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Les Tunisiens unis contre le terrorisme

source: Site web Mosaîque FM
Source: Site web Mosaîque FM

Après l’attaque de Bardo qui a fait 22 morts le 18 mars, les Tunisiens se mobilisent aujourd’hui contre le terrorisme. Une marche a commencé à 11 heures (heure locale) à « Bab Saadoun » à Tunis en direction du  musée de Bardo.

Tous les partis politiques tunisiens sont présents à l’exception du Front populaire qui refuse de participer en présence du parti islamiste « Ennahdha » qui a contribué les trois dernières années à la propagation du terrorisme.

Parmi les participants internationaux à cette marche : le président français François Hollande, le président palestinien Mahmoud Abbas, mais aussi des hauts responsables politiques d’Algérie, de l’Italie de l’Espagne et aussi de l’Union européenne.

Les Tunisiens sont tous unis pour dire non à cette vague de terrorisme, pour dire non à ces imbéciles sans cervelle qui prétendent défendre le Bon Dieu.

La marche était extrêmement émouvante avec le drapeau de la Tunisie qui nous unit tous, peu importe notre idéologie ou notre parti politique préféré, gauche ou droite peu importe, la Tunisie doit être au centre du cœur de chacun de nous. J’ai trop apprécié la présence massive des enfants avec les drapeaux à la main. Ils représentent l’espoir d’un avenir meilleur pour la Tunisie. C’est pour eux qu’on doit protéger notre cher pays, c’est pour eux qu’on doit rester unis.

Une stèle a été inaugurée par le président tunisien Béji Caïd Essebsi comportant les noms de toutes les victimes de l’attentat du Bardo. Ces innocents qui ont été tués sous notre ciel bleu.

source : www. Businessnews.com.tn
source : www. Businessnews.com.tn

Le lapsus du président tunisien

En voulant remercier le président français pour sa présence et sa solidarité avec le peuple tunisien, le président tunisien a confondu François Hollande et François Mitterrand. Heureusement, le président tunisien a le sens de l’humour et s’est excusé rapidement en faisant même une petite bise au président français.

Le terroriste qui a dirigé la tuerie de Bardo tué hier soir

Les Tunisiens ont appris avec soulagement la mort de 9 terroristes dans la soirée du 28 mars à « Sidi Yaîch » dans le gouvernorat de Gafsa. Les terroristes ont été abattus par la garde nationale lors d’une opération des forces spéciales. Parmi les tués, il y a le nommé « Lukmane Abu Sakhr » l’un des  terroristes les plus dangereux et qui était derrière une multitude d’attaques terroristes.


Soufi, mon amour

 

« Soufi, mon amour » est le meilleur roman que j’ai lu depuis des années. Il représente ma première découverte de l’écrivaine Turque « Elif Shafak ».

C’est un roman qui vous permet de voyager au plus profond de vous-même. En fait, il s’agit plutôt de deux romans en un seul, une cohabitation magnifique de deux histoires passionnantes. L’histoire contemporaine se déroule, en 2008, entre Ella qui habite à Massachussetts et Aziz un écrivain des Pays-Bas. La deuxième histoire se déroulait à Kony, en Turquie en 1242 ; il s’agit d’une histoire d’amitié et d’amour profond qui reliait le poète « Rûmi » avec le plus célèbre derviche du monde musulman, « Shams de Tabriz ».

L’écrivaine « Elif Shafak » a réussi d’une manière très habile et même magique de nous faire voyager à travers des siècles. Elle fait l’aller et le retour entre ces deux dates d’une manière qui vous fait découvrir qu’enfin de compte l’être humain est le même que ce soit au 13ème ou au 21ème siècle, que sa quête la plus difficile c’est sa quête de lui-même.

« Est, Ouest, Sud, ou Nord, il n’y a pas de différence. Peu importe votre destination assurez-vous seulement de faire de chaque voyage un voyage intérieur. Si vous voyagez intérieurement, vous parcourez le monde entier et au-delà. »

Les choix de ces deux dates par l’écrivaine est loin d’être arbitraire. En fait le 13ème siècle était parmi les siècles les plus sanglants dans l’histoire alors que Bagdad, Damas et d’autres pays arabes étaient menacés, les massacres étaient partout, personne ne sait pourquoi il tue l’autre. Aussi, le 21ème siècle,  des terroristes tuent leurs frères en humanité au non de Dieu ! On a vraiment besoin d’un tel roman qui nous enseigne un des meilleurs principes de toutes les religions : l’amour tout simplement.

