Edwige-Renée DRO

Qu’est-ce-que Gbagbo a fait?

Le panafricaniste.  L’opposant historique.  Et malgré le fiasco qu’ont été les dernières élections en Côte d’Ivoire, Gbagbo est toujours aimé, si c’est cela le mot juste, par une grande (?)partie de la population Ivoirienne.  Quelqu’un même me disait récemment, “Gbagbo est le meilleur président que la Côte d’Ivoire ait jamais connu.”  Des mots forts, mais des mots qui m’ont emmenée à me demander, “Qu’est-ce-que Gbagbo a fait?”

C’est une question qui me préoccupe beaucoup, surtout dépuis que je suis révenue au pays.  Parce qu’analyser une situation de loin et de près ne produit pas toujours les mêmes résultats.

De loin, Gbagbo était le panafricaniste, l’opposant historique que j’ai toujours admiré parce qu’il était l’un des rares opposants à avoir tenu tête à Félix Houphouet-Boigny.  Dans ses discours, il nous rappelait combien nous étions encore des colonisés qui n’avaient pas besoin de se comporter comme des colonisés.  En effet, c’est la France même qui avait besoin de nous, alors nous devions briser le joug.

En tant que président aussi, n’avait-il pas suscité l’espoir chez de nombreux Africains même?  Devant la cohorte de marionnettes qui prétendent être des chefs, Gbagbo apportait un autre débat.  Dans ses chemises-pagnes à manches longues, son français terre-à-terre comme on le dit ici en Côte d’Ivoire, son goût pour la nourriture Ivoirienne, le fait qu’il se sentait à l’aise dans son village à Mama que quelque part en France peut-être ont contribué à faire de Laurent Gbagbo un président qui semblait plus proche de son peuple.  Grâce à lui, l’Ivoirien lambda en sait un peu sur notre affaire de Franc CFA et les termes comme “le Pacte Colonial” ou encore “Souveraineté Nationale” ne sont plus des termes étrangers; “les gros-gros français que les boss parlent.”

Pour moi donc, Gbagbo était blanc comme neige.  Mais la neige est seulement jolie quand elle tombe.  La scène qui se présente quand une bonne quantité de neige est tombée est picturesque; une véritable carte postale.  Mais ça, c’est seulement quand tu as de la bouffe à la maison.  Quand tu ne dois pas sortir et quand aucune voiture n’a roulé sur cette neige, sinon, bonjour!  La neige dévient du glaçon noir.  En ce moment là, la neige n’est plus blanche et la neige n’est plus belle.

Du retour au pays, j’ai commencé à régarder les choses, j’allais dire en face, mais ce serait mentir.  L’admiration que je portais à l’opposant historique ne s’était pas totalement dissipée.  Cependant, elle avait reçu un coup dur quand Gbagbo avait affirmé avoir gagné les élections.  Ce jour là, mon coeur meurtri a dit, “Pourquoi, Gbagbo?  Pourquoi?”  Pour moi, même s’il avait gagné les élections, et chacun a sa théorie sur ces élections là, qu’est-ce-qu’il pensait bien que son bras de fer allait apporter?

C’est ici que je pense que Gbagbo avait commis l’erreur fatale; il s’était engagé dans un combat sans avoir d’alliés.  On ne compte pas sur l’agitation de quelques “jeunes patriotes” pour mener ce genre de combat idéologique, surtout quand la communauté internationale était aussi hostile.  La CEDEAO et l’Union Africaine ne se sentaient pas concernées.  L’ex puissance coloniale qu’est la France qui a toujours son mot à dire dans les affaires intérieures de ses anciennes colonies s’acharnait sur lui, certains diront, et même les Etats Unis étaient rentrés dans la danse de “Quitte le pouvoir, Gbagbo!”.  Pour moi donc, la meilleure option aurait été de se rétirer.  A moins qu’il voulait prouver la trop grande ingérence de la France dans les affaires intérieures d’un Etat indépendent et le marionnétisme de ses pairs.  Et alors?

On ne va pas en guerre seul, et on ne décide pas de prendre la population pour laquelle on se bat en otage.  Si, et un très grand si, mais s’il gagnait le combat, et puis quoi?  Un panafricaniste ne permet pas à ce que son pays soit une île.  La Côte d’Ivoire a et avait besoin des autres pays, non seulement ceux de la sous-region mais ceux du monde entier.  Si David Cameron de la grande Grande-Bretagne se bat pour que son pays reste dans l’Union Européenne, il sait pourquoi.

Et puis encore, il y avait ce fameux point d’achèvement de l’initiative PPTE qui aurait abouti à un abandon substantiel de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire.  Si donc l’occident ne voulait pas nous voir indépendents, nous Africains, alors pourquoi après avoir perdu le combat idéologique, s’assierait-il sur ses lauriers pour que le pays connaisse une quelconque indépendence financière?  Une quelconque victoire de Gbagbo serait une victoire vide car son programme politique tomberait alors à l’eau et c’est nous les Ivoiriens qui en souffriront.  En s’entêtant comme il le faisait, il ne se comportait pas en panafricaniste, et pire encore, il risquait notre devenir.  Si c’était la France qui était à la base de toutes les tractrations comme il l’affirmait haut et fort, alors encore, qu’est-ce-qu’il pensait obtenir?  Contraindre les Français à laissé tomber leur précieuse poule aux oeufs d’or?  Et si cela entrainait la révolte des autres pays du pré-carré?  Alors en ce moment là, la France se nourrit comment?  Le bras de fer n’allait alors jamais avoir l’effet désiré.  Tout le monde pouvait voir çaet Gbagbo aussi pouvait voir ça.  Mais encore, sait-on ce que Gbagbo désirait?

