Anne Christelle

De la liberté d’être à son compte

Il y a bientôt six mois, je célébrais mes derniers jours dans la posture d’employé. Il y a bientôt six mois, je changeais de statut, quittant celui de salarié pour celui de « chef d’entreprise » ou du moins-ce « co-gérante ».  Je passais à mon compte. Ce choix je l’avais fait par conviction, convaincu qu’il était temps pour moi de changer non seulement de carrière mais aussi et surtout de mode de vie.

En effet, pour moi au-delà des difficultés et contraintes inhérentes au statut d’entrepreneur, être à son compte a toujours voulu dire être maître de son emploi du temps. J’ai eu pour exemple ma mère (oui j’en parle souvent), qui a toujours travaillé à son compte et qui a donc toujours pu être là pour nous dans les moments importants, sans avoir à gérer les particularités de l’emploi du temps d’un chef, ou d’une équipe.

Je ne m’hasarderais pas non plus à faire le procès des grands groupes et d’aller jusqu’à supposer qu’ils empêchent les femmes notamment de profiter pleinement de leurs enfants. Toutefois, nous n’en sommes pas loin, surtout lorsque ces dernières n’ont pas atteint des postes élevés dans la hiérarchie professionnelle.

Au-delà de la gestion des enfants et de leur emploi du temps, c’est de la gestion de son propre temps qu’il s’agit. Nombreuses sont ces fois où j’étais enclin à travailler toute la nuit, pleine d’inspiration, mais ayant dans le même temps l’obligation d’être à 8 heures tapantes, installée à mon bureau. Ne pouvant résister à l’assaut créatif qui me permettait notamment de mener à bien certaines tâches professionnelles, je suis donc parfois allée travailler comme un petit zombie, attendant avec hâte la fin de la journée, pour récupérer.

Depuis six mois, j’apprécie donc la liberté de travailler dans un environnement plus calme. J’ai apprécié la liberté de gérer ma maternité avec paix. Travaillant notamment avec ma mère en tant que co-gérante de l’entreprise familiale, et avec un focus sur le développement commercial, j’ai apprécié la liberté que j’ai eu d’organiser mon temps de travail, mes tournées de prospection et le temps que je consacrais au développement de mon agence de communication en parallèle.

J’apprécie la liberté intellectuelle de parler en certaines situations de dédouanement de marchandises, puis de fret maritime ou aérien, et en d’autres situations, face à d’autres types de clients, de parler traduction, consulting en événementiel ou gestion de marque.

J’apprécie ces petits bonheurs, cette paix. J’ai pendant ces premiers mois, gagnée moins d’argent, mais j’apprécie la liberté de savoir que je peux multiplier à l’infini car c’est ma liberté que de grandir, et de m’échiner plus pour multiplier les opportunités.

J’apprécie ce nouveau mode de vie, et ses contraintes et difficultés. C’est un mode de vie plus agréable, car j’ai le sentiment en permanence que mon futur ne dépend que de moi-même, mon bien-être est encore plus à ma totale responsabilité et c’est grisant!!!

Je ne veux pas non plus, faire une apologie bête et méchante de la vie de chef d’entreprise. J’ai aussi eu beaucoup de bonheur à être salarié car j’y ai gagné en discipline, en rigueur, j’y ai raffermi mon gout des challenges et de l’excellence. Je me rends encore plus compte que c’était nécessaire, utile, comme on dit chez nous « chaque chose en son temps ». Mon temps était arrivé, et autant je ne regrette en rien les six années de ma vie passées en entreprise, autant j’ai la certitude que le reste du temps offert sur Terre, sera un plaisir renouvelé au moins-ce sur le plan professionnel.

De la liberté d’être à son compte, du bonheur de s’être « retrouvé », de la responsabilité de se conserver.

Love, Anna♦


You Talk Cmr et ses New-Talkers

Une semaine en mode reconnaissance, une semaine pour reconnaître et partager. 

Ce soir, ça va être un partage assez rapide car j’ai déjà parlé de cette super Team. Cette team c’est le collectif You Talk Cmr, avec à sa tête un génie de créativité, j’ai nommé Mr. Will Ebene. Donc You Talk Cmr, c’est le collectif à la base de la super web série Tu Know Ma Life.

J’avais découvert, aimé et partagé mes impressions sur la première saison mettant en scène des jeunes Camerounais immigrés en France. La deuxième saison avait été à la hauteur de mes espoirs. J’ai ri, ri, encore ri et surtout ri, mais aussi j’ai ressenti des émotions plus profondes (peine, empathie), en gros c’était juste TOP.

Tu Know Ma Life Saison 2 a été l’occasion pour le collectif de lancer une campagne de Crowdfunding, pour nous assurer encore plus de qualité mais aussi l’occasion de lancer un nouveau recrutement d’envergure. L’un des résultats de ce recrutement est le lancement aujourd’hui 10 Juin, d’une nouvelle Web Série, Les New-Talkers. J’ai regardé cet épisode. Il s’agit d’une série de sketchs, donc les épisodes n’auront pas de suite d’une semaine à l’autre mais d’ores et déjà, j’ai apprécié. J’ai apprécié les piques (il vous faudra quand même un petit dictionnaire de l’argot Kmer pour les apprécier à leur juste valeur), le rire encore et la simplicité avec laquelle les sujets sont abordés. Cette simplicité rend la série attractive qu’on soit  Camerounais, Ivoirien, Français et j’en passe.

Découvrez en images, le 1er épisode des New-Talkers et n’hésitez pas à cliquez sur « J’aime » sur la page Facebook You Talk Cmr pour rester informés de leurs dernières sorties.

Surtout, repassez par ici pour donner votre avis, vous êtes attendus.

Love, Anna♦


Locko, juste loco de lui

Pour qui suit régulièrement ce bel espace, vous constaterez que cette semaine a commencé sur des notes légères, et ma foi, je pense que nous allons y demeurer.

Ainsi Lundi, je vous parlait de Lorenoare, et aujourd’hui je vous reviens avec de la musique. Une voix suave, un timbre naturellement enjôleur, des beats conçus par et pour lui, je vous présente Mr. Locko, jeune artiste Camerounais.

Comme souvent, je ne reviendrai pas sur son parcours musical, car musique est avant tout question de ressenti, de sentiment, de partage et c’est ce dont il est question sur La Case. Je suis certaine qu’une recherche Google vous donnera toutes les informations voulues. Quant à moi, je me contenterais de dire/constater que Locko c’est du talent à l’état brut. Pour moi, un artiste est bon lorsqu’il arrive à exprimer une émotion dès les premières dix secondes, qu’il soit en train de chanter ou non. En d’autres termes, son intelligence artistique voudrait que même ses beats, soient capables d’exprimer l’idée, le sentiment juste pour la personne qui écoute.

Dans son style R&B/ Makossa Love (c’est ma définition, pas la sienne), dans ce juste milieu entre les crooners d’exception qu’a connu le Cameroun comme Mr. Dina BELL et les sonorités contemporaines, doux mélanges entre les rythmes d’ici et d’ailleurs, Locko chante l’amour. Il le chante si juste, il le chante toujours différemment, mais encore et toujours, il nous y plonge. On a tous besoin d’amour, on a tous besoin (surtout les filles lol) de s’imaginer dans les bras forts et aimant de notre homme, qui nous dira « Je t’aime » pour la vie. Ses chansons « Margo », « Ndutu » désormais des classiques (à mon sens) sont de beaux exemples. Avec son premier EP « Skyzo », il a rajouté une dose et surtout, il a enivré mon cœur avec le sublime « Sawa Romance » dont le clip est désormais en ligne depuis le 3 Juin.

Je ne saurais vous en parler sans  le partager . J’ai eu la chance d’observer l’homme sur scène et de cette expérience comme de ses publications Facebook, comme de ses vidéos de tournage, je conserve le souvenir d’un artiste généreux, à l’écoute de ses fans, professionnel et pétri d’humilité. Dans la génération « Fast Life » qui pense que  tout lui est dû, Locko apparaît comme un ovni et je lui souhaite en tout et pour tout de garder cette attitude.

Découvrez le bijou (visuel et audio) « Sawa Romance ». Definitely Loco of LOCKO.

Quant à vous, que vous évoque Locko? Tous à vos claviers pour les commentaires.

Love, Anna♦


A la découverte de Lorenoare

Coucou, coucou les amis,

Aujourd’hui, nous prenons une pause en image et en musique, venez découvrir Lorenoare.

Lorenoare est une artiste camerounaise relativement jeune (une trentaine d’années tout au plus) mais oh combien talentueuse. Elle semble exercer depuis quelques années maintenant, mais pour tout vous dire (en l’occurrence depuis 2007, avec un premier  album en 2011), je n’avais jamais entendu parler d’elle avant le 29 Avril 2016.