Ce roman permet de savourer le vrai amour de Dieu,  cet amour qui se manifeste dans tout ce qui nous entoure. Il faut juste avoir un cœur bien éveillé pour remarquer l’amour de Dieu qui nous comble et surtout de refléter cet amour vers les autres.

Ce livre permet de se poser des questions… des questions sur notre vie, notre passé, notre avenir et surtout permet de découvrir la manifestation de l’amour de Dieu partout.

Tout au long de ce roman « Elif Shafak » a donné 40 règles de religion et d’amour qui permettent de voir la vie autrement, de la parcourir à travers la découverte de nous même. Elle nous permet de découvrir que parfois on se rend compte que nous avons passé à côté de notre vie, à côté de nous même…

A ce moment là, choisir sa nouvelle vie est à la fois difficile et passionnant.

 « Quoi qu’il arrive dans la vie, si troublant que tout te semble, n’entre pas dans les faubourgs du désespoir. Même quand toutes les portes restent fermées, DIEU t’ouvrira une nouvelle voie. Sois reconnaissant ! Il est facile d’être reconnaissant quand tout va bien. Un Soufi est reconnaissant non pas pour ce qu’on lui a donné, mais aussi pour ce qu’on lui a refusé.»


Bien profiter des Soldes !

I <3 Soldes by Antoine Robiez, via Flickr CC

Je souviens très bien du premier jour des soldes que j’ai passé en France cela fait 2 ans. Je me suis réveillée tôt pour me préparer aussi bien physiquement que mentalement pour ce jour tant attendu. J’ai pris un petit déjeuner digne d’une journée de combattante. En fait, il faut que chaque minute de la journée soit bien exploitée, passer 15 minutes à manger quelque chose au cours de la journée, ceci est en soit une grande perte de temps et peut être un de mes articles préférés  sera acheté alors que moi je suis entrain de manger…

J’ai décidé de commencer par acheter des produits cosmétiques et un parfum d’une grande marque. J’ai choisi une fameuse chaîne de magasins que je connais très bien (c’est -à -dire je connais très bien les places de tous les produits). A ma grande surprise, j’ai trouvé déjà une centaine de femmes qui attendent, waw ! Il faut donc avoir une stratégie d’attaque pour pouvoir acheter tous mes articles préférés avant mes rivales.

L’heure tant attendue est arrivée 1, 2, 3 je fonce, je dois être rapide, efficace, savoir bien comparer les prix, bien choisir… Ah mon Dieu que c’est difficile de bien profiter des soldes !

J’ai commencé par aller directement au rayon de la fameuse marque de parfum pour acheter le flacon de 50 ml …Il n’existe plus ! Quelle déception ! Mais quand même je dois réagir rapidement et changer de stratégie, Il n’est plus temps de se lamenter. Je vais commencer à chercher mes autres articles préférés.

La palette « Chocolate bar »,  ce fameux maquillage qui est toujours en rupture de stock, voilà je le trouve, Super ! Je dois bien respirer maintenant et essayer d’acheter le gel douche à l’odeur de framboise, le lait de corps, la crème pour les mains, la crème de jour, la crème de nuit, le soin anti-cernes, le blush, le gloss  ah et la liste est encore longue ! Je dois faire vite. Mais il paraît qu’il ne reste pas grand-chose de tout ce que je cherche, plusieurs rayons sont déjà quasi vides. Après avoir terminé mes achats, j’ai resté une demi heure à attendre pour payer mais ce n’était pas trop ennuyeux puisque j’ai profité pour regarder les paniers de mes rivales et de comparer nos achats.

J’ai fait encore le parcours de quelques autres magasins et j’ai acheté des choses dont je n’ai nul besoin. Après, j’ai rentré chez moi souriante en faisant semblant de bien profiter des soldes et de faire des bonnes affaires qui seront le sujet de mes discussions avec mes copines les jours à venir.

