Daniel Ndieh

Le torticolis veut ma mort à Yaoundé

Daniel NdiehCrédit photo: Dariche Nehdi

Non, là c’est trop ! Comme les taxis de Yaoundé nuisent à ma santé, mieux je me déplace à pied.

Le torticolis est une contracture musculaire douloureuse du cou. Il affecte principalement le muscle « sterno-cléido-mastoïdien », (le gros muscle du cou). Hum ! J’étais obligé de faire des recherches là-dessus car je n’en pouvais plus de ces douleurs au cou, que je ressens depuis bientôt deux ans. Vous me direz que c’est de ma faute, car par souci d’économie, j’ai pris l’habitude de « bacher » (surcharger au siège avant) au lieu d’occuper normalement les sièges arrière, qui elles, ne souffrent d’aucune surcharge. Moi je rejetterais la faute sur les fameux éléments de la prévention routière. Oui, pourquoi ne font-ils pas leur boulot ? Et la police alors ? En tout cas, ce n’est pas ça qui soulagera ma douleur de si tôt. Non seulement nous surchargeons, mais c’est sur des sièges rafistolés soit avec « la ceinture de sécurité », soit avec du tissu. Waaaaah, le pays ci !

J’ai donc voulu m’intéresser à mon mal ; alors j’ai appris qu’il existe plusieurs formes de torticolis, dont la plus commune est le torticolis musculaire. Il m’a été révélé que les origines de ce mal peuvent être congénitales, infectieuses, traumatiques, orthopédiques, malformatives ou neurologiques. Que Dieu m’en préserve ; moi j’ai juste eu besoin d’emprunter deux-trois taxis, et me voilà « torticolisé », excusez le mot hein, je n’ai pas trouvé mieux.

En attendant de guérir de mon mal en me faisant masser de temps en temps, j’irai à pied au boulot.


Les taxis au Cameroun donnent la chair de poule

Daniel Ndieh

Il faut emprunter un taxi au Cameroun pour comprendre qu’on flirte avec la mort au quotidien. Peux importe le danger qui surviendra, impossible de vous échapper, parce que bloqués à l’intérieur.

Les taxis dans mon pays sont devenus des grosses boîtes à torture ;  pas de système de verrouillage intérieur, ni vide-poches, le dispositif d’ouverture de la vitre (manivelle) est quasi inexistant, pareil pour celui de la portière (il faut à chaque fois ouvrir de l’extérieur). Les sièges, déchiquetés ; il n’est plus surprenant de voir apparaître des petits cafards qui confondent l’odeur de votre parfum à celle de la nourriture. Le chauffeur quant à lui se charge de plus polluer l’atmosphère en déblatérant injures et conneries dont on ne maîtrise la provenance.

En toute honnêteté, être taximan ne fait pas rêver ; de nos jours au Cameroun, c’est un métier en proie au stress permanent et au risque d’agression. Ces mecs bravent tellement de problèmes qu’ils méritent des fois d’être compris. Sauf que ces derniers ne font rien non plus pour améliorer le confort de leurs clients qui pourtant garantissent leur gagne-pain. Même sa (le taximan) propre sécurité est très menacée ; le tableau de bord ne sert plus que de décor. Il devient récurrent de « constater » la panne sèche, car le compteur indicatif ne fonctionne plus. Pareil pour la surchauffe (c’est la fumée sous le capot qui signale le manque d’eau). Le badge professionnel, curieusement à 90 % des cas, est vieux et illisible. Entre violation du code de la route et insultes répétées à l’endroit des autres collègues, les taximen se sentent plus à l’aise dans l’anarchie et l’irrespect.

Pauvres de nous, clients, qui sommes obligés de subir tout cet enfer 7j/7.

Vivement que j’aie « ma » voiture…


Les femmes à Yaoundé offrent leur intimité en plein air

Daniel Ndieh

Pour des raisons diverses, les femmes ont décidé d’exposer leurs parties intimes à qui veut voir le spectacle.

C’est devenu le SASSAYE ! Les sexes féminins sont exposés cadeau dans les rues de la capitale. On a connu ce phénomène un peu partout dans le pays à une certaine époque, mais il reprend des plus belles à Yaoundé, siège des institutions, au regard de tous. Spectacle hallucinant, où déviance et bestialité nourrissent l’atmosphère. Certains, en l’espace de quelques minutes, assouvissent leurs fantasmes en tant que spectateurs d’un tel théâtre, d’autres par contre s’en offusquent, criant au scandale et à l’apocalypse. Et la scène vécue ce jeudi matin (08 janvier 2015) au quartier Warda confortera plus d’un dans l’hypothèse d’une probable fin du monde telle qu’annoncée dans la Bible.

Le soleil était au zénith, mais malgré la forte chaleur qui se dégageait du bitume, une jeune femme, très jolie, l’air pourtant normal, se lance dans une réplique qui n’a pas manqué d’attirer les regards indiscrets. Elle se débarrassera en une fraction de seconde de ses vêtements, et entamera une balade de santé au niveau du Palais Polyvalent des sports. Cette dernière ne se contentera plus de marcher, elle va s’allonger sur le bitume chaud, se trémoussant et se caressant les parties intimes. Quel spectacle ! Très vite, les voyeurs de circonstance vont dégainer leurs téléphones portables en vue d’immortaliser l’instant.

