éaam

La philanthropie : la voie la plus pertinente face au terrorisme

À tort ou à raison, j’ai souhaité humblement reprendre ma plume et partager quelques maux avec vous. Également un espoir : la philanthropie.

 

Daesh tue, massacre et assassine. Partout : Paris n’est malheureusement que la partie immergée de cet iceberg nauséabond ; la plus visible, car d’Occident, on s’identifie davantage à la vie « paisible » d’un parisien attablé en terrasse qu’à une femme voilée à Beyrouth.

Néanmoins, s’agissant de Paris, il me semble que la victoire de Daesh est moins ces -trop- nombreux morts que l’opportunité d’armer de jeunes européens pour semer la terreur chez eux.

 

De l’opportunité originelle de Daesh

Nul homme ne naît monstre. Il le devient, parfois. Ainsi les assassins sanguinaires de Daesh ont été enfants. Donc profondément innocents. Il est indispensable de l’apprécier.

Venant d’Europe, ils ont certainement appris à lire auprès d’enseignants bienveillants. Ils ont sans doute reçu l’affection de leurs parents -je souhaite le croire. Ils ont grandi dans un pays qui ne connait plus le sifflement des balles ni le bruit des bottes depuis bien longtemps.

Alors comment cette effroyable vision de l’Humanité prônée par Daesh (ou Boko Haram) a pu trouver un tel écho chez ces jeunes esprits ? Pourquoi ont-ils un jour quitté l’espoir suscité par la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, pour embrasser pareilles ténèbres? Quelles peurs, quelles frustrations ou quelles déceptions ont pu dessiner dans leurs coeurs une faille si béante que le monstrueux dessein de Daesh ait pu un jour s’y engouffrer?

Il y aurait donc l’origine, puis le cheminement et enfin, pour eux, la monstruosité. Souscrire à cela, c’est comprendre que s’attaquer à Daesh (action par ailleurs indispensable) n’apporte aucun remède à l’origine de ce mal. « Là où il y a une volonté, il y a un chemin », écrivait Lao Tse. Détruire Daesh, c’est effacer un sentier. Pas la volonté de l’emprunter.

 

De la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité

Quel enthousiasme de voir le plus grand nombre, au-delà nos frontières, s’approprier la devise de la République française. Liberté. Égalité. Fraternité.

Force est de constater qu’à travers le Monde -et même chez nous- ces mots n’ont souvent aucun sens ; ou plutôt trop peu de pratique :

Malheureusement, la Liberté la plus expressive (et la plus répandue) est aujourd’hui économique. On est libre de privilégier le profit à l’humain. D’écraser ce dernier. De l’asservir. De le rendre malheureux. Moins d’une centaine d’hommes possèdent davantage de richesse que la moitié de la population mondiale.

Ainsi, l’Égalité la plus répandue dans le monde est celle qui lie les destins du plus grand nombre dans la pauvreté et le malheur.

Corollaire : la Fraternité reste la valeur humaine qui peine le plus à exister quand historiquement, le monothéisme contribue à la répression de son expression.

Tout Homme qui partage ce constat et ses frustrations sous-jacentes espèrerait naturellement voir un changement dans ce Monde. À la recherche d’un chemin, Daesh n’est que l’alter ego maléfique de la Philanthropie. Le Ying et le Yang quant à la volonté de changer le Monde.

 

De l’ombre et de la lumière 

Sans visiblement comprendre le Coran, on ne peut s’empêcher de constater que Daesh maîtrise quelques concepts de notre philosophie occidentale : « il suffit qu’un Homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l’Humanité entière », écrivait Sartre.

Les bombes que nous larguons aujourd’hui en Syrie ne verront pas les valeurs Liberté, Égalité et Fraternité éclater au grand jour. Encore moins aux yeux de celles et ceux qui pleureront des innocents déchiquetés par leurs explosions ; ceux que nous nommons pudiquement « dommages collatéraux ». Les banquiers et les commerçants sans scrupules qui soutiennent l’économie de Daesh, les industriels qui arment ses assassins, les hommes influents -qu’ils soient religieux, politiques ou lobbyistes- qui tirent bénéfices de cette tragédie et l’encouragent… eux dineront en famille, loin des déflagrations. Sans doute y a-t-il d’autres dommages (intérêts?) collatéraux à considérer dans l’équation ; entre pouvoir et territoire.

