DIAKITE

Poème : Tous ensemble

 

Credit photo : Freepik

Plébiscite des limites 

Prolifération de doctrines 

Épidémie de haine

Pour établir des frontières mentales

Des lignes ethniques

Des barricades raciales 

Des frontières religieuses

Et des fossés sociaux 

Qui empêchent le vivre ensemble.
Ensemble nous sommes différents

On ne se ressemble pas mais on s’assemble 

Même différents nous pouvons être ensemble

C’est avec la volonté de vivre ensemble que nous surmontons nos différents différends 

Les Nations reposent sur cette volonté de vivre ensemble 

Vivre ensemble est inhérent aux différends 

Mais les différends n’empêchent pas le vivre ensemble 

Car nous ne sommes pas si différents 

Malgré nos différends nous sommes toujours ensemble 

Donc condamnés à vivre ensemble. 

 

Nous avons creusé des tombes ensemble 

Célébrer des naissances ensemble 

Nous avons pleuré ensemble 

Chanté et dansé ensemble.

 

Un pour tous, tous pour un 

Brisons les frontières pour construire les ponts 

Que l’individu cède la place à l’idéal commun 

Que le l’ethnie cède la place à la Nation 

Que la nationalité cède la place à l’humanité 

Que le moi cède la place au Nous

Que l’amour prime sur la haine. 


Poème : Ici-bas si bas

Logo personnel

6395 j’ai été invité ici bas

Toc toc c’est le p’tit Bromah

Bienvenu et soit béni dixit Maman et Papa

Ils m’ont appris à marcher pas à pas

Même si ça m’arrive de sauter des pas

Ici j’ai entendu dire que tout ne se dit pas

Ferme ta gueule p’tit et fait profil bas

Mange et tais-toi !

Ici les gens disent tout haut le contraire de tout ce qu’ils pensent tout bas

Et moi je veux dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas

La poésie m’a tenté, je me suis dit pourquoi pas

Car j’estime que rien ne va

C’est la complaisance et la censure à tout-va

C’est la pensée unique et un modèle standard de vie

Penser comme eux et partager leurs points de vue.

Ici j’ai appris qu’on n’a rien pour rien 

Qu’on ne perd rien pour rien

Qu’ici personne n’y est pour rien

La frontière se rétrécit entre le mal et le bien

On fait du mal pour son bien

Le mensonge devient plus confortable

La vérité reste pénible

Moins d’honnêteté pour moins de peine

Plus d’honnêteté, plus de haine.

Ici personne ne vit sans regret 

Chose qui nous ronge quand on est en retrait.

Le cœur s’écœure

En nous, l’amour se meurt

Et on s’habitue aux douleurs

Les vérités d’hier ne sont pas forcément celles d’aujourd’hui

On méprise aujourd’hui ce qu’on aimait hier

Vivre dans le coeur d’autrui, on y meurt tôt ou tard

L’amour réel est l’amour de soi.
On se plaint de moi 

Je me plains du Moi qui est en moi

J’ai beaucoup perdu et mais je garde la foi

Je ne peux perdre tout à la fois

Et rien n’a changé en moi, de vous à moi.

J’écrirai encore demain

Mais encore il faudrait-il que je me réveille le matin

Et pour se réveiller il faut dormir

Le paradis a tant été magnifié

Tout le monde veut y aller

Mais personne ne veut se coucher (Mourir)

Comme si l’enfer nous avait déjà tous booké

Comme si le paradis était en guichet fermé

Je crois qu’on se sent tous coupable

De quelque chose d’impardonnable

On ne sait pas où le trouver sinon on est tous tenté par le diable

Malgré que le Divin soit fiable.


Le prénom est plus qu’une identité civile

Crédit : lisapoyakama.org

Il y a souvent un fossé entre l’identité civile et l’identité culturelle de l’Africain. Nos prénoms courants sont des sortes camouflages qui nous font passer pour ce que nous ne sommes pas. 

Le prénom et le nom te renvoient directement à ton identité, à tes origines, et donc à ton histoire. Nous, Africains noirs, portons des prénoms qui nous éloignent de notre identité parce qu’ils n’ont rien à voir avec nos origines.

Il y a par exemple des groupes éthiques noirs qui se revendiquent arabes d’origine et rejettent leurs ascendances noires africaines. Les SEREFOU transformés en CHÉRIF disent qu’ils sont descendants de Mahomet… Je n’ai jamais compris comment et pourquoi!

Les Africains portent les prénoms de tous les peuples sur terre (à part les asiatiques parce qu’ils trouvent qu’ils ont des prénoms aussi moches que les leurs) mais aucun autre peuple sur terre ne porte un prénom originel d’Afrique… Je ne parle pas des prénoms d’emprunt comme Moussa ou Mariam, ce sont des prénoms arabes qui sont devenus « africains » par usure. Nos prénoms ont été transformés en honte et ont disparus au fil du temps. Aujourd’hui les prénoms les plus rependus en Afrique sont des prénoms orientaux et occidentaux. Personne ne veut appeler son enfant Naré, Djata, Binè, Kèmè… Et on a une façon très malhonnête d’établir une équivalence entre les prénoms africains et arabes, c’est fou !

Par exemple :

Sidafa = Moustapha
Sekou = Cheick 
Toumany = Ousmane 
Bromah/ Bremah = Ibrahim
Kalou = Kalil/Khalil 
Lansana/ Lancinè = Alhassane/Hassan

Ces prénoms n’ont rien à voir les uns avec les autres, ils ont différentes histoires et différentes origines. Mais par complexe nous supprimons tous nos prénoms pour porter les prénoms arabes. On se soucie toujours de ce que les autres pensent de nous et nous avons soif de reconnaissance des autres, donc, on est prêt à brader toutes ces marques ancestrales.

Cette mentalité de suiveur à tout à voir avec les religions importées qui ont asservi autant les mentalités que les coutumes et traditions. D’ailleurs, elles sont devenues nos références de vie au quotidien, avec quelques exagérations en plus. Tout à voir avec les religions ? Pourquoi ?  Parce que les familles musulmanes tirent les prénoms des enfants des pages du Coran et les chrétiens dans la Bible et sur les calendriers grégoriens.

On s’identifie par son prénom. Quand un noir dit à un arabe ou un européen qu’il s’appelle Mohamed ou Kalil, on le regarde avec un air étonné et curieux… À cause de sa couleur de peau. Et c’est normal. On lui demandera directement s’il est musulman, c’est un réflexe. S’il dit qu’il s’appelle Djémory on ne lui posera pas la question.

Mais, nous, nous sommes dans une illusion. Nous pensons que le prénom peut nous conduire au paradis ou que les qualités de la personne en dépendent. Dans cette optique, nous préférons les prénoms comme Mohamed, Ibrahim, Issa, Joseph, Moïse… et nous évitons les noms de nos ancêtres noirs (qui ont tant fait) comme Djedi, Kalabi… Tout ce qui reste à l’Africain, c’est de changer de patronyme… et l’envie ne manque pas à certains!


Poème : Chez moi

Représentation d’outil d’écriture – Crédit : palestine.paldf.net

Plus rien n’est étrange, rien ne change et les Africains attendent Allah et ses anges.

Quand les riches se battent pour le pouvoir, ils envoient les pauvres à l’abattoir et les survivants rentrent toujours ventre vide le soir.

Beaucoup de frères sont morts c’est du ressort de la justice de nous dire qui a tort mais cette justice ne fournit aucun effort. Quel Sort !

Le manque d’eau et de courant est courant, ce n’est pas un scoop tout le monde est au courant.

Tous les jours ton président te ment calmement mais il a toujours droit à des tonnerres d’applaudissement.

Je pleure quand je pense que les règles émanent d’un mythomane et sa bande de cleptomanes qui se la jouent gentlemans.

Ils mènent une politique folklorique et sans éthique, d’où ces résultats chaotiques.

Abusivement appelés ministres, ils conduisent au sinistre ceux qu’ils administrent.

Ils cautionnent la triche tant qu’ils mangent car on ne parle pas la bouche pleine. De leur position hautaine, ils minimisent nos peines.

Quand on fait montre de complexe, ils se placent au dessus comme des accents circonflexes.

Des vieux ethnico-religieux font figure d’agents de Dieu mais on les corrompt tout de même avec des véhicules luxueux. C’est hideux !


Afrique : Un catalogue d’étonnements

Crédit : lisapoyakama.org

Le négro africain vit une incarcération mentale depuis belle lurette. Il a été dressé tel un animal domestique par des outils de pollution mentale que sont les religions importées et l’école de Jules Ferry.  A cela s’ajoute aujourd’hui internet (peu ou prou) et la télé. Nous sommes le seul peuple à la surface de la terre qui gronde sa culture et ses traditions, les seuls qui renient leurs ancêtres. Nous sommes également le seul peuple sans modèle sociétal. Nous vivons comme les autres, pour les autres et par les autres peuples.

Le système éducatif est un héritage que le colon nous a laissé, ce n’est plus un secret. Je ne dis pas qu’on n’apprend pas à l’école, je dis qu’il y a plus conditionnement et de rêves à vendre que de connaissances. Nous sommes tous atteints du syndrome de Samba de Cheik Hamidou Khan. D’autres diront, mais qu’est-ce qu’il raconte lui ! Ayé nmakônon je vais vous expliquer. C’est à l’école qu’on apprend à se détester soi-même, à se sous-estimer, à rêver de devenir comme le blanc, à penser comme le blanc et faire tout par rapport aux autres.

