Didier Ndengue

Une « Silicon Valley » camerounaise est possible

Nos dirigeants déplorent avec raison la publication des informations « top secrets » et des « secrets défense » sur la toile, mais ils oublient qu’ils ne mettent pas en place des outils appropriés pour encadrer ces « déstabilisateurs ». 

Un cybercriminel. CC: Pixabay

Dans une République comme la nôtre, les dirigeants ont tort de toujours s’ériger en pères fouettards quand ça les arrangent. Nous sommes tous soucieux du bien-être de notre pays le Cameroun. Et chacun fait ce qu’il peut à son niveau pour avoir des meilleures conditions de vie. De même que vous pensez que nos actions peignent le Cameroun en noir, de même j’ai l’impression que vous n’avez aucune volonté ou alors aucun intérêt à nous aider à promouvoir le label Cameroun. Je m’explique.

Je crois que gouverner, c’est aussi encadrer ses populations dans tous les domaines d’activités. Les internautes camerounais ne vous demandent rien d’autre que de la considération. Quand on vante vos activités sur les réseaux sociaux, nous sommes considérés des bons citoyens, mais quand on dénonce ou quand on vous dit les pensées de nos cœurs, vous parlez de déviance ou de la « côte d’alerte » qui a été atteinte. Mais non, arrêtez ça ! Que voulez-vous qu’on dise sur les réseaux sociaux quand vous n’avez pas de site Internet pour donner la bonne information à ceux qui vous ont permis d’être aux affaires ? Quand vous ne donnez la bonne information qu’à « Cameroon Tribune » et à la « CRTV » parce qu’ils roulent en votre faveur ?

Soyez au moins ouverts et moins fâchés et on ne vous décoiffera plus sur les réseaux sociaux. Sérieux, c’est normal que tout un ministère de la Communication n’ait pas de site Internet pour communiquer en temps réel sur les activités du gouvernement ? Nous savons pourtant tous que la nature a horreur du vide. Alors les internautes comblent le vide à leur manière.

Donc, si vous n’encadrez pas vos cerveaux, ils feront ce qu’ils veulent. Mais rassurez-vous, ils ne vous serviront pas avec le cœur. S’ils sont forcés, ils ne produiront pas une fondation solide.

De toutes les façons, moi personnellement, je ne servirai pas une personne qui ne cherche qu’à me clouer, au lieu de me donner les armes nécessaires pour combattre les fléaux qui nuisent à mon secteur d’activité. En fait, je raconte ce blabla juste pour exhorter les autorités camerounaises à encadrer leurs internautes, qu’ils qualifient de criminels.

Exploitez vos génies, ne les tuez pas

Quand la galère nous tient au cou, il faut bien trouver un moyen de se distraire. Encore que nos patrons nous paient en monnaie de singe, sans que ça ne gêne personne.

Pour revenir à nos moutons, si votre parent ne vous montre pas la bonne voie (sur les réseaux sociaux), vous ferez forcément ce qui vous semble bon. Et ce parent n’aura aucune raison de vous blâmer parce qu’il n’a pas joué son rôle en montrant le bon chemin. C’est à méditer.

Est-ce que nos dirigeants ignorent qu’on regorge de cerveaux magiques que beaucoup de pays africains envient ? On a des jeunes qui font des merveilles sans avoir fait des grandes études. Je vous invite par exemple à faire un tour du coté de l’Avenue Kennedy à Yaoundé, ou à l’Ancien 3e à Douala pour voir ce qu’ils sont capables de faire avec les appareils électroniques.

Ces jeunes camerounais sont capables de te dépecer tout genre d’appareil pour lui redonner une nouvelle forme ou une nouvelle orientation, juste avec leurs mains. Pareil pour les ordinateurs portables et jeux vidéo. Ils t’installent la connexion internet en quelques minutes seulement. Les gars manipulent les fichiers virtuels comme s’ils prenaient le petit déjeuner. Faites aussi un tour à Buea et vous verrez que le génie est dans l’air au Cameroun, mais malheureusement il est peu, mal ou pas du tout exploité à sa juste valeur.

Voilà des cerveaux qu’on devrait utiliser pour faire avancer notre économie. On veut du concret. On en a marre du système francophone qui met tout sur les diplômes universitaires ou qui n’évolue qu’en réseau. On a besoin des gens qui osent avec les moyens de bord et non des gens qui réfléchissent pendant des décennies sans trouver de solution, alors qu’elle est à leur portée dans les coins cités supra.

J’invite donc le gouvernement à mettre en place un cadre approprié pour permettre à ces jeunes gens de bâtir une Silicon Valley camerounaise. Parce qu’ils en sont capables et dignes.

Les cybercriminels sont vos proches collaborateurs

Pour revenir aux documents « top secrets » qui se retrouvent sur les réseaux sociaux, il faut d’abord savoir que je condamne moi aussi cette façon de faire. Quand j’ai vu la note confidentielle du ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nji recommandant aux sous-préfets, préfets et gouverneurs de régions de lui faire des rapports quotidiens sur la situation sécuritaire dans leurs contrées, se retrouver sur la toile il y a quelques semaines, j’ai seulement dit que ce pays est foutu.

La publication des informations confidentielles sur la toile nous livre à nos ennemis. Mais je crois que ces fuites sont orchestrées par les collaborateurs directs de nos ministres. Les « cybercriminels » eux, repartagent jusque ce qu’ils trouvent dans les forums Facebook, WhatsApp, etc. Donc, l’idéal serait de sensibiliser vos proches collaborateurs et mettre des vidéos de surveillance un peu de partout pour traquer ceux qui s’amusent avec les secrets de la République.

Quant aux utilisateurs des réseaux sociaux que vous pointez du doigt, ils sont juste des victimes «naïves» et « passives ».


J’ai passé deux semaines à déguster le « made in Cameroon »

On est immensément riche. On est ingénieux. On a de la matière pour être les rois de l’Afrique. Mais on piétine, on fait du sur place pour des raisons d’égoïsme sans tête ni queue.  Je vous ai ramené quelques commentaires de la première édition de la Foire Internationale des Affaires et du Commerce de Douala (FIAC). Limez vos machettes, on va débroussailler le secteur agricole « made in Cameroon ». 

On est immensément riche. On est ingénieux. On a de la matière pour être les rois de l’Afrique. Mais on piétine, on fait du sur place pour des raisons d’égoïsme sans tête ni queue. Je vous ai ramené quelques commentaires de la première édition de la Foire Internationale des Affaires et du Commerce de Douala (FIAC). Limez vos machettes, on va débroussailler le secteur agricole « made in Cameroon ».
Les brochettes de champignon

Je  repars d’ici avec beaucoup d’espoir. Surtout avec beaucoup de salives à la bouche. En espérant que ces petits commerçants que j’ai rencontrés, deviendront les industriels de demain. J’en ai rencontré des centaines ces deux semaines. Je réalise maintenant que la curiosité est un atout que nous sommes appelés à développer dans notre société. Grâce à elle, j’ai pu manger jusqu’à sucer les doigts. L’huile des champignons coule encore sur mes lèvres jusqu’à atteindre ma babiche. J’ai fait plus de dix tours dans ce stand, juste pour croquer les brochettes de champignons. J’en ai mangé assez, mais j’en veux encore. C’est fou comme je peux être gourmand hein ! Mais ma gourmandise a des limites. Surtout face aux champoings, savons, huile,…de champignon. Je ne sais pas comment croquer  les autres  là, à  part  prendre mon bain avec. Sans même avoir fini de contempler toutes les dérivées du champignon, je tombe sur des plaquettes de chocolat cru, aux valeurs diététiques impressionnantes.

Sur les tables de la Pme Tara, en plus du chocolat  100% camerounais, il y a aussi des boites de beurre et de poudre de cacao cru. La promotrice de cette petite structure ambitionne de challenger les gros producteurs de chocolat du pays. Avec quel moyen ? Voilà la grosse interrogation qui taraude mon esprit. Pour émerger, elle devra faire preuve de patience, de persévérance et d’audace. Certains oiseaux de mauvais augure lui diront : « tu n’y arriveras pas, parce que tu es encore jeune car tu as moins de 40 ans». Elle est jeune et puis quoi encore ? Où est-il écrit que les camerounais qui n’ont pas l’âge des gérontocrates qui nous mènent en bateau n’ont pas de compétence requises pour gérer une entreprise ?

Des huiles de pistaches

Pour découvrir d’autres merveilles, j’ai fait un crochet dans le stand voisin. Massah ! J’ai vu un monsieur assis, pendant que les pistaches sont en train d’être décortiqués par une machine. Il fallait être là pour voir comment ces réalisations incroyables de mes compatriotes m’ont laissé bouche bée. L’huile de pistache ! Humm, j’avoue que je n’en avais jamais entendu parler. Tout comme ces beignets de patates, d’ignames, de plantains et je ne sais de quoi d’autres encore que j’ai dégusté pendant mes découvertes à la foire.

Les jus naturels de baobab, de  gingembre, de citron, etc. ont fait l’attraction. J’ai bu des tasses de presque tout. A un moment donné, j’ai voulu refuser ce qu’on m’offrait en croyant  que  je  devais tout déféquer une fois arrivé chez moi. Aucun effet néfaste. La preuve, je rédige ce billet depuis le site de la foire, avec un large sourire aux lèvres.

Les banques en surliquidité, mais…chiches

J’ai malheureusement perdu cette joie pendant les conférences-débats qui ont eu lieu sur le site de  l’événement. J’avais espoir que les banquiers devaient diluer leurs procédures d’accès aux crédits bancaires. Que non, les gars sont toujours aussi durs. Ils  ont  une panoplie  de  procédures que je ne vais pas énumérer ici, de peur de ne plus avoir assez d’espace pour mes prochains billets.

Je peux encore comprendre que les banques aient des procédures draconiennes pour protéger leur argent, mais quand j’apprends que mon pays est encore loin d’avoir une  banque agricole, je n’ai qu’une envie : mettre les mains sur la tête et de pleurer. Mais rassurez-vous, vous ne verrez pas mes larmes sur ce billet.

Si donc les banques sont en surliquidité comme les banquiers camerounais aiment à le rappeler, pourquoi ne pas injecter ces sous dans les projets mentionnés plus haut ? Je suis convaincu qu’en finançant de tels projets porteurs, on augmentera non seulement la quantité des produits « made in Cameroon », mais on améliorera aussi sa qualité pour la fierté nationale. Mais si on continue à tourner en rond en ignorant le potentiel local, comme on le fait actuellement, alors je crois qu’on est loin de l’agro-industrie moderne.

 


Voyages de Paul Biya à l’étranger : un gouffre financier

Un collectif composé de journalistes et de blogueurs a rendu public le rapport d’une enquête sur les voyages du président camerounais à l’extérieur du pays depuis son ascension à la magistrature suprême en 1982. L’enveloppe estimée de ses nombreux déplacements est tout simplement « exorbitante » pour un pays pauvre très endetté comme le nôtre. Regardons ici de plus près ce rapport, que le gouvernement tente de balayer d’un revers de la main avec la complicité des médias à sa solde.