En rentrant chez moi, j’ai commencé à faire la somme de mes dépenses de cette première journée des soldes, la conclusion est évidente : j’ai trop dépensé pour des trucs sans grande importance…

Je me suis dit si ma grand-mère est encore vivante, comment sera sa réaction ? En effet,  pour elle, il suffit juste d’avoir de l’huile d’olive, du miel et du citron à la maison et on peut faire des merveilles pour la peau et les cheveux. En hiver, quand un membre de la famille souffre de la toux elle lui suggère de boire une petite cuillère de l’huile d’olive mélangée avec quelques gouttes de citron et une petite cuillère de miel le matin et tout ira très bien.

J’étais un peu anxieuse, oui, il faut l’avouer, j’ai dépensé trop d’argent pour ces produits cosmétiques. Je ne pense pas que Cléopâtre la reine d’Egypte ou Elissa la reine de Carthage avaient un tas de crèmes et de produits cosmétiques. Même ma grand-mère, elle avait une petite boite dans laquelle il y avait tout ce qu’elle a besoin.

Je pense que nous, les femmes du XXIème siècle, on dépense trop d’argent pour notre beauté. Mais le dilemme que des recherches prouvent chaque jour que ces produits contiennent des substances très néfastes pour notre santé. Un jour j’ai lu un article qui décrit ces produits cosmétiques comme la source principale des cancers.

Je me suis dit aussi que si les femmes restent naturelles et laissent les hommes découvrir leurs vrais visages sans maquillage ne sera pas mieux aussi bien aux hommes qu’à nos épargnes nous les femmes. Mais toutes ces femmes qui ont les visages pleins des traces des années pourquoi ne pas rester naturelles et assumer tout simplement leurs âges ? En effet, toute femme est belle : la beauté est plutôt une question d’attitude.

Après quelques minutes de réflexion ou plutôt de tiraillement intérieur, je me suis dit, pourquoi je complique trop la vie ? Je vais oublier pour une fois mon côté intellectuel qui veut tout analyser, critiquer, comparer… et je vais profiter des soldes…

J’ai ouvert donc mon ordinateur, j’ai acheté encore quelques articles sur un site qui offre 70%. Après, j’ai dormi paisiblement en faisant semblant de bien profiter des soldes…


Le 14 Janvier, peut-on oublier une telle date ?

Sarah Caîd/ 2011
Sarah Caîd/ 2011

Le 14 Janvier 2011, une date inoubliable pour les tunisiens. Cette date va marquer pour toujours ce petit pays au grand peuple. Je suis fière d’appartenir à la génération de la révolution tunisienne et je suis certaine que cette tranche de mon existence va me marquer pour toujours. Tout a commencé le 17 décembre 2010 à la ville de « sidi Bouzid » à  100 m de chez moi. « Mohammed Bouazizi » , un vendeur ambulant, s’est immolé un vendredi après midi. A partir de ce jour, la colère a envahi les tunisiens. Une puissante bouffée de révolte et de courage a monté dans les cœurs des tunisiens. Je n’ai jamais pensé que nous les tunisiens on est capables de se révolter, on est par nature un peuple qui aime la paix et notre histoire de 3000 ans le prouve. Mais  on est devenu soudain tous courageux, on a demandé la liberté, la démocratie, la dignité. Des centaines de jeunes ont été tués par la police mais personne n’avait peur. Chaque fois qu’un jeune est tué, les autres deviennent plus courageux. La mort ne nous fait plus peur, par contre on veut tous mourir pour défendre la liberté des autres, cette mort est devenue une sorte de fierté.

Du 17 décembre 2010  jusqu’à le 14 janvier  2011, les émeutes ont envahi tout le pays. Le 14 janvier 2011 Ben Ali l’ancien président s’est enfui en Arabie Saoudite et il est encore là bas jusqu’à nos jours. A partir de cette date, une nouvelle ère a commencé en Tunisie. Il y avait des époques sombres dans lesquelles les salafistes radicaux ont voulu s’attaquer à la révolution, d’autres moins sombres dans lesquelles la Tunisie s’est divisée entre laïques et islamistes, d’autres beaucoup plus joyeuses avec des élections réussies et avec un pays qui a mis le premier pas dans le parcours de la démocratie. Enfin on a assisté à un vrai printemps arabe en Tunisie qui fait entrer le soleil à flots.

Je t’aime ma chère Tunisie et je suis fière d’être tunisienne.