 

Pour essayer de comprendre la situation, beaucoup avanceront l’hypothèse d’une vie facile, l’espoir d’une richesse immédiate, dans un contexte de conjoncture qui ne cesse de croitre. Oui, à tort ou à raison, certains ont décidé de tourner le dos à l’effort, quitte à s’inviter à la table du diable.

« Le monde est formidable, vivons seulement », disait quelqu’un…


Non, donnes-moi le gros noyau-ci…

Daniel Ndieh

crédit photo : Daniel Ndieh
La grosse boîte isotherme contenant les noyaux

Le phénomène fait rage dans les artères de la capitale Yaoundé ; des boulettes « façon-façon » comme les appelle mon ami Abanda Brice, y défraient la chroniques depuis plusieurs mois déjà. Ces dernières portent désormais une appellation, et pas des moindres : Les NOYAUX ! Oui, vous avez bien compris. La clientèle en raffole, et parmi elle, les femmes surtout ; oui, ces dernières, sans trop comprendre pourquoi, se livrent par un nombre incalculable, à cet exercice de consommation de NOYAUX. La boule… Euh, que dis-je ? La boulette, coûte tout juste 100 francs CFA (0,15 EUR). 100 francs CFA pour une recette à priori très simple : après avoir haché de la viande qui curieusement n’est pas que du bœuf (très souvent ils la mélangent à de la viande de chien ou la font avec des restes issus de boucheries, ou ramassés hasardement dans des marchés à l’abri des regards), on y ajoute de l’ail, des oignons et quelques herbes (plus pour le parfum que pour la saveur) très finement pelés. S’en suit le mélange dans un récipient (que l’on espère pour les clients, propre), une poignée de sel (selon la quantité), une légère quantité de cube Maggi (excusez la publicité hein, je relate tel que j’ai vu…), vient alors l’étape que je redoutais le plus : la formation des boules … Euh, ce mot me fait toujours sursauter ; je voulais dire le prélèvement (en quantité impressionnante) de farce pour former des boulettes au creux des « mains » que personnellement je n’ai pas vu lavées… Janvier et Norbert, qui s’attèlent à la tâche, se contentent juste de m’exposer leurs canines, non sans me rappeler : « Le grand journaliste, on sort à la télé quand non ? Ne filme pas mes pieds hein ». Tétanisé, le seul souvenir qui me hante à cet instant, c’est celui des soirées dans les bars de la capitale ; Oh ! Je dégommais les NOYAUX avec « beaucoup de piment à l’appui », pour reprendre la chanson du feu artiste CIRAGE. Une énorme poêle creuse et noircie par le temps, sert de friteuse. Quelques minutes plus tard, les NOYAUX sont prêts et bien chargés dans une énorme boîte repas isotherme afin qu’ils soient maintenus au chaud. Je décide d’accompagner Messi (surnom du vendeur, visiblement très fan de l’attaquant barcelonais), histoire de voir comment ce dernier aguiche sa clientèle. Voilà lancé le cri de guerre, sous un ton ironique, la voix ridiculement aigue : « NOYAUX, NOYAUX, NOYAUX… Les NOYAUX chauds chauds là, Très très chauds les NOYAUX ». Je me retiens de rire, et voilà qu’on se fait appeler par un trio de filles de l’autre côté de la route : « Mon frère ouvres un peu, on voit si tes noyaux-là sont mêmes gros ». Messi réplique immédiatement : « Grand-sœur tu ne me remarque pas ? C’est toi qui avais payé les noyaux de 600 l’autre jour non ? Moi je te remarque bien même ». « Non, toi-même choisis ce qui est bien gros tu me donnes », enchaine-t-elle. Messi ce soir avait alors deux catégories de noyaux : Ceux de 100 francs et ceux de 200 francs. La deuxième fille, sceptique, avoue ne pas apprécier cette création culinaire à la camerounais : « On fait même ça avec quoi ? Moi j’ai peur des trucs comme ça » peste-t-elle ; mais elle finie par en prendre un, après s’être laissée convaincre par la troisième. Verdict : « Hummm ! Ton piment-là est bien fait hein ! Mais vous avez trop mis le sel dans vos noyaux-là ». Dans mon coin, je continue ma lourde mission d’observateur… La première revie€nt au galop : « Hum ! Petit si tu ne m’arrêtes pas je risque finir tes noyaux hein… » A Messi de rassurer : « Grand-sœur tu peux même finir hein, je pars seulement chercher les autres ; il n’est que 19 heures ». Après tout juste deux heures de marches, l’énorme boite isotherme de Messi ne compte plus qu’une dizaine de boulettes. Très satisfait, il me propose d’en prendre un. Vous vous demandez certainement si j’ai accepté…


Un taxi bousille le pied du moto-taximan, Adamou, et prend la fuite

Daniel Ndieh

Crédit Photo: Daniel Ndieh
L’accidenté Adamou, transporté par des âmes de bonne volonté

Adamou, le moto-taximan, se souviendra de cette journée pendantlongtemps. Il aurait pu perdre sa vie, mais il s’en est sorti avec le pied droit bousillé, et le comble est que le taximan qui l’a mis dans cet état a pris la fuite.