Un collectif composé de journalistes et blogueurs a rendu public un rapport d’une enquête sur les voyages du président camerounais à l’extérieur du pays depuis son ascension à la magistrature suprême en 1982. L’enveloppe estimative de ses nombreux déplacements est tout simplement « exorbitante » pour un pays pauvre très endetté comme le nôtre. J’épluche ici ce rapport que le gouvernement tente de balayer d’un revers de la main avec la complicité des médias à sa solde.
Voyages par année (1)

La semaine dernière, le résumé d’une enquête intitulée « Paul Biya, le président fantôme » révèle au grand jour les grosses dépenses effectuées par le chef de l’Etat camerounais pendant ses nombreux déplacements à l’étranger depuis son ascension à la magistrature suprême en 1982. Rédigée par  Emmanuel Freudenthal, Frank William Batchou, et Gaelle Tjat, l’enquête  -que j’ai entièrement lue- fait savoir que « les voyages du président sont nombreux : il a passé plus de cinq ans et demi à l’étranger depuis 1982. Certaines années, il a passé un tiers de son temps à l’étranger, comme en 2009 et en 2016 ». Regroupés au sein du collectif Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), les enquêteurs, constitués de journalistes et de blogueurs chevronnés, a épluché plus de 4000 Unes du quotidien bilingue gouvernemental, Cameroon Tribune. Plus de 190 voyages du président camerounais ont été documentés. On peut conclure que Paul Biya a passé au moins 4 ans et demi en « courts séjours privés » à l’étranger durant ses 36 ans de règne. « Ces estimations sont un strict minimum car les copies du Cameroon Tribune sont difficiles à dénicher au Cameroun, et les archives que nous avons pu consulter aux Etats-Unis et en France ne sont pas complètes, des années entières manquent à l’appel avec autant de voyages », regrettent les auteurs du rapport.

L’enveloppe qui choque

Nous le savons tous, Genève (Suisse) est la destination préférée du locataire d’Etoudi depuis plus de trois décennies, il parait qu’il fait partie des meilleurs clients de l’hôtel 5 étoiles Intercontinental… A la lecture du document, j’apprends qu’il s’y rend régulièrement en jet privé, accompagné de son épouse Chantal Biya et de ses plus proches collaborateurs. D’ailleurs, certains de ses compagnons de voyage ont quitté le navire suite au réaménagement gouvernemental le 2 mars 2018.

A en croire les auteurs de l’enquête, les dépenses journalières du président lors de ses voyages dépassent les 21 millions de FCFA, « soit un total de plus de 34 milliards de FCFA depuis l’arrivée de Paul Biya au pouvoir, sans compter les voyages officiels ou la location de l’avion privé ».

Un collectif composé de journalistes et blogueurs a rendu public un rapport d’une enquête sur les voyages du président camerounais à l’extérieur du pays depuis son ascension à la magistrature suprême en 1982. L’enveloppe estimative de ses nombreux déplacements est tout simplement « exorbitante » pour un pays pauvre très endetté comme le nôtre. J’épluche ici ce rapport que le gouvernement tente de balayer d’un revers de la main avec la complicité des médias à sa solde.
Carte des pays visités par nombre de visites

L’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) dit avoir obtenu des factures indiquant qu’un aller-retour de Yaoundé à Genève en 2010 a coûté 401 millions de FCFA. « A ce tarif, pense l’organisation, la facture du transport pour les voyages de Paul Biya serait d’au moins 76 milliards de FCFA depuis son arrivée au pouvoir ». Ces révélations, reprises par les médias nationaux et internationaux, n’ont pas laissé le gouvernement camerounais indifférent. Pour le top management de Cameroon Tribune, ces divulgations ont été faites par les « dénigreurs » du chef de l’Etat dont l’ambition de le discréditer pour la prochaine élection présidentielle. Ce qui laisse penser que « l’homme lion » – comme l’appellent affectueusement ses camarades – sera candidat à l’élection présidentielle qui pointe à l’horizon.

Dans une mise au point du quotidien gouvernemental, Joseph Le, le président du conseil d’administration et par ailleurs directeur adjoint du cabinet civil de la présidence de la République (avant le réaménagement gouvernemental), réagit en ces termes : « La société éditrice de Cameroon Tribune (Sopecam) ne reconnaît pas avoir été associée, ni de près ni de loin, à une quelconque « recherche » ou « enquête » relative aux déplacements du chef de l’Etat à l’étranger », il se dédouane donc. Pour Joseph Le, « il faudrait chercher ailleurs les sources documentaires et les véritables motivations des pseudo-révélations livrées à l’opinion, à l’effet manifeste de l’infester et de jeter du discrédit sur un homme d’Etat qui s’emploie au quotidien à donner la pleine mesure de ses capacités, dans le cadre de l’édification d’un Cameroun prospère et paisible, quelque soit l’endroit du monde où il se trouve ». Un des auteurs de l’enquête m’a fait savoir que leur collectif avait adressé un protocole d’interview au Cabinet civil de la présidence de la République, qui n’a jamais répondu jusqu’à la publication de l’enquête.
La question qui se pose est la suivante : pourquoi n’avoir pas répondu aux questions d’un dossier aussi explosif avant sa publication ?

→ Lire l’enquête de l’OCCRF (en anglais)


Gaëlle Tjat : « le Cabinet Civil de la Présidence n’a donné aucune suite à nos requêtes »

Journaliste et blogueuse camerounaise vivant aux Etats-Unis d’Amérique, elle fait partie du collectif qui a travaillé sur les voyages du président Paul Biya à l’étranger depuis 1982. Dans cet entretien, celle qui a fouillé dans les archives du Cameroun soigneusement conservées dans le pays de l’Oncle Sam revient sur les démarches et les ambitions de cette enquête. 

Journaliste et blogueuse camerounaise vivant aux Etats-Unis d’Amérique, elle fait partie du collectif qui a travaillé sur les voyages du président Paul Biya à l’étranger. Dans cet entretien, celle qui a fouillé dans les archives du Cameroun soigneusement conservées dans le pays de l’Oncle Sam, revient sur les démarches et les ambitions de cette enquête.
Gaëlle Tjat

Comment vous vient à l’idée de mener une enquête sur les voyages présidentiels ?

Les voyages du Président Biya sont la suite plus ou moins logique du travail de data journalisme sur « les gouvernements de Paul Biya » publié en 2016. À l’issue de leur publication, nous hésitions sur le sujet de la prochaine enquête car de nombreux sujets avaient surgi durant la collecte de données. C’est alors qu’Emmanuel Freudenthal a abordé notre équipe avec cette idée. Nous n’avons pas hésité longtemps pour joindre nos forces et produire ce qui semble créer des remous dans les hautes sphères.

Comment avez-vous effectué le recoupement ?

Le recoupement pour cette enquête a été très fastidieux. Pour les déplacements, nous nous sommes essentiellement reposés sur les éditions de Cameroon Tribune qui retracent fidèlement les allées et venues du Président depuis 1982. Malheureusement les archives digitales accessibles auparavant, du moins pour le travail sur les gouvernements de Paul Biya, ne l’étaient plus. Nous avons fait appel à des ressources externes  et il nous a été remonté que la bibliothèque de Buéa renfermait des archives de Cameroon Tribune. Frank William Batchou y est allé à quatre reprises et a collecté tout ce qui était possible, précisément une partie de 1985 à 1990 et une autre de 1995 à 2006. La librairie Nationale française disposait des éditions de 1974 – 1996 et de 2002 – 2010. Un des amis d’Emmanuel, le nommé J.B, y a fait le déplacement pour la collecte. La libraire d’Harvard à Boston, enfin, avait les éditions de la période 2005 à 2016. J’y ai personnellement fait le déplacement.

Et en 2017, les communiqués du site de la Présidence de la République nous ont énormément aidés. Les « Une » collectés sont disponibles sur le site https://www.cameroundebiya.com/papers-1980s/. Une fois les données collectées, nous les avons croisées avec d’autres sources : GVA Alert, un bot Twitter enregistrant les allées et venues des personnalités via l’aéroport de Genève, a par exemple aidé à confirmer les déplacements du Président sur Genève. Afin d’évaluer les coûts, Emmanuel a eu accès à des documents privés via des journalistes locaux au pays. Nous avons bien évidemment essayé de joindre l’hôtel Intercontinental de Genève, CS Aviation et le Cabinet Civil de la Présidence pour confirmer ou infirmer nos données. Malheureusement, aucune instance n’a donné suite à nos requêtes. L’équipe d’OCCRP a pris près d’un mois pour passer au crible nos données. La suite, vous la connaissez.

Quel est l’objectif visé par votre collectif ?

Offrir de la connaissance, de la matière à analyse à ceux qui veulent aller au-delà des apparences,  mais surtout de fournir des archives. Au fil du temps, nous nous rendons compte que la mémoire collective de notre pays s’évapore et il ne nous restera rien demain pour raconter notre histoire. L’objectif final est de créer une base de données fournie, crédible et accessible où étudiants, chercheurs, journalistes et curieux viendront puiser pour se faire leur propre analyse.

Propos recueillis par Didier Ndengue

→ Lire l’enquête de l’OCCRF  www.cameroundebiya.com


#JeSuisCamerounaisEtJeBlogue : entre blogging, rencontres et fou-rire

#JeSuisCamerounaisEtJeBlogue
On apprend à bloguer en s’amusant. On fait des rencontres incroyables. Le tout dans une ambiance bon enfant.
Revivons en couleur la session de samedi 24 février 2018 : 

On apprend à bloguer en s’amusant. On fait des rencontres incroyables. Le tout dans une ambiance bon enfant. Revivons en couleur la session de samedi 24 février 2018.
Des apprenants très attentifs

On lance les hostilités avec une dizaine de minutes de retard. Mauvaise option certainement, mais on attendait que la salle soit pleine ! En plus, le coach Henri Lotin avait signalé qu’il serait en retard…

A l’heure du début des travaux, l’Espace des Cultures Numériques de l’Institut Français du Cameroun (antenne de Douala) grouille de monde. Pas moins d’une cinquantaine de personnes (de toutes les tranches d’âge) sont confortablement assises. Têtes baissées, chacun est connecté sur les réseaux sociaux via son Smartphone. La salle est calme, certains participants se disent sûrement qu’ils se sont trompés de lieu, car ils savent que les blogueurs camerounais sont généralement de grands bavards. Cette ambiance un tout petit peu morose au début est donc surprenante.

On apprend à bloguer en s’amusant. On fait des rencontres incroyables. Le tout dans une ambiance bon enfant. Revivons en couleur la session de samedi 24 février 2018.
Le coach Henri Lotin à l’oeuvre

Je prends la parole pour les rassurer : ils sont bien à un rendez-vous de blogueurs ! Pour le prouver, j’invite le coach Alida Mica Ebo’o à me rejoindre. Après elle, j’introduis la très discrète mais redoutable Dorothée Danedjo Fouba.

Une perle rare dans le blogging 237

La Guest de cette session est une jeune femme qui a eu l’onction des dieux des TIC. Comme je l’ai écrit récemment sur la page Facebook de cette plateforme : « Son nom seul me donne des frissons. Chaque fois qu’on se parle au téléphone ou sur Messenger, je suis comblé de joie. Je ressens beaucoup d’amour et de sincérité dans ses propos. Elle me dit régulièrement « c’est ton problème là-bas ». J’éclate de rire. Elle me rend fou. Pas le genre de fou qui ramasse les ordures au carrefour Mvog Atangana hein, mais fou d’amour pour son job ».

En effet, notre invitée spéciale est l’ambassadrice de la communauté #Mozilla au Cameroun. Normalement, tous ceux qui se disent blogueurs au « mboa » doivent la connaître. Ce n’est pas une faveur, mais une obligation. Enfin, je crois ! Parce que je pense qu’elle est une personnalité incontournable dans notre univers. L’équipe de notre plateforme de promotion du blogging a donc tenu à la faire connaître des nouveaux blogueurs.

On apprend à bloguer en s’amusant. On fait des rencontres incroyables. Le tout dans une ambiance bon enfant. Revivons en couleur la session de samedi 24 février 2018.
La Guest Dorothée Danedjo Fouba pendant son intervention.