Obama: yes we can

Tunisian: yes we do

une vidéo qui marque les moments forts de la révolution tunisienne

 


Je suis Charlie, certes, mais pas seulement…

Je suis Charlie, certes, mais je suis aussi tout citoyen du monde torturé et menacé pour son avis ou sa religion. Je suis Ahmed Mrabet le policier d’origine algérienne tué pour protéger Charlie. Je suis Yoav Hattab le jeune Tunisien mort dans la prise d’otages à Paris. Je suis un enfant syrien gelé jusqu’à la mort en gelant avec lui les mains de la presse. Je suis un réfugié qui souffre en silence. Je suis Sofiène Chourabi et Nadhir Gtari les deux journalistes tunisiens détenus en Libye depuis 4 mois. Je suis un villageois nigérien qui a vécu en silence et qui a été massacré en silence sans qu’aucun chef d’Etat n’ai fait un pas et non pas toute une marche. Je suis une femme irakienne yazidi enlevée violée et vendue par Daech. Je suis un blogueur saoudien Raef Badawi  flagellé et condamné à 10 ans de prison pour avoir eu le courage de s’exprimer. Je suis un enfant palestinien qui souffre en silence en voyant son pays glisser sous ses pieds et qui utilise des pierres pour faire face à des armes lourdes. Je suis une jeune fille nigérienne enlevée et assassinée pour avoir été dans  un lycée. Je suis un lycéen pakistanais tué sans pour autant faire la Une des journaux toute une semaine. Je suis un juif qui se sent en perpétuel danger. Je suis un musulman frappé et martyrisé à mort en Birmanie. Je suis un soldat tunisien décapité par les terroristes. Je suis un citoyen du monde qui refuse qu’un être humain soit jugé, menacé ou tué à cause de son avis, de sa religion, de son athéisme, de son crayon. Je suis citoyenne du monde, je suis musulmane, je suis arabe, je suis tunisienne et je dis NON au terrorisme.

Une petite pensée particulière pour Yoav et Ahmed.

Ahmed Mrabet
Ahmed Mrabet
Yoav  Hattab
Yoav Hattab


« Assida zgougou » un vrai délice typiquement tunisien !

Le 3 Janvier 2015, on a fêté en Tunisie, comme tous les pays musulmans, la fête du « Mouled » (la fête qui commémore la naissance du prophète Mohamed que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). A l’occasion de cette fête, on prépare un dessert  très délicieux qui n’existe nulle part dans le monde.

Le dessert  s’appelle « Assida zgougou », c’est une sorte de crème qu’on la prépare à la base des graines de pin d’Alep. Pour préparer cette crème, on utilise de l’eau, de la farine et du sucre et bien sûr les fruits secs pour la garniture.

Ce dessert a été inventé par les tunisiens à la fin du XIXème siècle. En effet, avant cette date les tunisiens préparent « Assida » (une sorte de crème) à la base de la farine et du blé. Mais, à partir de 1864, il y avait des années de sécheresse dans le pays et donc le blé et la farine sont devenus de plus en plus rares. Il y avait donc un(e) génie qui a remarqué l’abondance des arbres de pin d’Alep au Nord de la Tunisie et a eu l’idée magique d’utiliser les graines de pin d’Alep à la place du blé. Depuis cette date, « Assida zgougou » est devenu un dessert trop délicieux que tout le monde adore et qui est typiquement tunisien.

Mais malheureusement, ces dernières années, ce dessert est devenu trop cher pour les pauvres. Le kilogramme des graines de pin d’Alep a grimpé, sans oublier les fruits secs qui sont devenus trop chers pour les plus démunis. Cette crème a été  inventée par les pauvres, au XIXème siècle pour remplacer le blé devenu trop cher mais malheureusement se sont les pauvres qui ne peuvent pas y accéder au XXIème siècle.

Si vous visitez un jour la Tunisie, n’oubliez pas de goûter cette délicieuse crème.

graines-pin-alep

 

 


Il « beige » en Tunisie

neige1

Le 31 décembre 2014 était une journée très particulière pour tous les tunisiens pour une raison simple : « il beige » en Tunisie.

