Barack Nyare Mba

DIVISER POUR MIEUX RÉGNER SUR L’AFRIQUE

La citation « diviser pour mieux régner » n’a jamais eu autant de sens que durant ces dix dernières années en Afrique et dans le monde. L’Afrique, le moyen et proche orient sont le théâtre d’une vaste campagne de déstabilisation dont le but principal n’est rien d’autre que l’exploitation du potentiel économique de ces zones. Il y a clairement un rapport de force qui est établi entre pays forts et riches et pays faibles et pauvres.

Tout africain doit se demander pourquoi l’Afrique, le moyen et proche Orient sont les seules zones du globe qui enregistrent le plus grand nombre de massacres, d’exactions meurtrières, de guerres religieuses, ethniques et communautaires depuis des dizaines d’années ? La réponse est toute trouvée, c’est tout simplement parce que les fomenteurs viennent de nos anciens colons ou protectorats qui gagneraient à nous déstabiliser pour garantir leur hégémonie sur nous. Il est important de savoir qu’ils ont les moyens de leurs politiques car ils dirigent le monde sur les plans économiques, politiques, diplomatiques et même culturels. (Cliquez cette carte interactive sur les conflits à travers le monde)

Il est un fait que nul ne pourrait nier lorsqu’on observe l’histoire du monde après la seconde guerre mondiale. Les guerres ne se font plus entre deux pays rivaux ou ennemis mais plutôt entre citoyens, communauté ou confession religieuse d’un même pays. Le premier avantage de cette nouvelle formule permet aux pays vendeurs d’armes de se faire de l’argent avec chacune des factions rivales. Le seconde avantage c’est la possibilité d’exploiter les ressources minières pétrolières ou forestières du pays pendant que les factions rivales se font la guerre. Le plus souvent les leaders de chacune de ces factions rivales travaillent avec les fournisseurs d’armes, c’est-à-dire les instigateurs de la guerre. La stratégie du pompier-pyromane est exactement celle qui est et qui a été appliquée en Syrie, au Mali, en Centreafrique, au Burkina Faso en Côte d’ivoire, au Rwanda, en Tchécoslovaquie, au Yemen, en Irak, au Soudan etc.

Pour illustrer tout cela, prenons le cas de la Libye. Ce pays est l’un des exemples parfaits. Les occidentaux ont élaboré une campagne mondiale de diabolisation de Kadhafi pour justifier la guerre qu’ils préparaient. Ils ont fait de même avec Saddam Hussein pour justifier l’envahissement de l’Irak. Aujourd’hui la chute de Kadhafi a donné naissance aux pires maux mais aussi la création de plusieurs groupes terroristes qui ont envahis le pays et la bande sahélo-sahélienne. Au nom de la démocratie, les occidentaux avaient décidé d’éliminer Kadhafi. Aujourd’hui la démocratie est-elle installée ? Le peuple Libyen est-il plus libre ? Les conditions de vie sont-elles meilleures qu’avant ? La réponse est non. A l’heure actuelle ce pays est divisé en deux parties. L’une des parties est dirigée par le GNA de Fayez al-Sarraj qui est marginalisé car il a été propulsé à son poste par l’occident et l’autre partie dirigée par l’ANL du maréchal Haftar qui est considéré comme un homme de terrain et prétend être plus légitime auprès du peuple que son frère ennemi.

En voyant ce chaos libyen on comprend aisément que la « communauté occidentale » pour ne pas dire « communauté internationale » souhaite avoir un seul interlocuteur pour négocier sur le pétrole, l’immigration clandestine et la lutte contre le terrorisme d’où l’intérêt de l’offensive sur Tripoli du général Haftar.

Prenons le cas de la République Centrafricaine. Voilà un pays dont les communautés ont toujours vécu en harmonie, dans la tolérance et la paix. Aujourd’hui, les musulmans et les chrétiens sont devenus ennemis. La guerre en Centrafrique débute le 24 février 2013 lors du coup d’Etat perpétré contre le Président Bozizé.  A priori ce coup d’Etat n’avait rien de religieux, il s’agissait d’une affaire politique. Comment expliqué que soudainement ce coup d’Etat se transforme en guerre inter-religieux ? Jusqu’à ce jour des incompréhensions demeurent car la naissance de la SELEKA (rébellion à dominante musulmane) est injustifiée. Les exactions contre les populations ne visaient pas seulement les musulmans mais aussi les chrétiens. Au début de la guerre, aucune n’attaque n’avait été perpétrée sous la bannière religieuse pourtant cette version a été propagée dans tous les medias du monde. Partant du principe qu’une milice musulmane a été créée, il était évident qu’une milice chrétienne se créé aussi, ce sont les AntiBalaka (rébellion à dominante catholique). Avec la création de ces deux milices fournies en armes et en argent par certains pays et l’exploitation illégale des minerais, la Centrafrique n’avait pas une autre destinée que l’embrasement.

Aujourd’hui la Centrafrique est un pays sous tutelle internationale. Le désordre occasionné par cette guerre a fait en sorte que le pays soit ingouvernable ce qui fait l’affaire de certains pays et multinationales qui négocient avec les bandes armées. Nous savons tous que la RCA est riche en ressources minières notamment le diamant. Ce pays est classé parmi les plus dangereux pourtant chaque jour des entreprises occidentales y envoient leurs employés pour affaire.

Le cas de la Centrafrique me ramène à celui du Mali. Ce grand pays africain riche d’une grande civilisation. La chute de Kadhafi en plus de la Centrafrique, a également eu des impacts au Mali. Les fomenteurs des crises africaines ont une fois de plus réussi a divisé les communautés pour assouvir leurs basses besognes. Au début de la crise malienne il était question de groupes armés djihadistes qui voulaient envahir le pays d’où l’intervention de  la France.  Visiblement cette tentative d’envahissement a échoué mais n’a pas éteint les velléités de ces groupes djihadistes. Aujourd’hui au Mali il ne s’agit plus d’un conflit entre ces groupes armés et l’Etat Malien, mais plutôt entre des communautés qui ont vécu depuis de centaines d’année dans l’harmonie, la cohésion, la tolérance et la paix. Il n’est pas dit ici que des attentats terroristes n’ont pas été enregistrés ces dernières années. Toutefois nous sommes en droit de nous questionner sur cette vague d’attentats contre les Dogons ? contre les Peuls ? contre les Touaregs qui s’entre-tuent ? Ces évènements nous laissent perplexes et soupçonneux. Il est tout à fait clair que le but de ces massacres est de créer un chaos qui mènera vers une guerre civile. Le plus troublant dans ces attentats est leur caractère anonyme. C’est dans la presse que les supposés accusés sont désignés. Si ce sont les Dogons qui sont victimes d’exaction, la presse dira que les Peuls sont à l’origine et vice versa. C’est ainsi que la haine pénètre les cœurs et divise une société.

La crise Malienne m’inquiète au plus haut point car les fomenteurs sont à la manœuvre et souhaitent vivement un chaos dans ce beau pays d’Afrique. Regardez cette vidéo de l’honorable Belco Ba sur le faux conflit entre Peuls et Dogons au centre du Mali.

Il faut savoir que la déstabilisation vise le continent entier sinon une grande partie car le Burkina Faso vit les mêmes conflits communautaires et attentats terroristes, le Bénin a connu récemment l’enlèvement de ressortissants Français et l’assassinat d’un natif. Le Nigéria est en guerre permanente avec Boko Haram et connait des tensions communautaires entre éleveurs et cultivateurs. La Cote d’Ivoire, le Sénégal, le Togo sont également visés par cette déstabilisation.

En Afrique centrale, le Cameroun est le premier pays a lutté contre le terrorisme. En plus de cette lutte, il doit faire face à la crise anglophone.  Cette crise anglophone me rappelle celle du Soudan  durant laquelle des atrocités ont été commises au Darfour. Résultat, le pays a été divisé en deux à la suite d’une sanglante guerre civile. Malgré cette division aucun de ces deux pays, soudan et Soudan du Sud , ne connait la prospérité et la paix.  Le Cameroun de son côté devrait faire attention avec cette crise qui s’enlise et se radicalise sachant bien la détermination des Ambazoniens qui souhaitent la séparation avec le Cameroun actuel et la création de leur Etat.

Il est clairement établi que la fibre identitaire est le point sur lequel s’appuient les fomenteurs pour déstabiliser l’Afrique. En plus de cette fibre, l’appauvrissement programmé de certaines zones fait en sorte que des populations se révoltent et prennent des armes par instinct de survie et de désœuvrement.  La responsabilité de nos dirigeants et de l’UA est clairement entamée car aucune mesure forte et pérenne n’a été mise en place pour régler ces conflits.

L’Afrique doit prendre son destin en main, aucune puissance étrangère ne doit avoir la possibilité de nous diviser car cela a été le cas durant les 400 ans d’esclavage ajoutés au 200 ans de colonisation et les 50 ans d’indépendance. Aujourd’hui les rapports doivent changer et le respect pour notre peuple doit être de rigueur.

J’espère vivement que nous y arriverons ensemble !


LIBREVILLE PORTE-T-ELLE BIEN SON NOM ?

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Statue d’une hermaphrodite de Maitre MINKO MI-NZE qui se libère en brisant ses chaines. Elle est érigée en face de palais présidentiel au bord de mer

Principale ville du pays, la capitale gabonaise porte un nom très évocateur pour les défenseurs de l’épanouissement du corps et de l’esprit. En la baptisant « Libreville », le fondateur de cette ville a voulu véhiculer un message intemporel sur la liberté chèrement gagné après 400 ans d’esclavage. Aujourd’hui en 2019 peut-on dire que notre capitale porte dignement son nom ? Les Librevillois se sont-ils appropriés de cette liberté ? En ont-ils conscience ? Se sentent-ils libres ? Autant de questions qui me laissent perplexe au vu des observations faites.

Le 17 octobre 1849  alors que la traite négrière est abolie,  un navire négrier brésilien nommé L’Elizia transportant 52 esclaves ( 27 hommes, 23 femmes et 2 enfants) est arraisonné par la frégate française Pénélope. Tous les esclaves que ce négrier transportait furent libérés et regroupés dans l’actuel quartier Montagne-Sainte, ce fut la création de Libreville. Ce nom fut donné par le capitaine Louis Edouard Bouet-Willaumemez en souvenir de ces esclaves qui recouvrirent enfin leur liberté.

Esprit de Liberté où es-tu ?

Après 170 ans d’existence Libreville n’est plus ce qu’elle fut tant dans la forme que dans le fond. Dans la forme, les changements imposés par le développement urbain ont transformé ce qui fut une petite bourgade en une grande ville africaine cosmopolite et multilinguistique avec ses immeubles et échangeurs, ponts et autres édifices publics et privés. Dans le fond, l’esprit de liberté qui sous-tend la nature originelle de la ville, sa personnalité, son identité, sa singularité, son humanisme est à mon humble avis absent sinon pas très présent. J’entends par esprit de liberté toutes les expressions de celle-ci dans l’urbanisme de la ville, dans sa culture, ses traditions, son mode de vie, sa mentalité, sa gastronomie, le divertissement, l’art, l’éducation etc.

Comment pouvait-on imaginer Libreville, ville de la Liberté sans Musée? C’était à mes yeux scandaleux et indigne pour Libreville d’exister sans ce temple de la mémoire humaine. Grande était ma joie quand j’ai appris l’inauguration prochaine du nouveau musée situé dans l’enceinte d’un ancien bâtiment colonial rénové, qui abritait d’ailleurs l’ambassade des Etats-Unis au Gabon. C’est le cas de le dire ici, il n’est pas trop tard pour bien faire. Toutefois, ce Musée n’est pas consacré à Libreville mais au Gabon tout entier.  Qu’en est-il  alors d’un théâtre municipale ou national ? d’un conservatoire de musique, d’une bibliothèque ou d’un centre culturel ?  Comment éduquer, cultiver les Librevillois et Librevilloises si la soi-disant bibliothèque nationale n’est que l’ombre d’elle-même ? Comment stimuler le génie des artistes s’ils n’ont pas de tribune ? Comment développer la créativité si Les peintres, sculpteurs de pierre ou de bois n’ont pas de musée d’art contemporain ? Un vrai gâchis pour une ville qui a tant à offrir au Gabon et à l’Afrique.

Je suis révolté de voir la déliquescence du cadre de vie des Librevillois alors que tout y est pour qu’il soit meilleur. Dans les quartiers, les jeunes n’ont pas de terrain de sport.  Je ne parle même pas de l’absence de « maison de jeunes »  qui serviraient de cadre pour  faire de la musique, des arts martiaux ou toute autre activité qui élève l’esprit. Faire du sport à Libreville n’est vraiment pas évident, car les infrastructures ne le permettent pas pour le citoyen lambda. Vous vous imaginez que pour jouer au Football à Libreville, il faut désormais payer soit au Ballon d’Or soit à la nouvelle structure qui ouvrira bientôt au boulevard Bessieux? Quelle honte! Dans les quartiers, les jeunes sont contraints de jouer au football dans l’enceinte des établissements primaires qui ont généralement de l’espace. Quel dommage !  Rendez-vous compte qu’un haut lieu historique comme l’île de la pointe Dénis coûte la peau des fesses pour s’y rendre en chaloupe alors qu’elle n’est qu’à quelques minutes de Libreville. Le séjour pour un week-end n’est pas à la portée de tous. Il n’y a qu’une certaine classe qui arrive à y séjourner. Pourtant l’île de Gorée, haut lieu de l’histoire de l’esclavage au Sénégal reste accessible à tous idem pour un court séjour.

 Le devoir de mémoire

Libreville est comme une belle femme que l’on cache à ses amoureux alors qu’elle aimerait bien partager toute sa splendeur et sa merveilleuse histoire. Les habitants ne connaissent pas dans leur majorité, l’histoire de leur ville, de ses quartiers, des hommes qui ont marqué son histoire. Beaucoup ne savent pas comment elle fut fondée et par qui. Certains ne connaissent même pas les différents rois qui la gouvernèrent à l’époque ni où étaient installés leurs royaumes encore moins comment toutes les ethnies ont fait pour y vivre ensemble. C’est à mon sens une hérésie que de gouverner le peuple sans lui donner la possibilité de connaître l’histoire de la terre qui le porte.

L’histoire nous permet de comprendre le passé pour que nous nous appropriions le présent afin de construire un avenir meilleur. Le comble c’est qu’en Afrique et particulièrement au Gabon, l’histoire n’est pas très souvent mise en avant. C’est l’une des raisons pour lesquelles nos peuples se dénaturent pour adopter des cultures venant d’ailleurs et que nous jugeons à tort meilleures. Je vais à ce sujet citer Stéphane Hessel qui disait : « Hélas, l’histoire donne peu d’exemples de peuples qui tirent les leçons de leur propre histoire ». Que dira-t-on alors des peuples qui ne connaissent pas la leur pour en tirer les leçons ?