Mozilla Representatives Mentor, Technovation Regional Ambassador, classée dans le Top 10 des meilleures Techwomen du monde en 2015 (femmes leaders du secteur de l’économie numérique) selon Anita Borg Institute et l’International Institute of Education, dans le cadre de Grace Hopper 2015. Rien que ça ! Dorothée est une journaliste multimédia senior, ingénieure d’éducation aux médias et blogueuse sur les technologies de l’information et de la communication. Elle a dix ans d’expérience professionnelle en relation directe avec le journalisme en ligne, le blogging, les TIC et le web 2.0 sur l’ensemble de ses près de 13 ans d’exercice professionnel. Enseignante à l’Ecole Supérieure des Sciences Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) depuis 2011, la jeune dame – qui compte plus d’une quinzaine de récompenses internationales dans les quatre coins du globe – a partagé son expérience avec les participants et a répondu à toutes leurs questions sur la pratique du blogging et sur la communauté Mozilla au Cameroun. Elle en a profité pour parler « éthique » aux blogueurs.
Ensuite, le coach Henri est finalement arrivé, ainsi que la Miss Danielle Chegue Wabo, la plus belle fille de la diaspora camerounaise et par ailleurs deuxième dauphine Miss Union africaine.

On apprend à bloguer en s’amusant. On fait des rencontres incroyables. Le tout dans une ambiance bon enfant. Revivons en couleur la session de samedi 24 février 2018.
Le coach Alida Mica Ebo’o à l’oeuvre

Nos coachs à l’œuvre

Le public était attentif et très curieux, les questions fusaient de toutes parts. Dorothée répondait à toutes les préoccupations. Après cela, place aux ateliers de formation, nous en avons formé deux, chaque coach coordonnait un groupe. Celui d’Henri Lotin portait sur le design et celui d’Alida portait sur la création d’un blog.

A 17h40, les ateliers nous firent le compte-rendu de leurs travaux, sous le regard bienveillant de la Guest, qui attribuait une note à chaque groupe de travail, ce qui mis fin à la première édition de l’année de #JeSuisCamerounaisEtJeBlogue.

Beau succès ! Le prochain rendez-vous est pris pour le 14 avril prochain à 14h.

La session en images.


Aïssa m’a laissé un arrière goût amer

C’est vrai que c’est sa première expérience, mais je crois qu’elle pouvait mieux faire. Cependant, je reconnais que cette série a coloré ma soirée de samedi.

C’est vrai que c’est sa première expérience, mais je crois qu’elle pouvait mieux faire. Cependant, je reconnais que cette série a coloré ma soirée de samedi.
L’affiche de la nouvelle série qui sera diffusée sur A+. CC: Canal+ Cameroun

Dans la salle de cinéma de CanalOlympia à Douala, la série commence tout doucement. Beaucoup de couleurs l’embellissent. Nous sommes dans l’épisode « L’anniversaire ». J’adore quand l’actrice principale « Aïssa » ouvre le bal avec une chanson. Elle met toute la salle en confiance grâce à cette séquence. J’espère que la suite de la série sera aussi belle. Je voudrais tellement qu’elle m’emporte au-delà de mes imaginations. J’ai hâte de découvrir ce que ces jeunes talents africains ont dans le ventre.

Ce soir, tout se déroule bien jusqu’au moment où mes deux voisins de chaise décident de quitter la salle de projection avant même la 15e minute du premier épisode. Ça, ce n’est pas bon signe. En tout cas moi, je suis encore là. J’ai tout regardé jusqu’au deuxième épisode « Les résultats ». Deux personnages m’ont donné envie de regarder cette série. Il s’agit premièrement du jeune homme qui refuse d’aller regarder les résultats de l’examen et du monsieur en lunette (Moustik) qui joue au piano. Ce sont mes préférés dans cette série. Les autres,  je dirai qu’ils se sont débrouillés pour donner vie à cette série musicale qui ose et le résultat, bien que n’étant pas parfait, mérite mes encouragements.

Je m’attendais à un cocktail

Pour une série africaine, j’aurais aimé que les acteurs soient plus naturels. Qu’ils valorisent ce qui vient de leurs entrailles, en incarnant la culture africaine. Pas celle de l’Europe qui tend à nous éloigner de nos valeurs. Malheureusement et c’est regrettable de constater que la série Aïssa encourage ce déracinement de nos peuples. Sinon comment comprendre que dans une série qui se veut purement africaine, on retrouve des jeunes filles et leurs parents dans des styles vestimentaires occidentaux ? Leurs minirobes, vestes, jeans et consorts pouvaient pourtant être remplacés par des Kaba, Boubous, foulards, etc. pour sauvegarder ce qui nous reste encore.

Comme dans les Bobodioufs, j’aurai également souhaité voir les acteurs utiliser des petites phrases dans leurs langues locales. Hors dans cette série, seul le Français est mis en valeur. Il arrive même parfois à l’actrice principale Aïssa de chanter en anglais. Et pourtant, elle peut aussi composer des chansons dans sa langue et conquérir des fans.

Dans cette même veine, j’ai constaté que les acteurs n’ont pas été bien préparés. Non seulement, il y a des incohérences dans leurs prestations, mais la majorité manque de personnalité.

C’est vrai que c’est sa première expérience, mais je crois qu’elle pouvait mieux faire. Cependant, je reconnais que cette série a coloré ma soirée de samedi.
J’étais de la partie. CC: FWB

L’esthétique des jeunes filles jouant dans cette série n’est pas à mon goût. Je n’aime pas des meufs en tresses avec mèches multicolore, j’ai également horreur des greffes. Je suis de ceux qui croient que nos cheveux crépus et des nattes sur les têtes de nos sœurs sont les meilleures coiffures qui puissent exister au monde. Surement que cela n’a pas de valeur aux yeux des réalisateurs de cette série, encore moins notre précieux teint chocolat, car dans les deux épisodes que j’ai regardés, je suis confus, je ne sais qui est noir ou métisse. J’ai même l’impression que l’actrice principale, Aïssa fait « le djansang », c’est-à-dire qu’elle se décape. Quelle leçon pour les jeunes qui vont regarder cette série à partir du 4 mars prochain sur A+ ? Je peux peut-être me tromper, comme tout être humain, mais si l’actrice principale se décape, alors je crois que cette série est à refaire.

« Hannah Montana africaine, yes we can »

Si cette série était à retourner, je proposerai que les mêmes acteurs soient de la partie. Qu’ils bûchent bien leurs scènes et paroles et soient plus relaxes et naturels pendant le jeu. Ils n’ont pas besoin de regarder les cameras pendant le tournage, comme je l’ai constaté dans certaines scènes. On peut mieux faire et damner le pion à Hannah Montana, en y mettant juste beaucoup d’africanité, sans toutefois s’éloigner du modernisme.

200 millions de FCFA

A la fin de la projection en avant-première le 17 février 2018, Kodjo Houngbeme, le producteur de cette série qui sera diffusée sur les antennes d’A+ à 19h, à partir du 4 mars prochain, m’a dit qu’il est satisfait de cette première expérience de ces jeunes talents africains. De lui, j’apprends que près de 200 millions de FCFA ont été misés sur ce projet. Les acteurs eux, n’ont eu que deux mois pour se mettre dans la peau des personnages. Même s’il se dit content de ce premier résultat, M. Kodjo compte améliorer le jeu dans la deuxième saison d’Aïssa, qui aura surement un goût plus sucré.


L’assurance pour tous au Cameroun : mythe ou réalité?

Au mboa, on n’a pas la culture de l’assurance. Le « nguémé » nous « tchop » jusqu’aux os, jusqu’à ce qu’on en oublie l’essentiel. Le directeur général de ATM Allianz sort de sa réserve #FaceAuxBlogueurs et invite tous les Camerounais à souscrire à une police d’assurance.

Au mboa, on n’a pas la culture de l’assurance. Le « nguémé » nous « tchop » jusqu'aux os, jusqu'à on oublie l’essentiel. Le directeur général de ATM Allianz sort de sa réserve #FaceAuxBlogueurs et invite tous les camerounais à souscrire à une police d’assurance.
Un stade Allianz. CC: Flickr

En rentrant du boulot vendredi de la semaine passée, je croise une dame, tirant les pas toute seule dans le couloir qui mène vers chez moi. Sourire aux lèvres, elle médite en marchant. Le casque enfoui dans les oreilles, elle fredonne un cantique des rachetés de David. Je m’approche d’elle pour qu’elle me contamine aussi sa joie de vivre. Elle retire subitement son casque, le mets dans son sac à main. Elle se retourne et me fixe. Son visage rayonne. Je me souviens qu’en plus d’être ma voisine, elle est également une amie privilégiée sur les réseaux sociaux. Avant que je n’ouvre la bouche pour la saluer, elle anticipe avec une interrogation:

  • Bonsoir Didier ! Comment tu vas ? J’ai vu que tu as posté quelque chose sur l’assurance sur ta page Facebook aujourd’hui. Est-ce que cette histoire là fonctionne même bien dans notre pays ? 

Bon, je rectifie, ce sont deux questions qu’elle m’a posées. Je souris, je fais le beau gosse. Mais la dame attend impatiemment que je réponde. Je souris une seconde fois pour lui dire que moi-même hein, je jongle avec la vie et que je n’ai pas de véhicule pour signer des accords avec une compagnie d’assurance. En bon gentleman, je réponds quand même à sa salutation, tout en tentant d’apporter des réponses à ses préoccupations.

  • Bonsoir Minette ! Je vais bien merci. Oui, j’ai posté cet après-midi sur ma page Facebook. Je voulais savoir combien de Camerounais s’intéressent à l’assurance parce que j’étais en train d’interviewer Marc Mbourou Atangana, le directeur général de AMT Assurance, une agence générale d’Allianz située à Bonamoussadi.

Le jeune patron était #FaceAuxBlogueurs. J’étais accompagné de cinq autres confrères qui, comme moi, pensent que dans un environnement de plus en plus incertain comme le nôtre, il est important de connaitre le rôle d’une compagnie d’assurance comme AMT Allianz. J’ai tout rapporté à ma voisine, qui m’a promis d’étudier ce dossier de près.

Au mboa, on n’a pas la culture de l’assurance. Le « nguémé » nous « tchop » jusqu'aux os, jusqu'à on oublie l’essentiel. Le directeur général de ATM Allianz sort de sa réserve #FaceAuxBlogueurs et invite tous les camerounais à souscrire à une police d’assurance.
Collision entre deux voitures. CC: Pixabay

En toute franchise, j’ignorais que les compagnies d’assurance du Cameroun étaient réactives. J’ai toujours cru qu’elles ne satisfaisaient pas les sinistrés des multiples drames qu’on enregistre dans ce pays. C’est en causant avec le directeur général d’AMT Allianz que j’ai compris que les victimes ferment leurs bouches quand elles entrent en possession de leur gain. Je repense au drame ferroviaire d’Eséka d’octobre 2016. Les familles victimes de ce carnage et leurs avocats, qui gesticulaient partout dans les médias, ont curieusement fermé leur bec. Cela signifie que les sous circulent. Et nous savons tous que l’argent n’aime pas le bruit.

Mais ce n’est pas pour autant qu’on devrait saboter les compagnies d’assurance et laisser croire qu’elles n’interviennent pas quand il y a un sinistre. C’est vrai qu’il y a la lenteur administrative que je ne peux ignorer, mais il faut aussi rendre compte quand les gars font du bon boulot.

En échangeant donc avec le manager d’AMT Allianz, j’ai également compris qu’il ne faut pas seulement attendre d’avoir un vehicule, avant de solliciter une police d’assurance. Je peux par exemple décider d’assurer toutes les parties de mon corps, un peu comme Lionel Messi a assuré son pied gauche. Puisque nous parlons de Messi, je vous annonce qu’Allianz est devenu le sponsor officiel du FC Barcelone. Je n’invente rien hein, c’est le boss d’AMT qui me l’a confirmé. Malheureusement, son agence n’assure pas les mototaximen, ardents supporters de ce club espagnol. Il dit que ceux-ci sont capables de vider ses caisses tous les jours, à cause des multiples accidents de la circulation qu’ils engendrent chaque minute.