Mercredi 29 octobre 2014  à Yaoundé, capitale du Cameroun, plus précisément au quartier Bastos, non loin du carrefour ; Adamou, moto-taximan, vient de se faire renverser par un taximan visiblement pressé. Il est alors 15h22 à ma montre et le soleil insolent me manquait de respect tranquillement… Je suis inconfortablement assis à l’arrière du taxi que j’ai emprunté au Rond-point Nlongkak pour me rendre au Goethe Institut où je devais assister à une conférence de presse sur la professionnalisation du Cinéma camerounais. Je transpire à grosses gouttes et n’y a pas moyen de baisser la vitre –condamnée parce que son remontoir n’est plus à sa place depuis des lustres-, alors je supporte ma souffrance ; une souffrance qui force mon silence, pourtant à côté d’une beauté renversante qui avait stoppé emprunté le véhicule quelques minutes avant moi, pour se rendre chez JC (une rôtisserie très courue dans le coin). Le stratège que je suis ne peut s’avouer vaincu si facilement ; le temps pour moi d’aligner quelques phrases et BAAAN ! De l’autre côté de la route, un accident ! Très vite la circulation s’arrête et l’embouteillage prend forme. Je n’ai pas pu m’empêcher de descendre de mon taxi, m’enquérir de la situation. Sur le bitume, Amadou allongé, se tordant de douleur. Juste à côté de lui, sa moto, renversée, la roue avant continuant de tourner. Ce dernier roulait tranquillement, et selon son témoignage, le chauffeur de taxi (certainement pressé, comme la plupart dans nos villes) et voyant la policière (qui dirigeait, non loin, la circulation), ne voulait plus attendre son tour, alors il a démarré à vive allure et ne s’est soucié d’Adamou qui roulait trop lentement à son goût.

Crédit photo: Daniel Ndieh
Crédit photo: Daniel Ndieh

Le malheureux Adamou s’en sort avec une fracture grave du bras gauche, l’arrière du crâne touché, les phalanges et deux métatarsiens cassés et retrouvés hors de la peau qui les protégeait, et une douleur affreuse au niveau des côtes. Des âmes de bonne volonté sortiront de leurs véhicules afin d’immobiliser tout d’abord l’accidenté sur le trottoir, avant de le conduire au Centre de santé le plus proche. Et le fameux taximan alors? Tout simplement volatilisé dans la nature.

Oookooo ! Cameroun !


Mouf ! Ta mère ! Ta grand-mère !

Crédit Photo: Daniel Ndieh
Le moto-taximan gare devant le chauffeur pour lui demander des comptes

Il faut être respectueux et poli, savoir dédramatiser quand on est face à une situation quelque peu gênante ; des comme ça, je pourrais vous en citer tellement, autant je me rappelle de mes classes de cours élémentaires et mes leçons de civisme. Mais qu’est-ce qui a bien pu se passer, pour qu’on n’en arrive à des échanges verbaux indécents sur la voie publique ? La société camerounaise a-t-elle perdu tout sens de l’éthique ? Croyez-moi, ils sont nombreux aujourd’hui qui le pensent vraiment, puisque quotidiennement confrontés à des problèmes moraux ou éthiques.

Je venais de boucler une interview avec un jeune artiste de la place et il me tardait de rentrer chez moi car la météo, devenue très incertaine, changeait déjà d’humeur… J’ai donc emprunté le premier taxi qui a klaxonné (au Cameroun, les taxis font « un » klaxon quand la destination les arrange ; au cas contraire, ils démarrent à la vitesse de la lumière) devant moi. A peine j’avais « bâché » (terme camerounais employé lorsque vous êtes en surcharge sur le siège avant, côté passager) mon prédécesseur qu’un bruit retenti. En fait le chauffeur, très occupé à prêter son oreille droite aux différentes destinations que pestaient les clients, avait oublié de jeter un coup d’œil rapide sur son rétroviseur pour apprécier la venue derrière-lui d’un éventuel véhicule. Yôrôbô (c’est ainsi que l’appelaient les habitants du coin), le moto-taxi qui passait par là, venait alors de se faire culbuter par notre chauffeur. Ce dernier a eu la mauvaise idée de poursuivre sa course, non sans laisser au passage quelques mots clé : « Je demande hein, on t’a vendu ? Vois-moi un chien comme ça ! Les motoman (expression camerounaise pour désigner un conducteur de moteur) ci sont même comment ? C’était cependant sans compter sur la détermination de Yôrôbô, très remonté.

Le moto-taxi va finir par nous rattraper au Carrefour Régis, et profitera de l’inattention du chauffeur, concentré à ramasser ses clients, pour garer net devant notre véhicule. On a bien cru pour notre transporteur que le temps s’était arrêté. S’engage alors un dialogue des plus impudiques :

– Yôrôbô : Te voici non ? Parles encore le c¨¨¨ de ta mère je vois…

-Taximan : C’est quoi non mon frère ? Il y a quoi ?

– Yôrpobô : Mouf ! Ta mère ! Ta grand-mère ! Villageois comme ça.

– Taximan : Oui je suis villageois ; n’est-ce pas que tu es toi né en ville. Bandit ; b¨¨seur de chèvres.