Je pense que dans ce monde qui devient de plus en plus mondialisé, globalisé, il est plus qu’important sinon impérieux que les gouvernants et la municipalité de Libreville, revoient leurs politiques de la ville afin que ceux-ci participent à la conservation de notre patrimoine commun, à l’expression de la liberté sous toutes ses formes pour que Libreville en soit un véritable havre. J’ai particulièrement apprécié le retour de la célèbre « fête des cultures de Libreville » créée par l’ancien maire Paul Mba Abessolo, mais aussi la mise en place d’un Agenda culturel avec des événement tels que « La nuit des masques » et « Gabon 9 provinces« . C’est encourageant et j’espère que ces événement se pérennisent  car ils rassemble tous les Librevillois, Gabonais et Africains autour de la culture et de l’art.

Libreville mérite mieux que ce qui est, elle a besoin de recouvrir une nouvelle liberté, un nouveau souffle qui fera vibrer ses habitants au plus profond de leur être pour la gloire et la prospérité de notre chère et libre capitale.

Je t’adore Libreville !!!!

 


LA FRANCE ET SA DÉMOCRATIE A GÉOMÉTRIE VARIABLE

Crédit photo : LE MONDE. LE PRESIDENT FRANCAIS EMMANUEL MACRON

Il est des moments où il semble légitime de penser que les supposés chérifs de la démocratie mondiale ne sont en réalité que ses mercenaires au service d’une politique impérialiste et néocolonialiste. L’une des têtes de prou de ce conglomérat impérialiste et néocolonialiste n’est autre que les dirigeants Français qui au fil des années prouvent au monde combien de fois ils sont devenus indignes des idéaux obtenus lors de la Révolution française de 1789.

Le philosophe grec Thucydide disait que « Les forts (les riches) font ce qu’ils veulent, et les faibles (les pauvres) souffrent comme ils le doivent ». La France, pays des droits de l’homme, s’est toujours positionnée dans les textes comme défenseur des faibles. Pour elle, les riches comme les pauvres sont égaux aux yeux de la loi. C’est d’ailleurs pour cette raison que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen avait été adoptée comme préambule à leur constitution. Aujourd’hui plus que jamais, ces idéaux sont bafoués par une classe politique qui n’a d’idéaux que l’accaparement, l’oppression, le colonialisme, le néocolonialisme, l’impérialisme politique, économique et culturelle. Les retombées de cette perfide stratégie qui date de nombreuses années se fait désormais ressentir sur le plan national et international.

LIBERTÉ-ÉGALITÉ-FRATERNITÉ OÙ ÊTES-VOUS ?

Le nouveau régime français qui est venu au pouvoir grâce à un tsunami politique fait face à ceux qui l’ont mis au pouvoir c’est-à-dire les gilets jaunes. Ces derniers représentent les pauvres, la classe ouvrière, les travailleurs, jeunes entrepreneurs, travailleurs sociaux, ces français épris de liberté, de démocratie, de fraternité nationale et mondiale.

 Lors de la révolution de 1789, les français s’étaient rebellés contre les privilèges du clergé et de la noblesse au détriment du tiers-état qui représentait 97% de la population à cette époque. C’est ce tiers-état (classe ouvrière, pauvres) qui fit la révolution. Aujourd’hui c’est ce même tiers-état (gilets jaunes) qui se bat chaque week-end pour refonder le modèle de gouvernance et du partage de richesse. La France qui pensait avoir vaincu tous ses anciens démons de l’époque monarchique se revoit aujourd’hui confronter à ces derniers à l’ère de la démocratie.

Cette contestation intérieure témoigne du malaise profond que vivent les français. Les différents dirigeants successifs ont presque toujours trahi les idéaux des français d’où ce ras le bol populaire.

Les dirigeants Français doivent se réconcilier avec les idéaux propres à la France s’ils veulent l’être avec le peuple. Sans cette réconciliation, il existera toujours cette fracture, cette défiance qui est désormais visible entre le peuple et ses gouvernants.

DÉMOCRATIE, SOUVERAINETÉ OÙ ÊTES-VOUS ?

Lors de la réunion extraordinaire du conseil de sécurité de l’ONU du 26 janvier dernier sur la situation au Venezuela, le représentant permanent de la Russie auprès des Nations-Unis a fait une sortie inédite qui n’a pas du tout été appréciée par ses collègues européens. En effet, lors de cette réunion la France et ses alliés souhaitaient lancer une procédure de « diplomatie préventive » car la situation au Venezuela menaçait la paix intérieure et régionale. A cette proposition, le représentant Russe dira ceci : « Que penseriez-vous si la Russie demandait de discuter au Conseil de sécurité de la situation en France ? Et des Gilets jaunes qui sont descendus dans les rues par milliers encore ce week-end ?».

Une fois dite, le représentant Russe a fait savoir à ses collègues européens qu’il n’avait pas l’intention de le demander, ce qui a semblé les calmer. Cette allusion aux manifestations des gilets jaunes illustre, toute proportion gardée, ce qui se passe au Venezuela c’est-à-dire des citoyens qui manifestent pour des meilleures conditions de vie, plus de liberté, plus d’égalité.

Il est tout à fait normal qu’un pays se prononce sur la crise politique et social d’un autre mais cela doit être fait dans les règles de l’art. J’ai trouvé condescendant les prises de position occidentale sur le Venezuela. De quel droit un pays tiers peut-il s’ingérer dans les problèmes internes d’un autre pays aussi souverain que lui en lui donnant un ultimatum d’organiser une élection anticipée ? De quelle légitimité découle la prise de position des occidentaux sur la reconnaissance de Juan Guaido comme président au détriment d’un président légitimement élu ? Je sais qu’il y a des problèmes au vénézuela, des problèmes d’ailleurs créés d’une part par les impérialistes qui ne sont pas d’accord avec les élans socialistes du régime chaviste qui était et est contraire aux intérêts du libéralisme prôné par les américains d’une part et les européennes d’autres part.

Vous vous imaginez si un matin, le président sud-africain demandait sous huitaine de nouvelles élections en France à cause de la situation des gilets jaunes ? Car en effet il y a eu des morts, des blessés graves et légers, des arrestations, des intimidations depuis le début des manifestations des gilets jaunes. Cette demande des sud-africains serait un crime de lèse-majesté punissable avec la plus vive des rigueurs.

DÉMOCRATIE A GÉOMÉTRIE VARIABLE

Le Président Macron a déclaré dans un Tweet posté le 04 février que « Les Vénézuéliens ont le droit de s’exprimer librement et démocratiquement ». Je suis tout à fait d’accord avec lui. Toutefois, ce droit inaliénable au peuple vénézuélien l’est également au peuple d’Afrique notamment d’Afrique centrale. En effet, la position de la France à travers son chef de l’Etat sur la situation au Venezuela témoigne du paradoxe profond de la démocratie et de la liberté à la française.

Les Vénézuéliens ont le droit de s’exprimer librement et démocratiquement. La France reconnaît @jguaido comme « président en charge » pour mettre en œuvre un processus électoral. Nous soutenons le Groupe de contact, créé avec l’UE, dans cette période de transition.

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 4 février 2019

Comment peut-on comprendre que ce qui est valable pour certains peuples ne l’est point pour d’autres ? Que signifie cette discrimination démocratique ? La France fait la sourde d’oreille quand il s’agit des exactions perpétrées par ses « employé » « nommés » chefs d’Etat dans ses « colonies » d’Afrique centrale à l’encontre des populations désarmées alors qu’en même temps elle fait le chérif de la liberté et de la démocratie au Venezuela.  Pourquoi au nom de la liberté et la démocratie la France ne prend-t-elle pas des distances avec les régimes dictatoriaux d’Afrique centrale ? Pourquoi les occidentaux qui disent défendre la démocratie et la liberté n’adoptent-ils pas des sanctions contre les dirigeants d’Afrique centrale ?

Ce silence de la France prouve combien de fois les intérêts économiques et politiques sont plus important que les principes angéliques que sont la démocratie et la liberté en Afrique notamment. Il faut savoir que tant qu’un dirigeant fait l’affaire des français, il est certain de rester au pouvoir. A contrario, si un dirigeant comme Maduro ne fait pas l’affaire des dirigeants français et de l’occident, alors il peut être certain qu’il sera évincé par les moyens légaux et/ou illégaux.

Depuis les indépendances africaines, la France a toujours fabriqué, entretenu et protégé les dictatures africaines sans une seule fois pensé aux souffrances que cette stratégie cause aux populations. Pourquoi cette protection ? Et bien ces dictateurs font l’affaire de la France.

Regardez le cas Khadafi. Il n’arrangeait plus les dirigeants Français c’est pourquoi il a été évincé et tué sur l’autel de la démocratisation de la Libye. Idem pour Laurent Gbagbo qui a été victime d’un coup d’Etat savamment orchestré par les dirigeants français au profit d’un colonisé endurci, obéissant et fidèle qu’est Alassane Ouatara.   Lorsque Compaoré fut chassé du pouvoir par le peuple souverain du Burkina Faso, ce sont les soldats français qui l’ont exfiltré de son convoi de 28 véhicules civiles qui se dirigeait à Pô, son village natal. Ces quelques exemples non exhaustifs permettent de comprendre le parti pris des dirigeants français.

Il est anormal que la France soutienne et protège depuis 52 ans le régime Bongo père et fils qui sont responsables du marasme politique, économique, social et culturel que connait le Gabon. Au Cameroun, elle soutient depuis 36 ans un régime oppressif, vorace et paresseux qu’est celui de Paul Biya. Tout comme ce dernier qui a envoyé dernièrement ses sbires tirés sur les partisans du MRC, la France a organisé au cameroun au milieu des années 50 le « Bâillonnement de l’opposition, création de milices sanguinaires, torture à grande échelle, déplacement des populations, guerre psychologique, assassinats : les méthodes de la « guerre révolutionnaire » – et parfois les hommes chargés de les appliquer – sont les mêmes que celles mises en œuvre au même moment en Algérie » A LIRE ICI . Au Congo-Brazzaville, elle n’a de cesse cautionner un régime autocratique et boulimique que celui de Sassou Nguesso au pouvoir depuis 34 ans qui sans vergogne a fait condamné à vingt ans de prison Jean Marie MOKOKO qui en réalité a commis le crime de se présenter contre lui en 2016. Vous comprenez également avec ces quelques exemples non exhaustifs le parti pris des dirigeants français.

L’Afrique centrale n’a pas connu d’alternance politique depuis 30 ans au bas mot, ce sont les mêmes ou le fils qui reprend le pouvoir après le décès du père. Comment au XXIeme siècle un pays dit « développé » peut-il encore soutenir ce type de régime moyenâgeux ? C’est inadmissible et scandaleux.

QUE DIRE….

Comme pour l’être humain, on juge un Etat par ses paroles et ses actes. Dans le cas d’espèces, je trouve que la France n’est pas non seulement sincère avec elle-même mais aussi avec les africains d’une part et le monde entier d’autre part. Les dirigeants français doivent se réconcilier avec leurs nobles valeurs car elle court à sa perte.

Nous (africains, peuple opprimé du monde) connaissons le mal, à nous de l’anéantir. Quand je parle du mal, il s’agit de nos dirigeants véreux qui confisquent non seulement nos biens mais aussi notre avenir et celui de nos enfants et petit-enfants en complicité avec des dirigeants étrangers. Un sursaut national, continental et mondial des peuples est plus que nécessaire pour y arriver.

Peuple d’Afrique et du monde, réveillons-nous et changeons notre avenir. Personne ne le fera à notre place.


10 ans challenge : les Gabonais s’y mettent aussi

Le défi  #10anschallenge ou #Tenyearschallenge connait une viralité surprenante à travers le monde. Les internautes gabonais, très connectés, n’ont pas échappé à cette vague déferlante car quelques heures après son lancement, les premiers challengeurs gabonais postaient déjà sur leur mur. Retour en images sur certaines de ces publications.

Depuis quelques heures le  #Tenyearschallenge ou #10anschallenge en français est devenu virale sur Facebook.  Ce défi a d’abord commencé sur Instagram et Twitter notamment chez les anglosaxons (USA et Angleterre) puis il s’est  mondialisé.

Les plus grandes stars américaines (Wil smith, Miley Cyrus, Trevor Noah, Tyra Banks, etc.) se sont prêtées au jeu. Pour ceux qui ne savent pas en quoi il consiste, il s’agit de poster côte à côte deux photos de vous qui ont été prises avec au moins dix ans d’intervalle. L’objectif du challenge est de montrer au monde, à vos amis, combien vous avez changé depuis.

Au Gabon tout le monde s’y est  mis, les stars de la musique et de la radio, les jeunes entrepreneurs, les activistes… les Gabonais en somme !

L’artiste gabonaise Tina n’a pas échappé au défi et s’en est donné à coeur joie. Je trouve personnellement que le seul changement que je peux en conclure c’est celui de la maturité artistique. Bravo !

Clovis Nzong, le buzzmatique, n’a pas participé au défi jusqu’au moment où j’écrivais ce billet. Par contre il a été parodié par certains internautes. La difficulté avec cette image c’est qu’il est difficile de savoir la photo d’avant et celle d’après. Seul Clovis pourra nous éclaircir.

Les amoureux ! Je trouve la publication de Liane (entrepreneuse et une amie) très inspirante. j’espère et je le souhaite que dans dix ans nous en aurons encore une. Bon vent à vous !

Je crois qu’il n’y a que du superlatif absolu pour qualifier le charme majestueux et divin de cette internaute. Je suis en état de choc oculaire !

En dix ans Hugh n’a pas compris qu’il n’est pas obligé de toujours mettre sa main droite dans la poche et de poser sa main gauche sur un support. A part ça tout est ok !

L’artiste Shan’L la Kinda s’est aussi prêtée au jeu. Franchement dans son cas elle peut légitimement dire qu’il y a eu du changement. Bravo ma chère je te kiffe !

No comment.

Hello, en dix ans il y a eu un changement. Je trouve qu’aujourd’hui elle fait femme posée, sûre d’elle. Il y a dix ans c’était la java !

Cré-cré, plutôt Créol la Diva. Je trouve qu’elle est comme du vin. Plus elle prend de l’âge mieux elle est !

Un conseil Serge, arrête de te moquer du grand comme ça ! kiakiakiakia

Christelle Makaya, la soeur de Créol.  Comme sa soeur, elle est comme du vin. C’est en prenant de l’âge qu’elle se bonifie.

Stevich, il y a dix ans il était en tee-shirt aujourd’hui c’est en costume.  C’est un jeune très actif, dynamique avec de l’ambition.  Respect man !

L’animateur radio Dafresman est aussi de la partie. Selon moi, c’est le Président Ali qui devait poster cette photo car ici son changement  est plus perceptible. Quoi que tu as aussi changé. Lunettes+cravate+joues.

Je ne sais pas ce que Clovis a fait aux gabonais mais je trouve que les gars abusent ! Olivier, arrête le boucan !

Crazy design, c’est un groupe de danse talentueux. J’aime bien le groupe. Continuez ainsi !

L’artiste Ba’ponga. Un seul mot : RESPECT.