S’il paraît indispensable aujourd’hui d’entraver tous ces enfants devenus monstres, tous ces prédicateurs maudits, mais également celles et ceux qui les soutiennent -politiquement et financièrement, il semble primordial d’avoir le courage de regarder distinctement l’origine du problème. Et d’agir.

Gandhi écrivait « sois toi-même le changement que tu aimerais voir dans ce Monde ». Qui ne rêve pas d’un monde qui ne prétend pas, mais qui incarne véritablement les valeurs Liberté, Égalité et Fraternité ? À m’employer quotidiennement dans l’activisme philanthropique et pacifique, je constate également que nous sommes de plus en plus nombreux à nous engager dans cette voie et il me plait à croire que ce faisant, demain, Daesh trouvera de moins en moins d’enfants à défigurer.

Suffit-il qu’un Homme en aime un autre pour que l’amour gagne de proche en proche l’Humanité entière ?

C’est tout l’enjeu du Monde de Demain ; le reste, le vent l’emportera.

 

Philanthropiquement vôtre,

éaam


Comment un réseau collaboratif favorise la philanthropie

(english version, click here!)

Le 25 avril dernier, un tremblement de terre dévastait le Népal,  emportant des milliers d’âmes et détruisant bien plus de foyers. Des centaines de répliques ont suivi. Comme beaucoup de voyageurs ayant le privilège de découvrir ce merveilleux pays et de rencontrer son peuple si attachant, nous avons été extrêmement touchés par cette tragédie.

« Kishor, es-tu vivant? Ta famille est sauve? Nos amis? »

La communauté grandissante de U2GUIDE, rassemblant voyageurs et philanthropes, connaissait quelques membres au Népal: Kedhar & Kishor qui est notre « ambassadeur » là-bas et qui a joué un rôle important dans l’élaboration de la vision « U2GUIDE ». Quelques instants après avoir eu connaissance de cette tragédie, nous avons essayé de contacter Kishor, en vain. Emails, appels téléphoniques, messages sur Facebook… rien ne fonctionnait. 3 jours sans nouvelles. 3 jours d’inquiétude et d’espoir! Finalement, le cousin de Kishor, expatrié en Arabie Saoudite comme bien d’autres Népalais, parvient à nous contacter via Facebook et nous informe que Kishor et sain et sauf. Bientôt, Kishor nous appelle pour nous rassurer, en prononçant ces incroyables mots, source d’inspiration:

« Oui, je vais bien. Ma famille également. Nos amis aussi. Nous n’avons plus de toit. Nous dormons dehors. Nous avons presque tout perdu, mais heureusement, nous avons toujours nos amis à travers le monde » – Kishor R.

Voici la résidence dans laquelle la famille de Kishor vivait depuis plus de 350 ans, soit 5 générations: 

« Vous n’aiderez certainement pas le Népal, mais vous avez l’opportunité de soutenir directement quelques familles méritantes! »

Paul et moi sommes activistes humanitaires depuis une douzaine d’années et, à cet égard, nous partageons une vision commune. Cette vision peut s’exprimer par une maxime: « mieux vaut apprendre à pêcher qu’offrir du poisson ». Cependant, mesurant le contexte de cette tragédie et sachant malheureusement le retard avec lequel l’aide parvient aux moins nantis (lorsqu’elle ne fond pas comme neige au soleil, entre des mains corrompues), nous avons décidé de lancer une opération à travers la communauté U2GUIDE. Après tout, quel serait l’intérêt d’une communauté qui n’aiderait pas ses membres? Via Facebook, Email, Twitter & Wechat, nous avons donc suggéré la possibilité de donner de la façon suivante : le plus gros des dons viendrait en aide à notre communauté et une autre partie à une ONG méticuleusement sélectionnée. Dans les jours qui ont suivi, nous avons reçu 2 328,50 euros de divers pays (France, Chine, Angleterre…). Ce chiffre, a priori modeste, nous a beaucoup touchés en réalité, car nous avons pu sentir l’expression du sentiment philanthropique, au sein de notre jeune communauté. Après tout, la philanthropie dépasse l’algèbre:

«- Georges: Nous verserons 30 euros, avec nos modestes moyens, mais si chacun fait un petit effort…

U2GUIDE: Bonjour Georges. Lcœur d’un homme ne se mesure pas à la grandeur d’un don, mais à l’élan et à la spontanéité avec lesquelles il tend inlassablement sa main vers l’autre. » – échange d’emails / U2GUIDE

Cupidité vs. générosité: inspiring Kishor!