-Yôrôbô : Tu dis ça à qui ? Sors d’abord ici voir ; pédé !

Bloqués sur place, nous ne pouvions calmer les deux pugilistes verbaux. Les échanges de propos étaient d’une violence qu’on n’y pouvait presque rien. Plus tard, c’est une meute de moto-taximen qui se pointe (ces derniers sont réputés très solidaires) et exigent résoudre le problème à sa manière… N’eut été l’intervention des passants (dont on admirera le courage), la situation aurait prise une tournure regrettable.

Visiblement, cela n’a suffit à calmer notre chauffeur qui estimait avoir raison sur toute la ligne : « Voyez-moi un chien comme ça ; il fallait qu’on nous laisse. J’allais lui éclater sa bouche qui est comme le vagin d’une bordel (en camerounais, une prostituée) ».

Ainsi est dépeint notre société, avec comme addition la mauvaise humeur permanente de la population, surtout celle de la capitale politique.

Il est difficile d’accepter les insultes, les injures et l’indélicatesse certes, mais les réactions instantanées (très souvent négatives) seraient-elles la solution ?

Méditons…


Hobscur, en live acoustique à l’Ifc de Douala le 1er novembre 2014

Affiche spectacle de l'artiste Hobscur à l'Ifc de Douala
Affiche spectacle de l’artiste Hobscur à l’Ifc de Douala

Appelez-le Mrs Dino, Le Petit soldat légendaire ou encore Hobscur, qu’importe ; l’essentiel est qu’il ait mûri son style et affûté sa plume. Il est néanmoins resté très engagé dans ses orientations (dans le bon sens en tout cas). Il lance alors un appel Urgent contre les maux et les stigmatisations dont sont victimes les personnes issues des quartiers défavorisés. Rendez-vous le 1er Novembre prochain à l’Institut français du Cameroun de Douala.


Mani Bella très attendue au Cameroun.

Affiche du Concert de Mani Bella du 13 Nov. 2014
Affiche du Concert de Mani Bella du 13 Nov. 2014

Après avoir conquis la planète, le phénomène Pala Pala revient au Cameroun et se pose à Yaoundé, au CARROSSEL Club, le temps d’une soirée très chaude et arrosée le 13 novembre 2014, avec en tête d’affiche Mani Bella et en guets : Richard Amougou, Tonton Ebogo, Lab’l, OB Jazz, Junior Eyango, Le Déchireur et pas mal d’autres surprises.


La Sanza Night Club dément avoir limogé Dj Pat Cool.

Affiche Sanza
Affiche Sanza

Depuis qu’il ne fait plus partie de la famille d’une des plus puissantes des Nights Clubs de la capitale Yaoundé, La Sanza, des rumeurs fusent de partout, certaines incriminant la boite, d’autres encore lapidant Dj Pat Cool sur les réseaux sociaux. La direction dudit établissement vient de faire une sortie peu ordinaire ; dans son communiqué, il dément avoir limogé abusivement ce dernier.

« Suite à des rumeurs qui ne cessent plus d’enfler autour des rapports entre LA SANZA et Dj Pat Cool, nous tenons à démentir toute rumeur selon laquelle Dj Pat Cool a été limogé de LA SANZA » peut-on lire dès les propos liminaires.

Et de poursuivre : « Comme tout employé d’une entreprise, celui-ci a été suspendu pour des raisons d’ordre professionnelle. Suite à cette suspension temporaire, Dj Pat Cool, réfractaire à cette procédure administrative, a délibérément décidé de mettre fin à ses états de services à LA SANZA ».

Lire la suite ici :

Toutefois, consciente de proportions qu’auraient prises les rumeurs et guéguerres, la direction manifestera son désir de voir ceci cesser : « Nous ne souhaitons pas, que cette situation nourrisse des polémiques inutiles. Nous rassurons les clients et le public qu’entre Dj Pat Cool et LA SANZA, Il n’y a pas de problèmes à susciter ou nourrir des débats ».

Espérons que cela suffira à mettre fin aux batailles auxquels nous assistions depuis quelques temps…


Cameroun -Boko Haram frappe Amchidé avec des blindés.

La population fuyant les attaques de la secte Boko Haram
La population fuyant les attaques de la secte Boko Haram

Réputée jadis comme le poumon économique de la région de l’Extrême-Nord, Amchidé (ville camerounaise logée dans le département du Mayo-Sava), a été le théâtre d’une incursion musclée de la secte Boko Haram mercredi 15 Octobre dernier alors que les Lions Indomptables remportaient vaillamment leur victoire sur la Sierra-Leone.

La ville d’Amchidé n’est plus qu’un no man land depuis quelques heures ; l’attaque perpétrée par les adeptes de la secte Boko Haram mercredi dernier, lourdement armés (avec des blindés à l’appui) y est pour beaucoup, même si l’on se souvient que cette localité fait l’objet des excursions de ces derniers depuis quelques temps, du fait de sa proximité avec Banki (ville située à un jet de pierre du Nigéria) et de son cadre harmonieux, abritant les ressortissants du Nigéria voisin et ceux du Cameroun.  Les intégristes Boko Haram ont  alors remis ça, non sans marquer leur passage d’horreurs et de traumatismes.