Ce jour, Mum nous propose une sortie impromptue en famille (mon frère, ma sœur, Lil Princess en gestation et sa future maman, moi). A 18 heures, nous étions informés de la sortie, et devions tout faire pour être prêt à 19 heures et 30 minutes. C’est dire que nous sommes arrivés à l’Institut Français de Douala en mode panique (forcément, on a pas pu être prêt à l’heure), inquiets d’arriver en retard pour le concert, ce concert d’exception, le concert de Lorenoare.

Nous sommes entrés dans une salle remplie au quart (constat triste ou pas, d’ailleurs), mais à la fin du concert, cela ne se ressentait plus. Lorenoare a fait vibrer la salle au rythme de son univers si vivant et passionné. Cette belle artiste chante en ETON*, et éventuellement en Anglais. Elle rejoint ainsi une lignée d’artistes d’exception maniant avec art cette langue poétique. Je citerai la fantastique Sally Nyolo, et l’envoûtante Sanzy Viany dont je vous ai déjà parlé. Lorenoare relève avec générosité et dextérité le défi de se mettre au niveau de ces pointures de la musique Camerounaise.

Lorenoare est authentique et extrêmement généreuse. Pendant deux heures, elle nous a parlé d’amour, de relations parentales, de relation avec Dieu, et tous les autres sujets évoqués par les chansons de cette parolière unique. Découvrez l’une des plus belles en image ici. La chanson s’intitule « Vwale Ma » et signifie « Console-Moi ». C’est une représentation en concert à l’institut Goethe.

Cette sortie le 29 Avril 2016 a été rafraîchissante à pas mal d’égards: une sortie en famille pour partager la passion que nous avons tous chez nous de la belle MUSIQUE (endiablés nous étions), une découverte musicale heureuse, un moment de détente pour la future maman que j’étais.

Merci à Lorenoare pour ces moments d’exception. Découvrez sa page Facebook ici.

Si vous l’avez découverte, n’hésitez pas à partager avec nous votre expérience. Un commentaire, et je serai honorée.

Love, Anna♦

*ETON: dialecte de la tribu du même nom, issu du Centre du Cameroun, et appartenant au groupement BETI


Etre Mère

15/05/16: Au fur et à mesure que je me rapproche de toi, au fur à mesure que les jours s’égrènent, t’imaginer me rend si heureuse. Malgré tes rebonds, tes coups de pied, des fois je n’y crois pas. Des fois, je confie à ton papa que j’ai du mal à réaliser que tout ce temps est passé. J’observe mon corps dans un miroir, je regarde ce gros ventre tout rond, et je pense « oui c’est vrai, tu le seras bientôt….MAMAN.


Et déjà, je me prends à voir la vie différemment. Je regarde mon petit-frère avec une nouvelle envie de le protéger. Je regarde des petites filles dans la rue et je songe à toi, plus grande. Je sais que l’accouchement sera notre première épreuve, notre premier moment difficile, mais je sais que ça ira, je n’ai pas peur….Tic, Tac….j’ai hâte….
28/05/16: Et j’aurai donc attendu un petit moment. J’avais raison de ne pas avoir peur, j’avais raison d’être confiante. Quelle expérience. Un élan d’amour si grand lorsque je t’ai vu, la compréhension ou plutôt l’admiration devant le mystère de la vie. Je t’observe, je t’admire et je me dis que l’oeuvre de Dieu est parfaite. Je t’observe et je veux être une personne excellente, j’ai envie de te rendre fière. Tu es là, tu me rends si heureuse et je te dis merci pour ce bonheur à la veille de la Fête des mères.

C’était un petit partage pour dire Heureuse Fête à toutes les mères du monde. C’est une expérience spéciale, un monde qui ne se raconte pas, mais se vit.

Vous êtes une maman? Partagez avec nous ce qui a changé ce jour-là? Qu’est-ce qu’être une mère pour vous?

Love, Anna♦


Apprendre, un plaisir à cultiver

Coucou par ici,

Depuis hier, cela fait maintenant une semaine que je me suis lancée dans l’aventure d’écrire un billet par jour pour les 365 prochains jours. Cette aventure a un intérêt tout particulier: elle renforce chez moi le désir d’apprendre. Ben oui, sinon, comment pourrais-je partager du contenu nouveau avec vous chaque jour?

Apprendre, c’est retomber en enfance ou en adolescence, les temps bénis où on se préoccupait uniquement de manger, boire, dormir et dans mon cas travailler. J’aimais l’école et c’était un plaisir d’y aller chaque jour parce que chaque jour, j’avais l’impression d’ouvrir une nouvelle fenêtre sur le monde, tout particulièrement dans des matières comme l’histoire, ou les mathématiques. Et puis, j’ai quitté l’école pour l’école de commerce et là encore ce fut un bonheur. Distribution, marketing, psychosociologie, fiscalité, le programme des cinq ans a été vaste et extrêmement enrichissant.

Puis, est venu le monde du travail. Autant à l’école, pour que l’apprentissage soit sanctionné de réussite, quelques bonnes notes suffisent. Autant au travail, on apprend mais la nécessité d’apprendre toujours plus vite et l’obligation de résultats, viennent souvent gâcher le plaisir d’apprendre. En tout cas, ce fut mon cas au cours des deux dernières années de ma vie en entreprise.

Et depuis que j’ai changé de carrière, donc de mode de vie, je retrouve cette joie de l’apprentissage. J’organise mieux mon temps, je lis plus, sur tous les supports et j’essaie en permanence de sortir de ma zone de confort. Aujourd’hui par exemple, j’ai assisté au 1er jour d’une formation sur un programme pour Jeunes, le Lions Quest, qui est un programme d’éducation visant à donner dans les écoles, plus que du savoir-faire académique, des compétences de vie pour faire une bonne entrée dans le monde et être mieux préparé à la vie d’adulte. Au cours de cette formation, j’ai surtout découvert un autre mode d’apprentissage, l’approche interactive ou participative. Nous étions un groupe d’adultes mais nous avons joué comme des enfants et tout le monde était content d’apprendre. Tout le monde a plus ou moins retenu quelque chose et j’ai pu avec joie mettre en pratique des principes de cette formation, dès ma sortie. Ce principe d’apprentissage était une nouveauté pour moi et m’a donné plein d’idées.

Je retiens donc qu’apprendre devrait demeurer pour tous une constante, mais aussi un plaisir. Lorsqu’on cesse d’apprendre, on se  meurt. Lorsqu’on cesse de se développer en attente de mieux, on se meurt. Garder l’esprit actif, lire, apprendre c’est une façon ludique de rester en bonne santé (en effet, les personnes qui travaillent sans apprendre, courent le risque d’un surmenage qui peut leur être fatal: AVC, etc.)

Apprendre est donc un plaisir à nul autre pareil, que je vous invite ardemment à cultiver. Apprendre ça ouvre l’esprit, apprendre ça fait du bien et on devrait pouvoir apprendre de tout et sur tout en permanence. Qu’en dites-vous? J’attends vos avis

Love, Anna♦


Donner un travail, est-ce de l’aide?

Le billet du jour s’adresse aux jeunes âgés de 18 à 25 ans, étudiants, Camerounais ou Africains (car ils semblent tous avoir besoin d’aide) et qui se définissent comme en recherche d’emploi, de stages et/ou toute autre forme de rémunération.

Mes chers amis, pour vous j’ai une question, qui se veut ironique ou humoristique. Si on parlait Pidjin*: « My pikin, na who dey tell you, na work dey for support? ». En d’autres termes, pensez-vous que vous offrir un boulot, un stage, une oppotunité devrait s’apparenter à de la charité chrétienne?

A l’initiative de ma question, l’analyse d’un certain nombre de comportements, généralement observés dans le monde des étudiants chercheurs d’emploi.

  1. Je suis diplômé

Après avoir obtenu mon baccalauréat, je me suis inscrit en université, en école d’ingénieur ou de commerce, ou tout simplement en institut de formation supérieure. Je suis en niveau BTS, Licence ou Master et pour y arriver, j’ai la plupart du temps, dû dépenser de l’argent. J’ai dû me sacrifier ou/et mes parents aussi.

2. J’ai du potentiel

Oui, j’ai un diplôme et il serait bon que je l’ai choisi en fonction des opportunités sur le marché du travail et de mes intérêts ou passion. Cela signifie que j’ai emmagasiné des connaissances. J’ai aussi pu acquérir par mes propres recherches, des formations supplémentaires.

De même, j’ai un potentiel humain que j’ai pu démontrer dans mes activités associatives (même la réunion du village), dans les travaux de groupe au collège ou à l’université, mais aussi dans ma famille.

Je suis un bon élève (ou pas) et je ne suis certainement pas bête. Oui, j’ai du potentiel.

Les points 1 et 2, confirment qu’il y a potentiellement des raisons de m’embaucher. Alors, pourquoi me présenter ou me positionner comme si je demandais une faveur, une aide, un coup de main?