 Au mboa, on n’a pas la culture de l’assurance. Le « nguémé » nous « tchop » jusqu'aux os, jusqu'à on oublie l’essentiel. Le directeur général de ATM Allianz sort de sa réserve #FaceAuxBlogueurs et invite tous les camerounais à souscrire à une police d’assurance.
Marc Mbourou Atangana, le directeur général de AMT Assurance face aux blogueurs

Un assureur de proximité

  1. Mbourou Atangana, fait savoir que son agence détient un « contrat d’exclusivité» avec le groupe Allianz. Cela signifie que tous les produits qui sont vendus à AMT proviennent du leader mondial de l’assurance. « Toutes les indemnisations sont à travers Allianz. Tout ce que nous faisons ici est totalement Allianz ».
  2. « Mais monsieur, si vous faites tout ce que les autres agences Allianz font, ça ne sert donc à rien que je vienne particulièrement chez vous alors que vous ne garantissez pas une valeur ajoutée».

Lui de me rassurer : « Nous avons une particularité, c’est le suivi des clients. Nous faisons un suivi personnalisé, c’est-à-dire de bout en bout. Ça veut dire que de la souscription jusqu’à l’indemnisation, nous vous suivons de bout en bout ».

Dans le but de faciliter la tâche à ses clients, les responsables de l’agence remplissent les documents d’indemnisations avec eux. « Quelque soit ce qui vous arrive et l’heure à laquelle ça vous arrive, vous avez notre contact. Vous pouvez nous appeler et nous vous donnerons des directives pour un suivi personnalisé.  Notre particularité à AMT Assurance réside également dans le fait que nous sommes seuls à délivrer l’Assurance Voyage pour les personnes âgées de plus de 80 ans. C’est un document que peinent à avoir nos parents âgés qui veulent séjourner chez leurs enfants à l’étranger ». Voilà quand on parle du loup, on voit la queue. À peine je découvre cette assurance pour personnes âgées, qu’une maman, accompagnée de sa fille (je pense) entre dans le bureau et veut souscrire. C’est confidentiel, donc je ne me mêle pas de leurs affaires.


Collez la paix à Trump !

Ma petite réplique de ce vendredi 12 janvier 2018 à ceux qui pensent que le président américain délire.

Ma petite réplique de ce vendredi 12 janvier 2018 à ceux qui pensent que le président américain délire.
Donald Trump, le président des Etats-Unis d’Amérique. CC: Wikipedia

Avant qu’il ne trompe les sondages et tous les analystes occidentaux (qui ont une dent contre lui, je ne sais pourquoi) dont les points de vue sont entièrement avalés par certains africains et leurs médias (qui ne se posent jamais de questions), je ne savais pas qu’il existait un si grand homme. Quelqu’un qui dit haut ce que tout le monde connait déjà. On va me dire qu’on est en diplomatie et que cette science consiste à mâcher les mots, à jouer à l’hypocrisie pour alimenter les maux dans les quatre coins de la terre. Je dis bien « quatre » parce que rien ne me prouve que la terre est ronde ou que la carte de l’Afrique qu’on nous présente ici est celle que les gens d’Asie connaissent. La carte de l’Afrique est à revoir. C’est mon avis et j’y crois.

Revenons à nos moutons. Oui, c’est bien cette diplomatie là que nous aimons, ou que vous aimez. Celle qui refuse d’appeler chien, chien et chat, chat. C’est bien cette façon de faire qui a plongé la planète bleue dans la merde. Nous vivons une époque où on ne peut plus rien cacher à personne. Et les scandales ne devraient plus nous étonner. On a tué le Christ et adopté son bourreau. Existe-t-il un scandale aussi énorme que celui-là ? Je n’en connais pas.

Alors, je vous demanderai gentiment de coller la paix à un homme qui refuse de s’aligner. Pourquoi refuse-t-il de s’aligner ? Tout simplement parce que tout est miné. Miné par qui ? Allez le demander à ceux qui normalisent l’anormal et transforment l’Homme en chien. Si tu ne fais pas comme eux, ils te traitent directement de malade mental.

Il est donc hors de question de se plaindre de ce qu’on connait déjà. En principe, Donald Trump doit être accepté par tous les africains et par tous ceux qui se réclament de la race humaine. Peu importe nos couleurs de peau. Il est une source d’inspiration. Une source de motivation. Il nous apprend aussi à être jaloux de notre existence. Il nous apprend à régner comme des rois ou comme des princes dans nos pays. Il vous a toujours répété qu’il est le président des américains, mais pourquoi vous mêlez-vous de ses affaires s’il vous énerve tant?

Quelqu’un m’a dit cet après-midi que ce monsieur ne fait pas l’unanimité même dans son propre camp. C’est normal. Cela prouve qu’il est un vrai mec. Vous devez vous rappeler que la majorité n’a jamais raison. Si tous les gens de votre maison vous aiment, sachez qu’il y a un coup en préparation contre vous. Donc pour l’amour de l’humanité, collez la paix à Donald Trump. Je sais que vous ne le ferez pas, tout simplement parce qu’il menace vos intérêts.


En 2018, je m’évade de ma bulle #MondoChallenge

Good Bye 2017. Welcome 2018. La transition est bonne, mais je souhaite qu’il y ait moins de tracasseries dans ma vie, en cette nouvelle année. Plus de passion, d’indépendance, d’amour, et de bonheur à partager. Plongeons dans ma tête à quelques heures du nouvel an.   
Bonne année 2018! C: Pixabay

Depuis pratiquement deux semaines, je réfléchis aux nouvelles couleurs que je vais donner à ma vie dans quelques jours. Je n’arrive pas à me décider. Et pourtant, la nouvelle année est déjà là et il faut prendre plusieurs décisions, tant côté professionnel que côté sentimental.

Plusieurs questions taraudent mon esprit. Dois-je continuer à bosser dans la boîte dans laquelle j’excelle depuis 8 ans ou dois-je mettre sur pied ma propre structure ? Dois-je mettre mon blog Mondoblog en stand by pour créer un site Internet qui me permettra de décrocher des publi-reportages, insertions publicitaires et dans lequel je pourrai rédiger des articles et des billets sans regards de Simon Decreuze et de Ziad Maalouf ? Je ne m’ennuie pourtant pas sous la hiérarchie de ces deux administrateurs de la plateforme Mondoblog. Mais parfois, je me dis qu’il faut quitter la maison familiale pour se frayer un chemin dans la société. Du coup, un désir de partir s’installe progressivement.

Sans blague, je dois faire un choix dans les prochaines semaines. Au moment où je rédige ce texte, je suis sûr d’une chose: je vais m’évader de ma bulle cette année. Même si je ne quitte pas les structures que j’évoque plus haut, je vais apporter des améliorations dans mon quotidien pour croire que j’innove.

Il le faut absolument pour prouver que j’existe. Surtout que je n’aime pas la routine. Je suis plein de jus et je ne voudrai pas sombrer sur place alors que j’ai plusieurs chats à fouetter.

Rompre avec le célibat

Cette année, je dois rompre et je vais rompre avec le célibat. Je ne comprends pas comment un beau gosse de plus de 26 ans comme moi, je reprends juste les mots d’une Mondoblogueuse hein, peut rester sans petite amie pendant des mois et des mois sans être gêné. La blogueuse en question m’avait demandé : « Mais comment tu fais à 4h30 quand tu es debout ? » Quelle bête question ! « Je me lave, je lis ma bible, je suis le journal de 7h et je tombe dans le boulot ». Elle n’a rien pigé. Moi non plus je n’avais pas compris le sens de sa question. Même Ecclésiaste Deudjui est dépassé par ma réponse. L’autre jour, nous étions devant Douala Bercy à Douala. On bouffait le pain-haricot-œuf avant le spectacle de l’humoriste Valery Ndongo. Le blogueur le plus Kongossa (commère) de ma bulle trainait avec une bouteille d’eau minérale entre les mains, parce qu’il a renoncé aux bières. La bonne nouvelle est qu’il a abandonné les casiers de bière aux sociétés brassicoles. Je suis si fier de ce frangin !

Mais la maladie qui le ronge actuellement, ce sont les femmes. Il les aime toutes…ou presque. L’héritier des « Camerounaiseries » m’a dit : « Sérieux VP, aucune femme ne te plait ? Parce que je ne t’ai jamais entendu apprécier une fille dans la rue. Même dans les blagues ». Je lui ai lancé un petit sourire, avant de répondre : « Un mec célibataire qui ne regarde pas les petites dans la rue, n’est pas normal. Moi, je suis normal, mais mon problème est que j’aime les bombes, du genre Beyoncé, Jlo, etc. Les meufs du Camer sont trop un genre matérialistes, bizarres, sans amour. Comment veux-tu que j’apprécie une meuf qui va me demander la dernière sortie I-phone parce que je lui ai fait un compliment au premier rendez-vous?». Il ne me croit pas. Il est libre. Ce gars ne sait pas que je suis comme Nicky Larson. Vous voyez de quoi je veux parler. J’apprécie toutes les belles filles, mais mon cœur bat pour une seule qui ne me gère même pas. Mais je crois que je vais tourner cette page. Je vais aller vers d’autres horizons pour m’éclater dans les bras d’une déesse. J’ai aussi droit au bonheur. Comme Romeo, ma Juliette m’attend surement quelque part cette année. J’ai décidé de briser le silence et de m’évader de cette solitude qui me ronge chaque fin de journée, parce que j’ai espoir qu’elle va m’avouer ses sentiments un jour. Tout ça, c’est du passé. 

Je vais me relooker. Je vais changer de style vestimentaire, ajouter plusieurs personnes dans mon réseau d’influence, surtout des meufs. Je vais m’habiller classe, me parfumer tous les week-ends pour expérimenter mes cours de séduction. Je vais recommencer à pratiquer le sport au moins trois fois par semaine pour parfaire mes muscles. J’aurai des tablettes de chocolat comme Neymar Junior. C’est ce que les meufs adorent le plus chez les mecs. Je vais me laisser attirer par le bonheur et je ne fermerai plus les portes aux candidates. Même si on ne finit pas à la mairie, on finira certainement par rester amis.

Paix dans mon cœur

Ça vaut le coup de tenter.  Main dans la main, je vais aller chanter « Sous le vent » dans le jardin de Bonanjo. Elle me fera changer de bulle. On ira dans les nuages. Sur le chemin de la paix, on rencontrera les anges du paradis qui nous recommanderont le vivre-ensemble entre peuples de la terre en 2018. Pendant le trajet, un ange nous dira que tout est possible en cette nouvelle année, surtout dans mon pays le Cameroun qui organisera trois élections (Municipales, Législatives et Présidentielles). Il nous rappellera que les guerres ne prendront pas fin dans le monde, malgré les beaux discours de nos gouvernants hypocrites, qui savent parfaitement que la guerre est un business qui rapporte gros aux grandes puissances et augmente leur PIB. Mais l’ange me dira que chacun de nous peut cultiver la paix dans son cœur. La vraie. C’est un défi personnel que je vais relever. Avec un peu de volonté, je deviendrai moi aussi un arbre de paix, sur qui les opprimés et les orphelins pourront compter. Je ne suis pas un politicien, donc ce ne sont pas des paroles en l’air. Je m’investirai à fond dans les causes sociales et sur des projets d’intérêt général pour renouer avec l’être suprême qui vit en moi.

Je donnerai libéralement à ceux qui sont dans le besoin, parce que j’ai compris qu’il y a beaucoup de bonheur dans la charité. Mais ne vous attendez pas aux publicités sur les réseaux sociaux. En bon chrétien, j’ai appris que quand tu fais une bonne œuvre, tu ne dois pas le publier sur tous les toits. En d’autres thèmes « la main gauche ne doit pas voir ce que fait la main gauche ». Mais s’il y a des choses dont je ne peux pas vous priver cette année, ce sont le sourire, la simplicité et l’humour. Sur ce, je nous souhaite à tous une excellente année 2018 !