Le chef d'agence d'Express Union d'Amchidé (en maillot blanc) et le Chef d'Agence d'Emi Money d'Amchidé) lors d'une célébration
Le chef d’agence d’Express Union d’Amchidé (en maillot blanc) et le Chef d’Agence d’Emi Money d’Amchidé) lors d’une célébration

La seule agence d’envois et de retraits d’argent s’est vu vandaliser, et ses occupants tués, notamment son chef, M. Soh (en maillot blanc aux bandes rouges de marque Adidas sur la photo ci-dessus) et emporteront avec eux un sacré butin. Le corps de sieur Soh a été conduit à la morgue de l’hôpital régional de Maroua depuis ce vendredi 17 octobre soir. Ces assaillants ont également égorger une quarantaine de civiles, avant de détruire les églises catholique et protestante du coin, incendieront tous les bars, et ôteront la vie à un peu plus d’une dizaine des soldats camerounais.

Express Union, agence d'Amchidé après le passage de Boko Haram du 15 octobre 2014.
Express Union, agence d’Amchidé après le passage de Boko Haram du 15 octobre 2014.

Nos sources nous révèlent que les éléments du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), auront toutes les peines du monde pour repousser ces ennemis, trop nombreux pour eux ce jour. Après quelques minutes d’intenses échanges de tirs, le BIR réussira à dissuader l’ennemi, qui rebroussera chemin, après avoir perdus plus d’une centaine de ses membres.

L’ordre a alors été donné de libérer la ville, et la population traumatisée, n’avait d’autre choix que de regagner Mora, dernière ville-étape sur la route entre Maroua et N’Djaména. Ce vendredi, tout semblait calme à Amchidé, mais la prudence reste de mise.


Cameroun- Un camion ôte la vie à plusieurs élèves à Yaoundé

Yaoundé pleure encore la dizaine d’élèves innocents, tués par un camion alors qu’ils rentraient de l’école.

Fin de course d'un camion qui a perdu le contrôle.
Fin de course d’un camion qui a perdu le contrôle.

Le drame s’est vécu au quartier Biyem-Assi, lieudit Montée des Sœurs jeudi 16 Octobre dernier en début de soirée ; roulant à vive allure, ledit  camion (de couleur bleu sur les photos) avait perdu le contrôle du frein (selon les témoignages recueillis sur place). Il finira malheureusement sa course dans une boutique, non sans ôter la vie à son gérant et à plus d’une dizaine d’élèves qui rentraient des classes, mais également plusieurs blessés. Toujours selon nos sources, le chauffeur et son motor-boy (son assistant) s’en seraient sortis sains et saufs.


Ndédi Eyango annonce un nouvel album « Merci Seigneur »

C’est le grand retour du Prince des montagnes ; après ses démêlés avec le Ministère des arts et de la Culture au sujet de son élection contestée à la tête de la Socam le 02 novembre 2013, le concepteur du Soul Botingo dit « Merci Seigneur », une grosse surprise qu’il nous prépare…

Actuellement engagé dans une tournée internationale, le Prince Eyango a presté tout récemment au Minnesota (État du Mid-Ouest des États-Unis, bordé à l’ouest par le Dakota du Nord et le Dakota du Sud) et serait attendu au Canada pour ses prochaines dates. Le 1er Novembre prochain, c’est le Biblos Club 5 étoiles de Paris qui lui ouvrira ses portes et ses jeunes frères Prince Patrice, Samy Diko et bien d’autres l’y accompagneront.

Ce dernier annonce alors la grande sortie de « Merci Seigneur » son nouvel album que le public attend déjà avec beaucoup d’impatience.


Création des Ligues Spécialisées de football

Crédit photo : Daniel Ndieh
Les Lions Indomptables en plein echaffement à Mfandena (Stade Omnisport de Yaoundé )

COMMUNIQUE : CREATION DES LIGUES SPECIALISEES DE FOOTBALL

Conformément aux dispositions pertinentes de l’article 32 alinéa 6 de la loi n°2011/018 du 15 juillet 2011 relatives à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives, une ligue sportive ne peut être créée qu’après avis favorable de la fédération sportive nationale.

A ce jour, la FECAFOOT n’ayant pas donné d’avis favorable pour la création d’une ligue spécialisée, l’Assemblée constitutive de la Ligue Spécialisée de football des Jeunes, prévue le 24 octobre 2014, est donc sans objet.

Fait à Yaoundé, le 14 Octobre 2014

LE PRESIDENT DU COMITE DE NORMALISATION

Pr Joseph Owona



Cherchons des Stanley Enow, ne le combattons pas

A l'inauguration de l'Etoile Lounge Club à Douala en Janvier 2013
A l’inauguration de l’Etoile Lounge Club à Douala en Janvier 2013

Une histoire de plus, qui vient comme un léger coup de chiffon sur un hip hop k’AMER empoussiéré, à l’heure où un Krotal se prépare à décrocher une « découverte », et que qu’un Stanley Enow vole à la conquête d’un BET. Voici l’image du Hip Hop du mboa. Se porte-il bien ? Se porte-il mal ? A chacun sa « vision » ; avec autant d’intelligences (comme on peut le constater), c’est même très évident. Mais l’essentiel reste : Le HIP HOP du BLED. Qu’en est-il ? Que faisons-nous, chacun à son niveau, afin qu’il  s’impose sur la scène mondiale ? Je m’interroge juste…

Au Festival Couleurs Urbaines en 2011 à Yaoundé
Au Festival Couleurs Urbaines en 2011 à Yaoundé

En écrivant son article Clip: Njama Njama cow de Stanley Enow. On en parle? mis en ligne le 06 octobre dernier sur jewanda-magazine.com, Celine Victoria Fotso a pris le soin d’élaguer les vrais éléments (cognitifs) qui auraient pu mieux dégager sa pertinence; par conséquent, cette dernière s’est exposée aux conditions subjectives de la pensée (Kant in Critique de la faculté de juger, Section II, Dialectique, §74, p210).