« Beiger » c’est un verbe inventé par les tunisiens pour décrire deux évènements exceptionnels, heureux  et rares en Tunisie. En effet, d’un coté, Le premier président de la deuxième république tunisienne, « Béji » Caïd Essebsi, a prêté serment à l’assemblée des représentants du peuple, devant les députés (c’est un moment historique dans le parcours démocratique tunisien). De l’autre coté, il «neige » dans plusieurs régions de la Tunisie (la neige pour nous c’est un évènement rare qui s’accompagne souvent de joie et d’optimisme).

Donc tout court, « il beige » en Tunisie et j’en suis vraiment heureuse.


Connaissez-vous le vrai sens du mot souffrance ?

Réfugiés Syriens par Freedom House via Flickr CC
Réfugiés Syriens par Freedom House via Flickr CC

Chacun d’entre nous a sa propre conception de la souffrance. Certains souffrent parce qu’ils ne trouvent pas de quoi nourrir leurs enfants, d’autres souffrent parce qu’ils n’ont pas suffisamment d’argent pour acheter un iPhone 6. Une femme souffre car son fils est tué par des terroristes alors qu’une autre souffre pour l’apparition des premières rides. Un enfant souffre parce qu’il est seul dans la cours de l’école alors qu’un autre souffre parce qu’il est seul dans le monde.

La souffrance est un phénomène très dépendant de la zone géographique dans laquelle on se situe.

« La coupe des souffrances n’a pas la même taille pour tout le monde » Paulo Coelho

Pour moi, la souffrance c’est voir les infos, voir les guerres civiles qui déchirent les pays, voir les terroristes qui tuent des innocents, voir les autres souffrir alors que je suis incapable de les aider.

D’habitude je ne tarde pas trop sur les infos qui concernent tout se qui se passe en Syrie. Ce n’est pas par insouciance mais parce que je n’arrive pas et je n’arriverai jamais à croire que la révolution en Syrie s’est transformée en un cauchemar et que les corbeaux ont noircit le ciel bleu du « Bilad el-Cham ». Je veux toujours garder cette image en couleur de « Damas », « Alep » et « Tartous ». Ces villes que je n’ai jamais visitées mais que j’ai tant rêvé de visiter…

Un soir, sans vouloir, je me suis tardée sur cette mauvaise nouvelle :

Faute de fonds, le programme alimentaire mondial des nations unies, a suspendu sa livraison de bons d’alimentation à 1,7 million de réfugiés syriens. Des conséquences catastrophiques sont à prévoir, surtout au Liban et en Jordanie où l’hiver est rude et les enfants sont pieds nus.

Sans me rendre compte, j’ai commencé à voir les photos des réfugiés une à une, d’une manière automatique, alors que je suis bien au chaud, dans ma chambre, dans mon quartier tranquille, alors que je suis en train de boire un café turc préparé par ma mère…..

Ces photos ont eu l’effet d’un choc existentiel pour moi. Pour la première fois de ma vie, j’ai quitté ma chaise de spectatrice et je me suis imaginée la-bàs dans des camps des réfugiés. Je me vois affamée, les pieds nus, sans parents, sans pays…

Je me suis imaginée, au cœur de l’évènement alors que des gens affectueux et sensibles, comme moi, mettent des « like » et partagent mes photos… Et pour préciser, ces gens continuent après leurs vies tranquillement, comme moi d’ailleurs…

Ces quelques instants vécus à l’autre bout de la réalité m’ont appris une chose très simple : la souffrance c’est le fait d’être un réfugié mais tout le reste ce n’est pas de la souffrance.

Ces instants imaginés dans un camp des réfugiés m’ont appris comment savourer la vie, comment voir ma vie à travers un autre angle. Ce changement de rôle m’a appris à savourer chaque lettre en prononçant les mots « MA mère » ou « MON pays », « MA chambre », etc. Ces instants m’ont appris à adorer mon pays, le fait d’avoir un toit et un repas. Ce changement de rôle m’a appris à profiter de la vie.

Ceux qui souffrent pour une rupture amoureuse,  pour un échec professionnel, pour la perte d’un proche, pour être seul, je vous dis et alors c’est rien vous n’êtes pas un réfugié.

La souffrance c’est avoir comme seul but dans la vie, la survie et rien que cela. La souffrance c’est voir son pays se détruire alors que tout le monde observe. La souffrance c’est être un numéro dans le nombre des réfugiés. La souffrance c’est être un réfugié alors qu’un jour on était un citoyen.