Vraiment beaucoup ont changé depuis dix ans.

Merci à tous pour la bonne humeur partagée avec ce défi auquel je ne participe pas encore !

 

 


LE VRAI/FAUX COUP D’ETAT DU 07 JANVIER

 

Était-ce réellement une tentative de coup d’Etat ou un exercice grandeur nature ? voilà la question centrale que nous devons nous poser car les éléments d’analyse me laissent perplexe au plus haut point.

Drôle de tentative de coup d’Etat que celle que nous venons de vivre au Gabon.  C’est le moins que l’on puisse dire car Il existe plusieurs zones d’ombres dans cette affaire digne d’un film hollywoodien. Une fois encore le Gabon est un jouet avec lequel jouent certains gabonais en complicité avec des forces obscures étrangères dans le but de préserver le pouvoir par tous les moyens légaux et illégaux.

AUDIT DE SECURITE

La supercherie de ce vrai/faux coup d’Etat débute au mois de novembre lorsque, selon La Lettre du Continent du 02 janvier 2019, « un audit de sécurité » aurait été commandité par le porte-parole de la Présidence de la République M. Ike Ngouoni Alla Oyouomi à un « mystérieux commando français » dirigé par un certain Stephan Privat « ancien sous-officier du 8e RPIMa. Pour faire court, cet « audit de sécurité » visait à faire un tour sur le dispositif sécuritaire gabonais dans un contexte politique délétère né de l’absence prolongée du Président Ali Bongo suite à son AVC. Comme vous le savez, l’absence du Président Ali a fortement divisé la classe politique nationale mais aussi le peuple gabonais sur la question de la vacance du pouvoir.  Il va sans dire qu’à la suite de cet « Audit de sécurité », des recommandations ont été faites à ceux qui l’ont commandité. Pour ma part, tout part de ces recommandations. Je n’en connais pas la teneur mais la suite des évènements nous en dit un peu plus.

 UN GARDE REPUBLICAIN A LA MANETTE

La Garde Républicaine est le corps armé le plus fidèle au chef de l’Etat. C’est dans leur « gène » que de servir et protéger le Président de la République. Dans quel contexte a-t-on crée ce corps ? L’histoire nous apprend que c’est à la suite du coup d’Etat de 1964 que les autorités françaises ont décidé de créer ce corps armé baptisé Garde Présidentielle. Avec les années, elle a été rebaptisée Garde Républicaine pour faire plus beau, plus Républicain. La loyauté de ces hommes au chef de l’Etat est sans équivoque, la formation est rigoureuse et leur moralité étudiée. En plus de leur loyauté, ces hommes sont sous la main de leur hiérarchie. Ils obéissent au doigt et à l’œil quand des ordres leur sont transmis. Pour ma part, je crois que c’est parce que les soldats de ce corps sont gérables que le choix s’est porté sur l’un d’entre eux à l’occurrence le lieutenant Kelly Ondo Obiang pour faire ce vrai/faux coup d’Etat.

PRISE EN OTAGE

L’heure exacte de la prise d’otage des journalistes de Radio Gabon ne semble pas être la même pour tout le monde. Le journal l’Union, premier quotidien national et pro-gouvernemental, parle de 4h30 et le communiqué du gouvernement parle de 5H30. A l’heure de la diffusion du communiqué, les gabonais était endormis. Comment prétendre les mobiliser à pareille heure ?  D’autres interrogations subsistent sur le choix stratégique de ces commandos. Pourquoi avoir choisi la radio plutôt que la télévision nationale ? Pas grand monde n’écoute Radio Gabon ce qui n’est pas le cas de la Télévision nationale qui est en plus câblée. Pourquoi avoir fait le communiqué alors que le commando n’avait pas encore pris le pouvoir ? Un coup d’Etat se résume-t-il à faire un communiqué sur la radio nationale ? Pourquoi se sont-ils limités à prendre la radio sans prendre au préalable les institutions ? Le nombre de soldat putschistes méritent également des interrogations. Tout d’abord, jusqu’à ce jour, nous ne connaissons pas les noms des soldats qui accompagnaient le Lieutenant Kelly Ondo Obiang dans son « songe » comme dirait le porte-parole du gouvernement.  Pourquoi autant d’opacité sur leurs identités ? Pourquoi la dizaine de soldats qui participaient au putsch n’étaient pas aux côtés du lieutenant Kelly quand il faisait sa déclaration à la radio ? Le plus souvent, un bon nombre de putschistes assistent toujours à la déclaration de prise de pouvoir. Un autre point d’ombre.

SILENCE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Il semble évident qu’après une tentative de coup d’Etat, le chef de l’Etat doit impérativement prendre la parole pour rétablir son autorité, rassurer les marchés et les investisseurs et apaiser les populations. Depuis hier, aucun discours du Président Ali Bongo. S’il ne fait pas un discours dans les jours qui suivent cela aura pour conséquence d’envenimer les soupçons sur sa capacité réelle à gérer le pays.  Nous restons en attente.

Pour finir je crois que cette tentative de coup d’Etat était non seulement un exercice grandeur nature qui visait à tester le dispositif sécuritaire du pays mais aussi de lancer un message à tous ceux qui nourrissent l’idée d’en faire un. Cette tentative de Coup d’Etat semble être une démonstration de force du pouvoir à l’égard de ses opposants  et d’autres groupuscules qui nourrissent cette funeste idée.  Rappelez-vous d’Aba’a Minko, cette homme politique qui disait avoir déposé une bombe à la Télévision nationale. Ce fût également un faux. D’ailleurs il a disparu de la circulation, nous ne savons plus rien sur lui. Où est-il? Est-il encore en vie? . J’ai vu cette tentative de Coup d’Etat comme des exercices militaires que font les américains et les Coréens du Sud dans le but de démontrer leurs forces à la Corée du Nord. Car en réalité, c’est celui qui a la force qui garde le pouvoir notamment en Afrique.


L’interview d’Ali Bongo commentée sur les réseaux sociaux

Publication annonce émission CP: Page facebook boursier tchibinda

Jeudi 30 août 2018, sur les chaines de télévision nationales et sur internet, le président Ali Bongo s’est livré à un exercice nouveau en termes de communication : il s’agit ici de la fameuse interview dénommée « Face à la Nation ». Depuis mi-août, une publication sur la page Facebook de la présidence de la République demandait aux gabonais et gabonaises de poser leurs questions au président de la République. Plusieurs compatriotes se sont pris au jeu et l’ont fait sur WhatsApp et Facebook, en texte comme et en vidéo.

Pour ceux qui suivent l’actualité du pays, il était très important de regarder cette interview pour savoir ce que pense le président Ali sur certains maux de la société et la crise économique et politique qui frappent le Gabon. Une occasion idéale d’écouter ses propositions pour résorber certains fléaux qui entament la quiétude des gabonais et gabonaises. Comme je l’avais précisé dans mon précédent billet sur la conquête du coeur des gabonais par Ali Bongo (lire ici), il est tout à fait évident que cette interview rentrait dans le cadre de la nouvelle stratégie de communication de la présidence de la République.

L’interview dénommée « Face à la Nation » a duré 1h30, très peu pour aborder en profondeur certaines thématiques importantes pour le pays. D’ailleurs, il faut savoir que l’interview était divisée en trois parties : sociale, économique et politique. Les deux premiers volets ont été évacués très rapidement, les réponses étaient évasives, sans pertinence, d’une vacuité profonde. Je suis resté sur ma faim en tout cas. Le troisième thème a duré un peu plus que les autres avant que les journalistes ne plongent dans des questions qui englobaient en quelque sorte les trois principales thématiques.

J’ai constaté que le président Ali balbutiait, ne maîtrisait pas totalement son sujet, il cherchait les mots, fuyait les réponses concrètes mais surtout aimait prononcer ce mot : « Il faut ». A chaque fois qu’une question lui était posée sur le social ou l’économie, il répondait inexorablement par « Il faut ». Le dire à chaque fois prouve à suffisance que rien n’a été fait et rien n’est fait pour régler tel ou tel problème. Nous sommes là dans la théorisation des solutions, aucune pratique, aucun acte concret posé sinon il l’aurait fièrement dit. Il faut savoir que les problème posés ne datent pas de cette année, elles semblent être là depuis plusieurs décennies.

Les sujets sur l’éducation, la santé, le logement, l’insécurité, l’agriculture, la formation, la crise économique, le chômage etc., n’ont pas, à mon avis, trouvé des solutions ou des pistes de solutions lors de cette interview. La fin de l’interview témoigne parfaitement de son objet qui fut non seulement d’ameuter les troupes pour les élections législatives et locales, mais également chercher à conquérir le cœur des gabonais, car en réalité le président Ali sait que les gabonais sont très insatisfaits de son travail.

Voyons voir les commentaires des gabonais sur les réseaux sociaux après l’interview.


Cette liste de commentaires sur l’interview n’est pas exhaustive. Chacun a tout de même donné son avis sur les réponses du Président. Personnellement je pense que l’idée était bonne, ce qui ne fut pas le cas des réponses car aucune solution concrète ne fut proposée sur des problématiques pourtant clairement posées.

La prochaine intervention télévisée du Président Ali se fera au mois de décembre, nous seront encore là pour la commenter et faire un bilan de ses actions.


Il était une fois la révolution sociale dans la patrie des Panthères

 

CP: Facebook

Dans un pays en crise, en proie à la désunion, au chômage et à l’injustice ; dans un pays profondément blessé dans son estime de soi et dont la plaie béante, puante, délice des mouches et des microbes, a été exposée, à la pleine clarté du jour, pendant l’un de ses plus grands shows de télé-réalité : l’élection présidentielle 2016 ; dans ce pays, un jeune homme, le cerveau fécondé par le patriotisme, par l’amour du débat politique, par la passion du droit et par diverses expériences associatives, accoucha une œuvre intitulée : Plaidoyer pour une révolution sociale au Gabon

L’œil observateur recevra un uppercut à la lecture du titre.

Le coup vient de ce mot : plaidoyer. S’il signale l’influence des études de droit suivis par l’auteur, ce terme indique, également, que ce dernier ambitionne de soigner la plaie de son pays en donnant à ses remèdes une assise juridique. Mais, si le jeune homme veut s’appuyer sur le droit, il émet l’hypothèse selon laquelle la grande blessure qui torture sa terre natale aurait une origine culturelle. il s’agirait de la dépréciation systématique de soi, au sens où il est d’avis général que le pays ne peut rien produire de grand. Entre les lignes, le jeune homme laisse alors entendre que la révolution sociale qu’il défend n’est qu’un prélude à une révolution de plus grande envergure :

 La révolution culturelle.

C’est pourquoi l’auteur définit la révolution sociale comme une transformation de la culture politique. L’auteur veut donc proposer, par le truchement du droit, une autre manière d’appréhender et de pratiquer la politique, une possibilité de rompre avec les us et coutumes en vigueur dans le domaine politique. Cette transformation-rupture est le passage d’une culture de sujétion à une culture de participation. Dans la culture de sujétion, le citoyen se sent dominé par le système politique dont il attend les bienfaits et redoute les diktats. Dans la culture de participation, le citoyen possède les moyens et outils efficaces, juridiques notamment, et l’état d’esprit nécessaire pour participer à, et influencer l’action politique.

Mais la lecture des propositions-solutions de l’auteur laisse un malaise.

Elles sont pertinentes, intelligentes. On peut citer, en autres, la révision de la constitution pour plafonner le nombre de parti politique et pour exiger de chacun une idéologie claire sur des sujets d’intérêt général. Le but est d’épurer le paysage politique de partis qui ne valent absolument rien, parce qu’ils n’assument pas pleinement leur rôle : conquête, exercice et conservation du pouvoir, et surtout, surtout, surtout, la formation de l’opinion, c’est-à-dire la mise à disposition, pour les citoyens et militants, en dehors des périodes électorales, d’informations et activités en vue de forger leurs convictions politiques, ainsi que leur capacité à réfléchir sur les défis que rencontre le pays. On peut également faire allusion à l’institution d’une culture du référendum pour consulter le peuple sur des questions majeures et ainsi lui redonner confiance en ses dirigeants. Et on ne peut oublier la dotation d’un encadrement législatif à la pétition afin de permettre aux citoyens de suspendre ou d’amender des lois, des mesures qu’ils jugent impertinentes. Ce ne sont là que quelques-unes des propositions de l’auteur.

Nous le disions, elles sont intelligentes. Mais, elles semblent rester dans l’ordre des bienfaits à attendre du système politique. Car, pour être effectives, elles doivent passer le cap d’un débat à l’Assemblée nationale en vue de leur adoption. En clair, cela donne l’impression que la révolution sociale défendue par l’auteur dépend, largement, de la bonne volonté de ceux qui détiennent, actuellement, le pouvoir. Aussi, pourrait-on croire que le livre leur est directement adressé, et que le message délivré entre les lignes est : si vous voulez réellement regagner la confiance de vos concitoyens et agir pour la grandeur de ce pays, voici quelques conseils !

 Mais nous préférons penser que le message fondamental de l’auteur est :

Si vous voulez réellement agir pour la grandeur de ce pays, prenez le pouvoir !

Mais alors à qui s’adresse-t-il ?

D’abord aux jeunes, puisque l’auteur souhaite leur implication dans les élections législatives, en tant que candidats notamment. Ensuite à la société civile, car cette dernière constitue naturellement le contre-pouvoir. Pour l’auteur, la transformation de la culture politique dépend, fortement, de la qualité de la société civile : si cette dernière ne produit pas, par elle-même, les moyens et les outils d’une formation éclairée de l’opinion et un rehaussement du niveau du débat public, il ne faut pas s’attendre à ce que la culture politique devienne performative.

Enfin, pour nous, personnellement, ce message devrait concerner particulièrement les acteurs culturels. Car si, dans une société, la politique est la sphère décisionnelle, les décisions sont le résultat d’une combinaison de comportements, de croyances, de valeurs, d’outils et techniques qui, en réalité, sont le produit de la culture (éducation, arts, sports, sciences). La prise de pouvoir par les acteurs culturels renvoie à leur capacité à faire voir, par leurs œuvres, par leurs créations, par leurs activités, par leurs exploits, les chemins qui mènent à la grandeur et à l’épanouissement. Ils représentent la rupture avec l’idée selon laquelle, chez nous, la politique est la voie royale pour s’accomplir.  C’est pourquoi, in fine, nous faisons cœur avec l’auteur lorsqu’il indique ce qu’il y a de fondamental et nécessaire dans la révolution sociale :

 Il s’agit de promouvoir une philosophie d’engagement centrée non pas sur l’Etat et ce que nous devons attendre de lui, mais sur l’individu et sur son devoir de se construire et de s’élever par lui-même d’abord. Cette voie est la meilleure parce qu’elle n’est pas la voie de l’attentisme mais celle du travail. Elle est la seule à pouvoir renforcer durablement la paix, dans toute sa profondeur. Et aucune alternance politique, aucun coup d’Etat, aucune élection ne nous mènera à ce résultat sans les efforts que suppose la voie indiquée ici.