Fouiny Tour 2011 (Cameroun)
Fouiny Tour 2011 (Cameroun)

Non ! Que le nombre de vues ne vous fourvoie, car bien que personne n’ait influencé l’orientation (j’en suis conscient) de son papier, il serait déraisonnable de ne pas reconnaître qu’ils sont –encore plus aujourd’hui- nombreux à en vouloir, à tort ou à raison, à celui-là qui est contre vents et marrées, désormais entré dans l’histoire ; elle en fait d’ailleurs mention dans son propos liminaire : « Vous savez que mes critiques ne sont jamais gratuites »… Tenez-vous tranquilles, on sait tout (ou presque)  sur le GAME. Ses IN, ses OUT et même ses « à côté ». En voulant nous lancer dans une critique, qui plus est constructive, notre premier réflexe serait de voir l’imperfection avec la bonne volonté évidente de celui dont on  « souhaite » l’amélioration (je préfère le mot à Changement). On en décelait une bribe dans un article sur le Clip Hein Père !  du 13 juillet 2013 sur le même site, et ce qui lui a été reproché–quoiqu’indirectement- (sur un post sur facebook), c’est le manque d’indications, de références en termes de clips Camerounais qui « selon elle » friseraient la perfection, la vision qu’ « elle » a de l’image « camerounaise » à vanter ou à vendre, « clé de l’authenticité » qu’elle veut prôner. Peut-être estimait-elle qu’il n’y en avait pas véritablement…  Stanley brille aujourd’hui ; au-delà de nos frontières et même du continent, et sauf aigreur démesurée, c’est tout le mouvement hip hop k’AMER (parce que fort du constat  -malheureusement- de l’âcreté de son amertume) et la sphère culturelle camerounaise qui devraient lui en être reconnaissant. Le gouvernement lui, par le biais du Ministère des Arts et de la Culture (Lire ici l’interview de Ama Tutu Muna), a salué le Lion Indomptable du hip hop ; même si des langues bien pendues avaient tôt fait d’estimer que c’était de la « récupération politique »… A la limite on pourrait en rire bien volontiers, mais c’est dommage pour nous autres jeunes qui pestons à tout va que la République n’a que faire de notre mérite, de notre génie. Le mouvement quant à lui, n’en a ressenti la nécessité. Bon, passons…

Ses critiques, elle s’en targue d’ailleurs, seraient alors « constructives et assorties de conseils professionnels ». On en déduit là une forme de communication de sa part, dans laquelle elle essaye de corriger le comportement des artistes (grimaces et gimmicks) et leur gestion, leur exigeant de ce fait une bonne « direction artistique » ; son article sur Hein Père ! (cité plus haut) est clair là-dessus. Mais celui qui nous interpelle, depuis sa publication lundi dernier, suscite pas mal d’interrogations. On peine vraiment à y repérer quelque approche diplomatique (afin que le destinataire soit lui-même convaincu de son objectivité), ce qui biaise illico son (de l’auteure) supposé processus d’offrir un avis valide, de bon sens, avec l’intention d’aider le lecteur à mieux comprendre, l’artiste, son équipe et même le monde. Elle s’est plutôt risquée de traiter le public Camerounais de « pas encore mature pour ses goûts musicaux » ; certainement viendra également le moment où elle traitera celui africain ou même américain d’inepte et d’inintelligent, pour avoir décerné successivement un MAMA et un AFRIMMA à un « tel » titre, or une fois nominé, on se souvient que le site en question s’était empressé d’en faire large échos le 17 Avril dernier, invitant même ses internautes à voter pour le valeureux représentant camerounais dernier : « C’est une excellente nouvelle pour le rap camerounais, et une telle nomination est le signe que le Cameroun est définitivement rentré dans le ‘’rap game’’ », ce sont là les propos relayés sur ledit site. Déjà on  s’interroger sur ce soudain revirement, mais la joie d’espérer qu’enfin « peut-être » un MTV rentrera en terre camerounaise nous a tous distrait. Qu’est-ce qui a donc bien pu se passer ? Cette sortie peut certes être justifiée, mais il n’en demeure pas moins vrai que son discours inquiète, beaucoup en savent quelque chose…

Le titre de l’article « Clip : ‘’Njama Njama Cow’’ de Stanley Enow, on en parle ? » nous faisait -de prime abord- comprendre qu’il était question d’un éventuel dépècement du vidéogramme (dans un certain sens, vu sa forme interrogative). Sauf que cet aspect n’aura été essentiellement évoqué qu’en un paragraphe de six lignes,  et le peu que l’on ait saisi c’est que Stanley grimaçait trop et que cela « insupportait » l’auteure « de plus en plus ». Sur les deux photos qui illustraient l’article, une saisit immédiatement le curieux : Celle d’un noir en feu avec une bande adhésive sur sa bouche. Une image qui pourrait susciter en moi moult questions. Remarque : Elle aurait pu faire l’objet de cet article, que même « Chantou » l’aurait probablement lu.