“Pourquoi, même s’il avait gagné les élections, ne s’était-il pas rétiré tout simplement?  Il serait rentré dans l’histoire par la grande porte!” me suis-je lamentée à quelqu’un qui le connaissait assez bien.

“Il sait ce qu’il faisait.  C’est l’histoire qui lui donnera raison.”  Il a dit et j’ai eu l’impression que la première phrase était probablement une spéculation.  L’opposant historique et l’historien qu’était Gbagbo ne pouvait que savoir ce qu’il faisait.  Même quand il s’était enfermé dans le bunker, il savait ce qu’il faisait.

Cependant, s’il savait ce qu’il faisait là, certains des autres actes qu’il posait ne collaient pas trop avec l’image du panafricaniste dur que nous avions de lui.  En tout cas, certains d’entre nous.  Pour moi, un panafricaniste, et un historien de surcroit, n’aurait pas tant vilifié les autres pays voisins; il n’aurait surtout pas repris la théorie très xénophobique du concept de l’ivoirité et causer une grande partie de la population Ivoirienne de ne pas se sentir Ivoirienne.  S’il y a une notion à laquelle tout panafricaniste digne de ce nom doit adhérer, c’est qu’aucun Africain ne doit se sentir étranger en Afrique, à plus forte raison dans son propre pays.  En tant qu’historien – et donc connaissant l’histoire de la Côte d’Ivoire – et panafricaniste, aucune raison ne justifiait l’adoption de ce concept.

L’autre constat que j’ai fait, c’est que Gbagbo est toujours adulé au pays.  Tellement adulé qu’un débat objectif est impossible.  Tu es soit pro-Gbagbo et donc forcément anti-Ouattara ou pro-Ouattara et alors anti-Gbagbo.  Oui, les choses sont aussi black and white que ça.  On ne trouve pas de défauts à Gbagbo et on ne trouve pas que Ouattara travaille, sinon c’est la méfiance.  Bien sur, si tu tiens un tel langage et que tu es du nord, c’est normal; tu n’es qu’un Alassaniste.  Ne le savez-vous pas?  Alassane Ouattara, c’est pour les Dioulas.  Un clivage que je trouve bien dommage et lamentable, surtout quand des jeunes de mon age s’y mettent.

Autour d’un poulet kédjénou avec quelques amis, j’ai dit que je parlais très bien le Dioula.

“Ma soeur, sois délivrée!” a lancé l’une des personnes autour de la table.

Le reste de la table a ri.  Le cadre n’étant pas propice, j’ai laissé tomber.  Parce que j’avais voulu provoquer.  Je ne parlais plus très bien le Dioula mais je le comprenais toujours tout de même.  Ayant passé dix années de ma vie à Odienné dans le nord du pays, je me considérais, et je me considère toujours comme une Odiénnéka.  Pourquoi devrais-je maintenant taire cette partie de mon identité?  Pourquoi est-ce-que l’historien que tous les panafricanistes basés hors du pays acclament tant n’a pas fermé le fossé ouvert par l’ivoirité mais a plutôt contribué à son élargissement?

Aussi, il y a cet autre phénomène dont on voyait l’ampleur, même n’étant pas au pays.  Je veux parler du phénomène Blé Goudé.  Blé Goudé et ses jeunes patriotes ont dit des choses, trop de choses, des choses qui donnaient une image pas très intéressante des Ivoiriens.  Pour un pays avec une si forte immigration, nous étions devenus des racistes et des xénophobes.  Au lieu de patriotes, on était dévenu des chauvins, et personne n’aime les chauvins.  Mais les gars parlaient et le Chef de l’Etat ne disait rien.  C’était comme s’il cautionait leurs propos, surtout quand le Général de la Rue est dévenu le Ministre de la Jeunesse et des Sports.  Et puis les barrages!  Les barrages!  Pourquoi tant de contrôle?  Pourquoi tant de surveillance, diront certains?  Ah oui, parce que le pays n’était pas en sécurité.  Tout le monde se régardait en chien de faience.  Mais qu’est-ce-qui était à la base de ça?

Et donc, je me démande, qu’est-ce-que Gbagbo a fait, pour être si adulé?


Jeunesse Burkinabé, bravo, mais l’Harmattan Africain n’est pas pour maintenant

Blaise Compaoré n’est plus au pouvoir.  La jeunesse Burkinabé  en deux jours a réussi à le déloger, décidant qu’elle lui a accordé trop de chance.  L’heure au Burkina est maintenant à mettre en place une transition en attendant les elections.  Un ami me disait ce matin qu’un vent nouveau soufflait sur l’Afrique.  Peut-etre que oui, mais je ne crois pas que ce soit le vent de l’harmattan pour l’instant.