Pour connaitre et juger l’ensemble des propositions de l’auteur, nous vous invitons à les découvrir, vous-même, en lisant l’œuvre.

 Ah ! Pardonnez notre impolitesse.

L’auteur se nomme Théophane Nzame-Biyoghe, étudiant en droit à l’Université Africaine des Sciences, et son œuvre, Plaidoyer pour une révolution sociale au Gabon, est publiée aux éditions Edilivre. Vous pouvez la commander sur le site de l’éditeur en versions papier ou numérique :

https://www.edilivre.com/plaidoyer-pour-une-revolution-sociale-au-gabon-theophane-nzame-b.html/

 

Ecrit par MELVINE FAUSTER, étudiant en philosophie.


Ali Bongo à la conquête des coeurs sur les réseaux sociaux

C/P : Koaci.com

 

Depuis bientôt un an, la cellule de communication de la présidence de la République semble avoir redynamisé sa stratégie sur les réseaux sociaux, après l’élection contestée d’Ali Bongo en 2016. Cette redynamisation pour la conquête des cœurs des gabonais se traduit par plusieurs actions, ponctuelles ou pas, qui seront décrites ici.

Ali Bongo et son régime sont les sujets préférés des gabonais sur les réseaux sociaux. On parle de lui et de son régime partout et de toutes les manières possibles, sur Facebook, Twitter et WhatsApp. Chaque jour il y a quelque chose à reprocher à ce régime. Avec la démocratisation des smartphones et des réseaux, chaque gabonais connecté et insatisfait de ce régime n’hésite pas à poster une image qui contribuera à décrédibiliser le pouvoir d’Ali Bongo.

Depuis 2014, plusieurs activistes sont nés de cette élan de contestation pour participer à la « libération du pays du régime Bongo ». On peut citer entre autres Thibault Adjatys, Pierre Ntoum, Jonas Moulenda, Bung Pinz, Franck Joctane ou Marc Ona. Ces activistes ont tissé un réseau d’informateurs, centralisent l’information puis la traite et la publie sur leurs murs et ceux des pages et groupes dont ils sont administrateurs. Avec des communauté assez grandes (plus de 4500 fans par activiste), ils parviennent à répandre les informations contre le régime.  Il est important de savoir que ces éléments publiés sur les réseaux sociaux viennent très souvent de l’intérieur du pouvoir en place. Cela peut se vérifier avec la publication des notes de services, des documents confidences, des vidéos personnelles ou des correspondances administratives, par exemple. C’est dire combien ce réseau d’information est vaste, mais surtout très difficile à démanteler.

Au Gabon, les réseaux sociaux sont le meilleur moyen de protester contre le régime en place car toute action entreprise sur le terrain est soit interdite, soit fortement réprimandée par les forces de sécurité. Si les gabonais ont généralement peur d’aller sur le terrain, ceux présents dans l’administration fournissent en revanche des informations cruciales contre le régime. Depuis 2014, Ali Bongo essuie ainsi plusieurs publications qui contestent le bilan de son mandat, sa filiation avec Bongo, son élection en 2016 mais aussi d’autres qui ont pour objectif de l’humilier, souiller son nom à travers des visuels qui dégradent son image en tant qu’homme mais aussi en tant que Président de la République. Je me demande si un Président dans le monde avait déjà été victime d’une telle vindicte populaire sur les réseaux sociaux.

Après l’élection contestée de 2016, la tendance des publications négatives et acerbes sur Ali Bongo et son régime était toujours à la hausse. L’année 2017 n’a pas arrangé les choses : c’a probablement été le nouveau pic des publications de contestations du Président. Avec une image déjà écornée, le pouvoir a refusé de laisser les choses se poursuivre sans réagir.

Depuis peu, j’ai ainsi constaté un changement de ligne éditoriale dans leur présence en ligne. Il y a véritablement une redynamisation de la page Facebook  Twitter de la Présidence de la République, du Président de la République et de la première dame. Ils semblent souhaiter être plus proches des gabonais, grâce à des publications empreintes d’émotions positives et de patriotismes, de fierté nationale, d’engagement pour le développement du Gabon et la notoriété internationale.

Certaines structures telle ONE GABON ont pour objectif de répandreles actions posées par le Président et son gouvernement sous format vidéo, photo ou infographie sur les réseaux sociaux. ONE GABON a également pour objectif d’évangéliser les gabonais à propos des nouvelles mesures mises en place par le gouvernement. Cette évangélisation passe par la prise de parole des ministres, des techniciens, des bénéficiaires. C’est avec un contenu de qualité et diversifié que la présidence tente de reconquérir les coeurs des gabonais.


La conquête des cœurs ne se limite pas seulement à ces actions citées, elle s’étend jusqu’à donner la parole aux gabonais à travers un numéro de téléphone sur lequel ils peuvent appeler la présidence de la République et un numéro WhatsApp sur lequel tout gabonais pourra poser des questions au Président et recevoir toute l’actualité de la Présidence de la République. La parole que les gabonais souhaitent avoir pour dire ce qu’ils pensent, c’est celle-là que la présidence souhaite donner aux gabonais, notamment à l’occasion de la fête nationale du 17 Août prochain. En effet, la Présidence de la République propose de poser dès à présent sur sa page Facebook les questions auxquelles les gabonais souhaitent avoir des réponses du Président de la République. Celui-ci y répondra le 19 Août, en direct.


En plus de ces actions de prises de parole, la présidence a organisé des jeux comme ce quiz de 25 questions sur le Gabon. Il y a aussi le challenge #GabonFlagDay qui vise à mettre en avant le drapeau gabonais sur la page facebook et Twitter de la présidence.

Toutes ces actions n’ont qu’un seul but : redorer l’image écornée d’un président en froid avec la population. Il est toutefois important de préciser une chose aux conseillers en communication de la présidence : l’élément le plus important du message c’est la promesse. C’est sur la  promesse que toute la communication est bâtie. Si la promesse n’est pas tenue, toutes les communications qui seront faites après l’expérience client du produit ou du service seront vaines.

En ce qui concerne le Président de la République, sa promesse d’un Gabon émergant a échoué jusqu’à présent. La meilleure façon de faire serait de travailler et de faire de cette promesse une réalité.

 


TOP 8 DES CHANSONS QUI DÉCRIVENT LA SOCIÉTÉ GABONAISE

 

CP : YOUTUBE

Depuis quelques jours une polémique fait le plein de commentaires sur les réseaux sociaux au sujet de l’impact de certaines chansons sur la jeunesse gabonaise.  Cette polémique est née suite à l’arrestation d’un certain KEMEKA, présumé assassin du jeune Roméo, qui est soit-disant cité dans la chanson « Goudronnier » de l’artiste DON’ZER.  Reconnaissons l’intérêt du sujet surtout quand on sait que les artistes ont de l’influence sur leurs fans. Toutefois il y a un aspect de ces chansons qui n’est pas souvent bien compris par certains mélomanes.  En général au Gabon on voit beaucoup plus le verre à moitié vide qu’à moitié plein.  La musique comme tous les autres arts sont le miroir de la société, une société aux visages multiples décrient  selon la sensibilité de tel ou tel artiste. C’est afin de lever l’équivoque que je m’en vais  vous citer huit chansons qui décrivent certains pans de la société société gabonaise actuelle.

 

1)  MANI MATE LE NIEN  de l’artiste TEMPETE DU DÉSERT 

Pour ceux qui ne le savent pas, « MANI MATE LE NIEN » veut dire « Frangin regarde le flic ».  Au Gabon, travailler dans les forces de l’ordre et de sécurité devient le moyen le plus sûr d’avoir un emploi. Que tu aies un bac +4 ou être un (e) non diplômé (e), tu es au moins certain(es) qu’on peut t’embaucher et percevoir chaque fin de mois ton salaire pour nourrir ta petite famille ou toi-même. Cette réalité fait en sorte que plusieurs jeunes ne pouvant se faire valoir ailleurs, s’enrôlent par défaut dans les corps habillés. C’est l’embauche du désespoir quand il est choisi de cette façon. Il faut savoir que les agents des corps habillés semblent relativement bien traités par l’Etat car exemptés de certaines contraintes affligées aux autres fonctionnaires comme le récent recensement des agents de la fonctions publics ou la prochaine réduction des salaires. L’artiste Tempête du désert décrit parfaitement le statut qu’occupent les corps habillés dans la société gabonaise. Tout d’abord, ce sont des intouchables, ce sont les rois sur la route quand ils font les contrôles de police sur les voies urbaines, périurbaines ou sur la nationale N1. Ils se font du fric avec le racket exercé exclusivement sur les taximen, les transporteurs routiers de la nationale N1 ou ceux des matériaux de construction. Une fois le fric empoché, ce sont eux les premiers à jouer les riches dans les bars de quartiers. D’ailleurs on voit bien dans le clip de Tempête du désert, un personnage (Manitou) jouant le rôle du flic friqué, sort de l’argent de sa poche et le met dans la poche arrière du jeans d’une fille qui trépigne ses fesses devant lui. Personne ne peut les réprimander, ce sont eux qui représentent la loi c’est d’ailleurs pourquoi ils se permettent de tout. Une fois j’ai assisté à une scène surréaliste chez un revendeur agréé Airtel Money (Mobile Banking). Il était 19h quand j’ai vu un flic sortir plusieurs billets de 500Fcfa et 1000Fcfa empilés dans un sachet pour faire un dépôt sur son compte. Les gens autour étaient tout aussi étonnés que moi, ce qui ne fut pas le cas pour ce flic sans vergogne. Je tiens à préciser que tous les flics ne sont pas comme ceux décrit plus haut. Il y a par exemple des flics exemplaires comme ceux qui ont arrêté les assassins du jeune Roméo. Big up à vous et RIP au frère.

 

2) BABYLON de l’artiste SLR SOSSA

Les matitis ou Mapane de Libreville sont une vraie plaie pour la jeunesse gabonaise, c’est le creuset de la délinquance et de tous les vices qui sèment le malheur chaque jour à Libreville.  Vivre dans le ghetto, le mapane ou matiti c’est vivre à Babylon c’est souffrir pour s’en sortir. Vivre dans le mapane c’est côtoyer la drogue, le sexe, la violence, la faim, la déperdition scolaire, les grossesses précoces et j’en passe.  Au Gabon il y a des citoyens de seconde zone, des citoyens qui n’ont pas accès aux infrastructures de bases comme l’école, la santé la sécurité mais qui sont les premières victimes d’agression, d’inondation, d’exclusion et de manipulation politique. Les mapanes à Libreville sont le témoignage d’une société qui a échoué dans la construction d’un idéal commun si tant est qu’il en existe un.  Malgré les efforts que fournissent certains jeunes du Mapane, ils rencontrent toujours des difficultés car n’étant pas aidés, je voulais dire car étant oubliés par ceux qui sont censés s’occuper d’eux, réunir les conditions de leur épanouissement individuel.  Se sentant abandonnés à elle-même, la jeunesse gabonaise est devenue rebelle et insouciante.  On constate de plus en plus d’agressions, de viol, de braquage, de meurtre, d’escroquerie. Le pis c’est que ces actes de banditisme sont faits par des adolescents.  A une certaine époque c’était les aînés qui agressaient les populations. Aujourd’hui se sont les jeunes et moins jeunes qui le font. Dans le clip de SLR SOSSA, on voit bien au début du clip, des jeunes qui tentent de se débrouiller en rebouchant les nids de poule. Les recettes étant marginales, ces derniers décident de troquer leur uniforme de travail pour celui du braquage de leurs voisins. Une pratique qui est courante à Libreville. Une des choses que j’ai apprécié dans ce morceau c’est l’espoir qui en ressort lorsqu’il met en avant les enfants qui sont l’avenir de ce pays, l’avenir des quartiers de Libreville et du Gabon. Ces derniers y dansent avec frénésie au rythme de cet espoir qui leur permet de dormir la nuit après une longue et difficile journée en se disant que le lendemain sera meilleur que la veille.

 

3) JE BOIS LA REGAB de l’artiste MOX BABY

Sport national depuis de nombreuses années, la consommation d’alcool est un héritage que nous portons et assumons fièrement de génération à génération.  Toutes les occasions sont bonnes pour aller au maki, que ce soit lors d’un décès, anniversaire, baptême, mariage. A la pause au travail comme à la fin des cours au lycée ou à l’université, il y a toujours un moment que nous accordons à la consommation d’alcool. Le gabonais est un bon vivant, il ne souhaite qu’une chose : Vivre sa vie comme il l’entend avec ses proches. Difficilement vous trouverez un gabonais assis seul dans son coin en train de boire sa bière, il est souvent accompagné de ses amis ou sa famille. La bière nationale la REGAB, primée parmi les meilleures bières du monde en 2018, est le prophète d’une religion appelée communément le « DJOKA » qui signifie  » Boire ».  Au Gabon, le week-end commence lundi, dès ce jour les bars sont déjà remplis à partir de 17h voire même plus tôt. Boire les alcools devient un exutoire. La vie est tellement difficile pour tout le monde au point où certains sont obligés de l’oublier en buvant. Dans cette chanson, Mox Baby dit clairement que les jeunes cherchent 500fcfa chaque jour pour boire une REGAB. Comme quoi c’est la seule chose qui reste à faire pour passer le temps qui semble si long quand on est au chômage, dans des problèmes.  Boire la bière dans un maki est l’occasion d’aborder tous les sujets surtout le plus alléchant, la politique.  Il n’y a pas d’endroit à Libreville où vous ne trouverez pas un bar. Ils sont partout.  Avec le concours de la Mairie, Libreville est devenue un grand maki à ciel ouvert. On voit de tout dans un maki, c’est l’une des choses qui m’exhale personnellement car c’est le bon endroit pour observer mes compatriotes. En effet dans les bars on rencontre des fonctionnaires en costumes qui racontent à haute voix les dossiers chauds qu’ils ont traités pour se donner de l’importance auprès des marginaux qui l’accompagnent, les flics qui parlent de leur travail ou de leur problème de foyer, les élèves qui se saoulent devant les aînés et qui braqueront ces derniers à la fin de la soirée. On y rencontre aussi les chômeurs qui cogitent sur leur vie en se saoulant ou encore des filles qui cherchent celui ou ceux qui rentreront avec elles pour une seule nuit ou pour la vie.