  • À se détester : les enseignements de l’histoire. On nous enseigne et nous fait répéter des choses fausses et humiliantes sur soi. On nous a dit que les colons sont venu nous apprendre comment vivre parce qu’on savait que chasser, cueillir et danser. À l’école, nos enseignants essaient de positiver la colonisation et devons répéter ces choses pour avoir des notes. Quand nous répétons correctement ces mensonges et bêtises, nous sommes félicités et applaudis. On dit que nous sommes intelligents.

 

  • À se sous-estimer : On nous présente l’Occident comme la terre de prospérité. On nous vend les mérites du peuple occidental à travers les victoires de guerre et les inventions. La suprématie blanche est enseignée à l’école en Afrique. Plus d’enseignement du monde occidental que du monde africain. C’est ce qui fait qu’on a plus de connaissance sur les autres que sur nous-mêmes. C’est cette méconnaissance de soi est ce qui nourrit notre complexe d’infériorité. Nous ne connaissons que les mérites d’autrui et on nous apprend que nos ancêtres n’ont jamais rien accompli pour l’humanité. Le petits Africains te retraceront l’arbre généalogique des rois occidentaux, l’histoire des pays européens avec la plus grande fierté au nom de la connaissance sur les critères de l’école mais ils ne connaissent même pas l’histoire de leurs villes respectives, ni les figures de leurs tribus.

 

  • À penser à  l’occidentale : On nous apprend à penser comme le blanc à travers l’enseignement des idées politiques et philosophiques occidentales. On nous fait découvrir des auteurs et on nous inculque leurs pensées. Ils deviennent nos modèles et repères intellectuels. Certains des ces auteurs ont insulté les noirs mais ils sont quand mêmes nos idoles. Dans les discutions, nos expressions nous pensons á travers les lunettes de ces auteurs, bref nous n’avons pas de pensée, ni d’opinion parce que nous ne faisons que répéter lamentablement les pensées  souvent erronées qu’on nous a appris. Le modèle africain n’existe plus, la philosophie, l’économe et la politique africaine n’existent plus tout est tiré de l’enseignement de l’école occidentale.

 

  • En plus de l’école, il y a la télé et internet qui nous maintiennent dans ce paradigme. À travers les séries, publicités, nous sommes amener à vivre, manger, s’habiller comme les autres. Nos cultures et coutumes subissent la prohibition sur la terre des ancêtres, il faut faire tout ce que font les autres pour être au top. La dépigmentation et les faux cheveux sont une partie de ces phénomènes.

L’aliénation, l’acculturation et l’abrutissement de l’Africain sont les conséquences directes du monopole de l’occident sur l’éducation et l’information. Nous avons comme information de l’Afrique que celle qu’on lit, entend ou voit sur les médias occidentaux. Nous avons comme instructions ou éducation que ce que nous recevons de l’école occidentale. D’un côté tout ce qui est enseigné à l’école n’est que la culture occidentale (langue, modèle de société…) et de l’autre côté tout ce qui est dit ou écrit dans les médias occidentaux sur l’Afrique est très souvent truffé de mépris et de contre-vérité. Par leur grande emprise sur le peuple africain, les médias occidentaux sont aujourd’hui capables d’amorcer, de stopper ou d’empirer un mouvement de révolution ou indignation virale sur le continent. L’exemple le plus récent de ce cas de figure est le reportage de CNN sur l’asservissement des migrants noirs en Libye. Chose connue et dénoncée par les cyberactivistes depuis 2016, il l’a fallu ce reportage en novembre 2017 pour que les noirs se saisissent de la question.

C’est pourquoi l’Africain qui se contente de l’école et qui ne s’informe que par ces médias, ne fera qu’une lecture occidentale de l’Afrique et ses problèmes.

Ce texte est l’extrait maquillé d’un autre plus long et plus cru que vous n’êtes pas prêts à lire.


Un matin tragique à Kalan (Excision)

Lame d’excision – Crédit : afrique.le360.ma

Ce matin c’est le Kènè dén nabô (jour de l’excision et de circoncision) á Kalan. De bonheur, des jeunes filles et jeunes garçons sont surpris d’être réveillé si tôt. L’annonce leur est faite ainsi par des Kènè Djeli (Pratiquants de mutilation génitale) : « Aujourd’hui les filles deviendront des femmes et les garçons deviendront des hommes. Soyez sage et courageux tout se passera bien. » Les enfants sont regroupés et emmenés sur les lieux de la pratique où ils seront repartis par groupe de sexe par les Kènè Djeli (Pratiquants de mutilation génitale). Même si certaines mères ont fait montre de réticence.

Ils ont entre 4 et 12 ans. Les garçons sont emmenés plus loin hors du village pour d’autres initiations et les filles sont restées au village. Dans le groupe de filles, la première à passer à la lame s’appelle Kèmè. Issue d’une famille de Noumoun (forgeron), elle a 12 ans. Prise entre un groupe de femmes âgées (Mousso Köröba), qui la préparent à endurer l’une des plus grandes douleurs qu’une fille puisse subir.

Terrifiée par ce qui l’attend, elle coule des larmes sans cesse. Dans la foulée se trouvent quelques membres (directes et indirectes) de la famille qui la sermonnent sur la dignité que cet acte ignoble impliquerait (comme s’il en etait question). Une voix disaient : « Ce n’est pas digne d’une fille issue d’une famille de forgeron, de grâce, ne nous fait pas honnir » Et une autre disaient : « C’est un acte garant pour ton avenir en tant que grande fille désormais. Tu sauras t’abstenir des tentations dépravées avant le mariage »

Sans anesthésie, elle est mutilée de force avec une lame probablement pas stérilisée. En plus de la douleur insupportable, elle essuie des insultes et intimidations. Des voix qui disent : « Donnez lui une gifle qu’elle la ferme ». Les autres enfants terrorisées par les cris de Namba, pleurent sans même avoir idée de ce que l’acte implique.

Entrain de saigner de l’ablation, Kèmè est au bout de toutes ses forces, elle dit : « Je suis morte, je ne vivrai plus et cet événement sera la cause ». Des éclatements de rire : « Tu ne mourras pas de toutes les façons ».

L’acte cruel est commis sans pansement, bonjour les infections !! Avec cette plaie, elle remettra ses vêtements comme si de rien n’était. Autour d’elle, des rires de moquerie car ses larmes sont prises une faiblesse peu importe la douleur.

Sans perdre de temps, c’est au tour de la suivante. Il s’agit de Kamissa, une jeune fille de 5 ans. Beaucoup trop jeune pour encaisser ce que vient de subir sa devancière. Elle est exhortée d’ôter son dessous avec un ton très imposant : « Koulissi bô djonna ! »

La Kènè djeli entame la mutilation avec beaucoup plus de cris et de mouvements que la première. Le capuchon clitoridien coupé, Kamissa saigne de trop, tout le pagne est trempé de sang. Un silence de cimetière envahit le Bolon, Kamissa ne pleure plus.


Noir et fier : Une expression de complexe

Cultiver en nous la fierté d’être ce qu’on est, est la meilleure façon de charpenter solidement notre mental. Il s’agit de l’enseignement pur et honnête de l’histoire. Connaître ses héros et ses ancêtres permet d’être décomplexé de ses origines. Malheureusement l’Africain ignore en grande partie ces éléments qui peuvent le décomplexer, même les plus grands diplômés. C’est cette ignorance de tout sur soi qui a donné naissance à l’expression de complexe « Fier d’être noir».

Certes, il y a de quoi être fier, mais hélas ces éléments de fierté identitaire sont méconnus par les utilisateurs de cette expression. Il n’y a que les noires qui clament leur fierté sur les t-shirts, les banderoles, sur les réseaux sociaux…. mais qui ont comme modèle de vie (culture et tradition) l’occident. Inconsciemment, c’est le complexe enfoui quelque part en ces noirs fiers qui les pousse à cette expression.

Noir et fier est donc pour moi l’extériorisation inconsciente d’un complexe que l’on veut dissimuler. Le simple fait de garder sa peau noire est déjà une preuve de fierté de l’être, pas besoin de le gribouiller ou le siffler partout. Ceux qui se dépigmentent la peau n’ont pas besoin de dire ouvertement qu’ils ont honte de ce qu’ils sont. Cette dépigmentation également est un fait de la mauvaise opinion de soi.

La fierté identitaire sera effective quand on apprendra à l’école l’histoire africaine dans toutes ses phases, qu’elles soient positives ou négatives. D’ailleurs, aucun peuple n’a une histoire globalement positive mais il est important de la connaître. On est mentalement fort et décomplexé quand on connaît la grandeur de ses ancêtres et les apports de son peuple à l’humanité.

Un second fait de la méconnaissance de l’histoire, c’est le rejet des siens. Beaucoup sont fiers d’être noirs mais sont très attachés aux identités (nationalités) octroyées par le colon. Un Guinéen réagit tout de suite quand tu lui demandes s’il est Togolais, il ne veut pas être Togolais. Pourquoi ? Psychologiquement, c’est blessant pour lui d’être d’une autre nationalité car entre nous africains dans chaque pays il y a un cliché sur tous les autres pays. Si beaucoup d’Africains pensent qu’ils n’ont rien en commun avec les autres Africains, c’est la faute à l’école.

Retracer l’histoire de façon globale positive ou négative quelle soit dans ses différentes phases, permettra au peuple de réaliser plus que jamais qu’il a un passé commun. Le passé commun amène un peuple à vouloir vivre ensemble pour un avenir commun, c’est d’ailleurs l’essence d’une nation. Nous avons du mal à construire des nations  ou une nation viable en Afrique parce que le passé commun est mal retracé ou méconnue, chose qui fait obstacle au « vivre ensemble ».