Présidentielle 2018 au Cameroun: je ne donnerai pas ma voix à un cancre

Durant cette seule année 2018, le Cameroun organisera au moins trois scrutins majeurs: Municipales, Législatives Présidentielles. Et, parlant justement des présidentielles, ce sera ma toute première fois d’y prendre part en tant qu’électeur. D’ailleurs, c’est la seule élection qui m’intéressera vraiment. Évidemment, j’ai grand hâte de voter ; de donner ma voix à quelqu’un de bien. En tout cas, je ne jetterai pas de bulletin dans l’urne juste pour le plaisir hein. Voilà pourquoi mon futur choix est actuellement au scanner, parce que je ne donnerai pas ma voix à un cancre.
Durant cette seule année 2018, le Cameroun organisera au moins trois scrutins majeurs: Municipales, Législatives Présidentielles. Et, parlant justement des présidentielles, ce sera ma toute première fois d'y prendre part en tant qu'électeur. D'ailleurs, c'est la seule élection qui m'intéressera vraiment. Évidemment, j'ai grand hâte de voter ; de donner ma voix à quelqu’un de bien. En tout cas, je ne jetterai pas de bulletin dans l’urne juste pour le plaisir hein. Voilà pourquoi mon futur choix est actuellement au scanner, parce que je ne donnerai pas ma voix à un cancre.
Armand Rodolphe Djaleu. CC: Didier Ndengue

Ce mois de janvier, je vais commencer par retirer ma carte d’électeur. Je me sens citoyen. Un vrai. Pas cette autre catégorie, qui passe malheureusement tout son temps dans les bistrots ou sur les réseaux sociaux à critiquer les pouvoirs publics, sans jamais contribuer aux prises de décisions dans mon pays chéri. Cette année 2018, je jetterai donc enfin un bulletin dans l’urne. Évidemment, c’est une période cruciale, qui ouvrira une nouvelle page de l’histoire du Cameroun.

Je voterai, mais pas les yeux fermés. Je ne me laisserai pas influencer par un quelconque candidat. Je suis mature. Je sais ce qui est bien pour moi. Je donnerai ma voix à celui qui me prouvera qu’il peut redonner la joie de vivre à tous les Camerounais. Rassurez-vous, je ne suivrai pas la masse populaire. D’abord que je n’ai jamais fait confiance aux positions de la majorité, car j’estime qu’elle n’a pas toujours raison.

Je donnerai donc ma voix au candidat qui fera battre mon cœur. Je consulterai d’abord sa vision politique avant de faire mon choix. Mon choix est sacré. C’est le fruit de mes entrailles. C’est dans cette logique que je prendrai le temps d’écouter la petite voix qui crie au fond de moi. Je ne me laisserai pas séduire ou distraire aussi facilement. Plus rien ne me bluffe, les candidats à la future présidentielle au Cameroun doivent le savoir d’avance. Qu’ils sachent que, je ferai un choix décisif, avec du sang froid ; un choix qui comptera pour moi et pour mes descendants. Ma voix contribuera d’une manière ou d’une autre à l’élection du futur dirigeant de mon pays, durant les sept prochaines années. C’est pour cela que je dois être lucide le jour du scrutin.

J’ai l’âge de voter

Avant, les autres votaient pour moi. Ils m’imposaient leurs choix. Ce n’est plus possible aujourd’hui parce que j’ai l’âge de m’exprimer à travers les urnes. Je vais donc moi-même choisir celui qui gouvernera ce pays, comme un vrai nationaliste. Il ne doit pas être un cancre, j’insiste ; mais un monsieur de caractère. Je le voterai parce que je ne veux pas être surpris par ses décisions. Mais cela ne veut pas dire que j’adhérai à son mouvement politique hein. Que non ! Je ne demande à personne de prendre ma position. Parce que moi que vous voyez là, je suis bizarre, j’aime faire battre mon cœur. Mon choix ne sera pas forcément le vôtre, mais vous devez écouter la petite voix qui crie en vous.

Voyez-vous, de tous les candidats qui battent campagne sur les réseaux sociaux actuellement, aucun ne me parle. Et pourtant, je dois faire un choix avant le grand jour. Mais ce n’est pas grave, je prends le temps d’identifier mon favori. S’il a une gueule de menteur, je le vire de ma liste. Si c’est quelqu’un qui a flirté avec les gros menteurs de cette République, alors là, je réfléchirai par deux fois avant de faire mon choix. S’il a un passé sombre, je l’écarte d’office. Les beaux discours ne me séduisent plus.

Je constate malheureusement qu’il y a des candidats qui réchauffent leurs discours, rayés depuis très longtemps. Ceux-là, doivent se tenir tranquille. Ils n’auront aucunement pas de chance avec moi. Que les futurs candidats à cette magistrature suprême retiennent que, mon choix sera un choix décisif, qui donnera les pleins pouvoirs à quelqu’un qui sera le commandant de bord. S’il est donc mauvais, alors on retombera dans la même galère comme celle dans laquelle le peuple est plongé depuis des lustres, avant même ma naissance. C’est pour cela que je me dois d’être rigoureux dans ce choix.

Je ne céderai pas aux opérations de charme

J’aimerais que les sympathisants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), du Social Democratic Front (SDF), pour ne citer que ceux là, ne se perdent pas en conjecture derrière moi. Leurs nombreuses opérations de charme n’auront d’effet sur moi que sur des faits concrets. Qu’ils ne perdent donc pas leur temps à vouloir me copter avec de beaux discours. Ils ne me font ni chaud, ni froid. Moi Ndengue, je rêve d’une nouvelle vision pour mon pays. D’une vraie politique spirituelle, scolaire et surtout culturelle. Je rêve d’un président qui lèvera la tête devant les colons pour défendre sa population comme nos nationalistes tués au front savaient le faire. Je refuse de croire que leur sang a coulé en vain.

Non, je ne voterai pas un candidat qui porte les montres juste pour orner son bras. Mais je voterai pour quelqu’un qui embrassera tous les domaines de la vie publique, parce que les chantiers de développement de notre pays piétinent énormément. Je voterai pour celui qui a une vraie vision touristique et qui pourra développer et valoriser tous les sites touristiques dont regorge mon pays. Je voterai pour celui qui prêtera attention aux nombreuses revendications de ses populations, peut importe leurs régions d’appartenance. Je ne me ferai pas corrompre. Je ne suis pas un accro des facilités. Je refuse cette politique de la main tendue. Donc, les exemples comme des dons d’ordinateurs, des soutiens financiers du Fonds monétaire international (FMI) ou des stades préfabriqués ne m’aideront pas.

In fine, je voterai l’élu de mon cœur, et non un cancre !


Un 3e régime tribaliste fera du bien au Cameroun. Ça, jamais !

J’aimerai qu’on en parle en ce début d’année. C’est un sujet sensible, je sais, mais regardons-nous dans le miroir et disons-nous les vérités. Soyons sincères et moins hypocrites pour une fois dans notre vie.
Paul Biya, président de la république du Cameroun. CC: Wikipedia

Un pote d’enfance me pose une question cruciale ce 1er janvier 2018: « Tu iras voter ? ». Je réponds par l’affirmative. Il pose une deuxième question : « Tu voteras pour qui ? Pour Paul Biya, Kamto, Serges Espoirs Matomba, Akere Muna… ». Je n’ai pas encore de réponse à cette question. Tout ce que je sais, c’est que je vais voter pour celui qui fera battre mon cœur. C’est mon devoir de citoyen après tout.

Au scanner

Nous passons en revue le profil des différents « candidats » à l’élection présidentielle de cette année. De tous ceux qui ont déclaré cette candidature, aucun ne me parle jusqu’ici. Mon pote lui, consulte leurs villages. Je pense que c’est la partie qui intéresse beaucoup de Camerounais.
Au bout d’un moment de réflexion, on tire des conclusions. Commençons par le « pays organisateur ». Si un Béti prend le pouvoir en octobre prochain, s’il est une créature du chef de l’Etat actuel, mon pote croit qu’il va sans doute continuer dans la même lancée que ce dernier. Si c’est Paul Biya lui-même qui reprend ses choses, on va continuer à siffler nos bières comme d’habitude. Sauf s’il nous surprend avec des emplois à gogo.
Avant que ce rêve ne se réalise, je sais qu’il ou sa créature, va continuer à former des bureaucrates. Des gens qui croient que s’habiller tous les jours en veste, cravates et trainer dans toutes les artères de la capitale avec une grosse mallette à main, est synonyme de grandeur. Dans la capitale camerounaise, les gens sont très complexés à mon avis. Et la majorité est du pays organisateur. La semaine dernière, j’ai trouvé le même décor. C’est un complexe inutile. Je suis de ceux qui pensent que l’habit ne fait pas le moine. Ils aiment les longs crayons et convoitent la fonction publique depuis le sein maternel, comme si le public a déjà développé un pays. Massah !
Ce genre de personnes, même si elles ont la main sur le cœur, ne peuvent pas aider ce pays à grandir. Le vrai travail se déroule sur le terrain et non dans un bureau climatisé.
Mon pote lui, est Sawa donc un digne fils de Douala. Pour lui, un ressortissant de ce village ne doit pas convoiter la magistrature suprême. Les Sawa, je les connais comme ma poche. Ils aiment la vantardise. Durant son septennat, le mec aura honte de plonger ses mains dans la boue pour bâtir une solide fondation. Il aura peur des regards des petites. Si vous vivez à Douala comme moi, vous avez sans doute constaté que les Sawa sont des grosses-gueules, qui restent dans leurs maisons familiales jusqu’à leur vieillesse. Comment voulez-vous qu’une personne d’une telle mentalité dirige plus de 30 millions de Camerounais hein !? Nous allons tous vieillir dans les maisons parentales sous son règne.
Après Douala, nous nous sommes rendus dans la région de l’Ouest, où on retrouve des Bamiléké. Personnellement, j’aime ces gens. Seulement, leur amour pour les sous me fait parfois tiquer. C’est vrai que nous aimons tous le fric, mais j’ai rencontré des Bamiléké, qui peuvent foutre une amitié en l’air pour une grosse somme de…50 FCFA. Ce qui est bien avec ces gens, c’est qu’ils aiment le travail. La majorité mange à la sueur de leur front. Quand il faut bosser, l’homme Bamiléké ne gère pas les regards. Même pas des petites. Il cherche ses sous sans complexe. Mais ne faites pas trop confiance à un Bamiléké, surtout aux Bamouns, des serpents à deux têtes, qui peuvent vous lâcher à tout moment.

Quel genre de chef d’Etat avez-vous besoin ?

Voilà les trois tribus qui ont meublé nos échanges hier. Je ne me classe dans aucune de ces catégories. Je suis camerounais. Point, pas plus, pas moins. Et je me considère comme tel. Comme un citoyen du monde, je mets tout le monde au même pied d’égalité. Je sais que c’est un débat que beaucoup de Camerounais esquivent en public comme la peste, mais en privé, ils l’abordent avec passion jusqu’à prendre position. D’ailleurs leurs résolutions se voient à l’œil nu autour de nous. Les frères sont nommés à des postes clés au nom du village. Même les medias sont dans la danse. Plusieurs roulent pour le régime. Ceux qui sont contre lui sont au front, mais cachent encore leurs griffes.
Voilà, le débat est ouvert. Ma seule et unique question est la suivante : le Cameroun a-t-il besoin d’un 3e régime tribaliste ?
Moi, je ne suis pas tribaliste, je dis juste la vérité.


Rebecca Enonchong, l’entrepreneur Tech la plus influente du Cameroun face aux blogueurs

Elle a vidé son sac le samedi 16 décembre 2017 dans le cadre de l’édition spéciale de #JeSuisCamerounaisEtJeBlogue. Je vous rapporte ici quelques moments forts de notre échange avec cette dame de fer.

Il est 18h30. La salle est calme. Une vingtaine de participants parlent à tue-tête. Quelques uns font les allers-retours. J’ai les doigts de ma main droite sur le clavier de mon ordinateur portable et avec la gauche, je réponds aux messages sur WhatsApp et sur des groupes messengers des blogueurs du mboa (néologisme qui signifie Cameroun). Je rappelle aux membres de ces groupes que Rebecca Enonchong est aux portes de l’Institut Français du Cameroun, antenne de Douala et que les échanges avec elle démarrent dans une vingtaine de minutes. J’ai eu Rebecca au téléphone il y a quelques minutes. Elle m’a confirmé son arrivée d’un moment à l’autre.