Car VOICI CE QUE J’AI EN FACE DE MOI

  1. Une entreprise, avec des objectifs ambitieux de croissance à atteindre (qu’elle soit une multinationale ou une PME)

Cette entreprise ouvre donc des postes qui doivent lui servir à trouver les ressources adaptés, les employées performants qui lui permettront d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixée. La problématique de recrutement est donc très simple: performance et potentiel. La charité, les affinités, ce sont des raccourcis qui ne peuvent marcher pour aucune entreprise sur le long terme.

Ainsi chers amis étudiants, la question se pose à nouveau: pourquoi envisager votre recrutement prochain sous le prisme d’un service à vous rendu? J’espère vous avoir fait comprendre que la problématique est de Se VENDRE, se DEMARQUER, d’ATTIRER par votre compétence, votre ambition. Il faut avoir CONFIANCE en vous et JAMAIS faire pitié. De ma petite expérience, j’ai rarement vu des recrutements faits pour cette raison. On peut encore admettre la corde de l’affinité, des relations, mais certainement pas celle de la charité chrétienne.

Le Cameroun, l’Afrique regorge de talents pour tout recruteur qui veut prendre le temps de le trouver. Alors, réveillez-vous chers amis. Soyez de ces talents qu’on s’arrache. Développez vos compétences, mettez en valeur votre profil et au grand jamais, abstenez-vous de faire pitié. Ce n’est ABSOLUMENT pas un argument de recrutement. Autrement, il est à parier que le chômage frappera à votre porte.

Mais au-delà de ça, que peuvent être les autres barrières réelles à l’obtention d’un emploi? Qu’est-ce qui au final peut encourager les uns et les autres à utiliser la « charité » comme un argument de vente? Vos opinions sont les bienvenues.

 

Love, Anna♦

 


Entrepreneuriat, ce n’est pas une mode

Mes chers lecteurs,

Nous sommes Lundi. La semaine commence, c’est l’occasion d’être un peu sérieux. On va parler d’un sujet professionnel (dirons-nous) et surtout d’un sujet qui a le vent en poupe au Cameroun: l’entrepreneuriat.

Au collège, j’ai écrit mes premières rédactions et on nous invitait toujours à définir les mots-clefs. Selon Wikipedia, l’entrepreneuriat est « l’action de créer de la richesse et/ou de l’emploi par la création ou la reprise d’une entreprise. Les formes d’entrepreneuriat varient selon le type d’organisation qui est mis en place. L’entrepreneuriat peut créer des emplois. » En somme, le focus est placé sur la création de richesses et non sur le domaine d’activité (le numérique étant à la mode).

Ce que cela signifie c’est que chaque fois qu’on prend le risque de se mettre à son compte, d’être son propre patron, avec une existence juridique, on est entrepreneur. Mais aussi, l’aspect « création de richesse » suppose à mon sens, que l’entreprise fonctionne, avec des charges, des revenus, la capacité à la fin d’une année de mesurer l’un et l’autre (quite à être dans un premier temps déficitaire).

En ce qui me concerne, j’apprécie vraiment cette définition car elle me semble coller à la réalité que je vis depuis quelques mois, et surtout elle enlève tout l’aspect « strass et paillettes » que d’aucuns voudraient associer au statut d’entrepreneur et élargit le spectre de la création d’entreprise hors de l’espace tech qui est lui aussi sur-exposé. Ainsi que ce soit en tant qu’agence conseil, ou en tant qu’agriculteur, on peut être considéré comme entrepreneur.

Donc l’entrepreneuriat c’est avant tout pour moi (et au vu de mon expérience), l’identification ou la création d’un besoin pour lequel on a auparavant identifié une cible, un créneau, un marché et qu’on souhaiterait attaquer sur la base d’une offre différenciée. Dans le cas de mon agence par exemple, je propose des services qui pour certains existent déjà largement mais j’ai décidé d’y apporter ma touche personnelle qui je l’espère saura faire la différence.

L’entrepreneuriat c’est être en mesure de tout faire soi-même car dans la réalité (et non le rêve des success story), on a en général pas les moyens de recruter dès le départ. Mais c’est aussi avoir l’humilité de reconnaître ses limites pour soit se former, soit aller vers les experts qui nous donnent les bonnes réponses et être prêt à payer le prix. C’est en plus être souple et flexible, pour faire évoluer son offre, son service ou son produit en fonction de l’évolution du marché ou des leçons apprises sur le chemin.

Dans ma réalité de ce fait, être entrepreneur c’est ardu, ça mérite de la volonté et ce n’est absolument pas le truc « fun », « à la mode » que les médias veulent montrer. Ce n’est pas LA solution miracle au chômage des jeunes en Afrique. Ce n’est pas un monde plein de stars au contraire. Je crois que les stars ce n’est pas plus de 5% et surtout, ce n’est pas un monde réservé aux jeunes.

Je vous reparlerai sûrement de mon expérience de ce monde. Je n’aurais aucune solution miracle et ça pourra peut-être faire « déjà vu » mais on ne ré-invente pas la roue. J’espère pouvoir faire découvrir un quotidien différent et réaliste de la vie d’entrepreneur en Afrique et au Cameroun.

En attendant, quelle est votre vision de l’entrepreneuriat ici (au Cameroun, en Afrique) ou ailleurs? Parlons-en ici, sur Facebook ou sur Twitter. A tout à l’heure.

Love, Anna♦


Et si on parlait mariage?

Et si on parlait mariage, et de l’image négative que les réseaux sociaux tendent à vouloir lui donner de nos jours? Il est triste de voir à quel point ces espaces peuvent devenir des lieux de définitions (positives ou négatives) de la perception générale de la vie.

Ceci est d’autant plus vrai dans l’univers Camerounais où tout le monde a parfois tendance à définir une vision des choses et notamment sur le sujet critique du mariage

Les réseaux sociaux et notamment les espaces d’expression pour les femmes (site internet, groupes & pages Facebook, comptes Twitter de personnalité) semblent s’être lancés dans un combat éperdu pour diaboliser le mariage. Vous me direz, avec cette capacité de Facebook à ne vous présenter que les publications qui seraient susceptibles de vous intéresser (suite à de vagues interactions), peut-être ai-je été piégée. Toujours est-il que de plus en plus autour de moi, j’entends les gens et surtout les femmes parler du mariage comme d’un tombeau, un endroit où on ne vivrait que du malheur parce qu’il faut (comme le dit une chanson célèbre chez moi) « supporter ».

Supporter l’infidélité, la violence, le manque de respect, bref, supporter d’être un chiffon. Quant à l’homme, il doit aussi supporter la belle-famille, les demandes incessantes et sans fin de sa femme (financières toujours), supporter en somme d’être mal accompagné.

Le plus drôle dans cette vision est donc, que le mariage est décrit dès le départ comme une fin en soi nécessaire (statut social, pression familiale) mais en aucun cas heureuse. Et pour moi, il était temps de dire STOP AU MASSACRE DE NOS ESPRITS.

Il est temps de reparler du mariage pour ce qu’il est (selon moi) et surtout pour les uns et les autres de se responsabiliser. Je décris le mariage comme l’union de deux personnes engagées à se soutenir, s’accompagner le long d’une vie, ceci incluant avoir un projet de vie commun, être conscient de la responsabilité d’être parents (si on souhaite des enfants) et s’offrir respect, amour et entente cordiale. Dans un mariage comme dans toute relation humaine forte, il y a possibilité d’éclats de voix, de petites ou grosses bouderies mais des mots doivent toujours demeurer: respect, engagement, amour.  Et ça  revient à poser une question à tous ceux mariés ou non qui diabolisent le mariage: Pourquoi vous mariez-vous? Pourquoi s’enchaîner comme vous le dites si souvent? Etes-vous certains que le mariage est fait pour vous?

Je ne sais pour vous mais j’ai la naïveté de croire qu’avant de me mettre en couple, je prends la peine de m’aimer et de m’apprécier pour ce que je suis, de définir ce que je veux pour moi, ce que je suis prête à tolérer, ou accepter dans une relation de couple. Lorsque je rencontre quelqu’un, je dois pouvoir lui rappeler tout cela, et exiger d’être traitée à ma juste valeur et de faire de même pour lui. Je dois pouvoir admettre que comme je ne suis pas parfaite, l’autre ne peut l’être non plus. Lorsque je passe à l’état de l’engagement, je dois pouvoir prendre tout cela en compte et cela vaut de même pour l’homme.

Si nous avions tous cette vision, cette patience et cette honnêteté intellectuelle, n’aurions-nous pas plus de chance d’être heureux en couple et ce pour longtemps?

J’ai tendance à croire qu’il serait vraiment temps que les uns et les autres prennent plus de responsabilité pour leurs actes et choix. En effet, si des mariages ne sont pas heureux, ne serait-il pas plus productif de se battre pour les rendre heureux, où tout simplement a la façon dont nous nous sommes mis dans cette situation? Quel est l’intérêt pour des actes individuels de donner au grand nombre, une image généralement négative et déprimante d’une institution en laquelle beaucoup croient? Le mariage peut être heureux ou bien?

Qu’en pensez-vous?  Et vous le mariage vous en dites quoi? J’ai hâte de vous lire.