À travers Western Union (chaque transfert à destination du Népal étant gratuit pendant quelques semaines… superbe initiative de WU!), nous avons rapidement « envoyé » 1 500 euros à nos amis, afin de les aider. Soyons objectifs: cela ne les aiderait pas à reconstruire leurs foyers, mais au moins cela les soutiendrait moralement et matériellement à faire face aux premières nécessités. Quelquefois, la générosité semble sans limites:

«- U2GUIDE: Bonjour Kishor, Namaste! (…) nous venons de t’envoyer 700 et 800 euros, via Western Union. Merci de partager équitablement avec Kedhar. 

Kishor: Bonjour Eric, Namaste! Mille mercis à la communauté U2GUIDE, à nos amis, aux voyageurs, aux philanthropes de Chine, d’Europe. Mille mercis de nous venir en aide dans ces moments difficiles. Cependant, puis-je te demander un service? Nous avons également trois amis qui s’impliquent avec nous dans les activités U2GUIDE. Ce sont des chauffeurs. Donc, au lieu de partager en deux parts, pouvons-nous partager le don en 5 parts? Pour aider quelques voisins? J’espère que tu comprends. Merci encore!

U2GUIDE: Bonjour Kishor, Namaste! Evidemment!! Tu es formidable! Tu es une source d’inspiration!»

NB: Notez que Kishor nous a fait parvenir les copies de chèques remis à ses 4 amis.

 

Aujourd’hui, Kishor est affairé à démolir manuellement sa maison, avec ses amis. Afin de mieux la reconstruire. C’est évidemment dur pour lui de voir son foyer disparaitre (comme pour beaucoup d’autres familles au Népal) et vous pouvez l’encourager par le biais de son compte FacebookL’un de ses derniers billets s’intitule « Nous sommes le Monde. Lorsque nous sommes unis, tout devient possible ». Nous avons donné un peu. Nous recevons une leçon humaine formidable. Les initiatives humanitaires connaissent souvent cet épilogue. 


Vous pouvez encore soutenir Kishor et ses amis en nous faisant parvenir vos dons. Il suffit d’envoyer un email via action@u2guide.com, préciser « Népal » ainsi que le montant que vous souhaitez offrir. Nous vous ferons parvenir par la suite une invitation à donner via Paypal.

Aujourd’hui et demain, une des meilleurs façon d’aider est tout simplement de partir en voyage au Népal. Après tout, les montagnes n’ont pas bougé, la population reste adorable, et il reste encore beaucoup de choses à voir. 

Parfois, les ONGs sont souvent (sic!) décevantes!

Nous avons reçu 2 328,50 euros. Nous avons donné 1 500 euros à la communauté U2GUIDE du Népal. Il nous restait donc 828,50 euros pour soutenir l’action d’une ONG efficace. À travers notre « réseau humanitaire/ONG » (et LinkedIn), suivant également les conseils de Kishor et grâce à notre expertise, nous avons tenté d’identifier une association à but non lucratif avec des actions locales pertinentes et efficaces. L’une d’entre elles nous a semblé « solide » et nous sommes entrés en contact avec l’équipe, afin de 

(1.) comprendre comment l’argent serait utilisé

(2.) avoir la possibilité d’être informé, en toute transparence, sur l’utilisation de nos fonds. Il est facile d’exhiber la pauvreté à travers des mots et des images pour lever des fonds. Après tout, tout cela a une approche mercantile. Prenez quelques exemples: en Haïti (avec le tremblement de terre), en Thaïlande (avec le tsunami), des sommes pharaoniques, des milliards d’euros, ont été données en quelques jours par le grand public, en réponse à ses tragédies démontrant  l’incroyable potentiel humaniste nos sociétés. Quelques années plus tard, personne ne sait véritablement comment ont été utilisés ces dons. Beaucoup d’experts jugent cette situation honteuse. Nous en faisons partie, d’autant que des reporters pointent de plus en plus d’abus et de dérives. Il faut prendre en compte les bourdes stratégiques (de très onéreux refuges provisoires sont encore achetés et installés en Haïti, alors que la population a davantage besoin de foyers « en dur », disponibles à prix quasi équivalents), la corruption et l’érosion des donations par la masse salariale d’experts en reporting. Finalement, bon nombre de généreux donateurs à travers le monde se sentent utilisés par ces scandales et corollaires : de formidables initiatives manquent de moyens et de promotion. C’est un enjeu cher à U2GUIDE : identifier de formidables initiatives, les promouvoir, les financer et rendre des comptes à notre communauté quant au suivi et à l’efficacité de telles actions. En outre, le « faire-savoir » objectif et transparent doit être un engagement majeur dans la stratégie de l’ONG et doit ainsi être naturellement intégré à son plan d’action.