Notre invitée de marque revient fraîchement de Washington, DC. Son vol a atterri cet après-midi autour de 17h30. Elle a juste eu le temps de sortir de l’aéroport et de venir à notre rencontre. Massa ! Avec toute la fatigue du voyage là! Il n’y a que des braves et grandes dames comme elle pour faire ça. Cette femme est une perle rare que le gouvernement camerounais gagnerait à écouter pour un véritable décollage de l’économie numérique tant voulu par les autorités.

Entrée de notre guest star

Peu avant l’arrivée de Rebecca, Elodie Nonga, la promotrice du Forum des Blogueurs fait son entrée à l’Espace des Cultures Numériques. Elle est animée d’une joie particulière qu’elle n’hésite pas à contaminer à l’assistance. Pendant ce moment, j’ai toujours la tête dans le téléphone.

Les appels ne font que s’enchainer. Seule l’arrivée de Rebecca m’intéresse en ce moment. On peut gérer le reste après la réussite de cette première de #FaceAuxBlogueurs. Mon rêve se réalise enfin ! Voila Rebecca Enonchong, en chair et en os, qui grimpe les escaliers. Cheveux au vent, lunette aux yeux, chemise cintrée de couleur bleu foncée, et un jean-slim blanc. Elle marche majestueusement sur ses talons transparents. Elle tient un sac noir entre ses mains, bah…comme toutes les femmes. Les blogueurs se lèvent et l’accueillent avec une pluie d’applaudissements. Sourire aux lèvres, Rebecca réplique avec des accolades.

Après cette brève ambiance, notre invitée d’honneur prend place juste devant nous, sur une chaise spéciale réservée pour des personnes spéciales et géniales comme elle. Plusieurs personnes ici l’ont en face pour la première fois. La joie ne les quitte plus. Moi-même je suis dans la mouvance. Chaque fois que j’ai Rebecca en face, je suis aux anges, professionnellement parlant hein ! Pour finir de planter le décor avant le grand échange de la soirée, je vais inviter Minette Lontsie à nous présenter son blog. Sa plateforme « Le Mobile au Kamer » est spécialisée dans les télécommunications au pays. Elle y fait des coups de gueule, donne des conseils et l’actualité des opérateurs de téléphonie mobile en temps réel. Elle est hyper connectée, cette meuf. La présentation du blog de Minette n’est pas un fait du hasard. Rebecca Enonchong aime les thématiques qu’elle aborde et l’a fait savoir samedi.

Rebecca Enonchong face aux blogueurs

Je rappelle aux invités qu’elle est la co-fondatrice de l’incubateur ActivSpaces, CEO d’AppsTech, et présidente du Conseil d’administration (PCA) d’Afrilabs, un réseau des centres d’incubateurs panafricain regroupant une vingtaine de pays de notre continent. Selon un classement du magazine américain Forbes 2014, elle fait partie des dix femmes entrepreneurs Tech qui comptent en Afrique. Je ne sais pas si le gouvernement de mon pays sait ce que cela signifie. Pour le bien de notre pays, je pense que cette femme qui fait des excellentes interventions sur Twitter et qui ne cesse de glaner des prix au niveau continental et mondial, devrait être écoutée. Pendant nos échanges très enrichissants qui ont duré plus de deux heures d’horloge, Rebecca s’est sérieusement lâchée sur la mal gouvernance au pays de son géniteur, sur la corruption et sur les tracasseries qui empêchent aux jeunes camerounais de créer des entreprises.

Elle s’insurge également contre la coupure d’Internet qu’a connu la région anglophone en janvier de cette année. Cette suspension a duré trois mois. Le gouvernement camerounais justifie son action par le fait que des personnes de mauvaise foi issues du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, relayaient des fausses informations et images sanglantes sur les réseaux sociaux dans le but de déstabiliser le pays. Pour Rebecca, priver les populations d’Internet, c’est malsain. C’est comme les priver d’eau, de la santé entre autres. Et pourtant, le ministère des Postes et des Télécommunications avait privé les jeunes startuppers de Buea, considérée comme le hub du Cameroun, de la connexion Internet.

Rebecca Enonchong souhaite que cela ne se reproduise plus. Son vœu le plus cher, c’est que le Cameroun ne rate pas le train de l’économie numérique comme ce fut le cas avec l’industrialisation. C’est pour quoi elle invite les jeunes camerounais à s’investir à fond et à bosser d’arrache-pied et de croire en leurs rêves. Pour cette entrepreneur qui est à la tête de la multinationale Tech AppsTech, -crée aux Etats-Unis et qui n’a pas encore dévoilé tous ses secrets-, le gouvernement de notre pays gagnerait à écouter les porteurs de projets locaux et à simplifier les procédures de création d’entreprises. Que de toujours se tourner vers l’extérieur pour construire le pays, le gouvernement doit travailler avec les entrepreneurs locaux qui connaissent mieux leur environnement que les étrangers.

A la question de René Jackson Nkowa, président de l’Association des Blogueurs du Cameroun (ABC) de savoir ce qu’elle pense de l’évolution du blogging au Cameroun, Rebecca Enonchong dit qu’elle apprécie la nouvelle dynamique et que les blogueurs camerounais doivent pouvoir gagner leur vie à partir de leur boulot, sans toutefois vendre leur âme, en produisant des billets de qualité comme cela se fait dans d’autres pays. La femme Tech la plus influente du Cameroun se dit prête à nous donner un coup de main chaque fois que l’occasion se présentera. Son plus grand désir est de voir notre jeunesse prendre son destin en main. Nous avons parlé de beaucoup d’autres choses que je n’ai pas notées, mais que vous retrouverez certainement dans les photos qui accompagnent ce compte-rendu.

Sur ce, je nous souhaite une excellente fin d’année 2017 et une bonne année 2018 par anticipation.


Je suis Centrafricain, ma culture est riche

Comme mes terres, mon pays est doté d’une richesse culturelle que je vous invite à découvrir les 2 et 3 décembre prochain au Cameroun.

Je suis le digne fils de mon pays. Oubangui-Chari est le nom du berceau de mes ancêtres. Je suis un bantou et fier de l’être. J’ai hérité d’une richesse culturelle qui tend à disparaitre. Mais je ne me laisserai pas faire, car je suis un héritier jaloux.

C’est la guerre civile que traverse la République centrafricaine (Rca) en sango Ködörösêse tî Bêafrîka depuis mars 2013 qui a encore tout bouleversé. Papa Bozize a été chassé du pouvoir. Aujourd’hui, c’est papa Touadera qui tient les rênes, après une brillante élection présidentielle il y a un an. Ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce sont les atouts culturels de ma Centrafrique chérie.

Jouir de la richesse culturelle centrafricaine

Nous vivons les dernières semaines de l’année 2017 et j’ai décidé de parler de ma culture avec toi. Oui avec toi qui lis cet article. Tu es étonné, je le sais, mais j’ai aussi une culture. Et je l’adore ! Juste pour te dire que je ne sais pas que faire la guerre hein.

Danse africaine. CC: Wikimedia

D’ailleurs même, la guerre n’énerve. Elle m’a tout arraché. A cause d’elle, j’ai perdu des frères, des sœurs, et beaucoup de connaissances que j’aimais. Je n’en veux plus de cette maudite guerre. Je ne veux non plus me sentir en danger sur mon propre territoire. Je veux aussi me réjouir et esquisser quelques pas de danse avec maman Idylle Mamba que vous connaissez, accompagné de ces belles nanas centrafricaines  au rythme de nos danses traditionnelles (ongo-brotto, ngarké, yangabolo, mondjombo, labi, ndjoboko, lengué, kropningbo, kéké-nahoro, …). Je ne suis pas seulement né pour souffrir et couler les larmes tous les jours. Idylle, cette excellente artiste musicienne serait fière de me voir rire aux éclats comme toute personne normale qui jouit de la paix. La finaliste du Prix Découverte Rfi 2014 est une maman pour nous centrafricains, malgré son jeune âge.

Les actions qu’elle mène, en faveur de sa communauté valent de l’or. C’est une femme forte, qui a le cœur sur la main. Je t’aime tellement maman Idylle ! D’abord parce que tu es fière d’être Centrafricaine. Tu ne le caches pas. Aussi parce que tu prônes la réconciliation de ton peuple sur tous les toits. Animistes, chrétiens, musulmans, bouddhistes, etc. ton rêve est de nous voir réunir et parler d’une seule voix.

Coucous de manioc. CC: Wikimedia

Tu n’es pas refugiée et pourtant, tu es tout le temps avec les refugiés centrafricains dispersés dans plusieurs coins d’Afrique. Tu n’es non plus diplomate, mais les ministres centrafricains t’ouvrent les bras.

C’est pour dire que tu as quelque chose de spécial au-delà de ton grand cœur. Je sais que si tu avais les pouvoirs et les moyens de faire taire la crise dans notre pays, tu le ferais sans hésiter. Mais t’inquiète, ce que tu fais déjà vaut de l’or. Toutefois, comme tu l’as mentionné la semaine dernière à Douala, au cours de la conférence de presse annonçant le Ti-î Festival, le pays est un nid de talents comme toi qu’il faut découvrir.

Richesse culturelle

Le festival dédié à la promotion de notre culture qui se déroulera du 2 au 3 décembre au stade de Youpwe, dans le 2e arrondissement de Douala, permettra de découvrir les danses traditionnelles, les musiciens, les délicieux plats et beaucoup d’autres choses qui font la beauté de notre pays et qui ne sont pas connues hors de nos frontières. C’est sur place que le monde entier saura que la guerre n’est pas notre passion. Il y aura par exemple le couscous de Manioc, ou le gozo à déguster. Chez nous, on prise les tubercules tels que le manioc, la patate douce, la banane plantain et l’igname qu’on mange presque toutes les semaines, voire tous les jours avec des légumes secs et la viande de bœuf, sauce gombos, entre autres.

Couscous sauce d’arachide. CC: Wikimedia
Tournons la page de la crise

Ne me parlez plus de la guerre. Ce machin qui nous est imposé. C’est pour cela je ne cesserai de crier haut et fort qu’une autre Centrafrique est possible. Il suffit de jeter les armes très loin. Il suffit d’avoir des hommes de paix aux commandes pour garantir la paix et promouvoir notre culture. C’est pour cela que je ne veux plus qu’on me regarde avec un œil de pitié comme vous le faites là. Ce n’est pas à mon avantage que vous le faites. Au contraire, vous ne m’encouragez pas à surmonter cette épreuve. Je ne veux plus qu’on me regarde comme un égaré sur la terre des hommes. Je suis une personne qui veut aussi vivre. Je prône le vivre ensemble. Ne vous moquez pas de moi s’il vous plaît, ce sont les ennemis de la paix qui m’ont traumatisé. Mais grâce à vos encouragements, la richesse culturelle de notre pays sera restaurée. Je vous attends donc au Ti-î Festival 2017.  « Mbï yê mo Ködörösêse tî Bêafrîka».

 


Afrique : les colons et les esclavagistes doivent rendre gorge

On leur avait rien demandé, mais ils se sont invités chez nous avec des armes à la main. Ils ont massacré, avec la complicité de certains frères. Ils nous ont dépouillés de nos richesses. Aujourd’hui, on réfléchit et marche à leur rythme. En tant que descendant d’esclave, j’exige réparation.

J’ai pleuré en visitant Bimbia au Cameroun. J’ai coulé toutes les larmes de mes yeux en rentrant de l’Ile de Gorée au Sénégal. Il faut avoir un fer à la place du cœur pour rester insensible face aux restes de la traite négrière.