La société civile Burkinabé a fait un bon travail, tellement bon que Blaise Compaoré qui pensait pouvoir rouler son peuple dans la farine avec le même discours qu’il ne prenait même plus la peine de modifier a finalement démissionné.  Dépuis que Blaise avait commencé à faire savoir ses intentions, l’opposition avait aussi commencé à organiser des réunions pour appeler au respect de la constitution, surtout le fameux Article 37.  En effet, qu’est-ce-qu’il y a avec nos Chefs d’Etats Africains?

Selon certaines sources, le Président Hollande aurait écrit une lettre à Blaise Compaoré pour lui mirroiter un poste international s’il respectait la constitution.  Mo Ibrahim pensait avoir trouvé la formule parfait en instaurant le Prix Mo Ibrahim faisant ainsi d’une pierre deux coups: bonne gouvernance et donc le bien-être du peuple, et beaucoup d’argent pour le président qui prendra ainsi une retraite dorée.  Pah!  C’est sans connaître nos Chefs.  Voici maintenant trois ans que le prix n’a été décerné à aucun Chef d’Etat Africain.  Peut-être que les honneurs qu’ils recoivent pendant leurs présidences sont plus que ceux d’un quelconque prix, fut-il le prix d’un fils de l’Afrique?

En effet, quoique noble l’initiative de Monsieur Mo Ibrahim, ce ne sont ni les prix, ni les promesses de haute fonction dans des organismes internationaux qui emmèneront nos Chefs à respecter la constitution.  Non, ce qui les fera prendre note sera plutôt la mobilisation d’une jeunesse qui en a marre et qui sortira affirmer ce ras-le-bol.  La jeunesse Burkinabé l’a fait et Blaise est parti.  La jeunesse Sénégalaise l’avait aussi fait et a obtenu le départ de Abdoulaye Wade.  Et cela, sans compter avec les jeunes du Printemps Arabe.

Cependant, je pense qu’il est encore trop tôt pour parler d’un harmattan Africain.  En fait, le 29 Octobre, quand je disais à des amis que Blaise tomberait, ils ne m’ont pas cru.  Je ne veux pas donner l’impression que j’ai une boule de cristal; je veux plutôt montrer que beaucoup d’entre nous en Afrique subsaharienne préfère encore le status quo, soit parce que nous avons peur – qui veut mourir? – ou par égoisme – qui veut mourir?  La révolution de la jeunesse Burkinabé semble ne pas encore emballée certains esprits.  Il aurait été intéressant si toute la jeunesse Africaine se sentait impliquée dans ce combat; après tout, nous avons des présidents tellement calés dans leurs fauteuils que l’on ferait bien de se poser la question de savoir s’ils n’ont pas été entretemps collés là avec une de ces colles très fortes.  Mais on est assis et on examine avec un brin de pessimisme – Compaoré est out mais est-ce-que cela veut dire que l’après Compaoré sera du beurre? – ou du fatalism pur et simple.  J’ai lu un commentaire qui disait que personne n’était éternel et que Blaise partirait bien un jour.  Je pourrai même aller loin et dire qu’il y a un sentiment de “C’est un problème des Burkinabé seulement.”

Voilà donc le problème et voilà pourquoi l’Harmattan Africain ne sera pas pour maintenant.  A mon avis, nous n’avons pas encore compris que nos présidents ont plus peur de nous que nous n’avons peur d’eux.  Mon ami me disait ce matin que nos présidents réaliseront maintenant qu’on ne peut pas tout imposer à un peuple et ils feront donc attention.

Personnellement je pense qu’ils savent cela; c’est pourquoi ils ne font rien pour créer des conditions de vie adéquates pour leurs peuples.  Système de santé à deplorer sinon ils n’iraient pas en Europe se soigner tout le temps.  Système éducatif n’existant que de nom.  Cherté de la vie…  Tout est mis en oeuvre pour nous garder affamés physiquement pour qu’on ne pense pas à notre faim intellectuelle.  Quant à faire attention, c’est d’être aux aguets et réprimer un petit brin de mécontentement comme ce fut le cas en Ouganda lors du Printemps Arabe.

Mais, un vent nouveau souffle.  Ce n’est peut-être pas le vent de l’harmattan mais il peut bien être le vent qui précède l’harmattan.  Après tout, affamée ou pas, la jeunesse Africaine commence à en avoir marre et elle fait sentir ce mécontentement.  Donc encore une fois, bravo à la jeunesse du pays des hommes intègres et espérons que leur exemple serve.

 


Comment écrire sur l’Afrique

 

Mon coup de coeur en ce Dimanche pluvieux – Comment écrire sur l’Afrique ou How to Write about Africa, l’essai satirique de l’écrivain Kenyan Binyavanga Wainaina.