(3.) présenter notre communauté et sa capacité de promouvoir et financer les actions de l’ONG sur le long terme, par le voyage. 

Un cadre de cette ONG devait revenir vers nous «lundi prochain». Des semaines sont passées et nous attendons toujours de ses nouvelles, malgré notre insistance. Bien évidemment, notre collecte est modeste (mais conséquente du point de vue de celles & ceux qui en ont aujourd’hui besoin).  Bien évidemment, l’équipe de cette ONG devait être extrêmement occupée à déployer ses efforts sur place.

Le financement des ONG « fundraising » coûte actuellement beaucoup  aux grandes ONG. Certaines dépensent entre 15 et 20% de leurs charges opérationnelles à ces fins : pour elles, un don de 10 euros coûte 2 euros. D’autres font appel à des sociétés spécialisées pour les aider et in fine, envoient  des milliers de jeunes rompus à la force de vente, dans la rue. C’est la collecte de rue, le street-fundraising.  L’un des leaders français « ONG Conseil » (sic!) a déclaré dans la presse avoir levé 130 millions d’euros dans la rue, pour un coût de 70 millions euros. Ainsi, un don de 10 euros coûte 5,4 euros. Scandale!

En outre, les nouvelles méthodes de financement gratuites, éthiques et collaboratives introduites par U2GUIDE, basées sur le voyage, devraient éveiller la curiosité et l’intérêt des ONGs? Pas toujours. Heureusement, certaines ONG y sont attentives et prennent le pari de cette nouveauté. Dans notre cas, l’ONG que nous avions contacté ne semble pas embrasser  les dérives évoquées ci-dessous, mais connait certainement des difficultés à financer ses actions. 

Voilà où nous en sommes. Nous nous sommes depuis rapprochés d’autres initiatives et naturellement, nous vous tiendrons informer du devenir de votre générosité.

DES ONG FORMIDABLES EXISTENT!

Une nouvelle fois: DE FORMIDABLES INITIATIVES AVEC UN RÉEL IMPACT, EXISTENT! Plus notre communauté sera grande, plus nous serons capables de les identifier, de les promouvoir et plus nous pourrons exiger l’obtention de compte-rendus transparents. Au final, plus nous serons nombreux, plus nous serons à même de déclencher des changements importants. Tout simplement en voyageant!

De philanthropia avec toute notre affection,

L’équipe U2GUIDE!

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Un voyage vers Philanthropia – Chapitre 1

Madrid_ il y a quelques mois, j’ai fait le voeu d’entamer un voyage vers Philanthropia. Ce pays, j’ai toujours refusé avec véhémence son autre nom: Utopia. La seule utopie qui vaille est celle de penser que nous irons loin comme cela, sans partage et sans compassion.
Ceci est donc un carnet de voyage. Sans doute celui d’un rêveur, mais également celui d’un entrepreneur qui, il y a quelques mois, choisit de croire en ses rêves. L’un d’entre eux s’appelle « www.U2GUIDE.com » ; il revêt l’ambition de financer des actions humanitaires, environnementales et culturelles, par le voyage.
Voici l’histoire de cette entreprise ; de sa philosophie, de ses espoirs et de ses frustrations. Vous découvrirez également ses progrès et qui sait, son épilogue, heureux ou non. Vos questions et commentaires seront autant de sujets à aborder lors des prochains chapitres : n’hésitez pas à les partager!
Les entrepreneurs sociaux ne se satisfont pas de donner du poisson ou d’apprendre à pêcher. Ils ne le sont qu’en ayant révolutionner l’industrie de la pêche »_ Bill Drayton
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Chapitre 1 – Naissance de U2GUIDE.com

 

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Mon voyage au Sri Lanka aurait pu avoir tellement plus de sens…  Pour lui. Pour moi.