Je n’oublierai jamais ce chemin de non-retour. Ces chaînes qui retenaient nos frères et sœurs captifs et leur empêchaient de marcher librement comme toi et moi aujourd’hui. Je me souviens de ces minuscules cellules où ils étaient gardés enchainés, comme des singes jusqu’à leur dernier souffle. Ces femmes qu’on transformait en objets sexuels. Celles qu’ils engrossaient de force pour engendrer des bébés métisses. Au fait, qui avait même eu cette merveilleuse idée ? Maltraiter l’autre parce qu’il a une couleur noire en oubliant que la nôtre est pâle?

Une esclave pendue. CC: Wikimedia
Ils ont résisté, ils ont été tués

Je ne le pardonnerai jamais. Tout comme je ne pardonnerai jamais le massacre de ceux qui ont voulu hausser la tête pour dire leur ras-le-bol. Ils ont abattu nos martyrs en public, parce qu’ils s’opposaient à leurs idées maléfiques. Ils ont coupé les têtes de certains, ils ont jeté les corps d’autres dans des fosses communes. Nos ancêtres ne méritaient pas ce traitement. Ils voulaient juste vivre en paix avec leurs familles, voir leurs enfants et petits enfants grandir. Ils avaient le droit de défendre leur territoire comme tous les hommes normaux le feraient.

Mais les colons ont tout fait pour cogner les têtes de mes frères. Ils les ont divisés pour mieux régner, comme c’est toujours le cas actuellement. Aujourd’hui, leur intérêt est économique.

Ils ont massacré Martin Paul Samba, Rudolph Um Nyobe, Duala Manga Bell, etc. Nos vieux ne pouvaient rien contre eux, car ils étaient lourdement armés (ils n’ont quand même pas utilisé les armes pour convaincre certains de nos frères de nous trahir). Un peu comme ces rebelles qu’ils arment aujourd’hui pour détruire nos pays et exploiter par exemple le sous-sol et les forêts centrafricains entre autres sans être inquiétés. Ils sont en plus les premiers à nous insulter sur leurs medias. Ils se réjouissent de notre extrême pauvreté, alors qu’ils en sont à l’ origine.

Je disais tantôt qu’après plus de quatre siècles de traite négriere et plus d’un siècle de colonisation, rien n’a véritablement changé dans le fond sur le continent noir. Ils ont tout fait pour effacer notre histoire. Dans les manuels imposés dans nos écoles, ils réécrivent l’histoire à leur avantage et nous obligent à tout reprendre à zéro. Aujourd’hui, nous sommes surpris par l’évolution du monde, comme si nous sommes nés hier.

Ils ont tout fait pour nous laisser croire que nous sommes des singes et descendants de singes. Ils ont tout faire pour effacer nos mémoires et nous inculquer leurs cultures qui n’a ni tête, ni queue. Plusieurs de nos souvenirs ancestraux sont soigneusement gardés dans leurs musées en Allemagne ou en France. Ils se sont partagé nos biens.

Bimbia au Cameroun. CC: Wikimedia
Toujours esclave des colons

Ils nous formatent tous les jours et font le nécessaire pour nous maintenir dans la précarité, avec la complicité de ceux qui nous servent de chefs d’Etat. Parce que la colonisation et l’esclavage sous toutes leurs formes est un crime contre l’humanité, ses auteurs doivent rendre gorge. Si les juridictions internationales sont vraiment impartiales, si elles roulent vraiment pour la vérité et rien que pour la vérité, elles doivent ouvrir le dossier sur la colonisation et sur la traite négrière.

L’Afrique a droit au bonheur. Elle a droit au respect. La prolifération des armes et des virus sur le continent pour exterminer notre race doit s’arrêter. L’Afrique n’est pas un champ de bataille, encore moins un territoire où n’importe qui peut venir tester ses vaccins sur ses nobles citoyens.

Les accords signés entre les colons et nos pays au lendemain des « indépendances » doivent être brulés, parce qu’on n’est pas indépendant.

Ile de Gorée. CC: Wikimedia

Je refuse qu’un africain continue de croire qu’il est un sous-homme. Peut importe nos couleurs de peau, nous sommes tous égaux. Et on doit le graver dans nos mémoires une fois pour toute. Parce que je crois que l’esclavage des Noirs, moderne soit-elle, est également un crime contre l’humanité, je porte plainte devant la Cour Pénale Internationale contre nos bourreaux.

Si cette plainte n’aboutit pas et dépend de la bonne ou mauvaise volonté des hommes qui doivent nous défendre, alors je sais que la justice divine elle se chargera de rétablir l’ordre.


Esclavage : oui Claudy Siar, non à l’hypocrisie africaine

Tu es le père de la génération consciente. Tu te bats corps et âme depuis des années pour la cause africaine. Je fredonne régulièrement les refrains de tes tubes sur la dignité africaine. Bravo Claudy, tu as réussi à faire couler une larme!

Ce lundi matin, je ne suis toujours pas situé sur mon prochain billet. Et pourtant, le monde entier est bouleversé par ce qui se passe en Lybie avec la vente des hommes de race noire aux hommes de race blanche par d’autres Africains. Je cherche toujours les mots pour qualifier cet horrible commerce. C’est très tôt ce matin que j’ai écouté Claudy Siar, un descendant d’esclaves et fier de l’être. Son intervention a été diffusée dans une chaine de radio chrétienne locale à laquelle je suis connecté depuis un moment. Je me suis reconnu dans les propos du célèbre animateur de Radio France Internationale (Rfi).
Je l’ai suivi avec une attention particulière. Moi qui pensais qu’il faisait de la comédie. Non, Claudy est vraiment fâché. Lui fils de Cornelia et de François (j’ai tiré ces deux prénoms de l’une de ses chansons que je kiffe grave !). Le mec m’a franchement convaincu avec des propos vraiment choquants. Un cri de détresse que tout africain conscient devrait écouter et se révolter.
J’ai coulé une larme en l’écoutant. Comme Claudy, je me demande comment les dirigeants africains peuvent rester silencieux face à une telle barbarie. Moi qui pensais que la traite negrière avait été abolie. Non, je me suis trompé, elle a tout simplement été embellie, ou maquillée si vous voulez. Aujourd’hui je le découvre et je réalise que l’abolition n’est qu’un mot qui n’a aucun sens pour les buveurs de sang et ivres de méchanceté. Le business d’esclaves noirs se porte bien en Lybie et dans plusieurs pays d’Europe, d’Afrique, d’Amérique et d’Asie.

Esclavage en Libye. Cc:wikipedia

Je parie que les dirigeants du monde le savent très bien, mais font semblant d’être surpris quand un média le dénonce. Une vraie hypocrisie. En Afrique, j’ai également suivi le président en exercice de l’Union africaine (UA), Alpha Condé sur le sujet. Le chef de l’Etat Guinéen veut que le cas des esclaves de la Lybie soit débattu lors du prochain sommet Afrique-Europe. Pourquoi nos chefs d’Etat sont si méchants ? Je refuse de croire qu’ils ignorent tout ce qui se passe comme trafic sur notre propre continent. A cause de leur manque de vision pour leurs pays, ils poussent mes frères et sœurs dans le désert à la recherche des meilleures conditions de vie. Ils pillent nos ressources naturelles. Ils partagent nos richesses avec ceux qui les maintiennent au pouvoir. Depuis que cette histoire d’esclavage en Lybie est médiatisé,beaucoup de Camerounais sont cités dans les articles et interventions que j’ai lus jusqu’ici. Beaucoup sont également placés dans des cages comme des singes par des trafiquants, sans que cela n’émeuve Yaoundé. Notre « Nkunkuma » Paul Biya ne dit rien. Et pourtant, tous les jours, de jeunes camerounais et camerounaises quittent ce pays plein de richesses, à pied pour se rendre en Europe en passant soit par la Lybie, soit par le Maroc. L’autre jour, un camarade d’école primaire m’a dit qui va aussi se lancer dans le désert. Tout ça parce que le pays ne fait plus rêver. Parce que les emplois sont verrouillés. Parce que les employés, payés en monnaie de singe, sont obligés d’entrer dans les circuits de corruption et de détournements. Parce que les guerres tribales prennent de l’ampleur tous les jours, alors que la population croupit dans la misère.
Donc comme Claudy, les africains doivent tous se lever comme un seul homme pour dire « NON » à l’esclavage sous toutes ses formes. Mais cela ne devrait pas seulement rester sur les réseaux sociaux. La bataille doit se concrétiser sur le terrain.
Moi par exemple, je dis NON au lavage de cerveau. NON à la guerre terroriste imposée dans plusieurs régions africaines avec la complicité de nos gouvernants. NON au mensonge sur la pauvreté en Afrique. Elle n’a pas sa place ici et les jeunes africains doivent le savoir et changer leurs mentalités.
Il y a tellement de choses horribles qui se passent dans nos pays, mais on ose se taire. Pourquoi ? Nous sommes tous coupable parce qu’on n’ose pas dénoncer le trafic d’organes humains dans certains régions du Nigeria, on ignore ou alors on fait exprès d’ignorer le trafic d’enfants dans plusieurs régions du Cameroun entre autres. Ces enfants qui vendent les beignets dans nos rues, le gouvernement s’est-il déjà renseigné pour savoir leurs origines ? N’est-ce pas on attend que les medias occidentaux dénoncent pour jouer les surpris non ? Je dis NON à l’hypocrisie africaine. OUI à Claudy Siar, le père de la génération consciente. Big up !


Tech : le challenge des « afropreneurs »

Les jeunes africains s’engagent de plus en plus dans l’entrepreneuriat pour répondre aux besoins de leurs populations. Ils créent des emplois, réduisent considérablement le taux de chômage et la pauvreté contre vents et marrées. Les forces et les faiblesses de ceux qui font bouger l’Afrique du 21e siècle. 

L’optimisme est l’arme fatale d’un entrepreneur. Je me souviendrai toujours de ce que le consul honoraire de l’Inde à Douala, M. Kuma Ravi m’a dit un jour: « Le Cameroun peut atteindre son émergence avant 2035. Chez nous, les jeunes n’avaient pas besoin d’attendre les politiques pour innover. Mais ils ont séduit les politiques par leur sens d’innovation ».

J’aime échanger avec ce monsieur plein d’énergie et de conseils, qui renforcent mon optimisme. Quand je visite d’autres pays d’Afrique, je constate que les jeunes ont hâte d’exploser dans leurs différents secteurs d’activité. Ils sont remplis d’inspiration et aimeraient contribuer au développement de leurs pays.

Je me demande comment les politiques, qui cherchent toujours les solutions aux besoins de leurs populations ailleurs, font pour ne pas reconnaitre le talent que ces jeunes ont. Malgré la mauvaise formation reçue par certains d’entre nous, en inadéquation avec les réalités locales, on a des jeunes entrepreneurs qui osent et impactent leur environnement. Dans le domaine des Tech, on en a qui ne cessent de développer des applications mobiles pour résoudre des problèmes d’accouchement par exemple, de mettre sur pied des projets de drones ou encore des jeux vidéos capables de concurrencer les projets américains, japonais ou européens.

Des afropreneurs en action. CC:Flickr
Contre vents et marées

Nos génies sont donc obligés de se battre pour concrétiser leurs projets dans un continent où le climat des affaires est très difficile. Au même moment, ils doivent se battre pour construire leur vie familiale, régler les factures de loyer dans une région où les pétards engendrés par des groupes rebelles et terroristes retentissent de toutes parts dans presque toutes les parties septentrionales. La psychose terroriste plane tous les jours. Et la famine prend des proportions considérables. Ici, on vit au jour le jour.

Même dans ce climat d’incertitude, il y a des entrepreneurs qui écoutent la petite voix qui crie au fond de leurs entrailles : « n’ayez pas peur ». Ils prennent courage et foncent comme des jeunes lions. Résultat: la majorité réussit grâce au soutien extérieur. Mon Dieu, toujours grâce au soutien de ceux qui voient plus loin que nos dirigeants ! Parce que les « afropreneurs » aiment l’Afrique, ils y restent pour répondre aux besoins de leurs populations. C’est samedi dernier que j’ai encore compris que certains jeunes africains ont un esprit très élevé.