Pour éviter aux futures générations cette perdition, il faut faire des manuels d’enseignement africains. Parmi ces manuels, un manuel phare doit être édité par les chercheurs et historiens africains. Il s’agit d’un livre d’histoire commun à tout le continent, des héros et des apports de l’Homme noir.

Puisse ce billet vous servir ne serait-ce que la compréhension d’une ligne !


Proverbes : les enseignements africains d’antan

Feu de veillée nocturne – Crédit : Canalblog

Ma littérature est caractérisée par l’oralité, même si l’Afrique antique a été le berceau de l’écriture. Les connaissances sont restées gravées dans la mémoire des anciens qu’on appelle les « détenteurs ». Ces détenteurs de la parole étaient pour la plupart des griots. Ils se chargeaient de transmettre les connaissances à la génération future. Ils servaient aussi de conseillers à la cour royale et à toute la population, d’où l’assertion de l’auteur malien Hampâté BÂ : « En Afrique, un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle ». Mais cela commence à perdre son sens, car les enseignements africains connaissent un faible intérêt aujourd’hui.

Dans les confins africains, on apprenait aussi bien l’éthique que les connaissances scientifiques. C’est au clair de la lune, autour d’un feu de bois que les personnes âgées réunissaient les enfants pour leur dispenser des enseignements sur les comportements dans la société. A cette veillée nocturne s’y enseignaient le respect, la sagesse, la méfiance, la modestie, la dignité, le contrôle de soi, le respect de la femme et des personnes âgées, à travers des énigmes, des proverbes et des contes.  En plus de ces veillées, les jeunes gens étaient initiés aux techniques de chasse et de survie, à la botanique, à la médecine. Ils étudiaient les plantes et leurs caractéristiques, afin qu’ils puissent identifier les plantes qui entrent dans l’alimentation et celles qui entrent dans la thérapie. En Afrique, un adolescent est capable de soigner certaines maladies rien qu’avec les plantes. Les jeunes filles étaient initiées entre autres à la poterie, au tissage, à la culture maraîchère, au crépissage. La métallurgie, science des métaux, était enseignée dans les castes de forgerons.

Parmi ces vecteurs d’enseignements, il y a les proverbes. Ce sont des métaphores courtes qui résument des pensées. Je vous en propose certaines en Mandenkan (malinké) :

  • Loumô Ba gbèdèn bokèlala Gnagna ma Ayé Bo Bô Makônô lalé = Si pressée soit la mouche, elle doit attendre que sorte l’excrément (C’est l’enseignement à la la patience)
  • Ni li lôyé ila fo iyé likississè labonni mina ima =  Qui veut du miel doit avoir le courage d’affronter les abeilles (Cela enseigne à l’enfant qu’on doit assumer ses actes, donc bien réfléchir avant d’agir pour éviter les surprises et le regret)
  • Ba yé Binn tèla A sidi diyalé = La chèvre broute là où elle est attachée (Il faut pouvoir faire avec les moyens de bord. C’est l’enseignement qui prépare moralement l’enfant à se débrouiller tout seul dans des situations qui se présentent)
  • Missi mèn yé kouléla ka bâ magbèn Djilô té wola = Parmi les bœufs qui vont s’abreuver à la rivière, ceux qui beuglent n’ont pas soif (C’est l’enseignement de la méfiance envers les personnes discrète ou timide)
  • Môté ila fè kônô dji tôh labonna ko ba san birifin = Ne jette pas la provision d’eau qui croupie dans ta calebasse parce que la pluie s’annonce ( Ne pas abandonner ce qu’on a pour quelque chose qu’on aura probablement pas)
  • Konko té mô fouala djiitè lé mô fouala = La faim ne tue pas, c’est le désespoir qui tue ( Celui est un proverbe très profond et riche en signification. Il enseigne l’optimisme et le courage dans les pires situations)
  • Kouma yélé yo sissè dén aba bé abara ban = La parole est comme un œuf : si elle tombe, elle ne peut se reprendre (Il faut choisir où, quand et comment s’exprimer. C’est un enseignement sur l’art de parler)
  • Nniyé sôbô djéni nin la tôrô ya lonkorôn i ila anôrô =  Si tu ignores le courage de la brochette sur la grille, remplace-la un moment (Pour comprendre ou juger des peines d’autrui, il faut être dans leur situation)
  • Mô yé lé yo fèfè italon fo iba bila i nèn kan = L’homme est comme le poivre, tu ne le connais pas avant de l’avoir mis sur la langue  (La méfiance sur l’être humain)
  • Fénfén lonnin abè dila londo = Tout ce qui est debout se couchera un jour (C’est l’enseignement sur la fin de l’Homme. Qui que tu sois, tu mourras un jour)

Tells sont certains éléments de la pensée africaine, qui s’inclinent malheureusement devant la philosophie occidentale, pour qui ces proverbes sont souvent mal contextualisées.

Ensuite, vient l’enseignement de nos langues et écritures. C’est une problématique majeure à laquelle l’Afrique doit faire face. Si le peuple africain est dans une certaine ignorance de ces vieux enseignements, c’est parce que la langue d’apprentissage et d’information est étrangère et complexe pour bon nombre d’Africains. Il n’y a pas de mécanismes de retranscription de ces choses dans nos langues et la qualité des Hommes est appréciée par rapport à la langue étrangère. Nos pays n’ont quasiment pas de programme d’intégration de nos langues régionales dans les systèmes éducatifs. La promotion de la langue étrangère est aujourd’hui plus qu’importante pour les pays africain que celle de nos langues. L’intégration des langues africaines dans les technologies de l’information et dans nos systèmes éducatifs est substantielle pour l’émancipation. Il n’est pas forcément question « d’africaniser » tout ce qu’on fait ou d’adopter une sorte d’autarcie culturelle, il est question de revisiter nos propres connaissances et manières, tout en évoluant avec le reste monde.

Tant que le système éducatif est calqué sur celui de l’Occident et que la langue étrangère est baromètre de l’intelligence, nous allons en reculant.

 


28 septembre : une date pour deux événements en Guinée

L’accueil du Général De Gaule le 28 septembre 1958 à Conakry (Jour du referendum)                Photo : CC

En Guinée, le 28 septembre est une fête nationale qui célèbre le NON du peuple de Guinée au Général De Gaulle en 1958, pour refuser sa proposition d’adhésion à la communauté française d’Afrique (CFA). En 2009, le 28 septembre est devenu une date de deuil national à la mémoire des victimes des atrocités qui ont eu lieu à Conakry, au stade dit « stade du 28 septembre ».  Ce jeudi matin (28 septembre 2017), je surfais sur les réseaux sociaux quand j’ai remarqué la dualité de souvenir de cette date à travers les publications. Les uns se rappellent de l’indépendance de la Guinée en 1958 et les autres pleurent les victimes du 28 septembre 2009 tout en exigeant que justice soit faite. Beaucoup évoquaient les deux dates, c’est-à-dire qu’ils célébraient le NON et pleuraient aussi les victimes de 2009.

De ces différents sentiments que je partage, sont nés ces vers :

D’antan date d’un peuple libre
Le 28 septembre est devenue une date funèbre

 

Partagé entre gloire et terreur,
J’ai des sentiments mitigés

Entre joie et tristesse, que dois-je célébrer
Le 28 septembre de la liberté ou celui des atrocités

 

Un 28 septembre de célébration de la victoire
Un autre 28 où le peuple fut amené à l’abattoir
Date de victoire devenue page noire
Bon ou mauvais, c’est notre Histoire

 

Viol des sœurs et des mères
Les morts reposent au cimetière
Les bourreaux sont flanqués dans les ministères

 

Qu’ils soient emprisonnés ou pendus
Pourvu que justice soit rendue
Que reposent en paix nos illustres disparus

 


#F3535 : retour d’un voyage plein d’émotion à Abidjan

Photo : Nadi Jessica

Pour un blogueur c’est un must de pouvoir partager ses émotions avec son lectorat, en l’occurrence les émotions d’un événement vécu. Donc, en vertu de mon code déontologique personnel du blogueur 😀 , je vous embarque avec moi pour un aller-retour à Abidjan dans un billet découverte ! C’est le retour d’un voyage inédit : l’opportunité m’a été offerte par l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) à l’occasion des festivités de la cérémonie de remise des prix jeunes F3535. Organisé par l’association « Francophonie 3535 », ce prix consiste à récompenser 35 jeunes africains de la zone francophone dans plusieurs domaines. Félicitations aux lauréats !

Ce voyage a été pour moi un retour sur la terre des ancêtres après plus de 3 ans. A basse altitude j’aperçus Abidjan à travers le hublot embué, je fus frappé par une émotion indescriptible. J’étais persuadé que je ne serai pas dépaysé mais arrivé à Abidjan je me suis rendu à l’évidence : je me suis senti étranger dans un lieu où je suis né (Afrique) juste après 3 ans d’absence. C’était ma première fois à Abidjan mais c’était comme en Guinée (où j’ai grandi), il faut comprendre par là que les faits de sociétés et les pratiques quotidiennes sont communs à la plupart des pays d’Afrique noire. La Côte d’Ivoire se démarque de beaucoup de pays de la sous région par l’infrastructure de sa capitale. Abidjan est non seulement une ville très belle mais son économie est très florissante. L’autre constat c’est qu’on se rend tout de suite compte que c’est un pays qui sort d’une guerre, il y a une présence militaire beaucoup trop importante dans les rues. C’est d’ailleurs la première chose que l’on remarque. Le racket est aussi un des faits communs d’Afrique, les étrangers en particulier se font plumer avec la plus grande courtoisie. Cette mendicité policière est sans doute due à l’insuffisance de leur masse salariale.