 

4)  MON PAYS de l’artiste LOVA LOVA ANELKA

La vie au Gabon est très rythmée c’est pourquoi l’artiste Lova Lova Anelka vous invite à danser et à bouger au début de son morceau. En effet, il y a tellement de choses qui se passent dans ce pays et qui peuvent légitimement faire craquer plus d’un. Chaque jour à son cortège de nouvelles aussi folles les unes que les autres. Aujourd’hui il peut s’agir d’un crapuleux meurtre ou crime rituel, demain un détournement de plusieurs milliards de francs, après demain une fille qui s’est faite violée ou qui a avorté et jeté son nouveau-né, après demain des salaires qui vont être coupés et ainsi de suite. Véritablement pour le gabonais c’est « A chaque jour sa peine ». Plus le temps passe plus je constate qu’il y a des comportements sociaux dont tout le monde semble négliger. Par exemple chez les boutiquiers du quartier appelé « Malien », on vend la cigarette aux élèves filles comme garçons. Les bars servent de l’alcool aux élèves en tenue, les motels ouvrent leurs portes à tous les jeunes sans demander au préalable leurs pièces d’identité. Pourquoi avons-nous atteint ce niveau d’inconscience et d’insouciance ? Comment pouvons-nous accepter de détruire notre jeunesse ? Quelle société pouvons-nous construire si certains principes sont bafoués par tous sinon la majorité ? Je reste convaincu que le gabonais paiera de sa passivité, d’ailleurs il la paie déjà.  Regardez le niveau d’insécurité dans lequel nous vivons, il n’est plus possible de se balader la nuit à Libreville comme autrefois. Malgré la présence de la police dans certains carrefours, les victimes de braquage et de meurtre se multiplient. La psychose règne désormais, on évite dorénavant de mettre du temps dehors au risque de se voir dépouiller par une bande de jeunes affamés et drogués. Lova Lova Anelka aborde deux sujets qui me tiennent à cœur, la santé et l’éducation. Ce sont deux secteurs clés qui souffrent le plus dans ce pays. Mais où va-t-on ? Nous le saurons une fois dans le mur.

https://www.youtube.com/watch?v=vNdHQkDT8ZM

 

5)  BONOBO de l’artiste CREOL feat SHANE’L LA KINDA

La très controversée Creol avait provoqué une levée de bouclier lorsqu’elle a sorti son morceau dénommé « Bonobo ». Il faut savoir que les bonobos sont un genre de singes qui aiment particulièrement s’accoupler à tout moment et dans toutes les positions. C’est un moyen pour eux de se distraire, de régler les conflits dans le groupe, de resserrer les liens ou juste par simple envie. Je crois que cet exemple est parfait pour décrire la banalité qu’est devenu le sexe dans la société gabonaise. Les hommes comme les femmes sont actuellement dans une bulle sexuelle qui scandalise. Depuis quelques années, on enregistre une floraison de motels qui sortent de terre partout à Libreville. En semaine et surtout le week-end, ces lieux de plaisir sont bondés de monde. Une fois un ami qui y était allé me disait qu’il y a même eu une queue dans un des motels qu’il fréquentait, incroyable !  En tant qu’homme, j’ai remarqué que les filles ou femmes deviennent de plus en plus facile à sortir. Il suffit de peu de chose pour les avoir dans son lit. Est-ce qu’elle appelle émancipation ? La plupart du temps se sont des relations sans lendemain. Il y a eu un cas qui m’a particulièrement choqué durant cette année, c’est celui du jeune homme qui filmait ses ébats sexuels avec des filles puis leur faisait un chantage avec les vidéos qu’il avait d’elles. Cette histoire avait défrayé la chronique au point où la police judiciaire avait interpellé ce jeune homme. Les vidéos circulaient sur whatsapp et Facebook. Ce sont les réalités du Gabon que chacun des gabonais vit chaque jour.

 

6) BORDELLE, COLLECTIF PEOPLE

Voici le morceau qui a motivé la rédaction de ce billet. En écoutant les paroles, vous comprenez aisément il m’a inspiré car ce sont les réalités de nos quartiers. Je crois que la pauvreté que vivent les gabonais poussent certaines à faire des choses pour subvenir aux besoins de leurs familles ou d’elles-mêmes. Plusieurs filles sortent avec des détenteurs de prêt-à-porter pour avoir des vêtements, d’autres avec le boutiquier pour avoir de la nourriture. Certaines ne le font pas pour les raisons invoquées mais simplement par plaisir. On voit souvent dans les quartiers des filles qui sortent avec plusieurs garçons du même quartier sans que cela lui pose un problème ou une gêne. Ce sont des comportements qui n’honorent pas la femme. Je parle beaucoup des femmes parce que ce sont des êtres que je respecte et quand je constate ou remarque des comportements peu recommandables, je me sens obligé d’en parler afin de les interpeller. Une fois pendant que nous prenions un verre, ce morceau était en train de jouer quand une jeune fille se met à danser dessus et chanter. Je lui ai demandée si elle comprenait les paroles, elle répondit à l’affirmative mais rétorqua en disant que ces paroles ne la concernent pas. Sa réponse était juste mais je l’ai interpellée en lui disant qu’en tant que femme elle n’avait pas le droit de danser et chanter ce morceau, ce qu’elle fit. Une fois encore je remarque que les gabonais n’agissent pas souvent par solidarité ce qui en soi n’est pas une bonne chose si on veut que les choses évoluent.  Sincèrement ce morceau m’a perturbé et je vous invite à bien écouter les paroles.

 

7) GOUDRONNIER de l’artiste DON’ZER

Voilà un morceau qui aborde un sujet assez important, la violence et la drogue dans les quartiers de Libreville. Sachez que « Goudronnier » signifie toute personne qui se bat par tous les moyens légaux et illégaux pour  avoir de l’argent ou réussir. Pour certains ce morceau a eu une influence négative sur la jeunesse gabonaise , d’autres comme moi ne partagent pas cet avis.  On reproche à ce jeune artiste des paroles qui font l’apologie du banditisme de la violence et des drogues. Personnellement je pense que cet artiste ne parle que ce de ce qu’il vit dans son quartier, des réalités qu’il rencontre chaque jour avec les siens. Refuser d’accepter les réalités des autres c’est croire que la vie de tous les gabonais est la même. Il est parfaitement clair que la vie aux Akébé (quartiers populaires de Libreville) n’est pas la même que celle de kalikak (quartier résidentiel de Libreville). Il est évident que les histoires racontées dans chacun de ces deux quartiers ne seront pas les mêmes car les réalités ne le sont pas aussi. A Libreville, plusieurs quartiers se paupérisent créant ainsi les conditions nécessaires à la délinquance. J’avais abordé ce sujet dans l’un de mes billets consacrés à Libreville ( ICI ) . Parlons des Kobolo, cette drogue qui sévit chez les jeunes depuis  plus d’un an. Dans son morceau, DON’ZER dit clairement que les jeunes vivent de « ça ». Effectivement certains jeune vivent de la drogue et se droguent, c’est un fait. Plusieurs cas d’overdose ont été enregistrés dans les établissements scolaire suite à la consommation des kobolo.  En parlant des Kobolo dans son morceau, DON’ZER  révèle au grand jour une drogue qui sévit chez les jeunes.  Au sujet de Kemaka cité dans  « GOUDRONNIER », l’artiste confirme lors d’un Facebook Live qu’il ne s’agit pas du  pseudo du présumé assasin du jeune Roméo mais plutôt le nom d’une drogue très appréciée par les jeunes. De plus il précise  d’autre part dans ce facebook Live que Kemaka est un ami d’enfance et qu’il n’encourage pas l’acte horrible qu’il a  supposé commis.  Je crois qu’il ne faut pas faire un faux procès à ce jeune artiste, les vrais coupables sont ailleurs, si chacun faisait bien son travail nous n’en serions pas là. L’artiste ne fait que peindre les réalités de la société tout en vous divertissant, il y a des messages qu’il y véhicule pour interpeller les autorités, les concitoyens etc. A chacun de jouer sa part pour que les choses avancent.

 

8) TCHIZABENGUE de l’artiste SHANE’L LA KINDA

.C’est le buzz du moment au Gabon, les Tchiza sont sorties de l’ombre dès la sortie de ce morceau et ont d’ailleurs créé une polémique autour de ce concept. Ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, en effet une Tchiza est une maîtresse. C’est une femme qui sort avec les hommes mariés ou en couple et s’enorgueillit en chambrant sa rivale, la femme au foyer. Au Gabon, la plupart des hommes ont des Tchiza qu’ils entretiennent. C’est une pratique tellement courante qu’elle devient banale, ne surprend plus personne, le principe est validé et accepté par tous. Le statut de maîtresse leur confère plusieurs avantages, argent, voyages, entretien, sortie de nuit etc. J’avais longuement abordé ce sujet dans un article dédié à cette pratique ( CLIQUEZ ICI ) Parmi les personnes qui ont pris la parole pour défendre les Tchiza, il y a ce jeune homosexuel qui parlait en tant que Tchiza, c’était ma foi surréaliste. A part Lanlaire depuis l’Europe qui se le revendique, ce jeune homme résident au Gabon a provoqué une pléthore de commentaires dénonçant son homosexualité qu’il assume bel et bien d’ailleurs. Ce que j’ai compris de son intervention c’est que les Tchiza des hommes mariés peuvent être des femmes comme des hommes. Une fois encore SHANE’L a marqué le pas en abordant avec habilité des situations que beaucoup de femmes vivent ce qui est d’ailleurs l’une des raisons du succès de ce morceau.

 

 


CE QUE LES GABONAIS PENSENT DE LA TÉLÉ-RÉALITÉ DE L’ARTISTE CREOL

 

L’artiste Creol dans le titre VIP

Fille de MackJoss, célèbre chanteur gabonais, Créol s’est fait connaître à travers son titre sulfureux dénommé  » Bonobo  » en featuring avec Shane’l la Kinda. Plusieurs mois après la sortie de son deuxième titre, « V.I.P » , qui était tout aussi provoquant que le premier, Créol annoncait dans une vidéo sur sa page Facebook, la fin de son partenariat avec la maison de production Direct Prod, pour se lancer dans une autre aventure notamment sa télé-réalité baptisée My Fantastik Life qui sera diffusée sur Gabon Télévision. Cette annonce a divisé les gabonais, certains sont contre d’autres sont au contraire très enthousiastes. Tour d’horizon des différentes positions.

Avant de décortiquer tout ce qui se dit autour de cette télé-réalité qui se nomme « My FantastiK Life », je crois qu’il est plus que nécessaire de définir ce qu’est une télé-réalité afin de mettre tout le monde d’accord sur le sens des mots.  Il faut savoir qu’une  » télé-réalité est un genre télévisuel dont le principe est de suivre, par épisode, la vie quotidienne de personnes anonymes ou de célébrités. Des individus ordinaires vivent artificiellement des situations plus ou moins ordinaires. La forme des émissions de télé-réalité peut s’inspirer du documentaire, du jeu, de la variété ou de la fiction. » Nous comprenons dès lors que tout le monde peut partager chaque jour sa vie ou son imaginaire sous format vidéo  et le diffuser à la télé ou sur  internet . D’ailleurs beaucoup le font chaque jour sur facebook ou instagram sous forme de texte ou photos d’eux dans les différents endroits fréquentés durant la journée.

 

LA TÉLÉ-RÉALITÉ, UNE NOUVEAUTÉ AU GABON !

Plusieurs internautes  font implicitement le rapport entre la télé-réalité des Kardashian avec celle de Creol .  Cette façon de voir le projet de Créol nous replonge dans les problématiques africaines que j’aborde régulièrement sur ce blog. Les africains sont plus enclin à consommer étranger au lieu de consommer ce qui est produit en local. Comparaison n’est pas raison, il n’est pas dit que Creol doit absolument avoir la fortune des Kardashian ou être riche pour  faire une télé-réalité. La définition plus haut est on ne peut plus claire. La télé réalité  de Creol est basée sur une seule chose : Sa vie.  Cela passe par ses enregistrements en studio, ses soirées arrosée, ses ami(es),  ses tournages, ses folies  etc.. En somme tout ce qu’elle fait durant ses journées.  Il est tout à fait clair que la nouveauté effraie le gabonais, il est habitué à sa routine et se dit que si une personne fait différent alors elle est folle ou encore doit revoir à la baisse ses ambitions car ne pouvant réussir Au Gabon.  Cette vidéo qui suit témoigne parfaitement de l’état d’esprit « routinier » des gabonais qui croient  toujours que l’herbe est toujours plus verte ailleurs.

 

QUELLE IMAGE RENVOI CREOL ?

Creol est une artiste clivante.  Elle créé presque toujours la polémique à chaque fois qu’elle fait une sortie médiatique. Selon mon observation, je trouve que c’est une artiste qui s’inspire beaucoup de la logique  de certaines artistes américaines  telles que Lil Kim , Lady Gaga, Nicki Minaj et Camerounaises comme Lady Ponce et Mani Bella. Ce sont des artistes  extraverties, qui  mettent en avant leurs formes physiques et choquent par leurs textes qui parlent implicitement et parfois explicitement de sexe. Ce parti pris artistique de Creol bouleverse une partie de la population qui la juge trop vulgaire.

Certains trouvent qu’elle participera à la débauche de la junte féminine gabonaise qui est déjà reprochée de plusieurs comportements tels que la consommation d’alcool, les relations sexuelles précoces, la prostitution ou l’infidélité.  Comme cette publication d’une gabonaise sur un groupe public sur facebook. Les commentaires sont allés dans tous les sens, certains étaient d’accord avec ses propos d’autres pas. D’ailleurs une Mackaya est intervenue pour dire que ce profile était faux et semblait connaitre la véritable personne derrière cette publication. Dans une autre publication, un autre facebookeur fait carrément une publication disant que « Creol vous rendra pute ». Avec ces publications, on comprends clairement que certains ont des positions tranchées sur cette artiste.

Publication de Kiara akends sur Infos de Nzeng Ayong du 02 Aout 2018

D’autres pensent que c’est par jalousie que plusieurs détracteurs dénoncent sa télé-réalité et le contenu de ses chansons.  Sur Facebook, un facebookeur demande à Booba de frapper Creol comme il l’a supposément fait à Kaaris.

 

Sur Twitter un jeune gabonais pense que celles qui critiquent les morceaux de Creol font 10 fois plus dans les chambres des motels. Histoire de de dire que Creol ne fait que mettre à nu ce que font plusieurs gabonaises.

Elles critiquent la nouvelle vidéo de #creol alors qu’elles font 10 fois pire dans les chambres des garçons…
Pardon #Libéreznouslaligne ! #Gabon #241 pic.twitter.com/xOL0ki0orq


 

MDR vous attendez quoi d’un pays ou les gens trouvent #Lanlaire génial, lisent que les conseils de ministres et écoutent du #Creol

 

Une partie de la controverse autour de sa télé-réalité  repose essentiellement sur son image. Pour beaucoup, elle symbolise la vulgarité  mais aussi la liberté de faire de sa vie ce que l’on veut.  « Les shérifs de la moral » au Gabon se demandent si le message subliminal de sa télé-réalité sera t-il de valoriser la femme gabonaise ou l’inverse.

Pour finir, je pense sincèrement que Creol est clivante c’est d’ailleurs cela qui la caractérise. Elle s’est positionnée dans ce style pour vendre son image. Je trouve qu’il est très encourageant de voir des jeunes oser dans un domaine comme la télé-réalité qui est encore inexpérimenté au Gabon. Le contenu quant à lui pose problème. Certains n’ont même pas encore regarder l’émission que déjà ils en tirent les conclusions hâtives à cause de l’image que semble renvoyer Creol. Soyons raison gardé pour l’instant.