 Toujours utiliser le mot “Afrique” ou “Obscurité” ou “Safari” dans votre titre.  Les sous-titres peuvent inclure les mots “Zanzibar”, “Masai”, “Zoulou”, “Zambezi”, “Congo”, “Nil”, “Grand”, “Ciel”, “Ombre”, “Tam-tam”, “Soleil” ou “D’une autre époque”.  D’autres mots aussi utiles sont “Guérilla”, “Intemporel”, “Primaire” et “Tribal”.  Notez que le mot “Gens” est pour les Africains qui n’ont pas la peau noire tandis que “Les Gens” est reservé aux Africains à la peau noire.

J’ai lu cet essai pour la première fois dans Granta magazine et j’ai été épatée.  Je l’ai fait lire à tout le monde – y’a certains clichés quand il s’agit de l’Afrique quoi!  Par exemple, pourquoi les gens, et par là certains (je n’aime pas generaliser) Occidentaux disent toujours, “Quand j’étais en Afrique….”  Mais où en Afrique?

 

Malheureusement, le texte n’était pas écrit en Français.  Ce n’est qu’en causant littérature Africaine hier avec un ami et en parlant du fait qu’on a besoin de maisons d’éditions fortes sur le continent afin de publier nos autres histoires que l’idée m’ait venue de traduire l’essai de Binyavanga Wainaina pour qu’il comprenne mon besoin de maisons d’éditions fortes.  Pourquoi des maisons d’éditions fortes?  Combien d’écrivains Africains publiés uniquement sur le continent arrivent à vivre de leurs écritures?  Et la plupart du temps, ces écritures sont très bonnes.  Et puis aussi, ce serait intéressant d’établir un pont entre écrivains Anglophones, Francophones et Lusophones sur le continent pour partager nos connaissances et ressources.

 

Je vous laisse donc avec cet essai humouristique qui fait penser aussi.

 

Toujours utiliser le mot “Afrique” ou “Obscurité” ou “Safari” dans votre titre.  Les sous-titres peuvent inclure les mots “Zanzibar”, “Masai”, “Zoulou”, “Zambezi”, “Congo”, “Nil”, “Grand”, “Ciel”, “Ombre”, “Tam-tam”, “Soleil” ou “D’une autre époque”.  D’autres mots aussi utiles sont “Guérilla”, “Intemporel”, “Primaire” et “Tribal”.  Notez que le mot “Gens” est pour les Africains qui n’ont pas la peau noire tandis que “Les Gens” est reservé aux Africains à la peau noire.

N’ayez jamais la photo d’un Africain bien-adjusté sur la couverture de votre livre ou dans le livre, à moins que cet Africain ait gagné le Prix Nobel de la Paix.  Un AK-47, des côtes saillantes, une poitrine denudée: utilisez cela.  Si vous devez inclure un Africain, soyez sûrs d’en mettre un qui porte un costume Masai, ou Zoulou ou Dogon.

Dans votre texte, traitez l’Afrique comme si c’était un pays.  Il y fait chaud, y’a la poussière, les prairies, beaucoup d’animaux et de grandes personnes très minces qui sont affamées.  Ou bien c’est chaud et humide avec des gens très courtes qui mangent de la viande de brousse.  Ne vous souciez pas de donner des descriptions précises.  L’Afrique est immense: 54 pays, 900 millions de gens qui sont toutes occupées à être affamées et à mourir et à faire la guerre et à émigrer pour lire votre livre.  Le continent a des déserts, des jungles, des hautes terres, la savane mais votre lecteur s’en fout de tout cela; donc ayez des descriptions romantiques et évocatrices et pas vraiment particulières.

Assurez-vous de montrer que les Africains ont la musique et le rythme dans leurs âmes et mangent des choses que les autres êtres humains ne mangent pas.  Ne faites pas mention de riz ou de viande de boeuf ni de blé; la cervelle du singe est la cuisine préféré de l’Africain, avec la chèvre, le serpent, les vers et la larve et toutes sortes de viande de brousse.  Assurez-vous de montrer que vous êtes capable de manger ce genre de nourriture sans réchigner, et décrivez comment vous avez appris à aimer cette nourriture – juste parce que vous avez de la compassion.

Les sujets taboos: les scènes domestiques ordinaires, l’amour entre les Africains (à moins que la mort n’y soit inclue), des références  aux écrivains ou intellectuels Africains, références aux écoliers qui ne souffrent pas de fièvre Ebola ou de l’excision.

Tout au long du livre, adoptez une voix douce et amortie dans la conspiration avec le lecteur ainsi qu’un ton triste dans le genre Je m’attendais à tellement!  Établissez très vite que votre libéralisme est impeccable et mentionnez dès le début comment vous aimez l’Afrique, comment vous êtes tombé amoureux et ne pouvez pas vivre sans elle.  L’Afrique est le seul continent dont vous pouvez en tomber amoureux – prenez avantage de cela.  Si vous êtes un homme, enfoncez-vous dans ses chaudes forêts vierges.  Si vous êtes une femme, considérez l’Afrique comme un homme qui porte une veste de brousse qui disparait au coucher du soleil.  L’Afrique est à plaindre, à adorer ou à dominer.  Quelque soit l’angle que vous adoptez, assurez-vous de laisser l’impression que sans votre intervention et votre important livre, l’Afrique est foutue.