La seconde couleur de ce voyage c’est la rencontre la plus riche que j’ai jamais faite. Ils sont venus des quatre coins du monde : Afrique, Caraïbes, Canada et USA. Ils sont modestes, créatifs, ingénieux et sociables. Des paroliers, des artistes, des chefs d’entreprises, des personnes dévouées pour la cause sociale, des leaders d‘opinion et des fous toutes catégories confondues 😀 . Après ces jours de partage et d’échange avec eux, mon espoir pour l’Afrique grandit. Je peux désormais doubler voire tripler l’optimisme que je nourris en moi depuis toujours pour le continent. Si vous voulez vous faire une idée, vous pouvez lire leur profil de lauréat en cliquant sur ce lien.

MES GRANDES DÉCOUVERTES

Parmi ces gens il y avait trois personnes de scène qui m’ont impressionné à plus d’un titre, il s’agit de : Charly Tchatch, JOSEPH Michel et Aiza. Je les ai rencontré et découvert et j’aurais tort de ne pas vous les faire découvrir à mon tour.

Charly Tchatch

« N’attend rien de l’Etat car l’Etat ne connaît rien de ton état »

Charly sur scène à la nuit de l’inspiration francophone à Abidjan – Photo : Nadi Jessica

C’est une personne ordinaire et modeste mais pétri d’un talent oratoire et artistique extraordinaire. Il est maître de cérémonie, humoriste et chanteur à lui seul. Charly fait du TCHATCHING qu’il défini lui-même de « gros n’importe quoi » 😀 . C’est plutôt une musique sans parole mais très mélodieuse. Très instructif dans son humour, sa carrière est le fruit de l’audace et de la persévérance. Sa première scène a été négociée par lui-même à travers la persuasion et le harcèlement. Parti de rien, l’audace et la persévérance ont mené Charly à la CAN 2017 en tant que maître de cérémonie. Faire tout pour soi et ne rien attendre d’autrui, surtout pas de l’Etat. C’est le mot d’ordre du maître Tchatcheur.

Michel JOSEPH

« Je n’ai jamais rêvé devenir journaliste un jour »

Michel JOSEPH –
Photo : Nadi Jessica

Doublement primé, Michel est non seulement le 1er prix de la catégorie « personnage média » mais aussi le super prix francophonie 3535. Michel est journaliste présentateur à Radio Caraïbes FM, métier dont il n’a jamais rêvé d’ailleurs. A travers ses reportages, il lève le rideau sur les tares de sa société afin que les autorités en prennent connaissance et surtout aussi conscience.

 AIZA

« Je ne changerai pas mon identité pour avoir une carrière »

Aiza et Chistophe à la nuit de l’inspiration francophone à Abidjan
Photo : Nadi Jessica

Talentueuse, naturelle et modeste, telles sont ses qualités. Aiza NTIBARIKURE burundaise d’origine, est musicienne et cinéaste au Canada. Accompagnée par Christophe et sa guitare, elle monopolise l’attention et submerge son public d’émotion à travers les décibels de sa voix.


Poésie/Slam : République des malandrins

Crédit : institutfrancais-burkinafaso.com

De ma plume canaille, je peins le pays des malandrins

Où la conscience des uns est jouet pour d’autres

Le mensonge est un hobby pour ces aigrefins

L’éternité du chef, c’est le message que portent les apôtres

La démagogie est devenue un patrimoine génétique

Sans idéaux, la misère est tout ce qu’ils ont en commun

Les plus petits portent en eux le germe d’attitudes maléfiques

Les conforts personnels supplantent l’intérêt commun

Ils apprennent le sens de l’indignité aigüe des ainés

Tel un virus, l’incongruité affecte toutes les générations

Dans les têtes rien ne presse et tout est figé

Peuple amnésique et sélectif en indignation

La débauche et le désespoir, tel est le dessin du présage

En attendant l’arrivée de Dieu, ils ont choisi la résignation

Sans vertu, ils ont fait de l’immoralité un usage

Ils ont fait de la probité morale est une malédiction

Les plus corrects sont devenus des parias, l’infamie est la résolution

Les postes y sont hérités, jamais mérités

Ils disent ne pas avoir mérité ce sort, c’est une contre-vérité

Les droits les plus basiques sont des faveurs

Les besoins les plus banals sont des luxes

En manque de tout, ils sont fiers de tout et de rien même ce dont personne ne peut s’en flatter

Ils ont tout dans l’aspect mais rien dans les faits

DIAKITÉ Ibrahima Kalil


Pirate de l’histoire : mort dans sa gouvernance, Alpha Condé se réincarne en panafricain

Alpha Condé et François Hollande lors de la dernière visite d’Etat du mandat de ce dernier. Crédit : Kamil ZIHNIOGLU. AFP

Échoué dans sa gestion interne, Alpha Condé entend redorer son image avec l’africanisme et le panafricanisme. Depuis le début du mois d’avril, il est le nouveau chouchou des Africains excités sur la toile à travers ses discours d’Abidjan et de l’Élysée. Je suis profondément effaré de la réaction de certains internautes africains sur ces discours truffés d’incohérences et d’indignités brandis en « discours historiques ». Il y a non seulement un fossé entre la personne de Alpha Condé et ses paroles mais aussi de l’incohérence entre les paroles du même discours. La logique ou devrais-je dire la bêtise africaine, est que toute personne qui prononcera un discours à la Sankara devient un héros quoi qu’il ait fait ou qui qu’il soit. C’est comme Idriss Déby Itno qui se fait applaudir par certains parce qu’il dit que le CFA est une monnaie d’oppression tandis que lui-même massacre quotidiennement son peuple et exploite les richesses du pays à sa guise depuis plus de 20 ans. Il est à lui seul pour le Tchad ce que le CFA est pour l’Afrique.

De la conférence d’Abidjan sur l’émergence au discours d’apparence de l’Elysée, Condé fait savoir que l’Afrique veut couper le cordon avec la France mais n’a jamais parlé du cordon lui-même. C’est connu de tous que le véritable cordon de la FranceAfrique c’est le franc CFA mais Alpha Condé ne s’est jamais prononcé dessus. Ne se sent-il pas concerné ou ne veut-il pas fâcher ses maîtres ? Il n’a jamais parlé du sommet de paternalisme dit « Sommet FranceAfrique », pourtant c’est aussi une fibre du cordon dont il parle. De qui se moque-t-on ?

DÉCRYPTONS !

« Nous ne voulons plus être jugés à travers des ONG… Nous voulons désormais qu’on nous laisse déterminer quelle est la politique de développement que nous voulons… comment nous voulons appliquer les règles universelles de la démocratie en fonction des contraintes, en tenant compte des réalités spécifiques de chaque état… »

Alpha n’a aucune intention panafricaine, nationaliste, indépendantiste encore moins africaniste en disant cela. Alors pourquoi dit-il cela ?

Premièrement, il se prépare pour un prolongement de mandat bien qu’on sache pas encore comment il va procéder mais l’intention est bien évidente désormais. II ne veut donc pas que ses maîtres lui fassent le reproche quand il le fera. Il se protège dans le futur et protège les vauriens comme Biya, Kabila, Nguesso, Gnassimgbè… En gros il légitime les pouvoirs nuls en Afrique en se barricadant derrière la souveraineté politique.

« Nous voulons désormais qu’on nous laisse déterminer quelle est la politique de développement que nous voulons ». Quelle est sa politique de développement à lui pour le micro état qu’il dirige depuis 6 ans ? A-t-il un bilan de gestion ? Est-ce l’occident qui l’empêche d’assainir sa capitale ? Est-ce l’occident qui l’empêche de lancer l’énergie, de construire des infrastructures… ? Son peuple respire le mal à outrance depuis son avènement dans tous les secteurs et son gouvernement est l’un des plus médiocres et corrompus dans le monde. De passage je vous présente sa capitale il y a 20 jours…

C’est incompréhensible que le Guinéen qui vit et respire ce mal, se réjouisse d’un dîner à l’Élysée et du drapeau du pays sur les Champs Élysée. Amnésie ou petitesse d’esprit ? J »en passe.

Deuxièmement, il y a le dossier 28 septembre qui en cours. Il sait que l’occident, avec son attitude de gendarme qui juge du monde, viendra s’en mêler à travers les ONG de droits de l’Homme (puisque les Africains eux-mêmes ne posent pas de question). L’aide de camps du chef de la junte militaire lors des massacres est entre 4 murs à Conakry tandis que le chef lui-même est à Ouaga au Burkina. Alpha Condé ne veut pas que Dadis Camara éclaire les zones d’ombre de cette affaire, donc fait tout pour ne pas qu’il passe devant un tribunal. Il ne veut pas avoir de pression sur ce dossier non plus. 

Comprenez par là que Condé dans son discours parle en son nom contrairement à ce que la plupart des Africains pensent.

NOUS VOULONS UNE INDÉPENDANCE ASSISTÉE… AIDEZ-NOUS !

Dans le même discours indépendantiste (folklorique), il dit :

« Nous avons constaté que les casques bleues sont au Congo Kinshassa depuis des années mais ça ne change rien. Nous avons donc décidé que désormais nous souhaitons que vous nous apportez votre contribution pour nous équiper matériellement mais que ça soit les troupes africaines qui se battent désormais. Nous avons salué votre intervention mais nous ne souhaitons plus que les soldats français aillent voler en Afrique. Nous préférons que l’Afrique prenne son destin en main, que vous nous aidez à avoir des équipements mais que ça soit les africains qui se battent… »

C’est de plus en plus affligeant, non ? La souveraineté ne rime pas avec la main tendue, soit on la veut, soit on ne la veut pas. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire, c’est d’une incommensurable incohérence. Quelle sera la nature de ta relation avec celui qui t’habille et te nourrit ? Si l’Afrique veut être souveraine, que l’Afrique achète ses propres équipements militaires.

