Zimbabwe.

L’instantanéité, un danger pour la démocratie

Si la démocratie n’est pas un produit instantané, l’ironie veut que nous vivons bel et bien, dans le temps de l’instantanéité. Or il s’agit là de l’un des principaux risques auquel fait face la démocratie. Pour le politologue, le risque est de perdre la perspective du long terme et de se fier uniquement au sondage du jour. Attention ici aux redoutables algorithmes des nouveaux médias et aux fake news

«Les gens ne font pas confiance à ceux pour lesquels ils votent»

Le vote est une arme à double tranchant: on peut voter pour promouvoir, mais on peut aussi voter pour sanctionner. Trump, Brexit, Le Pen. Ici et ailleurs, combien de fois les citoyens se sont-ils révoltés contre le verdict des urnes, contre la voix dite de la démocratie?

«En Chine, les individus font confiance à des gens pour lesquels ils ne votent pas. Ailleurs, les gens ne font pas confiance à ceux pour lesquels ils votent», résume Pascal Boniface. Est-ce là tout le drame de la démocratie, en tant que système politique?


Le temps des grandes métamorphoses

Parce que la vie n’est pas toujours tendre. Parce que chaque étape de notre vie demande une nouvelle version de nous. Parce que chaque continent dans lequel nous vivons, chaque pays dans lequel nous déposons notre valise façonne qui nous sommes. Parce que les blessures et accidents de la vie sont universels. Parce que nous nous relevons et nous nous métamorphosons sans cesse. Parce que nous sommes tous fondamentalement humains et amour. Parce que nous sommes braves!

1. All Saints – Pure Shores

 

2. Olivia Ruiz – La Femme chocolat

 

3. Lykke Li – I Follow Rivers

 

4. Charlotte Gainsbourg – La Collectionneuse

 

5. Sara Bareilles – Brave


Madame ou mademoiselle ?

Madame ou mademoiselle ? A mon grand regret, c’est une question à laquelle j’ai très souvent eu droit à l’Ile Maurice, essentiellement en milieu professionnel. Je n’ai jamais compris non seulement ce besoin de s’immiscer dans la vie personnelle des gens (surtout des femmes !), mais encore moins ce besoin d’autrui d’enfermer les gens dans une boîte. Bref !

Madame ou mademoiselle? Crédit: HCE.
Madame ou mademoiselle? Crédit: HCE.

Lorsque l’on me posait la question, j’avais ainsi pris l’habitude de rétorquer, le plus sérieusement du monde, «Et vous ça va ? Vous avez fait l’amour hier soir ?». Fermé le caquet ! Un beau soir, lors d’un dîner professionnel à l’Ile Maurice, j’étais assise à côté d’un collègue néo-zélandais. Une autre variante de la charmante question lui avait été posée, soit : êtes-vous marié ? Sa réponse : «I’m married if you want me to.» Une fois de plus, fermé le caquet !

A l’oral, ça va, on peut user et abuser de notre sens de répartie. Mais à l’écrit, comment faire ? Surtout, comment faire quand le fameux «Madame ou mademoiselle» est institutionnalisé dans la communication publique, dans les formulaires administratifs à remplir, etc ? Le problème ne se pose pas à New York d’où j’écris ces quelques lignes, mais le thème m’est revenu à l’esprit en écoutant une émission de RFI sur l’aspect sexiste de la langue française.

On dit rarement d’un homme qu’il est « hystérique ». Normal, ce bel adjectif a la même racine que le mot « utérus ». C’est un truc de nana de s’énerver et de parler trop fort ! Les exemples comme celui-ci sont légions. L’une des intervenantes à cette émission était Françoise Vouillot, du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les homme (HCE). Certes c’est un peu en  retard, mais j’ai été tellement heureuse d’apprendre que le HCE avait publié un Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe.

Comme j’ai été assez déçue de ne pas connaitre l’existence de ce guide plus tôt, j’ai donc décidé d’en partager les 10 recommandations avec vous :

1. Éliminer toutes expressions sexistes
2. Accorder les noms de métiers, titres, grades et fonctions
3. User du féminin et du masculin dans les messages adressés à tous et toutes
4. Utiliser l’ordre alphabétique lors d’une énumération
5. Présenter intégralement l’identité des femmes et des hommes
6. Ne pas réserver aux femmes les questions sur la vie personnelle
7. Parler «des femmes» plutôt que de «la femme », de la «journée internationale des droits des femmes » plutôt que de la «journée de la femme» et des «droits humains» plutôt que des «droits de l’homme»
8. Diversifier les représentations des femmes et des hommes
9. Veiller à équilibrer le nombre de femmes et d’hommes
10. Former les professionnel.le.s et diffuser ce guide.

Et voilà ! A travers ce billet tout simple, j’espère contribuer à la diffusion de ce guide très bien fait, à faire évoluer les mentalités et à lutter contre les stéréotypes de sexe. A vous de jouer !