Love, Anna♦


Nous sommes le 20 Mai, au Cameroun

Bonjour les gens, bonjour le monde ou plutôt bonsoir (il est bientôt 18 heures chez moi),

 

Fetenationale

Le 20 Mai célèbre en effet la Fête Nationale du Cameroun, chaque année depuis 1972. C’est le symbole de la naissance de la République unie du Cameroun, et non comme pour beaucoup de pays Africains, la date anniversaire de l’indépendance (1960). C’est le symbole de la réunification du Cameroun anglophone et du Cameroun francophone qui avaient été jusque-là deux états fédérés.

Je choisis de faire ce rappel car il illustre pour moi, toute la symbolique de cette fête qui me semble perdue aujourd’hui. Le 20 Mai, c’est l’occasion pour les uns et les autres de faire de jolis statuts sur les réseaux sociaux, d’envoyer des photos et de ce fait de rappeler a priori de leur caractère de citoyen Camerounais.

Et voilà bien là tout le drame. Je me demande parfois (en m’intégrant dans la conversation), si nous sommes des citoyens ou juste des habitants de notre pays. Je me demande souvent, si les difficultés, les travers de notre société, le manque de connaissance de notre histoire, la culture de l’instant dans laquelle nous rentrons, si tout cela ne nous fait pas oublier le sens de la citoyenneté.

Je me demande (oui, je réfléchis peut-être un peu trop) si quand nous banalisons l’acquis qu’est la paix dans notre pays, nous avons déjà visité un pays en guerre, mais je dis bien en vraie guerre, pour y avoir constaté les ravages humains, économiques, culturels parfois irrémédiables. Et pour cela, je reviens à la symbolique du 20 Mai 1972.

Depuis cette date, malgré les menaces constantes de sécession, malgré les plaintes réelles et compréhensibles de la frange anglophone (minoritaire) sur son intégration, son développement, malgré les deux cent tribus  (au minimum) que comptent ce pays, nous n’avons pas encore explosé. Au Nigéria voisin, le passage d’un gouvernement Nordiste à un gouvernement Ibo, suite à un coup d’état, et la reprise du pouvoir violente et sanglante par des Nordistes, avaient entraîné purement et simplement, une sécession, avec la naissance de la république Ibo du Biafra  Cet état a disparu au terme d’une guerre qui  a duré trois ans et tué près d’un million de personnes. Alors, essayons de visualiser, si chez nous, il avait fallu une guerre entre le Cameroun francophone et le Cameroun anglophone pour parvenir à une réunification?  Imaginons si les attributs parfois loufoques que nous donnons aux différentes ethnies, étaient devenus de motifs suffisants pour qu’un groupe veuille en exterminer un autre? Rien qu’à y penser, j’ai froid, je tremble et j’ai juste envie de dire « Merci Seigneur ».

Voilà donc un acquis que nous négligeons, galvaudons: la paix. Aujourd’hui la nébuleuse Boko Haram a fait perdre à nos frères du Nord, cet acquis. Pour revenir à la notion de citoyenneté, en tant que citoyen se plaindre c’est un droit. En tant que citoyen, exiger un gouvernement démocratique (si tant étant que ce mot veut vraiment dire quelque chose quand on voit la main mise des grands conglomérats économiques dans la vie publique du monde entier) est un droit. En tant que citoyen, attendre de son état qu’il nous donne les conditions d’un bon vivre est une nécessité.

Mais en tant que citoyen, on a aussi le devoir de payer ses impôts. En tant que citoyen, on a le devoir de ne pas donner 500 à un policier en cas de difficulté. En tant que citoyen, on doit agir sur la place publique. En tant que citoyen, on doit contribuer à son niveau au développement de la cité. Il n’existe pas de manuel de la citoyenneté mais j’ai la féerie de croire qu’en tant que citoyen, on pourrait faire autre chose que se plaindre.

Oui, nous pensons tous mériter mieux au Cameroun. Oui, nous estimons pour beaucoup avoir été pris en otage par un système qui tue les jeunes, l’innovation, la pensée etc… Mais en tant que citoyen, nous ne devons pas oublier qu’il s’agit de NOTRE pays. Donc plusieurs choix s’offrent à nous: la langueur, la plainte incessante qui n’y changera rien, ni pour nous, ni pour nos enfants, ou un vrai changement de mentalités, un changement complet dans la société qui viendrait du bas, qui aura été impulsé par notre prise de conscience individuelle et collective.

Oui, le Cameroun est notre pays, notre terre, nous fêtons aujourd’hui sa réunification et si nous voulons la fêter encore et encore, il faudra bien chacun dans son domaine, à sa façon, dans sa vie de tous les jours, se mouiller un peu le maillot. C’est inéluctable. C’est essentiel si nous voulons préserver la paix. C’est essentiel si nous souhaitons sincèrement un changement, un mieux. La critique c’est bien, mais ça n’a jamais nourri personne.

Tout ceci n’est qu’un point de vue, une rengaine sûrement ou pas déjà lu. Il y a des jours où je ne suis pas certaine d’être moi-même cette citoyenne que je voudrais que nous soyons tous. Il y a des jours où comme tout le monde j’en ai marre. Mais je me rappelle toujours qu’être citoyen ce n’est pas un choix, c’est un devoir, une obligation et cahin caha, j’essaie. Et vous?

 

Love, Anna


Donald Trump ou le racisme sans scrupules

Le 21 mars célèbre chaque année la « Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale ».
RACISME, définition : » idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races humaines, considère que certaines races sont intrinsèquement supérieures à d’autres. »

A dire vrai, avant cette année 2016, je ne connaissais pas cette date. Je ne connaissais pas cette date et j’ai aucun souvenir d’une action phare qui  ait rappelé cette journée internationale à mon bon souvenir. C’est à croire que cette journée est peu célébrée et donc peu connue…  Je suis installée au Cameroun depuis  plus de sept ans, un pays peuplé de noirs, et comme il paraît que les noirs ne sont pas racistes, il n’y avait sans doute pas de raisons que j’observe une manifestation particulière ce jour là . Comme on dit parfois de certaines choses chez nous au Cameroun : « ça ce sont des problèmes de blancs » (et on n’est toujours pas racistes, je vous le dis !).

Cette année, j’ai donc appris qu’il existait une journée pour dire NON au racisme. Quand on observe tout ce qu’il se passe dans le monde, y’a du boulot… Il suffi de suivre l’actualité internationale, il y a de quoi s’insurger contre la prétention de certains individus qui se croient réellement supérieurs aux autres, du simple fait de leur « race ». Avez-vous entendu parler d’un certain Donald Trump ? Exemple typique. Cet homme d’affaires américain a eu pour dernière lubie celle de devenir président des Etats-Unis. Donald Trump est actuellement en pleine campagne pour la présidentielle et multiplie les propos racistes.

Monsieur Trump m’a donc rappelé le sens du mot « racisme ». Grâce à Trump, on perçoit bien à quel point le racisme est bêtise, médiocrité, ignorance et méchanceté. Trump nous rappelle à quel point le racisme est synonyme de peur, peur de l’autre, peur de l’étranger, peur du futur. Cet homme là doit avoir très peur. Avoir peur des autres et du futur… plutôt embêtant pour quelqu’un qui veut diriger les Etats-Unis. Curieusement, Trump est applaudi par des milliers d’américains, ses propos le rendent très populaire. J’essaye de comprendre. Que se passe-t-il aux Etats-Unis ? L’immigration fait partie de l’histoire de ce pays, elle a toujours été un des socles de la société, le mélange de races fait partie de son identité, c’est donc censé être quelque chose de normal. Mais dans cette société riche de gens de toutes origines, on a souvent donné au blanc le sentiment qu’il avait une suprématie certaine, et ce depuis longtemps, la traite négrière ça vous dit quelque chose ? Tout le monde sait qu’aujourd’hui  » c’est la crise », y compris aux Etats-Unis. La classe moyenne blanche américaine subit la crise, c’est la bataille pour trouver du boulot, ça devient dur d’arriver à « bien » vivre. Résultat  la bataille est féroce entre les races pour avoir une vie décente. Entre les blancs, les noirs, les hispaniques, les jaunes, les indiens d’Amérique et j’en passe… il y a de quoi faire.

Se sont toujours les mêmes préjugés, les immigrés sont, au choix, délinquants- violents- voleurs- paresseux  etc.  Les noirs ou les latinos seraient tous des usurpateurs. Tout ça justifie le racisme, c’est facile au fond… Voilà le sens que, de jour en jour, Donald Trump redonne au mot « racisme ». Avant, ces idées rétrogrades étaient limitées à certains cercles, à certains groupes politiques, à certains médias. Mais aujourd’hui, les gens ne sont plus gênés d’avoir des propos ouvertement racistes. Plus de honte, pas de scrupules. Pire encore, Trump proclame fièrement des idées xénophobes, il est applaudi, de nouveaux militants se revendiquent du parti Républicain et Trump continue à grimper dans les sondages ! Quelle misère.