Un film sur les « afropreneurs » Tech 

Dans un film documentaire d’une quarantaine de minutes réalisé dans plusieurs villes de l’Afrique francophone par Régis Strazel et Got Liebe Bataba sur les « afropreneurs » Tech, j’ai constaté que tous les pays d’Afrique rencontrent presque les mêmes problèmes dans le domaine de l’entrepreneuriat jeune. Les politiques vont me rétorquer qu’ils ont mis en place plusieurs programmes pour soutenir les startups, mais je doute fort que tout se passe comme une lettre à la poste.

Startup africaine. CC:Pixabay

Connaissant la corruption qui gangrène nos sociétés et les réseaux mafieux constitués dans les ministères et qui plombent nos économies, nos chefs d’Etat gagneraient à superviser personnellement le financement des Petites et moyennes entreprises (PME). Ne dit-on pas que l’économie d’un pays repose sur le secteur privé ? Alors, il faut miser sur la jeunesse entreprenante.

Toutefois, je reconnais la faiblesse de certains jeunes opérateurs économiques. Tous regorgent des idées innovantes. Ils rêvent tous de transformer notre environnement. Pour atteindre vos missions, chers « afropreneurs », vous devriez fusionner vos projets pour les rendre plus compétitifs.

La triste réalité est que chacun veut être son propre boss. La collaboration sincère n’existe pas dans nos cranes qui débordent d’inspiration. Nous faisons exprès d’ignorer la grandeur des multinationales qui sont dirigées par des génies depuis des décennies.

Le cours sur la notion du temps. CC: Pixabay

Nos structures doivent pouvoir exister et continuer à contribuer à l’épanouissement de nos pays après nous. Ensemble, on est capable de briser toutes les frontières linguistiques. On a plus de moyen de se former, de mobiliser beaucoup de fonds et d’embaucher des employés à la hauteur de nos attentes.

En formant une équipe de professionnels avec le peu de sous qu’on dispose, on peut amener les pouvoirs publics à mettre en place des infrastructures de Télécoms appropriées et amener les banques à injecter dans nos business. Bosser ensemble donne plus de crédibilité auprès des consommateurs, qui ont besoin de connaître nos produits. C’est autant d’obstacles soulevés dans le film documentaire par ceux sur qui notre continent doit compter.

 

 


Messieurs les ministres camerounais, la montre n’est pas là juste pour décorer

Présider une cérémonie ou démarrer les chantiers à temps représenterait un cauchemar et un manque de respect pour nos très haut commis de l’Etat.

Il est plus de 10h ce 26 octobre 2017. Je suis dans la salle de réunion du Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam) dans le 1er arrondissement de Douala. Les lieux grouillent de monde. Normalement, l’événement devait démarrer à 9h selon le programme que j’ai reçu. Le directeur général de MTN Business Georges Mpoudi Ngole , et son équipe sont déjà bien installés et n’attendent plus que l’arrivée du gouverneur de la région du littoral pour ouvrir les travaux « Master Class » portant sur « L’entrepreneur numérique» en faveur des PME Camerounaises, organisés par l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes entreprises (APME) en partenariat avec MTN Business, le département des affaires de l’opérateur de téléphonie mobile MTN.

Plusieurs dizaines de minutes se sont écoulées. On n’aperçoit toujours pas la silhouette du patron de la région. Les travaux vont donc débuter sans lui. En résumé, il est question de sensibiliser les patrons des PME sur la digitalisation de leurs business. Avant d’entrer dans le vif du sujet, on exécute le refrain de notre hymne national.

L’entrée du bout d’homme

La formation peut enfin commencer. Je suis très attentif et séduit par le programme. Surtout qu’il concerne le digital, mon champs de bataille actuel. Je prends mes notes comme tout bon élève sur des formats. J’en ai déjà rempli plus de quatre au moment où on annonce l’arrivée du représentant de Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, le gouverneur. Le protocole demande à tout le monde de se lever pour accueillir le chef de division des affaires économiques, sociales et culturelles de la région, Yara Samvam. Je ne m’exécute pas pour plusieurs raisons. Premièrement, il est en retard de près d’une heure et deuxièmement, il a coupé l’excellent cours que les brillants agents de MTN dispensaient sur la transformation digitale. Donc pour cela, je ne me lèverai pas, même si on me fouette.

Le cours sur la notion du temps. CC: Pixabay

Par contre, je me suis mis debout quand il a fallu rechanter l’hymne national. Bien  sûr qu’on a exécuté l’hymne deux fois. Premièrement quand le représentant du gouverneur n’était pas là et la deuxième fois quand il est arrivé comme un héros. Une vraie perte de temps !  Quand je pense que c’est avec ces gens nonchalants que le Cameroun veut se construire, j’ai envie de dire que c’est un futur incertain.

Sans blague, en principe, c’est mon avis hein, quand une personne normale est en retard à un rendez-vous, elle s’excuse et se justifie. Ce n’est pas le cas ici chez nous. Les gars marchent en moussant comme le tapioca et bombent plutôt la poitrine pour nous pomper des discours mensongers, toujours plats. C’est d’ailleurs ce que le représentant du gouverneur a fait pendant les « Master Class ». Il tâtonnait même pendant son discours comme s’il n’était pas en phase avec la vision numérique de notre pays. Je me demande comment le gouverneur peut accepter se faire représenter par quelqu’un qui ne sait visiblement rien du digital.

Une montre. CC: Pixabay

Le large retard de ce monsieur m’a fait toute de suite penser à un autre événement que j’ai vécu il y a plus d’un an dans les locaux de la société de transport ferroviaire Camrail à Bassa. Ce jour, les employés des filiales du groupe Bolloré au Cameroun recevaient des médailles d’honneur de travail. La cérémonie y relatif était prévue, si ma mémoire est encore bonne, à 11h. Vous ne devinerez pas à quelle heure le ministre est arrivé. Tenez-vous tranquille. Grégoire Owona, le ministre du Travail et de la sécurité sociale, qui devait couronner ces braves employés qui ont toujours été à l’heure au boulot, a fait son entrée dans la salle entre 14h et 15h.

Certains invités n’ont pas pu supporter et sont rentrés avant. J’ai par exemple vu comment un expatrié qui ne cessait de fixer sa montre. A un moment donné, il s’est surement dit que les aiguilles de cette dernière ne tournaient plus bien, en oubliant que nos autorités portent les leurs uniquement pour orner leurs mains. Pour tuer le temps, le Blanc a commencé à effectuer des allers-retours dans la salle. Il ne restait pas plus de dix minutes assis et croisait et décroisait les jambes chaque fois qu’il avait l’occasion de poser ses fesses sur une chaise. Je l’ai observé longtemps. Mais il ne s’en est pas rendu compte. J’ai également été attentif quand il a poussé un ouf de soulagement en voyant le ministre. Mais le monsieur a disparu avant même le début de la cérémonie de remise des médailles.

Pointus comme une aiguille

Parfois j’ai envie de comprendre pourquoi l’horloge de certaines autorités camerounaises est mal réglée. Jusqu’à présent, seuls deux ministres m’ont prouvé qu’ils sont dignes de confiance. Ils ont la notion du temps. Il s’agit du Premier ministre, chef du gouvernement, Philémon Yang et le Ministre délégué à la Présidence de la République, chargé de la défense, Joseph Beti Assomo. Le premier n’aime pas les longs discours, un mot suffit pour présider un événement. Le second lui, est réglé comme une montre. Les autres autorités administratives camerounaises devraient donc se mettre à l’école de ces deux pour la bonne marche de notre société. Les collègues de Philémon Yang et Beti Assomo doivent être pointus comme une aiguille et savoir que la montre n’est pas qu’un objet de décoration.

 


Paul Biya est là, opposition camerounaise lève-toi et marche !

Le chef de l’Etat et sa charmante princesse ont atterri à l’aéroport international de Nsimalen à Yaoundé, samedi dernier. Après avoir disparu des radars depuis la 72eAssemblée générale de l’Onu.

Son patron est également notre patron à tous. Ne croyez surtout pas qu’il est un poltron, encore moins un pépé bidon. Il contrôle tout, sauf certaines de ses créatures. Lui, c’est monsieur Paul Biya, le président du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), et le candidat naturel de ce parti politique à l’élection présidentielle de 2018.

C’est aussi lui le locataire du palais d’Etoudi depuis 35 ans, au cas où vous l’aurez oublié. Ma question peut paraitre bête, mais je ne veux pas mourir bête : quelqu’un peut-il me dire chez qui le président de la République du Cameroun verse les frais du loyer depuis plus de trois décennies? Sauf s’il a mis le titre foncier à son nom. Tout est possible. Avec des gens qui ont un long bras comme lui, il faut s’attendre à ce genre de manigance.

Le boss est de retour

Je ne vous apprends rien, le père et la mère de ma chérie Brenda, sont de retour au pays depuis le samedi 21 octobre 2017. Ils nous ont certainement gardés beaucoup de cadeaux pour la fête de la nativité.

Une chose est sûre : Le type là ne peut pas rentrer bredouille après avoir disparu des radars avec son épouse après la 72e Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (Onu) à New-York. Pendant qu’il se reposait tranquillement loin de nos gros yeux curieux, (c’est l’excès de vieillesse), mon champion Donald Trump lui, a pris plusieurs décisions pour le bien des Américains, mais qui bouleversent malheureusement le monde entier. Désolé !

Paul Biya, chef de l’Etat camerounais. CC: Wikipedia

Biya n’en a rien à cirer de vos cris de détresse en tout cas. Et voilà qu’il débarque à Yaoundé et personne ne lui demande où il était passé au moment où le pays souffre le martyr. D’abord qu’il a des comptes à rendre à qui ? Moi-même là j’exagère hein! Si l’occasion se présente, je lui poserai plusieurs questions. Si j’ai encore tous mes sens, le locataire du palais d’Etoudi, où il est installé depuis très longtemps, est le choix du peuple. Ce peuple a donc besoin de savoir où son élu se balade tout le temps en Europe avec sa dulcinée. Dans quel hôtel sont-ils logés et que font-ils dans la chambre à….deux?

République de répression

Ce peuple, qui s’intéresse beaucoup au quotidien de son dirigeant a également besoin d’être écouté et non d’être asphyxié par les autorités administratives, membres d’un parti obèse comme le RDPC, qui interdissent constamment les meetings et marches « pacifiques » de l’opposition.

Le Cameroon People’s Party marche sur Douala. CC: Moktar Njumoun

Le parti de Biya n’est pas gentil hein. D’abord, il recrute tous les milliardaires du pays, il en forme d’autres à travers les détournements des deniers publics, il s’entoure des personnes les plus intelligentes qu’il formate carrément et nomme à des postes clés de la République. Pour couronner le tout, les gars ont l’armée républicaine à leur disposition.

Avec ça, dites-moi comment l’opposition peut s’en sortir si elle ne lèche pas les bottes de nos gouvernants. Même unis, je vois mal les leaders d’opposition remporter un bras de fer contre le parti au pouvoir, sauf si celui-ci se divise un jour. Malgré ces obstacles, la minorité politique camerounaise a toujours espoir.

Samedi, certains leaders du SDF, CPP, etc. m’ont ému. J’étais si content de voir qu’ils peuvent parler d’une seule voix comme des gens civilisés. Mais il ne faut pas seulement aller dans la même direction quand il s’agit de descendre dans la rue contre le régime. Il faut également former une vraie coalition et designer un candidat unique qui incarnera la philosophie de l’opposition pour espérer évincer la machine à broyer du RDPC. Dois-je vous rappeler qu’un leader n’est pas un suiveur ? Il a des idées claires, qu’il défend jusqu’au bout. Il sait donc où il va. Ce qui veut dire que les opposants camerounais n’ont pas besoin du OUI ou du NON d’un individu pour monter au créneau et établir des stratégies historiques.