Faudra t-il rappeler que celui qui nous parle de souveraineté et de rapport gagnant-gagnant, est le même qui organise la fuite des capitaux vers l’occident en connivence avec ses amis français de club ? C’est le même Alpha Condé qui vend des terres aux chinois aujourd’hui et c’est le même qui a bradé le port de Conakry à Bolloré en contrepartie du financement de ses campagnes présidentielles et de la construction d’une Blue zone.

ON DÉSAVOUE SEKOU TOURE ?

« Aujourd’hui lorsque les Guinéens voient le drapeau guinéen flotter sur les Champs Élysées et sur les immeubles publics, on a retrouvé enfin la communion entre la France et la Guinée. En quelque sorte, nous avons enterré le dialogue De Gaulle – Sékou TOURE de 1958 qui a été un grand malentendu… »

Alors on veut couper le cordon mais on n’assume pas le père de l’indépendance de la Guinée, pour plaire au colon. Alpha Condé n’est ni pan-africaniste, ni indépendantiste, ce n’est qu’un illusionniste vendu à un prix un peu plus élevé que celui de Alassane Ouatara.

Nous Africains, nous voulons rompre avec le système occidental, nous voulons un nouveau système éducatif, un autre système politique… Mais nous ne voulons pas de systèmes taillés à la volonté égoïste des individus. L’Africanisme et le Panafricanisme sont devenus un rempart pour les mal intentionnés, c’est une aberration !

On n’entre pas dans l’histoire par la fenêtre !

 


Droit de réponse à la tribune d’un ministre (Moustapha NAÏTE)

Moustapha NAITE – Ministre de la jeunesse et de l’emploi de la Guinée – Crédit : Africaguinée
Le ministre de la jeunesse et de l’emploi de Alpha Condé a laissé ce mercredi 29 mars 2017, une tribune dans la presse guinéenne. Une tribune que je juge de trop militant pour un ministre comme la plupart des internautes d’ailleurs.
Pour commencer monsieur, il faut se rappeler que vous (RPG) êtes au pouvoir depuis plus de 6 ans parce que votre tribune ressemble à celle d’un nouveau régime de 6 mois. Il faut aussi rappeler peut être le fait que nous ne croyons plus en rien venant de vous (tout le gouvernement), cette crédibilité vous l’avez perdu depuis le début. Beaucoup de choses ont été dites mais peu ont été concrétisées. Actions Speak Louder Than Words
 
Ensuite, vous parlez de retard de plus de 60 ans et vous faites comme si vous avez trouvé une parcelle vide sans aucune fondation. Rejeter continuellement les tares du pays sur les anciens gouvernements, c’est faire montre de faiblesse et d’incapacité. Nous sommes tous d’accord que le chaos ne date pas d’aujourd’hui mais cela ne justifie en rien les insuffisances de votre gouvernance, vous êtes dans le déni. La Guinée est pressée ? Non c’est Alpha Condé qui est lent. Nous ne demandons pas un miracle, nous demandons un minimum de réalisme et moins de populisme
 
Quand vous dites que : la priorité est de bâtir les fondements pour pour permettre la construction d’un solide et durable futur … A mon avis, vous êtes sur la voie du contraire, c’est-à-dire la destruction du peu de fondements qui y étaient.
 
Qu’est-ce que c’est que les fondements durables et solides du futur d’un pays ?
Pour qu’il y ait fondement, il faut d’abord une entente cordiale au sein de la société. Mais depuis votre avènement, vous entretenez et nourrissez la mésentente sociale à travers ethnicisation du débat politique. Le président est d’ailleurs un habitué de ce fait, c’est connu de tous. Ensuite pour fonder durablement et solidement le futur d’un pays, il faut préparer la relève. Cela s’effectue par un bonne éducation mais hélas cette éducation s’étouffe de plus en plus depuis l’arrivé de Alpha Condé. Nous ne pouvons donc pas parler de fondements du futur si le tissu social et l’éducation sont fragilisés. J’en passe.

 
Sans parler des soi-disant avancées démocratiques et d’Etat de droit, qui ne sont que des mots. La montée des sites d’information sans éthique qui ne cessent de nous mitrailler avec des banalités affligeantes, est-ce cela la liberté de presse ? NON ! Ensemble trouvons un autre terme. Le statut de chef de fil de l’opposition, un acquis à revendiquer ?
 
Bases macroéconomiques
 
Vous continuez à vous cacher derrière Ebola, il est temps de transcender cette question. Parce que ce vous ne dites pas, c’est que Ebola a plus enrichi ce pays que de l’appauvrir économiquement. Des dons colossaux ont été faits, beaucoup sont restés non déclarés d’ailleurs.
Vous dites :
« Pour le citoyen lambda, il est difficile de l’admettre. Chose normale car sa première préoccupation reste la satisfaction de ses besoins au quotidien. Pendant qu’il a du mal à manger 3 repas par jour ou à se soigner sereinement, il est quasi inhumain de lui demander de comprendre qu’un Etat doit disposer de fondements. » 
Je vous félicite pour cette clairvoyance. 
Ensuite vous dites :
« Peu de citoyens – c’est normal – ignorent les difficultés pour un « nouvel » Etat comme le nôtre de bénéficier des possibilités de prêts et des disponibilités de fonds d’investissements de nouveaux types » 
Vous continuez à faire comme si on sortait d’une guerre, comme si on était en 58. Vous êtes dans le déni et vous revendiquez des choses pas honorables, en ce qui concerne les institutions monétaires et leurs instruments. La côte d’Ivoire sortie de 10 ans de guerre civile a plus d’acquis que vous, comment justifiez-vous cela ? Vous endettez le pays en notre nom, vous vous en appropriez des sommes et après nous devons vous comprendre ? Je crois que c’est trop demandé.
 
« Savons-nous par exemple que notre pays est toujours traité comme un « Etat à risques » ?  » Qui en est responsable ?
Vous fuyez la réalité en disant que le président travaille au prix de son impopularité. Au contraire, il est dans une gouvernance populiste. Après 6 ans de gouvernance, il n y a ni eau, ni électricité, encore moins des routes. Conakry ressemble aujourd’hui à un dépotoir et aucune politique pour assainir la capitale, vos acquis sont très minces. Vous sacrifiez toute une génération pour vous enrichir, nous ne pouvons pas à croire des efforts qui ne donnent pas de résultats. Vous maquillez nos maux avec ce genre de combinaison de mots : 
« Malgré les troubles, les manifestations sociales et politiques conjoncturelles, notre pays redore un nouveau blason, une nouvelle étiquette, une bonne étiquette. C’est aussi une conséquence de la mise en place de fondamentaux. ».
Manques
Vous êtes ministre de la jeunesse et de l’emploi mais vous ne donnez aucun chiffre sur l’emploi. Aucun mot sur les acquis de votre département, ni votre prochaine feuille de route (s’il y en a). Que faites vous des jeunes au nom desquels vous avez des financements de projet ?.
Votre tribune est celui d’un militant, elle comporte plus de propagandes que de vérités. Détrompez-vous, vous n’inspirez aucun espoir pour nous.
Humblement un citoyen désabusé
DIAKITE Ibrahima Kalil
 


Les déboires de la société : Talibés et Sheguey

Enfants talibés au Sénégal – Crédit : Senenews

Dans les pays noirs africains majoritairement musulmans tels la Guinée, le Mali et le Sénégal, l’exploitation des enfants est devenue monnaie courante. Ils ont entre 5 et 15 ans, d’aucuns sont orphelins et d’autres des familles démunies. Pour se débarrasser d’eux, les parents ou tuteurs les envoient à la Daraa (École coranique en Wolof) pour l’initiation à la lecture coranique. Ils y sont transformés en mendiants et serviteurs  par les Serigne (maîtres de talibés en wolof).

A cette école d’asservissement abusivement appelée « École Coranique », il y a plus d’exploitation que d’apprentissage. Les enfants arpentent les rues et font du porte à porte afin collecter de l’argent et des denrées pour le maître. Un quota leur est fixé tous les matins dès 7h, au retour ils n’ont comme récompense que quelques pauvres poignées de riz et des besognes ménagères. Malades en permanence, ils ne bénéficient d’aucun soin, ce ne sont que des serviteurs et des outils de business. Ils meurent comme des chats dans les coins de rues. Ils sont non seulement exposés aux dangers de la nature et de la rue la mais ils sont aussi violentés par les maitres. Le cas du talibé Moussa Cissé âgé de 10 ans en est une illustration. Parce qu’il n’avait pas achevé la récitation d’une sourate, il a été violenté par son maître Thierno Diallo à plusieurs reprises dans la journée jusqu’à ce que mort s’en suive le soir. Il faut souligner qu’il y a des Daraa normales, qui ne se livrent pas à à cette pratique.

Au Congo le cas similaire est celui des Sheguey (Enfants de la rue). Ce sont des enfants rejetés par les familles sur parole d’un prête, qui les déclare responsables des malheurs de la famille (sorcier). Ces enfants apprennent les principes de la rue et finissent par les adopter. D’aucuns y restent, deviennent des gangsters et la société qui les a fabriquée les condamne à tord et à travers ensuite. Ils dorment à la belle étoile dans les caniveaux, dans les coins de rue, dans les cimetières… Les filles qui grandissent dans ce milieu sont souvent obligées de racoler pour survivre. La mendicité infantile, la délinquance juvénile et la prostitution, telles sont les défaites de nos sociétés.