Plus loin, elle va poser sensiblement les mêmes problématiques qu’a pourtant élucidé sieur Stanley dans une interview accordée au site auletch.com le 22 juin 2013 (apprenons à lire nos confrères). L’artiste y avait –et avec une habileté rare- réagit, non sans apprécier modestement la grande attention que lui portait le public. Ce dernier répondait alors : « auletch : Il y a plus d’une semaine tu as sorti ce clip tant attendu. En même pas 8 jours il a fait plus de 20 000 vues du jamais vu dans le rap camerounais. Certaines personnes s’attendaient à voir « mami nianga et ses koss koss », « les beignets haricots » ou encore « ma’ala et kamdem de Bafoussam ». Peux-tu nous parler de la conception de ce clip ? Qu’est ce que tu as voulu mettre en avant ?

Stanley : J’apprécie énormément le fait que les Camerounais portent ce Concept #Heinpère dans leurs cœurs au point où tous avaient déjà réalisé leurs clips dans la tête. Là dessus je suis reconnaissant et Thanks God for that. Mais dis-moi père, tu penses que c’est avec tous ces détails moins vendeurs qu’on va rivaliser les nigérians qui capitalisent fortement sur l’image ? Est-ce que nous ne serons pas fiers de gagner des Awards dans d’autres pays comme les autres Africains ? Est-ce que mes amis Nanga boko n’ont pas le droit de rêver ? Tara j’ai juste voulu ne pas vendre le Cameroun moins cher aux yeux du monde car je suis à la conquête de celui-ci ». Ce garçon avait alors vu juste, et le destin nous le prouvera un an plus tard, le 07 Juin 2014 : il est sacré Best New Act aux Mtv Africa Music Awards (MAMA) à Durban, et le mois suivant, le 26 juillet à Dallas, il empoche un Africa Muzik Magazine Awards (AFRIMMA) dans la catégorie Best New Comer, excusez du peu. Nous nous bornons alors à une explication simple : Stanley réussi parce qu’il fait ce qu’il sent, et le public adhère (camerounais comme celui du monde) sans calcul. Nous n’allons pas nous attarder sur la gestuelle de l’artiste, décriée par notre consœur, car on ne saurait spécifier la façon de s’asseoir ou de dormir à la camerounaise, alors pourquoi faire une fixation sur des gestes propres à un style de musique d’un pays en particulier ?  Et, au peuple d’épouser le délire de Stanley ou pas, non sans s’enivrer ; en ce moment, la locution latine Vox Populi Vox Dei (généralement traduit par La voix du peuple est la voix de Dieu) revêt tout son sens. Mais en nous référant à la critique sur Stanley sur le site en question, il faudrait se méfier de la voix du peuple (qui serait immature en ce qui concerne son jugement sur ses goûts musicaux) ; un discours qui nous rappelle la fameuse lettre du moine anglais Alcuin à l’empereur Charlemagne en 798. Ce dernier l’y invitait à se méfier de la voix du peuple, notamment en ce qui concernait l’élection par acclamation, afin d’éviter l’influence d’une émotion populaire éphémère et de permettre les conditions d’un jugement historique dépassionné. Une position que rejoindra Hegel, bottant alors en touche trois siècles après l’opinion de Machiavel qui, au XVIe siècle démontrait que l’opinion est le substantiel de l’Etat. Les contextes ne sont pas pareils, là nous parlons du showbiz, du « game » pour prêter l’expression à l’article qui nous interpelle, et c’est le peuple « qui met en haut, et c’est lui qui shiba » (ce sont bien des termes camerounais). Pour citer Machiavel : « Ce n’est pas sans raison qu’on dit que la voix du peuple est la voix de Dieu. On voit l’opinion publique pronostiquer les événements d’une manière si merveilleuse, qu’on dirait que le peuple est doué de la faculté occulte de prévoir et les biens et les maux ». C’est sans ambages ce qui explique l’explosion des angolais El Destroia avec Em Bella (bientôt 5 000 000 de vues en 7 mois) avec « justement » une qualité sonore qui laisse à désirer, ou celle de Pala Pala de Mani Bella (près d’1 400 000 de vues en 8 mois) et de Njama Njama Cow de Stanley Enow (près de 10 000 vues en 3 jours).