 

Vos charactères Africains peuvent inclure des guerriers nus, des serviteurs loyaux, des devins et des voyants, des vieux sages vivant dans une splendeur érémitique.  Ou bien des politiciens corrompus, des guides ineptes et polygames et les prostitués avec qui vous avez couché.  Le Fidèle Serviteur se comporte toujours comme un enfant de 7 ans et a besoin d’une main ferme; il a peur des serpents, est bon avec les enfants et vous implique toujours dans ses affaires domestiques compliquées.  Le Vieux Sage vient toujours d’une tribu noble (pas ces tribus friandes d’argent comme les Kikuyu, les Igbo ou les Shona). Il a des yeux chassieux et est proche de la Terre.  L’Africain Moderne est un homme gros qui vole et qui travaille dans le bureau des visas et réfuse de donner des visas de travail aux Occidentaux qualifiés qui aiment beaucoup l’Afrique.  Il est l’ennemi du développement, toujours entrain d’utiliser son poste de gouvernement pour rendre la vie difficile aux expatriés pragmatiques au bon coeur qui veulent créer des organisations non-gouvernementales et des centres écologiques.  Ou bien il a été éduqué à Oxford et est maintenant dévenu un politician tueur dans une veste Savile Row.  C’est un cannibale qui aime le Champagne Cristal et sa maman est une riche sorcière qui dirige vraiment le pays.

Parmi vos charactères, vous devez toujours inclure l’Africaine Affamée qui se promène dans le camp de réfugiés presque nue et qui attend la bénévolence de l’Occident.  Ses enfants ont des mouches sur leurs paupières et ont des ventres arrondis, ses seins sont plats et vides.  Elle doit apparaître complètement sans ressources.  Elle ne doit pas avoir de passé, ni d’histoire; ce genre de diversions ruinent le moment dramatique.  Les gémissements sont bons.  Elle ne doit jamais rien dire sur elle-même dans le dialogue sauf parler de sa souffrance (indescriptible).  Aussi, assurez-vous d’inclure une femme maternelle qui a un rire qui roule et qui s’inquiète pour votre bien-être.  Appelez-là juste Mama.  Ses enfants sont tous des délinquants.   Ces charactères doivent bourdonner autour de votre charactère principal, le mettant en exergue.  Votre héro peut les enseigner, leur donner le bain, les nourrir; il porte beaucoup de bébés dans ses bras et a vu La Mort.  Votre héro est vous (si vous faites un réportage) ou une belle et tragique célébrité internationale ou une aristocrate qui se soucie maintenant des animaux (pour une oeuvre fictive).

Les mauvais charactères Occidentaux peuvent inclure les enfants des ministres du cabinet du parti conservateur, les Afrikaners, les employés de la Banque Mondiale.  Quand vous parlez de l’exploitation par les étrangers, parlez des commerçants Chinois et Indiens.  Blâmez l’Occident pour la situation de l’Afrique, mais ne soyez pas trop spécifique. 

Les grands coups de pinceau tout le long sont bons.  Evitez d’avoir des charactères Africains qui rient, ou bien qui ont du mal à éduquer leurs enfants, ou bien qui se battent d’une manière ordinaire.  Montrez les entrain d’illuminer quelque chose à propos de l’Europe ou de l’Amérique en Afrique.  Les charactères Africains doivent être haut en couleur, exotiques et hors du commun mais ils doivent être vides en leur intérieur, sans dialogue, sans conflit ou résolutions dans leurs histoires, pas de profondeur ni de caprices pour confondre la cause.

Décrivez en détail les seins nus (jeunes seins, vieux seins, les seins conservateurs, les seins récemment violés, les gros seins, les petits seins) ou les organes génitaux mutilés, ou les gros organes génitaux.  Ou tout type d’organe génital.  Et les corps sans vie.  Mieux encore les corps nus sans vie.  Mieux encore, les corps nus pourris sans vie.  Rappelez-vous que tout travail que vous soumettez dans lequel les gens sont sales et misérables sera référencé comme étant la “vraie Afrique”, et vous voulez cela sur la couverture de votre livre.  Ne soyez pas écoeuré par cela: vous êtes entrain de les aider à obtenir de l’aide de l’Occident.  Le grand taboo quand on écrit sur l’Afrique c’est de montrer des Blancs morts ou des Blancs qui souffrent.

Les animaux au contraire, doivent être traités comme des charactères bien formés et complexes.  Ils parlent (ou grognent pendant qu’ils jettent leurs crinières fièrement) et ont des noms, des ambitions et des désires.  Ils ont aussi des valeurs familiales: regardez comment les lions éduquent leurs enfants?  Les éléphants sont soucieux, et sont de bonnes féministes ou des patriarches dignes.  De même que les gorilles.  Ne dites jamais, jamais un mot négatif sur un éléphant ou un gorille.  Les éléphants peuvent attaquer la propriété des gens, détruire leurs récoltes ou même les tuer.  Prenez toujours parti pour l’éléphant.  Les grands chats ont l’accent des écoles privés.  Les hyènes sont des cibles légitimes et ont un vague accent Arabe.  Tout Africain de petite taille qui vit dans la jungle ou dans le désert peut être portrayé avec bonne humeur (à moins qu’il soit en conflit avec un éléphant ou un chimpanzé ou un gorille, dans ce cas là, il est un pur méchant).