A FAIRE A SUIVRE.


MON PEUPLE PERIT FAUTE D’EDUCATION

 

Eleves de franceville en grève pour réclamer la reprise des cours. Mars 2017.CF:Facebook

Sommes-nous conscients du malheur qui attend la future génération qui devra diriger le Gabon ? Sommes-nous conscients du péril en gestation de toute une culture ? Sommes-nous conscients de l’héritage historique qui nous ait légué ? Sommes-nous conscients des responsabilités qui incombent à l’Etat et à chacun d’entre nous sur l’éducation de nos enfants ? Tels sont les questionnements qui nourrissent mon quotidien suite à mes observations.

De mon point de vue, toutes les difficultés économiques sociales culturelles et politiques actuelles, résident fatalement dans la faiblesse (C’est un euphémisme) de notre système éducatif. Sans ambages je le dis, le système éducatif gabonais est un échec cuisant qui en réalité devrait servir dans les universités et grandes écoles comme étant le parfait modèle à ne point suivre.

Pourquoi le dis-je ? Et bien parce qu’actuellement nous en payons les frais. Il suffit de regarder comment fonctionne la société gabonaise pour mesurer le niveau d’échec d’un système éducatif avilissant et dénaturant. Le mal est profond, il gangrène toute une génération en danger de mort intellectuel culturel et morale qui tente désespérément par tous les moyens de sauver le peu de dignité et d’espoir qui lui reste.
Il est des moments où je me demande à quoi sert véritablement la devise nationale : « UNION-TRAVAIL-JUSTICE ». Ces trois valeurs fondatrices de notre République sont royalement bafouées et mises aux calendres de l’histoire. Ce serait peut de dire qu’aucune de ces valeurs n’est une réalité palpable au Gabon. Pire, qu’elle soit présente dans la conscience des gabonais.

Il est écrit que les valeurs d’une République sont enseignées ou transmises à l’école de la République c’est-à-dire l’école publique. Si cette dernière est malade dans le fond et dans la forme, alors on peut aisément comprendre la cause de toutes nos difficultés actuelles. Une bonne éducation facilite la vie en société, le partage des mêmes valeurs, l’acceptation de l’autre dans sa différence, le sens du devoir et de la justice, le sens de la responsabilité et du travail, l’attachement à sa culture et à son héritage historique. Si l’école de la République est dénuée de tout cela, tôt ou tard notre société ne connaitra que ruines cendres et larmes.
Si l’Unité est la première valeur de notre République c’est parce qu’elle a une importance capitale, c’est la pierre angulaire de notre République. C’est le socle sur lequel doit être bâti la nation gabonaise compte tenu de sa diversité ethnique. Que de larmes chaudes de désolation quand on constate qu’elle est devenue une vue de l’esprit, un vain mot inscrit dans la constitution.

A quoi sert-il d’avoir une devise nationale si elle n’a d’utilité que de nom ? Pourquoi scander haut et fort que nous sommes une République quand on ne respecte pas ses principes cardinaux ? L’éducation garantit la pérennité d’une République à travers la diffusion et la compréhension de ses valeurs. Au Gabon nous en sommes bien loin.

Commençons par la base. Regardez nos familles, le socle de toutes sociétés humaines. C’est de là que part l’éducation de base d’un enfant. D’après mes observations, les familles gabonaises connaissent la désunion, les membres font du politiquement correct pour éviter d’éclater le reste d’unité encore existante.
Etant le plus nanti de la famille, le benjamin en devient l’aîné. Quelle absurdité ! Sans lui aucune décision importante ne peut être prise. L’argent qui devait servir à élever et solidifier socialement les membres d’une famille, devient le moyen de les écraser. La jalousie s’est immiscée sournoisement dans les rapports familiaux pour une affaire de baccalauréat, de travail ou pis de femme. Nous sommes tombés très bas pour des futilités et la vanité. Conséquences : Tout s’effrite autour de nous, les murs qui clôturaient nos familles se lézardent au fil des années sans qu’aucune réparation ne soit faite ni envisagée.

Plusieurs familles gabonaises ont échoué dans le maintien et l’inculcation de l’unité. Cet échec n’est pas à imputer à l’Etat ni à la République mais plutôt aux membres de nos familles respectives qui sont solidairement responsables de cet état de fait. Toutefois si la famille échoue dans son devoir, l’école de la République ne peut échouer dans ses responsabilités au risque de condamner toute une jeunesse. Malheureusement nous en sommes là. L’école de la République faillit par incompétence et / ou par manque de vision à ses devoirs régaliens. La jeunesse se retrouve ainsi coincer entre une famille en perdition et une école de la République irresponsable.

Que peut-on espérer d’une jeunesse traumatisée par ceux qui sont censés les protéger et les éduquer ? Comment espérer le meilleur alors qu’elle vit le pire ? Regardez dans nos écoles primaires, dans les collèges et lycées, les enfants sont contraints à s’adonner aux vices pour évacuer inconsciemment le traumatisme qu’ils subissent. Le constat est amer : Les grossesses précoces sont courantes, Le niveau scolaire est très bas c’est pourquoi le taux d’échec et de redoublement sont parmi les plus élevés du continent africain. La cupidité et « l’argent facile » sont légion, La déperdition scolaire atteint des niveaux inquiétants, le sexe l’alcool et les drogues sont désormais sans tabou.

En dépit de ce constat ahurissant voire alarmant, nous continuons d’être divisés au lieu d’être unis autour d’un idéal que nous rêvons pourtant tous. On se craint, on se méfie toujours de l’autre, on le soupçonne de sorcellerie, d’avoir le « mauvais cœur ». Que des préjugés. Je reste convaincu que seule l’absence d’une bonne éducation donne naissance à de telle considération.

Nous semblons être incapables de comprendre que c’est ensemble que nous serons prospères et unis et c’est aussi ensemble que nous serons pauvres et désunis.

La division de la société gabonaise n’est que le reflet de la division dans nos familles amplifiée par les divisions politiques et disparités économiques qui perdurent depuis de longues années. Quelle société sommes-nous devenues ? Une société hybride, perdue entre mondialisation et tradition. Une société qui perd ou vend son âme pour ressembler à une autre qu’elle ne connaît point. C’est ce que l’on appelle une société complexée.
Le relèvement de notre pays, de notre société passera indubitablement par la prise en considération au plus haut niveau de l’éducation de nos enfants.

Toutes les formules politiques aussi belles soient-elles nous pourront pas faire décoller le Gabon si l’école de République n’est pas remise au centre de toutes les stratégies.
C’est un appel de cœur que je lance à l’endroit de chacun d’entre vous et à l’Etat gabonais car l’heure est grave, nous ne pouvons pas rester insensibles face à ce génocide intellectuel, culturel et moral car il s’agit de l’avenir de ce pays que nous chérissons tant.


GABON : L’alternance politique peut-elle encore venir des urnes ?

Beninmondeinfo.com
Citoyen qui vote

La réélection d’Ali Bongo avec 50,66% contre 47,24% pour Jean Ping, pose une question fondamentale sur l’alternance démocratique au Gabon. Après la validation par la Cour Constitutionnelle, on ne peut que se demander si un jour les urnes donneront raison au changement.


À l’annonce de la victoire d’Ali Bongo par son ministre de l’intérieur le 31 août, les partisans de l’opposition ont simultanément pris d’assaut Libreville et les autres villes du pays pour dénoncer l’énième tripatouillage orchestré par la dynastie Bongo, afin de conserver le pouvoir et leurs multiples avantages.

Au lendemain des émeutes il n’y avait plus que ruines, cendres et larmes dans le pays car la veille plusieurs édifices et commerces de la capitale gabonaise, et à l’intérieur du pays avaient essuyé la colère du peuple gabonais qui réclamait la proclamation des vrais résultats et dénonçait haut et fort le kidnapping de tout un pays par un clan avide de pouvoir pendant que le peuple meurt de faim, de soif et de liberté.

Les gabonais sans conteste étaient plus que jamais nombreux le 27 août 2016 dans les urnes pour voter, la dernière fois qu’ils étaient aussi nombreux c’était en 1993. Cette hausse du nombre de votant traduisait clairement une volonté manifeste de changer de régime et de sanctionner un pouvoir autocratique, vicieux, entasseur et nuisible pour la prospérité et l’unité du Gabon.

Comme nous y sommes habitués, la Cour Constitutionnelle a naturellement validé « une fois encore, une fois de plus, une fois de trop » la victoire du PDG en réévaluant à la hausse les résultats de son candidat. Aucun gabonais n’était surpris par cette décision qui ma foi ne pouvait être que celle-là.

De ce constat on se demande si en l’état actuel des choses, avec des institutions qui semblent être à la solde du pouvoir, les opposants pourront encore compter sur les résultats des urnes pour accéder à l’alternance politique au Gabon ? That is the real question.

Quel avenir pour l’opposition ? 

En effet depuis 1993, les différents opposants et leurs partisans qui se sont érigés contre l’ogre PDG, ont toujours perdu à la suite des élections contestées. Pourront-ils cette année, accepter encore que leur victoire soit volée par ce régime ? Si non, que feront-ils ? Quelles actions mèneront-ils ? Iront-ils jusqu’au choix des armes pour accéder au pouvoir, étant donné que tous les moyens démocratiques semblent avoir été épuisés ?

Actuellement à Libreville, dans les bars, au bureau, à la maison, ces questions animent nos conversations et suscitent des interrogations mais également de la peur car l’avenir semble incertain pour nous. Hier encore un jeune me disait : « Grand, je te dis que j’ai la haine dans le cœur. J’ai envie de craquer quand je pense que Ali va encore faire sept ans là ». En regardant ses yeux, j’ai clairement vu de la haine mais surtout du désespoir.

Une réalité frappe clairement aux yeux depuis l’annonce de la victoire d’Ali Bongo : les gabonais sont divisés entre ceux qui soutiennent le régime, et ceux qui veulent l’alternance politique. Une colère prend racine dans les rapports entre gabonais et celle-ci va également se rabattre chez les étrangers.

Les partisans de l’opposition, qualifiés de frustrés, ne comprennent pas comment on peut soutenir un régime familial et cinquantenaire qui ne travaille pas. Les partisans du pouvoir, qualifiés de mercenaires de la démocratie et d’opportunistes, ne comprennent pas comment on peut soutenir des anciens du PDG qui aujourd’hui se disent opposants.
C’est un débat sans fin et dont le rapport de force est à l’avantage des partisans du PDG qui usent de tous les moyens pour noyer le point de vue adverse suscitant ainsi la colère et la haine qui germent petit à petit au sein de la société.

Je suis intimement convaincu qu’une véritable réflexion dans un cadre qui intègre toutes les forces vives de la nation est de rigueur pour discuter, échanger sur le Gabon. Un vrai débat pour de vraies réformes doit avoir lieu si on veut préserver l’unité nationale.
Nous ne pouvons plus continuer ainsi car nous allons droit dans le mur. Nos gouvernants refusent jusqu’à présent de voir le mal-être et la haine qui grandit au sein du peuple.

Comment peut-on prétendre construire une nation et espérer le développement du pays quand une grande partie du peuple n’a que défiance et n’a point confiance en des institutions jugées à la solde du pouvoir ? Vrai ou faux les faits sont là, nos institutions ne sont pas dans le cœur des gabonais.

Stratégie politicienne

La main tendue d’Ali Bongo, qui invite les opposants à travailler avec lui pour construire le Gabon n’est qu’une stratégie politicienne qui vise à laver l’image d’un régime qui a la sulfureuse réputation d’être autocratique. A mon avis, seuls les opposants pro-Ali rentreront dans ce gouvernement dit d’ouverture, les radicaux s’abstiendront au regard de la dernière déclaration de PING dans laquelle il disait ne pas abandonner le combat.

Cette invite à intégrer le gouvernement ne doit pas être une énième occasion de phagocyter les idéaux des opposants au profit de ceux du régime car nous savons tous qu’une fois entrés au gouvernement, les opposants ne feront qu’appliquer la politique du président sans avoir de marge de manœuvre. Fort de cette expérience prouvée, doit-on croire en cette main tendue ? J’en doute fort, malheureusement.

Je pense que la réforme totale de nos institutions, la révision de la constitution, la refonte profonde du code électoral, de la CENAP, et le renforcement des libertés doivent être au cœur des préoccupations du président. Nul besoin d’avoir cette perverse idée qui leur commande de ne faire que des réformes qui favorisent la conservation du pouvoir comme nous l’avons vu dans le passé.

Aujourd’hui plus que jamais le défi est grand sinon vital car il en va de la stabilité et l’unité du pays. Le président Ali a plus que jamais l’occasion de laver son image en initiant une conférence nationale souveraine pour qu’ensemble les gabonais parlent de leur problème commun.
Je suis toujours convaincu que la démocratie est le moins mauvais des systèmes politiques, car donnant la possibilité au peuple de choisir ses dirigeants. À partir du moment où ce pouvoir est sabordé par un régime, cela laisse court et ouvre un boulevard aux moyens non démocratiques pour accéder au pouvoir.

Le Gabon ne sera pas ad vitam aeternam dirigé par le PDG, les pédégistes le savent, c’est pourquoi ceux-ci feraient mieux de mettre les bases d’une véritable démocratie pour garantir l’avenir du pays et son unité. Le désespoir et la colère sont les pires sentiments qu’un peuple peut avoir car ils ont pour seule finalité la révolution, la guerre ou l’insurrection.


Ils veulent changer le Gabon, mais pas sous le même prisme.

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Jean Ping (à gauche) Ali bongo (à droite)

Quand Jean Ping dit « le Gabon doit changer », Ali Bongo rétorque « Changeons ensemble ». Le ton est donné : pour ces deux candidats à la présidentielle d’aout 2016, le changement du Gabon est au cœur de leurs propositions. Mais s’ils font tous les deux allusions au changement, de quel changement parlent-ils ?

Le changement selon Ali Bongo
Pour Ali Bongo, le changement consiste à s’élever au principe du mérite, qui garantirait le développement du Gabon. Et pour y arriver, il propose d’aller en guerre contre « le système de privilèges », qui ampute le Gabon de la force de ses valeureux et talentueux citoyens. Sa stratégie de guerre est le nivellement de la société : l’institution de l’égalité des chances. Nivellement vers le haut. Il s’agit de mettre en place un système qui donne à tous les mêmes chances de réussite.
Ainsi, c’est le talent et le travail qui feront la différence. En clair, pour parvenir au changement, tant souhaité par les Gabonais, Ali Bongo propose une réforme sociale : l’égalité des chances. Et là, on sent le doux parfum de De la démocratie en Amérique d’Alexis de Tocqueville : quand, dans une société, le sentiment d’égalité gagne du terrain, la démocratie en gagne aussi.