Etre un réfugié c’est une souffrance longue, sans trêve et sans même la consolation de savoir pourquoi on souffre.


Mes chuchotements à la mer d’Antibes

J’étais assise sur un banc à regarder la mer. Il fait vraiment très beau. C’était un jour du mois de novembre 2012 que je n’oublierai jamais. J’aime beaucoup Antibes, cette ville calme et tranquille. Je sens qu’il y a quelque chose en moi qui appartient à cette ville, comme si mes ancêtres étaient passés par là et y avaient laissé leurs traces. Ici je me sens en harmonie avec moi-même, le temps n’a plus de sens, l’âge non plus. Seuls mes rêves défaits et mes projets inachevés apparaissent de temps en temps pour noircir un peu mes pensées.

Je commence à contempler les femmes et les hommes qui se promènent au bord de la mer. Certaines personnes sont accompagnées alors que d’autres sont seules…comme moi. Plusieurs personnes promènent leur chien et font semblant d’être satisfaits de cette compagnie, mais Dieu seul sait à quel point ils sont malheureux et qu’ils ont besoin d’un être humain à leurs côtés. D’ailleurs je comprends très bien ce sentiment de solitude, car ça fait une semaine que j’en souffre amèrement. Une vielle dame courbée par le poids des années passe et me sourit, j’ai voulu lui dire s’il vous plaît madame est- ce qu’on peut discuter un peu, car je souffre comme vous de la solitude.

J’ai fermé les yeux et j’ai commencé à écouter les vagues de la mer. La mer est aussi seule, elle n’a pas de compagnie, tout le monde veut la contempler, mais personne n’a pris la peine de lui parler et de connaître ses peines et ses soucis. Je suis habituée à parler toujours à la mer, je lui divulgue mes soucis, mes chagrins et je lui fais des promesses. Oui… je fais toujours des promesses à la mer, des promesses de changer, d’avancer et de ne jamais laisser ma vie m’échapper. J’ai tenu à certaines de mes promesses, mais d’autres sont parties avec les vagues et ne se sont jamais réalisées.

J’ai eu donc l’idée de rester toute près de la mer pour lui chuchoter mes pensées. J’ai choisi un endroit que j’aime beaucoup, là où il y a des grands rochers. Je me suis assise donc et j’ai commencé mes chuchotements. Mais une série d’instantanées commence à se dissoudre dans mon esprit…

C’est la première fois que je viens à Antibes toute seule, j’étais toujours accompagnée par mes meilleures amies. Mais cette fois tout est différent, elles me manquent beaucoup. Je vois les traces de nos promenades partout, j’écoute nos voix aussi. Nous étions habituées à venir toujours là pour jeter des petites pierres dans la mer en criant à haute voix les rêves qu’on aimerait voir se réaliser. Que de beaux souvenirs !

Beaucoup d’images défilent sans cesse dans ma tête. J’ai essayé de repousser tous mes souvenirs et de garder mon calme. Je me sens au milieu de nulle part. Un vent glacé me ramène à la réalité. J’ai recommencé donc mes chuchotements à la mer, mes promesses et j’ai eu l’impression que tous les océans m’écoutaient. Après une heure ou peut-être deux, j’ai pris le chemin du retour à la vie. Au fond de moi je sais que quelque chose en moi va changer pour toujours depuis cette journée et que cette fois je vais tenir à mes promesses à la mer…


Le jour « j » en Tunisie

elections-législatives

Aujourd’hui, c’est la journée tant attendue : le dimanche 26 octobre 2014, c’est les élections législatives en Tunisie.

Cette nuit je n’ai pas bien dormi, j’étais anxieuse, pensive comme si c’est la veille d’un examen ou d’un concours. J’ai pris mon petit déjeuner et j’ai décidé d’aller voter vers 7 h 30 pour ne pas trouver trop de monde.

En arrivant, j’ai trouvé presque une quarantaine de personnes. Je suis contente, émue, on va tous choisir l’avenir de notre cher pays, notre mère la Tunisie.