 

Après les célébrités activistes et les travailleurs humanitaires, les écologistes sont les personnes les plus importantes en Afrique.  Ne les offensez pas.  Vous avez besoin qu’ils vous invitent dans leurs ranchs, ou “centres écologiques” et ceci est la seule manière dont vous pouvez interviewez la célébrité activiste.  La plupart du temps, la couverture d’un livre avec un écologiste apparemment héroique fait des magies pour la vente d’un livre.  Toute personne Blanche et bronzée portant un khaki et ayant eu une fois une antilope pour animal domestique ou une ferme est un écologiste; une personne qui préserve le riche héritage de l’Afrique.  Quand vous l’interviewez, ne lui démandez pas combien de financement il ou elle a; ne leur posez pas de questions sur ce qu’ils gagnent sur leurs animaux.  Ne leur démandez jamais combien ils payent leurs employés.

Les lecteurs seront deçus si vous ne mentionez pas la lumière en Afrique.  Et les couchers de soleil!  Le coucher de soleil Africain est important.  C’est toujours grand et rouge.  Il y a toujours un grand ciel. Les grands espaces larges et la chasse sont critiques – l’Afrique est la Terre des Grands Espaces Larges.  Quand vous écrivez sur la situation désespérée de la flore et de la faune, assurez-vous de mentionner que l’Afrique est sur-populée.  Quand votre charactère principal est dans le désert ou la jungle et vivant avec les indigènes (toute personne courte), il est OK de faire mention du fait que l’Afrique a été sévèrement dépopulée par le SIDA et la Guerre (utilisez la majuscule).

Vous aurez aussi besoin d’un nightclub qui s’appelle Tropicana où les mercenaires, les méchants nouveaux riches Africains, les prostitués, les guérilleros et les expatriés se rétrouveront.

Finissez toujours votre livre avec une citation de Nelson Mandela sur l’arc-en-ciel et les rénaissances.  Juste parce que vous vous souciez.

 


Hey Chrétiens Africains

En tant que Chrétienne, quand tu entends les statistiques du genre, “1 sur 4 Chrétien vit en Afrique”, tu es content.  Tout simplement parce que tu te dis, mais si ces Chrétiens là appliquent seulement la parole de Jésus qui dit “Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre”, mais l’Afrique ira de l’avant.  Ce sera la révolution quoi!  On priera pour nos présidents comme la Bible le récommende mais ils ne pourront plus nous dire des bêtises parce qu’on leur demandera des comptes.

“Jeunes du pays, venez nombreux à l’aéroport acceuillir votre président”, un membre du gouvernement le dira mais les jeunes n’iront pas.  Ils demanderont plutôt que des emplois soient crées – que leurs diplômes soient réconnus.

“Offrez vos poitrines pour défendre votre pays” et ils voudront connaître les moindres details de la gestion du pays avant de se sacrifier ainsi.

En tout cas, je me suis dis que si un sur 4 Chrétien vit en Afrique, l’esprit de peur qui nous anime quittera en nous.  Après tout, Dieu ne nous a pas donné un esprit de peur.  Mais je suis revenue et j’ai fais un constat.  Un Chrétien sur 4, mais quel genre de Chrétien?

Avant que je n’aille plus loin, je ne veux pas faire dans la généralisation.  Bien sur qu’il y a des Chrétiens qui vivent pleinement leurs fois mais ce que j’ai constaté dépuis que je suis de retour est cette pléthore d’églises, de grands temples aux petites églises de quartier.  Les pasteurs pillulent comme des mouches, les séances de prière à n’en point finir pillulent aussi.  Et puis pourquoi les fidèles de ces églises-là crient tant?  Dieu serait-il sourd?  Ou bien on regarde les conditions dans notre très chère Afrique et on se dit que Dieu doit être sourd et aveugle.  Mais un ami l’a si bien expliqué dans un post qu’il a écrit.

“Avec toutes les resources que je vous ai donné, Afrique, pour quoi vous me priez encore?”

Donc moins de bruit, parce que c’est que du bruit.  Ou bien?  C’est pas en criant, “Je renonce au chômage” à tu-tête que le chômage s’éloignera de toi.  Va chercher du boulot.  Parce que j’ai pas encore vu dans la Bible que Dieu aime les paresseux.  Moins de bruit donc – moins de paresse; travaillons plutôt.  Parce que quand on voit des statistiques du genre de 40% de la population Ivoirienne ou 70% de Camérounais s’identifie comme étant Chrétienne, tu te demandes bien dans quel coup avec l’état de ces pays.


Retour au bercail

Parce qu’on n’est jamais mieux que chez soi.  En tout cas, c’est ce qu’on dit, mais je me demande bien combien sont ces retournés qui peuvent vraiment dire cela.  Ou bien, s’ils le disent, ils doivent élaborer la-dessus.  Par là, je veux parler des bons côtés mais surtout, et oui surtout des mauvais côtés.