 

2005 – Avec l’association AMICA, j’eus la chance de développer au Cambodge un programme de développement rural dans un petit village de 600 âmes, “Cheung Kok”. Ce village n’avait pas assez de terre ni d’eau pour vivre de la riziculture, pourtant seule activité économique ; il semblait par ailleurs avoir perdu sa science agronomique ancestrale pendant le régime khmer rouge. Corollaire : les villageois connaissaient une condition précaire.
En explorant le village, je m’émerveillai par sa beauté, ses habitants et ses paysages. J’y découvris également de nombreux savoir-faire.
Après quelques discussions, le village se décida à entreprendre deux nouvelles activités économiques : l’écotourisme et l’artisanat. Elles s’organiseraient autour d’une plateforme commerciale unique où chaque produit artisanal serait acheté à un coût rétribuant justement son concepteur, et où la revente à un prix majoré permettrait de dégager des bénéfices : le fond de coopération villageois. En plus de rétribuer justement les acteurs du projet, cette manne financière permettrait d’améliorer considérablement la vie de la communauté : financement intégral d’une école gratuite pour lutter contre l’illettrisme, microcrédits aux villageois pour entreprendre, rénovation & réparation des biens publics (route, puits, …), contribution à des projets d’utilité publique (accès à l’électricité et à l’eau potable), … En outre, de dynamiser un village jusqu’alors replié sur lui-même.
Aujourd’hui, des milliers de voyageurs visitent chaque année Cheung Kok et le village investit actuellement sur un projet intégré de soie afin d’attirer davantage de touristes et leur montrer cet artisanat ancestral.

2008 – les cofondateurs de U2GUIDE se rencontrèrent au Cambodge. L’un oeuvrait pour un programme humanitaire, l’autre visitait un projet pour le compte de son association et la dernière l’y accompagnait. À Kep naquit alors une connivence intellectuelle & philosophique, résolument tournée vers l’humain et l’environnement. Anouk, Paul & mois l’ignorions encore, mais cette coïncidence les appellerait à se revoir.

2014 – Président de l’association AMICA, je recherchai des financements pour un programme d’accès à l’eau potable pour un autre village cambodgien de 3000 âmes. Ce projet, nommé « L’H2Otus », nécessita deux ans pour obtenir le budget. Ce faisant, je me suis souvent posé cette question récurrente dans le monde associatif : “Comment faciliter le financement de projets philanthropiques?”. Me vient alors à l’esprit l’image de ces millions de touristes prenant en photo les temps d’Angkor, à une centaine kilomètres de là. Je repensai alors à Cheung Kok : “et si le tourisme finançait la philanthropie? et si leur plaisir permettait de soutenir des changements sociaux? Sans l’engagement d’un volontaire, mais simplement en faisant un choix judicieux, économique et éthique?”. Le concept U2GUIDE naquit.

Puis tout s’accéléra. J’exposai le concept à Anouk qui adhéra immédiatement ; puis quittai mon job de DAF à Shanghai et avec lui, l’angoisse de m’être enfermé dans une vie établie, qui ne m’épanouissait pas/plus. Malgré une correspondance épistolaire espacée, souvent à l’occasion des voeux de nouvelle année, je me décidai à appeler Paul qui poursuivait alors ses oeuvres humanitaires, au Kenya. Je lui expliquai le projet, sa substance, ma vision de l’économie sociale (ce que j’aime appeler : “l’économie papillon”*). Paul accepta instantanément de se joindre à l’aventure. Des discussions passionnantes suivirent et précisèrent le concept U2GUIDE. Chacun y apporta son expertise, sa vision. Nous partagions tous son but final : permettre au voyageur de ne plus uniquement prendre, mais également de donner ; provoquer des changements sociaux, qu’ils soient culturels, environnementaux ou humanitaires ; permettre au voyage de magnifier son essence la plus noble : le partage.

Le 1er novembre 2014, le site fut finalement lancé ; du Cambodge, tout un symbole.

Plus tard, Agathe nous rejoignit pour présenter U2GUIDE au travers le Sud-est asiatique.