Mais ma joie n’a pas trop duré. Je me suis dit qu’est-ce que se déroule dans les têtes de ces Tunisiennes et Tunisiens ? Sont-ils assez conscients des dangers qui menacent notre pays ? Vont-ils voter pour la liberté et la démocratie ? Ou bien vont-ils voter pour un parti politique islamiste qui prétend être modéré et qui va nous amener vers un chemin sombre sans issue ?

Cette idée m’a rendue triste.

Je me sens que la réalisation de mes rêves ne dépend pas seulement de mes propres actes, mais des actes des 5 millions de personnes qui vont voter aujourd’hui.

Je rêve d’une Tunisie libre, démocrate, dans laquelle on vivra tous ensemble en paix, peu importe notre religion, qu’on soit pratiquant ou non.

La Tunisie de mes rêves est une Tunisie unique qui ne ressemble ni aux Etats-Unis ni à la France, une Tunisie qui ressemble à nous les vrais Tunisiens.

Je rêve et je vote !

Mais la réalisation de mes rêves dépend des rêves et des votes des autres.


Du « fast food » au « fast fashion »

 

Crédit : MUNIR UZ ZAMAN/AFP
Crédit : MUNIR UZ ZAMAN/AFP

Manger du « fast food » ceci on le fait tous depuis des années et on continue de le faire en dépit des conseils des nutritionnistes. Je pense que ça sera trop ennuyeux de parler de ce sujet qui a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Manger « fast » donc on le fait tous mais il paraît que ceci ne suffit pas pour enrichir les riches, il faut aussi qu’on s’habille « fast ».

Tout d’abord c’est quoi le « fast fashion » ?

Le « fast fashion » c’est une manière créée par les enseignes de vêtements pour vendre plus. En fait, au lieu de faire sortir 2 voire 4 nouvelles collections par an, ces nouvelles enseignes vont avoir une nouvelle collection chaque 2 ou 3 semaines.

Ces géants de la mode, vous les connaissez certainement, on peut citer  Forever 21, Primark, Asos, Veromoda, etc.

Imaginez qu’il suffit juste de 2 semaines, en moyenne, pour que la nouvelle collection soit conçue, fabriquée et distribuée, c’est le fast fashion ! Il s’agit donc d’une création hyper rapide d’une mode pas chère et jetable.

Pourquoi cela me dérange d’avoir des vêtements moins chers et encore plus de choix ?

Du premier coup cette pratique ne me dérange pas, par contre cela me réjouit puisque j’adore le shopping. Et vue que je ne souffre pas encore de l’achat compulsif donc je peux m’abstenir d’acheter tous les 15 jours (je l’avoue ceci se fait avec un peu de difficulté).

Mais si l’économiste en moi prend le dessus, ma vision change et tout ce phénomène du fast fashion m’énerve et m’exaspère même.

En fait, il faut se poser la question comment acheter un pull à 10€ alors qu’il est fabriqué au bout du monde ?

On s’habille et on se fait élégants à des prix cassés mais qui paie la facture ?

C’est là-bas au bout du monde à Bangladesh, à Cambodge, ou bien même en Europe en Lituanie, Lettonie, Moldavie. Dans ces pays, des ouvriers sont payés à 60€ le mois et ils travaillent parfois 48 h/semaine dans des conditions lamentables. De ce fait, on assiste parfois à des désastres comme l’effondrement dramatique du Rana Plaza à Bangladesh,  le 24 Avril 2013 qui a fait 1125 morts.

Ces dernières années les ouvriers surexploités ont même essayé d’envoyer des appels à l’aide pour alerter les consommateurs occidentaux. Ces appels sont sous la forme d’une étiquette cousue dans une robe ou bien pliée dans une poche de pantalon. Une cliente a trouvé une étiquette dans laquelle s’est écrit « forced to work exhausting hours »

Est-ce que toute cette misère vous laisse insensibles au fast fashion ?

Moi non !

Mais quoi faire face à cette situation ? Boycotter ces marques ? Je pense que c’est un peu difficile de le faire alors que le chômage flambe dans la plupart des pays et la pauvreté augmente. Comment donc oser demander au pauvre citoyen de ne plus acheter des vêtements à petit prix.

Ecrire pour dénoncer les pratiques de ces géants de la mode ? Voilà je suis en train de le faire mais cela suffit –il ?