A priori, le racisme primaire de Donald Trump ne devrait pas être mon problème, cela ne devrait pas me toucher, je ne suis pas américaine, je ne suis qu’une pauvre petite camerounaise. Mais les Etats-Unis c’est quand même la première puissance mondiale, ça pose problème… En 2015, j’ai participé aux tests de recrutement pour le « Mandela Fellowship », souvent appelé « YALI Programm », c’est un programme américain qui permet à de jeunes africains de recevoir pendant trois semaines une formation en leadership. Les jeunes ont rencontré le président Obama, ils ont aussi rencontré des personnalités influentes, le principe est d’apprendre à avancer avec efficacité et d’apporter sa pierre à l’édifice d’un monde meilleur. Que deviendrait un tel programme si Trump était élu président des Etats-Unis ? Quel type de collaboration l’Afrique serait-elle en droit d’attendre d’un président raciste, qui n’a pas hésité, dans un de ses discours, à nous traiter de « sots paresseux » ? (En octobre, à Indianapolis, Trump affirmait que « certains Africains sont des sots paresseux, tout juste bons à manger, faire l’amour et voler »). Observer un type comme Donald Trump c’est observer la banalité croissante avec laquelle des groupes d’individus sont aujourd’hui catalogués, du fait de leur race ou de leur appartenance religieuse, cela m’effraie.

Le 21 mars devrait désormais être une date significative d’action,  parce-qu’ il est grand  temps de dire activement NON au racisme. Le racisme est là, bien présent, il reprend du poil de la bête, attention !
RACISME, définition : haine crasse, fabrique permanente à préjugés.

PS: Une pétition a été lancée par AVAAZ pour dénoncer le racisme de Mr. TRUMP. Copiez-collez le lien qui suit dans votre navigateur pour vous aussi dire NON: https://secure.avaaz.org/fr/deartrump/?cCDBDib

Anna.


Ecrire comme une arme

Ecrire pour se répéter, écrire pour dire ce en quoi l’on croit, écrire pour garder l’espoir, écrire quand on ne peut pas marcher, écrire comme seule arme.

Ecrire, me permet d’évoquer ces sujets tabous qui apportent peine et douleur dans mon pays le Cameroun. Ecrire, me permet surtout d’apporter une voix parfois dissonante mais que j’assume pleinement.

Ecrire pour dire que j’ai peur, oui très peur. Lorsque dans un pays, les êtres humains n’ont plus de dignité. Nombre de fois, j’ai constaté dans ces colonnes, le manque de dignité accordé à l’être humain dans la société dans laquelle je vis. Un accident, un passage à tabac de bandits, une bavure policière, une bavure médicale, un revenge porn, tant d’exemples où Internet donne désormais le droit à certains de mes compatriotes d’exprimer leur désintérêt pour l’être humain, et ceci en général dans le but d’informer, dénoncer. Internet n’est pas le seul outil. Il n’y a qu’à observer les attroupements parfois de centaines de personnes autour d’un accident, ou de tout phénomène public inhabituel (bagarre, etc.). Tout le monde  regarde, compatit a priori mais personne ne veut rien faire, pas une pièce, un secours, rien juste ce voyeurisme aggravé.

Ecrire pour dire encore que j’ai peur, toujours peur de ce manque de dignité mais dans un autre contexte. L’empathie est un mot qui semble parfois s’évanouir du quotidien de mes frères et soeurs. Pour un rien, on s’énerve, on en vient aux mots insultants, irrespectueux que ce soit en public ou sur des plate-formes virtuelles. Pour un rien, dans un lieu où on peut s’attendre à de la compréhension comme un hôpital, même dans les cliniques privées où on paie pourtant pour se faire soigner, pour un rien, on vous manque de respect, pour un rien, on ne compatis pas à votre mal. Beaucoup de mes frères et soeurs (moi y compris) sont choqués par le drame de l’hôpital Laquintinie. Je dirais que le choc vient de son caractère spéctaculaire. Je dirais même « encore heureux que nous soyons choqués » car lorsque je vois le manque d’empathie et de tolérance que nous subissons et tolérons tous les jours (boulangeries, taxis, administration publique, et j’en passe), il est rassurant de se dire que le manque d’intérêt pour un être humain peut encore faire mal.

Ecrire pour dire que le système est pourri à la tête certes mais surtout les citoyens que nous sommes le sont. Trop souvent, nous disons « ce n’est pas grave, « on n’y peut rien », « c’est normal, y a rien à faire », « le pays-ci est foutu, tout les Camerounais sont pourris »,  » ce pays est un pays de faux » etc…

Pourtant, il demeure des policiers qui font leur travail avec passion, des médecins qui comprennent le sens de l’engagement, des préposés d’administration qui ont toujours le sourire. Pourtant, il demeure possible d’avoir recours à un certain nombre de services publics, sans corrompre qui que ce soit, il demeure possible de trouver un emploi sans se prostituer, il demeure possible de naître, vivre, grandir dans ce pays en étant honnête même lorsqu’on est pas riche. Il demeure beaucoup de gens capables de se mettre aux services des autres, des initiatives publiques ou privées qui sont au service du plus grand nombre sans contrepartie. Il demeure de l’espoir, il demeure la possibilité en tout et pour tout de voir le verre à moitié plein au lieu de voir le verre à moitié vide.

Ecrire pour songer au fait que les maîtres de ce système finiront peut-être par réussir leurs paris: mettre les Camerounais à dos les uns contre les autres. Ecrire pour rappeler que le statut de fonctionnaire dans mon cher et tendre pays n’a d’avantage que lorsqu’on est corrompu et tout le monde ne l’est pas. Ecrire pour me souvenir que dans tous les corps d’état, il y a eu ces trente dernières années, des grèves liées aux conditions de vie. Ecrire pour me souvenir, que lorsqu’une personne est désabusée, il n’y a souvent plus grand chose à en tirer. Ecrire pour me rappeler, que nos fonctionnaires sont désabusés voire même plus que nous.

Les gestes malencontreux, les crises, les morts par laxisme ne sont pas excusables. Toutefois, il nous faudra bien plus que nous plaindre en masse une fois par an, lorsque trop c’est trop pour enfin tirer la sonnette d’alarme. Chacun a un rôle ne serait-ce qu’infime à jouer. Une marche peut en être la première étape mais l’adoption d’une mentalité de solidarité et d’empathie journalière est aussi un autre grand pas.

Ecrire pour rappeler que quelque puissant que soit un puissant, il y a toujours un moment où le puissant doit rejoindre les mortels. Ecrire pour rappeler que nous ne devons cesser de croire au changement, croire en nous-mêmes et bâtir patiemment pour créer ce moment où le puissant n’aura d’autre choix que de nous écouter ou de partir.

Ecrire enfin, pour dire aurevoir à Monique KOUMATE et à ses jumeaux. Quelque soit les circonstances de fond, chacun mérite une meilleure fin. Ecrire pour supplier mes compatriotes de garder la foi. Ecrire pour rappeler à mes compatriotes que la masse peut faire changer les choses mais pour cela elle se doit d’être soudée, et pas seulement sur certains sujets. Ecrire pour rappeler qu’il ne faudrait pas que certaines morts soient vaines. Ecrire pour mon pays que je ne quitterai pour rien au monde. Ecrire pour mon pays pour lequel je souhaite avant tout me battre. Une autre occasion de se battre existe, en signant d’ores et déjà cette pétition pour une réforme du système des Urgences médicales au Cameroun.

Ecrire, écrire, écrire encore et toujours car en temps de crise ou de guerre à chacun ses armes. Telle est la mienne.

Anna♦


Il y a aussi de l’espoir- Together For Blaise

L’espoir fait vivre, l’espoir nourrit, l’espoir est la sève à laquelle nombre d’entre nous, nous abreuvons pour continuer le chemin parfois si sinueux de la vie.

Dans un pays comme le Cameroun et de façon générale dans des pays au niveau de vie encore peu élevés, dans des pays où l’état n’arrive pas encore à protéger efficacement le plus grand nombre de ses citoyens, l’espoir est souvent la seule arme qui reste aux uns et aux autres pour faire face aux difficultés.

L’espoir est aussi, je le pense sincèrement, la motivation première de nombre d’entre nous qui décidons du jour au lendemain de faire quelque chose pour notre prochain (comme on le dit bibliquement- temps de carême oblige pour la fervente chrétienne que je suis). Je n’ai nul doute, en effet que c’est l’espoir qui a motivé le photographe Steve Mvondo dans l’aventure impromptue et pleine de coeur dans laquelle il s’est lancé et qui porte désormais le nom « Together For Blaise« .

Blaise, est un jeune de dix-neuf ans lui aussi plein d’espoir. Il rêve notamment de devenir informaticien. Blaise ainsi décrit a le rêve de nombreux adolescents au Cameroun et ailleurs. Un jeune, somme toute normal, banal. Mais Blaise plein d’espoir, ambitieux, Blaise est a priori mal parti car c’est un enfant de la rue. Steve Mvondo au fil de ses « marches » ou « waka » (comme on dit chez nous au Cameroun, pour désigner une balade), a rencontré le jeune Blaise. Il a fait plus que le rencontrer, il a écouté, il a voulu se nourrir de son espoir.