Enfants abandonnés à Pointe Noire au Congo – Crédit : portail242.info

A noter que le Sénégal exprime une volonté de mettre fin à l’exploitation et la mendicité des enfants. Il y a des mesures d’insertion dans les centres d’accueil. Le président Macky Sall a donné des instructions à son gouvernement dans ce sens en juillet 2016.

En plus des dispositions de protection, le Sénégal prévoit des amendes et peines de prison à l’encontre des personnes responsables de cette exploitation d’enfants. Il y a d’ailleurs eu plusieurs arrestations au cours de l’année 2016. En dépit des instructions du président et la loi de 2005 qui incrimine la pratique, elle est toujours d’actualité au Sénégal.

Avant de pointer le silence coupable des gouvernants, convenons sur le fait que les parents soient premiers fautifs de ce fléau. Même si la mise en œuvre des dispositions tardent encore au Sénégal, les autres gouvernement concernés devraient se pencher aussi sur la question. Je trouve d’ailleurs hypocrite de la part des politiques de dire « Les enfants sont l’avenir » pendant qu’ils ne font rien pour protéger ces enfants.


Ma découverte : Alice Malongte

Alice Malongte aka Black Alice est une Camerounaise de 22 ans, blogueuse et afrocentriste. Charmé par son engagement panafricaniste, j’ai voulu découvrir la personne, creuser dans ses convictions et vous la faire découvrir à travers cette interview. 

Alice MALONGTE  – Twitter : @goldenbrain8

1-  Présentez-vous aux lecteurs

Je m’appelle Alice Malongte, camerounaise, 22 ans. Je suis titulaire du Master des Hautes Etudes Européennes et Internationales (Centre International de Formation Européenne), ainsi que d’un titre de chargée de mission auprès des Organisations Européennes et Internationales. Par ailleurs, j’ai une maîtrise en gouvernance et action publique (Université Catholique d’Afrique Centrale). Je suis au chômage comme des millions de jeunes diplômés sur le continent africain. Je porte un immense intérêt à l’Histoire, aux cultures et aux savoirs de mon continent, raison pour laquelle je me définis comme une afrocentriste.

Je tiens un blog sur l’Afrique dont le slogan est « L’Afrique a besoin de ses forces vives ». A travers mon blog, j’analyse des questions telles que le système éducatif en Afrique, le système de gouvernance de nos sociétés d’hier et d’aujourd’hui, l’africanité… Actuellement, je m’occupe d’un projet de célébration des jeunes Africains qui s’engagent pour l’amélioration des conditions de vie de nos communautés : Marceau, Valérie, Atman, Andrea, Albert, Israel, Magno… Leurs histoires sont publiées sur mon blog. Ce sont des jeunes de nationalités et des profils différents qui nourrissent un amour commun pour le sacrifice, le courage, le don de soi !

2- Pourquoi le choix de l’afrocentrisme ? Quelles sont ses valeurs ?

J’ai découvert ce mode de pensée en faisant des recherches sur l’Histoire de l’Afrique. Je me suis toujours demandée quelle était la place de l’Afrique et de l’Africain dans le monde. Étions-nous nés pour être des esclaves aussi bien physiquement que mentalement ? Étions-nous juste des êtres émotionnels comme l’estimait Senghor ? Dans ma quête de connaissance, j’ai fait la rencontre intellectuelle de Cheikh Anta Diop.

Cet homme qui porte de multiples casquettes (égyptologue, anthropologue, historien), que l’on décrit comme le plus grand chercheur africain de tous les temps, a été la découverte de ma vie. Suivant le même sentier, j’ai rencontré Ivan Van Sertima, John Henrik Clarke, Molefi Kete Asante, Ama Mazama, Prince Kuma Ndumbe III, Mbombog Bassong… Tous des chercheurs qui ont voulu rétablir l’Histoire réelle de l’Homme Noir afin que chacun puisse regarder le monde à travers l’œil de l’Afrique et non celui de l’Occident comme il nous a toujours été enseigné.

3- Il y a-t-il un modèle qui vous inspire ? Qui et Pourquoi ?

Deux modèles m’inspirent : l’afrocentrisme et le panafricanisme. Certains disent que l’afrocentrisme est un courant qui veut affirmer la suprématie du peuple noir sur les autres. Je suis prête à mettre ma main au feu que des personnes qui tiennent un tel langage n’ont jamais lu un seul livre sur ce courant de pensée.

Au contraire, être afrocentriste c’est vouloir que la vérité sur l’Histoire de l’Afrique soit rétablie et connue. Également, c’est vouloir rechercher dans les cultures africaines, les moyens qui nous permettront de bâtir un continent fort comme celui qui existait avant la colonisation.

Quant au panafricanisme, il revendique l’unité des peuples issus du continent comme fondement de notre développement. Je crois fermement que c’est à travers l’unité de nos pays, de nos Nations, de nos Peuples que nous pourrons nous affirmer en tant que réelle puissance mondiale. Cependant, il nous faut une vision commune. C’est la raison pour laquelle le projet de nos prédécesseurs a échoué.

4- Rencontrez-vous des difficultés dans votre activisme ?

Les difficultés sont surtout liées à l’aliénation culturelle dont nous souffrons tous, même si les degrés sont différents. Au départ, j’étais très virulente dans mes propos car j’étais fortement déçue de constater l’ampleur de l’aliénation chez certains d’entre nous. C’est une chose qui est réellement terrifiante. Il faut se poser des questions lorsqu’un peuple trouve de la richesse dans une culture autre que la sienne, rejetant ainsi ses propres valeurs et se définissant à travers le miroir de l’autre. C’est ce que Molefi Kete Asante qualifie d’esclavage mental.

Mais après avoir discuté avec Ama Mazama un jour sur Facebook, j’ai compris que chaque individu doit faire librement le chemin que j’ai parcouru. Je n’ai été ni forcée, ni endoctrinée. Ceux qui chercheront la vérité, celle de l’histoire des vaincus, la trouveront en parcourant le chemin du savoir.

5- Que pensez-vous de la question de la réforme du système éducatif en Afrique ?

Dernièrement, j’ai appris sur Twitter que les œuvres de l’éminent chercheur Cheikh Anta Diop seront incluses dans les programmes scolaires : Quelle belle avancée ! Je pense sincèrement que notre système éducatif doit d’abord être focalisé sur notre histoire et nos cultures avant d’envisager le reste du monde.

Le système éducatif actuel est pareil à celui qui existait pendant la colonisation. On entraîne l’Africain à demeurer un éternel esclave. On cultive en lui une mentalité de dépendant, de consommateur, d’aliéné. Par exemple, une fois j’ai discuté avec un follower sur Twitter et il a affirmé que la démocratie est née à Athènes et qu’elle a ensuite été exportée dans les autres parties du monde… J’ai failli m’arracher les cheveux. Mon interlocuteur ne savait pas que dans certaines sociétés de l’Afrique pré-coloniale, la démocratie existait à travers le mode de gouvernance de « l’arbre à palabres » (Tout cela est expliqué dans les articles publiés sur mon blog). Or, la réforme de notre système éducatif effacerait cette psychologie de dominé et montrerait à chaque Africain qu’il n’est pas seulement capable de consommer les savoirs venus d’ailleurs, mais qu’il peut aussi en produire comme le faisaient déjà ses ancêtres avant l’arrivée du colon.

6- Croyez-vous au projet des Etats-Unis d’Afrique ? Si oui, quels sont les défis qui s’y attachent ?

Comme tout panafricaniste, je crois fermement à ce projet. Cependant, nous manquons d’une vision commune et de leaders déterminés à la mettre en œuvre. Tels sont nos principaux défis.

7- Croyez-vous en la capacité de la jeunesse africaine à pouvoir amorcer un changement ? Pourquoi ?

Parmi la jeunesse africaine, s’élèvent des personnes qui sont fatiguées de voir la stagnation dans laquelle baigne notre continent. Ce sont des activistes qui rêvent d’une Afrique meilleure, nouvelle, débarrassée de ces élites dont le seul but est de nous tirer vers le bas.

Cependant, malgré leurs sacrifices, leur bonne volonté, leur ambition, ces activistes sont raillés, persécutés et agressés par d’autres jeunes comme eux qui n’ont pas encore compris que le changement réside dans leur engagement. La jeunesse africaine peut être un moteur de changement si et seulement si elle s’engage dans la lutte pour la liberté, si et seulement si elle comprend qu’on ne peut plus rien attendre de ceux qui nous dirigent lamentablement vers notre perte.

8- En tant que Camerounaise, quelle est votre lecture de la situation conflictuelle actuelle du pays ?

J’aime beaucoup mon pays et le voir divisé sur des problèmes que la colonisation a fabriqués me brise le cœur. En effet, ce conflit est une conséquence de notre mise sous mandat / tutelle de la France et de la Grande-Bretagne après la première guerre mondiale. Le Cameroun oriental était gouverné par les Français tandis que le Southern Cameroon et le Northern Cameroon étaient contrôlés par les Britanniques. A l’issue du référendum du 11 février 1961, le Southern Cameroon a choisi de rejoindre la partie orientale tandis que le Northern Cameroon a préféré le Nigéria.

Le Cameroun actuel qui naît donc de ce choix historique reposait sur des accords signés en juillet 1961 entre les élites des deux parties. Il est important de préciser que l’ancien Cameroun oriental est plus important en superficie que l’ancien Southern Camerooon. Lesdits accords (dont la principale clause était le fédéralisme consigné dans la Constitution du 1er septembre 1961) n’ont pas été respectés. Depuis 1972, le Cameroun est un Etat unitaire.