Aujourd’hui, après quelques semaines, des centaines de voyageurs, de guides et « d’insiders » nous ont rejoints à travers le monde, d’une cinquantaine de pays. Également une dizaine d’ONGs dont Krousar Thmey, formidable fondation pour l’enfance défavorisée (TOP100 par Global Journal & Star Impact winner). S’engager est un acte simple : rejoignez-nous!

Voir la vidéo introductive (1mn) via ce lien.

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Vivez partout des expériences uniques!

Notre profit soutient des changement sociaux, là où vous voyagez.
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* Prochains chapitres: Philanthropia – le fonctionnement U2GUIDE – l’équipage – l’économie papillon – tout sujet que vous auriez initié au travers de vos commentaires & réactions.

 

N. B. Vous pouvez nous soutenir en créant gratuitement un compte U2GUIDE via ce lien. Vous pouvez également tenter de remporter un voyage de 7 jours pour deux personnes à l’île Maurice et un bon d’achat de 500 euros sur U2GUIDE en quelques clics:
1. Aller sur Travel d’Or via ce lien (au cas où, selectionnez rubrique « tourisme collaboratif) » et votez pour U2GUIDE 🙂
2. Remplissez le questionnaire pour pouvoir gagner un séjour de deux personnes (ce qui vous plait le plus sur U2G pourrait être son modèle social innovant par exemple)
3. Inscrivez-vous sur U2GUIDE et vous participerez le mois prochain à un grand concours pour gagner 500 euros de voyage


Extraneus

Je suis l’étranger…

Presque pieds nus, je déambule,
Tendant mes mains, en préambule
Puis entre vous, le funambule ;
Cuit et lointain, enviant vos bulles.

À tout âge, les nôtres voyagent,
Entre naufrages, même à la nage.
Dur présage que d’échouer en cage.
Nul Sage ne montre deux visages.

Je fuis l’étranger…


Chez moi c’est…

« Chez toi, c’est Gaza! » Papa n’avait de cesse de me chuchoter cette phrase, avec son impénétrable sourire, lorsque maman détournait l’oreille. Elle, elle aimait le voyage : elle discutait souvent de passeports, de visas, de frontières, d’ailleurs. Elle me parlait d’aventures pour lesquelles même le cinéma américain finirait par s’intéresser. Des hommes armés, des passeurs, des tunnels, ceux de la Grande Évasion, des planques sous les trains, … naturellement, elle promettait toujours que tout finirait bien. « Chez toi, c’est le Monde! », semblait-elle lui répondre.

Papa avait réponse à tout et clamait que si nous partions tous, « chez-nous » n’existerait plus. Quand nous marchions près du grand mur, il ne manquait jamais de ma rappeler qu’il serait idiot de quitter une si belle terre, qu’on avait mis tant de soin à protéger avec cette clôture. Il me confiait que même des grands artistes venaient parfois le peindre. Qu’on l’appelât « le mur de la honte », car avant son édification, on se sentait penauds d’en avoir point ; qu’on enviait alors les Américains qui, eux, en possédaient un !

Et puis les bombes se sont mises à pleuvoir à nouveau, faisant exploser souffrance & colère. Partout. Encore. Papa ne me laissait plus aller jouer dehors. Maman, chaque matin, se désolait en revenant du marché. Elle m’expliquait que les Hommes étaient parfois fous. Qu’ils voulaient la même terre et se disputaient son ciel. Que chez moi, on prétendait qu’il était appendu à un croissant de lune. Que chez eux, on affirmait qu’il était le théâtre d’une étoile. Que l’univers était un et indivisible, et qu’un jour, « chez moi » serait le plus bel endroit sur Terre pour contempler le crépuscule d’un passé douloureux et ainsi, l’aube d’un jour nouveau. Que le soleil sécherait alors toutes les larmes du Monde.

Cette nuit, une épaisse fumée assourdit les cris et les pleurs. Maman & Papa dorment sur le sol, parmi les décombres de nos murs. S’ils étaient éveillés, ils m’expliqueraient sans doute qu’on avait simplement voulu offrir une nouvelle étoile à la nuit, mais qu’elle était malheureusement retombée sur notre maison. Bientôt, je ne vois plus que la voute céleste à travers le toit éventré. Le ciel me regarde à présent : ses astres se rassemblent finalement pour l’inonder d’un même scintillement, qui maintenant m’aveugle et m’emporte.

Chez moi, c’est…