C’est la raison pour laquelle j’ai eu envie de partager cette initiative avec vous. En effet, trop souvent, nous avons l’opportunité dans la vie, d’aider l’autre, de lui redonner de l’espoir. Mais nous nous laissons happer par nos propres vies, nos propres difficultés et nous laissons trè peu de place à la compassion, à l’ouverture. Steve Mvondo a voulu pour une fois s’arrêter et faire ce que nous devrions tous faire plus souvent (et ce quelque soit le pays du monde où nous nous trouvons car la misère n’a pas de frontières): écouter, s’ouvrir et se dire « si je pouvais l’aider… ». Armé de cette résolution et au travers de son talent de photographe et de la plate-forme qu’il s’était créé à cet effet sur Facebook, Steve a agi pour redonner de l’espoir. Il a partagé avec nous, internautes, l’histoire de Blaise. Il est allé plus loin en se renseignant sur les voies et moyens pour aider au moins-ce cet enfant-là, à sortir de la rue.

Steve nous a ainsi permis de découvrir une association au Cameroun, basée à Douala et spécialisée dans l’accueil des enfants auparavant vivant dans la rue. Avec l’aide du ministère des affaires sociales et des âmes de bonne volonté, l’association AGAPE propose gîte et couvert à ces enfants, leur donnant ainsi une chance de réinsertion. Au terme d’une petite enquête menée par l’agence, le jeune Blaise a été recueilli.

Steve Mvondo nous invite donc tous à un élan de générosité au travers de dons à cette association pour subvenir aux besoins spécifiques de Blaise et pourquoi pas d’autres enfants du centre. Ayant arrêté l’école au CM1 et de par son âge, Blaise ne pourra pas être re-scolarisé au sens strict du terme. Le but est de lui permettre d’intégrer un centre de formation en informatique, se préparer à un métier, en l’occurence celui qui est cher et avoir des armes pour affronter la vie, et s’assumer. Le bel élan de générosité a déjà entraîné des promesses de professionnel de l’informatique désireux de lui ouvrir leurs portes au terme de sa formation. Que d’espoirs!

Cette initiative à laquelle je compte participer, me redonne de l’espoir. Espoir que mon pays peut changer et que les choses peuvent aller mieux. Espoir qu’il y a encore des âmes de citoyen qui sommeillent en beaucoup d’entre nous (les réactions sur la page Facebook le prouve).   Ainsi parler de Steve Mvondo et de #TogetherForBlaise dans cet espace, c’est une première étape de ma contribution et c’est surtout l’occasion de mettre en lumière un acte noble et permettre à un plus grand nombre de personnes de participer

Découvrez l’action en cours sur la page Facebook de Steve Mvondo en cliquant ici.
Participez à la collecte de fonds actuellement en cours sur le site Leetchi.com (un clic sur le texte surligné)

L’espoir n’a pas de frontières, la charité n’a pas de limites. Avec l’espoir, mon pays le Cameroun finira par trouver sa voie, je n’en doute point.

XoXo,

Anna♦


Il y a aussi de l’espoir – #NousCitoyens

Il y a aussi de l’espoir, chez moi, dans mon beau pays le Cameroun.

Il y a de cela quelques jours, je constatais avec grande tristesse que le pays va mal, tout en terminant en vous rappelant que sous aucun prétexte, je ne perdrai l’espoir de voir une amélioration. Cette amélioration, cet espoir, je suis heureuse et agréablement surprise de pouvoir la palper autour de moi.

Je ne sais pas si c’est moi qui ayant perdu espoir ne voyait pas ce qui se passait autour de moi, ou ce sont ces initiatives qui sont venues à moi pour me donner une raison de partager l’espoir avec vous. Toujours est-il, qu’au cours de ces deux derniers jours, j’ai découvert deux projets dont je souhaiterais vous parler. Il ne s’agit pas seulement de vous en parler mais surtout vous inciter à les soutenir si possible. Pour ce faire, j’écrirai deux articles pour laisser suffisamment d’espace à chacun des projets.

Flamme de l’espoir N°1: #NousCitoyens

Je suis tombée par hasard sur l’espace NousCitoyens grâce à un de leurs articles qui a fait le tour du Web (Steve Fouman, 25 ans, militaire du BIR). NousCitoyens c’est donc un collectif (Marcel, JP, Samuel, Christine, Aurélie, Paola) de jeunes Camerounais qui souhaitent redonner dans notre cité, un sens au mot « citoyen ». L’initiative est né d’un triple constat, selon l’un des porteurs du projet Marcel :

  •  la situation de notre pays-le Cameroun- (ou de pays semblables) pourrait certainement être meilleure
  •  l’esprit humain a tendance à retenir surtout le mauvais, et donc les exemples de mauvaise gestion, de mauvais comportement sont ceux qui frappent le plus et ceux dont on discute le plus. –
  • Parfois, et c’est le pire, ces « mauvais » exemples sont même pris comme modèle puisqu’ils conduisent parfois à l’enrichissement rapide.

De ces constats, est née la volonté de présenter des modèles différents, des modèles positifs, des modèles d’espoir. Pour présenter les 28 modèles qu’ils ont choisi pour un départ, ils utilisent un blog sur lequel ils publient de façon bi-hebdommadaire, depuis la mi-Février. En ce qui concerne les portraits, il s’agit de jeunes représentant des valeurs de « travail, exigence dans la qualité, intégrité, humanisme, désintéressement, etc » afin de susciter chez les lecteurs déjà engagés, le sentiment qu’ils ne sont pas seuls dans leur cheminement de citoyen et chez ceux qui n’ont pas encore fait le pas, l’envie d’être meilleur, l’envie de faire eux aussi quelque chose pour leurs pays.

Au terme de la publication des 28 Portraits, l’équipe du Projet #NousCitoyens souhaite aller plus loin avec des supports de communication à diffusion plus large, pour que la flamme d’espoir puisse être transmise au plus grand nombre. Ils travaillent notamment sur un livre compilant les différentes histoires et qui pour ce faire, pourrait contenir plus de 28 portraits. Pour eux, passer le message, passe aussi par l’image et en l’occurrence le dessin, raison pour laquelle leurs histoires sont toujours illustrées (cf. Image de Une).

Pour ceux qui comme moi souhaitent les soutenir, il suffit de faire vivre l’espoir. Comment? En étant soi-même des exemples de bon citoyen dans nos cités camerounaises. Mais plus simplement, en visitant le blog #NousCitoyens, en aimant leur page Facebook et en partageant leurs publications et articles tout autour de vous. Vous pouvez aussi les contacter afin de leur recommander des personnes qui pour vous font figure de modèle.

Mon coeur s’enivre lorsque je vois des jeunes qui s’engagent, font vivre l’espoir et n’ont pas peur de croire au changement. Parce que j’aime mon beau Pays le Cameroun, je suis heureuse de partager et donner plus de voix à de telles initiatives car, oui, nous sommes tous citoyens. Bon Vent à l’équipe #NousCitoyens.

A très bientôt pour mon 2ème volume de la flamme de l’espoir.

Anna♦


Mon pays (le Cameroun) va mal

Mon pays va mal, très très mal.

Et pour arriver à penser cela, il faut avoir usé de ma sève d’optimiste têtue. Mais oui, mon pays va mal.

Dans mon pays, les routes tombent en lambeaux, tuent chaque jour un peu plus, mais ça ne semble déranger personne.

Dans mon pays, on multiplie les slogans, grands, petits, transformation, rénovation, plan triennal, plan quinquennal, mais rien n’y fait, le pays va mal.

Dans mon pays, les jeunes n’ont plus de modèles. Le piment, expression célèbre chez moi pour parler à mots couverts des belles qui ont décidé que leur corps était leur meilleur atout, oui dans mon pays, le piment a des beaux jours.

Dans mon pays, je disais, les jeunes n’ont plus de modèles. Le piment fait désormais peau neuve sur la place publique. Les commerçantes de ce bien précieux ne se cachent plus. Elles affichent désormais leurs voitures, leurs sacs de marque, leur statut d’amantes ou que sais-je encore. Elles ont désormais le droit de citer sur les presses internationales pour défendre (il faut y croire) les droits des femmes. Ces commerçantes d’un nouveau genre ne sont-elles pas au fond bien le symbole du pauvre rôle que la femme a dans mon pays ? Ces commerçantes sont-elles conscientes d’être des objets ni plus ni moins ? Je me pose vraiment la question. Triste réalité que la nôtre.

Dans mon pays, le saupoudrage est un art. Que ce soit dans les marchés publics, que ce soit dans les initiatives privées dites sociales, on s’occupe de tout, on parle de tout, on fait tout mais au final on ne fait rien. Et avec le saupoudrage, on occupe la place publique, qu’on soit homme d’état, homme d’affaire, « journaleux », jeune en devenir. On occupe les médias. On occupe les premières places partout. Avec le saupoudrage, on se maintient et on prend le contrôle chaque jour un peu plus.