L’administration est très centralisée et la décentralisation n’est pas effective. Egalement, l’on assiste à une marginalisation des « anglophones » / « Bamenda » – concept sociologiquement inventés – qui revendiquent aujourd’hui leur identité et aimeraient qu’elle soit prise en compte par la République (postes importants dans la haute administration, dans les universités d’Etat…). Tous ces éléments sont à la source des revendications et des événements qui se sont déroulés jusqu’ici.

Notre pays est un et indivisible. Nous devons apprendre à vivre ensemble malgré nos différences. Quel que soit le problème, nous devons toujours privilégier le dialogue et non le langage des armes. Aujourd’hui, nous voulons juste que l’Etat rétablisse l’internet coupé dans les deux régions dites anglophones car la coupure freine l’économie nationale, divise le pays, empêche les personnes de communiquer avec leurs proches. Nous vivons désormais une ère numérique où l’accès à internet est considéré comme un Droit Humain. Les gouvernements qui privent leurs peuples de ce moyen de communication ne sauraient être qualifiés de « démocratiques ».

9- Quel message avez-vous pour la jeunesse africaine ?

Chers amis, notre liberté repose sur notre engagement politique. Nous devons arrêter de penser que la sphère politique n’est faite que pour les vieillards qui nous dirigent depuis plus de 30 ans. Cela commence par la participation aux élections. Comme disait le nationaliste Camerounais Um Nyobè, « Tout touche à la politique, dire que l’on ne fait pas de la politique, c’est avouer qu’on n’a pas le désir de vivre ».

Je sais que nous voulons tous vivre. Nous voulons voir notre continent émerger afin que nos descendants ne soient plus obligés d’aller en Occident faire des études ou chercher du travail. Chacun d’entre nous, quel que soit son profil académique, doit participer au développement de l’Afrique. Avec de multiples petites actions, nous pourrons construire un grand continent. Ne nous décourageons pas. « Chaque génération doit, dans une relative opacité, trouver sa mission, la remplir ou la trahir », déclarait Frantz Fanon. Nos prédécesseurs (Thomas Sankara, Patrice Lumumba, Um Nyobè…) nous ont légué un projet. Le réaliser est notre mission.


L’usage des réseaux sociaux à bon escient

Logo des réseau sociaux Crédit : alumni-estaca
Logo des réseaux sociaux Crédit : alumni-estaca

Les réseaux sociaux (Facebook, WhatsApp, Twitter, Instagram, SnapChat…), outils enfantés par les technologies de l’information, froment un espace où des millions de personnes se côtoient selon leur centre d’intérêt partagé. C’est aujourd’hui une planète virtuelle très peuplée (Facebook : 1,79 milliards ; WhatsApp : 1 milliard ; Twitter : 313 millions) et très cosmopolite. Les liens tissés sur ces outils d’échange passent très souvent du virtuel au réel à travers des rencontres physiques, ces relations peuvent être amoureuses, amicales ou professionnelles. Les médias et réseaux sociaux ont même tendance à menacer l’influence des médias classiques, les informations et désinformations s’y répandent plus vite qu’à travers la télé ou à la radio. Une image des réseaux sociaux atteint plus de personnes dans un laps de temps très court qu’une image à la télé ou une informations de radio fm.

La bonne et mauvaise influence des réseaux sociaux

Je reste convaincu que les technologies de l’information et tout ce qu’elles ont engendré, sont non seulement des outils crées pour renforcer les médias classiques dans le lavage de cerveau médiatique mais aussi pour contrôler nos faits et gestes. Quoique, nous pouvons profiter de ces outils en les utilisant à bon escient. C’est ce que font une partie des utilisateurs appelés « Webactivistes ». Ils se servent de ces outils pour mener des web-actions qui peuvent avoir des répercussions positives sur la vie réelle des  personnes. Il y a ceux qui font du Vlogging, TalkShow sur Youtube ou SnapChat et il y a ceux font des Tweets, posts ou direct Facebook.

Pour beaucoup, ces réseaux restent encore des canaux de conversation, de partage narcissique de photo, de guéguerre de rivalité imaginaire et d’autres pratiques de débauche. Bon nombre d’utilisateurs, par mauvais usage sont victimes des méfaits du monde virtuel. Ces principaux dangers sont :

La cyberintimidation : L’utilisation des outils informatiques pour des menaces,  injures, chantages… Ce phénomène peut se traduire par le fait que les victimes se retrouves humiliées à travers des images (photos, vidéo) gênantes sur les réseaux sociaux, des rumeurs à son sujet… Il y a également les tags sur des images malsaines, l’usurpation d’identité et le piratage des comptes.

La cyberaddiction : C’est le phénomène d’addiction psychologique aux réseaux sociaux. Ce besoin irrésistible et obsessionnel a des effets très destructeurs sur l’utilisateur, surtout les élèves et étudiants dans leur quotidien.

Utiliser ces canaux pour s’afficher de manière exagérée ou laisser quelques propos malsains peuvent également être un obstacle pour la vie professionnelle de certains car les employeurs ont pour nouvelle méthode d’éplucher les profils sur les réseaux sociaux avant de rappeler.

D’aucuns l’on compris et d’autres pas encore, les réseaux sociaux sont aujourd’hui des canaux très puissants en mal et en bien. Pourquoi ? Tout ce que nous faisons sur ces espaces virtuels se répercute sur nos vies réelles. Facebook et Twitter ont déjà fait leurs preuves à travers des mobilisations 2.0 qui ont eu des répercutions (positives et négatives) directes sur le monde réel ; entre autres nous pouvons citer :

Le printemps arabe : L’une des plus vastes zone de turbulence du monde arabe, qui a occasionnée des séries de soulèvement populaire dans les pays arabes. Ce cauchemar est parti de Facebook et de Twitter.

La grogne populaire au Burkina de 2014 : Pour faire barrage à la modification de la constitution qui permettrait à Blaise Compaoré de briguer un autre mandat de trop, les Burkinabés se sont mobilisés sur tout le territoire à cette occasion. C’est cette grogne qui a fait quitté Compaoré de son palais.

La campagne #DroitAlidentite en Guinée :  Initiée par l’Association des Bloggeurs de Guinée (ABLOGUI), cette campagne a permis aux Guinéens d’obtenir des pièces d’identité après un an de suspension de la délivrance des pièces d’identité. Elle a également permis à certains Guinéens de l’étranger de renouveler leur passeport expirés sans faire le déplacement pour la Guinée, notamment en France et en Belgique.

Les crowdfunding : Ce sont ces campagnes de récolte de fonds à travers les réseaux sociaux, pour financer un projet donné ou pour apporter une aide à un individu dans le besoin. Des centaines d’entreprises, associations et particuliers ont réussi à récolter des grosses sommes dans ce mode de financement participatif.

Il y a des personnes qui ont des opportunité de carrières à travers les réseaux sociaux et d’autres qui ont voyagé un peu partout dans le monde par le biais de réseaux sociaux.

Mon usage personnel des réseaux sociaux

En tant que  webactiviste, je ne me sers pas des réseaux sociaux que pour la conversation et le fun, j’ai toujours été attiré par le côté utile. J’estime que nous pouvons influencer les mentalités en provocant des réflexions positives chez les gens avec qui nous partageons ces espaces. Même si ça intéresse peu de personnes du monde juvénile, sur mes canaux je fais dans la conscientisation en abordant entre autres :

  • La responsabilité citoyenne ou la citoyenneté 2.0 : J’estime la citoyenneté manque d’air chez moi et ailleurs en sur le continent. Il serait donc cohérent comme démarche d’enseigner les principes de la citoyenneté avant de pointer du doigt les mauvaises pratiques du système. C’est égoïste de se contenter de réclamer ses droits sans s’acquitter de ses devoirs, entre l’Etat et ses citoyens il y a une redevance mutuelle.
  • La conscientisation et la dénonciation : Nos systèmes politiques se servent de l’ignorance du peuple pour se permettre tout et n’importe quoi. J’essaie à travers des posts et vidéos de pousser les gens à voir clair dans le jeu du système et les inciter à refuser de marcher dans ces combines. Je parle donc du système éducatif, de la maltraitance des enfants et d’autres mauvaise pratique des gouvernants.
  • Le panafricanisme : C’est quelque chose qui me tient à cœur et que j’essaie d’en parler en partageant des idées dont il englobe.
  • L’immigration clandestine : Ce phénomène qui ronge l’âme de l’Afrique, comme tant d’autres j’essaie de dissuader les candidats à cette aventure tragique en ma manière même si la compréhension n’est pas évidente.
  • L’Afrocentrisme : Je suis farouchement afrocentrique, je prône donc le fait que l’histoire africaine enseignée dans nos écoles n’est pas la bonne. Je suis convaincu que l’Africain sortira de la domination mentale quand il revisitera son histoire et reconsidérera ses valeurs culturelles et traditionnelles. Nous voulons avoir nos propres manuels d’éducation et couper le cordon de l’école coloniale qui nous maintien dans une domination mentale.

Evidemment, les actes parlent plus haut que les mots mais les mots peuvent avoir une très grande influence sur les réseau sociaux. Je profite donc de cette opportunité offerte par les technologies en provocant des réflexions à travers des sujets pertinents dans le temps et dans l’espace ciblé. Je ne suis pas un grand connaisseur ou un enseignant mais j’aime partager ce que je sais et qui permettre aux autres d’être éclairé. Espérant que ce billet serve à certains, je rends hommage à tous ceux qui en font autant.