Le changement selon Jean Ping
Jean Ping, lui, ses propos laissent aussi entendre « trop c’est trop avec le système de privilèges ». Lui aussi, il dit vouloir prendre l’armure de combat pour tuer ce système. Comment ? En faisant de la maçonnerie : il propose de rebâtir la base du Gabon, condition sin ne qua non pour atteindre les hauteurs du développement. Il veut revoir les fondements des institutions qui structurent l’ordre social pour qu’elles deviennent lisibles, claires, cohérentes et adaptées aux défis actuels, nationaux et internationaux. On croirait presqu’entendre Platon, bien que ce dernier était contre la démocratie.
De même que Platon avait constaté la décadence des institutions politiques athéniennes, Jean Ping dit constater la décadence des institutions politiques gabonaises et veut y remédier. En clair, Jean Ping propose une refonte étatique.

Changement tcha tcha seulement chanté ?
Sur le papier les programmes sont alléchants. On pourrait même dire…succulents. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Un enseignant de philo politique, dont j’ai oublié le nom disait que le discours politique consiste à « faire des promesses, puis expliquer pourquoi elles n’ont pas été tenues. », car, au fond, entre la bonne volonté des promesses et la réalité du terrain, il y a un fossé.
Et là, j’entends déjà certains dire « Ali, quand il dit, il fait », et d’autres s’époumonés : « Ping, un homme de parole ». Ouais…Hum… Ok d’accord ! Passons, oublions l’esprit partisan. Dans « L’avenir en confiance », page 15, le candidat Ali Bongo disait : « Le programme que je vous propose sera constamment suivi, pour veiller à sa bonne mise en œuvre. Une évaluation systématique des performances atteintes sera effectuée, afin d’apporter si besoin, les correctifs nécessaires. ».
Personnellement, je ne sais pas si cela a été fait, communiqué, partagé avec l’ensemble des Gabonais. Il faudra revenir là-dessus. C’est important. Quel que soit celui qui sera élu, cette « évaluation systématique des performances atteintes » doit être faite. Les décisions et propositions du président doivent être discutées, débattues publiquement, rationnellement.
C’est aussi cela le changement du Gabon : l’aménagement d’un espace public, l’institution du débat public, qui permet non seulement la communication efficace de l’action présidentielle et gouvernementale, mais aussi son contrôle systématique. Et cela pourrait simplement commencer avec un débat public entre les candidats à la présidentielle d’aout 2016.

Melvine Hella Fausther


Pourquoi l’opposition a toutes les chances de l’emporter?

De haut en bas et de gauche vers la droite: Casimir Oye Mba; Guy Nzouba Ndama; Jean Ping; Ndong Sima. C/P: Barack Nyare Mba

Ne feignons pas de l’ignorer, nous partageons un point avec certains de nos frères et compatriotes qui soutiennent le pouvoir en place, celui de juger et défendre les politiciens sur leurs actions et leurs projets politiques pour le Gabon.

Sur quelle base juger?

En ce qui concerne les partisans du pouvoir, ils considèrent que le Président Ali Bongo a toutes les chances de gagner parce qu’il a construit les CHU de Libreville Owendo et Angondjé, la CNAMGS, le projet GRAINE, le pont de la Mbanio, les 1500 Km de route, les 800 et quelques logements. Lire l’article ici

Je pense que nous ne pouvons pas jeter toute l’eau du bain avec le bébé, il est plus que raisonnable dans un contexte économique difficile de garder une petite portion de cette eau pour rincer la bassine après avoir jeté le plus loin possible ledit bébé.

En somme nous devons reconnaître ce qui est fait fut-il marginale. La question que nous devons nous poser est de savoir si cette marginalité suffit-elle pour réélire un président qui n’a pas réalisé la moitié de son projet nommé « l’Avenir en confiance » ?

La réponse est oui pour les défenseurs du régime qui se défendent souvent en disant : « Il n’est pas possible de réaliser le projet l’avenir en confiance en sept ans ». Pourquoi alors avoir fait un programme sur 14 ans sachant qu’un mandat ne dure que sept ans ? Seules des ambitions « dictatoriales » permettent ce zèle.

Comment peut-on espérer un Gabon prospère et véritablement démocratique si nous accordons à chaque élection une énième chance aux élus qui ne réalisent pas leur programme ? Comme la majorité des gabonais je dis NON, le salut du Gabon viendra que par la rupture, par la culture de  la sanction. C’est seulement de cette façon que nous connaîtrons l’émergence d’un nouveau Gabon.

Les gabonais devront juger non pas les actions posées mais le rapport entre les actions posées et le programme qui leur a été proposée sept ans plus tôt. Seul ce procédé devrait guider le choix de tout un chacun en dépit de notre bord politique. Pour ce mandat le résultat n’est pas satisfaisant donc passible à un non renouvellement.

Quid de l’opposition ?

Les nouveaux leaders de l’opposition fussent-ils des anciens du PDG donnent aux gabonais une alternative pour l’avenir du pays. Les partisans  du régime en place leur  reprochent  de s’être enrichis pendant qu’ils étaient au pouvoir, que dire alors de ceux qui y sont actuellement ? Ils sont accusés d’avoir des liens familiaux avec le pouvoir en place, ces liens sont ils nés après leur démission ? Reste à savoir.

L’histoire contemporaine de l’Afrique nous apprend que le Président actuel du Burkina-Faso, M. Roch Kaboré fut le président de l’Assemblée Nationale dudit pays sous Compaoré. Le Président Macky Sall  fut Premier Ministre et Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal sous Abdoulaye Wade. Le Président Tunisien Béji Caid Essebsi fut lui aussi président de la chambre des Députés sous Ben Ali.

Aussi comptables que les membres du pouvoir qu’ils ont combattu, ces présidents africains ont toutefois reçu le quitus du peuple pour les diriger.

Fort de ces exemples, je ne comprends pas pourquoi les pro-PDG font croire aux gabonais que seule une génération spontanée d’opposants est légitime pour contester le pouvoir en place. Je trouve cet argument bancal car en effet les démissionnaires du PDG sont gabonais et bien placés pour contester le régime car ont été au cœur du problème donc capables de trouver des solutions adaptées.

Cette campagne de discrimination témoigne du poids politique que représentent ces hommes et femmes. Ne dit-on pas qu’on ne jette pas une pierre à un arbre qui ne porte pas de fruit ?

Le mal de ce régime est qu’il est aveuglé et trop fier de son passé de parti de masse, implanté dans toutes les provinces du pays et vieux d’une cinquantaine d’années pour ne pas constater les mutations qui s’opèrent sous ses yeux. Les Gabonais, notamment la jeunesse qui représente près de 60% de la population veut prendre de l’air, un nouveau souffle, connaitre un nouveau régime.

Si ces anciens pédégistes ont du succès  auprès  des populations c’est tout simplement parce qu’ils ont su dire NON. Ils ont osé faire la rupture. Pour le commun des gabonais cet acte seul suffit pour accorder  à ces derniers leur confiance. Ils se sont désolidarisés pour être du coté du peuple.

Qui pourrait dire que la démission de Guy Nzouba Ndama est marginale ? Que celles de PING, de Ndémezo’o et autres en sont autant ? Pas grand monde sauf ceux qui ne comptent pas sur le peuple pour remporter les élections.

Je pense que cette fois le PDG a en face de lui des opposants qui le connaissent parfaitement et qui savent comment contourner les pièges afin de vaincre la bête qu’elle est. Ils ont toutes les cartes pour convaincre les gabonais, pour proposer une autre façon de faire, ce qui est en soit légitime et nécessaire au vu des résultats.

Cette élection est différente des autres, elle est une porte ouverte au changement, à l’alternance politique, reste maintenant à faire le travail de convaincre le maximum pour l’avènement d’un changement de régime au Gabon.


Si j’étais une femme…

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Stephie Germanotta, une amie blogueuse gabonaise. C/P:Facebook.com/Stephie.germanotta

Après avoir lu l’article de la blogueuse Mireille Flore Chandeup dans lequel elle imagine ce qu’elle aurait fait si elle était un homme, une voix de la déesse Héra murmura à mon oreille me disant qu’il serait intéressant et instructif pour la gente féminine de m’imaginer le temps d’un article être une femme et dire ce que j’aurais fait ou pas en tant que tel. Une inspiration qui me parut d’abord farfelue mais tout compte fait je l’ai trouvée opportune.

…CE QUE JE NE FERAIS PAS

…Je n’élèverais jamais la voix sur un homme

Les femmes pensent très souvent que parce qu’elles élèvent la voix lors d’une discussion qu’elles ont raison. Je suis navré mais c’est tout faux. De plus cette façon de faire n’arrange pas les choses, elle les empire au point où l’homme se taie et sort prendre de l’air pour le repos de ses oreilles. Si j’étais une femme je n’aurais jamais élevé la voix sur mon homme par respect pour lui. J’aurais été calme, à l’écoute pour trouver une solution au problème au lieu d’en créer d’autres.

…Je comprendrais quand il ne rentre pas  pour travailler au bureau

La raison principale quand un homme dort loin de sa famille pour des raisons professionnelles est celle-ci : Bien faire son travail pour augmenter les revenus afin de subvenir pleinement aux besoins de sa famille. Comment reprocher à un homme une responsabilité aussi noble ? Si j’étais une femme je n’aurais pas eu des suspicions,  je voulais dire être jalouse quand mon homme reste au travail avec sa patronne pour travailler au contraire je serais compréhensive et sereine.

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C/P:inlandvalleynews.com

…Je serais heureuse d’avoir un autre bébé avec lui

En tant que femme africaine je suis sensée comprendre que les africains aiment avoir une grande progéniture car pour eux l’objectif est d’assurer la lignée. Comment pourrai-je refuser d’en faire un autre parce que je souhaiterai garder ma ligne ? Les salles de sport, un régime alimentaire et une hygiène de vie suffisent pour me redonner la forme après un accouchement. De toute façon en tant que femme, il n’y a rien de plus honorable et joyeux que d’avoir un énième enfant.

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Femme enceinte. C/P:dsr.sn

…CE QUE JE FERAIS

…Je comprendrais que les enfants ne suffisent pas pour être épousée

« Ils eurent des enfants se marièrent et vécurent très heureux »…Voilà une version africaine de la vie de couple. En effet en tant que femme moderne et attachée aux valeurs africaines, je pense qu’en dépit des années et des enfants que nous avons eus, plusieurs critères entrent en ligne de compte pour être épousée. Ma famille, mon comportement, mes ambitions dans la vie, ma vie de couple, ma façon de gérer le foyer, ma relation avec belle famille etc. Bref, autant de critères qui varient d’un homme à un autre. Le temps que je « perds » pendant ces 14 ans  de couple est le même que celui que perd mon ami, alors je devrais beaucoup plus penser à donner le meilleur de moi pour me donner toutes les chances.

…Je comprendrais qu’à chacun son bureau

Il est galant qu’un homme aide sa femme à faire le ménage ou certaines taches domestiques, toutefois nous en tant que femme devrons savoir que ce n’est point leur devoir mais le nôtre. Parce que le jour ou la plomberie aura un problème, nous ne les aiderons pas. Le jour où une ampoule sera grillée nous ne les aiderons pas, le jour où il faudra dépecer un animal ou abattre un arbre, nous ne les aiderons pas sauf par galanterie.

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…Je lui dirais que je l’aime

Comme l’amour est merveilleux surtout quand on le dit à la personne qu’on aime. Je le dit d’abord pour moi mais également pour lui témoigner mon amour. Ne dit-on pas que l’amour ne se dit pas mais se prouve. Alors à travers de petits gestes d’attention, des petits regards, de la bienveillance je le lui dis déjà ; C’est un genre de langage que seuls les amoureux comprennent.

A vous, femmes africaines que j’adore. Je vous laisse avec un classic gabonais de l’artiste Hilarion Nguema. Le titre est: Quand la femme se fâche.


Tour d’horizon du web après le #JeSuisFoutu #JeSuisMort

 

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Lors du journal Télévisé du lundi 23 Juin 2016 de GabonTélévison, une scène cocace dont nous sommes rarement témoins a alimenté toutes les conversations et suscité toutes les interprétations auprès des téléspectateurs mais surtout auprès des internautes.

Que s’est il passé ?

Pendant le journal de 20h la présentatrice donne la parole au Lieutenant Christel Mariem Moussodji pour lire une déclaration dont voici un court extrait :

« (…) Cette année le concours spécial d’entrée au Prytanée militaire de Libreville aura lieu le 25 Juin 2016 dès 7h au camp baraka de Libreville. Il s’agit d’une occasion singulière donnée aux jeunes gabonais des deux sexes pour poursuivre leur scolarité dans un environnement…épargné de grève. Mais également…Oh je suis foutu ! Je suis mort..Olala! »

C’est avec une expression grave sur son visage qu’il interrompit sa lecture pour dire « Oooh je suis foutu » suivi d’un rictus forcé. Son corps remuait comme si un insecte rampait sur sa peau sans parler de son regard qui cherchait une solution dans celui de la présentatrice. Il ajoute plus loin « Oooh je suis mort…Olala ».

L’histoire est confuse. Certains disent qu’il a voulu improviser en parlant de grèves dans les établissements secondaires, avant de craindre des possibles représailles hiérarchiques. Or, à la fin du journal un colonel est venu lire la déclaration en parlant aussi de grèves. D’autres parlent de panique, de stress, d’autres de fétichisme et j’en passe. Je ne pourrai donner une explication à son acte toutefois je pense qu’il avait de bonne raison de le faire. Attendons une déclaration officielle des autorités compétentes.

Une déferlante d’interprétations a écumé les réseaux sociaux allant de la parodie, aux interprétations saugrenues en passant par les commentaires les plus apaisés.

 

1) SUR FACEBOOK

Yvann Yoann Sickout Iguendja

Sur son profil, l’auteur évoque le manque de respect des internautes à l’égard de ce soldat de haut rang, alors que nous devrions lui accorder notre soutien total. Une dénonciation qui trouva l’assentiment de plusieurs internautes.

Pahé est passé par là

Le célèbre caricaturiste gabonais n’a pas manqué cette occasion pour faire valoir tout son humour en parlant d’égalité des chances du Président Ali.

C!   Thybaut Adjatys

 L’activiste publie un poste qui renvoie à la remise en cause des élites de l’enseignement du Prytanée militaire. Sa publication n’a pas fait l’unanimité tant certains soutiennent l’idée du stress et d’une mauvaise préparation du Lieutenant.

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Flore Florzy Zita

La blogueuse parle de choc dans sa publication. Le choc au sens large du terme. Un choc pour l’armée, un choc pour la famille du lieutenant, un choc parce que cette histoire fait l’objet de moqueries. Un choc parce GabonTélévision n’a pas bien géré la situation.

 Cam Dibal Van Dibal et Coralie Padjis

Le jeune homme d’affaire et ancien grand rappeur et la danseuse pensent respectivement que la régie et la présentatrice pouvaient mieux faire afin d’éviter une séquence aussi dégradante pour le lieutenant.