Je pense que pour le moment on va se contenter d’avoir une petite pensée pour ces pauvres ouvriers afin de calmer un peu notre conscience. Mais espérons bien de trouver une solution efficace pour nos frères et sœurs dans l’humanité.

 


Le « Business » du Bonheur !

 

B happy by Nasir Nasrallah, via Flickr CC
B happy by Nasir Nasrallah, via Flickr CC

Il paraît que dans notre monde halluciné par le profit et surtout le profit rapide, on a tout vendu et acheté. Mais, ces dernières années on vient de découvrir qu’il y a une chose ou plutôt un concept qu’on n’a pas encore vendu : c’est tout simplement le bonheur.

En effet, dans la logique du « Business » pour vendre un produit il faut qu’il y ait déjà un besoin et si le besoin n’existe pas il faut le créer pour pouvoir tout de même vendre le produit.

Notre  « famous product »  est le bonheur mais je ne sais pas vraiment est ce qu’il existe un besoin urgent sur la planète de diffuser le bonheur partout ? Y’a-t-il une crise de bonheur plus aiguë que la crise économique ? Y’a-t-il vraiment une pénurie de bonheur sur la terre beaucoup plus importante même que la pénurie d’eau dans certaines régions de la terre ?

Ou bien ce besoin est tout simplement créé et on est loin d’être plus malheureux que nos antécédents.

Tous les médias ont tendance à nous divulguer le message suivant : l’Homme du 21ème siècle est malheureux, la modernité nous a volé la joie de vivre, etc.

Mais est ce que ceci est vrai ? On est dans une époque ou on communique avec des gens au bout du monde, on voyage facilement, on a les réseaux sociaux avec lesquels on renoue le contact avec nos amis d’enfance, un niveau de vie élevé, etc.

Notre époque est loin d’être la plus malheureuse, alors pourquoi il y a beaucoup plus de livres et de formations sur le bonheur que pendant les périodes de guerres mondiales ? Est ce que les gens étaient heureux à ces périodes là ?

A mon avis, ce besoin urgent de bonheur est juste créé  pour vendre.

Oui vendre…Certainement vous avez tous lu un jour ou l’autre un livre ou un article qui essaie de vous donner la recette magique pour atteindre le bonheur. Ils sont intitulés généralement : les 7 clés du bonheur  (parfois cela peut être 5 ou 10 tout dépend du temps de l’écrivain), comment être heureux ? , et si je choisis d’être heureux, comment trouver le bonheur, les secrets du bonheur, etc.

Et tous ces livres sont vendus à des millions d’exemplaires !

En plus des livres, il y a aussi les coachs dans le domaine du développement personnel qui n’épargnent pas d’effort pour inspirer les gens et leur montrer le chemin vers le bonheur. Il suffit juste de payer quelques dizaines voir même centaines de dinars ou d’euros (tout dépend de la notoriété du coach) et d’assister à un séminaire et voilà après vous serez heureux, vous allez craquer la vie à plein dents !

Il y a aussi les émissions de téléréalité qui ont pour but de rendre les candidats, non pas de chanteurs célèbres, mais des êtres heureux. Et bien sûr il ne faut pas parler du bonheur sans évoquer la célèbre chanson de Pharrell Williams « Happy » qui a été vue plusieurs millions de fois sur youtube, rien que le mot « happy » attire déjà avant même d’écouter la chanson.

Et pour pousser encore les choses plus loin, il existe de nos jours un indice annuel mondial du bien être. Selon cet indice, c’est au Panama que l’on était le plus heureux en 2013. Doit-on donc préparer nos valises et traverser des océans pour être au royaume des heureux ?

Tout simplement, nous sommes ni plus heureux ni plus malheureux que nos antécédents, on vit des hauts et des bas, parfois on s’envole de joie, parfois on se sent au fond du gouffre…

Et même si un jour on se sent perdu et malheureux, on ne doit pas recourir à des recettes magiques et standards. Le bonheur est un chemin propre à chacun de nous. En fait, on n’a pas besoin de quelqu’un pour nous montrer notre propre chemin de l’épanouissement, il faut juste creuser au plus profond de nous et on va vivre notre propre histoire de bonheur. Donc il faut juste que chacun d’entre nous vit ce que Paulo Coelho appelle « la légende personnelle ».

Vivons donc chacun sa légende personnelle et oublions ces « to-do lists » de bonheur.