L’Africain, prisonnier de sa propre histoire

L'Almamy Samory TOURE, dernier résistant africain et arrière grand père de Sékou TOURE (1830 - 1900)
L’Almamy Samory TOURE (1830 – 1900), dernier résistant africain et arrière grand-père de Sékou TOURE

Il y a ce que les autres savent et pensent de toi mais le plus déterminant est ce que tu sais et pense de toi-même. L’absence d’estime et de confiance en soi chez l’Africain n’est pas un fait ex-nihilo. L’idée que : « Tout ce qui est du blanc est forcément rationnel et blanc comme la neige ; tout ce qui est du noir est à priori sombre sombre » vient de l’enseignement de son histoire et continue d’être nourrie par les images de nos jours. L’histoire de l’Homme noir a été formatée et pliée à la volonté de l’Homme blanc. Les expressions comme « Africain et fier de l’être » ou « Noir et fier de l’être » sont des effets de l’enseignement de l’histoire. A la présence de la peau blanche le noir est d’une manière ou d’une autre complexé, il ressent donc une sorte d’obligation de relever son image. 

Rien que ce mercredi 26 octobre 2016, un black vint se renseigner au près de moi sur la destination d’un bus relais. Après l’avoir renseigné, il est parti demander à quelqu’un de peau blanche qui lui a donné la même indication que moi. Je me trompe peut être mais quelque chose me dit qu’il voulait une confirmation du blanc pour être sûr de ma réponse. Depuis à bas âge, il lui a été enseigné qu’il est un être moyen pour ne pas dire inférieur. Il n’a non seulement pas confiance en lui, mais n’accorde pas non plus de crédibilité à tout ce qui vient de semblable de couleur.

En effet, la version occidentale de l’histoire enseignée aux africains continue de nous inculquer que le noir n’a jamais rien accompli, ni pour lui, ni pour l’humanité. Que l’Homme noir a toujours été soumis, habillé par l’Homme blanc et que nous n’avons connu la civilisation qu’à l’arrivée du blanc. Toute l’histoire d’une race réduite à l’esclave : Ancêtres marqués et vendus comme du bétail, travailleurs dans les plantations de cannes à sucre… Il y a également le déséquilibre dans l’enseignement africain, nous apprenons plus du blanc que de nous-même. L’élève ou l’étudiant africain a plus de connaissance sur l’histoire et les pays occidentaux que de l’Afrique. En plus de cette version de l’histoire, les films, série-télé, panneaux publicitaires et les réseaux sociaux continuent de garder le noir africain dans son paradigme noir.

Problèmes 

– L’enseignement de la version occidentale de l’histoire africaine aux africains

– Il y a de plus en plus d’enseignement de l’histoire et civilisation occidentale que d’enseignement de l’histoire et civilisation africaine

– Nous laissons le soin aux autres d’écrire tout sur nous, de nous apprendre tout sur nous-même

Que faut-il faire ?

Pour pouvoir décomplexer le noir africain et d’ailleurs, il faut restaurer notre histoire, enseigner que l’histoire du continent ne date pas de l’esclavage, que nous avions nos civilisations et sciences. Il faut enseigner certains éléments déterminants qui ont été formatés. Il faut enseigner aux africains que :

  • L’Afrique a connu l’une des premières chartes des droits de humains autant que la Magna carta, la charte de Kouroukan Fouga au XIIIe siècle.
  • Que nous avons connu de grandes figures, des combattants qui ont combattu la France au XIXe siècle, bataille de Woyowanko en 1882. Des hommes comme Samory TOURE, qui ont appliqué des stratégies de guerres intelligentes comme « la tactique de  la terre brulée ».
  • Que l’Afrique a connu de grands empires et royaumes organisés comme : le Manden, le Songhaï et la Nubie.
  • Que la femme a eu le pouvoir et la considération en Afrique depuis des siècles. Le royaume de Saba qui s’étendait jusqu’en Asie était tenu par la reine de Saba. Femme sage et puissante, qui savait même manier des armes.
  • Que l’homme le plus riche que le monde n’ait jamais connu depuis des siècles est africain, Kankou Moussa roi de l’empire du Mali.
  • Que les formules et théorèmes mathématiques énoncés par les Pythagore et Thalès sont tirés des mystérieuses pyramides d’Egypte.
  •  Que l’écriture également vient de cette Egypte : « les hiéroglyphes ».

Dommage que l’Africain puisse mieux parler de Napoleon et d’autres rois blancs que de Samory ou Behanzin. Même l’Afrique contemporaine a connu de brillants hommes qu’on a tendance à oublier. Les hommes comme Cheick Anta Diop ont défié le mensonge occidental sur l’Egypte antique malgré les obstacles, pour restaurer la vérité de l’histoire noire. Beaucoup diront que l’histoire n’est pas importante mais elle peut changer la vision des choses. «Comprendre le passé pour pouvoir vivre le présent » a un sens dans la mesure où la restauration de l’histoire permettra aux noirs d’être décomplexé et de ne plus ressentir l’obligation de nettoyer son image aux yeux des autres. L’idée n’est pas de faire savoir aux autres qui nous sommes ou qui nous étions d’antan, mais de savoir nous-même qui nous sommes.

 


Des guinéenneries

D’abord, j’aimerais vous présenter cet incroyable et merveilleux pays que tout le monde connaît (ou pas). La Guinée – Conakry : huitième merveille du monde, l’un des pays les plus riches et pauvres à la fois de la planète terre. Le premier pays de l’Afrique de l’Ouest Francophone (AOF) ; en tout cas selon les historiens, nous sommes indépendants depuis 1958. Cela n’engage que moi mais je crois qu’on ne l’est plus depuis 1984 (fin de la première République). Le pays où tout va de travers, où la normalité est anormale, où le mal est tellement banal que c’est devenu normal. Chez nous, le bizarre côtoie quotidiennement l’inexplicable. Beaucoup pensent que c’est un pays maudit mais NON !! Au contraire, c’est peut être le pays le plus béni au monde. Parce que c’est le pays qui a frôlé plus de chaos que n’importe quel autre pays au monde (guerre civile, envahissement par des forces étrangères et tout ce que l’on peut imaginer de chaotique). Par contre, je n’en sais rien sur la bénédiction ou la malédiction de son peuple. Convenez avec moi qu’il y a une différence entre le contenant et le contenu.

Maintenant que vous savez tout ce qu’il faut savoir, parlons de quelques guinéenneries, c’est-à-dire quelques particularités du Guinéen.

  • Je vous déteste tous, moi y compris : Le Guinéen passe son temps à critiquer les agissements et comportements des dirigeants tandis qu’il agit similairement tous les jours.
  • Tè faah !!! : C’est une expression Soussou (dialecte du pays) qui signifie littéralement « le courant est là ». C’est ce que crient les habitants de la capitale quelques soirs quand les ampoules s’allument. Comprenez par là que l’électricité est encore un luxe dans ce pays. En plus de la rareté de l’électricité, les quartiers reçoivent le courant à tour de rôle. Là-bas, le manque de courant est récurrent et tout le monde est au courant. Cela ne nous dérange en rien. Quand il y a la lumière la journée, c’est le signe qu’il y a un chef d’Etat dans le coin.
  • Aucun président guinéen n’a jamais été Guinéen : Oui, on a toujours été dirigé par des voisins. Le premier président Sékou Touré était Malien, le second Lansana Conté était de la Guinée-Bissau et l’actuel président Alpha Condé est Burkinabé. Toute la vie de ce dernier serait construite sur une montagne de mensonges, ce serait un imposteur. Je n’en sais absolument rien moi.
  • Son excellence monsieur le directeur : Cela ressemble un peu à un délire mais non, c’est le langage correct du service public guinéen. Le chef est vénéré comme un seigneur, d’où l’appellation « excellence » pour tous les chefs hiérarchiques, peu importe son poste, ils excellent tous. Comprenez par là que nous excellons tous en démagogie. A part « son excellence », on raffole pas mal de tout ce qui est titre. Même l’infirmier qui fait l’école de santé, veut que tu l’appelles « docteur ». Et le policier du quartier adore qu’on l’appelle mon commissaire ou capitaine. 😀
  • Le trafic d’influence et la prison à tous les coups : Après t’avoir influencé avec l’identité de son père ou celui de son tuteur, il te sort des menaces d’emprisonnement. Méfiance ! ça peut être le neveu du directeur d’établissement scolaire du quartier ou le directeur lui-même, on ne sait jamais qui est qui. 😀 Et il peut bien vous faire coffrer même si vous l’avez juste insulté. Il suffit juste qu’il ait des connaissances à la zandramérie (gendarmerie) d’à côte, surtout si le commissaire c’est son cousin ou son oncle. Au fait, pour montrer son influence en Guinée, il faut pouvoir faire emprisonner quelqu’un ne serait-ce qu’une nuit.
  • Guinéen et fier de l’être mais qui fuit son compatriote à l’étranger : J’ignore pour les autres pays mais le Guinéen de l’étranger est très étrange. Quand tu es Guinéen à l’étranger, un autre Guinéen te repère avec ton dialecte, il est capable de se détourner de ton chemin pour ne pas faire ta connaissance. Fier d’être Guinéen ou fier d’être ce que tu es ? 😀

Pour tout vous dire, nous sommes atteints d’une sorte Schizophrénie de niveau très très avancé. Pour comprendre ce dont souffre le Guinéen, il n’y a qu’un seul moyen : Être Guinéen de souche. Même un neurologue plus que qualifié ne pourra pas comprendre en disséquant nos cerveaux. Je sais de quoi je parle, parce que je manifeste des symptômes moi-même. Une dernière chose, pour qualifier le Guinéen, il faut toujours doubler le superlatif parce que nous excellons dans tout.

J’aimerais bien connaître aussi quelques maliennéries, sénégalainéries, ivoiriennéries, béninoiéries… Je suis sûr qu’il y a un tas de choses à raconter chez vous.

C’était moi, son Excellence monsieur le Guinéen très très fier.