L’article (Ndlr) serait alors bâclé, pire, aurait loupé son orientation -preuve formelle que son auteure n’a même pas pris la peine de regarder le vidéogramme- et ceci n’écarte « plus » l’hypothèse d’une certaine haine à l’endroit de l’artiste, surtout quand elle dit : « Il vaut mieux apprécier ce clip en mettant le volume en sourdine, car il ne parvient tout de même pas à nous faire oublier la musique (…) une vraie cacophonie désagréable. Je suis allergique à la médiocrité, surtout quand on a la chance de sa vie entre les mains (…) Quel gâchis ! ».  Un tel brûlot pourrait très bien s’expliquer en trois mots : Colère, frustration, haine. Il n’est pas question de reconnaître ici que l’auteur de sa « re-ponce » ait eu raison d’affirmer que cette dernière « refuse de comprendre le pidgin », bien au contraire, nous sommes conscients qu’elle l’adore même ; d’ailleurs son post sur son mur facebook sur ‘’Hein Père’’, de Stanley Enow ! La sensation rap du moment au Cameroun, du 11 Juin 2013, l’illustre à suffisance : « Le grand plus c’est le mélange du français, du pidgin et du francanglais. La richesse que nous sommes les seuls à avoir sur le continent au Cameroun. Le tout sur un beat de hip hop agréablement langoureux ». Nous revenons donc encore sur les mêmes interrogations : Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? Qu’est-ce qui a motivé cette cassure entre l’architecte évènementielle et le Messie du Hip hop k’AMER ? Deux cerveaux qui auraient pu faire (il est même encore temps qu’ils le fassent) avancer les choses positivement… Quel gâchis !

A la conférence de presse de la star américaine Akon en prélude à son concert du 24 Mars 2012
A la conférence de presse de la star américaine Akon en prélude à son concert du 24 Mars 2012

Toujours sur l’hypothèse de la haine, la psychanalyste Mélanie Klein dit que la haine correspond à une ébauche d’identité séparatrice ; le Je te hais donc j’existe. Le «non» permet de se poser en s’opposant de façon moins destructrice certes, sauf qu’il est une affirmation de soi qui ne passe pas forcément par un déni de l’autre, comme on le constate tristement ici. On ne reviendra pas sur les questions soulevées par un animateur et présentateur télé très connu du milieu hip hop, sur « le choix du jury des différentes cérémonies de récompenses dont deux ont sacré Stanley Enow, qui sont ceux qui votent ? Quelle est la vraie valeur de ces différents trophées ? »  Des remarques et interrogations quelque peu puériles, qui se traduiraient par : Comment un camerounais a fait pour remporter de tels récompenses ? (formule typiquement camerounaise). Beaucoup se souviennent pourtant de la date du 08 juin 1990 (Coupe du Monde en Italie), le match qui opposait la terrible équipe d’Argentine menée par un certain Diego Armando Maradona au Cameroun s’était soldé par un score de zéro but contre un en faveur des Lions Indomptables. But signé de la tête par François Omam-Biyik, à la 65ème. Oui, David avait vaincu Goliath… Donc tout est possible dans la vie, il suffit d’y croire, sauf que nous autres, avons la manie de croire quand le potentiel est bas, une fois qu’il explose et qu’il s’étende démesurément, alors c’est en « combattants » qu’on s’érige contre nos valeurs d’hier.

Stanley, contrairement à ce que certains avaient prédit, n’a pas renié ses racines, du moins pas dans ses textes. Que traduit Njama Njama Cow si ce n’est la camerounité (permettez l’expression) dans ses profondeurs, entre chants ludiques et contes originels dans les contrés du Nord-ouest et du Sud-ouest du pays.

Pour formuler une critique constructive, l’intention sincère de vouloir aider devrait plus s’y sentir ; or en lisant l’avis de la consœur, il y a lieu d’avouer en toute honnêteté qu’il ait été très abstrus d’en déceler une rognure d’objectivité, même si l’on le trouve bien écrit. Mais l’opacité qui y prévaut empêche de s’escrimer, surtout dans le sens de la compréhension. Cette « indulgence zéro » n’infuse nullement, elle est plutôt corrosive, destinée à déstabiliser en inhibant psychologiquement l’avancée de la star du rap camerounais ou sa montée vers les cimes.

Cela dans un certains sens n’aide toujours pas, quand on sait que même le détail le plus insignifiant pourrait remettre en cause tout un processus de construction qui a pris de longues années pour ne serait-ce qu’exister de nom, avant plus tard de s’affirmer en termes de représentativité sur l’échiquier international. Ebai Stanley Enow est « l’élu » ; le destin a voulu que ce soit lui qui ouvre le chemin à d’autres après plus de deux décennies de combat. Pour certains ça peut paraitre cruel et injuste, mais c’est un fait indéniable. On devrait juste l’assumer, au  mieux, l’exploiter « jusqu’à la gare », comme on dit chez nous.

Le Cameroun a besoin d’autres Stanley Enow car lui, est déjà « là », pas de ses combattants. A bon entendeur…

Une pensée pour Sylvie, partie à la fleur de l’âge dans la nuit du 06 au 07 octobre 2014 ; Big Up aux valeureux soldats qui ont ouvert la voie au prix de leur seul talent : Dj Bilik, Krotal, Ak Sang Grav, Boudor, Negrissim, Babylone Squad, Bantou Pô Si, Tony Nobody, Big Bzy, Balafon Nkunta, X-Maleya, Rasyn, Koppo,  Kundeyala, Lady B, Sultan Oshimihn, Shamahn, Valsero, Parol, One Love, Sangoa Mboa, Duc-Z, et à tous ceux qui œuvrent dans l’ombre et dans la lumière pour « notre » Hip Hop.