Personne ne parle jamais des mauvais côtés.  Dépuis que le concept de “l’Afrique qui bouge” est rentré dans le parler populaire, c’est comme si les maux du continent Africain avait été gommés.  Les médias nous montrent la vie de ces jeunes Africains diplômés des universités Européennes ou Américaines qui réviennent au bercail et ont soit du boulot dans une grosse boîte  – pas pour eux, les taux de chômage élévés qui semble être le lot de cette autre jeunesse Africaine, elle aussi diplômée.  Ou bien , ils créent leurs propres boîtes tout simplement.  Ces retournés parlent de cette vie au bercail où il n’y a pas de stress, où l’on a le temps de rendre visite à sa famille et ses amis, où l’on a l’impression de remplir une mission car participant au developpement du continent.  Oui, les difficultés sont mentionnées – brièvement mais c’est une histoire de ferme les yeux et tu rates cela.  C’est l’optimisme que l’Afrique est vraiment là où il faut être que tu retiens.

Mais, mais, il y a le revers de la pièce.  Laissez moi vous dire que tout n’est pas aussi rose.  Revenir, c’est pas pour les flêkês, les faibles comme on le dit ici en Côte d’Ivoire.  Je suis certaine que les retournés mentionnés plus haut existent, mais moi je parle de mon expérience et de l’expérience de ceux avec qui j’ai échangé.  Pour retourner, il faut être fort dans la tête.  Ah oui, hum!  Les questions du genre, “Pourquoi tu es revenue?”, “Pourquoi tu n’as pas pris un Blanc là-bas?”, “Le pays est dur, hum!”  Et puis y’a la famille qui te regarde comme si tu as perdu la tête et qui ose meme te dire que tu as perdu la tête.  Les gens qui connaissent très bien les opportunités du pays que tu as quitté bien que n’ayant jamais été.  Les gens à qui si tu fais le malheur de leur dire le salaire que tu gagnais là-bas vont faire sortir leur calculatrice et calculer le taux de conversion pour ensuite te regarder comme si tu souffrais de troubles psychologiques.

Mes chers amis, c’est pas aussi facile et fabuleux qu’on veut nous le faire croire.  Y’a qu’à voir les tragedies de Lampedusa pour s’en rendre compte.  Parce que oui, l’Afrique c’est le future, mais l’Europe reste encore le présent.


Les primes ont-elles tué les équipes africaines?

BILLET D’HUMEUR | C’est devenu une – mauvaise – habitude : à chaque Coupe du monde, les sélections africaines se déchirent autour de la question des primes. Et c’est logiquement leurs performances sur le terrain qui font les frais de ces polémiques. (Crédit photo : 2bgr8, Wikimedia Commons)

Une autre Coupe du monde, et un autre problème de primes de joueurs des équipes africaines.  Cette année, trois sélections – le Cameroun, le Nigeria et le Ghana – participant au Mondial discutaient toujours du paiement de leurs primes à la veille d’importants matchs.

Le Cameroun même aurait refuser de prendre l’avion pour le Brésil.  Quant au Ghana et au Nigeria, les responsables de leurs fédérations respectives ont été obligés de se rendre au pays pour envoyer l’argent aux joueurs.  Et de l’argent en liquide !  Comme quoi, les joueurs n’ont aucune confiance en leurs dirigeants.  Bien que du côté ghanéen, le sélectionneur Kwesi Appiah a affirmé que cette pratique de transporter de l’argent en liquide était tout à fait normal : tous les joueurs n’ont un compte bancaire, a-t-il tenté de nous convaincre.  Mais on peut d’émettre un grand hum.

L’exemple du Zaïre

Hum en effet.  Tout le monde sait que la FIFA débloque l’argent bien avant le démarrage de la compétition. Alors pourquoi l’argent n’est-il jamais débloqué à temps au niveau national ?  Pourquoi est-ce-que pendant tous les matchs, on doit gérer cette affaire de primes ?

Souvenez-vous du Zaïre en 1974.  Malgré tout ce que Mobutu avait promis aux joueurs – maisons, boulots de complaisance dans l’administration et bien sûr, primes – rien n’avait été respecté et pourtant, les joueurs ont fait ce qu’ils avaient à faire.  Non, eux n’ont pas boycotté un entraînement et ont joué avec abnégation sur le terrain. Ils ont malgré tout été battus, d’abord par les Yougoslaves 9 -0 et finalement par les Allemands 3-0.

Parce que oui, c’est bien beau de dire que les joueurs touchent de grosses sommes à l’étranger et donc qu’ils devraient laisser tomber cette affaire de primes.  Après tout, depuis quand le prompt paiement des primes et même la promesse de la doubler font mouiller le maillot à ceux qui n’ont aucunément l’intention de le faire ? Les Eléphants de Côte d’Ivoire, c’est vous que je regarde.

Mal payés, mal transportés, mal logés

Cette année, on a beaucoup parlé des Grecs qui ont renoncé à leurs primes mais ont demandé à leur gouvernement de construire un centre d’entraînement pour l’équipe nationale.  C’est bien beau mais tout le monde n’a pas les memes réalités.