Dans mon pays, les enfants de la rue sont des marginaux, sans aucune institution forte pour les réinsérer. Dans mon pays, les personnes âgées ne sont pas encadrées. Une des rares institutions privées qui soit dévouée à leur cause vient de perdre sa fondatrice, une sœur catholique âgée de 85 ans. A peine décédée, son institution est déjà menacée d’éviction. Dans mon pays, il n’y a pas d’assurance maladie publique et les assurances privées estiment que la maladie est un risque à perte qu’elles ne peuvent assurer que s’il est accompagné d’autres polices (habitation, voiture, entreprise, etc).

Dans mon pays, quand tu as un travail, tu dis merci à Dieu. Dans mon pays, être fonctionnaire est un accomplissement de vie, travailler dans le privé, le sésame qui te met au-dessus de la populace, se mettre à son compte un échec prémédité et faire du bien pour les autres, un acte d’aveugle.

Dans mon pays, l’étranger a plus de pouvoir que l’autochtone. Être ministre c’est un statut, un titre mais en aucun cas une fonction avec des devoirs et des responsabilités. C’est ainsi que les prêts internationaux augmentent chaque jour de plus en plus, se chiffrent en milliards. Qui va payer l’addition ? On se le demande. Quel sera le résultat de ces investissements, on l’attend en priant pour que le budget ne soit détourné qu’à 50%.

Dans mon pays, à force de se demander quand ça changera, on meurt. Dans mon pays, à force de se dire qu’on veut faire quelque chose pour changer, on se meurt. Dans mon pays, tous ceux qui ont dit non sont morts. Dans mon pays, l’histoire c’est pour les morts. Les vivants, vivent. Dans mon pays, tout est à refaire mais rien ou presque ne bouge.

Dans mon pays, être citoyen c’est être un individu passif, attentiste et opportuniste. Dans mon pays, être homme d’affaire ou patron dans le parapublic, c’est s’enrichir, s’enrichir, s’enrichir toujours plus, sans jamais réinvestir, sans être pérenne, sans faire dans le social, en mettant toute sa famille, même ses cousins les plus lointains en haut, sans avoir peur de Dieu.

Dans mon pays, mieux vaut ne pas connaitre la vie des gens. On ne s’en remettrait pas. Dans mon pays cependant, malgré tout, il y a des gens qui comme moi, au fond, n’ont pas perdu espoir. Il demeure des gens meilleurs que moi, qui continuent à se battre, prendre des risques pour faire du bien malgré tout, chaque jour. Il existe quelques rares ministres qui font leur travail et il est encore des fonctionnaires qui veulent réellement apporter leur pierre à l’édifice.

Dans mon pays, la médiocrité veut l’emporter sur le bon sens mais comme on dit aussi dans mon pays « Dieu ne dort », oui il ne dort pas et fervente chrétienne que je suis, en ce temps de carême, j’ai remis mon pays en prière. Je reste persuadée que nous pouvons encore, si nous le voulons, patiemment, lentement, inverser le mauvais sort.

Dans mon pays, je veux rester optimiste malgré tout, je ne veux pas fuir. Je veux rester, agir, écrire comme je le fais maintenant, participer même de façon insignifiante au changement.

Dans mon pays, je veux avoir l’occasion de faire du bien autour de moi, d’alléger un peu la peine et je respecte toutes les personnes que je connais qui n’hésite pas à le faire tous les jours (KF Heart or Steve Mvondo- #togetherforblaise) et que je souhaiterais pouvoir aider mieux.

Dans mon pays, je continue à rêver de lendemains meilleurs pour mes enfants.

C’était un rappel que mon pays va mal, très mal mais que mon pays je l’aime avant tout et j’en reste fière malgré tout.

Anna♦


Les Suprêmes- Edward Kelsey Moore

« Les Suprêmes », c’est un cadeau de Noël que j’ai enfin pu lire avec bonheur.

les-supremes
Suprêmes-Edward Kelsey Moore
Tous Droits Réservés, La Case d’Anna 2016.

« Les Suprêmes » c’est un cadeau d’amour de ma petite soeur chérie. « Les Suprêmes » c’est un cadeau de vie car on n’en sort inmanquablement bouleversé. « Les Suprêmes », c’est un livre pour femmes mais pas seulement. « Les Suprêmes » c’était une belle fin d’année 2015 pour moi, et sa découverte marquera le début d’une superbe année 2016 pour vous.

« Les Suprêmes » est le premier roman d’Edward Kelsey Moore » qui dans la vie est un violoncelliste professionnel. Ce roman nous conte par les menus détails la vie de trois amies Odette, Clarice et Barbara Jean. Ce sont trois femmes noires américaines vivant dans un état tout sauf gentil l’Indiana.

« Les Suprêmes » ce sont trois jeunes femmes qui deviennent amies au début des années 60 et que pourtant beaucoup sépare. Leur amitié à elle toute seule, est une leçon de tolérance et d’acceptation de la différence: classe moyenne, bourgeoisie black et ghettos se bousculent et s’entrechoquent au fil de leur amitié et de leurs vies.

« Les Suprêmes » nous parle de tellement de choses différentes qu’il faudrait toute une année pour faire une liste. Je retiendrai cependant les thèmes qui m’ont marqué: la différence, l’amour, le combat face à l’adversité.

La différence car nos amies sont différentes. Elles ont toutes les trois des principes qui les lient, mais aussi des principes qui a priori auraient pu les séparer mais même si elles savent se dire la vérité quand il le faut, c’est toujours avec beaucoup d’amour, de respect et de bienveillance.

L’amour, parlons-en est le fil conducteur de ce beau livre à mon humble avis. La vie des trois « Suprêmes » (surnom qui leur a été donné en souvenir du célébre groupe de musique de la Motown) est rythmée par leurs choix amoureux. Que ce soit l’amour qu’elles portent à leurs maris ou l’amour qu’elles portent à leurs enfants, ou encore l’amour qu’elles portent à leurs amies.

Le combat face à l’adversité est un autre des fils conducteurs. « Les Suprêmes » toutes à leur manière, nous donne de belles leçons de courage face aux épreuves de la vie trop souvent nombreuses mais aussi d’honnêteté avec soi-même. J’ai ainsi retenu qu’on ne peut véritablement faire face à un problème ou une peur, que lorsqu’on se le décidé à l’affronter. Faire la sourde oreille, se cacher sous des prétextes, est peut-être possible pendant un moment ou même pendant des décennies mais tôt ou tard, il faut faire face ou sombrer.

La vie est un beau cadeau, et les « Suprêmes » est une belle ode à la vie, à l’amitié, aux plaisirs simples. « Les Suprêmes » m’ont donné envie de vivre plus, de vivre intensément et de donner le meilleur de moi-même pour chaque instant car on ne connait ni l’heure ni le jour.

Au final, les « Suprêmes » c’est un super concentré de bonne humeur, à lire, bien assis(e) au fond d’un canapé, en sirotant un bon petit verre de notre boisson préférée, et en songeant à la chance qu’on a de pouvoir le lire.

Merci à la Debs pour ce beau cadeau, dont je lui serai éternellement reconnaissante. Bonne lecture et n’hésitez pas à partager vos impressions.

Anna♦


Entrepreneur, nous y voilà

Entrepreneur, je l’ai longtemps rêvé, j’en ai souvent parlé, j’ai tant hésité et désormais nous y voilà.

Depuis le 14 Janvier 2016, je suis officiellement, à mon compte, et j’ai plongé dans le monde très dur bien que très sexy de nos jours de l’entrepreneur.

Le saut est si massif, que j’ai décidé de partager avec vous dans une toute nouvelle rubrique, mon évolution dans ce monde, mon parcours, mes réussites (je l’espère), mes échecs, mon expérience en somme. Je le fais, car je pense qu’en Afrique, cela reste un tabou. Devenir entrepreneur, ça commence un peu à être à la mode mais c’est toujours signe de risque insensé. Entrepreneur, ça suppose parfois de se mettre à dos beaucoup de gens. Entrepreneur c’est tout sauf facile. Entrepreneur c’est une aventure et ne dit-on pas que plus on est de fous, plus on rit, alors riez avec moi.

Tout ceci a commencé il y a fort longtemps. Il y a dix ans, j’étais encore étudiante en 2ème année d’école de commerce à Paris et nous avions un cours appelé « Projet professionnel ». Comme son nom l’indique, nous étions invités dans ce cours à amorcer une réflexion sur notre projet professionel à court, moyen ou long terme. Dès ces moments, je songeais déjà à me mettre à mon compte. A l’épôque, je me voyais, chef de projet dans un grand groupe d’évènementiel à la sortie de mes études, puis rentrant triomphalement dans mon pays le Cameroun pour lancer « THE » agence d’évènementiel nantie d’une belle expérience.