Dafreshman Dafreshman

Le célèbre animateur de Urban Fm et de l’émission Le Dafresh Morning publie sur son profil que le Lieutenant à sûrement vu Chuck Norris. À ce moment, il s’est dit « Je suis foutu » . D’autres ont même dit qu’il a vu un esprit qui lui a demandé de sacrifier une personne et c’est à ce moment qu’il a dit « Je suis foutu…Je suis mort »

Citoyen Libre Gabon

Cette page d’activiste pense  que le Lieutenant aura besoin d’un psychiatre très bientôt et ajoute que nous aurons des explications lors de la cérémonie de promotion.

Il faut savoir qu’une page Facebook a même été créée dans la foulée en soutien au Lieutenant Moussodji, son nom : Soutien Au Lieutenant Moussodji. Jusqu’à publication de cet article, plus de 300 J’AIME étaient enregistrés. cliquez Ici

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  •  2) SUR TWITTER

Twitter n’est pas resté en marge de cette actualité. Les tweets étaient plutôt tournées vers la dérision et la parodie avec les hashtags #JeSuisFoutu et #JeSuisMort.

 @18Force

Ce tweettos pense qu’il ne faut pas en rire car cette histoire prouve selon lui la grande frustration et la peur qui règne au sein de l’armée.

@Dungeli_bonbon

La tweettos fait une dérision sur cette histoire : « Quand pendant le fight le gars se rend compte que la capote a pété »#JeSuisFoutu

@TracyDebs

La tweettos entre dans la danse : « Quand elle t’appelle et te dit Bébé il faut qu’on parle » #JeSuisFoutu

Elle tweet encore : « Quand tu dis que t’as rien à cacher et ton mec demande ton téléphone pour voir » #JeSuisFoutu

@OssingaG

Le jeune homme tweette : « Lorsque ta nga dit qu’elle a un retard » #JesuisFoutu

@241Flow

Le jeune Tweetos publie : « Quand tu fais le mur et que 2h plus tard en plein dans le show tu reçois un message de maman qui dit : Il faut dormir où tu es » #Jesuisfoutu

@Mbanyare

Le blogueur tweet : « Quand tu es limogé d’une société pétrolière à Port-Gentil alors que tu payais un loyé de 300.00FCFA avec 3 enfant »#JesuisFoutu

Comme vous pouvez le constater, la toile s’est emparée de cette histoire pour en faire ses choux gras.

  • 3) SUR WHATSAPP

Sur ce réseau social très répandu, un fictif communiqué du Ministère de l’intérieur circule, le Voici :

 Communiqué du Ministère de l’intérieur

« Compte tenu de la recrudescence des publication sur les réseaux sociaux du dérapage du Lieutenant, les forces de Police Nationale et de la Gendarmerie, informent l’ensemble des populations qu’un contrôle d’identité aura lieu dès demain. Si vous n’avez pas vos papiers, vous-même là-bas, vous êtes foutu, vous êtes morts. »

Ce n’est pas tout, une fictive conversation entre le Lieutenant et une personne circule également sur ce réseau social.

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  • 5) LES INFOGRAPHES NE SONT PAS EN RESTE SUR LES RESEAUX SOCIAUX

Plusieurs montages ont également été élaborés pour cette histoire qui a littéralement inondée les réseaux sociaux. Voici quelques images téléchargées sur la toile.

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Des Tee-shirt estampillés Je suis foutu Je suis mort. C/P Facebook
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Un prétendu procès du Lieutenant dont les juges sont le Président Ali et son Directeur de cabinet. C/P: Facebook

 

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Je suis Mort Je suis Foutu à la Une d’un journal fictif; C/P: Facebook

 

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Print Je suis foutu. C/P: Facebook

Je n’ai pas d’avis sur cette affaire. Je ne pourrais pas donner d’explication à son acte. Toutefois, je pense qu’il avait de bonnes raisons de le faire. Attendons une déclaration officielle des autorités compétentes.

Vivement que cette histoire prenne fin.


Portrait de Charly Tchatch, le créateur du Tchatching

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C’est sous une chaleur digne d’une fournaise que j’ai rencontré  un artiste pas comme les autres nommé Charly Tchatch. Je ne dirais pas qu’il est différent mais plutôt particulier tant l’originalité de son genre le positionne dans une catégorie encore inexistante sur la scène artistique nationale. Toujours coiffé de son chapeau noir et d’une veste de même couleur, Charly tchatch et moi décidons de faire l’interview dans une imprimerie où il se rendait au quartier Ancienne Sobraga. C’est avec amitié et humeur chaleureuse que nous entamions cette interview longuement attendue.

Esprit Africain : Quand je vous dis « Consonnes et syllabes »

Charly Tchatch : Ce sont des lettres et des sons qui ont une importance capitale pour une langue que j’ai créée qui s’appelle le Tchatching qui est simplement un mélange de consonnes et de syllabes qui ne respecte pas la logique de la syntaxe de la langue française et anglaise. C’est dans ce mélange que je trouve mon inspiration pour m’épanouir en musique, et avec ma voix j’essaie de transmettre une émotion. En somme consonnes et syllabes sont l’essence même du Tchatching.

Esprit Africain : Émotion ou message ?

Charly Tchatch : L’émotion va dans la conscience de l’individu pour produire un message. Je n’ai pas envie de me poser en donneur de leçon ou en prophète, j’ai juste envie de transmettre une émotion, laisser parler ma gestuelle, laisser parler mon ressenti, ainsi ceux qui me regardent arrivent à ressentir  à partir de ces éléments ce que je veux transmettre

Esprit Africain : Innovation ou reproduction ?

Charly Tchatch : (le regard rivé vers le ciel) Innovation et reproduction ? Je ne vais pas dire que je reproduis, je suis dans une coloration, Jazz  blouse soul RnB et opéra, qui sont des styles de musique qui existent. L’innovation vient du fait que les artistes chantent des morceaux que tout le monde comprend alors que moi je chante des morceaux que personne ne comprend mais dont tout le monde à besoin parce que ca produit de l’émotion. Toutefois il arrive que dans mon style de musique tchaching je peux employer des mots en français pour véhiculer un message aux jeunes. Innovation oui parce que je chante ce que personne ne comprend. Reproduction oui également parce que je chante sur des styles connus.

Esprit Africain : Hans Charly vs Charly Tchatch ?

Charly Tchatch : (il soupire) Hans charly évidemment comme vous le savez je suis très attaché à la parole de Dieu. Nous sommes dans un monde où certains sont musulmans, chrétiens, bwitistes (rite traditionnel gabonais). Quand on lit l’histoire de la Bible, on y apprend que Jésus avait choisi de nouveaux noms à ses disciples pour l’accompagner dans son ministère. Ok ! Et moi je me suis assis et remarqué que la plupart des artistes au monde choisissent des noms qui correspondent à leur personnalité artistique. Les prénoms donnés par mes parents sont Hans charly. Déjà Hans en allemand veut dire fort et Charly c’est quelqu’un qui a le sens de l’organisation. Donc quand j’ai découvert mon talent de prise de parole en public et la grâce que Dieu m’a donnée en me dotant de la voix parlé et la voix chantée, j’ai décidé tout simplement de me nommer Charly Tchatch. Voilà ! (rires)

C/P: facebook/charly tchatchEsprit Africain : Koulamoutou, peinture, Port-Gentil ?

Charly Tchatch : Koulamoutou, peinture, Port-Gentil (éclats de rires)…Je vais commencer par la peinture. En fait c’est en rapport avec mon père qui était peintre mais aussi grand joueur de football notamment un grand gardien. D’ailleurs c’était un grand ami à Germain Mendome (ancien gardien célèbre de  l’équipe nationale de Football). Je tiens ma passion de lui, quand je joue au foot je suis aussi gardien mais pas aussi bon que lui (rires). Koulamoutou c’est la ville où j’ai eu la chance d’apprendre et de grandir. Ok, j’y ai fais de la 6ème à la Terminal avec ma mère qui y était affectée en tant qu’enseignante. J’ai eu la chance de grandir dans cette ville car j’ai été épargné de beaucoup de choses. Koulamoutou m’a vraiment protégée, c’est pourquoi je garde un bon souvenir de cette ville.

Esprit Africain : Tu y as fais un tour depuis lors ?

Charly Tchatch : Oui mais ca fait trois ans, c’est à cause des activités que je n’y vais pas trop souvent. Le troisième mot était Port-Gentil !?  C’est la ville où je suis né, mon papa est de Port-Gentil, mam maman est également née à Port-Gentil, sauf que je n’y ai pas grandi mais plutôt à Koulamoutou.

Esprit Africain : La jeunesse ?

Charly Tchatch : Alors, la jeunesse est une partie de la société qui a une place de choix chez moi. Premièrement parce que je suis jeune, deuxièmement parce que je suis convaincu que c’est la jeunesse qui est à même d’assurer le développement d’un pays. Quand les revendications des jeunes ne sont pas prises en compte, quand elle n’est pas écoutée, quand on ne met pas un certains nombre de mécanismes pour qu’elle s’épanouie et bien il clair que dans ces conditions la société va droit au mur. Donc la jeunesse est le catalyseur de toute société éclairée ou qui se veut être éclairée pour ne pas plonger dans la pénombrité. La jeunesse c’est l’essence de ce que je fais, il faut que les jeunes prennent conscience du talent qu’ils possèdent. Il n’y a pas que des diplômes dans la vie, ni Chritiano Ronaldo ni Aubameyang n’en n’ont eu besoin pour réussir mais plutôt leur talent. C’est ça, les jeunes doivent prendre conscience de leur talent.

Esprit Africain : Le monde des médias

Charly Tchatch : Olala ! C’est un monde qui me passionne ! Pour la petite histoire, quand j’étais à koulamoutou en classe de 4ème Monsieur Thieryl Mbina était venu animer son émission « C’est Show devant » au CDI Paul Kouya. Ma mère ne me laissait jamais sortir mais ce jour-là elle le fit. J’étais vraiment fasciné par la façon de présenter de Thieryl Mbina, et à la fin je me suis approché de lui pour lui : « Monsieur  j’aimerai faire la télé avec vous un jour » et il m’a dit que nous ferions la télé ensemble quand je viendrai à Libreville. Quelques années plus tard, je suis à la télé pour représenter une artiste dans l’émission de Thieryl Mbina. Ma prestation sur le plateau était tellement réussie qu’il demanda à l’assistance de m’acclamer.  A la fin il est venu me proposer d’intégrer son équipe « Week-end loisir ». Ce n’est que 8 mois plus tard que je lui ai dis qui je suis et là il était content et surpris. Je pense que tout vient de là, tout est parti comme ça. J’aime la télé, être devant les caméras.

Esprit Africain : Le plus beau souvenir ?12006104_1128057847222444_1285210661063651422_n

Charly Tchatch : Le plus beau souvenir c’est…. (Il réfléchit)… c’est le New York Forum Africa (NYFA). Ce n’était pas prévu que je chante parce que je n’étais pas connu car n’ayant aucun album sur le marché ni même un clip. J’aime bien cette citation de moi : « Osez l’action et devenez influenceur ». J’ai osé en demandant le micro à l’un des organisateurs pour chanter une minute avant la clôture du forum. Après une longue négociation il accepte de me présenter à Monsieur Richard Attias, l’organisateur du forum. Celui-ci accepte et m’annonce auprès du maitre de cérémonie. C’est ainsi que  je me retrouve sur la scène  du NYFA, c’était comme un rêve, une consécration. Il faut toujours oser dans la vie, quand on a un rêve il faut rêver !

Esprit Africain : Et enfin l’avenir ?

Charly Tchatch : Je mets l’avenir entre les mains de Dieu. Je ne suis pas un homme fermé mais ouvert. Vous pourrez me retrouvez dans le monde de la communication, dans la musique ou dans la restauration. Comme l’arc-en-ciel j’ai plusieurs couleurs pour faire du beau.

Je vous laisse avec un best-of de ses prestations


QUATRE RAISONS POUR FAIRE DU BLOGGING

C/P: blog.act-on.com

Ne jamais dire « Je ne ferai jamais une entorse à ma ligne éditoriale ». En effet, pour les besoins d’une nouvelle émission dénommée « Le Grand Bandja »  sur GabonTélévision, je vais faire une exception en répondant à quatre questions posées par la charmante chroniqueuse Rufina au sujet du blogging et de mon engagement à travers ce moyen d’expression. C’est parti !!!

1) Comment t’es venu l’idée de créer un blog?

L’idée m’est venue lors d’une conversation avec des amis à Dakar. Nous débattions tous les jours sur les sujets d’actualité, l’Afrique, le Gabon, les faits de société, entrepreneuriat etc. A la suite des conversations, je remarquais que celles-ci se limitaient seulement entre nous et rien n’était fait ensuite. Du temps perdu en fait! Très porté sur le numérique, je décide de créer mon premier blog en 2012 : www.nouvelleconscience.blogspot.com . Ensuite je décide d’aller plus loin en mi 2013 en participant au Concours des meilleurs blogueurs Francophones organisé par RFI-Mondoblog avec le blog ESPRIT AFRICAIN. Un concours dont je fus lauréat et qui m’apporta une connaissance importante sur le blogging lors de la formation avec RFI à Abidjan en 2014.

2) Qu’est ce qui t’inspire pour tenir ton blog ?

L’observation de la société et ses comportements. En effet, pour mieux traduire ou retranscrire ce que l’on voit il faudrait avoir la capacité de bien observer ceux qui nous entourent. L’actualité africaine et gabonaise également est une grande source d’inspiration. Parfois je la commente et l’analyse parfois elle m »inspire d’autres sujets. Il y a aussi ma condition de vie, mes réalités, mes rapports humains qui me donnent aussi de l’inspiration.

3) Pour toi qu’est-ce qu’un « bon » blog?

Un bon blog est celui qui respecte sa ligne éditoriale. C’est celui qui reste fidèle à l’idée fondatrice même du blog. Un bon blog c’est celui qui est mis à jour à temps régulier. Un article par semaine ou toutes les deux semaines ou une fois par mois, surtout quand le blog n’a pas encore de notoriété. Un bon blog est celui qui apporte de la valeur ajoutée aux lecteurs. Quand un internaute finit de lire un article, il doit en repartir enrichi, satisfait, instruit. Je crois que nous devons tous contribuer à l’émancipation des internautes en partageant ce que nous savons sur tous les sujets.

4) Sur un plan personnel, que t’apporte ce blog?

Ce blog m’apporte beaucoup, certains penseront à l’argent mais pas encore. Il m’apporte beaucoup de connaissances, il m’ouvre des portes aux lieux que je n’avais jamais fréquenté avant de devenir blogueur. Il me fait rencontrer beaucoup de personnes super intéressantes, ceux qui cherchent à bouger les lignes, à créer, à innover. Une génération de gabonais  et d’africains qui croit en elle-même et en ses capacites. Il m’apporte du satisfecit, les commentaires des lecteurs, les encouragements, les félicitation mais aussi du respect. Autant de choses qui me poussent à faire mieux. C’est pourquoi dans bientôt vous aurez une nouvelle version plus complète de ESPRIT AFRICAIN.

Merci