Si les Grecs étaient habitués à être doublés par leur gouvernement, eux aussi n’auraient pas été si bénévolents.  Parce que affaire de primes mise à part, le milieu de l’equipe du Ghana, Kevin-Price Boateng commentait par exemple qu’ils avaient été transportés au Brésil en classe éco.  Juste avant le match qui les opposait aux Etats-Unis, ils avaient dormi dans des chambres où l’eau coulait.

Donc avarice dans le déplacement et l’hébergement des joueurs, lenteur dans le déblocage des primes – que seule la menace débloque – et quelquefois même primes carrément impayées.  Dans ce genre de circonstances, pourquoi le jeu Africain ne mourrait-il pas ?

Edwige-Renée DRO, Observatrice de France 24 à Abidjan, en Côte d’Ivoire


Côte d’Ivoire : supporter ivoirien, as-tu du coeur ?

BILLET D’HUMEUR | A écouter de nombreux commentateurs, la raison pour laquelle les Eléphants ne vont jamais loin, c’est parce qu’il y aurait trop de pression sur leurs épaules. Du coup cette année, leurs supporters se sont résignés, et semblent suivre les exploits de leurs joueurs favoris sans grande attente.

Didier Drogba. L’espoir d’un continent, l’espoir d’une génération, celui dont le nom est sur toutes les lèvres, dans tous les esprits. Mais qui ne supporterait pas la pression d’un Mondial, comme ses 22 coéquipiers.

Ayant retenu l’expérience des précédentes CAN et Coupes du monde, les Ivoiriens se sont résignés. Pour ce Mondial brésilien, ils ont décidé de laisser les joueurs tranquilles. « Allez-y sans pression !« , semblaient dire beaucoup dde supporters des Eléphants samedi, pour le premier match de leur équipe. L’engouement des années précédentes s’est évaporé cette année.

Des supporters présents, mais moins motivés…

Bien sûr, comme on le dit, les Ivoiriens aiment chauffer, donc il y avait du monde dans les maquis et bars, les écrans géants étaient positionnés pour la rencontre face au Japon. Mais les clients étaient là parce qu’ils fallaient être présents, mais la motivation n’était pas la même que par le passé…

Beaucoup sont même restés à la maison et la réponse à la question, “Tu regardes le match ?”, on entendait souvent la réponse : “Si je suis débout, ma chère.”  Certains te regardaient même comme si tu leur avais demandé de tuer leur grand-mère…

Découragement n’est pas ivoirien

Espérons que les Éléphants ne donnent pas plus de poids à ce manque d’engouement parce que le premier match était laborieux. Si en fin de compte le score a été positif, ils ont eu beaucoup de mal à conserver leur avantage.

Mais découragement n’est pas Ivoirien  et après les deux buts, les supporters étaient vraiment heureux.  Ce jeudi sera le bon jour.  Le match contre la Colombie est à 16 heures donc ça bougera dans les maisons, les quartiers, les bars et maquis.

Allez les Éléphants!!!!


Côte d’Ivoire : « Les supporters ivoiriens, des masos ? »

Au Brésil, les Eléphants seront très attendus par leurs supporters (Crédit photo : manbeastextraordinaire, Flickr/CC)
Au Brésil, les Eléphants seront très attendus par leurs supporters (Crédit photo : manbeastextraordinaire, Flickr/CC)

Parfait Kouassi, le président du comité national de soutien à l’équipe de Côte d’Ivoire, a demandé aux supporters des Elephants d’être « maso » pour encourager leur équipe. Un terme qui a fait bondir Edwige Renée-Dro, à Abidjan.

Pendant le lancement de campagne de soutien aux Eléphants, M. Parfait Kouassi, président du comité national de soutien aux Eléphants (CNSE), a exhorté les quelques 50 supporters qui seront au Mondial – ainsi que nous qui serons à la maison ici en CIV- d’être des supporters maso.  Hey !  Moi qui pensais qu’on choisissait si on était maso ou sadiste, quel nouveau Cinquante nuances de Grey M. Parfait Kouassi veut écrire encore ici?

Je le comprends tout de même.  On ne sait pas ce que Drogba et ses co-équipiers nous réservent cette année : ils ne nous ont pas fait de cadeaux les années passées, mais comme on le dit ici en Côte d’Ivoire, découragement n’est pas Ivoirien.  Parce que si c’était Ivoirien, qui allait rester débout pour regarder le match amical contre la Bosnie pendant lequel nous avons été massacrés ?

La Côte d’Ivoire veut aller loin… mais si les Ivoiriens ne savent pas où c’est

À moins que l’exhortation que M. Parfait a lancé aux féticheurs, marabouts et autres ait été incomprise.  Ou alors les féticheurs ainsi que nos pachydermes ont décidé qu’étant donné que le match contre la Bosnie était un match amical, il ne fallait pas montrer toute leur puissance.  En tout cas, on espère que c’ette explication est la bonne parce que cette année là, on veut aller loin.  On ne sait pas où loin est, mais on veut aller là-bas.

Entretemps, nous serons les supporters maso que M. Parfait Kouassi veut qu’on soit.  Est-ce-qu’on n’a pas montré cela par le passé ?