Et puis j’ai dû rentrer à la fin de mes études, j‘ai fait des choix différents, et notamment celui il y a six ans de rejoindre un groupe international installé au Cameroun dans le cadre de leur programme « Jeunes Diplômés ». J’ai entamé une carrière au service Marketing qui m’a permise de découvrir toutes les gammes de produit commercialisées par cette boîte, le processus d’innovation, et les principes de base de la gestion. Toutefois, je gardais ce désir ardent de me mettre à mon compte. En fait, à mon retour de France, j’avais même lancé l’embryon d’une société, pensant pouvoir jongler entre travail en entreprise et développement de ma société. Ca n’a clairement pas été possible et je m’étais résignée à attendre une dizaine d’années pour finalement me lancer et en attendant à me battre pour briller dans ma carrière en entreprise.

Tout est souvent si facile quand on le dit, mais moins aisé à implémenter. Malgré un travail fort passionnant, j’ai progressivement perdu de l’entrain. Dans les grandes entreprises, la croissance à deux chiffres est permanente chaque année et le rythme soutenu. Pour atteindre ses objectifs, il n’y a aucune place pour le doute, pour la remise en question et « à ceux à qui beaucoup aura été donné, beaucoup sera demandé en retour ». Je n’ai pas échappé à cette règle et le statut de « Potentiel », me donnait l’obligation de délivrer à 300% en tout temps. Des évènements personnels m’ont poussé au bout de quatre ans, à remettre en question le sens de ma vie, mes priorités, mes souhaits d’avenir.

Et une fois de plus, le mot « entrepreneur » est revenu. J’ai commencé à travailleur sur le projet, le nom souhaité pur l’entreprise, le sen sens que je lui donnais, la vision que j’avais pour elle. Dans le même temps, j’ai plongé dans l’aventure du blogging avec « La Bibliothèque Qui Ne Brûle Pas », puis  » La Case d’Anna » toujours avec cette sensation de ne pas être totalement accomplie. J’ai continué à batailler avec moi-même, bossant sur mon projet tout en esseyant de me donner au boulot. Mais inévitablement, ça n’a pas marché parce que ces choses là ne fonctionnent pas comme ça en tout cas pas pour moi. Chez moi, c’est tout ou rien, passion ou désaveu. C’est ainsi que j’ai après deux ans de réflexion, un matin de Septembre, posé ma démission.

Quand la décision a été prise, je me suis juste sentie libre, je n’avais aucune assurance et je n’en ai toujours aucune d’ailleurs que mon projet d’entrepreneur en valait le coup. Je n’avais aucune assurance d’une réussite assurée, juste une ferme conviction. Je n’étais sûre de rien, mais je me sentais heureuse et en paix. J’ai effectué mes trois mois de préavis comme j’ai pu, avec une volonté de bien faire. Bien faire, car je ne partais pas parce que je n’aimais plus ma boîte, ou mon travail. Je partais car le temps était venu pour moi de faire autre chose, de prendre un chemin différent.

Raconté comme cela, ça a l’air facile, sans anicroches. Que nenni. Mes deux dernières années en entreprise ont été très dures car je me sentais torturée, et je n’étais pas toujours en mesure de donner le meilleur de moi-même et cela me comblait de frustration. Toutefois, ces deux ans m’ont aussi permis de mûrir mon projet, de le soigner, de l’embellir, peut-être à l’excès mais avec beaucoup d’amour.

Et puis le moment de partir est arrivé, et je me suis donc dit « entrepreneur, nous y voilà »!

Ce n’est que le début. J’en ai et en aurai encore de bien belles à vous raconter. J’ai essayé de faire court, bien que long. N’hésitez pas à partager, à laisser un commentaire par-ci, par là, ça me fera plaisir de discuter avec vous. La suite, à tantôt.

Anna ♦


Paris, ce que je retiens!

Paris, c’était un vendredi 13, une soirée normale pour beaucoup qui a basculé dans l’horreur de l’inattendu sans que l’on comprenne bien pourquoi. 

Paris, depuis vendredi déchaîne les passions sur les réseaux sociaux entre citoyens du monde qui ne comprennent pas et rejettent le trop-plein d’attention donné à ce malheur face à tous les malheurs qui habitent la terre tous les jours ou plutôt toutes les autres victimes d’attentat qui parsèment le monde.

Paris, c’est un rappel depuis vendredi que le sentiment anti-Occident, anti-France, augmente de plus en plus partout dans le monde et notamment en Afrique. Une nouvelle génération peut-être plus consciente, revendique les morts récentes et lointaines de son continent et répond à la haine par la haine.

Paris, c’est le triste rappel que le monde va extrêmement mal. Car avant Paris, il y a eu Paris, il y a eu Bagdad, Damas, Beyrouth, Maroua, Kolofata, Garissa et bien d’autres encore, passés ou à venir.

Mais pour moi Africaine, Camerounaise, au-delà de tout ce que j’appellerais des faits qui ne se discutent plus, Paris c’est plus que cela. Paris c’est le rappel violent et amer que la vie humaine n’a pas beaucoup de valeur chez moi. Je ne peux m’empêcher de lire les nombreux témoignages des proches de disparus, les partages d’images d’anonymes, de me rappeler que ce n’est d’ailleurs pas la première fois. En effet, à Paris, la disparition d’un enfant fait la une des journaux avec analyses, photos à l’appui, portrait de la famille, et souvent une mobilisation sur les réseaux socieux etc. Chez moi, une enfant disparu c’est au mieux un communiqué de presse posté à la radio par sa famille qui la recherche en vain, et une apparente indifférence des médias qui généralement rapportent l’information comme un énième fait-divers. A Paris, un accident de la circulation mortel fait une fois de plus la une des journaux sans image des corps mais tout au plus des photos des décédés sous leur meilleur jour, des analyses immédiates et pointues sur les causes possibles de l’accident et des rappels aux automobilistes sur leurs responsabilités, les sanctions pénales et civiles réelles après de vraies enquêtes pour s’assurer que cela n’arrive plus jamais. Chez moi au Cameroun, le même accident peut éventuellement faire l’un des titres du journal mais dans le but de montrer des images désastreuses de corps en lambeaux, faire un macabre décompte des morts et blessés, et écrire 2-3 lignes sur les responsabilités des uns et des autres. Aucune action en justice sérieuse, en tout cas aucun relai presse et aucune action pour ceux qui causent les morts. Je pense notamment, aux morts QUOTIDIENNES dues à un phénomène rare: les motos-taxis.

Loin de moi l’idée fondamentalement de juger, qui serais-je pour me considérer différente de mes autres compatriotes. Mais Paris m’a fait mal. Mal parce que pour la première fois de ma vie, j’ai perdu quelqu’un que je connaissais et j’appréciais, assassinée violemment par des terroristes. Une jeune fille pleine de vie, généreuse, joyeuse qui s’appellait Lola Salines.

Paris m’a fait mal parce que j’ai dû me regarder en face et me demander quelle valeur réelle avait la vie pour moi. J’ai dû repenser à nos morts et me demander à quelle fréquence j’ai pleuré pour le Nord Cameroun, mais plus largement, j’ai dû repenser à toutes les morts banales, souvent horribles qui surgissent dans mon quotidien, à ces accidents violents que j’ai croisé plusieurs fois dans un taxi, à ces hommes qu’on brûle tous les jours au lieu de les remettre à la justice car ils sont des voleurs. J’ai dû repenser au fait que chez moi, et pour moi (de façon consciente ou inconsciente), la mort était devenue banale.

Paris, j’en retiens donc qu’un mort, c’est une vie humaine qui s’envole et qui mérite d’être célébrée. Je ne veux pas en vouloir aux Occidentaux parce qu’ils savent célébrer leurs morts ou plutôt les garder vivants à jamais dans le coeur de tous. Je veux pouvoir me demander, comment, chez moi, individuellement et avec les autres, je vais pouvoir apprendre à rendre aussi mes morts immortels.

Paris, me rappelle que célébrer la vie, immortaliser les morts, c’est la responsabilité de tous, à commencer par nos médias, et nous-mêmes dans nos partages sur les réseaux sociaux. Cessons de partager des débris de corps, des statistiques… Informons-nous plus, recherchons les histoires de vie, apprenons les leçons et ce pour toutes les morts qu »elles soient le résultat d’attentats ou tout simplement d’un accident de la circulation. Ainsi, quand nous apprendrons, à célébrer nos disparus, nous n’aurons plus besoin que Facebook le fasse car ils vivront dans nos coeurs tout simplement.

Paris, ça pourrait aussi être la troisième guerre mondiale qui arrive, l’apprentissage nécessaire que nous devons faire de plus de tolérance mais ça beaucoup en ont déjà parlé et pour moi, au final c’est secondaire. Banaliser la mort, banaliser la violence, c’est déjà avoir accepté tout le reste.

Mon coeur saigne, et je souhaite que mon esprit retienne ainsi la leçon: un mort est une vie qui s’efface. 

Anna♦